"Le RN tient en joue le gouvernement Barnier", affirme la députée écologiste Sandrine Rousseau
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
La parité est respectée dans le gouvernement Barnier, mais les ministères régaliens sont confiés à des hommes. En 2024, le pouvoir est-il toujours un non masculin ?
- 0:59OuverteRéponse directe
Le ministre de l'économie voulait exclure le RN de ses consultations, mais Barnier a téléphoné à Marine Le Pen. Vous êtes d'accord avec cette attitude ?
- 1:16RelanceRéponse directe
Emmanuel Macron met le RN au cœur du jeu politique, mais il tient compte des 11 millions d'électeurs RN. Qu'en pensez-vous ?
- 2:06OuverteRéponse partielle
Le meurtre de Philippines secoue l'actualité. Vous avez réagi sur Twitter en disant que ce féminicide méritait une punition sévère, mais aussi que l'extrême droite allait tenter d'en profiter. Votre première préoccupation est la récupération par l'extrême droite ?
- 3:20RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est ou non la récupération par l'extrême droite qui a beaucoup changé dans votre réaction ?
- 4:29OuverteRéponse directe
Que faire face à cette querelle de décisions judiciaires tout simplement inapplicables ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« Absolument, et ce gouvernement en est la preuve. »
- 0:46Invité politiqueFait
« On renvoie toujours les femmes à leurs compétences supposément naturelles, des ministères sociaux, des ministères de santé, des ministères de la solidarité, et jamais les ministères régaliens. »
- 1:23Invité politiqueFait
« Et ça prouve à quel point le choix qu'a fait Emmanuel Macron est de mettre le Rassemblement National au cœur du jeu politique. »
- 1:46Invité politiqueFait
« Et que là, ce qui est en train de se passer, c'est qu'on donne tout pouvoir au Rassemblement National de faire chuter ou pas ce gouvernement. »
- 1:58Invité politiqueFait
« Donc en fait, le Rassemblement National tient en joue le gouvernement Barnier. »
- 2:01Invité politiqueFait
« On a franchi une ligne rouge, on a franchi une ligne rouge. »
- 2:22PrésentateurFait
« Le meurtrier présumé, un homme de 22 ans né au Maroc, déjà condamné pour viol et sous le coup d'une QTF non-exécutée. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Je rappelle que dans les violences et dans les viols, dans neuf cas sur dix, on connaît l'agresseur. »
- 4:50Invité politiqueFait
« On fait des OQTF à tour de bras sans se préoccuper finalement de l'applicabilité des mesures que l'on prend. »
- 5:02Invité politiqueChiffre
« Je rappelle aussi qu'on a en France une surpopulation carcérale de 130%. »
- 5:18Invité politiqueFait
« Et qu'il y a par ailleurs, de manière structurelle dans notre société, une sous-estimation de la récidive du viol. »
- 6:32Invité politiqueFait
« L'Europe de l'Est a croulé sous les inondations. »
- 6:58Invité politiqueFait
« Les néonicotinoïdes, ça met en danger les pollinisateurs. »
- 8:06Invité politiqueFait
« Les pifas sont en train de polluer l'essentiel des nappes phréatiques. »
- 8:52Invité politiqueFait
« Il y a eu un désistement républicain, que le Rassemblement National a eu 15 positions différentes sur les retraites. »
Temps de parole
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Sonia De Villers, 7h49, votre invitée ce matin est députée Europe Écologie Les Verts de Paris. Bonjour Sandrine Rousseau. Bonjour. La parité est respectée dans le gouvernement Barnier, mais au final, les ministères régaliens, intérieurs, armées, justice, économie, affaires étrangères, ont tous été confiés à des hommes, même à un trio d'hommes à l'économie. Par ailleurs, 20 associations sont montées au créneau pour dénoncer l'absence d'un ministère de plein exercice sur le droit des femmes. En 2024, le pouvoir est-il toujours un non masculin ?
Absolument, et ce gouvernement en est la preuve. Et ce qui est fascinant, c'est à quel point ça n'est pas interrogé. C'est-à-dire qu'on a toujours des espèces d'annonces sur le fait que les gouvernements doivent être paritaires. Et en fait, on ne s'interroge pas sur où sont les femmes, qu'est-ce qu'elles font. Et on renvoie toujours les femmes à leurs compétences supposément naturelles, des ministères sociaux, des ministères de santé, des ministères de la solidarité, et jamais les ministères régaliens.
Alors, première semaine de ce nouveau gouvernement Barnier. Le ministre de l'économie voulait exclure le Rassemblement National de ses consultations. Il s'est fait recadrer par Michel Barnier, qui a téléphoné à Marine Le Pen, ça a été beaucoup commenté, pour s'excuser. Gérard Larcher, président du Sénat, s'est exprimé hier à ce micro. L'attitude de tout le gouvernement doit être de parler à tout le monde. Vous êtes d'accord ?
Non, je ne suis pas d'accord, mais ça prouve qu'il y a un soutien sans participation du Rassemblement National à ce gouvernement. Et ça prouve à quel point le choix qu'a fait Emmanuel Macron est de mettre le Rassemblement National au cœur du jeu politique. Et je le pose comme ça. C'est une responsabilité lourde qu'il a.
Alors, Emmanuel Macron met peut-être le Rassemblement National au cœur du jeu politique, mais il tient compte aussi des pas loin de 11 millions d'électeurs qui ont choisi le Rassemblement National.
Oui, très bien, sauf qu'on a fait un désistement républicain et qu'on l'a fait au nom des valeurs de la République. Et que là, ce qui est en train de se passer, c'est qu'on donne tout pouvoir au Rassemblement National de faire chuter ou pas ce gouvernement. Donc en fait, le Rassemblement National tient en joue le gouvernement Barnier. Et c'est pour cela qu'il doit s'excuser auprès du Rassemblement National. On a franchi une ligne rouge, on a franchi une ligne rouge. Jamais ça ne s'est produit dans la Vème République.
Alors, l'affaire qui secoue l'actualité et la classe politique, justement, le meurtre de Philippines que Patrick Cohen vient d'en rappeler les grandes lignes du dossier. Le meurtrier présumé, un homme de 22 ans né au Maroc, déjà condamné pour viol et sous le coup d'une QTF non-exécutée, on vient de le dire. Vous avez réagi sur Twitter, Sandrine Rousseau, que ce féminicide méritait d'être jugé et puni sévèrement, tout en ajoutant que l'extrême droite allait tenter d'en profiter pour répandre sa haine raciste et xénophobe. Votre première préoccupation dans ces cas-là, c'est la récupération par l'extrême droite ?
Non, c'est pour ça que j'ai commencé en disant que c'était un féminicide et qu'il fallait le punir sévèrement. Mais je suis inquiète du fait que l'extrême droite utilise quelques faits divers comme ça et en font un sujet de société. Et moi, quand j'entends que le sujet c'est l'OQTF, je m'inquiète quand même du fait que nous n'ayons aucune espèce de considération sur le fait que ce type est dangereux, manifestement, puisqu'il a tué Philippines. Et que s'il est dans un autre pays, il est tout aussi dangereux et il met tout autant en danger d'autres femmes. Donc en fait, la question, ce n'est pas tant l'OQTF, c'est comment on prend en compte.
La question, c'est est-ce que c'est ou non la récupération par l'extrême droite ? C'est ça qui a beaucoup changé dans votre réaction.
Oui, mais là, il y a quelques mois, par exemple, on a arrêté en France un des dix pédocriminels, un des dix plus grands pédocriminels du monde. Il s'appelait Mathieu, il était proche de Bordeaux. Pour autant, ça n'a pas du tout ému l'extrême droite. Le procès de Mazan n'émeut pas l'extrême droite. Donc en fait, la question des femmes se résout à dire et à porter le message que les femmes sont en danger à cause des immigrés, à cause des personnes sous OQTF, ce qui n'est pas vrai. Ce qui n'est pas vrai, c'est-à-dire que les femmes sont en danger de mille et une manières dans notre pays sous la violence des hommes, de beaucoup d'hommes et des hommes de toutes couleurs et de toutes situations.
Donc en fait, c'est incroyable de laisser à penser. Je rappelle que dans les violences et dans les viols, dans neuf cas sur dix, on connaît l'agresseur. Les femmes connaissent leur agresseur. Donc en fait, cette espèce de fantasme du viol qui arriverait dans la rue par des personnes qui seraient étrangères, là on a un cas, c'est vrai et ça existe, mais c'est minoritaire dans les violences que subissent les femmes.
Alors que faire face à cette querelle de décisions judiciaires tout simplement inapplicables ?
Mais c'est comme vient de le dire Patrick Cohen, on fait des OQTF à tour de bras sans se préoccuper finalement de l'applicabilité des mesures que l'on prend. Donc en fait, on se fait plaisir d'une certaine manière, on se donne bonne conscience, on se dit ben voilà, on a fait des OQTF, des OQTF et puis à la fin, ça ne résout rien. Aujourd'hui, la question c'est quelle est la situation de ces personnes et comment on fait en sorte que quand elles doivent être jugées, elles sont jugées correctement.
Je rappelle aussi qu'on a en France une surpopulation carcérale de 130%, 130% que l'administration pénitentiaire n'arrive plus à recruter suffisamment de personnes pour accompagner, pour diagnostiquer, pour faire des évaluations, pour suivre les personnes qui sont en prison. Et qu'il y a par ailleurs, de manière structurelle dans notre société, une sous-estimation de la récidive du viol. Donc voilà, ça fait partie des problèmes de sécurité auxquels nous sommes confrontés. Mais c'est un problème qu'une nouvelle loi, une énième loi d'immigration ne permettra pas de résoudre.
Parce que pendant ce temps-là, Lucie Castex, sur un plateau avant-hier, déclarait en son nom qu'elle ne s'opposait pas à l'idée de régulariser tous les sans-papiers.
Oui, et dans le programme du NFP comme de la NUPES, on a parlé de la régularisation des personnes qui travaillaient. Et je pense qu'on doit commencer par celle-ci, parce qu'elles travaillent, elles ont souvent des métiers extrêmement difficiles par ailleurs. Et donc elles méritent que...
Revenons à ce nouveau gouvernement, Sandrine Rousseau. Annie Genevard est nouvelle ministre de l'Agriculture, si l'on s'en tient à son discours lors de la passation de pouvoir. Elle affirme, je la cite, vouloir défendre une profession difficile qui subit des procès très injustes face à des activistes qui détruisent les moyens de production. Elle a martelé pas d'interdiction sans solution concernant les pesticides. Elle a souhaité alléger la paperasse et réduire les interdits. Le message est très clair, non ?
Le message est on ne peut plus clair. Et le message est à l'inverse des enjeux écologiques majeurs qui sont face à nous. L'Europe de l'Est a croulé sous les inondations. Il y a des dégâts monumentaux. On a eu des sécheresses. Là, le réchauffement climatique est en train de s'emballer, mais de s'emballer d'une manière qu'on ne mesure pas, d'une manière d'une dangerosité pour nos conditions de vie sur Terre qui sont incroyables. Et là, on en est à dire que finalement, autoriser les néonicotinoïdes, c'est la priorité. Alors que les néonicotinoïdes, ça met en danger les pollinisateurs. Et que les pollinisateurs, c'est absolument essentiel par ailleurs pour la fertilité de l'agriculture.
Donc en fait, on est dans un monde qui n'a plus de sens aujourd'hui. Et la question de l'agriculture, ça n'est pas la norme environnementale. La question de l'agriculture, c'est le revenu des agriculteurs. C'est le prix de vente des produits qu'ils fabriquent, enfin qu'ils produisent et qu'ils mettent en vente. C'est ça le sujet. C'est les marges de la grande distribution.
On rappelle quand même que Michel Barnier a été ministre de l'Environnement dans les années 90. Et là, manifestement, Annie Gennevard prend des positions qui sont proches de celles de la FNSEA après la crise.
Et son suppléant est de la FNSEA. Et Annie Gennevard s'est toujours distinguée dans ses prises de position sur des phrases et des mots et des amendements qui sont le relais finalement des revendications de la FNSEA. Je rappelle que la FNSEA a un projet politique qui est d'être sur une concurrence mondiale et de permettre aux agriculteurs français d'être sur les normes minimales qui sont appliquées dans le monde. Ça n'est pas notre projet. Ça n'est pas notre projet. L'eau est le bien le plus essentiel. Les pifas sont en train de polluer l'essentiel des nappes phréatiques. On ne peut pas continuer comme cela. Je pense que tout le monde le sait en fait. Tout le monde le sait.
Et on ne peut pas être dans les mains de lobby économiques. Je le pose aussi. Pour autant, il faut protéger les agriculteurs et particulièrement ceux qui sont en vulnérabilité et en difficulté financière.
Un mot sur les retraites. Sandrine Rousseau, dans un mois, le Rassemblement National va proposer à l'Assemblée une abrogation de la réforme des retraites. La gauche se divise. Fabien Roussel et les communistes n'excluent pas de la voter. Et vous ?
Moi, je ne la voterai pas. Je ne voterai pas la proposition de loi du Rassemblement National pour les raisons que j'ai dites au début de cette interview. C'est qu'il y a eu un désistement républicain, que le Rassemblement National a eu 15 positions différentes sur les retraites et qu'en fait, c'est juste une instrumentalisation pour encore une fois être au cœur du jeu. Par contre, en tant que rapporteur du budget du PLFSS, donc de la sécurité sociale sur les retraites, nous sommes en train d'étudier toutes les voies possibles pour l'introduire dans le PLFSS. Et derrière, il y a la niche des insoumis qui pourra aussi nous permettre de poser une proposition de loi. Merci Sandrine Rousseau.
Et merci Sonia De Villers.
Sandrine Rousseau