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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 13 janvier 2023 21 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesTravail & emploiSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Face à Face : Philippe Martinez - 13/01

Au micro : Apolline de MalherbeSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous serez mobilisés ?

  • 2:37RelanceRéponse partielle

    Les Français sont majoritairement contre cette réforme, mais ils disent aussi qu'elle va passer à 75%.

  • 3:36ComplaisanteRéponse partielle

    On appelle aussi à la responsabilité des organisations syndicales.

  • 5:25FerméeRéponse directe

    Est-ce que derrière le mot mobilisation, il faut entendre grève ?

  • 9:06OuverteRéponse directe

    Est-ce que tous les secteurs seront mobilisés ?

  • 11:16OuverteRéponse directe

    À quoi est-ce que vous allez mesurer le succès de cette journée ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:40PrésentateurFait
    « 1 à 2 millions de manifestants dans la rue, mais échec, la loi est adoptée. »
  • 0:44PrésentateurFait
    « 2010, réforme Wörth. 3 millions de manifestants dans la rue, échec, la loi est adoptée. »
  • 1:22Invité politiqueFait
    « Il y a un projet de loi qui n'est pas passé. »
  • 2:14Invité politiqueChiffre
    « 200 000 signatures en 48 heures. »
  • 3:20Invité politiquePromesse
    « Il faut des millions de personnes en grève et dans la rue. »
  • 8:22Invité politiqueFait
    « Quatre salariés de Sanofi sont menacés de licenciement. »
  • 13:52Invité politiqueFait
    « Le principe fondamental de cette réforme, c'est que tout le monde va travailler plus longtemps. »
  • 14:20Invité politiquePromesse
    « On propose de baisser l'âge de la retraite, tout en augmentant les pensions. »
  • 14:44Invité politiqueChiffre
    « C'est 50 euros au-dessus du seuil de pauvreté en France. »
  • 16:56Invité politiquePromesse
    « On propose le SMIC à 2000 euros. »

Temps de parole

  • Invité politique63 %
  • Présentateur36 %

12,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC jusqu'à 9h. Apolline Matin. Face à face. Apolline de Malherbe. Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Philippe Martinez. Bonjour. Merci d'être dans ce studio ce matin. Vous êtes le secrétaire général de la CGT. La bataille de la rue qui commence aujourd'hui, ça commence en fait avec vos mots. Est-ce que vous serez mobilisés ? C'est un test pour le gouvernement, mais c'est un test aussi pour les syndicats. Alors, mobilisés, sans doute, vous allez nous dire de quel emploi dans un instant, mais gagnez peu de chance, parce que j'ai regardé l'historique des dernières mobilisations. Je suis remontée même un peu, parce que je suis remontée jusqu'à la réforme Fillon 2003.

1 à 2 millions de manifestants dans la rue, mais échec, la loi est adoptée. 2010, réforme Wörth. 3 millions de manifestants dans la rue, échec, la loi est adoptée. 2014, réforme Touraine. Petite mobilisation dans les rues, mais échec tout de même, la loi est adoptée. 2016, grosse mobilisation contre la loi El Khomri, échec, elle est adoptée. 2017, contre les ordonnances Macron, échec. 2018, combat contre le projet de réforme de la SNCF. Grand mouvement social, qui dure près de 3 mois, mais échec. La loi est adoptée. Donc, en fait, vous savez déjà que de toute façon, à la fin, vous perdez.

1:12
Invité politique

Alors, vous avez oublié, vous n'êtes pas remonté assez loin, 1995.

1:16
Présentateur

Ah bah, ça, c'est votre barreau de donneur. Ça, c'est 95. Mais depuis, rien.

1:19
Invité politique

Et vous avez oublié 2019-2020, il y a un projet de loi qui n'est pas passé.

1:24
Présentateur

Oui, mais ça, ça n'a rien à voir. Vous pouvez dire que c'est quand même le Covid qui vous a aidé.

1:27
Invité politique

Ça, c'est votre point de vue. Enfin, les millions de grévistes et de manifestants, c'était pas mal non plus. Évidemment, il y a eu l'événement sanitaire, mais s'il n'y avait pas eu ces mobilisations, cette loi serait passée avant la crise sanitaire. Donc, vous voyez, ne soyez pas sélectif dans vos recherches historiques.

1:45
Présentateur

Visiblement, vous êtes très sélectif aussi, parce que vous gardez 85. Non, je suis. Vous pourriez même garder mai 68, pendant que vous y êtes.

1:51
Invité politique

C'était pas les retraites à l'époque. Non. Mais j'essaie d'être objectif comme vous. Vous voyez. En tout cas, pour parler de cette réforme, j'ai rarement senti autant de mécontentements que ce soit dans les sondages. Vous voyez, on a lancé une pétition sur change.org que je vous invite à signer d'ailleurs contre le projet de réforme. 200 000 signatures en 48 heures. 200 000 signatures. Et j'invite d'ailleurs tous les auditeurs et tes spectateurs à signer cette pétition. Mais il faut se mobiliser.

Et donc, je sens, dans les débats que j'ai eus là, depuis qu'on avait déjà avant, mais depuis qu'on y voit un peu plus clair sur un certain nombre de mesures, les salariés, le monde du travail, les jeunes se disent que c'est pas possible.

2:37
Présentateur

Mais ce que je trouve intéressant, c'est qu'en effet, quand vous dites que les Français sont en colère et sont majoritairement contre cette réforme, c'est tout à fait juste. Et c'est ce que mesurent aussi les sondages, au-delà de votre pétition. Mais ils disent aussi, ces mêmes Français, qu'elle va passer à 75%. Les Français disent, de toute façon, elle va passer cette réforme. Donc en fait, on dit la même chose. La mobilisation, la colère, oui, mais à la fin, ça passe.

2:58
Invité politique

Ils disent aussi qu'ils sont prêts à se mobiliser. Majoritairement, il faut trouver les formes. C'est nouveau aussi. Et donc, oui, c'est là où on a du travail, en tout cas, besoin d'aller au contact avec les salariés pour trouver les formes d'action, pour que la journée du 19 soit réussie. Et je pense qu'elle sera, je suis convaincu qu'elle sera réussie, parce que ça donne confiance. Il faut des millions de personnes en grève et dans la rue.

3:23
Présentateur

Je trouve ça intéressant, ce que vous dites, Philippe Martinez, sur il faut trouver les formes d'action. On va y revenir dans un instant, mais je voudrais d'abord que vous écoutiez cette demande que vous adresse la première ministre Elisabeth Borne. C'était hier soir. Écoutez. On appelle aussi à la responsabilité des organisations syndicales. On peut faire grève. Il faut aussi être attentif au quotidien de nos concitoyens. On est dans une période qui peut être compliquée, avec de l'inquiétude, notamment sur l'inflation. Donc, trouvons des modes d'action aussi qui ne pénalisent pas nos concitoyens. Vous dites la même chose, finalement, tous les deux. Trouver des modes d'action.

3:58
Invité politique

Je ne crois pas, non. D'ailleurs, je trouve ses propos scandaleux. Qui jette de l'inquiétude sur les Français, sur le pouvoir d'achat, sur qui propose cette réforme au moment où il y a déjà beaucoup de soucis ? C'est absolument scandaleux. C'est-à-dire qu'elle renvoie. C'est elle qui aurait dû réfléchir avant de lancer cette réforme. C'est elle qui, entre guillemets, met le feu. Ce n'est pas nous. Ce n'est pas nous. Elle ne peut pas dire qu'on ne l'a pas prévenu. Tous les syndicats, c'est assez rare, tous les syndicats l'ont prévenu. Attention, attention à ce qui va se passer.

Qu'elle assume ses responsabilités, qu'elle ne renvoie pas la responsabilité aux organisations syndicales de la mobilisation qui peut arriver. Elle était prévenue depuis très longtemps. Et tous les syndicats l'ont prévenu. Vous avez invité d'autres responsables. Laurent Berger était là il y a quelques jours également.

4:46
Présentateur

Il dit la même chose que vous, en effet.

4:48
Invité politique

Exactement. Donc, soit on écoute, et c'est ce que je redis à Mme Borne et au Président de la République qui, lui, l'a dit officiellement au lendemain de son élection, soit on n'écoute pas. Vous savez, le porte-parole du gouvernement qui était à ce même micro.

5:01
Présentateur

Véran. Non, Olivier Véran, pardon.

5:03
Invité politique

Véran, qui sort du Conseil des ministres qui dit « Je ne suis pas inquiet, les Français comprennent la réforme. » C'était mercredi. Vous voyez ?

5:11
Présentateur

Et Elisabeth Borne hier qui montre quand même à travers cet appel son inquiétude. Mais sur le fond, quand elle dit « Il y a d'autres moyens de manifester votre opposition que la grève ou que le blocage du pays. » Est-ce que là-dessus, vous êtes d'accord ? Non, non, non.

5:28
Invité politique

Il y a...

5:29
Présentateur

L'objectif, c'est bien de bloquer le pays ?

5:31
Invité politique

L'objectif, c'est qu'il y ait le maximum de salariés, de travailleurs en grève que les jeunes et que les retraités participent aux manifestations parce que les retraités ne peuvent pas faire grève, ils ne sont plus en activité. mais les formes d'action, c'est les salariés qui les décident et nous avons appelé à faire grève parce que c'est un droit constitutionnel et on a encore ce droit-là dans notre pays, ce qui n'est pas le cas dans beaucoup de pays dans le monde. Après, les salariés, ils décident.

6:00
Présentateur

Donc, soyons très clairs et précis. La journée de mobilisation du 19, de jeudi prochain, pour vous, derrière le mot mobilisation, il faut entendre grève. Vous ne demandez pas juste des manifestations, vous demandez une grève.

6:12
Invité politique

Grève, et c'est écrit dans la déclaration commune lue par Laurent Berger au nom des huit organisations syndicales que nous avons prononcées mardi soir. Et vous l'avez noté aussi, dans cette même déclaration, nous avons dit c'est le premier rendez-vous. Et quand on dit premier, ça veut dire qu'il y en aura d'autres. Mais il y a déjà, et vous l'avez souligné, je vous ai écouté attentivement tout à l'heure, vous avez souligné que déjà dans les entreprises et pas que dans celles qu'on cite traditionnellement, il y a des réflexions.

6:44
Présentateur

Il y a des rendez-vous sur le 26 janvier, sur le 6 février.

6:49
Invité politique

Et d'autres, il y a déjà des réflexions sur des grèves reconductibles et pas que chez Total ou à la SNCF ou à la RATP qui sont les entreprises qu'on cite régulièrement.

7:01
Présentateur

Il faut bien préciser les choses. Il y a des grèves reconductibles, il y a des grèves perlées. Les grèves perlées, c'est une journée de temps en temps. Reconductibles, c'est sur plusieurs jours.

7:08
Invité politique

C'est ça.

7:08
Présentateur

Vous seriez plutôt pour un scénario de grève reconductible ?

7:11
Invité politique

Je suis pour que les salariés se mettent en grève. Après, c'est eux qui décident d'efforts. Mais vous comprenez que selon la situation et le statut, je pense aux intérimaires, aux précaires. Eux, c'est leur emploi qui est menacé. Mais je connais déjà des intérimaires qui m'ont dit faire grève, c'est compliqué, mais je peux venir à une manifestation sur des heures de repos, etc.

7:33
Présentateur

Quand vous dites, Philippe Martinez, je reprends vos mots, il faut trouver les formes d'action, en fait, c'est la grève. Il n'y a pas mille formes d'action. Vous n'avez pas l'air d'être très inventif sur le scénario, quand même.

7:45
Invité politique

Je vous dis que partout où c'est décidé par les salariés et nous, nous souhaitons que ça se passe comme ça, il faut faire grève. Mais je vous dis aussi que nous sommes bien conscients parce que nous sommes immergés dans le monde du travail que pour bon nombre de salariés, selon leur statut, écoutez-moi bien, c'est leur emploi qui est menacé. Parce qu'il faut aussi le dire, le droit de grève est un droit constitutionnel, mais il y a encore dans ce pays des gens qui ne peuvent pas faire grève parce que sinon, ils sont virés. Et c'est absolument scandaleux.

8:15
Présentateur

C'est interdit, ça ?

8:17
Invité politique

Oui, c'est interdit, mais ça existe. Ça existe. De manière quoi ? Pernicieuse ? Par exemple, quatre salariés de Sanofi sont menacés de licenciement. Je crois même qu'il y en a un qui est licencié parce qu'ils ont fait grève, vous le savez, au mois de novembre sur leur salaire. Il y a eu des grèves chez Sanofi

8:35
Présentateur

en effet au mois de novembre.

8:36
Invité politique

Il y a une répression syndicale et une répression vis-à-vis de ceux qui agissent qui est absolument scandaleuse. Philippe Martinez ? J'ai une jeune aide-soignante qui travaille dans un EHPAD privé qui a été licenciée suite à la grève et j'allais dire la cerise sur le gâteau, ce n'est pas le bon terme. Elle a trois mises en examen de la part de son ancien employeur. Oui, c'est ça la réalité.

8:59
Présentateur

Sur cette journée du 19, est-ce que tous les secteurs seront mobilisés ? Est-ce que vous pouvez nous dire aujourd'hui s'il y a des secteurs qui envisagent de basculer dont vous espérez les faire bouger ?

9:14
Invité politique

Il y a des discussions dans toutes les entreprises. Vous êtes au courant d'un certain nombre de choses parce que vous le savez, le droit de grève est autorisé mais il est maintenant contrôlé dans les transports. il faut se déclarer.

9:31
Présentateur

Contrôler, oui, c'est-à-dire le fait que vous ayez à déposer le préavis de grève

9:37
Invité politique

bien en avance et il faut se déclarer.

9:39
Présentateur

48 heures avant ?

9:39
Invité politique

Non, non, pas les préavis. C'est les préavis qu'on les dépose bien en avance.

9:44
Présentateur

Et 48 heures avant,

9:45
Invité politique

on dit si on va travailler ou pas. Et 48 heures avant, individuellement, les salariés doivent se déclarer.

9:49
Présentateur

Pour vous, c'est une manière de contraindre le droit de grève ?

9:51
Invité politique

Bien sûr, bien sûr. Par contre, dans les entreprises privées, on peut être en grève le matin du jour de la grève. Donc, il faut aussi expliquer ça à ceux qui nous écoutent. Donc, ça se décide. Mais j'étais hier dans l'aube, je rencontrais des salariés, et notamment des femmes du textile, qui, elles, ont bien compris ce que ça va leur donner cette réforme. Elles sont déjà cassées, celles qui travaillent à la confection, elles sont déjà cassées à 50 ans, les douleurs dans les épaules, dans les bras, parce qu'elles travaillent debout, elles sont mal payées, vous le savez bien, parce que les femmes sont moins bien payées que les hommes.

10:25
Présentateur

Et elles feront grève ?

10:26
Invité politique

Et elles sont en train de discuter avec leurs collègues pour faire grève.

10:29
Présentateur

Donc, ça veut dire que, au-delà des secteurs, je dirais, plus traditionnellement acquis à ce genre de mobilisation ?

10:34
Invité politique

Moi, je dirais plus, au-delà des secteurs plus médiatisés.

10:40
Présentateur

Non, je ne crois pas. Pour le coup, il y a quand même des secteurs, alors là, Philippe Martinez, vous exagérez un peu, il y a des secteurs...

10:44
Invité politique

Ça m'arrive d'exagérer comme vous.

10:47
Présentateur

...traditionnellement, je dirais, plus traditionnellement acquis à ce genre de mobilisation. Non, non. Je ne crois pas que le secteur du textile, vous-même, vous dites qu'elles sont encore en train d'hésiter.

10:54
Invité politique

Non, non.

10:54
Présentateur

Ça veut bien dire...

10:55
Invité politique

Elles sont en train de débattre des formes d'action. C'est ce que je vous dis. Je dis juste que, évidemment, c'est normal.

11:02
Présentateur

Est-ce qu'il y aura une journée morte ? Est-ce que vous vous dites que ça peut aller jusque-là ?

11:06
Invité politique

En tout cas, il y aura beaucoup, beaucoup, et je l'espère, plusieurs millions de grévistes, et j'espère qu'il y aura plusieurs millions de manifestants sur l'ensemble du territoire.

11:16
Présentateur

À quoi est-ce que vous allez mesurer le succès de cette journée ?

11:18
Invité politique

Au nombre de salariés en grève et au nombre de personnes dans les manifestations.

11:26
Présentateur

Vous avez parlé de millions, c'est à cela que vous pourrez juger ?

11:29
Invité politique

C'est les objectifs.

11:30
Présentateur

L'objectif, c'est quoi ? C'est 2, 3 millions ?

11:32
Invité politique

1 million ? Vous ne voulez pas vous prononcer ?

11:34
Présentateur

Vous avez peur ?

11:35
Invité politique

J'ai peur de rien, moi.

11:37
Présentateur

Non, mais vous avez peut-être peur qu'il n'y ait pas grand monde dans les rues. Si, ça, j'imagine, ça vous fait un peu peur.

11:41
Invité politique

Qu'il y ait beaucoup de monde dans les rues ?

11:42
Présentateur

Non, il n'y en a pas.

11:42
Invité politique

Je vous dis qu'il y en aura beaucoup.

11:44
Présentateur

Il y aura au moins 1, 2 millions ?

11:46
Invité politique

Voilà.

11:46
Présentateur

Pour vous, c'est une évidence aujourd'hui ?

11:48
Invité politique

C'est une évidence.

11:49
Présentateur

Philippe Martinez, le secteur des raffineries, évidemment, il faudra faire le calcul et tenter d'aller au plus près. Les raffineries, c'est un secteur qui inquiète particulièrement parce qu'on a en mémoire ce qui s'est passé à l'automne.

12:02
Invité politique

Je ne sais pas qui s'inquiète. Ce qui inquiète, c'est ça, le fond. Ce qui inquiète, c'est cette réforme.

12:09
Présentateur

Ça inquiète ceux qui font un plein et qui ont besoin de... Non, non. Ceux qui n'ont pas forcément souhaité faire grève mais qui ne vont pas pouvoir aller bosser.

12:14
Invité politique

Ce qui inquiète, c'est la réforme. De travailler plus longtemps. Que les carrières longues vont être obligées de cotiser plus longtemps. Y compris ceux qui pouvaient partir avant pour la pénibilité vont partir avant mais avec un âge légal reporté. C'est ça qui inquiète. C'est qu'on ne règle pas l'emploi des seniors. C'est qu'on ne va pas régler... En ne réglant pas l'écart de salaire entre les femmes et les hommes, on ne règlera pas l'écart de pension entre les femmes et les hommes. C'est ça qui inquiète. C'est ça qui inquiète. Et c'est ça qui fait que la mobilisation va être importante. Vous ne m'avez pas répondu sur les raffineries ? Non, je vous ai répondu sur ce qui inquiète.

Vous m'avez répondu

12:53
Présentateur

sur la réforme elle-même. Très bien, mais sur les raffineries, Philippe Martinez, ce matin, on a vu dans un certain nombre de pompes certains automobilistes qui vont spontanément faire le plein et qui disent déjà redouter ce qui peut se passer. Est-ce qu'ils ont raison de le redouter ?

13:09
Invité politique

Il y a des journées de grève d'annoncées dans les raffineries, c'est une bonne chose.

13:13
Présentateur

Qui pourrait avoir un impact sur le fait qu'il y ait de l'essence ou non à la pompe ?

13:18
Invité politique

On verra.

13:19
Présentateur

Mais ça vous plairait ça ? Qu'est-ce qu'il y ait cet impact ? Ça vous fait partie des mobiles.

13:23
Invité politique

Vous avez le droit de me poser les questions que vous voulez, mais je pense que ce n'est pas le sujet. Je pense que ce n'est pas le sujet. Ce qui inquiète, s'il n'y avait pas cette réforme, on ne parlerait pas des pompes, on ne parlerait pas des transports, et on ne parlerait pas de manifestations. C'est ça le sujet.

13:38
Présentateur

Qu'est-ce qui pourrait vous faire renoncer ? A manifester ?

13:42
Invité politique

A bloquer le pays ? Que cette réforme, elle soit purement et simplement abandonnée.

13:47
Présentateur

Abandonnée, il n'y a rien. Vous n'en gardez rien.

13:50
Invité politique

Le principe fondamental de cette réforme, c'est que tout le monde va travailler plus longtemps. Ça, ça n'est pas possible. Et vous savez très bien, parce que j'ai eu l'occasion de m'exprimer, y compris sur cette chaîne, à plusieurs reprises, on l'a dit à la Première Ministre, qu'il n'y a pas urgence sur le financement. Par contre, il y a des solutions pour améliorer les systèmes de pension, que ce soit sur l'emploi des seniors, que ce soit sur la pénibilité, que ce soit sur le taux d'emploi, l'égalité. On a des propositions qui permettent, et en tout cas nous, ce qu'on propose de baisser l'âge de la retraite, tout en augmentant les pensions.

14:28
Présentateur

Alors du côté de ce qu'ils estiment être un progrès vers plus de justice au gouvernement, on donne notamment deux points. La question du minimum des pensions à 1 200 euros, est-ce que ça, vous estimez quand même que c'est une bonne chose ?

14:41
Invité politique

C'est moins pire qu'avant. C'est moins pire qu'avant. C'est 50 euros au-dessus du seuil de pauvreté en France.

14:49
Présentateur

68 euros précisément.

14:51
Invité politique

Est-ce que on peut vivre avec 1 200 euros encore plus dans la situation actuelle de la hausse des prix, notamment des prix de première nécessité et vous avez entendu que l'inflation va continuer à augmenter, notamment autour de produits comme les yaourts, le beurre, même le sel.

15:09
Présentateur

Donc des produits du quotidien.

15:11
Invité politique

Essayez de vivre avec 1 200 euros.

15:12
Présentateur

La comptabilisation des congés parentaux, ça c'est aussi moins pire qu'avant ?

15:17
Invité politique

Oui, il faut... Mais il faut... Le problème, c'est qu'on nous présente ça comme une mesure de justice sociale. Ça, je ne comprends pas les éléments de langage du gouvernement. On va travailler plus longtemps et c'est une mesure de justice. Moi, c'est travailler moins longtemps. Mais le fond de la question, c'est que tout le monde va travailler plus longtemps.

15:39
Présentateur

Sur l'emploi des seniors, vous avez dit que c'est quand même un vrai problème. Le fait que le gouvernement dise qu'on va faire un index de l'emploi des seniors, ça a l'air de vous faire marrer.

15:47
Invité politique

Il y a un index sur l'égalité salariale entre les femmes et les hommes.

15:52
Présentateur

Ça s'est un peu amélioré.

15:54
Invité politique

Vous n'êtes pas assez ambitieux.

15:56
Présentateur

Non, non. Je suis très ambitieux pour les femmes, ça je peux vous le dire. Mais honnêtement,

16:00
Invité politique

il y a toujours plus de 20%. Donc l'index sur les seniors, pour vous,

16:05
Présentateur

ça ne sert à rien.

16:06
Invité politique

On a proposé des solutions.

16:08
Présentateur

Il y aura des sanctions pour les entreprises qui n'emploient pas suffisamment de seniors.

16:11
Invité politique

Il n'y a pas de sanctions, vous avez mal compris. D'accord.

16:15
Présentateur

Ils ont peut-être voulu qu'on comprenne mal, c'est ça ?

16:16
Invité politique

C'est peut-être ça. Moi, ce que j'ai compris et je l'ai entendu plusieurs fois, c'est éventuellement, on dénoncera, on mettra sur la place publique et qu'est-ce que ça changera ? Nous, on a proposé des solutions. Contrôlez les aides que vous donnez notamment aux grandes entreprises parce que c'est là qu'on vire les gens avant l'âge légal. Contrôlez les aides pour savoir si elles servent à investir parce qu'il y a besoin d'investir dans l'industrie, investir dans les embauches ou si elles servent à licencier.

16:44
Présentateur

S'il faut augmenter les cotisations patronales, ça vous dites oui ?

16:47
Invité politique

Bien sûr.

16:48
Présentateur

Ça, c'est pour vous une des solutions ?

16:50
Invité politique

Mais à moyen terme, si les salaires étaient d'un plus haut niveau, vous savez qu'on propose le SMIC à 2000 euros, on peut y compris augmenter les cotisations sociales des salariés. Ça serait de l'ordre pour équilibrer de 44 euros par an.

17:08
Présentateur

Ça, vous dites ? Mais s'ils sont mieux payés, les salariés peuvent aussi

17:11
Invité politique

mieux contribuer ? Si le SMIC est à 2000 euros, oui. Si le SMIC, mais d'abord les cotisations employeurs. Vous savez qu'il y a des exonérations de cotisations sociales employeurs jusqu'à 1,6 fois le SMIC.

17:23
Présentateur

Philippe Martinez, quand on regarde les notes des renseignements généraux à quelques jours de cette mobilisation, ils disent redouter des mobilisations protéiformes qui vous échapperaient, y compris à vous, les syndicats, du type gilet jaune. Est-ce que vous voyez aussi des choses comme ça ?

17:41
Invité politique

Je ne connais pas les informations des renseignements généraux.

17:44
Présentateur

Non, mais cette note, vous savez bien, elle est dans les journaux. Alors moi, je vous le dis, je vous en informe, ils disent redouter une mobilisation de grande ampleur. Alors ça, j'imagine que vous êtes d'accord sur le constat, mais pas sur le mot redouter. En revanche, sur la question d'une mobilisation protéiforme, ça, ça peut vous inquiéter aussi, parce que ça veut dire un mouvement qui vous échapperait.

18:03
Invité politique

Ce n'est pas un mouvement il faut du monde, quel que soit... On sait bien qu'il y a des...

18:09
Présentateur

Syndiqués, pas syndiqués, manifestants, pas manifestants.

18:11
Invité politique

Si avec les syndiqués, on ne serait pas nombreux. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Donc il faut qu'il y ait plus de monde qu'uniquement les syndiqués. Et donc oui, tout le monde est concerné, tout le monde... Je pense que, et c'est pour ça qu'on l'a fait, c'est bien que ce soit les organisations syndicales qui proposent ces journées d'action, en tout cas la première jeudi prochain, mais on ne va pas trier à part, vous le savez, les élus du Rassemblement National parce qu'ils n'ont rien à faire dans nos manifestations.

18:39
Présentateur

Comment vous allez faire pour les trier, comme vous dites ? Comment vous faites

18:42
Invité politique

pour trier ? J'ai dit qu'on n'allait pas trier...

18:44
Présentateur

Oui, vous avez dit qu'on ne va pas trier à part les élus du Rassemblement National.

18:49
Invité politique

Ils ne sont pas les bienvenus dans nos manifestations.

18:51
Présentateur

Mais vous savez qu'il y a quand même beaucoup d'ouvriers et c'est le premier vote des ouvriers, c'est le vote N. Ça me paraît toujours un peu étrange du titre des carrières.

18:58
Invité politique

Je le redis, moi je n'ai pas parlé de ceux qui votaient, je parle des élus et des responsables. Voilà, c'est clair ce que je dis. Donc si ils osaient venir dans les manifestations... On leur recommande vigoureusement de ne pas venir. Ils n'ont rien à faire parce que nous ne défendons pas les mêmes causes.

19:17
Présentateur

En revanche, les autres politiques et notamment toute la gauche, LFI et la NUPES sont appelés à rejoindre les cortèges. Alors eux, pour le coup, ils sont les bienvenus. Le fait qu'on politise... Parce que moi, je me souviens de vous à ce même micro qui aviez quand même une certaine défiance vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon et de son utilisation des syndicats.

19:33
Invité politique

Je ne l'attirais pas sur ce terrain-là. Je n'ai jamais dit... J'ai dit, il faut que ce soit les organisations syndicales qui soient à l'impulsion de cette mobilisation. C'est tout ce que j'ai dit. Je n'ai pas dit que les partis n'étaient pas les bienvenus. Et c'est ce qui se passe.

19:46
Présentateur

Il n'y en a qu'un qui n'est pas le bienvenu,

19:47
Invité politique

c'est le RN. Et c'est ce qui se passe et c'est une très bonne chose et qu'il y ait des soutiens politiques. Évidemment que c'est une très bonne chose.

19:53
Présentateur

Est-ce que vous attendez quand même quelque chose de ce qui se passera au sein de l'hémicycle ?

19:58
Invité politique

Plus il y aura de mobilisation, de grève, plus les choses évolueront de façon positive dans l'hémicycle. Mais ce n'est pas l'inverse. C'est d'abord le mouvement social qui fera que ça se passe bien dans l'hémicycle. Et y compris, vous savez, il peut y avoir une interruption de la discussion et le gouvernement qui dit qu'on abandonne le projet. Ça serait encore mieux pour que la discussion...

20:22
Présentateur

C'est votre barou d'honneur, Philippe Martinez ?

20:24
Invité politique

Non, je ne sais pas ce que ça veut dire.

20:26
Présentateur

Vous quittez la tête de la CGT dans trois mois ?

20:28
Invité politique

Vous croyez que dans trois mois, j'arrêterai de manifester ?

20:31
Présentateur

Sans doute pas. Mais pas, en tout cas, en tant que leader de la CGT.

20:35
Invité politique

Heureusement que je manifeste pas. Il n'y a pas que leader de la CGT qui manifeste. Vous ne seriez pas bien en gros. Vous pouvez compter sur moi. Vous pouvez compter sur moi. Je serai encore dans les manifestations dans les mois et les années si je suis encore en bonne santé. À venir.

20:49
Présentateur

Philippe Martizez, secrétaire général de la CGT. Merci en tout cas d'être venu dans le studio ce matin. Et on a bien compris, derrière le mot mobilisation, il faut entendre le mot grève. Il est 8h53 sur AMC BFM TV.