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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 30 octobre 2025 10 min

La Chine restreint l'accès à Internet pour les mineurs, l'Europe s'interroge...

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

à la haine et à la colère. Les démocraties cherchent l'équilibre entre liberté d'expression et régulation. La Chine, quant à elle, tranche dans le vif. - Dans l'art de contrôler Internet, la Chine est définitivement la reine. ...

Depuis septembre, exit les discours trop intimistes ou clivants qui nuiraient à la santé des Chinois et notamment du jeune public. Cet homme vient d'en faire les frais. Ce professeur influenceur a été prié de se taire, accusé de ne pas assez valoriser le système scolaire. - Votre expérience en stage dans le secteur concerné est bien plus importante que l'examen d'entrée en master. - "Des mesures de santé publique", assure le régime.

La Chine limite l'utilisation des réseaux sociaux. Interdiction la nuit et pas plus d'une heure la journée, pour les moins de 16 ans. Cette mère approuve l'idée. - Je suis pour.

Beaucoup de parents sont soulagés de ne pas surveiller les enfants. Si elle devenait accro à Internet, elle prendrait du retard sur ses études, et ça m'inquiète beaucoup. - A l'autre bout de la planète, l'Europe s'interroge aussi.

Faut-il réguler l'accès aux réseaux sociaux? Pour E.Macron, c'est oui. ...

Hier, le président a réuni à l'Elysée des acteurs du secteur près d'un mois après avoir tenté de convaincre ses partenaires européens. - E.Macron: Nous avons laissé s'installer des espaces publics où tout est fait pour ne plus raisonner, puisqu'au fond, l'ordre de mérite, c'est que l'émotion est supérieure à l'argument et que l'émotion négative est supérieure à l'émotion positive.

C'est un biais complet pour que notre démocratie aille aux extrêmes, pour que le bruit et la fureur l'emportent sur l'argument raisonné. - Pour ce député socialiste, il y a urgence. Encore faut-il que les autorités en fassent vraiment une priorité. - Il faut des moyens humains, technologiques et donc financiers pour analyser ce qui se passe et pour pouvoir mener ces enquêtes qui sont longues.

Il y a plus d'une douzaine d'enquêtes qui sont ouvertes face aux géants de la tech. - Depuis juin dernier, certains députés français ont tenté de s'emparer du sujet en allant interroger ceux qui produisent du contenu sur ces plateformes, comme cet influenceur aux propos jugés misogynes. - J'arrive à attraper 1,8 million d'abonnés en un an et demi.

C'est que mon contenu plaît. Mais je ne peux pas être responsable de tout. - Un autre quitte le débat lorsque les questions ne lui plaisent pas. - Bonne journée. - Je finis mon propos... - Alors, les démocraties sont-elles dépassées?

L'une d'entre elles a fait un choix radical: l'Australie, qui a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. - La loi est très claire. Nous ne prétendons pas que sa mise en place sera parfaite, tout comme l'interdiction de l'alcool aux moins de 18 ans ne signifie pas que les personnes de moins de 18 ans n'y ont pas accès.

Mais c'est la bonne chose à faire. - La loi prendra effet le 10 décembre. Le groupe Meta s'est engagé hier à supprimer des centaines de milliers de comptes de jeunes utilisateurs d'ici là. - C.Roux: C'est intéressant.

Dans ce reportage, on parle beaucoup des jeunes. Ceux qui ont tweeté et partagé des contenus sur B.Macron ne sont pas des jeunes.

Question. - C.Barbier: En 2021, avant la guerre en Ukraine, ce n'était pas totalement présent, les ingérences étrangères, notamment russes.

Ce n'était pas non plus dominant. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas maintenant, qu'il y ait des bots russes qui relayent et amplifient. - C.Roux: On peut voir cette vidéo qui fait écho à ce que vous dites.

C'est E.Macron qui était dans un train en Ukraine. C'était dans la nuit du 9 au 10 mai.

Il avait un mouchoir à côté de lui. D'un coup, les réseaux russes, poussés par des réseaux complotistes, l'accusent d'avoir pris de la drogue et de cacher son matériel. Là, communication immédiate et contre-offensive pour tordre le cou à cette rumeur. - C.Barbier: Qui a tordu le cou à moitié.

Pour ce qui est de la généalogie de l'affaire madame, non. Je ne vois pas d'ingérence russe. Dans la démultiplication, quand une vidéo est mise en ligne, il faudrait faire une analyse presque informatique pour voir s'il n'y a pas eu des relais. - T.Mendès France: Ils ont essayé de surfer dessus.

La porte-parole des Affaires étrangères russes s'est amusée à rire dessus et a essayé de buzzer. On a l'AFP russe qui a fait des articles complets sur ce délire autour de B.Macron. - E.Anizon: Natacha Rey a été invitée. - T.Mendès France: Ils ont surfé dessus. - C.Roux: Un léger...

Le monde entier s'est mis à commenter la gifle de B.Macron à E.Macron.

Je dis "gifler", mais l'Elysée a d'abord communiqué en disant que c'était une vidéo générée par l'IA. Là, ce genre de faux pas, c'est terrible. - E.Anizon: Ca avait donné cette impression que les politiques mentent.

Cette tentative et cette volonté de couvrir ce geste...

Aujourd'hui, rien ne peut plus être masqué. On est dans une ère de transparence. Là, il fallait une communication honnête et immédiate.

L'effet est dramatique. Au tour de N.Rey.

Il y a une jeune femme gestionnaire de grand compte qui n'est pas dans le profil...

Famille socialiste, du Nord, qui s'est retrouvée à être avec N.Rey...

Elle dit: "Je ne sais pas si c'est vrai. Elle cherche la vérité. Moi, ce que je ne veux plus, c'est le mensonge." - C.Barbier: Ce qui a sauvé, dans l'affaire de la gifle, le couple Macron d'un effet boule de neige, c'est l'humour.

Cette gifle avait été détournée par des tas d'internautes très subtiles et pleins d'humour qui ont imaginé les circonstances et ont transporté cette image. Ca, ça a un peu dégonflé l'affaire, peut-être. - C.Roux: Ca peut être un bon moyen, ça, de détourner des contenus? - E.Anizon: Quand E.Macron a détourné la rumeur avec M.Gallet...

Qu'a-t-il fait? Il a utilisé l'arme de l'humour en plaisantant, en en parlant et en dédramatisant. Ca a immédiatement été très efficace. - T.Mendès France: E.Macron avait traité de "fadas" ceux qui croyaient aux théories autour de B.Macron. - C.Roux: Le problème, c'est quand on regarde les chiffres.

Voici cette étude de l'Arcom de mars 2025. Pour 16 % des Français, le 1er pas sur la Lune est une mise en scène. - C.Barbier: Les tours du 11-Septembre aussi.

On retrouve beaucoup d'affabulation. Il y a 2 choses. Il y a une chose vieille comme le monde, c'est que le faux est plus intéressant à croire.

Le vrai est plat parce que démontré et tout le monde le croit. On s'accroche aux fantasmagories. La 2e chose, c'est l'effet du confinement.

Les réseaux sociaux et le confinement me donnent l'impression qu'il y a une réelle ère du complotisme qui s'est mise en place. - C.Roux: Comment on fait?

La question est posée dans l'ensemble des démocraties. La Chine interdit l'usage des réseaux aux moins de 13 ans. On a des initiatives en Australie.

Quels sont les outils dont disposent nos démocraties pour se prémunir de ce qu'E.Macron disait "le bruit et la fureur"? - C.Barbier: Les valeurs que protège la démocratie favorisent les ennemis de la démocratie.

Vous avez 2 solutions. La première est d'abandonner la démocratie. Vous passez en dictature et vous pouvez arrêter tout le monde et couper tout ce que vous voulez.

Ce n'est pas ce que nous souhaitons. L'efficacité chinoise, de ce côté, est terrifiante. La 2e solution est de renforcer la démocratie et de la mettre plus haut, par les valeurs démocratiques, que ceux qui veulent détourner cette liberté d'expression.

Ca passe par la justice. Les peines ne sont pas adaptées, les sanctions pas assez dissuasives. Ca passe aussi par l'éducation et une vertu démocratique qui s'appelle la patience.

Quand la presse quotidienne papier a commencé au XIXe siècle à devenir une presse de masse, les mensonges y étaient à foison. Ils poussaient partout. C'était plus facile pour vendre du papier de dire qu'il y avait eu 50 morts dans un incendie plutôt que 2 et qu'il y avait une femme enceinte et des enfants jetés par la fenêtre.

Ca faisait vendre. A un moment donné, le corps social a rejeté le fond. Il y a eu un haut-le-coeur des citoyens qui en ont eu marre d'être dupés et qui ont exigé que la presse soit crédible, sérieuse, déontologique.

Ca a donné un cadre. La société avait mûri au milieu du faux.