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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 11 octobre 2025 9 min

Retraites : Borne plonge la macronie un peu plus dans la crise - Reportage #cdanslair 10.10.25

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Dans quel état d'esprit sont les députés macronistes? Ont-ils le blues? Se préparent-ils à une nouvelle élection? - Sur la table des discussions entre le Premier ministre démissionnaire et la gauche, il y a l'hypothèse de la suspension de la réforme des retraites. - C'est dans ce contexte que l'ex-Premier ministre ouvre la porte sur la réforme des retraites... - E.Borne a tenté de sortir du chapeau une éventuelle suspension de sa très décriée réforme des retraites... - Ou comment semer la zizanie en Macronie.

Mercredi, dans "Le Parisien", E.Borne fait une déclaration inattendue. ...

Pourtant, jusque-là, la réforme des retraites était un totem. Alors, sur leur groupe de discussion privé, les députés du parti présidentiel s'indignent... ...

En interne, c'est la crise. Même des macronistes de la 1re heure, comme A.Genetet, se désolidarisent publiquement de la proposition d'E.Borne. - A.Genetet: Venant de la part de celle qui, elle-même, a défendu cette réforme, c'est un peu surprenant.

Sur le fond, sur le principe, si ce débat devait revenir à l'Assemblée, je reste fidèle à mes convictions premières. Je reste convaincue qu'il faut pouvoir financer notre modèle social. Je veux pouvoir le préserver.

De ce fait, je ne serai pas en faveur d'une suspension de cette réforme. - E.Borne est-elle en train de renoncer à sa réforme?

Un texte pourtant passé au forceps, après plusieurs mois de manifestations partout en France. Des débats agités, voire impossibles à l'Assemblée nationale... - Y.Braun-Pivet: On n'est pas dans un amphi ou dans une manif, on est dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale!

La parole est à madame la Première ministre... - Et un 49-3 en mars 2023, pour faire passer le texte.

Huées. - E.Borne: Je suis prête à engager ma responsabilité...

Aussi, sur le fondement de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, j'engage la responsabilité de mon gouvernement. -2 ans et demi plus tard, le ton a changé. E.Borne, plus flexible, tente de convaincre son propre camp. - E.Borne: Si c'est la seule voie pour pouvoir sortir de la crise actuelle, qui va coûter des milliards au pays, cette instabilité qui plonge tout le monde dans l'incertitude...

Dès lors que ce débat aura lieu dans la présidentielle et que tous ceux qui envisagent d'être candidats disent qu'il y aura une autre réforme des retraites, je pense que ça vaut la peine de poser cette question. - E.Borne, seule contre tous.

Le reste du bloc central refuse aussi d'abandonner ce texte. E.Philippe a rappelé sa ligne à ses troupes. ...

Le camp présidentiel pourra-t-il tenir Face à de telles divisions? - A.Casse: Question. - C.Cornudet: On parle beaucoup de crise politique et institutionnelle.

On va peut-être entrer dans une vraie crise financière et économique. On ne sait pas comment les marchés...

C'est inédit. C'est un reniement de la parole de la France auprès de tous ceux qui nous prêtent de l'argent. On avait dit qu'on avait été courageux et qu'on avait fait une réforme, mais revenir dessus, en termes d'image, c'est dramatique.

On ne sait pas quelle image ça va avoir sur nos taux d'intérêt sur les marchés. C'est un vrai risque. C'était la condition sine qua non donnée par le PS pour avoir sa non-censure.

Là, acculé, il est prêt à le lâcher. Manifestement, il a été demandé à E.Borne, qui a incarné cette réforme, et pour faire mieux passer la pilule auprès des macronistes, et on voit que ce n'est pas complètement le cas, d'elle-même faire cette intervention et de dire qu'il faut suspendre la réforme. - A.Casse: Ca lui a été demandé. - C.Cornudet: Elle l'a fait sur demande. - A.Casse: De S.Lecornu? - C.Cornudet: Oui.

Il était arrivé à la conclusion que c'était la seule façon de pouvoir trouver un chemin avec le PS. La meilleure personne qui peut essayer de faire comprendre ça à ses troupes, c'est celle qui l'a faite et qui a souffert. Elle a tout pris.

Elle est devenue "madame 49-3". Son image a été durablement abîmée par ça. Faire ce geste au nom de la survie du gouvernement... - A.Casse: Que s'est-il dit au sujet de la réforme des retraites à l'Elysée? - P.de Saint Remy: De ce qu'on comprend, tout ça est très à chaud.

Le président de la République n'a pas prononcé lui-même le mot de "suspension". Néanmoins, il a quand même eu l'air d'accréditer l'idée d'abord énoncée par S.Lecornu que le débat sur cette réforme pouvait et devait être rouvert, en proposant que la mesure d'âge à 63 ans, la mesure la plus symbolique pour le grand public, son application soit repoussée à après la présidentielle.

Sauf que le PS, notamment, Les Ecologistes aussi, demandent à ce qu'on touche aussi à la mesure qui touche aux trimestres, la mesure qui touche le plus de monde. Ils demandent à ce qu'elle soit repoussée. - A.Casse: Ils ont obtenu des choses aujourd'hui. - B.Jeudy: C'est un énorme tabou pour E.Macron, quoi qu'on en pense.

Même si une partie des hommes et des femmes politiques ont considéré qu'il n'y a pas le compte, c'est énorme. En une semaine, S.Lecornu, par petites touches, a quand même poussé le président à lâcher quelques bribes.

Le 49-3, c'est contesté. La gauche dit qu'il y a d'autres procédures parlementaires qui permettent au gouvernement d'agir. Mais ça fait des années qu'ils nous bassinent avec le 49-3. 2e totem, le président de la République, sans dire "suspension", admet une forme de décalage de l'application de la réforme des retraites.

Ca a quand même un coût. - P.de Saint Remy: Il confie à S.Lecornu, ou au futur Premier ministre, de discuter plus encore avec les forces de gauche. - B.Jeudy: C'est quand même plus qu'un bougé.

Les conséquences seront sans doute énormes. Les agences regardent. Une nous a rétrogradés en 2e division il y a 15 jours.

Les 2 autres attendent. La France emprunte à des taux plus élevés que l'Italie. Le coût est fixé à 3 milliards pour Bercy l'an prochain.

Le pays cherche déjà et a du mal à trouver 43 milliards d'économies à faire. - A.Casse: L'argument est de dire que la crise économique coûterait plus cher que de suspendre la réforme. - B.Jeudy: 1,5 point de croissance, ça a coûté 15 milliards, cette année politique et cette instabilité née de la dissolution.

On a une idée de ce que ça entraînera pour la suite si on dissout. Les 3 milliards, ce n'est pas le vrai coût. Le coût est bien plus important.

Il va être important en termes d'image pour la France et surtout des marchés. Ils vont regarder la France en se disant qu'elle ne respecte pas ce qu'elle vote. - P.de Saint Remy: Et le coût politique de renoncer à une réforme qui a été adoptée, même si c'était par 49-3. - B.Jeudy: Il peut perdre la droite en cours de route.

Les députés LR sont quand même divisés. La question des retraites, les sondages de G.Sliman le montrent, globalement, c'est populaire, cette mesure.