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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 2 juin 2025 7 minContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprises

"Il faut revoir la loi Egalim", estime le fondateur de la marque "C’est qui le patron ?!"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 20 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46InvitéFait
    « Il n'y a pas d'enjeu financier, l'ensemble de l'argent va vers les producteurs en fin d'année. »
  • 0:58InvitéFait
    « Et les fruits et légumes, pour être très concret, c'est un fruits et légumes sur deux, en France, est importé. »
  • 2:03InvitéChiffre
    « Il lui manque, dans les cerises, 60 centimes. »
  • 2:28InvitéChiffre
    « Combien on consomme par an de cerises, par an et par habitant en France ? 400 grammes. »
  • 3:45InvitéChiffre
    « Il manquait 9 centimes aux producteurs de pommes strasbourgeois qui nous ont appelés en disant on arrache nos arbres parce qu'il nous manque 9 centimes. »
  • 3:51InvitéChiffre
    « C'était 1,60€. Vous savez, on a regardé toujours du côté du prix le plus bas, c'est important. »
  • 4:04InvitéPromesse
    « Il y a 30% de familles qui ne peuvent pas mettre des centimes en plus. Mais il fallait regarder aussi du côté de ceux qui peuvent, 70% des gens, côté consommateurs, peuvent rajouter ces centimes. »
  • 4:54InvitéFait
    « On a perdu un million de producteurs en quelques années. »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur36 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, l'invité éco ce soir est le fondateur de C'est Qu'il Patron, Nicolas Chabat, bonsoir.

0:10
Invité

Bonsoir.

0:10
Présentateur

C'est Qu'il Patron est une coopérative de consommateurs, marques bien connues des Français, surtout pour vos produits laitiers. Votre pack de lait est le plus vendu en France et votre particularité à C'est Qu'il Patron, c'est que c'est le producteur avec le consommateur qui fixe le prix. Alors, vous, on connaît bien vos produits laitiers, le lait, le beurre, mais vous voulez aussi vous lancer dans une filière de fruits et légumes. Pourquoi ?

0:39
Invité

Eh oui, parce que les producteurs de fruits et légumes, comme les producteurs de lait, je rappelle qu'on est, comme vous l'avez dit, une coopérative de consommateurs. Il n'y a pas d'enjeu financier, l'ensemble de l'argent va vers les producteurs en fin d'année. Et quand on n'a pas comme ça d'enjeu économique, on n'a qu'une chose à faire, c'est se tourner vers ceux qui nous nourrissent tous les jours et qui galèrent et qui sont en difficulté. Et les fruits et légumes, pour être très concret, c'est un fruits et légumes sur deux, en France, est importé.

Ça veut dire que ce qui est si important pour nous, pour notre santé, pour les producteurs français, c'est en train de disparaître au profit, notamment, d'importation. Combien il manque à un producteur pour qu'il arrête d'arracher ses arbres parce qu'il ne s'en sort pas, et de voir arriver cette nourriture et ces fruits et légumes de l'étranger ? Il lui manque, dans les cerises, 60 centimes.

1:27
Présentateur

Alors j'ai vu, vous allez lancer une barquette de cerises. Vous voulez vous lancer également dans une filière pommes, oignons, échalotes. Les consommateurs peuvent aller d'ailleurs sur le site internet de C'est qui le patron pour voir de quels produits on parle. Pourquoi vous avez choisi ces produits-là et pas d'autres ? C'est parce qu'il existe, j'imagine, des producteurs en France.

1:45
Invité

Voilà, parce qu'il existe des producteurs en France et en difficulté. Ils nous ont appelé, les producteurs, comme ça s'était passé pour le lait, en nous disant, écoutez, je m'appelle Nicolas, Laurent, je suis à Lyon, on y va demain, et j'arrache mes arbres, mes cerisiers parce que je n'ai pas de quoi vivre. On a retourné la question, en tant que consommateur, combien il vous manque ? 1,50€ par kilo. Voilà ce qu'il manque à un producteur en France qui fait des cerises, 1,50€ par kilo, pour vivre de son travail.

2:11
Présentateur

Donc vous dites qu'aujourd'hui, personne n'achète des cerises françaises, c'est 5€, je crois, le prix pour l'instant.

2:17
Invité

Beaucoup moins de cerises parce qu'on a la sensation que c'est cher. Mais regardez le deuxième chiffre incroyable, combien on consomme par an de cerises, par an et par habitant en France ? 400 grammes. Ça veut dire que si on rajoute 60 centimes sur nos achats annuels de cerises, on permet à un producteur français de continuer de vivre et de transmettre sa ferme. Si demain, ces producteurs français ne font plus de cerises, de pommes, de légumes, et qu'on dépend de la nourriture qui vient du bout du monde ou de l'étranger, dans le contexte géopolitique, je ne sais pas si c'est le meilleur des choix.

2:48
Présentateur

Et donc pour l'instant, concrètement, vous avez fixé le prix pour les cerises. Ce n'est pas encore fait pour les pommes, les échalotes notamment ?

2:56
Invité

C'est des votes collectifs, merci de le souligner. C'est-à-dire que le principe, c'est comme on l'a fait pour les cerises, pour les pommes, on décide tous ensemble de critères simples. On répond sur Internet, combien on met pour le producteur ? Est-ce qu'on lui donne l'argent qu'il nous demande ? Oui, non, ça permet de faire évoluer le prix. Est-ce qu'on prend des vergers, fait en agriculture raisonnée, en bio ? Est-ce qu'on fait de l'accueil à maturité ? On a décidé, nous consommateurs, de rentrer dans les coulisses de ce qu'on consomme et de déterminer l'histoire du produit et le prix final, parce que c'est un prix voté conseillé, décidé par nous les consommateurs.

3:27
Présentateur

Et pour être sûr d'avoir bien compris, Nicolas Chabanne, si vous avez choisi ces produits, c'est parce qu'ils remplissent deux critères. Un, il y a des producteurs en France. Et deux, ce sont des producteurs qui aujourd'hui n'ont pas un revenu suffisant pour vivre ou pour retransmettre leur terre plus tard.

3:41
Invité

Absolument, pour les pommes, il manquait 9 centimes aux producteurs de pommes strasbourgeois qui nous ont appelés en disant on arrache nos arbres, parce qu'il nous manque 9 centimes. 9 centimes sur une consommation annuelle de jus de pommes, c'était 1,60€. Vous savez, on a regardé toujours du côté du prix le plus bas, c'est important. Il y a 30% de familles qui ne peuvent pas mettre des centimes en plus. Mais il fallait regarder aussi du côté de ceux qui peuvent, 70% des gens, côté consommateurs, peuvent rajouter ces centimes.

4:04
Présentateur

Alors, côté distributeurs maintenant, est-ce que vous pensez que demain, les distributeurs qui aujourd'hui vendent vos packs de lait, avec lesquels vous êtes venus sur France Info, pourquoi est-ce qu'ils s'engageraient à acheter des pommes ? C'est qui le patron ? En sachant qu'il y a des engagements qui ont déjà été pris de la part de certains distributeurs, de vendre des fruits et légumes français. Pourquoi les vôtres ?

4:24
Invité

Alors, c'est vrai. Pourquoi les nôtres ? Alors, c'est un nôtre très général. On est 16 millions à acheter des produits. Donc, c'est bien au-delà de ceux de l'équipe de Cécile Patron. On leur a dit, il ne faut pas déshabiller Pierre Pourpol. On est d'accord. Mais il ne faut pas que vous vendiez de produits dans les rayons au nom de notre argent de consommateur qui ne sont pas payés au juste prix aux producteurs.

4:42
Présentateur

Ah, c'est ça le problème.

4:43
Invité

Il faut remplacer. Et demain, on est prêt à prendre des producteurs en place dans les rayons et de leur amener les centimes qui manquent. On ne peut plus imaginer que notre argent de consommateur serve à alimenter des rayons. Ou à l'autre bout, il y a des producteurs en grande difficulté qui arrêtent leur activité et des jeunes qui ne reprennent pas.

4:59
Présentateur

Sauf qu'aujourd'hui, Nicolas Chabanne, vous n'avez aucune garantie, une fois que vous aurez fixé le prix de ces produits, que vous aurez des distributeurs qui seront prêts à les vendre.

5:07
Invité

Alors, un petit scoop, une bonne nouvelle, c'est qu'on a déjà les trois premiers et c'est allé très vite. On a celui qui pourtant se bat pour le prix le plus bas qui a dit un grand oui en premier, Leclerc. On a Super U, de Mixer-Cher, qui a dit OK, on y va, il faut qu'on aide les producteurs de fruits et légumes. Et Auchan, donc on a déjà trois distributeurs. C'est un peu comme pour le lait, on n'en avait qu'un au début, si vous vous rappelez. Puis tout le monde a suivi, on est la marque, je leur dis aux distributeurs, je crois qu'on les voit, on est vos clients. C'est une marque, c'est la marque de vos clients qui viennent dans les magasins. Faites une place à ces produits.

5:37
Présentateur

Alors, la loi EGalim, puisqu'on est quand même en train de parler toujours du prix, et ce qui fixe aujourd'hui le prix, en tout cas les négociations entre distributeurs et transformateurs, c'est donc la loi EGalim, qui fixe les conditions de négociation des prix chaque année dans le secteur agroalimentaire. Cette loi EGalim, elle devait être refrue cette année, sauf que depuis que l'inflation alimentaire s'est éloignée, l'urgence aussi. Est-ce que vous, Nicolas Chabanne, vous préconisez qu'on revoie la loi EGalim demain ?

6:07
Invité

Je vais faire très court, la loi EGalim, elle est née, inspirée par cette démarche du consommateur, comme nous l'avait expliqué à l'époque Audrey Bourleau et Emmanuel Macron. Ça ne marche pas, pourquoi ? Pour une seule raison. C'est parce que cette démarche, elle fonctionne, parce que nous consommateurs, on est dans les réunions avec le distributeur, avec l'industriel, le fabricant. On leur dit, écoutez, c'est notre argent que finalement vous récupérez au final. Faites en sorte que notre argent aide les producteurs. On veut être garant de ça.

6:31
Présentateur

Donc, il faut revoir la loi EGalim aujourd'hui ?

6:34
Invité

Il faut revoir la loi EGalim et on va aller plus vite et plus rapide parce qu'il y a une urgence phénoménale. On a perdu un million de producteurs en quelques années. On va créer une loi, je vous l'annonce avec beaucoup de fierté pour tous ceux qui ont travaillé, nous les consommateurs. On va créer une loi portée par les consommateurs pour venir en aide aux producteurs. Le principe est simple, vous nous mettez à l'intérieur du système comme on le fait depuis 9 ans. C'est devenu la brie de lait la plus vendue, vous l'avez dit, la marque nouvelle la plus vendue de France. Et parce qu'on est arbitre par notre acte d'achat, on va pouvoir protéger les producteurs.

Ils en ont besoin, il faut le faire en urgence.

7:07
Présentateur

Et donc, une proposition de loi sur le revoir la loi EGalim en incluant les consommateurs. Merci beaucoup Nicolas Chaban, fondateur de C'est qui le patron ? Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir.