Laurent Wauquiez s’attaque à la culture - L’édito de Patrick Cohen - C à vous - 10/05/2023
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Chapitres
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« des attaques qui ne relèvent pas seulement des assignations identitaires et de la cancel culture »
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« les attaques et la censure viennent aussi du camp opposé »
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« Le patron de la RAI vient de démissionner. Il dit refuser les pressions exercées par le gouvernement Mélanie sur sa programmation. »
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« Stéphane Lissner à l'Opéra de Naples et Dominique Meyère à la Scala de Milan »
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« La France, c'est justement l'exemple dont vous voulez parler ce soir. »
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« celle présidée par Laurent Wauquiez, Auvergne-Rhône-Alpes, qui ne met pas beaucoup d'argent dans la culture. »
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« 8 euros par habitant contre 18 dans les Hauts-de-France de Xavier Bertrand »
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« L'Opéra va fermer un mois l'été prochain, ce qui n'était jamais arrivé »
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« C'est 350 000 euros de subvention, zéro, sans concertation ni explication. »
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« Officiellement, il s'agit de rééquilibrer les territoires, donner moins aux grandes métropoles et plus aux villes, aux villages »
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« Laurent Wauquiez qui veut aussi transformer le musée de la bataille de Gergovie en une vitrine de la civilisation gauloise, une sorte de puits du fou arverne pour 20 à 40 millions d'euros. »
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« dans le budget global de cette grande région, près de 5 milliards d'euros, la culture est une goutte d'eau, à peine 1,5%. »
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« nous considérons qu'il y a un meilleur usage que de subventionner une boîte de nuit, dont la gestion est d'ailleurs des plus douteuses, qui met en scène des groupes qui appellent à la violence, voire à la délinquance, et qui, de surcroît, fait circuler la drogue sous le monde. »
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« le directeur du TNG ne se reconnaît pas dans les choix de la région et donc nous retirons nos subventions à la structure. »
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« Laurent Wauquiez vient d'accorder une interview au Point où il réclame la suppression de la quasi-totalité des autorités indépendantes, la CNIL, Informatique et Libertés, ANSES, Sécurité Sanitaire, l'ARCOM, Audiovisuel et Numérique »
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Dans votre édito, Patrick, de nouveaux dangers pour la culture. Oui, avec des attaques qui ne relèvent pas seulement des assignations identitaires et de la cancel culture, pour reprendre les termes que vous avez employés lors de vos voeux 2023, pour dénoncer les appels à déprogrammation ou les actes de vandalisme, on va en reparler, contre les œuvres, les conférences, les expositions par des groupes antiracistes ou féministes qui, au nom d'une identité offensée, préfèrent effacer, autrement dit, la censure plutôt que le risque de l'offense. Mais on aurait tort d'oublier que les attaques et la censure viennent aussi du camp opposé.
Je veux parler de la droite populiste, celle, par exemple, qui a pris les commandes en Italie et qui est en train de faire le ménage dans le secteur public de la culture. Le patron de la RAI vient de démissionner. Il dit refuser les pressions exercées par le gouvernement Mélanie sur sa programmation. Et deux directeurs de Grand Opéra sont poussés vers la sortie, deux directeurs français. Stéphane Lissner à l'Opéra de Naples et Dominique Meyère à la Scala de Milan à noter que l'Italie, grand pays de patrimoine, est le pays d'Europe qui dépense le moins pour sa culture, deux fois moins que la France. La France, c'est justement l'exemple dont vous voulez parler ce soir.
Oui, il y a eu une région en particulier, celle présidée par Laurent Wauquiez, Auvergne-Rhône-Alpes, qui ne met pas beaucoup d'argent dans la culture. 8 euros par habitant contre 18 dans les Hauts-de-France de Xavier Bertrand et qui a choisi d'en dépenser encore moins. L'an dernier, déjà, l'Opéra de Lyon, le Théâtre National Populaire de Villeurbanne, la Maison de la Culture de Grenoble, l'Institut Lumière et des dizaines d'autres structures ont dû tailler dans leur budget et leur programme. L'Opéra va fermer un mois l'été prochain, ce qui n'était jamais arrivé, tandis que la Villa Gilet, lieu de création littéraire et de rencontre entre auteurs et lycéens, s'est vue carrément sucrer.
C'est 350 000 euros de subvention, zéro, sans concertation ni explication. La Ville de Lyon et le Centre National du Livre sont venus à leur escousse pour sauver l'institution. Est-ce que c'est par souci d'économie ? Officiellement, il s'agit de rééquilibrer les territoires, donner moins aux grandes métropoles et plus aux villes, aux villages et, affirme Laurent Wauquiez, aux terroirs et aux festivals.
On a clairement une vraie divergence. Vous, vous êtes favorable à des grosses institutions implantées dans les grandes villes. Nous, c'est vrai, nous assumons l'orientation très claire de notre politique culturelle en direction des festivals, en reconnaissance des bénévoles qui y sont engagés.
Laurent Wauquiez qui veut aussi transformer le musée de la bataille de Gergovie en une vitrine de la civilisation gauloise, une sorte de puits du fou arverne pour 20 à 40 millions d'euros. Mais en réalité, dans le budget global de cette grande région, près de 5 milliards d'euros, la culture est une goutte d'eau, à peine 1,5%. Alors à ce niveau de dépense, chaque coupe est symbolique, ou politique, ou punitive. On vient d'en avoir la preuve.
Pour avoir critiqué publiquement cette politique, le directeur du théâtre Nouvelle Génération, TNG, Joris Mathieu, a été aussitôt sanctionné, privé de subventions lui aussi, validant ainsi ce qu'il dénonçait, la culture de la peur entretenue par l'exécutif. La région se déshonore, ont écrit en réaction un collectif de 200 personnalités du spectacle public et 8 de vos prédécesseurs au ministère de la Culture, de Philippe d'Oustoblazy à Roselyne Bachelot, Jack Lang ou Aurélie Philippetti. Avec ce rappel, en forme d'avertissement, les dérives populistes et autoritaires prennent souvent le terrain culturel comme premier champ d'expérimentation. C'est sans précédent ?
Oui, à l'échelle d'une région, oui, et c'est une rupture avec le consensus républicain qui prévaut depuis des décennies pour une politique culturelle transpartisane et garante de la liberté de création, avec un souvenir personnel et une exception historique de taille. Les premiers pas municipaux du Front National, quand les lepénistes voulaient nettoyer la culture en liquidant, comme à Vitrolles, cinéma d'arrêt d'essai ou associations culturelles. La démocratie que de décider, au nom de la population, quel usage on fait de l'argent public.
Eh bien, nous considérons qu'il y a un meilleur usage que de subventionner une boîte de nuit, dont la gestion est d'ailleurs des plus douteuses, qui met en scène des groupes qui appellent à la violence, voire à la délinquance, et qui, de surcroît, fait circuler la drogue sous le monde. Vitrolles 97, c'est à peu de choses près le discours entendu ces derniers jours du côté de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Sophie Rodkopf, vice-présidente déléguée à la culture, le directeur du TNG ne se reconnaît pas dans les choix de la région et donc nous retirons nos subventions à la structure. Voilà, c'est clair.
Depuis, et dans la même veine, Laurent Wauquiez vient d'accorder une interview au Point où il réclame la suppression de la quasi-totalité des autorités indépendantes, la CNIL, Informatique et Libertés, ANSES, Sécurité Sanitaire, l'ARCOM, Audiovisuel et Numérique, pour qu'un futur pouvoir ait les mains complètement libres sur la culture et sur le reste.