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InterviewC l'hebdo - France Télévisions· 21 juin 2025 10 minComplaisantPortrait personnelSanté

« Je suis alcoolique » : Noémie Lenoir brise le silence

Source d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:41OuverteRéponse directe

    Vous vous mettiez dans quel état ?

  • 1:40OuverteRéponse directe

    Vous aviez le même rapport à la bouteille ? C'était pour vous soigner ?

  • 2:20OuverteRéponse directe

    ça va jusqu'à une tentative de suicide alors que vous êtes jeune maman.

  • 3:40OuverteRéponse directe

    Et vous, qu'est-ce qui vous a sauvé ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    À quel moment vous vous êtes dit, j'ai un problème, je suis alcoolique ?

  • 5:29OuverteRéponse directe

    Et là, vous êtes sobre depuis combien de temps ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:14Invité politiqueFait
    « On dit toujours que l'alcool s'évapore, mais moi je me souviens très bien de ce premier test »
  • 2:33Invité politiqueFait
    « j'ai mis ça sur la faute de mon ex-compagnon, j'ai mis ça sur la faute du mannequinat, j'ai mis ça sur la faute de mon père, de ma mère »
  • 2:54Invité politiqueFait
    « Il faut savoir que j'ai commencé, j'avais 15 ans, le mannequinat »
  • 3:14Invité politiqueFait
    « j'ai avalé des Advil. Et j'ai pris une bouteille de vodka et je suis partie dans les bois »
  • 3:37Invité politiqueFait
    « pour se sortir de l'alcoolisme, on est obligé d'avoir de l'aide. On ne peut pas se sortir seul »
  • 3:46Invité politiqueChiffre
    « j'ai fait, franchement, trois hôpitaux pour me sortir de l'addiction »
  • 4:02Invité politiqueFait
    « Un jour, j'ai un de mes ex qui me dit, là, tu as vraiment un problème, il faut que tu te fasses aider »
  • 4:14Invité politiqueFait
    « je suis allée en Angleterre, à Hachford, où j'ai découvert la médecine intégrative »
  • 5:18Invité politiqueChiffre
    « C'est vraiment à 38 ans que j'ai trouvé la bonne méthode »
  • 5:20Invité politiqueChiffre
    « je le savais que j'étais alcoolique depuis 2003, à 23 ans, quand j'ai fait ma première cure »
  • 5:31Invité politiqueChiffre
    « Là, depuis 2018, vraiment, je suis sobre »
  • 7:31Invité politiqueFait
    « Mon père, c'était un dry drunk »
  • 7:35Invité politiqueFait
    « Il s'en est sorti, il a arrêté de boire à la naissance de mon fils »
  • 9:24Invité politiqueChiffre
    « il y a quand même 4 millions de personnes qui ont regardé votre vidéo »
  • 9:36Invité politiqueChiffre
    « je suis bientôt à ma cinquantaine dans quelques années »

Temps de parole

  • Invité politique85 %
  • Présentateur8 %
  • Locuteur non identifié5 %
  • Invité2 %

3,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité politique

La première fois où j'ai goûté l'alcool, j'étais en classe de neige et ils se sont trompés dans la fondue Savoyarde et ils ont donné celle des profs aux enfants. On dit toujours que l'alcool s'évapore, mais moi je me souviens très bien de ce premier test et franchement j'étais là, je me suis dit « c'est quoi ce truc extraordinaire qui m'arrive ? » Et donc c'est à partir de ce moment-là que j'ai connu les premiers effets de l'alcool et j'ai su, voilà quoi. Et puis à 19 ans, j'ai commencé en faisant la fête à boire entre amis pendant les soirées.

0:41
Présentateur

Vous vous mettiez dans quel état ?

0:43
Invité politique

Écoutez, je n'ai jamais été vraiment à me mettre à tituber dans la rue et tout ça, mais par contre, ce qui faisait ressortir de moi l'alcool en soirée, c'est que je me battais tout le temps. Et même, je me souviens, j'allais au VIP, Jean-Roch, il me disait « Noémie, s'il te plaît, s'il te plaît, cette fois, pas de bagarre ! » Mais ça finissait toujours par des bagarres. Donc au fil du temps, j'ai commencé à boire toute seule. Et c'est là où je me suis dit s'il y a quelque chose de pas normal en fait.

C'est quand ça devient plus festif que le verre vous appelle, comme s'il y avait quelque chose de noir au fond de vous et vous regardez la bouteille et vous dites « Non, non, non, non, je ne vais pas boire. » Et surtout quand vous vous réveillez de la cuite et que vous dites « Demain, j'arrête ! » Et qu'en fait, le lendemain, on n'a pas arrêté, on a recommencé.

1:40
Présentateur

Oui, Murielle Robin, qui elle aussi prend la parole cette année pour dire qu'elle est alcoolique, et elle dit qu'elle souffrait en même temps et qu'elle voyait l'alcool comme un médicament. Vous aviez le même rapport à la bouteille ? C'était pour vous soigner ?

1:53
Invité politique

En fait, on ne s'en rend pas compte. On pense que ça va nous anesthésier, qu'on va moins penser, qu'on va se dire « Bon, du coup, on va faire la fête, du coup, on va remplir tous ces mots, M-A-U-X, par l'alcool. » Donc l'alcool n'était pas vraiment un médicament en soi, c'était vraiment une addiction, quelque chose qui m'appelait. C'était plus fort que moi.

2:21
Présentateur

Oui, et quand je parlais de descente aux enfers, ça va jusqu'à une tentative de suicide alors que vous êtes jeune maman. C'était en 2010, je crois. Vous avez essayé de vous donner la mort.

2:30
Invité politique

Oui, parce qu'en fait, pendant des années, j'ai mis ça sur la faute de mon ex-compagnon, j'ai mis ça sur la faute du mannequinat, j'ai mis ça sur la faute de mon père, de ma mère. Et en fait, c'est qu'aujourd'hui que je me rends compte, ce n'est pas la faute de qui que ce soit. C'est mon alcoolisme. C'est que je n'ai pas fait un travail sur moi-même. Je n'avais pas posé des mots, je n'avais personne pour m'écouter. Il faut savoir que j'ai commencé, j'avais 15 ans, le mannequinat. Et au lieu de faire ma crise d'adolescence, moi, j'essayais de plaire aux autres. Je ne faisais pas de bêtises. Et du coup, je n'ai pas eu cette adolescence, je n'ai pas eu cette rébellion.

Et je l'ai trouvée dans l'alcool. Et j'ai sombré dans l'alcool. Et en 2010, quand vraiment, j'étais au plus bas, j'ai avalé des Advil. Et j'ai pris une bouteille de vodka et je suis partie dans les bois. Et c'est pour ça, aujourd'hui, mon témoignage aussi, c'est pour dire qu'il ne faut pas attendre que ça aille mal pour demander de l'aide. De toute façon, pour se sortir de l'alcoolisme, on est obligé d'avoir de l'aide. On ne peut pas se sortir seul. Et vous, qu'est-ce qui vous a sauvé ? Eh bien, j'ai mon psy, déjà, j'ai commencé. Et puis, je suis partie à Hachford. Alors qu'il faut savoir que j'ai fait, franchement, trois hôpitaux pour me sortir de l'addiction. Jusqu'au jour où...

Jusqu'au jour, je ne dis pas. Un jour, j'ai un de mes ex qui me dit, là, tu as vraiment un problème, il faut que tu te fasses aider. J'ai rencontré un groupe de parole, trois mois après, j'ai resombré. Et je suis allée en Angleterre, à Hachford, où j'ai découvert la médecine intégrative. Et la médecine intégrative, c'est un écosystème où on prend la personne dans sa globalité. Donc, c'est-à-dire que je l'ai fait de l'art-thérapie, de l'équithérapie, c'est avec les chevaux. J'ai fait de la méditation, de l'hypnose. J'étais dans la nature, coupée du monde, juste avec des gens bienveillants, des groupes de parole. Et je suis restée là-bas pendant un mois et demi.

Et quand je suis sortie de là, je me suis dit, ah ouais, en fait, je pense que pour certaines personnes, ils peuvent se sortir juste en allant voir un psychiatre, en prenant des médicaments. Je ne suis pas contre tout ça. Mais en tous les cas, pour moi, ce qui a fonctionné, c'est vraiment cet écosystème et de me prendre dans ma globalité.

5:00
Présentateur

– À quel moment vous vous êtes dit, j'ai un problème, je suis alcoolique ? Il faut que je le règle. Le déclic, il est venu comment ?

5:05
Invité politique

– Il est venu depuis très longtemps. Sauf que je n'avais pas la bonne méthode. Je ne savais pas comment m'en sortir. J'étais perdue. C'est vraiment à 38 ans que j'ai trouvé la bonne méthode. Mais avant ça, je le savais que j'étais alcoolique depuis 2003, à 23 ans, quand j'ai fait ma première cure. Ma première cure.

5:29
Présentateur

– Et là, vous êtes sobre depuis combien de temps ?

5:31
Invité politique

– Là, depuis 2018, vraiment, je suis sobre. Après, c'est ce que je disais, on peut rechuter 20 fois et se relever la 21e fois. Le but de l'alcoolisme, c'est d'avoir la bonne méthodologie, mais aussi les bons outils pour s'en sortir.

5:44
Présentateur

– Et vous dites, je suis alcoolique, je le serai toute ma vie.

5:46
Invité politique

– Alors, il y a des psychiatres qui détestent que l'on dise qu'on est alcoolique toute notre vie, parce qu'ils pensent que c'est comme un échec. Pour moi, ce n'est pas ça. Pour moi, c'est parce que demain, si je bois un verre, ça va m'en appeler un deuxième, ça va m'en appeler un troisième. Je l'ai essayé plein de fois en me disant, c'est bon, je suis guérie, c'est bon, je peux reboire. Et en fait, moi, je ne peux pas, parce que ça m'appelle un autre qui m'en appelle un autre. Et puis, je vais jusqu'à la bouteille, à deux bouteilles. Donc, aujourd'hui, je suis sobre.

6:14
Présentateur

– Vous avez peur de cette rechute ?

6:16
Invité politique

– Vous savez, la rechute, ça fait partie… Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Donc, peut-être que je vais rechuter demain. Je suis là en train de parler. Le principal, pour moi, c'est le moment présent. Et ce que je veux, c'est que mes enfants ne grandissent pas avec une maman alcoolique active.

6:39
Invité

– Oui, parce que vous, vous aviez un papa alcoolique, je crois, une maman en dépression. On dit souvent qu'on reproduit ce qu'on a vécu aussi. Comment est-ce que vous, qui êtes justement tombée, enfin, qui a reproduit une partie de ces schémas, comment est-ce que vous vous êtes dit, je brise le cycle familial ?

6:54
Invité politique

– En fait, j'ai brisé surtout le cycle familial par les non-dits. Et l'alcoolisme de mon père, moi, j'ai un grand frère, il ne boit pas du tout. Et justement, il a eu beaucoup de mal à comprendre l'alcoolisme de mon père. Et moi-même, il y a dix ans, je ne comprenais pas l'alcoolisme de mon père, parce que j'étais un peu dans le déni, dans ma façon de boire. Et mon père, lui, ce qu'il faisait, c'est qu'il se faisait mal, du mal à lui-même, en fait. Parce qu'il pouvait rester dans la chambre à boire ses bouteilles de rouge et fumer ses cigarettes. Et dans tout ça, il a détruit sa famille. Et donc, je n'ai pas vraiment reproduit le schéma de mon père. Mon père, c'était un dry drunk.

Il s'en est sorti, il a arrêté de boire à la naissance de mon fils. Et il a arrêté surtout avec des médicaments.

7:40
Locuteur non identifié

On a l'impression qu'il y a encore beaucoup d'incultures sur ces sujets-là. C'est-à-dire, incultures pour comprendre que l'alcoolisme est une maladie, une vraie maladie, et que la maladie mentale, c'est aussi une maladie dont on n'a pas à se sentir coupable. Et, dernier point, et vous venez de le dire, que ça abîme les familles. Et on ne prend jamais en compte l'entourage des familles. Comment on fait pour briser, là aussi, cette méconnaissance qui fait qu'on prend les choses beaucoup trop tard ?

8:10
Invité politique

Je pense qu'il y a des groupes de parole aussi pour les familles, justement, qui vivent avec des alcooliques. Et c'est très important, Natacha, que vous en parlez, parce qu'ils peuvent se faire accompagner. Parce que c'est très dur de comprendre un alcoolique. Souvent, on lit dans les livres certaines personnes qui disent « Oui, mon père était violent parce qu'il était alcoolique. » L'alcoolisme, ça va accentuer vos problèmes et votre façon d'être et de vivre. Donc, si vous êtes méchant et que vous buvez, vous allez être encore 100 fois plus méchant. Enfin, moi, je pense. Après ma sensibilité, par exemple, moi, je me faisais du mal. Et c'était comme mon papa.

Mais vous avez raison, il faut que les familles qui vivent avec un alcoolique dépendant, il faut qu'eux aussi se fassent accompagner. Parce qu'on reste, par dépit, parce qu'on aime notre père, on aime notre mère, on aime notre amoureux, notre enfant, mais on ne sait pas comment faire. Mais il faut se protéger soi-même. Vraiment, c'est très important.

9:14
Présentateur

Justement, ça a changé quoi pour vous de dire « Je suis alcoolique » ? De dire publiquement, je disais, il y a quand même 4 millions de personnes qui ont regardé votre vidéo. Est-ce que vous voyez que le regard a changé sur vous ?

9:24
Invité politique

Est-ce que c'est dur de voir ça ? C'est drôle parce qu'on m'a dit avant que j'en parle librement, que j'ouvre ma société, on m'a dit « Mais Noémie, tu n'as pas peur que ça te salisse ton image ? » J'ai dit « Franchement, je suis bientôt à ma cinquantaine dans quelques années. Je n'ai pas besoin, justement, aujourd'hui, le mannequinat, le cinéma, je les ai laissés de côté parce que je veux en parler, je veux accompagner les gens et si mon message peut enlever le tabou sur l'alcoolisme et grâce à ma notoriété, eh bien, c'est une fierté et c'est une de mes plus grandes fiertés, c'est de pouvoir briser le silence. Merci d'avoir regardé cette vidéo !

« Je suis alcoolique » : Noémie Lenoir brise le silence · Pourquijevote