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interviewLe Parisien· 5 mai 2026 4 min

Pourquoi le rapport de Charles Alloncle crispe tout le monde

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

150 heures d'audition, 234 personnes entendues et de nombreuses passes d'armes. Mais Jérémy, franchement ? Non, vous ne voulez pas m'entendre, vous ne laissez pas me laisser...

C'est 10 minutes de propos intructifs. Monsieur Niel, monsieur Pour au final 551 pages, 69 recommandations du rapporteur et des réactions en chaîne, le rapport sur l'audiovisuel public a été publié. Le mensonge le plus gros que contient ce rapport, c'est quand même qu'il prétend vouloir sauver l Le rapporteur, c'est lui.

Charles Alloncle, député UDR, le parti d'Éric Ciotti et allié du RN. Le but de cette commission d'enquête, c'était simplement de braquer un projecteur, parfois un peu cru, mais sur les dérives et les dysfonctionnements de l'audiovisuel public, pour proposer des recommandations. Vous savez, je ne me suis jamais prononcé pour la privatisation.

Dans son rapport, Charles Aloncle dépeint un audiovisuel public selon lui en crise financière et administrative, en perte de contact avec les attentes des Français et dénonce le désengagement des autorités de tutelle et de contrôle. Il y a un chemin important qui reste à accomplir pour garantir un vrai pluralisme, pour redresser les comptes de ces entreprises et aussi pour assainir les pratiques qui depuis de trop longues années se sont peut-être d'une certaine façon laissées à des pratiques de favoritisme, de conflits d'intérêts. Il préconise plus d'un milliard d'euros d'économies sur les 4 milliards que reçoit l'audiovisuel public de l'État pour faire fonctionner France Télévisions, Radio France et France Média Monde.

Comment ? Entre autres en supprimant France 4, en fusionnant France 2 et France 5, France Info et France 24, ainsi que les réseaux télé et radio France 3 Régions et ici. Autre piste évoquée, réduire le budget des jeux télévisés de trois quarts et le budget des sports d'un tiers.

La fusion de France 2 et France 5, c'est une erreur stratégique majeure. Ces recommandations ont immédiatement fait réagir et susciter des critiques, à commencer par le président de la commission, le député horizon Jérémy Patrier laitus. Marine Le Pen et Jordan Bardella sont favorables à la privatisation de l'audiovisuel public, de deux choses l'une.

Soit le rapporteur est en porte-à-faux avec les dirigeants de l UDR et avec le Rassemblement national, et il doit le dire clairement. Soit il a travaillé dans un objectif politique, celui de l'UDR et du Rassemblement national, à savoir préparer les esprits à la privatisation de l'audiovisuel public. Delphine Arnotte, la présidente de France Télévisions, évoque un rapport à charge construit sur des insinuations, des approximations et des contre-vérités.

Tout ça pour en arriver là, à un texte qui prétend renforcer l'audiovisuel public en proposant son affaiblissement historique ? Autre réaction, celle du Premier ministre. Disons-le clairement, ce rapport passe malheureusement à côté de l'essentiel.

C'est une occasion manquée. Au cours de ces travaux, 234 personnes ont été entendu, des auditions parfois houleuses, émaillées d'incidents et d'échanges tendus. Je ne sais pas à quoi vous vous attendiez, monsieur Charles-Henrié, à l'oncle, en me jetant en pâture comme ça, sans aucune preuve, à part votre intuition.

Excusez-moi, vous me laissez six minutes, je passe mon temps être coupé. Si vous souhaitez, je m'en vais ou je sais pas, dites-moi. Je me crois à l'Assemblée Nationale, Monsieur le Rapporteur, dans un cirque que vous avez créé.

Mais Jérémy, franchement, mais qu'est-ce que tu fais là ? Charles Aloncle est par ailleurs visé par une plainte pour prise illégale d'intérêt et trafic d'influence. Une plainte déposée par l'association Assez Anticorruption, qui estime que le rapporteur a influencé la teneur des débats en posant des questions suggérées par la direction de Lagardère News, qui est dans le giron du milliardaire Vincent Bouloré.