Déclaration de politique générale : le débrief - C à Vous l’intégrale - 14/10/2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
S.Lecornu va donc échapper à la censure?
- 5:00OuverteRéponse directe
Il y a une taxe prévue pour viser le patrimoine financier des holdings familiales.
- 7:30OuverteRéponse directe
Est-ce que, si le gouvernement Lecornu survit aux motions de censure, ce serait une forme de défaite pour les 2 partis qui n'ont cessé d'appeler à la dissolution et à des élections anticipées, le RN et LFI?
- 10:00OuverteRéponse directe
Les marchés sont rassurés?
- 12:30OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut vraiment comparer notre situation à celle du Portugal quand on sait que là-bas, le salaire minimum est le plus faible de l'Europe occidentale avec 1015 euros brut en 2025, contre 1800 euros brut en France?
- 15:00OuverteRéponse directe
Comment peut-on expliquer qu'en France, on ne puisse pas la financer?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00S.LecornuPromesse
« Je proposerai au Parlement dès cet automne que nous suspendions la réforme sur les retraites jusqu'à l'élection présidentielle. »
- 4:00S.LecornuPromesse
« Aucun relèvement de l'âge n'interviendra à partir de maintenant et jusqu'à janvier 2028. »
- 6:00P.CohenChiffre
« Le budget qui est aujourd'hui proposé, dont on voit les 1res lignes dans le projet de loi de finances, c'est 30 milliards d'économies, 30 milliards d'efforts. »
- 7:00E.HeyerChiffre
« 16 milliards d'économies sur la dépense et 14 sur l'augmentation des impôts. »
- 8:00E.HeyerChiffre
« On va ajouter 2 milliards. En 2028, il va falloir trouver des mesures supérieures à ce qu'on avait aujourd'hui. »
- 9:00M.Le PenChiffre
« On assiste à une multiplication de taxes, des augmentations d'impôts, de près de 14 milliards, je pense. »
- 10:00E.HeyerChiffre
« Globalement, ce serait 20 milliards d'euros, mais c'est un comportement à changer. »
- 11:00E.HeyerChiffre
« Sur ces 20 milliards, 10 milliards portent sur 4 familles. »
- 12:00E.HeyerFait
« Ce qu'on peut tirer de ces exemples, c'est que globalement, quand vous faites, il vaut mieux que les autres ne fassent pas. »
- 13:00E.HeyerFait
« On n'a pas des places de marché suffisamment profondes pour financer ce type de produits, qui sont quand même à risque. »
- 14:00E.HeyerFait
« On pourrait imaginer que l'Etat pourrait intégrer ce genre d'entreprise qui permet de vivre de façon plus confortable en France. »
- 18:00D.DelsenyFait
« Il a dit que ça allait mieux le lendemain. »
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Nous vous accompagnons jusqu'à 21h, et non pas 22h, Avec toute l'équipe. Bonsoir à tous les 5. A la une, le "oui" de S.Lecornu à la suspension de la réforme des retraites jusqu'à la prochaine élection présidentielle. - S.Lecornu: Est-ce que le gouvernement est prêt à un nouveau débat sur l'avenir de notre système de retraite?
La réponse est oui. - A.-E.Lemoine: Un "oui" et l'espoir d'un début de sortie de crise. - P.Cohen: Le plus probable est maintenant que S.Lecornu échappe à la censure jeudi, jour d'examen des 3 motions examinées par l'Assemblée nationale.
Le PS a avalisé la concession majeure faite par le Premier ministre. - A.-E.Lemoine: S.Lecornu sauvé temporairement.
On en parle ce soir avec nos invités, B.Cautrès, politologue et chercheur au CNRS et au Cevipof, et E.Heyer, économiste et directeur du département analyse de l'OFCE.
On s'interroge ce soir sur le coût de cette suspension. La France est le mauvais élève de l'UE, contrairement au Portugal. - E.Tran Nguyen: Un miracle, le Portugal.
Une leçon à retenir. Le Portugal a redressé ses comptes, mais à quel prix? Les sacrifices qui sont faits depuis 2010, est-ce qu'on est prêts à les faire?
Les réponses sont parfois étonnantes. - A.-E.Lemoine: D.Trump a charrié E.Macron... ... - L.Sénéchal: Trump fanfaronne depuis que les armes se sont tues à Gaza.
Vous verrez aussi que la paix est très précaire. - A.-E.Lemoine: Ce soir, une prouesse médicale menacée. - C'est un produit qui permet de sauver des vies.
C'est une technologie qu'on est probablement les seuls à faire dans le monde. On est en train de démontrer que ça fonctionne. Le fait d'être arrêté notamment comme ça, c'est dur à accepter. - L.Amar: Cette société qui a mis au point le coeur artificiel le plus performant du monde est menacée de fermeture. - A.-E.Lemoine: Nos invités après 20h: L.Thilleman, V.Dedienne et son nouvel album et L'OEil de Pierre. - P.Lescure: Je vous emmène au théâtre de la Porte-Saint-Martin, pour "La Petite Boutique des horreurs". - A.-E.Lemoine: Formidable comédie musicale qu'on vous invite à voir.
L'édito de Patrick Cohen. S.Lecornu annonce donc la suspension de la réforme des retraites. - P.Cohen: Ce que réclamaient les socialistes pour ne pas censurer et que le Premier ministre a concédé sous les applaudissements d'une partie de la gauche avec le PS qui salue une victoire.
D'abord, ce fut un discours de politique général bref. Moins de 30 minutes. Atypique.
S.Lecornu a assumé de ne pas embrasser tous les sujets. Il a dit que c'était un gouvernement de mission qui visait à donner un budget sérieux et fiable à la France.
Le Premier ministre a voulu un discours de sortie de crise. La réponse des socialistes suivra le vote de censure. Un discours qui remet le Parlement au coeur de tout. - S.Lecornu: Ce que je vous propose, c'est de trouver un chemin commun malgré les divergences.
Le gouvernement proposera, nous débattrons et vous voterez. C'est une rupture. - P.Cohen: S.Lecornu a répété 7 fois en une demi-heure "je proposerai et on verra", un véritable gimmick pour marteler ce qui constitue, selon lui, une révolution. - S.Lecornu: J'ai renoncé à utiliser l'article 49-3.
C'est la garantie que le débat budgétaire, mais pas seulement, dans tous les domaines, vivra, ira jusqu'au vote. - P.Cohen: Cet argument du Premier ministre pour échapper à la censure...
Sur le budget à venir, le gouvernement n'agira qu'avec l'Assemblée nationale et le Sénat, a-t-il répété. En réalité, c'est un peu moins simple que cela. - A.-E.Lemoine: Sur les retraites, il fallait une initiative du gouvernement. - P.Cohen: Le Premier ministre a promis une réforme sociale.
Il a dit qu'elle ne pouvait tenir que si elle était comprise et équitable. "Nous devons entendre que ce débat est demandé par des forces syndicales légitimes." - S.Lecornu: Je proposerai au Parlement dès cet automne que nous suspendions la réforme sur les retraites jusqu'à l'élection présidentielle.
Aucun relèvement de l'âge n'interviendra à partir de maintenant et jusqu'à janvier 2028, comme l'avait précisément demandé la CFDT. La durée sera aussi suspendue. - P.Cohen: Suspension sur la mesure d'âge et la durée de cotisation.
C'était précisément ce que demandait le PS...
Suspension immédiate et complète. On a vu les applaudissements du groupe socialiste. Il a aussi demandé une nouvelle conférence sociale sur les retraites et le travail.
Un dernier argument sur les menaces étrangères contre la France... - S.Lecornu: Je vous le dis avec toute ma conviction, avec tout ce que j'ai appris au ministère des Armées: les seuls qui se réjouiraient d'une crise, d'une panne budgétaire en France, ce ne sont pas les amis de la France.
Applaudissements nourris. - P.Cohen: Voilà.
L'ombre de la Russie et de Poutine dans la déclaration de Lecornu. La parole cruciale du PS est venue il y a un peu plus d'une heure par la voix du chef de groupe, B.Vallaud. - B.Vallaud: Les Français attendaient de votre déclaration un signe que vous les entendez.
Ils attendaient un signe comme un commencement de réparation de ce qui a été vécu comme une brutalité: la suspension de la réforme des retraites. La voici enfin. 3,5 millions de nos concitoyens, ce n'est pas rien, pour qui la vie va changer.
Nous prenons cette situation pour une victoire autant que pour un 1er pas qui permet d'envisager les suivants: le blocage et l'abrogation. - P.Cohen: Une victoire et un premier pas que les socialistes ont décidé d'engranger.
B.Vallaud parle d'un pari risqué. "Nous vous prenons au mot", lance-t-il au Premier ministre.
On comprend que le PS ne censurera pas, au contraire des autres groupes de gauche. - A.-E.Lemoine: S.Lecornu va donc échapper à la censure? - P.Cohen: Il n'y est plus condamné.
Le PS ouvre la voie à la non-censure. On le disait hier, cela va se jouer à une vingtaine de voix. Avant B.Vallaud, on a entendu les grognements du bloc central.
P.Christophe voit dans la suspension de la réforme une facilité dangereuse. Même réticence chez les LR, mais L.Wauquiez prévient... - L.Wauquiez: Nous ne censurerons pas un gouvernement et nous ne ferons pas partie de ceux qui feront tomber le Premier ministre. - P.Cohen: A gauche, en revanche, hors PS, même si F.Roussel salue une première victoire, les communistes et Les Ecologistes confirment qu'ils iront à la censure contre "l'accaparement du pouvoir par E.Macron".
Même tonalité à l'extrême droite, avec de purs discours dégagistes, à commencer par celui d'E.Ciotti. - E.Ciotti: Votre remplacement par J.Bardella à Matignon est imminent.
Le compte à rebours a commencé. Le sablier s'écoule inexorablement. L'alternance arrive et rien ne pourra l'empêcher! - P.Cohen: Ensuite, S.Chenu a accusé le PS de s'être laissé acheter à pas cher. - S.Chenu: Embobiné par une hypothétique suspension de la loi sur les retraites qui ne figure même pas sur le texte budgétaire, leur permettant de justifier le sauvetage de la Macronie, le PS, acheté à pas cher, sera roulé dans la farine.
Vous aurez le maintien de la réforme des retraites et le déshonneur. - P.Cohen: C'est intéressant, parce que S.Chenu...
M.Le Pen, qui lui a laissé sa place, ne parle jamais du fond. Est-ce que le RN approuverait la suspension de cette réforme des retraites qui sera soumise au vote du Parlement?
Les motions de censure par le RN et LFI sont donc débattues à partir de jeudi avec la motion de censure écolo. C'est sur cette censure écologique que les risques sont les plus grands pour le gouvernement, car c'est celle-ci que certains députés PS pourraient voter. - A.-E.Lemoine: On sait que ça se joue à une vingtaine de voix. - P.Cohen: Si on additionne tous les groupes, on arrive à 264 députés qui voteront la censure.
Il en manque 25 pour atteindre la majorité absolue. - A.-E.Lemoine: Malgré des concessions, le gouvernement reste en sursis?
Tout reste très fragile, B.Cautrès? - B.Cautrès: Oui.
C'est une situation fragile donnée par la composition du Parlement. Le Premier ministre lui-même a dit cet après-midi que le Parlement était fragmenté. Un Premier ministre qui a voulu imprimer son style aussi cet après-midi.
On l'avait peu entendu. Les Français le connaissent peu. Il a essayé de trouver sa marque, incarnant l'homme de bonne volonté qui tend la main au dialogue, qui mise sur le dialogue.
Il a beaucoup utilisé le mot "dialogue". Il n'a prononcé que 4752 mots. - A.-E.Lemoine: Il n'avait pas d'autre choix que la suspension de cette réforme des retraites.
Ca dit aussi beaucoup de la grande faiblesse d'E.Macron qui, jusqu'à vendredi, ne proposait qu'un décalage de la réforme des retraites. - B.Cautrès: C'était un symbole du 2e mandat d'E.Macron.
Pour E.Macron...
Il avait dit: "Dans ma campagne, j'ai proposé 65 ans." Lui, il trouvait qu'il avait fait une concession en revenant à 64 ans. Du point de vue d'E.Macron, c'est une très grosse concession, lui qui a toujours expliqué que le problème était un problème d'activité du travail.
Le Premier ministre a redit cet après-midi que l'épine dorsale du macronisme, c'était le travail, qui, pour lui, reste la clé pour sortir de la crise économique. Effectivement, le Premier ministre a lâché une concession majeure aux yeux du macronisme. - P.Cohen: Je parle sous le contrôle d'E.Heyer: je ne suis pas sûr qu'il y ait une si grande différence entre le décalage proposé par E.Macron et la mesure de suspension de S.Lecornu. - A.-E.Lemoine: Non, mais il fallait cette suspension? - E.Heyer: D'un point de vue budgétaire, c'est un bon calcul.
Le budget qui est aujourd'hui proposé, dont on voit les 1res lignes dans le projet de loi de finances, c'est 30 milliards d'économies, 30 milliards d'efforts. 16 milliards d'économies sur la dépense et 14 sur l'augmentation des impôts. Pour le faire passer, il renonce à 400 millions?
Quand vous faites l'addition...
Pour les finances publiques, c'est nettement plus intéressant. - A.-E.Lemoine: Pour la première année. - E.Heyer: Oui.
Là, on n'a pas de majorité, donc on fait année par année. S'il n'y a pas de budget, on va en loi spéciale. Une loi spéciale, on a fait les calculs, ça fait zéro économies.
Il y a quelques petites économies, mais qui sont compensées par les prélèvements. - A.-E.Lemoine: 400 millions pour une stabilité politique. - E.Heyer: Pour une stabilité politique et faire 30 milliards d'économies.
Sans cela, il y aurait zéro budget d'économies. Il n'y a pas de calcul possible. - P.Cohen: On n'a pas encore les 30 milliards d'économies. - E.Heyer: C'est pour ça que c'est la condition nécessaire, mais qui n'est pas suffisante.
Si vous suspendez, mais que votre budget n'est pas voté...
La suspension va sauter. Je pense que c'était le seul calcul possible. Il y a en plus un avantage, qui est que ça va lever un petit peu l'incertitude.
Aujourd'hui, l'incertitude pesait sur le comportement des agents économiques. Là, ça va peser un peu moins. C'était le calcul qu'il fallait faire.
D'un point de vue budgétaire, c'est ce qu'il fallait faire. Ces économies sur...
Je viens souvent sur votre plateau pour dire qu'un déficit, ce n'est pas un cauchemar, mais sur les retraites, c'est un cauchemar. Les retraites doivent être financées chaque année. C'est les actifs d'aujourd'hui qui financent les retraités d'aujourd'hui.
On ne va pas laisser aux générations futures de financer les retraites de demain et celles d'aujourd'hui. Aujourd'hui, on est à un tout petit déséquilibre. On va ajouter 2 milliards.
En 2028, il va falloir trouver des mesures supérieures à ce qu'on avait aujourd'hui. - A.-E.Lemoine: Encore faut-il que le budget soit voté sans 49-3.
C'est le risque d'un nouveau budget à la Frankenstein, comme ce qu'on avait vu lors des débats de l'année dernière. - B.Cautrès: Ce n'est pas impossible.
On va voir selon le discours de cet après-midi. Le Premier ministre a refusé cet après-midi d'avoir une sorte de catalogue de tous les grands domaines de l'action publique. Ca va certainement se concentrer sur les questions des recettes supplémentaires, des impôts.
Il y a pas mal d'impôts nouveaux qui sont créés dans ce budget. Ca va aussi se concentrer sur les économies avec, en ligne de mire, cette histoire de compenser sur les retraites. Il l'a redit plusieurs fois, comme s'il voulait semer des cailloux macronistes.
Il l'a redit, sans doute pour sa majorité, "pas d'argent magique". "Si on fait la suspension de la réforme des retraites, il faudra trouver des crédits qui correspondent en face." - A.-E.Lemoine: Une hausse d'impôts prévue dans le budget et immédiatement critiquée par M.Le Pen. - M.Le Pen: On assiste à une multiplication de taxes, des augmentations d'impôts, de près de 14 milliards, je pense.
Rien que ça...
Ca s'ajoute à tous les autres, à tout le reste. Une conséquence, c'est que ça va aggraver la faiblesse des recettes qui sont attendues. Pourquoi?
A un moment donné, quand il y a un niveau d'imposition trop important, insupportable, insoutenable pour les Français, la première des conséquences, c'est la baisse de la consommation. - A.-E.Lemoine: C'est ce qu'on peut craindre? - E.Heyer: Oui.
Dans ces cas-là, on remet en cause les engagements européens. Dans nos engagements européens, on va trouver 120 milliards d'euros en 5 ans. Là, il propose 30 milliards.
En 2027, il dit qu'on fera sans doute moins d'efforts. Penser qu'on va trouver 120 milliards uniquement sur la dépense publique, c'est peine perdue. Il va falloir qu'il y ait beaucoup de mesures sur la dépense, sur les impôts pour que tous les citoyens qui ont bénéficié des aides...
Si on en est là, c'est qu'il y a eu beaucoup d'aides au moment du covid, au moment de la crise énergétique. Tout le monde y a eu droit et tout le monde doit contribuer au remboursement. Il va falloir plein de mesures.
Ce n'est pas par la réduction de la dépense publique que vous allez y arriver, mais par l'augmentation des impôts. - A.-E.Lemoine: Il y a une taxe prévue pour viser le patrimoine financier des holdings familiales.
C'est une taxe Zucman ultra light. - E.Heyer: Effectivement.
On peut toujours parler du rendement. Le rendement de la taxe Zucman est très controversé. Globalement, ce serait 20 milliards d'euros, mais c'est un comportement à changer.
On peut penser qu'il y aura des changements de comportement. Sur ces 20 milliards, 10 milliards portent sur 4 familles. Il suffit qu'il y en ait une qui essaie de faire plus d'optimisation pour qu'on n'ait pas ce rendement.
C'est peut-être un peu trop élevé. Sans doute que 5 milliards, comme le dit notre nouveau prix Nobel, c'est plus juste. C'est 2 fois moins que la taxe Zucman, mais ce n'est pas non plus une petite taxe Zucman.
C'est une taxe qui y ressemble. - P.Cohen: Ca s'ajoute à d'autres prélèvements supplémentaires sur les entreprises. - E.Heyer: Les entreprises, c'est 4 milliards, mais ce n'est pas forcément les individus qui sont visés.
Sur la taxe Zucman, c'était vraiment les individus. - A.-E.Lemoine: Encore faut-il que le Parlement se mette d'accord.
Il n'y aura pas de 49-3. Le Parlement retrouve une grande partie de son pouvoir. Les Français vont pouvoir juger sur pièces ce que la représentation nationale est capable de faire. - B.Cautrès: Effectivement.
C'est intéressant. Cet après-midi, on a eu un Premier ministre qui nous a parlé de partager le pouvoir avec le Parlement. Il a beaucoup utilisé ce triptyque: la proposition, le gouvernement, la délibération, le Parlement et le vote.
Ce fameux parlementarisme que tout le monde semble souhaiter, on va le voir à l'épreuve. On va voir si ça débouche sur des résultats tangibles. Le Premier ministre s'est privé du 49-3.
Il y a d'autres outils constitutionnels qui lui permettraient d'obtenir ce que le gouvernement souhaite en cas de blocage total. On a assisté cet après-midi à un moment très intéressant de la Ve République. On a vu l'exécutif venir devant le législateur pour dire: "C'est vous qui allez être au centre du jeu." C'est la philosophie de départ.
Il a annoncé d'autres dimensions très importantes cet après-midi, qui sont passées un peu plus sous les radars, avec une ambition en matière de collectivités locales. Il est bien sûr un sujet autour duquel la droite et son ancien ami politique, Les Républicains, tournent depuis un moment: le périmètre d'action de l'Etat par rapport aux collectivités. C'est un sujet qui pourrait prendre beaucoup d'importance. - P.Lescure: C'est le texte qu'il annonce pour décembre.
C'est un vieux serpent de mer. Vous pensez qu'il est capable de le prendre à bras-le-corps? - B.Cautrès: Tout le monde dit qu'il y a trop de niveaux dans la vie politique.
C'est vrai qu'on constate que sa famille politique, le centre et le centre droit, tourne autour de cette question depuis un bon moment. Plusieurs des candidats potentiels à l'élection présidentielle de cette famille politique sont de grands élus locaux et sont intéressés par cette question. - A.-E.Lemoine: Est-ce que, si le gouvernement Lecornu survit aux motions de censure, ce serait une forme de défaite pour les 2 partis qui n'ont cessé d'appeler à la dissolution et à des élections anticipées, le RN et LFI? - P.Cohen: Et qui réclament plutôt la destitution. - B.Cautrès: C'est le risque, lorsqu'on abat des cartes de manière prévisible.
On les met au centre du jeu sur quelque chose d'aussi symbolique. La démission du chef de l'Etat, sa destitution...
Effectivement, le risque, c'est d'apparaître, pour ceux qui ont poussé le curseur très loin, comme les perdants, à court terme, comme ceux qui ne sont pas dans l'esprit du moment, dans l'air du temps. Le Premier ministre a développé une idée intéressante cet après-midi, qui était de dire que ces crises, il faut en faire quelque chose d'utile. F.Bayrou tenait un discours apocalyptique.
Si on ne suivait pas ses recommandations, la France était finie, on tirait le rideau et il n'y avait plus de pays. Là, on a une autre approche, plus positive. La crise est vue comme une opportunité pour réfléchir à notre modèle de décision.
Il faudra voir si tout ça est suivi d'effets. - P.Cohen: Il faudra voir s'il est au compromis ou au dégagisme dans le temps. - B.Cautrès: C'est trop tôt pour le dire.
Sans doute qu'une partie de l'opinion est clairement mécontente, en colère. Ca va du côté du dégagisme. On voit bien qu'une potentielle bourrasque dégagiste pourrait s'exprimer.
S'il n'y a pas de dissolution, pas d'élections législatives anticipées, est-ce que ça se reportera sur les municipales, qui sont plutôt des élections très locales? Est-ce que tout le monde va attendre 2027 pour laisser les colères s'exprimer? - A.-E.Lemoine: Les marchés sont rassurés? - E.Heyer: Non.
Si on regarde à très court terme...
Si on scrute ça au microscope, les taux d'intérêt français ont baissé, un peu plus que les taux italien ou allemand. L'écart s'est un peu réduit. Il faudra attendre demain et jeudi.
On est encore dans une attente. C'est extrêmement important, ce qui a été dit. La clé, c'est qu'on arrive à remettre au travail les seniors un peu plus longtemps.
La stratégie qui avait été proposée par E.Macron, c'était de passer en force en disant qu'on augmente l'âge, qu'il n'y a pas d'autre choix que de travailler longtemps, que les chefs d'entreprises doivent garder les salariés et que nous devons travailler. Avec une négociation, on pourrait peut-être arriver...
On a 18 mois pour essayer de réfléchir à pourquoi on a des taux d'emploi des seniors plus bas, pourquoi les employés et les employeurs sont d'accord pour travailler ensemble, comment avoir un meilleur taux d'emploi...
C'est peut-être une sortie par le haut. Sinon, il va falloir rejouer sur ces paramètres et ce sera juste des mois de négociations qui n'auront servi à rien. - E.Tran Nguyen: Dans ce contexte, il est toujours intéressant de regarder ce qui se passe chez le voisin.
Ce qui se passe en ce moment au Portugal fait pas mal réagir. Il n'y a qu'à lire la presse d'aujourd'hui. Regardez.
On peut revenir en arrière, en 2010. La zone euro fait encore face à la crise économique. Le Portugal a un déficit qui explose.
On est à plus de 9 % du PIB. Nous, aujourd'hui, on est à 5,8 % de déficit du PIB, pour rappel. A l'époque, le Portugal impose une cure d'austérité, ce qui comprend la privatisation de l'EDF portugais, de certaines banques, la baisse du nombre de fonctionnaires et la suppression non pas de 2 jours fériés, mais de 4.
Ca peut nous rappeler quelqu'un. Plus tard, en 2015, avec le retour de la gauche au pouvoir, des mesures ont été complétées, notamment par des taxes sur le patrimoine immobilier des plus fortunés. En 2016, ils ont rétabli les 4 jours fériés après 6 ans de suppression.
Force est de constater que le résultat économique aujourd'hui est bon. Le Portugal est en passe de dégager un excédent budgétaire pour la 2e année consécutive et prévoit aujourd'hui de relever le niveau des retraites et de baisser les impôts. Est-ce qu'il faut en passer par là?
Est-ce qu'on serait prêts à le faire? Bizarrement, beaucoup de nos téléspectateurs m'ont répondu que oui, que cette cure d'austérité est nécessaire et que nous sommes des enfants gâtés. Il y en a d'autres pour qui c'est "non" parce qu'ils ont déjà l'impression de vivre dans une austérité, contrairement à ce qu'ils appellent "certains privilégiés retraités". ...
Est-ce qu'on peut vraiment comparer notre situation à celle du Portugal quand on sait que là-bas, le salaire minimum est le plus faible de l'Europe occidentale avec 1015 euros brut en 2025, contre 1800 euros brut en France? - E.Heyer: On ne peut pas complètement comparer le Portugal et la France, mais on peut s'en inspirer.
Il y a tout de même des pays qui ont réussi à réduire leur déficit rapidement et qui se portent bien. Ce qu'on peut tirer de ces exemples, c'est que globalement, quand vous faites, il vaut mieux que les autres ne fassent pas. Quand vous voulez vous lancer dans l'austérité, il faut que les autres pays avec qui vous commercez ne fassent pas d'austérité pour que vous soyez tiré par l'extérieur.
Ce qu'on avait fait entre 2011 et 2012, il ne fallait pas le faire. On s'est tous lancés dans l'austérité. Dès qu'on a relancé en France, en Allemagne et dans d'autres pays, les petits pays qui ont continué à faire de l'austérité ont bénéficié de cette relance et ça se passe mieux.
C'est un point très important. Si on se lance dans l'austérité, et peut-être qu'il faut le faire, il ne faut pas que les autres pays le fassent. Sinon, on n'aura pas les résultats du Portugal.
Quand on est un petit pays, on est plus ouvert à l'extérieur et on bénéficie plus des plans de relance des autres pays. C'est moins le cas de la France. - A.-E.Lemoine: Merci, E.Heyer, d'être venu ce soir sur le plateau.
Vous restez avec nous. Voici votre ouvrage qui est paru en mai dernier. Tout de suite, la Story de L.Amar. - Cette première mondiale... - Après 25 ans de recherche, le coeur artificiel n'est plus une utopie. - Un homme de 75 ans vit grâce à un coeur totalement artificiel. - Il a dit "merci" parce qu'il a beaucoup d'humour. - L.Amar: C'est l'histoire d'un fleuron français au bord de la faillite.
La société Carmat, qui a mis au point le coeur artificiel le plus fonctionnel au monde, n'a plus que quelques mois de vie. Le tribunal a remis sa décision au 25 novembre. 6 semaines d'attente et d'angoisse supplémentaires pour les patients. - En février, ça fera 3 ans que je suis sur liste d'attente de greffe.
Il faut emmener les patients appareillés au bout. Aujourd'hui, je suis là grâce à cette machine. Avec ma femme, on s'était dit au revoir un soir. "Peut-être que demain, on ne se parlera plus." Aujourd'hui, je suis encore là.
C'est pour ça que je voudrais défendre la cause. Ca me fait mal qu'un fleuron français et que cette technologie de pointe disparaissent. - L.Amar: Ca fait presque un an que ce patient vit avec un coeur artificiel.
Il souffre d'une insuffisance cardiaque sévère qui s'est aggravée en 2024. Il lui faudrait une greffe de coeur mais la France manque de donneurs. Carmat a été sa seule solution pour survivre. - Je croise des personnes: "Qu'est-ce qui t'est arrivé?" "J'ai plus de coeur.
Ils m'ont mis une pompe à la place et des prothèses." Les gens le croient pas. C'est un contrôleur qui gère la prothèse.
Je suis relié à ma ligne de vie, qui me rentre dans l'abdomen et qui vient jusqu'au coeur. Ce contrôleur est alimenté par 4 batteries qu'il faut changer entre 4 et 6 heures, suivant les activités. Au début, j'ai refusé, mais après, depuis presque un an, je vis avec cette prothèse.
Je vis une vie normale. - L.Amar: Le 1er coeur Carmat a été implanté en 2013.
La nouvelle est célébrée alors jusqu'au sommet de l'Etat. F.Hollande félicite même l'équipe qui a réussi l'opération dans une lettre.
Le problème, c'est que ces coeurs artificiels sont très chers à produire. Le prix est très élevé, quasiment 200 000 euros. Les ventes ne décollent pas.
Les nouveaux investisseurs viennent à manquer. A cela s'ajoutent des déficiences constatées sur certaines prothèses, entraînant la mort de 2 patients en 5 ans. Carmat s'est retrouvée en cessation de paiement en juin dernier.
Immense gâchis pour ce salarié. - On est très frustrés, très déçus. On a un produit vraiment super, qui permet de sauver des vies.
On a un produit vraiment intéressant à fabriquer. C'est une technologie qu'on est sûrement les seuls à faire dans le monde. On a eu beaucoup d'implantations ces derniers mois.
Les retours des hôpitaux sont très bons. On a même commencé à préparer des implantations aux Etats-Unis. Tous les voyants ont été au vert.
Le fait d'être arrêtés brutalement comme ça, c'est très dur à accepter pour l'ensemble des équipes. - L.Amar: Cet été, Carmat a bien cru qu'un investisseur allait redresser la situation, mais il n'est pas parvenu à rassembler les fonds à temps.
Si l'entreprise devait cesser toute activité fin novembre, que se passerait-il pour les patients? - On va demander aux centres de les transplanter le plus vite possible afin qu'ils ne soient plus sur Carmat. Les patients qu'on avait identifiés, on va devoir leur annoncer qu'ils ne seront pas traités.
Leur issue est quasiment certaine. Cette technologie est faite pour sauver la vie des gens. Ce sont des gens compromis, avec peu de temps devant eux.
Ca va impacter la vie de certaines personnes. - L.Amar: A été annoncé ce soir le lancement d'un nouvel appel d'offres.
On parle d'une entreprise qui a développé une technologie unique au monde. Comment peut-on expliquer qu'en France, on ne puisse pas la financer? - E.Heyer: Globalement, on a un problème de financement des entreprises en France, qui est essentiellement du financement bancaire, très peu par les marchés.
On n'a pas des places de marché suffisamment profondes pour financer ce type de produits, qui sont quand même à risque. C'est un vrai souci qui a été mis en avant...
C'est un problème européen. Ca été mis en avant par le rapport Draghi il y a un an et demi, en disant qu'il va falloir des marchés plus larges et faire un marché unifié. C'est un peu de la santé publique.
On pourrait imaginer que l'Etat pourrait intégrer ce genre d'entreprise qui permet de vivre de façon plus confortable en France. Ce serait un bon investissement public. - B.Cautrès: C'est un paradoxe français, alors que notre prix Nobel d'économie dit que tout repose sur l'innovation.
On voit un incroyable paradoxe français. On a un fleuron qui se retrouve en cessation de paiement. Je ne connais pas le cas, mais ça choque l'opinion, de voir une telle technique exceptionnelle mise en difficulté sur le plan financier. - A.-E.Lemoine: Avec des vies en danger.
Ce sont des mots d'enfant qui vont peser lourd dans la tête des jurés du procès Jubillar, ceux du fils de l'accusé, Louis, 11 ans, dont une lettre écrite ce week-end a été lue à l'audience. ... - Il a voulu exprimer son ressenti en écrivant une lettre qui était adressée à son père, en fait.
Il l'adresse à madame le président, mais le contenu est adressé à son père. Il dénonce les violences qu'il a évoquées et qu'il a subies. Il décrit des scènes qui l'ont marqué. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, D.Delseny. "Le Parisien-Aujourd'hui en France" a publié en intégralité la lettre manuscrite de Louis avec des mots déchirants, parce qu'ils sont simples et terribles à la fois.
Ce sont les mots d'un enfant en colère contre un père qu'il ne nomme plus que par son nom et son prénom. - D.Delseny: C'est déjà un signe en soi, sachant que ce père, quand il parle de D.Jubillar, il dit "madame" ou "elle".
Ca donne une idée de l'implosion de cette famille. Cette lettre est d'abord inattendue. Cet enfant a été entendu au cours de la procédure.
Il a 11 ans aujourd'hui. Il avait 6 ans à l'époque des faits. Il n'était pas question de le faire comparaître au procès parce qu'il est trop jeune et que c'est quelque chose de traumatisant.
En revanche, il a souhaité jouer ce rôle. Il avait déjà dit pas mal de choses dans la procédure, mais apparemment, c'est un enfant qui a suivi un peu l'audience, qui avait envie de dire ça et qui, surtout, avait envie de parler de lui, de sa petite soeur et de comment il considère celui qu'il appelle "Cédric Jubillar" aujourd'hui. - A.-E.Lemoine: Une lettre très détaillée, notamment sur les détails de la dernière soirée passée avec sa mère avant sa disparition.
Tellement détaillée qu'on ne peut pas imaginer qu'elle ait été inventée ou que les avocats lui aient soufflé certains détails... - D.Delseny: J'imagine que, malgré tout, les avocats de C.Jubillar, s'ils reviennent sur cette lettre, diront que c'est un enfant qui, depuis 4 ans, vit chez la soeur de Delphine, et donc fortement dans une atmosphère qui n'est pas très favorable à son père, mais il y a ce qu'il raconte de précis sur cette soirée.
Il y a des anecdotes, notamment sur les Lego. Il faisait souvent agenouiller son fils sur des Lego pour le punir. Un jour, son père a détruit une construction de Lego qu'il avait mis du temps à construire en guise de punition.
Ca dit surtout que son père est capable de violences. Depuis le début de son procès, la vraie question qui se pose, c'est: est-ce que C.Jubillar est capable de violences?
Ce témoignage vient de nouveau remettre au milieu du débat le fait que C.Jubillar peut être violent avec son enfant et donc potentiellement avec d'autres personnes. - A.-E.Lemoine: C.Jubillar a été appelé à réagir.
Une fois de plus, sa réaction a été un peu plus laconique. - D.Delseny: Il a dit: "C'est triste." Il est comme ça depuis le début de la procédure.
Absence totale d'émotion, d'empathie...
Il y a un avocat cet après-midi qui plaidait pour les parties civiles qui a dit: "Il ne pleure pas sa femme, il pleurniche sur lui." Le plus grand ennemi de C.Jubillar depuis quelques jours, c'est lui-même, l'image qu'il renvoie.
Dans ce procès, c'est fondamental. Il y a, au niveau de l'enquête et des faits, des zones non pas d'ombre mais de doute qui sont possibles. Les jurés vont beaucoup se décider sur la personne qu'ils ont vue pendant 4 semaines dans le box.
Cette personne donne une impression extrêmement désagréable. Ce n'est pas moi qui le dis...
Dès qu'il prend la parole, c'est compliqué. Il a des trous de mémoire quand ça l'arrange. Il a une absence totale d'émotion.
Quand sa maman est venue déposer...
Elle a dit des choses très dures sur lui. Il n'a pas eu une réaction très forte. Là, son fils, auquel il n'a pas écrit de lettre depuis plusieurs années...
Son fils n'a pas de nouvelles de son père, son fils lui écrit 2 lettres au début de son incarcération puis plus rien après. On a l'impression que tout doit tourner autour de lui, mais pour le reste... - A.-E.Lemoine: Il était presque en pilote automatique durant toute la durée du procès: "Oui, non, peut-être, j'ai oublié..." Hier, il était sous le feu des questions des avocats de la partie civile, confronté à ses nombreux changements de version.
Il a paru déstabilisé, notamment quand il a été interrogé sur sa consommation quotidienne de vidéos pornographiques, sauf le soir de la disparition de sa femme. - D.Delseny: Tous les jours, il consommait, sur son téléphone, des vidéos pornos.
Les enquêteurs s'étaient rendu compte que la nuit des faits, pour une fois dans l'année, quasiment, il n'avait pas regardé de vidéos. Et le lendemain, oui. Il a dit à la présidente, de façon maladroite: "Le soir de la disparition, j'étais fatigué.
J'avais autre chose à penser." Elle a dit: "Le lendemain, alors que vous avez passé une journée difficile à chercher votre femme..." Il a dit que ça allait mieux le lendemain. - A.-E.Lemoine: Il a dit que la journée avait été dense mais pas fatigante.
Il se souvient précisément du menu du dîner des enfants le soir de la disparition, mais pas de la tenue de sa femme. Il ne connaît pas non plus ses habitudes, malgré 15 ans de vie commune... - D.Delseny: Encore une fois, C.Jubillar, dans ce procès...
Il y a eu plusieurs phases. Il y a eu un début de procès qui était "favorable" parce que ses avocats ont pilonné l'enquête pendant plusieurs jours. Mais plus on s'est rapprochés de l'entonnoir...
On a des témoins qui viennent, des éléments à charge...
Là, quand il est un peu dans les cordes, il se défend comme il peut. Il se souvient plus...
Il se souvenait qu'il avait mis des coquillettes à ses enfants, mais il ne savait plus si sa femme était en pyjama, avait des lunettes ou pas...
Quand on se souvient plus, il vaut mieux dire qu'on se souvient plus. - A.-E.Lemoine: Il paraît incapable d'émotion.
Est-ce que sa personnalité n'est pas altérée par une surconsommation de cannabis? Quand la présidente lui a demandé de raconter une journée type, ça commençait par un 1er joint à 6h15, le 2e roulé sur le trajet, le 3e à la pause de 9h, le 4e à 10h, le 5e à 11h, à nouveau à l'heure du déjeuner et l'après-midi...
Ca peut altérer une personnalité? - D.Delseny: C'est pas très bon pour la santé, 15 joints par jour, mais après, je ne suis pas sûr que ça rentre dans la construction de sa personnalité.
Tout son passé a été beaucoup expertisé pendant ce procès, son enfance, qui est compliquée, son rapport aux femmes, à sa femme, à ses enfants, à ses employeurs...
C'est quelqu'un de très tourné sur lui-même. En fait, c'est sa maman qui, à mon sens, a peut-être le mieux résumé ce qui pourrait être son mobile dans cette affaire. Il a dit que s'il perdait Delphine, il perdait alors sa maison, ses enfants et sa qualité d'homme.
Lui, il était très centré sur ça. On pouvait pas s'opposer à C.Jubillar, qui méprisait sa femme, avant qu'elle disparaisse, qui avait un comportement limite avec son fils au niveau des violences et des punitions...
Il ne fallait pas contredire C.Jubillar. Evidemment que le cannabis entre dans des habitudes de vie.
Malheureusement...
Beaucoup de gens fument beaucoup de cannabis tous les jours et n'ont pas ce comportement. - A.-E.Lemoine: Verdict vendredi. - D.Delseny: Normalement. - A.-E.Lemoine: Voilà.
Merci. Le 5/5. ...
Après des scènes de liesse en Israël, c'est une journée de deuil avec le retour d'une première des 12 dépouilles des otages du Hamas. - L.Sénéchal: Certains auraient été assassinées par les terroristes.
La libération hier des derniers otages vivants a été l'heure de gloire de D.Trump qui, pour une fois, est salué et non critiqué en une du "Time". D.Trump savoure.
Mais il dit de la photo: "Ils ont fait disparaître mes cheveux." - A.-E.Lemoine: Ils ont fait apparaître son cou. - L.Sénéchal: Trump a accueilli E.Macron avec une interminable poignée de main.
Ca dure en tout 23 secondes. C'est un bras de fer qui va se prolonger ensuite sur scène. C'est Trump qui le tient.
Il y a des allers-retours, c'est le mano a mano. Le président américain va ensuite se moquer, sur la scène, avec tous les autres dirigeants, de son homologue français. ...
Rires. - L.Sénéchal: Ca a été un festival.
Il a ensuite humilié le Britannique K.Starmer... ... - L.Sénéchal: Regardez la tête de K.Starmer.
Il est très gêné de ne finalement pas avoir voix au chapitre. La présidence française dit: "On n'a pas voulu avoir l'image de quelqu'un qui parlait derrière un leader." Trump voulait faire du Canada... - A.-E.Lemoine: Pas faire figuration. - L.Sénéchal: Il y a eu un lapsus.
Il a fait de Carney un président du Canada. C'est le titre que Trump lui a donné. Carney lui a fait remarquer. ... - L.Sénéchal: "Cette fois, j'ai pas dit gouverneur." On a aussi assisté à une scène cocasse.
Erdogan demande à Meloni d'arrêter de fumer, devant un Macron hilare. ... - L.Sénéchal: Si les bombes ne tombent plus sur Gaza ce soir et si les bulldozers sont en train de déblayer les rues, ce sont les images d'aujourd'hui, la paix est loin d'être viable.
Seuls 2 ou 3 des points du plan Trump ont été respectés. Et surtout, le Hamas est accusé de commettre des exactions. La chaîne de télé du Hamas elle-même a diffusé tout à l'heure des images d'exécution de pseudo collabos.
Euronews évoque même une véritable lutte pour le pays. Trump va assister à la signature de la paix entre la Thaïlande et le Cambodge. Trump est sur son petit nuage.
Trump va recevoir V.Zelensky d'ici la fin de semaine. Il a menacé de livrer des missiles Tomahawk à l'Ukraine si la Russie ne revenait pas à la table des négociations.
Si ça arrivait, Poutine a prévenu, ça pourrait finir mal pour tout le monde, et avant tout pour Trump. - A.-E.Lemoine: Le président malgache déchu par l'Assemblée. - L.Sénéchal: La joie dans les rues d'Antananarivo, la capitale malgache.
Des images qui tranchent avec les dernières semaines. Ce sont des images du 30 septembre, sous la bannière de la Gen Z, qui réclame du travail et de quoi vivre après avoir été violemment réprimée. ... - L.Sénéchal: Dans la foulée des militaires, les députés ont tout à l'heure destitué le président Rajoelina, qui a bien tenté de dissoudre l'Assemblée.
L'armée dit prendre le pouvoir. Le président malgache a quitté Madagascar, exfiltré par la France. Le président a reconnu dans une prise de parole ne plus être sur le territoire national malgache.
Il dit craindre pour sa vie. ... - L.Sénéchal: E.Macron n'a pas confirmé une exfiltration par la France mais a apporté son soutien au président malgache. ...
Le président malgache dénonce une tentative de coup d'Etat et assure qu'il reste pleinement en fonction. - A.-E.Lemoine: En France, une vidéo d'une Assemblée nationale envahie par des jeunes circule. - L.Sénéchal: Une vidéo qui a notamment été repérée par Checknews de "Libération". ...
Elle date de quelques jours seulement. On y voit des jeunes tous issus de l'immigration...
Ce n'est pas anodin. Ils sont en train de crier, courir et sauter sur les bancs de l'Hémicycle. - Wesh, il court trop vite, t'as vu ça? - Il y a trop de marches. - Je vais tomber! - Il crie! - C'est à nous, ici, maintenant, t'as capté? - C'est nous les députés, maintenant. - L.Sénéchal: Vidéo très partagée, relayée notamment par un compte de quelqu'un qui se présente comme un bloggeur marseillais, qui ne poste que du contenu hostile à LFI.
Cette vidéo est complètement fausse. C'est un deepfake, entièrement généré par IA. Il y a un indice qui devrait immédiatement vous mettre la puce à l'oreille.
C'est ce logo. Ca correspond au nom du générateur de vidéos par l'IA de ChatGPT. Il est de plus en plus réaliste.
Il existe d'autres vidéos du même genre. - On profite de la dissolution pour prendre la place des députés de la Macronie! - On va voter des vraies lois! - Augmentation de la CAF! - P.Lescure: Pour ceux qui connaissent l'Hémicycle, on voit que les détails sont différents. - P.Cohen: Les bancs, la disposition de la place... - L.Sénéchal: C'est très réaliste.
Le générateur de vidéos de ChatGPT est devenu un potentiel générateur de deepfakes. Là, c'est moins crédible avec Einstein qui boxe. On peut ressusciter des morts, comme Elvis ou M.Jackson. - P.Cohen: Mais Elvis n'est pas mort... - A.-E.Lemoine: A Nîmes, des milliers d'étourneaux empoisonnent la vie des riverains. - L.Sénéchal: Ce sont des oiseaux plutôt mignons, comme celui-ci.
Sauf que ça vit en colonies. Plusieurs dizaines de milliers d'individus qui sont en train de migrer... - A.-E.Lemoine: Des individus? - L.Sénéchal: Oui, ça se dit.
A Nîmes, ils se sont installés près d'un stade. Ca génère énormément de nuisances. Une Nîmoise a dit: "Ils nous chient dessus le matin et le soir." 20 euros de lavage de voiture par semaine. - Il y en a beaucoup. - Ca piaille et ça fait des crottes partout. - Il faut les laisser vivre. - Personne veut se garer là où il y a des arbres. - Une nuit où le parebrise est rempli, ça sent pas bon du tout. - Des fois, je paye 13 ou 14 euros.
Je passe 2 fois le brossage. - L.Sénéchal: C'est temporaire.
Ca dure que quelques jours. - A.-E.Lemoine: On peut pas interpeller les individus? - L.Sénéchal: A Montluçon, chaque année, 80 000 étourneaux s'installent.
La mairie dégaine des buses de Harris. - A.-E.Lemoine: Le musée Chirac victime de 2 cambriolages en 2 jours. - L.Sénéchal: C'est le musée situé en Corrèze.
Il a été d'abord ciblé dimanche par une équipe de braqueurs, 4 hommes d'une vingtaine d'années, qui ont été interpellés. Ils sont partis avec l'argent de la caisse et au moins une montre de collection. Mais la nuit dernière, rebelote, malgré l'arrestation de ces braqueurs, un nouveau braquage a eu lieu.
Il y a de tout, dans ce musée. Des cadeaux reçus par J.Chirac comme des sumos, des verres... - P.Cohen: Des vrais? - A.-E.Lemoine: En plâtre! - L.Sénéchal: Le musée a été inauguré en 2000. - En vrac, la coupe du monde de football, le vélo de J.Longo ou le kimono de D.Douillet. - Il y avait déjà eu un musée François Mitterrand, il y a maintenant un musée Jacques Chirac.
Je suis là pour constater qu'il peut y avoir une activité touristique pour le gouvernement. Je ne m'en plains pas. - A.-E.Lemoine: Ca a de l'intérêt pour les cambrioleurs.
La romance qu'on n'attendait pas... - L.Sénéchal: Entre l'ancien Premier ministre canadien et l'immense star de la pop, K.Perry.
Dans une photo, on la voit dans les bras de Trudeau sur un yacht, en Californie. Elle était à Londres hier pour un concert. Un fan l'a demandée en mariage, sauf qu'elle lui a dit qu'elle était plus ou moins prise. ...
Acclamations. - L.Sénéchal: Elle n'est pas dispo.
Elle est avec J.Trudeau, qui marche sur les traces
Sébastien Lecornu