Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo (sur YouTube)· 19 janvier 2026 9 minComplaisantActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesEurope & internationalSolidarités & famille

Philippe Juvin, rapporteur général du budget à l'Assemblée est l'invité politique de la matinale

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    On devrait connaître aujourd'hui la méthode choisie par Sébastien Lecornu pour faire passer ce budget. Vous à titre personnel, vous opteriez pour quelle méthode ?

  • 1:01OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous connaissez les derniers arbitrages ?

  • 3:01OuverteRéponse directe

    Vous parlez de baisse de dépenses. Est-ce que ce coup de rabot pourrait être de l'ordre de combien ?

  • 5:01OuverteRéponse directe

    Vous parlez de baisse de dépenses. Les socialistes ont obtenu des concessions. Est-ce que c'est bien raisonnable au regard des finances publiques ?

  • 7:01OuverteRéponse directe

    Les républicains menacent de bloquer au Sénat. Vous dites que c'est légitime ou irresponsable ?

  • 9:01OuverteRéponse directe

    Que doit faire l'Union européenne face aux droits de douane de Trump ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Philippe JuvinChiffre
    « il faut que le budget baisse l'endettement. Donc là, l'objectif, c'est d'avoir un déficit de moins de 5 % du PIB. On est à 5,4. »
  • 3:01Philippe JuvinChiffre
    « Moi, je souhaitais baisser les dépenses de 6 milliards et les socialistes voulaient les augmenter de 6 milliards. »
  • 4:00Philippe JuvinFait
    « Si on continue à dépenser autant qu'on le fait et bien en fait on n'y arrivera jamais. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour Philippe Juventin. Bonjour. On devrait connaître aujourd'hui la méthode choisie par Sébastien Lecornu pour faire passer ce budget.

Un conseil des ministres va se tenir cet après-midi pour entériner le le choix de la procédure 493 ou ordonnance. Vous à titre personnel, vous opteriez pour quelle méthode ? Moi, à titre personnel, c'est la méthode qui nous permettra d'avoir rapidement un budget et un budget qui est bon, c'est-à-dire euh pas trop d'impôts et une baisse de dépenses.

Euh les les socialistes euh qui font des appels du pied quand même pour que ce soit plutôt le recours au 493 disent en revanche que leur acte leur de non censure serait mise à bas si jamais le premier ministre utilisait les ordonnances que le ça remet en scène le texte initial. Écoutez euh d'abord c'est le choix du c'est le choix du gouvernement 493 ou ordonance. Les socialistes disent ce qu'ils veulent bien sûr on est dans un débat totalement démocratique mais je dis aussi qu'il faut peut-être arrêter de chacun mettre des lignes rouges en disant euh retenez-moi où je fais un malheur euh la question c'est est-ce que on veut que la France a un budget ?

Moi, je veux que la France a un budget et peu importe le véhicule, il faut que la décision soit prise dans les jours qui viennent. Alors, vous êtes au cœur un peu du système, vous êtes rapporteur général sur ce budget à l'Assemblée nationale. Est-ce que vous connaissez les derniers arbitrages ?

On a travaillé ce weekend pour avoir des arbitrages. Euh premièrement, il faut que le budget baisse l'endettement. Donc là, l'objectif, c'est d'avoir un déficit de moins de 5 % du PIB.

On est à 5,4. Ça, vous dites que ce sera au vu de la copie que vous avez vu ce weekend, ce sera possible, ce sera tenu cet objectif. au vu de la copie d'hier soir, c'est non seulement tenable, mais honnêtement ça ne serait on serait au-dessus de 5 %, ça poserait un vrai problème.

Donc en fait, on n pas le choix. Il faut bien comprendre que si on ne réduit pas le déficit, ça signifie qu'on augmente la dette par définition puisque le déficit est financé par la dette. Et ça signifie que chaque année, on envoie des milliards d'euros en dehors du pays pour payer des pour payer des traites à des prêteurs.

Moi, je préfère que l'argent des Français, il aille à des investissements en France au pouvoir d'achat des Français plutôt que financer les retraites des Américains. Est-ce que Et oui, dans les derniers arbitrages ou deuxièmement, deuxième arbitrage, pas d'augmentation d'impôts sur les particuliers. Vous savez qu'il y a eu il y avait dans le budget une augmentation de l'impôt sur le revenu en particulier, mais bien d'autres choses.

Euh on a mis on est plusieurs à avoir dit niet pas d'augmentation d'imposition des particuliers. Troisièmement, moi je crois qu' alors qu'on est champion du monde des impôts et des taxes en France que la marge de manœuvre elle est d'abord sur la dépense. Il faut dépenser moins.

Si on continue à dépenser autant qu'on le fait et bien en fait on n'y arrivera jamais. Donc, j'avais fait une proposition qui était une proposition euh un peu brutale qui consistait à dire les dépenses de l'État, on les regarde et on les baisse toutes de façon identique à part le régalien euh d'un certain pourcentage. Donc ça ça serait un coup de drau sur un coup de rab.

Ça serait un coup de drabo pour tout le monde. Euh probablement que dans la copie finale va y avoir ce coup de drabot. probablement pas au niveau où je l'aurais souhaité, mais déjà si on arrive cette année à baisser la dépense, ça sera un grand pas parce que l'année dernière le le budget a été construit uniquement avec une augmentation des recettes, c'est-à-dire les impôts et des taxes et ils ont pas du tout touché aux dépenses qui ont sont restées stables.

Moi, je veux que la dépense, elle baisse. Et vous pensez que ce coûterau, il pourrait être de l'ordre de combien ? Quel pourcentage Moi, j'avais proposé de l'ordre de 6 milliards de baisse de dépenses, là où d'ailleurs les socialistes, souvenez-vous, au même moment, demandaient une augmentation des dépenses de l'ordre de 6 ou 7 milliards.

Donc que les gens comprennent, hein, moi je souhaitais baisser les dépenses de 6 milliards et les socialistes voulaient les augmenter de 6 milliards. Est-ce qu'on va les baisser de 6 milliards ? Je crains que non parce que c'était très ambitieux.

Je je j'en conviens à ma proposition, mais déjà si on affiche une baisse de de deux ou 3 milliards, ça sera déjà une belle victoire. Alors, vous parlez de baisse de dépenses. Les socialistes, eux ont quand même obtenu de nombreuses concessions.

L'augmentation 2 milliards de la prime d'activité, un repas 1 € pour tous les étudiants dans le restaurant universitaire, le maintien de de ma prime renove, le tout pour un montant d'environ 7 milliards. Est-ce que c'est bien raisonnable justement au regard des finances publiques ? Bon, écoutez, il y a un accord politique en cours, donc je vais être très prudent dans ce que je dis mais en tout cas non, les socialistes n'ont pas en tout cas hier soir n'avait pas obtenu toutes les grandes victoires sur lesquelles ils allaient claironner.

C'est normal qu'il fasse du du tambour et de la trompette en disant "Regardez comme on est fort parce qu'on est dans une dans une négociation." Mais en pratique euh non, ils ont pas obtenu heureusement d'ailleurs une augmentation des dépenses de 7 milliards. Je souhaite même que la dépense, comme je vous l'ai dit, elle baisse.

Ils ont obtenu des choses qui sont symboliques. Par exemple, le repas à 1 € pour les étudiants, c'est symbolique et entre nous totalement idiot parce que le fils de Bernard Arnaud n'a pas besoin qu'on lui finance son repas à 1 €. Moi, je trouve que ces mesures qui ne sont pas ciblées sont idiotes, mais enfin bon, il le voulit.

Euh, ça va pas coûter grand-chose. C'est de l'ordre de quelques dizaines de millions d'euros. Euh, il y a quand même la nécessité, j'en suis conscient, d'avoir un compromis.

Et non, les victoires des socialistes, ce sont d'abord des victoires symboliques. Quoi qu'ils en disent, c'est pas un budget, c'est pas un budget socialiste. En tout cas, si c'était un budget socialiste, je ne le voterai pas.

Donc c'est pas un budget socialiste. Les républicains menacent aussi à leur tour de tout bloquer au Sénat, de revoir la copie si notamment trop d'économie sont demandé aux collectivités locales. Vous dites "Oui, c'est légitime, elles ont déjà trop payé ou ou est-ce que c'est pas totalement irresponsable de la part des républicains de s'acharner aussi là-dessus Je dis deux choses.

Moi, j'ai été maire et pendant une vingtaine d'années, je suis toujours conseiller municipal de la Garine Colombe, ma commune. Donc, les collectivités territoriales, c'est c'est la colonne vertébrale de la République et c'est probablement là d'ailleurs où les euros sont le mieux gérés parce que je vous rappelle que les collectivités territoriales, communes, département, région n'ont pas le droit à la différence de l'État de financer leur fonctionnement par de la dette. Donc, je trouve que les collectivités sont bien plus vertueuses que l'État.

Il ne reste pas moins. On leur demandait 4 milliards. Là, ça pourrait tourner autour de combien ?

Bah, dans la copie du Sénat, les sénateurs avaient dégradé le truc en disant "On va faire des économies mais ils en faisaient de l'ordre de 600 700 800 millions." C'estàd pas beaucoup. Qu'elle qu'elle fasse des efforts, moi je trouve ça normal.

À hauteur de 4 milliards, c'est beaucoup trop. Combien ? 2 milliards.

Il y a une négociation en cours entre les sénateurs et le gouvernement. Moi, j'ai dit au sénateur, écoutez, je suis bien, je suis certes le rapporteur général du budget, mais je vais vous laisser parce que c'est vous qui connaissez le mieux les choses, négocier avec le gouvernement. Très franchement, on demanderait 2 milliards d'économie aux collectivités.

Je trouverai ça équilibré, légitime parce qu'il faut que chacun participe. Vous voyez, c'est une chose de dire il faut il faut faire des efforts et ne pas et ensuite de participer. Donc un effort de 2 milliards me paraîtrait un bon deal.

Un mot également de ce qui se passe avec Donald Trump he qui veut imposer de nouveaux droits de douane aux Européens pour forcer l'achat du Groenland. Les 27 dénoncent une spirale dangereuse. Que peut faire et surtout que doit faire l'Union européenne ?

Les rapports entre les États, c'est historique. Il y a pas de raison que ça change. C'est t ce sont toujours des rapports de force.

Donc il faut pas s'attendre. On n pas d'amis. Voyez il y a des alliés mais on n pas d'amis.

Et les Américains aujourd'hui sont dans une position de force. Bah, écoutez, c'est aux Européens de répondre en position de force. L'Union européenne doit se considérer comme une puissance et il faut pas baisser sa culotte chaque fois que quelqu'un vous fait les gros yeux, que ça soit les Chinois ou les Américains, quel que soit l'amitié qu'on porte aux États-Unis et c'est une grande nation alliée, ils ont des intérêts qui sont divergents.

Donc faut tenir, bah dans un bras de fer, il faut il faut dire non, je ne marche pas. Ou alors dans ces cas-là, vous laissez tout filer, vous voyez. Et Emmanuel Macron va demander l'activation euh de euh l'instrument anticoercition, hein, qui est capable euh de de frappes économiques dans la profondeur.

Euh cette arme, elle a jamais été utilisée. Euh est-ce qu'il a raison en cas de nouveaux droits de douane de euh d'aller jusqu'à jusqu'à utiliser ce qu'on appelle le bazooka ? Ah non, mais c'est pas un bazooka, c'est c'est une arme comme une autre.

Il y a pas de raison que les Européens se fassent déshabillés par les Américains. Vous voyez, il y a un moment où il faut savoir ce qu'on défend. J'ajoute que il faut bien que les gens qui nous écoutent entendent la chose suivante.

Quand Donald Trump dit je j'augmente les tarifs c'està-dire les droits de douane des biens français européens qui entrent aux États-Unis, je leur mets des droits de douane. Qui va payer ? En fait, ce sont les Américains, c'est le consommateur américain.

Si vous êtes une américaine de New York et qu'on vous dit désormais le vin français, il y a il est taxé à 50 % de taxe, bah les 50 % qui va les payer, c'est vous euh la la consommatrice américaine. Donc en fait, ce sont les Américains qui vont payer la note d'abord. Euh Donald Trump qui s'attaque au Groenland, c'est encore un allié, un allié de la France, un allié de l'Europe.

Bah, c'est un allié, mais c'est un allié très encombrant. Donald Trump, c'est pas l'Amérique. Donald Trump, c'est un président des États-Unis qui est qui est qui est élu pour 4 ans.

Ça fait maintenant plus de 200 ans que les États-Unis sont l'alliés de la France en particulier. Je dis à monsieur Trump qu'il se souvienne que si les Français n'avaient pas été là aujourd'hui, il y aurait un roi d'Angleterre qui serait le roi des États-Unis et il s'appellerait Charles P.

Philippe Juvin, rapporteur général du budget à l'Assemblée est l'invité politique de la matinale — Philippe Juvin · Pourquijevote