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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 1 décembre 2022 28 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalDéfenseÉconomie & entreprisesCulture, médias & sport

Discours du Président Emmanuel Macron à la communauté française aux États-Unis.

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:42PrésentateurFait
    « on a plutôt fait ce que je vous avais dit »
  • 4:16PrésentateurChiffre
    « Notre pays a recréé des emplois industriels »
  • 4:23PrésentateurChiffre
    « où on lève les plus gros tickets d'Europe »
  • 4:30PrésentateurChiffre
    « le pays le plus attractif du continent européen ces trois dernières années »
  • 4:45PrésentateurFait
    « On l'a fait aussi, malgré les crises, et je dirais au bénéfice de celle-ci »
  • 5:03PrésentateurFait
    « un plan d'action à l'été 2020 qui était inédit »
  • 11:30PrésentateurChiffre
    « près de 18 000 élèves »
  • 12:22PrésentateurChiffre
    « 34 écoles publiques à travers le pays »
  • 14:48PrésentateurPromesse
    « développer 30 nouveaux doubles diplômes franco-américains d'ici à 2030 »
  • 14:55PrésentateurPromesse
    « augmenter ces échanges d'étudiants de 30% sur ce même horizon »
  • 22:29PrésentateurChiffre
    « la France est le pays le plus attractif »
  • 23:26PrésentateurFait
    « sur les visas particuliers E1 et E2 »

Temps de parole

  • Présentateur99 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Présentateur

Bonjour à toutes et tous. Et pardon, nous vous avons fait attendre, mais nous sommes là. Mesdames et messieurs les ministres, messieurs les présidents, mesdames et messieurs les parlementaires, mesdames et messieurs les conseillers des Français de l'étranger, mesdames et messieurs les présidentes et présidents d'associations, mesdames et messieurs les conseillers consulaires, conseillers du commerce extérieur, mesdames et messieurs, vos grades et qualités, ce qui me permet de rassembler tout le monde et de vous dire le plaisir que j'ai retrouvé chacune et chacun. Mes chers compatriotes et chers amis américains, d'abord, je suis très heureux de vous retrouver aujourd'hui.

Et j'ai été venu vous voir en 2018, il y a 4 ans, un peu plus, pour la première visite de l'administration Trump. Nous voilà à nouveau pour la première visite de l'administration Biden, ce qui montre aussi la force des liens entre les Etats-Unis d'Amérique et la France et la force des liens que vous représentez, que vous faites vivre chaque jour.

Et je veux remercier vraiment notre ambassadeur, son épouse, pour l'organisation, l'accueil ici aujourd'hui, l'ensemble des équipes de l'ambassade et toutes celles et ceux qui font vivre la relation, je l'évoquais évidemment, nos élus, nos consulats généraux, notre député Christopher et l'ensemble de celles et ceux qui forment l'équipe France aux Etats-Unis, vous incarnez cette relation. Et c'est grâce à vous que nous sommes là, en quelque sorte, une 2e fois aujourd'hui. aujourd'hui. Merci. Alors cette amitié, elle vient de très loin.

Et si vous avez suivi les décorations que nous avons faites à l'instant, l'un des vétérans, Karl l'a dit au fond, mieux que je ne l'aurais su le dire, c'est une histoire de fraternité d'armes et de sang. Et même quand il y a des vicissitudes, c'est plus fort que tout. Les Français étaient là pour bâtir cette nation, la rendre indépendante. Et des Américains étaient sur notre sol pour libérer notre pays, à chaque fois que notre liberté, notre souveraineté nationale a été en jeu. Et au fond, à l'échelle des siècles, c'est cette histoire qui compte et qui structure tout.

Et cette histoire, c'est celle que au moins 300 000 Françaises et Français font vivre ici sur ce sol, et en fait beaucoup plus, nous le savons, en réalité. Et donc, je veux ici vous dire que si je reviens et si je vais, juste après vous avoir vu, être aux côtés du président Biden, c'est pour essayer ensemble d'être à la hauteur de ce que notre histoire a scellé entre nous, une alliance plus forte que tout, une alliance faite de tragédies parfois, mais de courage et d'engagement, et au fond, celle qui nous unit au-delà des différences et des époques. Alors, me voilà donc un peu plus de 4 années devant vous à nouveau, et je voulais vous dire quelques mots.

D'abord, beaucoup de choses se sont passées durant ces années. Je me souviens, je m'exprimais devant vous, et je vous avais dit tout ce que nous voulions faire pour le pays, pour les combats communs, et je crois, je relisais le discours que j'avais tenu, on a plutôt fait ce que je vous avais dit. Et donc, les réformes sur nos différents secteurs des transports à l'énergie, les réformes du marché du travail, les réformes sur la fiscalité, réindustrialiser notre pays, en refaire une grande nation attractive, cet agenda de réformes pour la France et l'Europe, durant ces dernières années, nous l'avons conduit.

Et toutes et tous, et beaucoup qui sont là pour porter aussi la relation et qui le portent de l'autre côté de l'océan, peuvent en témoigner et le font vivre. Mais notre pays a recréé des emplois industriels, notre pays est celui ces dernières années où on crée le plus de start-up, où on lève les plus gros tickets d'Europe et est redevenu, malgré les vicissitudes, le pays le plus attractif du continent européen ces trois dernières années. Et donc, cet agenda, nous l'avons mené et nous continuerons de le mener dans les mois et les années qui viennent. Ensuite, on a rendu l'Europe plus forte, en la rendant plus souveraine, plus unie, plus démocratique. C'était l'agenda de la Sorbonne.

On l'a fait aussi, malgré les crises, et je dirais au bénéfice de celle-ci, en réussissant, en quelque sorte, tous ensemble, européens, à résister au Covid et à bâtir là aussi un plan d'action à l'été 2020 qui était inédit, pour ne citer qu'un exemple. Et je sais que durant ces années, beaucoup de choses se sont passées qui ont été aussi très difficiles à vivre ici. Et je voulais vous dire combien, peut-être plus encore que mes premiers mots d'introduction, je voulais remercier toutes celles et ceux qui se sont tenus aux côtés de la communauté française durant la période du Covid-19. Je sais que cette période a été difficile à vivre.

Les restrictions, les restrictions de circulation, les séparations avec les familles, et je voulais vous dire que le ministère des Affaires étrangères, l'ensemble des équipes à travers le monde ici, mais aussi à Paris, ont fait un travail extraordinaire pour rapatrier dans les premiers jours et les premières semaines toutes celles et ceux qui voulaient l'aide, pour à chaque fois essayer de venir aux côtés de nos communautés.

Et je voulais vous dire aussi que je sais ce que vous avez ici porté, fait, en termes de solidarité au sein de la communauté française, et je voulais vraiment remercier toutes les équipes et l'ensemble de celles et ceux qui ont fait vivre ces solidarités durant ces mois et ces années difficiles. Soyez-en infiniment remerciés. Beaucoup de choses ont changé, mais nous nous retrouvons dans un contexte, en quelque sorte, qui porte encore plus de défis que quand j'étais devant vous. La guerre est revenue en Europe, en Ukraine, déclenchée par l'agression russe. La confrontation géopolitique avec la Russie est encore plus prégnante, avec la Chine, pardon, est encore plus prégnante.

Les défis en matière de climat ne sont pas moindres, même si la nouvelle administration a décidé de revenir dans l'accord de Paris. Et au fond, les défis qui sont devant nous requièrent encore plus d'intimité stratégique avec les Etats-Unis d'Amérique. Et c'est le coeur de la visite que nous rendons aujourd'hui, et c'est un peu ce dont je voulais vous dire deux mots.

Ce que nous allons faire, ce que nous sommes en train de faire à travers cette visite d'Etat, c'est d'essayer au fond d'abord de continuer d'oeuvrer ensemble, Américains et Français, Américains et Européens, pour essayer de répondre à ces nouveaux défis, et de le faire pour bâtir le plus rapidement possible la paix à nouveau, en aidant l'Ukraine à résister, militairement, économiquement, d'un point de vue humanitaire, main dans la main, mais en faisant tout aussi pour que la paix puisse revenir et que les négociations puissent reprendre dans des termes choisis par les Ukrainiens en mettant le maximum de pression.

La convergence entre les Etats-Unis d'Amérique et la France et les autres Européens est clé à cet égard. Et elle est réelle depuis le 1er jour du conflit. Elle est extrêmement importante. La 2e chose, c'est qu'au fond, nous voulons aussi bâtir un agenda commun entre la France et les Etats-Unis, entre la France, l'Europe et les Etats-Unis, face aux autres crises suscitées par cette guerre. La crise alimentaire, et nous faisons un énorme travail, avec beaucoup d'ailleurs d'entre vous qui sont là, la crise énergétique et tout ce qui s'ensuit. Au fond, l'objet, pour moi, de cette visite, c'est aussi de réinstaller un dialogue stratégique.

J'ai essayé de l'expliquer en disant pour resynchroniser nos agendas. Parce qu'il ne faut pas se tromper, il y a un risque aujourd'hui qui est là et qu'on doit se dire entre amis. Ce risque, c'est que, face aux défis que j'évoque, les Etats-Unis d'Amérique regardent d'abord les Etats-Unis d'Amérique, ce qui est normal, nous faisons pareil avec nous, regardent ensuite sa rivalité avec la Chine, et en quelque sorte que l'Europe, et donc la France, deviennent une sorte de variable d'ajustement. Et ce que je disais avec beaucoup de franchises, d'amitié au caucus avec lequel nous nous trouvions ce midi, en charge des sujets, justement, biodiversité et climatique, c'était cela.

Resynchroniser, ça veut juste dire que ce qui s'est passé ces derniers mois est un défi pour nous, parce qu'on commence à se décaler sur les sujets énergétiques, et le coût de la guerre n'est pas le même en Europe et aux Etats-Unis, mais surtout les choix faits dont je partage les objectifs, en particulier l'Inflation Reduction Act ou le CHIPS Act, sont des choix qui vont fragmenter l'Occident, parce qu'ils créent de telles différences entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Europe que pour toutes celles et ceux qui travaillent dans le nombre d'entreprises, ils vont juste se dire qu'on ne fait plus d'investissement de l'autre côté de l'océan.

Et ces choix ne peuvent fonctionner que s'il y a une coordination entre nous, si on se décide ensemble, si on se resynchronise. C'est fondamental. Et donc c'est aussi ce sur quoi je vais oeuvrer dans les prochaines heures et les prochains jours pour pousser les Européens à faire plus et plus vite, pour gagner en souveraineté énergétique, aller encore plus vite sur le climat, bâtir des outils au moins aussi puissants que les Etats-Unis d'Amérique l'ont décidé récemment, mais pour qu'on puisse le faire ensemble et qu'il n'y ait pas en quelque sorte une forme d'hostilité commerciale qui se déclenche dans les prochaines semaines, parce que nous n'avons pas besoin de ça.

On a besoin de vraies mains dans la main. Dans ce moment, c'est absolument clé. Et donc cette discussion stratégique est fondamentale pour ce voyage. Et puis avec beaucoup d'entre vous, nous allons aussi bâtir à Washington, à la Nouvelle-Lorléans, un agenda très fort sur les sujets d'espace, de nucléaire, de quantique, beaucoup d'entre vous sont là aussi sur ce sujet, de technologie, de culture, de green tech, etc., etc. Tant de sujets existants, mais aussi à venir de coopération bilatérale sur lequel nous voulons faire beaucoup plus pour créer de la croissance, accélérer l'innovation, mais aussi bénéficier de vos savoir-faire, de votre expérience, de ce que vous savez porter.

Ce sont là les principaux objets de ce déplacement, mais au-delà de ça, je voulais aussi vous dire quelques mots de 2, 3 sujets essentiels que vous faites vivre et sur lesquels nous voulons accélérer. La priorité sur laquelle je voulais revenir, que nous allons défendre ici, et qui est très importante à mes yeux, c'est celle de nos jeunesses. J'ai vu d'ailleurs ici plusieurs de nos enseignants, plusieurs de nos volontaires internationaux, merci à eux parce que c'est si important, mais nous avons aux Etats-Unis un formidable réseau de lycées français qui accueille près de 18 000 élèves qui se sont distingués par une mobilisation sans faille durant la pandémie.

Nous avons fixé un plan pour la langue française et le plurilinguisme. Il est essentiel, et nous sommes en train, ici, j'y reviendrai après demain, à marche forcée d'avancer. Mais je pense également aux Alliances françaises, le plus important réseau au monde, et aux associations Flammes, on l'évoquait à l'instant, qui permettent aux élèves français, scolarisés dans le système américain, mais aussi à de nombreux élèves étrangers, de conserver et consolider leur maîtrise de la langue française. Tout ça sont des initiatives qui sont pour nous une priorité pour nos jeunesses.

A cet égard, le fonds bilingue que j'avais annoncé il y a 5 ans, à New York, grâce notamment à un engagement important de Chanel à porter tous ses fruits. Et en 5 ans, ce sont 34 écoles publiques à travers le pays qui ont pu ouvrir un programme d'immersion en français. Et ce succès doit nous encourager à faire davantage. Et donc à la Nouvelle-Orléans, terre francophone s'il en est, j'irai pour annoncer une initiative plus ambitieuse encore, le fonds French for All, pour soutenir l'apprentissage du français partout où il est en jeu aux Etats-Unis, de la maternelle à l'université, spécialement auprès des publics défavorisés qui peuvent trouver dans le français un multiplicateur d'opportunités.

Et pour permettre justement, notre objectif, c'est en quelque sorte de montrer que nous défendons le français par notre réseau, par les actions que nous menons avec nos amis américains, les initiatives prises il y a 5 ans qui se développent, mais on veut aussi que la langue française soit une langue pour toutes et tous et qu'elle rénove aussi, que nous rénovions ainsi l'image du français aux Etats-Unis, qui est parfois peut-être vue comme élitiste par certains, qui soit vue aussi comme une langue d'émancipation pour des milliers en particulier de jeunes à travers les Etats-Unis qui peuvent venir des Caraïbes, du continent africain et qui se retrouvent sur cette terre et qui veulent pouvoir aussi vivre dans un multilinguisme, un voyage entre les langues et entre la langue anglaise qui est la leur ici et notre langue.

C'est très important. Avec l'apprentissage du français, c'est aussi l'opportunité de faire un séjour comme étudiant américain en France, dans l'autre sens, comme étudiant français aux Etats-Unis, qui est clé pour nous. Et donc ce que nous voulons aussi défendre et porter, ici et dans les prochaines années, c'est de renforcer nos programmes de mobilité universitaire et scientifique et de continuer à les encourager. Je veux saluer à cet égard le dynamisme de nos programmes de coopération dans ces domaines, qui permettent à beaucoup d'étudiants, mais aussi de nombreux chercheurs, souvent de premier plan, de traverser l'Atlantique.

Plusieurs d'ailleurs de nos dirigeants d'organismes de recherche, CNRS, COA, CNES, sont à mes côtés, je les en remercie pour cette visite, et c'est un engagement très important, et ils sont aux côtés de la ministre et des ministres pour porter cette ambition. Mais ce qui est important, c'est la circulation des talents, c'est de continuer à développer des coopérations. Et donc, pour ce faire, nous voulons aussi continuer à renforcer ces mobilités universitaires et scientifiques. Et donc, nous avons l'ambition de développer 30 nouveaux doubles diplômes franco-américains d'ici à 2030 et d'augmenter ces échanges d'étudiants de 30% sur ce même horizon. Un autre levier, c'est aussi la culture.

L'art de vivre à la française, cet art d'être français, dont j'ai souvent parlé, que vous portez ici. Depuis longtemps et aujourd'hui encore, les créateurs français rayonnent jusque sur ce continent. C'est notre cinéma. Agnès Varda venait d'être la première réalisatrice au monde à recevoir un Oscar d'honneur quand je venais vous voir la dernière fois. Eusanne Palsy a reçu, il y a quelques jours, à nouveau une formidable reconnaissance du monde du cinéma américain et mondial, et nous savons combien notre culture, notre cinéma, mais aussi notre musique, notre création, nos designers, nos architectes sont ici aimés et appréciés.

Et donc nous voulons continuer de développer ce lien, de le porter, de le faire fructifier, de le montrer, mais aussi de le faire vivre. Et à cet égard, dans ce contexte si complexe mais stimulant, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a engagé il y a un an un projet particulièrement ambitieux, celui de créer une Villa Médicis à l'échelle américaine. C'est la Villa Albertine, mais je n'ai pas besoin ici de la présenter, tant en une année seulement, elle est rentrée dans le paysage. C'est l'ambassadeur, n'est-ce pas ?

Et avec 90 résidents, créateurs de toutes les disciplines, penseurs de tous horizons, directeurs de musées, etc., ils se sont déjà déployés dans une trentaine de villes à travers les Etats-Unis pour mener à chaque fois un projet d'exploration sur mesure, de création en lien avec des dizaines de partenaires culturels français-américains. Cette Villa ne ressemble à aucune autre parce qu'elle est en quelque sorte à l'échelle d'un pays-continent, parce qu'elle repose aussi sur un modèle innovant. Et je veux remercier tous les artistes qui sont aussi dans notre délégation, nos présidentes et directeurs de musées qui sont aussi à nos côtés du Louvre à l'Orange-Land passant par Orsay.

Plusieurs aussi seront à nos côtés à la Nouvelle-Orléans. Mais vous portez toutes et tous cet amour réciproque. Mais ce que nous avons voulu faire avec la Villa Albertine et ce programme, c'est en quelque sorte de montrer qu'on pouvait continuer de le réinventer et de l'écrire. Et si on donnait la liberté à des artistes de nos deux pays, mais à des artistes aussi, j'insiste sur ce point, du monde entier, de pouvoir bénéficier de notre réseau, alors nous rendions encore cette relation bilatérale plus vivace, plus inventive. Elle est à l'image de ce qu'est la relation franco-américaine. C'est une relation qui n'est pas simplement bilatérale. Elle est plus grande qu'elle-même.

Elle porte nos imaginaires réciproques à l'échelle du monde. Et puis enfin, évidemment, je voulais insister sur la relation économique. avec un courant d'échange bilatéral en croissance, avec des entreprises dans tous les secteurs et passant de la culture à l'économie. Je veux évidemment parler de notre gastronomie, de notre savoir-faire. Et je m'exprime devant vous aujourd'hui, dans un moment très important, celui où notre baguette a été reconnue comme un patrimoine immatériel de l'UNESCO. Chef, venez ! World Bread Heroes avec une farine française. La Belle-Rousse. La Belle-Rousse, le disait notre chef, notre boulanger.

Mais je veux dire ici que ça fait des années qu'on se bat qu'à chaque cérémonie de la galette à l'Elysée avec nos boulangers, nos boulangers-pâtissiers, nos artisans, on se bat pour dire qu'on veut que ce soit reconnu par l'UNESCO. On a réussi, enfin. Et il se trouve que le président, figurez-vous, des boulangers de France, le président Dominique Henrach, au moment où je vous parle, je crois, est à New York avec plusieurs de vos collègues. Mais je veux dire ici que dans ces quelques centimètres de savoir-faire passés de main en main, il y a exactement l'esprit du savoir-faire français. C'est-à-dire que c'est quelque chose d'inimitable. Ça paraît être juste matériel. Mais non.

Non, mais la baguette représente ça. Il y a notre vin, M. Colombo est là aussi avec un travail formidable qu'il a fait sur nos côtes rôtis et il a rendu hommage à l'histoire et l'amitié entre nos pays. Notre gastronomie, nos chefs sont adorés, nos spiritueux que plusieurs d'entre vous portent, nos restaurants. Ça a une valeur inestimable parce que derrière, ce sont des emplois sur le territoire. C'est des rêves qu'on offre à nos enfants en leur montrant qu'on peut commencer tout au bas de l'échelle, mais avec des jours et des nuits, en apprenant ces savoir-faire qui sont passés de main en main et qui viennent du fin fond des siècles.

Parce qu'on ne compte pas ces jours et ces nuits, on a un produit qui est inimitable. Beaucoup ont essayé de le faire, ils ont fait un truc industriel qui n'a pas de goût. Pourquoi ça a du goût ? Parce que personne n'a partagé le brevet, parce qu'il se passe de main en main, parce que c'est inimitable la baguette française. Eh bien, c'est la même chose que je veux qu'on déploie dans tous les secteurs et c'est exactement ce que vous portez. c'est la même chose qu'on a dans ce qu'on sait faire en termes d'intelligence, d'instruments dans le spatial, de technologie, dans le nucléaire, de ce qu'on sait faire dans la tech française.

Il y a cette French touch, pour le dire en bas breton, et cette French touch qu'on a dans notre baguette, c'est celle qu'on a dans d'autres secteurs, c'est qu'il y a, en quelque sorte, un petit savoir-faire en plus et une part d'âme en plus. Donc félicitations à notre baguette pour aujourd'hui.

21:11
Locuteur non identifié

Et donc,

21:25
Présentateur

ce qu'on veut faire, vous l'avez compris, c'est montrer à quel point c'est inimitable au reste du monde. Continuer à l'exporter, parce qu'il n'y a aucune raison que pendant tant d'années, on ait eu ces chiffres dans la balance commerciale. On continue à ne pas avoir de bons chiffres, parce qu'on n'exporte pas assez. On est en train de réindustrialiser, mais ce qu'on veut faire partout, c'est produire plus sur le sol français, mais avoir plus de partenariats, exporter et montrer la force de ce modèle.

Eh bien, en effet, de nos PME à nos grands groupes, dans tous les secteurs que j'ai déjà évoqués, en passant par l'aéronautique, le luxe et d'autres, c'est ce que la Team France Export veut faire avec Business France, BPI France, les CCI France, nos régions, et au fond, avec une capacité à nous unir pour porter justement tous ces projets. Et donc, ce que nous voulons faire dans les années qui viennent, c'est passer à la vitesse supérieure, avoir encore plus de projets d'investissement conjoints, d'où l'importance de ce dialogue stratégique post-IRA, où on doit nous rattraper le retard, mais se resynchroniser, mais on veut avoir beaucoup plus de projets d'investissement.

Je le disais, la France est le pays le plus attractif, on compte bien le rester, et donc, aidez-nous à avoir encore plus d'investissement américain sur le sol français, et aidez-nous à développer encore plus d'investissement français-européen sur le sol américain, dans lequel vous pourrez justement donner des opportunités à vos enfants et vos amis. Évidemment, tout ça passe par les échanges humains.

La France accueille aussi chaque année près de 5 millions de touristes américains, et malgré la crise sanitaire, tout ce secteur essentiel, et salut tous les acteurs du tourisme ici présents, qui sont aussi un secteur d'excellence pour nous, continuez de se battre et vont continuer de se battre, et nous voulons renforcer dans tous les secteurs ces échanges. À cet égard, hier midi, avant de vous rejoindre, j'étais avec le premier conseil franco-américain d'affaires qu'on réunissait. On a parlé de beaucoup de sujets sectoriels, beaucoup de sujets d'investissement à venir.

Je vous rassure, ils ont, je crois, porté votre voix pour nous dire que sur les visas particuliers E1 et E2, nous devions obtenir des avancées, et donc dans le cadre de cette visite, avec les ministres, nous allons évidemment porter l'échange pour qu'on puisse avoir retrouvé un traitement normal et qu'on puisse avoir des visas beaucoup plus longs termes, des capacités à échanger, et au-delà de ces visas plus largement, qu'on puisse avoir une simplification des situations, parce que je sais que beaucoup d'entre vous ont eu à subir beaucoup de contraintes dans les années passées, en particulier depuis le changement de 2019.

Donc ce n'est pas simplement qu'on se bat, mais on va bâtir avec nos amis américains des relations extrêmement renouvelées sur ce point et obtenir des avancées. Puis je veux remercier vraiment l'ensemble de nos communautés d'affaires, de nos administrations ici présentes et nos parlementaires qui font vivre aussi cette relation. C'était très important que nos parlementaires soient au caucus ce midi à mes côtés. Ils seront évidemment aussi demain après-midi avec nous, mais je tiens à les remercier pour leur présence parce que c'est ainsi qu'on bâtit sur des sujets particuliers et dans tous les secteurs une intimité extrêmement forte. J'aurais pu couvrir beaucoup d'autres sujets.

Je ne veux pas ici prolonger parce que je veux passer un peu de temps avec vous avant de retrouver le président Biden. Mais les années qui viennent sont clés pour renforcer la relation bilatérale, pour aller beaucoup plus vite et plus fort sur le sujet du climat qui est absolument essentiel.

On a aujourd'hui une administration qui pense comme nous et donc on doit multiplier les projets mais réussir aussi à recréer de la dynamique à l'international beaucoup plus qu'on ne l'a fait ces derniers mois et c'était l'objet de nos discussions là aussi et la France dans les prochains mois va tenir des sommets importants sur la biodiversité et les forêts au premier trimestre pour le financement des changements climatiques au sud en juin prochain où nous travaillerons main dans la main avec nos partenaires américains et évidemment aussi sur les sujets de défense et les sujets les plus stratégiques. Le ministre est là aussi à nos côtés.

Nous souhaitons encore renforcer les choses et cela fait partie de la discussion stratégique que nous allons avoir. Voilà mes amis, mes chers compatriotes, les quelques mots que je voulais avoir il y a un peu plus de 4 ans. On avait beaucoup d'ambition ensemble, on a fait beaucoup de choses mais croyez-moi, les mois et les années qui viennent seront déterminants pour les Etats-Unis d'Amérique, pour la France, pour l'amitié qui nous lie parce que ce que nous portons ensemble est plus grand que nous. c'est ce qui a permis d'installer des histoires de démocratie et de liberté sur les deux rives de cet océan.

Et même si beaucoup de regards se portent sur les deux rives du Pacifique, je peux vous dire que ce qui se construit entre nous est ce qui permettra de donner de l'espérance et de l'avenir pour cette planète parce que ce sont les plus grandes économies, les économies les plus riches, parce qu'elles partagent la même histoire faite de sang versé et parce qu'elles partagent les mêmes valeurs. Ne l'oublions jamais. Pour tout ça, merci à vous toutes et tous de faire vivre cette relation. Merci pour le travail fait et l'engagement. Vive les Etats-Unis d'Amérique, vive la France, vive la République, vive la France et vive l'amitié entre nos deux pays.