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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 11 juin 2015 5 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & international

Gilles Lebreton : « Que reste-t-il du référendum du 29 mai 2005 ? »

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Chapitres

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    « Mes chers compatriotes, il y a dix ans, le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté par référendum le projet de constitution européenne. »
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    « Nicolas Sarkozy s'est en effet empressé, dès qu'il a été élu président de la République, de ressusciter la constitution européenne sous la forme du traité de Lisbonne, qu'il a fait approuver par le Congrès en 2008. »
  • 0:59Invité politiqueFait
    « Le traité de Lisbonne reprend toutes les principales dispositions de la constitution européenne. »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « La fusion de l'union et de la communauté, la personnalité juridique de l'union, la disparition de la structure en pilier, la création du président du Conseil européen, »
  • 1:15Invité politiqueFait
    « L'élection par le Parlement européen du président de la Commission, la réduction du nombre de commissaires, l'extension du vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil, à la place de l'unanimité, dans 30 nouveaux domaines, »
  • 1:29Invité politiqueFait
    « l'extension du pouvoir de co-décision du Parlement européen, dans 50 nouveaux domaines, et la valeur juridique donnée à la Charte des droits fondamentaux de l'union. »
  • 2:15Invité politiqueFait
    « La première supprime de la liste des objectifs de l'union la référence à la concurrence libre et non faussée. »
  • 2:28Invité politiqueFait
    « Mais elle s'analyse comme une tromperie, car un protocole rétablit discrètement la concurrence libre et non faussée comme objectif de l'union. »
  • 2:37Invité politiqueFait
    « La deuxième renforce les pouvoirs de protestation des parlements nationaux contre les propositions de la Commission de Bruxelles. »
  • 2:45Invité politiqueFait
    « Mais au bout du compte, cela ne sert pas à grand-chose, car la Commission peut maintenir ses propositions même quand des parlements nationaux protestent. »
  • 2:53Invité politiqueFait
    « La troisième vise à rassurer les peuples français et néerlandais en annexant au traité de Lisbonne un protocole sur les services publics. »
  • 3:26Invité politiqueFait
    « Le mot « constitution » est abandonné. »
  • 3:35Invité politiqueFait
    « Le ministre des Affaires étrangères de l'Union est transformé en haut-représentant pour la politique étrangère et de sécurité. »
  • 3:42Invité politiqueFait
    « L'expression « loi européenne » disparaît. »
  • 3:44Invité politiqueFait
    « Enfin et surtout, le principe de primauté du droit communautaire, qui figurait dans l'article 1.6 de la Constitution européenne et qui avait à juste titre effrayé les Français, est abandonné dans le traité de Lisbonne. »

Temps de parole

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Gilles Lebreton

Mes chers compatriotes, il y a dix ans, le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté par référendum le projet de constitution européenne. Il y a quelques jours, le 29 mai 2015, j'ai fêté le dixième anniversaire de cette grande victoire lors d'un colloque à Paris avec Marion Maréchal-Le Pen, Édouard Ferrand et plusieurs personnalités. Ce référendum est un bon souvenir pour les patriotes car il consacre une grande victoire du peuple français sur les partis du système qui avaient tous appelé à voter pour la constitution européenne. Nous devons le garder en mémoire. Il prouve que la perte de souveraineté n'est pas une fatalité. Que reste-t-il aujourd'hui de ce référendum ?

En apparence pas grand-chose. Nicolas Sarkozy s'est en effet empressé, dès qu'il a été élu président de la République, de ressusciter la constitution européenne sous la forme du traité de Lisbonne, qu'il a fait approuver par le Congrès en 2008. Il a ainsi trahi la volonté du peuple français. Le traité de Lisbonne reprend toutes les principales dispositions de la constitution européenne.

La fusion de l'union et de la communauté, la personnalité juridique de l'union, la disparition de la structure en pilier, la création du président du Conseil européen, L'élection par le Parlement européen du président de la Commission, la réduction du nombre de commissaires, l'extension du vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil, à la place de l'unanimité, dans 30 nouveaux domaines, l'extension du pouvoir de co-décision du Parlement européen, dans 50 nouveaux domaines, et la valeur juridique donnée à la Charte des droits fondamentaux de l'union. On le voit, cette liste est impressionnante. Elle confirme que le traité de Lisbonne a beaucoup recopié la constitution européenne.

Sarkozy a bien commis une trahison, et avec lui, tous les parlementaires de gauche, du centre et de l'UMP qui ont approuvé ce traité au sein du Congrès. Ils se sont cependant quand même sentis obligés de tenir un peu compte du référendum. C'est ainsi que le traité de Lisbonne a fait, par rapport à la Constitution européenne, des concessions de fonds et de formes. Les concessions de fonds sont au nombre de trois. La première supprime de la liste des objectifs de l'union la référence à la concurrence libre et non faussée. Elle vise à rassurer le peuple français qui s'était inquiété de la dérive ultra-libérale de l'union.

Mais elle s'analyse comme une tromperie, car un protocole rétablit discrètement la concurrence libre et non faussée comme objectif de l'union. La deuxième renforce les pouvoirs de protestation des parlements nationaux contre les propositions de la Commission de Bruxelles. Mais au bout du compte, cela ne sert pas à grand-chose, car la Commission peut maintenir ses propositions même quand des parlements nationaux protestent. La troisième vise à rassurer les peuples français et néerlandais en annexant au traité de Lisbonne un protocole sur les services publics. Mais il s'agit d'un texte qui ne garantit pas réellement la survie des services publics.

Ces trois concessions de fonds sont donc toutes des leurs. Elles ont malgré tout le mérite de prouver que le système a eu peur du peuple. Les concessions de formes sont plus intéressantes. Elles consistent à abandonner toutes les références qui transformaient l'Union européenne en État fédéral. Le mot « constitution » est abandonné. Les références au symbole de l'Union, c'est-à-dire à la devise « unie dans la diversité », à l'hymne à la joie et au drapeau étoilé, sont supprimées. Le ministre des Affaires étrangères de l'Union est transformé en haut-représentant pour la politique étrangère et de sécurité. L'expression « loi européenne » disparaît.

Enfin et surtout, le principe de primauté du droit communautaire, qui figurait dans l'article 1.6 de la Constitution européenne et qui avait à juste titre effrayé les Français, est abandonné dans le traité de Lisbonne. Le système a eu peur et s'est contenté de le mentionner dans une déclaration annexée au traité. Bien sûr, ces concessions peuvent paraître légères. Elles n'empêchent pas l'Union européenne de continuer son œuvre de destruction des souverainetés nationales. Mais elles sont symboliquement importantes, car elles prouvent que l'Union a perdu toute légitimité démocratique. Avant 2005, l'Union pouvait prétendre reposer sur la volonté des peuples. Depuis 2005, ce n'est plus possible.

Et elle l'avoue à travers ses concessions. Oui, mes chers compatriotes, le référendum de 2005 est un grand moment de notre histoire, car il a dévoilé la supercherie sur laquelle reposait l'Union. Il a révélé que l'Union n'est pas le super-État démocratique qu'elle prétendait être, mais une organisation oligarchique au service des lobbies et des puissances de l'argent. Dix ans après, le Front National perpétue le message de révolte du peuple français. Il brandit le flambeau de notre liberté jusqu'au cœur du monstre européen.

Je vous donne l'assurance qu'il fera son maximum pour abattre l'Union européenne et pour la remplacer par une Europe des nations respectueuses de la souveraineté des États. Merci d'avoir regardé cette vidéo !