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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 1 septembre 2011AutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsOutre-merÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Discours de N. Sarkozy aux calédoniens

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Nicolas SarkozyFait
    « La Nouvelle-Calédonie et la France jouissent une considération internationale considérable à l'ONU et ailleurs pour la maturité de la solution consensuelle que nous avons inventée ensemble. »
  • 6:00Nicolas SarkozyFait
    « Les accords de Matignon ou d'Inno, puis ceux de Nouméa, dix ans plus tard. »
  • 9:00Nicolas SarkozyChiffre
    « Un nombre de cadres canaques multipliés par huit en vingt ans. »
  • 12:00Nicolas SarkozyChiffre
    « Votre sous-sol abrite plus du quart des réserves mondiales de nickel. »
  • 15:00Nicolas SarkozyFait
    « Je n'ai pas accepté les événements de marée parce que le cancer de la violence peut ressurgir à chaque instant si on n'est pas vigilant. »
  • 18:00Nicolas SarkozyFait
    « La France a tenu ses promesses et l'État a respecté sa parole. »
  • 20:00Nicolas SarkozyFait
    « La France ce n'est pas une somme d'écriture comptable où chaque territoire serait évalué à l'aume de ce qu'il coûte ou de ce qu'il rapporte. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mes chers compatriotes de Nouvelle-Calédonie, et si vous me le permettez, mes chers amis, messieurs les présidents, mesdames les ministres, messieurs les élus, mesdames les élus, Messieurs, je veux vous dire ma profonde émotion de prendre la parole devant vous, qui êtes venus si nombreux ici, dans cette nouvelle salle de Païta, de l'agglomération de Nouméa, et parfois de plus loin de la province nord ou de celle des îles. Sachez que votre présence me touche, que je sais que chacun d'entre vous a dû faire un effort, soit du fait de l'éloignement, soit du fait de ses convictions, mais que c'est important, c'est que nous nous retrouvions ici, pour parler. Vous me permettrez d'avoir une pensée amicale toute particulière pour nos compatriotes de Wallis et Futuna, que je sais nombreux en Nouvelle-Calédonie.

Les liens entre vos deux territoires sont importants, et la plupart des élus de Calédonie ont fait le déplacement il y a quelques semaines à Wallis pour le 50e anniversaire du statut de 1961 avec Mariluz Pinchard. Je ne peux qu'encourager vos deux territoires à faire vivre les accords de coopération qui ont été signés, parce que j'ai la conviction que c'est l'intérêt de chacun d'entre vous. Davantage de développement économique pour Wallis et Futuna, c'est moins de jeunes qui quittent leur terre natale pour essayer de trouver à Nouméa un travail qui ne leur est pas toujours offert.

Je pense d'ailleurs qu'il faudra réfléchir dans les années qui viennent au rapprochement entre tous vos territoires, parce que les problématiques sont souvent les mêmes, les identités sont proches, et chacun a besoin des autres, ce que je dis vaut bien sûr aussi pour la Polynésie. Mes chers amis, la Nouvelle-Calédonie est une réussite. J'en suis heureux et j'en suis fier.

Je suis fier de ce que vous avez réussi, de ce qu'ensemble nous avons réussi à construire. C'était si facile de détruire. Ça va si vite, la destruction et la violence.

Ça prend tant de temps et tant d'efforts, la construction. Notre vieux pays, qui s'est tant abîmé au sortir de la guerre, dans les conflits coloniaux, peut légitimement être fier du processus exemplaire, pacifique, collégial, qu'il a su mettre en place avec les accords de Matignon ou d'Inno, puis ceux de Nouméa, dix ans plus tard. Ne vous trompez pas, et je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais la Nouvelle-Calédonie et la France jouissent une considération internationale considérable à l'ONU et ailleurs pour la maturité de la solution consensuelle que nous avons inventée ensemble.

Ce qui se passe ici, c'est une France qui tient ses promesses et une Nouvelle-Calédonie qui se montre à la hauteur de son destin. Au-delà des choix personnels de chacun quant à l'avenir des relations entre le territoire et la France, nous partageons des valeurs universelles que la France a proclamées et qu'elle défend avec ardeur et avec passion. Ces valeurs sont intangibles, ces valeurs sont non négociables, ces valeurs de partage, d'égalité, de liberté, de solidarité entre nous. et par-delà vos origines, par-delà vos appartenances religieuses et malgré l'éloignement de la métropole, ces valeurs nous rassemblent tous.

Et je veux croire que ces valeurs qui nous rassemblent sont beaucoup plus fortes que ce qui nous différencie les uns des autres. La France, dans mon esprit, et je le dis en tant que président de la République, la France n'est pas un carcan qui oppresse, elle est la France, un espace de liberté qui protège. Et chacun peut accepter cet espace.

Et d'ailleurs, ce mot liberté, il va bien aux Calédoniens qui sont allés défendre avec les autres territoires français du Pacifique au moment où notre pays vivait ses heures les plus sombres. Vous, vous avez été défendre la liberté. La Première Guerre mondiale, les Calédoniens qui forment le bataillon d'étape des Tirailleurs Canac qui deviendra le bataillon mixte du Pacifique lorsque les Polynésiens l'auront rejoint.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, j'en ai parlé sous l'autorité du capitaine Broche, venus de toute la Calédonie, de toutes les communautés, de toutes les cultures, ces combattants de la liberté ont versé leur sang pour défendre cette liberté commune. Et lorsque l'essentiel a été en jeu, ils n'ont pas hésité une seconde. Et on ne leur a pas demandé à l'époque d'où venait leur sang.

On leur a demandé de le verser parce que l'essentiel était en jeu. Ils ont embarqué volontairement sur des bateaux, ils ont rejoint le front pour défendre une certaine idée de cette France que pour la plupart, ils ne connaissaient que de Nouvelle-Calédonie. J'ai tenu à leur rendre hommage.

Mais au sortir de la guerre, cette union sacrée de la population calédonienne persiste et les Calédoniens de toutes origines se regroupent sous la bannière de l'Union Calédonienne qui se choisit une belle devise. Deux couleurs, un seul peuple. Deux couleurs, un seul peuple.

C'était la devise qui a été choisie. Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Parce qu'il s'est passé des choses.

L'essor de la Nouvelle-Calédonie, l'explosion des besoins en nickel ont fait renaître une société où progressivement l'incompréhension s'est développée à nouveau entre les communautés. Ça n'a pas toujours été le cas. C'est à ce moment-là que ça s'est développé.

Et d'un côté, les mélanésiens ont eu le sentiment d'être marginalisés sur leur propre territoire, exclus des responsabilités politiques et économiques, submergés par une vague de nouveaux arrivants. Et de l'autre côté, la population d'origine européenne considérait qu'il était normal de vivre des fruits de leur travail parce qu'ils ont travaillé dur sur cette terre que leurs parents n'avaient pas toujours choisie mais qui pour beaucoup les avaient vus naître. Et des deux côtés, il y avait la même sincérité et le même sentiment qu'on était dans son bon droit.

Et au début des années 80, ces deux sociétés, oserais-je dire, ces deux légitimités qui constituaient la Nouvelle-Calédonie vont brutalement se heurter, s'opposer, parfois se haïr. Et de fait, il y a eu beaucoup de violence, beaucoup de sang versé des deux côtés. Mais cette fois-ci, ce n'était pas pour la même idée de la liberté.

Des familles ont été endeuillées de la peine, des déchirures, de la souffrance. Et nous ne devons pas oublier cette tête, il y a seulement une petite génération. Et devant l'escalade de la violence, quelques visionnaires ont su s'élever au-dessus des préjugés de leur propre camp pour imposer la paix plutôt que de continuer une lutte sanglante qui était une impasse.

Les leaders de ces deux camps, Jean-Marie Djibaou pour les indépendantistes, Jacques Lafleur pour les loyalistes, se sont donnés la main. Jean-Marie Djibaou, il laissera la vie avec Yéoné, Yéoné. Nous devons à Jean-Marie Djibaou et à Jacques Lafleur la canidonie que nous connaissons aujourd'hui.

Les enfants nés après 1988 qui arrivent à l'âge adulte ont grandi grâce à eux dans un environnement apaisé. Jean-Marie Djibaou et Jacques Lafleur avaient compris que l'avenir de la Calédonie ne passait pas par l'intransigeance. Mes chers amis, l'intransigeance conduit à une impasse.

L'avenir de la Nouvelle-Calédonie ne passe pas par l'affrontement. l'affrontement conduira à une impasse. L'avenir de la Nouvelle-Calédonie ne passe pas par la mise en avant des différences.

Ces différences doivent être respectées. Mais si nous ne parlons que d'elles, il ne restera rien. Car les différences des uns annihileront les différences des autres.

L'avenir pour la Nouvelle-Calédonie c'est le dialogue la recherche du consensus et j'ose le mot une nouvelle fois des concessions réciproques. Aujourd'hui, nous continuons à emprunter le chemin tracé par ces hommes. Leur héritage politique, ce sont les accords de Matignon-Oudino puis celui de Nouméen.

Ces accords ont permis des avancées remarquables. De plus en plus de jeunes scolarisés, un nombre de cadres canaques multipliés par huit en vingt ans. Je ne dis pas ça pour dire que c'est suffisant.

Je ne dis pas ça par souci de mettre en avant un élément d'un bilan. Je dis cela pour que chacun comprenne qu'il y a de l'espoir, qu'il y a une voie de sortie. C'est aussi la question du rééquilibrage des richesses et des emplois entre le nord et le sud et le grand projet minier du nord est une réalité.

Mais depuis le temps qu'on en parlait, depuis le temps que vous en rêviez, depuis le temps que vous doutiez de la possibilité que ce projet vit le jour, aujourd'hui c'est une réalité. Imaginez pour moi comme président de la République l'émotion d'être dans la province nord aux côtés du président de la province nord m'expliquant le projet minier l'un des plus grands au monde et rencontrant des cadres mélanésiens me disant la fierté qui était la leur d'avoir acquis ces compétences. Est-ce que vous vous rendez compte du chemin que vous avez parcouru ?

Est-ce que vous vous rendez compte que tous vous êtes gagnants en ayant emprunté ce chemin ? Que personne n'y a rien perdu ? Y compris la France qui a beaucoup à gagner à pouvoir ainsi visiter une usine sans demander à qui que ce soit de renoncer à ses compétences donnant ainsi l'image d'un territoire apaisé ?

Alors chacun a une demande la possibilité de vivre sur ce territoire en paix. C'est ça l'objectif que chacun puisse vivre ici en paix. Un objectif immense et c'est pourquoi je n'ai pas accepté les événements de marée parce que le cancer de la violence peut ressurgir à chaque instant si on n'est pas vigilant.

Je vous ai appelé à des compromis je vous ai appelé à des concessions mais il y a un domaine où il n'y aura pas de compromis et pas de concession c'est la lutte contre la violence. Aucun compromis aucune concession. C'est la ligne rouge totale.

Rien ne peut justifier ce qui s'est passé. Alors c'est conscient de cet héritage historique que j'ai tenu dès mon arrivée à la tête de l'État à relancer l'accord de Nouméa ainsi que je l'avais promis pendant ma campagne électorale dans la lettre que je vous avais adressée. Aujourd'hui les transferts de compétences ont retrouvé le rythme prévu par l'accord.

Je crois pouvoir le dire. La France a tenu ses promesses et l'État a respecté sa parole. Et je sais bien en Nouvelle-Calédonie ce que vaut la parole donnée.

Et j'ai parfaitement conscience qu'ici moins qu'ailleurs on ne peut biaiser avec un engagement. Et je n'ai pas l'intention de biaiser. Je le dis à chacun ici qu'il m'ait soutenu ou qu'il m'ait combattu qu'il partage mes convictions ou qu'il les combatte.

La parole qui sera donnée sera une parole honorée. Que les choses soient très claires entre nous. Alors ce partage original des compétences entre la France et la Nouvelle-Calédonie se double depuis quelques mois d'un meilleur partage des responsabilités au niveau local.

Comprenez-moi bien, je n'ai pas...

J'ai bien assez à faire avec la politique en métropole. Je n'ai pas à m'immiscer dans la politique ici. Mais je veux dire que l'arrivée pour la première fois dans l'histoire de ce territoire l'accession d'un responsable politique canaque à la tête du Congrès c'est quelque chose qui me semble aller dans le bon sens celui de l'apaisement celui du dialogue entre les communautés et celui du consensus qui est au cœur de l'accord.

Vous pouvez en être fiers. Et vous avez tous à y gagner. Et puis il y a évidemment et je vais prendre mes responsabilités la question des deux drapeaux dont je sais qu'elle a été l'objet de débats nourris depuis le 8ème comité des signataires de juin 2010.

Je veux profiter de notre échange pour rappeler à la fois la position de l'État mais aussi le raisonnement qui nous a conduits à prendre cette position. Vous savez je pourrais parler que des sujets absolument consensuels venir ici trois jours distribuer les bonnes paroles la distribuer de telle manière cette parole que chacun y trouve ce qu'il veut y trouver et vous savez parfaitement que ce système n'aboutit qu'à l'échec et qu'il n'est pas respectueux. Je veux donc prendre mes responsabilités.

L'accord de Nouméa prévoit la recherche en commun de signes identitaires je cite pour exprimer l'identité canaque et le futur partagé entre tous et parmi ces signes identitaires figure le drapeau. Lors du huitième comité des signataires Pierre Frogier a proposé avec courage que soit levé immédiatement côte à côte le drapeau que se sont donnés les indépendantistes et le drapeau tricolore en signe de reconnaissance mutuelle des deux légitimités qui fondent la Nouvelle-Calédonie. On n'a peut-être pas mesuré complètement la révolution qu'il a fallu opérer dans les mentalités.

Cette double reconnaissance manifeste le dépassement des oppositions radicales qui depuis les années 60 structurent la vie politique calédonienne. Bloc contre bloc légitimité contre légitimité la radicalité c'est la fin du territoire. Nulle part la radicalité ne portera des promesses.

Mais ici encore moins. La proposition a été validée par le comité des signataires le congrès s'est prononcé une large majorité en faveur du double pavoisement et le premier ministre est venu en personne à ma demande ici à Nouméa hisser les deux drapeaux devant le haut commissariat. Je voudrais que vous compreniez que j'ai longuement réfléchi avant d'accepter cette proposition et demander que ce geste fût fait.

Et au fond en conscience je me suis décidé parce que je me suis dit comment demander aux partenaires de l'Etat de faire un effort de compréhension et de remise en cause de leur certitude. c'est l'Etat et le chef de l'Etat lui-même n'est pas capable de le faire. Comment demander aux autres de faire ce que je ne serais pas capable moi-même d'assumer ?

Et ces deux drapeaux dans mon esprit ils sont le prolongement naturel, visible de la poignée de mentres Jacques Lafleur et Jean-Marie Djibaou. Et je voudrais vous dire que hier soir lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux du Pacifique la délégation de Nouvelle-Calédonie rassemblée derrière ce double drapeau l'émotion du stade était palpable à la fois parce qu'il s'agissait des premiers Jeux en Nouvelle-Calédonie depuis les événements mais aussi parce que l'on sentait la Calédonie fière de son identité plurielle et réconciliée avec elle-même. Quelles que soient vos convictions et je l'ai dit à un certain nombre d'entre vous je les respecte y compris celles qui sont différentes dans ma propre famille mais la Calédonie est-elle plus forte rassemblée derrière ces deux drapeaux ou avec un seul drapeau dans le stade et un autre dehors et la police pour éviter les affrontements ?

Ce n'est pas de cette Calédonie que je veux. Ce n'est pas d'autre. Alors ces deux drapeaux parce qu'ils flottent ensemble traduisent aussi le fait que la Calédonie est une terre de partage dans de nombreuses familles des enfants des petits-enfants ont tout à la fois du sang canaque européen métropolitain polynésien ou alysien vos enfants vivent au plus profond de leur chair la réalité et la diversité de la société calédonienne ils l'incarnent dans leur gêne vos enfants sont le visage réconcilié du futur de la Nouvelle-Calédonie alors que l'accord de Nouméa nous demande de poser les bases d'une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie peut-être est-elle tout simplement en train de se construire naturellement sous nos yeux d'ailleurs à la question qui m'était posée sur une citoyenneté néo-calédonienne j'ai donné mon accord pour que vous y travailliez de façon positive pour savoir qu'est-ce qui vous rapproche qu'est-ce que vous pouvez construire ensemble on m'a dit mais vous n'avez pas peur non la République serait donc si fragile qu'elle ne pourrait supporter que des hommes de bonne volonté débattent d'une citoyenneté néo-calédonienne j'ai tenu également à faire le geste coutumier pour la première fois en province sud parce qu'il m'a semblé que reconnaître l'identité la culture la légitimité canaque au même titre que l'identité la culture la légitimité européenne cela veut dire reconnaître que ces deux cultures fondent l'identité calédonienne et que se priver de l'une c'est un appauvrissement général alors ceci en porte deux conséquences dans mon esprit la première c'est que la culture canaque est une composante fondatrice de la culture calédonienne qu'elle ne se limite pas à la province nord ou à la province des îles qu'elle est légitime dans toute la Calédonie donc aussi en province sud et la deuxième conséquence c'est que la réciproque doit s'appliquer sans réserve c'est à dire qu'un Calédonien d'origine européenne doit lui aussi pouvoir revendiquer sa contribution fondamentale à la culture calédonienne et se sentir reconnu en tant que tel en province nord ou dans les îles les deux et je le dis les deux et on se donnera bien du mal pour trouver une déclaration de ma part depuis bien longtemps je m'intéresse à la Nouvelle Calédonie sur une quelconque idée folle de partition quand on est un petit territoire si en plus on raisonne en termes de partition alors on veut la mort du territoire pas la grandeur et je veux vous dire que dans mon esprit il n'y a pas il ne peut pas y avoir une Calédonie de culture canaque au nord et dans les îles et une Calédonie de culture européenne au sud à mes yeux vous formez un ensemble indivisible que rien ne devra séparer il y a tout cela dans les deux drapeaux alors bien entendu l'accord de Nouméa nous demande de rechercher en commun ce signe identitaire qui au côté des quatre autres servira de fondement un futur partagé entre tous nous ne sommes pas déliés de cette exigence il vous appartient d'en rechercher des modalités mais tant qu'aucune autre solution n'aurait été trouvée les deux drapeaux continueront à flotter ensemble en Nouvelle-Calédonie ainsi que l'a décidé le Congrès mes chers compatriotes durant toutes ces années nous avons grandi nous avons mûri ensemble la Calédonie et la France nous avons appris à accepter nos différences à comprendre ce qui nous rassemble la République française a renoncé à imposer un modèle unique au territoire d'outre-mer c'est quelque chose que je porte profondément en moi depuis bien longtemps la République doit comprendre la diversité des outre-mer et la diversité des outre-mer ne remet pas en cause leur attachement à la nation la diversité des outre-mer le respect de l'identité de chacun le besoin d'égalité c'est quelque chose qui est essentiel au rayonnement de la France je n'ai jamais participé de ce débat où les propos sont souvent méprisants sur le coût financier de l'outre-mer c'est la France qui a besoin de l'outre-mer au moins autant que l'outre-mer a besoin de la France et notre pays n'aurait pas vocation à l'universel sans ces outre-mer alors parce que nous sommes sûrs de nos valeurs et que nous avons compris la complexité de la société calédonienne la France avance sereinement vers la consultation de 2014-2018 et je ne veux évacuer ou éviter aucun sujet devant vous personne ne peut dire aujourd'hui ce qui sortira de ce processus le statu quo l'évolution vers une plus large autonomie l'indépendance avec une large association à la France ou l'indépendance pure et simple ici en Calédonie chaque force politique a sa préférence vous connaissez la mienne tout le combat politique depuis les origines pousse chez moi à croire au maintien de la Calédonie dans la France mais ce choix là personne ne peut me le reprocher parce que c'est un choix qui vient du coeur parce qu'il repose que sur une conviction qui est aussi l'intérêt de la Nouvelle-Calédonie des Calédoniens largement autonome dans la république la Nouvelle-Calédonie prend aujourd'hui son destin en main toutes les composantes de sa société accèdent aux responsabilités politiques avec je dois le dire une très grande maturité la France est attentive au destin de la Nouvelle-Calédonie à ses spécificités à son identité la Nouvelle-Calédonie peut s'appuyer sur le rayonnement international de la France alors ce que je veux que vous compreniez c'est que si le moment venu les partenaires de l'accord de Nouméa souhaitent faire évoluer cet accord et engager la Nouvelle-Calédonie dans des perspectives nouvelles très nouvelles au sein de la république alors que les signataires de l'accord sachent bien qu'ils pourront compter sur mon appui déterminé le message est clair justement parce que chacun connaît mes convictions intimes si vous voulez que l'accord de Nouméa évolue l'état répondra présent alors bien entendu l'initiative éventuelle de cette solution ne saurait appartenir à l'état ce n'est pas l'état qui prendra l'initiative parce que cela voudrait dire que nous n'avons pas compris l'aspiration des Calédoniens à prendre en main leur responsabilité c'est bien le comité des signataires qui dans une démarche consensuelle qui serait souhaitée par les forces politiques calédoniennes pourrait proposer une telle évolution dans des termes qui seront approuvés directement par les Calédoniens la préférence personnelle que j'ai toujours exprimée pour le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France ne m'empêche pas et ne m'empêchera pas d'assumer le rôle de chef de l'état gardien vigilant de l'application loyale de l'accord de Nouméa je dirais même que ma conviction personnelle m'oblige davantage à l'endroit de ceux qui n'ont pas les mêmes convictions pour qu'il soit assuré que la parole ne sera pas trahie je serai donc arbitre vigilant il n'y a pas contradiction entre l'expression d'une conviction et assumer un devoir le devoir de l'état c'est la loyauté et si les Calédoniens font un autre choix que celui de la France naturellement je le respecterai et je l'accompagnerai c'est très important dans cette période sensible que vous allez connaître pas de malentendu pas d'hypocrisie pas de mensonge chacun dira ce qu'il croit devoir être de l'avenir de la Nouvelle Calédonie librement et nous nous vous accompagnerons en toute impartialité ma conviction c'est que nous ne pouvons pas attendre passivement la date de 2014 qui ouvrira la période au cours de laquelle le congrès pourra demander la consultation des Calédoniens sur le transfert à la Nouvelle Calédonie des compétences régaliennes l'accès à un statut international de pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité il faut vous y préparer n'attendez pas 2014 comme on attend une peine et pour s'y préparer les trois groupes de travail de haut niveau qui se sont réunis avec vos élus le premier sur la stratégie du territoire vis-à-vis du nickel le second sur le bilan de la mise en oeuvre de l'accord de Nouméa et le troisième pour étudier un panorama de l'ensemble des solutions institutionnelles imaginées dans le monde par des territoires qui sont engagés dans un processus comparable à celui des Nouvelles Calédonies ces trois groupes sont importants pour l'avenir ils ne sont pas des chambres de négociation anticipées sur le chemin que prendra la Nouvelle Calédonie entre 2014 et 2018 mais ils créent les conditions d'un choix éclairé des termes de la consultation directe des Calédoniens prévus par l'accord alors je respecte la sensibilité des uns et des autres c'est mon rôle mais ce que je voudrais c'est que le choix des Calédoniens quel qu'il soit soit un choix d'adhésion et non pas un choix par défaut soit un choix de conviction et non pas un choix de posture avec Marélus Pinchard nous resterons aux côtés des autorités de la Nouvelle Calédonie pour que ces transferts de compétences que la qualité du service que les Calédoniens sont en droit d'attendre soient assumés je veux vraiment que vous compreniez que c'est l'engagement de l'Etat alors ce choix essentiel que vous allez faire il ne pourra l'être que si les hypothèses politiques qui vous seront soumises sont assises sur une réalité économique pertinente sur le long terme tout n'est pas dans la politique et c'est la raison pour laquelle j'ai tenu à aborder longuement la question du nickel avec vos élus puis en me rendant à l'usine du nord le nickel c'est le socle économique sur lequel reposera toute évolution politique que vous choisissiez la France ou pas votre sous-sol abrite plus du quart des réserves mondiales de nickel avec le développement des besoins en matière première dans les pays émergents vous serez dans quelques années le deuxième producteur mondial de nickel et vous allez voir beaucoup d'amis non désintéressés s'intéresser à vous je demande à chacun d'y réfléchir et notamment dans son appréhension dans sa compréhension du rôle de la république française et c'est la raison pour laquelle la France gardera de façon certaine le contrôle du capital des ramettes aujourd'hui et demain vous ne serez pas seul et je sais que ce point est un point qui fait l'unité de la classe politique calédonienne les appétits sont trop nombreux et trop forts pour que la France ne reste pas présente comme histoire nous en parlerons nous en discuterons mais sachez que de notre point de vue c'est clair et c'est un engagement d'état que je prends devant vous alors naturellement ce ne doit pas nous empêcher de parler des ressources en nickel de la nouvelle calédonie de ce qu'on doit en faire de respecter les logiques industrielles des grands opérateurs comme SLN Eramet Valenco Xtrata nous avons besoin de leur expertise mais nous serons à vos côtés pour essayer de trouver les bonnes réponses à des questions essentielles comment gérer au mieux cette ressource naturelle rare dans la durée et dans le respect de l'environnement quelle doit être la place des différents opérateurs industriels et notamment celui de l'opérateur historique SLN et Ramet faut-il construire une usine nouvelle sur chaque gisement ou faut-il mutualiser les structures existantes et comment s'assurer que le maximum de valeur reste en Calédonie je ne suis pas venu avec des réponses toutes faites mais je dis que travaillons ensemble pour apporter des réponses à ces questions et si vous avez besoin de l'expertise de l'état l'état encore une fois sera à vos côtés car au final les Calédoniens doivent profiter davantage de ces richesses alors chacune de ces questions sera traitée par Anne Dutilleul nous allons proposer un schéma industriel minier sachez encore une fois que je veillerai sur la bonne exécution auprès de Marie-Luz de ce dossier en terminant mes chers amis j'espère que vous avez compris mon état d'esprit je lis parfois ici ou là l'expression de fantasmes qui ferait de l'état un acteur zélé de la marche vers l'indépendance pour faire des économies budgétaires ou pour se replier sur les étroites frontières européennes je veux le dire avec beaucoup de calme ceux qui pensent cela ne comprennent pas ce qu'est la France la France ce n'est pas une somme d'écriture comptable où chaque territoire serait évalué à l'aume de ce qu'il coûte ou de ce qu'il rapporte la France c'est une histoire la France a une histoire de plus de 150 années en Nouvelle-Calédonie et cette histoire confère à la France des responsabilités ici cette histoire nous devons la regarder de façon apaisée regarder en face la période de la colonisation qui fut une période de négation de l'identité kanak dire cela c'est regarder son histoire et aimer son pays il n'y a pas de pays qui construit l'avenir sans visiter l'histoire qui est la sienne il n'y a que les pays forts qui sont capables de faire cela les pays faibles à identité incertaine n'osent pas regarder leur histoire regarder notre histoire c'est regarder en face les périodes de déportation sur la presqu'île de Nouvelle et celle de Ducos ou encore sur l'île des Pins qui furent organisées par des autorités françaises regarder notre histoire c'est regarder la violence des années 80 mais regarder notre histoire c'est aussi avoir le courage de dire que pendant la colonisation il y a des femmes et des hommes qui ont fait l'effort d'aller vers l'autre et de comprendre la culture des premiers habitants si le système était mauvais à l'intérieur du système il y a toujours eu des femmes et des hommes de bonne volonté et que c'est une injustice de les assimiler à un système qui est lui-même parfaitement condamnable regarder en face c'est regarder la contribution des descendants européens au développement du territoire regarder en face c'est regarder la formidable leçon de dialogue que vous donnez depuis 25 ans et c'est parce que nous avons su regarder toute notre histoire avec ces zones d'ombre et ces lumières que nous en avons fini avec les non-dits avec les sujets tabous et que nous pouvons enfin nous comprendre et au fond je me disais hier soir en rentrant c'est plutôt une bonne nouvelle que parfois la presse nationale se soit étonnée que je n'ai pas annulé mon déplacement ici ça prouve que la nouvelle Calédonie n'est plus un problème que c'est une solution car si vous étiez toujours un problème nul ne se serait étonné que je vienne malgré la crise malgré la Libye et malgré l'actualité internationale au fond je vais repartir en métropole avec le sentiment que les Calédoniens se comprennent mieux entre eux et j'espère avec le sentiment que je vous aurai donné que l'Etat comprend mieux les Calédoniens bien sûr le chemin qui nous reste à parcourir ensemble est immense et je pense notamment à ces jeunes qui ici comme ailleurs ont perdu des repères n'ont pas de formation n'ont même plus la culture de leur père et qui sont un problème pour toutes les communautés bien sûr il nous faut inventer un mode de développement économique qui profite à tous on me l'a dit j'en ai conscience sur un petit territoire les inégalités sont encore plus criantes que sur un grand territoire je le mesure parfaitement bien sûr il faut que les jeunes qui n'ont pas connu la violence partagent l'esprit de consensus et de dialogue qu'ils continuent à s'intéresser à la politique aux affaires du territoire et non pas simplement à la consommation et aux perspectives pour eux bien sûr il nous faut trouver le moyen de faire participer tous les talents de Nouvelle-Calédonie au développement de son territoire bien sûr il va nous falloir affirmer notre identité propre dans le Pacifique et j'appelais il y a quelques instants au rassemblement de Wallis de la Polynésie et de la Nouvelle-Calédonie vous êtes un point commun dans ce Pacifique qui représente un tiers du territoire de la planète et peut-être avec d'autres travailler ensemble au fond ce que nous avons fait en Europe est-ce qu'il n'y aurait pas moyen de le construire ici dans le Pacifique entre vous est-ce qu'il n'y aurait pas à construire là aussi une perspective pour mettre en commun nos universités notre savoir-faire en tout cas dans ce Pacifique se joue un enjeu considérable mesdames et messieurs mes chers amis ensemble nous devons réaliser la belle promesse de l'accord de l'Ouméa je veux dire que dans cette affaire ce n'est pas l'opposition ou la majorité ce n'est pas la gauche ou la droite d'où qu'ils viennent les femmes et les hommes de bonne volonté sont les bienvenus je le dis devant Christian Blanc je le dis devant Dominique Perden Jean-Jacques de Peretti Jean-Marie Bockel qui m'ont accompagné ici je voudrais que vous compreniez qu'ici vous pouvez donner une leçon à tous qu'ici vous pouvez être un exemple pour tous pour tous je vous souhaite d'y réussir sachez que je serai personnellement et institutionnellement à vos côtés et c'est donc du fond du coeur que je veux dire ces trois choses qui sont tellement présentes dans mes convictions vive la république vive la nouvelle Calédonie et vive la France merci merci