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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 24 mai 2023 8 minComplaisantActualité / polémiqueSantéSécurité

Soignants agressés : "C'est inadmissible", juge le président de la Fédération nationale des infirmiers

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    C'est important, ces minutes de silence ?

  • 0:51OuverteRéponse directe

    Il faut agir, prendre des mesures concrètes ?

  • 1:10OuverteRéponse directe

    Et donc, il faut distinguer les deux ?

  • 2:04OuverteRéponse directe

    Pour plus de moyens et pour les autres, ceux qui sont responsables de leurs actes, comme vous dites ?

  • 2:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça fait partie des pistes aussi, selon vous, des pistes intéressantes ?

  • 3:03OuverteRéponse directe

    Mais ça veut dire quoi, les former à la gestion de l'agressivité ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:05InvitéFait
    « Vous avez des personnes qui sont responsables et qui font des actes en responsabilité pénale. »
  • 1:10InvitéFait
    « Et puis, l'autre partie, qui est la partie liée aux irresponsables, en fait, pénaux, que sont les malades psychiatriques. »
  • 1:31InvitéPromesse
    « Il faut des moyens pour gérer ces patients-là en ville. »
  • 1:40InvitéFait
    « aujourd'hui, la psychiatrie en France est le parent pauvre, en tout cas, du système de santé. »
  • 2:11InvitéPromesse
    « Là, effectivement, il faut peut-être augmenter l'arsenal répressif au même titre, en fait, que ce qui se passe aujourd'hui avec les élus, les politiques et les policiers. »
  • 2:24InvitéFait
    « Il est inadmissible aujourd'hui qu'on se fasse agresser, en fait, en réalisant ces missions et des missions de soins en particulier. »
  • 3:06InvitéFait
    « Alors, c'est une piste intéressante. Il faut savoir qu'en psychiatrie, en tout cas, les infirmiers sont formés à cette thématique. »
  • 4:25InvitéFait
    « en tout état de cause, aujourd'hui, faire dans l'ultra sécuritaire, c'est-à-dire mettre des portiques, des gardes armés, en fait, comme on peut voir dans certains pays, dans ces services-là, je ne pense pas que ce soit une partie de la solution. »

Temps de parole

  • Invité72 %
  • Présentateur28 %

7,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Il est 6h20, une minute de silence dans tous les hôpitaux aujourd'hui, à midi, après celle observée hier à l'Assemblée Nationale. Le recueillement après la mort d'une infirmière au CHU de Reims. Elle a été poignardée par un homme qui souffre de troubles psychiatriques et qui a également blessé une secrétaire médicale. Bonjour Daniel Guilherme. Bonjour. Vous êtes le président de la Fédération Nationale des Infirmiers, qui est la première organisation syndicale de cette profession. C'est important, ces minutes de silence ?

0:32
Invité

C'est important, en fait, de communier, entre guillemets, dans ce moment-là, avec l'intégralité de la communauté infirmière. Il y aura des minutes de silence, pas seulement, en fait, dans les hôpitaux, mais également, en fait, en ville. Je pense qu'aujourd'hui, chacun aura en tête, en fait, ce qui s'est passé, ce terrible drame qui s'est passé hier.

0:51
Présentateur

Et maintenant, vous dites quoi ? Il faut agir, prendre des mesures concrètes ?

0:55
Invité

Il faut agir, en fait, et agir à la racine. Je pense qu'aujourd'hui, il faut distinguer deux situations. Il y a la situation, en fait, des incivilités qui dérapent. Vous avez des personnes qui sont responsables et qui font des actes en responsabilité pénale. Et puis, l'autre partie, qui est la partie liée aux irresponsables, en fait, pénaux, que sont les malades psychiatriques.

1:18
Présentateur

Sans doute ce qui s'est passé à Reims-Saventière.

1:19
Invité

C'est ce qui s'est passé à Reims-Saventière, oui.

1:21
Présentateur

Et donc, il faut distinguer les deux ?

1:22
Invité

Je pense qu'il ne faut pas faire d'amalgame, puisque les situations sont différentes. Vous savez, l'hôpital psychiatrique s'est ouvert à la ville il y a maintenant plusieurs années. Il faut des moyens pour gérer ces patients-là en ville. Il y avait autrefois des équipes mobiles de soins psychiatriques qui suivaient ces patients. Aujourd'hui, la psychiatrie en France est le parent pauvre, en tout cas, du système de santé. et n'a plus les moyens de les suivre comme elle les suivait, en fait, auparavant. Donc, vous avez, en fait, dans la nature, des patients inobservants en termes de traitement qui peuvent passer à l'acte à certains moments.

Alors, pas tous les patients, évidemment, mais une partie de ces patients. Et c'est ce qui s'est passé probablement à Reims-Saventière.

2:04
Présentateur

Pour plus de moyens et pour les autres, ceux qui sont responsables de leurs actes, comme vous dites ?

2:08
Invité

Alors, vous avez les responsables pénaux. Là, effectivement, il faut peut-être augmenter l'arsenal répressif au même titre, en fait, que ce qui se passe aujourd'hui avec les élus, les politiques et les policiers. Il est inadmissible aujourd'hui qu'on se fasse agresser, en fait, en réalisant ces missions et des missions de soins en particulier.

2:32
Présentateur

Dans le journal de 6h, on a diffusé une courte interview, un petit son de la ministre qui est chargée des professions de santé, Agnès Firmin-Lebaudot, qui dit qu'il faudrait former les soignants à la gestion de l'agressivité. Est-ce que ça fait partie des pistes aussi, selon vous, des pistes intéressantes ?

2:49
Invité

Alors, c'est une piste intéressante. Il faut savoir qu'en psychiatrie, en tout cas, les infirmiers sont formés à cette thématique. Dans les services, en fait, en métier socle, peut-être un peu moins. C'est une partie de la solution, mais ça ne va pas résoudre tous les problèmes.

3:03
Présentateur

Mais ça veut dire quoi, les former à la gestion de l'agressivité ?

3:06
Invité

En fait, il faut savoir faire redescendre ces patients-là, en fait, quand ils montent en pression. Il y a des techniques pour cela, et techniques qui sont enseignées, en termes de coaching. Maintenant, ça ne va pas tout résoudre. Ça ne va pas tout résoudre.

3:21
Présentateur

Il y a un problème aussi, peut-être, de l'accessibilité des hôpitaux et des urgences en particulier. J'entendais une infirmière hier qui disait que, dans son hôpital, n'importe qui, peut rentrer n'importe quand. C'est ça, un hôpital, en rentrant comme dans un moulin ?

3:33
Invité

L'hôpital, aujourd'hui, effectivement, peut être assimilé à une forme de cours des miracles, parfois, où vous avez, en fait, toute la misère humaine qui s'y déverse. Donc, il y a des traitements à appliquer en amont, c'est-à-dire, comment gérer les files actives au niveau de ces services, qui sont particulièrement exposés.

3:54
Présentateur

Là, on parle des urgences.

3:55
Invité

On parle des urgences, bien sûr. Ils sont en première ligne. L'accessibilité, c'est la mission première, en fait. C'est l'ouverture au niveau de ces services.

4:09
Présentateur

Mais c'est ça qui est compliqué. C'est qu'à la fois, il faut sécuriser les hôpitaux, évidemment, mais il faut les laisser accessibles aux malades.

4:14
Invité

Il faut quand même les laisser accessibles aux malades. Alors, est-ce qu'il faut, en fait, des opérateurs en amont de l'entrée dans les services ? Ça peut être une solution. Mais en tout état de cause, aujourd'hui, faire dans l'ultra sécuritaire, c'est-à-dire mettre des portiques, des gardes armés, en fait, comme on peut voir dans certains pays, dans ces services-là, je ne pense pas que ce soit une partie de la solution.

4:36
Présentateur

Il n'y a pas de vigile, aujourd'hui, dans les hôpitaux ?

4:39
Invité

Pas partout, en fait. Pas partout. Pas partout. Alors, il y a, bien sûr, des services de sécurité dans ces établissements, mais pas dans le sens où on l'entend, en tout cas dans certains pays anglo-saxons.

4:48
Présentateur

Alors là, on parlait des urgences, mais pour reprendre ce qui s'est passé avant-hier au CHU de Reims, l'agression, elle a eu lieu dans les vestiaires. Comment quelqu'un d'extérieur peut accéder à un tel endroit ?

4:59
Invité

Vous n'avez pas de sas, en fait, de sécurité. À partir du moment où vous êtes rentré dans l'hôpital, les ascenseurs sont en accès libre, en fait, pour le public. Vous avez les familles de patients qui vont visiter leurs malades en établissement. Donc, vous n'avez pas de sécurité à ce niveau-là. Donc, à partir du moment où vous avez franchi le sas des urgences et que vous êtes rentré, en fait, dans l'établissement, vous pouvez accéder, en fait, à tous les services.

5:23
Présentateur

Le ministre de la Santé, François Braun, veut réunir dès demain les syndicats de soignants pour voir, dit-il, s'il y a des mesures, des solutions rapides à prendre tout de suite avant, éventuellement, d'autres mesures de plus long terme, parce que le gouvernement consulte, il cherche des solutions en ce moment, mais ça, ce sera pour plus tard. Mais là, pour les solutions rapides, qu'est-ce qu'il pourrait prendre ? Qu'est-ce qu'il faudrait prendre là tout de suite, selon vous ?

5:43
Invité

Très difficile. Alors, on voit, effectivement, aujourd'hui, les autorités sanitaires au travail pour déployer des mesures rapides. Des mesures rapides qui amèneraient, en fait, des résultats rapides, j'en connais pas. J'en connais pas parce qu'il faut, effectivement, revenir, en fait, à la racine du mal. Je vous disais en propos liminaire qu'on avait un distinguo à opérer entre les patients psychiatriques et la population, en fait, qui éventuellement est amenée à déraper en agression verbale ou physique.

Je pense que pour les psychiatriques, il faut, effectivement, mettre les moyens pour faire en sorte que les patients en ville soient observants, c'est-à-dire prennent leur traitement et soient suivis. Et puis, pour ce qui concerne les patients, en fait, en droit commun, la solution, en fait, elle est peut-être par l'éducation, la sensibilisation et la répression si, effectivement, il y a des nerfs.

6:42
Présentateur

Mais pourquoi cette violence ? Pourquoi s'en prendre à des soignants ? Pourquoi ils sont devenus des cibles ?

6:47
Invité

Le système de santé n'échappe pas à un courant, en fait, sociétal. Aujourd'hui, vous avez, en fait, un courant dans la société qui ne supporte pas la frustration. On voit qu'il s'applique au domaine de la santé, en fait, ce qui s'applique à l'intégralité des domaines, une forme de consumérisme. Il y a du consumérisme médical. Et quand, en fait, les patients, en fait, n'ont pas ce qu'ils veulent, ce qu'ils veulent, pardon, ces patients sont frustrés et peuvent être amenés à déraper.

7:16
Présentateur

Une dernière question, Daniel Guillem, parce qu'on n'a pas évoqué le problème. On a beaucoup parlé des hôpitaux, des urgences. C'est pareil pour les infirmiers libéraux ?

7:23
Invité

C'est pareil et c'est peut-être même exacerbé puisque vous avez, en fait, des patients, des professionnels qui sont isolés. Dans un établissement, en fait, vous avez un service, vous avez, en fait, des collègues de travail dans un service. Vous avez une longueur de couloir qui n'est pas du tout la même que la longueur du couloir en ville. Et là, vous avez des infirmières libérales qui se déplacent dans les cités, qui se déplacent en secteur rural, en ville, de manière tout à fait isolée. Et on a régulièrement, très régulièrement, des violences, en fait, non déclarées opérées en ville.

7:55
Présentateur

Merci, Daniel Guillaume, président de la Fédération nationale des infirmiers. Vous étiez l'invité du 5-7.