Marine Le Pen demande une nouvelle dissolution - Laurent Jacobelli (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 60 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
Vous êtes prioritairement ici parce que c'était la rentrée du RN ce week-end et on voulait en reparler avec vous.
- 0:12OuverteRéponse directe
Comment vous réagissez à la démission de Thierry Breton ?
- 0:21FerméeRéponse directe
Vous en félicitez ?
- 1:28OuverteRéponse directe
Craignez-vous qu'un tel niveau de violence en politique ne gagne notre pays ?
- 2:18RelanceRéponse directe
Vous dites que certains représentants de la France Insoumise légitimeraient ce type de violence ?
- 3:04OuverteRéponse directe
Vous êtes conscient que certains de vos partisans peuvent aussi être très violents sur les réseaux sociaux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Invité politiqueFait
« Ces gens ne sont pas élus, ils se détestent entre eux, ils se virent à la moins contre la réalité. Ça rappelle plus l'Union soviétique finalement qu'une démocratie aboutie. »
- 1:33Invité politiqueFait
« Oui, je le crains. Parce qu'on voit qu'aujourd'hui, lorsque quelqu'un n'est pas d'accord avec vous, l'insulte est facile et je pense à mes collègues de la France Insoumise. »
- 2:27Invité politiqueFait
« Il y a eu sur les réseaux sociaux une vidéo, dans ma circonscription, d'un militant de la France Insoumise qui appelait à me tuer. Oui, oui, la police a débarqué chez lui en plein matin. »
- 2:40Invité politiqueFait
« Donc, oui, ça existe. Et oui, il faut être vigilant partout et tout le temps. »
- 3:35Invité politiqueFait
« Ils ont une politique qui est, si tu ne penses pas comme nous, tous les moyens sont bons. Et d'ailleurs, ils raisonnent même comme ça sur la République, puisqu'ils disent, si nous ne gagnons pas par les urnes, nous gagnerons par la rue. »
- 4:37Invité politiqueFait
« Oui, un collègue député qui a bousculé le maire de ma commune et qui a traité nos électeurs de racistes. »
- 5:25Invité politiqueFait
« nous avons, lors de ces journées parlementaires, notamment le samedi, travaillé à nouveau sur le programme et qu'un livret a été publié sur notre programme économique, que vous pouvez aller lire, mais ça a été effectivement une partie de nos travaux. »
- 6:09Invité politiqueFait
« c'est de préparer l'alternance face au parti unique, d'être la force d'alternance, ce qui nous oblige à être toujours meilleurs. »
- 7:23Invité politiqueFait
« Nous, notre rôle, c'est d'être prêts pour les Français et d'être honnêtes. Aujourd'hui, le Parlement, demain le gouvernement et le président de la République sont trois données qui mènent à une équation quasiment impossible. »
- 7:42Invité politiqueFait
« Sur l'immigration, sur la refonte fiscale, sur notre système social, sur la sécurité, il y a des mesures à prendre. »
- 8:41Invité politiqueFait
« Vous savez, c'est notre colonne vertébrale, essayer de faire en sorte que notre pays se porte chaque jour un peu mieux, que les Français soient toujours mieux protégés et d'assurer l'avenir à une nation. »
- 11:12Invité politiqueChiffre
« Un parti politique qui, en 26 mois, passe de 6 députés à 126, vous parlez d'échec ? »
- 12:04Invité politiqueChiffre
« Il a permis que nous atteignions le chiffre de 100 000 adhérents. »
- 13:40InvitéChiffre
« même avec la réforme Macron, on aura un besoin de financement très rapidement, d'ici 2030, de 14 milliards par an. »
- 14:12Invité politiqueChiffre
« Je rappelle que nous avons plus de 5 millions de chômeurs qui ne cotisent pas. »
- 17:04Invité politiqueFait
« En tout cas, c'est un exemple. On peut être de gauche et avoir du bon sens. »
- 17:17Invité politiqueFait
« Le double contrôle des frontières, c'est-à-dire le contrôle par frontex des frontières extérieures de l'ensemble de l'Europe et les contrôles nationaux, ça permettra d'endiguer l'immigration clandestine, les trafics. »
- 19:04Invité politiqueFait
« Non, ça c'est faux. C'est aussi une très mauvaise lecture de la constitution. »
Temps de parole
- Laurent Jacobelli66 %
- Présentateur25 %
- Invité5 %
- Invité 23 %
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Le temps de l'info se poursuit avec Laurent Jacobelli. Bonjour et merci beaucoup d'être avec nous, député de Moselle, porte-parole du Rassemblement National. Vous êtes prioritairement ici parce que c'était la rentrée du RN ce week-end et on voulait en reparler avec vous. Mais il y a quelques petites choses qui sont tombées dans l'actualité à Laurent Jacobelli, notamment, dernière minute, Thierry Breton a démissionné de son poste à la Commission. Comment vous réagissez ? Alors peut-être même que vous en félicitez, sachant que vos désaccords ont été très très nombreux. On peut prendre juste l'exemple du Covid.
Oui, c'est une bonne nouvelle, une confirmation, une inquiétude, une bonne nouvelle parce que Thierry Breton a pris, vous venez d'en évoquer, un certain nombre de décisions qui ont fait beaucoup de mal aux Français lorsqu'il était commissaire européen. C'était un européiste convaincu qui, lorsqu'il parlerait souveraineté, pensait souveraineté européenne et pas souveraineté française, il faisait partie de ceux pour qui le dogme était la France c'est has been, l'Europe c'est le futur. Bref, il n'avait rien compris. C'est inquiétant parce que ça montre la manière de diriger de Mme von der Leyen. Tu n'es pas d'accord avec moi, tu sors.
Ces gens ne sont pas élus, ils se détestent entre eux, ils se virent à la moins contre la réalité. Ça rappelle plus l'Union soviétique finalement qu'une démocratie aboutie. Et puis c'est un risque parce qu'à la fin, espérons qu'ils ne quittent pas l'Union européenne pour reprendre des fonctions ministérielles en France. Il vaut mieux la voir très loin de Paris, très loin, très très très très loin de Paris vu les actions qu'il a menées dans le passé. Croyez-moi, on n'en veut pas au gouvernement.
Parlons maintenant de ce qui s'est passé également hier, cette nouvelle tentative d'assassinat contre Donald Trump. Craignez-vous qu'un tel niveau de violence en politique ne gagne notre pays ?
Oui, je le crains. Parce qu'on voit qu'aujourd'hui, lorsque quelqu'un n'est pas d'accord avec vous, l'insulte est facile et je pense à mes collègues de la France Insoumise. La caricature aussi, à vouloir faire croire que parce qu'on n'est pas de gauche, on est quelqu'un de dangereux, on est un facho, c'est l'image que traîne Donald Trump. On envoie vers les esprits les plus faibles un signal qui légitimerait finalement la violence. Et on voit aujourd'hui certains députés de la nation qui parlent de la présidente de l'Assemblée nationale, Mme Yaël Broun-Pivet, de nos compatriotes d'origine ou de certaines religions, qui en parlent en les désignant comme des ennemis.
Alors, ils ont l'art des mots, ils savent très bien ce qu'ils veulent dire, mais derrière, ils agitent les haines.
Vous dites que certains représentants de la France Insoumise légitimeraient ce type de violence en comparant celle qui vient d'avoir lieu aux Etats-Unis, tentative d'assassinat contre le candidat Donald Trump.
Il y a eu sur les réseaux sociaux une vidéo, dans ma circonscription, d'un militant de la France Insoumise qui appelait à me tuer. Oui, oui, la police a débarqué chez lui en plein matin. Donc, quelques mois après, il posait avec la candidate la France Insoumise, dans ma circonscription. Donc, oui, ça existe. Et oui, il faut être vigilant partout et tout le temps. On peut ne pas être d'accord, avoir des débats vifs à l'Assemblée nationale, où il y a les plateaux de télévision, ça s'appelle la démocratie. Mais mettre une cible dans le dos des adversaires politiques, c'est très grave. D'abord, ça pollue évidemment le débat, mais surtout, il y a des risques derrière.
On n'en est pas à ce niveau de violence, même si on voit que de plus en plus d'élus, aujourd'hui, sont menacés, voire parfois agressés.
Juste, Amélie, vous êtes conscient que certains de vos partisans peuvent aussi être très violents sur les réseaux sociaux, notamment en ce qui concerne les journalistes. On n'est pas à l'abri d'attaques. Vous parlez uniquement de la France Insoumise. Non, non, alors... Je pense que cet état d'esprit assez déplorable, il est surtout...
Il est général. Et c'est là où je vous dis ce qui est inquiétant, c'est que ça diffuse. Vous parlez de gens qui votent ou qui militent. Effectivement, on ne peut pas contrôler 68 millions de Français. En revanche, les élus peuvent contrôler leur parole. Or, aujourd'hui, ce qui incite, ce qui excite, ce qui vise, ce qui cible, clairement, c'est la gauche de la gauche, aujourd'hui, en France. Ils ont une politique qui est, si tu ne penses pas comme nous, tous les moyens sont bons. Et d'ailleurs, ils raisonnent même comme ça sur la République, puisqu'ils disent, si nous ne gagnons pas par les urnes, nous gagnerons par la rue.
C'est un discours extrêmement dangereux qui rappelle des événements historiques que nous avons connus et qui font peur.
Et vous-même, vous avez eu des propos extrêmement étranges et violents à l'égard d'un collègue député de Renaissance, dans votre circonscription. Vous avez dit, comment ça va la racaille du Hamas ? Alors, d'abord, vous trahissez mes propos. C'était des propos filmés par la Nouvelle République, non ?
Non, le Républicain, alors, je ne perds pas une occasion. Non, je vais simplement vous répondre. Ne fais pas ta racaille. Voilà les termes. Ne fais pas ta racaille.
C'est des bons termes pour parler à un collègue député ?
Excusez-moi, mais ça vous choque plus que quand M. Delogu traite les autres d'ordures ou de racailles ? On ne voit pas la faute sur les autres. Vous-même, vous utilisez du coup assez... Il y aura un jugement. Très clairement, le Mourakaï n'est pas reconnu comme une insulte dans le langage français, que je crois maîtrisé.
C'est-à-dire qu'un collègue député, je rappelle, quand même.
Oui, un collègue député qui a bousculé le maire de ma commune et qui a traité nos électeurs de racistes. Après deux heures d'insultes, je me suis permis de le recadrer.
En tout cas, on voit que l'apaisement n'est pas non plus le mot-clé, aujourd'hui, dans le paysage politique français. Au sein de votre parti, vous faites le ménage pour essayer d'éviter certaines erreurs à l'avenir et peut-être d'échecs futurs. Vous avez un nouvel organigramme pour affronter les municipales et les législatives. Mais à aucun moment, il n'est question du programme. Vous faites le ménage sur la forme, mais sur le fond, il y avait quand même quelques problématiques sur le chiffrage de votre programme, sur les questions économiques. Avec ça, vous n'y revenez pas ?
Alors, je crois que vos informations sont partielles, puisque nous avons, lors de ces journées parlementaires, notamment le samedi, travaillé à nouveau sur le programme et qu'un livret a été publié sur notre programme économique, que vous pouvez aller lire, mais ça a été effectivement une partie de nos travaux. Une autre partie de nos travaux a été comment on s'améliore. On n'est pas parfait, personne n'est parfait, mais nous, nous avons l'habitude, quand il y a eu des erreurs ou quand il y a eu des choses qui n'ont pas fonctionné comme nous voulions, d'en tirer les conclusions et de mettre de nouveaux systèmes en place.
C'est ce que nous avons fait, sous l'égide de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, hier, lors de nos journées parlementaires. Vous avez raison, une structure beaucoup plus fiable, un peu décentralisée, pour permettre d'abord de détecter les talents et puis de faire en sorte que ceux qui ne doivent pas être investis par nous ne le soient pas, parce que leurs propos ou leurs comportements ne correspondent pas à nos valeurs. Vous savez, on a une mission très claire, qui semble maintenant nous être donnée par les Français, c'est de préparer l'alternance face au parti unique, d'être la force d'alternance, ce qui nous oblige à être toujours meilleurs.
Et puis, j'allais dire, l'œil critique des journalistes, et on vient de le vivre à l'instant avec la question qui m'a été posée, de toujours aller chercher le détail qui fâche et de le présenter sous une manière parfois un peu biaisée, finalement vous nous rendez service plutôt que de nous affaiblir. Vous nous rendez service parce qu'on doit toujours être irréprochable. On sait que nous, la moindre erreur, on ne nous la pardonnera pas, alors que pour les autres, on le fera. Et bien moi je dis à tous ces journalistes militants, merci, merci parce que ça nous force à être meilleurs, à être plus professionnels et à être plus responsables devant les Français.
Alors, journaliste tout court, je pense que c'est suffisant, mais sur cette question de l'organigramme, vous le préparez parce que vous avez un objectif très concret, c'est la dissolution, vous la souhaitez, retour aux urnes avant la fin du mandat, moins d'un an d'ailleurs. Mais qu'est-ce qui vous fait penser qu'il y en aura une ? À l'Élysée, on ne veut pas laisser monter cette petite musique d'une future dissolution. Emmanuel Macron fait savoir encore et encore qu'il n'a pas l'intention de dissoudre à nouveau d'ici la fin de son mandat. Donc à quoi bon ? Vous entretenez une musique, mais quelle réalité ?
D'abord, je vous le rappelle, mais vous le savez, l'observatrice avisée, que la dernière fois qu'Emmanuel Macron avait dit qu'il n'y aura pas de dissolution, il y en a eu une quelques semaines après. Nous, notre rôle, c'est d'être prêts pour les Français et d'être honnêtes. Aujourd'hui, le Parlement, demain le gouvernement et le président de la République sont trois données qui mènent à une équation quasiment impossible. Comment pourra-t-on prendre des réformes importantes, cruciales, vitales pour notre pays, avec une assemblée aussi divisée ? Sur l'immigration, sur la refonte fiscale, sur notre système social, sur la sécurité, il y a des mesures à prendre.
Sauf que vous verrez qu'il sera difficile d'avoir des majorités. Donc on risque d'avoir un gouvernement qui finalement ne fait rien pour ne froisser personne et simplement pour durer. Et puis plus loin, comment croyez-vous que cette alliance improbable entre ceux qui ont tout raté de gauche, ceux qui ont tout raté de droite, puisse demain réussir ? Avec, derrière, le vieux fond d'une alliance qui a eu lieu et ils se sont fait élire par l'extrême-gauche. C'est un groupe de guerre politique qui ne peut pas durer.
Pourquoi, vu vous qui êtes donc du coup au Rassemblement National, s'y attaché au fait qu'il y a une représentativité du vote des Français à Matignon et à l'Assemblée Nationale ? Pourquoi avoir plutôt laissé passer l'homme de droite des Républicains qui a fait 6,5% aux législatives et pas la gauche qui avait quand même un score un peu plus important ? Est-ce que vous avez l'impression de vous être rapproché du vote des Français en faisant ça ?
D'abord, je crois qu'on peut se féliciter d'avoir évité le pire à la France. Vous savez, c'est notre colonne vertébrale, essayer de faire en sorte que notre pays se porte chaque jour un peu mieux, que les Français soient toujours mieux protégés et d'assurer l'avenir à une nation. L'avenir de notre nation avec des députés de la France insoumise, dont on a parlé tout à l'heure et dont on connaît les excès, avec des députés verts qui participent à des manifestations où on lance des boules de pétanque sur les policiers, tout cela n'était pas possible. Avoir cette extrême gauche au pouvoir, c'était signer l'arène mort de notre pays et ça, nous ne pouvions pas le laisser passer.
Première mission, rempli la gauche dehors. Deuxième mission, respecter les 11 millions d'électeurs qui ont voté pour le Rassemblement National. Certains candidats à la candidature pour être Premier ministre ont passé leur vie, ont fait leur carrière politique sur la haine du Rassemblement National.
Mais pour répondre, en quoi il est plus légitime d'avoir quelqu'un à Matignon qui représente un parti qui a fait 6,5% de l'élective ?
Mais vous avez raison, c'est une anomalie. Nous, nous pensons que ce n'est pas normal.
Alors pourquoi, dites-vous, celui-là, en revanche, on ne va peut-être pas voter une motion de censure, on laisse voir, on peut passer ?
Nous, ce que nous disons, c'est qu'il faut une Assemblée qui représente le peuple. Cette Assemblée, aujourd'hui, ce n'est pas celle-là. Donc nous demandons une dissolution le plus vite possible, que cette dissolution amène à un scrutin à la proportionnelle, pour que l'Assemblée soit le reflet exact des diverses opinions qui traversent la France. Et puis, ensuite, qu'il y ait des règles qui ne soient pas enfreintes. Premièrement, respecter nos électeurs, il faut le reconnaître, M. Barnier l'a toujours fait. Deuxièmement, que sur les trois sujets majeurs que nous portons, le pouvoir d'achat, la sécurité et l'immigration, nous allions dans le bon sens.
Si ce n'est pas le cas, nous serons une opposition ferme et résolue, et nous voterons une censure contre le gouvernement Barnier.
Et aussi, cette éventuelle dissolution, Jordan Bardella, on le comprend, sera en campagne permanente, avec même des meetings. Est-ce qu'il est toujours l'homme de la situation, Jordan Bardella ? Parce que, pour accompagner ce week-end de rentrée, il y a eu quand même pas mal d'articles, avec des journalistes informés, qui ont montré à quel point il était marqué par l'échec des législatives. Et on lisait encore dans le Figaro cette phrase, un proche de Marine Le Pen qui est cité, « Il faut qu'il raconte une autre histoire très vite, sinon ça va commencer à être dommageable pour lui ». Je rajoute un étage, pardon, à cette fusée, à cette question.
Il est également mis en cause dans le livre « Enquête d'un journaliste de libération », selon lequel le président du RN aurait contribué à la rédaction de faux documents censés aider à échapper à des poursuites dans le cadre du procès des eurodéputés FN qui va s'ouvrir le 30 septembre. Je précise, il le nie, Jordan Bardella, et il a fait savoir qu'il entendait porter plainte pour diffamation. Mais, sur ces deux points, l'échec des législatives et ce procès et ses accusations, est-il toujours l'homme de la situation ?
Et donc, vous avez une vision du monde un peu biaisée quand même. Moi, je n'ai pas la même lecture des événements que vous. Un parti politique qui, en 26 mois, passe de 6 députés à 126, vous parlez d'échec ? Non, non, non, non. Par contre, je ne vais pas répondre.
Non, non, non, non, j'ai été très précise. Je dis qu'il y avait beaucoup d'articles qui relataient des propos de membres de votre parti, et je vous en ai cité un, qui disait que Jordan Bardella devait se remettre en question.
D'accord. Ce membre de notre parti qui, apparemment, n'a pas donné son nom, moi, je donne mon nom et je vais vous dire ce que je pense. Passer de 6 députés à 126, moi, je dis merci Jordan Bardella, merci Marine Le Pen. Le président de notre mouvement a su, quoi qu'on en dise, trouver des candidats de très haut niveau dans la plupart des circonscriptions. Ça, je sais bien qu'on n'a pas mis la loupe sur eux, mais il y a tout un tas de profils, tout un tas de personnes avec des compétences techniques et la connaissance de l'appareil de l'État qui nous seront très utiles demain si nous gouvernons le pays. Merci Jordan Bardella. Il a permis que nous atteignions le chiffre de 100 000 adhérents.
Vraiment 100 000 adhérents, pas le chiffre que sortent les partis politiques habituels qui sont en général gonflés. 100 000, c'est vérifiable. Merci Jordan Bardella. Donc, vous savez, je crois qu'avec ce duo que nous avons, Marine Le Pen, Jordan Bardella, on a une richesse que d'autres partis n'ont pas. Nous avons deux figures charismatiques, là, où d'autres partis n'en ont aucune. Je préfère être là qu'au PS avec Olivier Faure. Donc, vous savez, on peut toujours redire, mais je crois qu'il faut voir la marche que nous avons franchie, elle est énorme sur l'affaire que vous évoquez et le livre que vous évoquez.
La justice s'est intéressée au cas de Jordan Bardella à l'époque des attachés parlementaires. Elle a regardé ce qui s'était passé. Elle a conclu qu'il n'était pas nécessaire et utile de le mettre en examen. Il y a probablement une raison, c'est qu'il n'y avait rien dans le dossier. Alors que certains journalistes veuillent vendre du papier, pourquoi pas ? Mais vous savez, la justice est, je crois, probablement plus à même de juger le dossier que ce journaliste et elle a décidé qu'il n'y avait pas de problème.
Et le procès s'ouvre donc le 30 septembre prochain. Sur le fond, effectivement, il en a été question du côté du Rassemblement national ce week-end. Vous comptez proposer le retour de l'âge légal de départ à la retraite, 62 ans avec 42 annuités de cotisation et donc ainsi abroger les réformes Born et Touraine. Claire Fournier, une question pour vous.
Oui, vous avez peut-être entendu qu'on parlait de Georgia Meloni tout à l'heure, qui a fait un revirement à 180 degrés, malgré ses promesses de campagne, et qu'aujourd'hui, devant la situation de ses comptes publics, propose que les fonctionnaires travaillent jusqu'à 70 ans, quand les salariés du privé travaillent jusqu'à 67. Alors vous aussi, vous avez amendé votre copie. Amélie en a donné les détails. Et l'instant, j'imagine que 42 annuités, 62 ans, c'est aussi pour tenir compte du dérapage de nos finances publiques, puisque vous affichez une forme de responsabilité là-dessus.
Maintenant, moi aussi, je regarde les chiffres et je vois que même avec la réforme Macron, on aura un besoin de financement très rapidement, d'ici 2030, de 14 milliards par an. Comment vous faites pour maintenir la pérennité de notre régime de retraite ?
Alors la réponse, elle est dans votre question, si je peux me permettre. C'est-à-dire qu'on prend le problème par le mauvais bout. Pourquoi aujourd'hui, il y a peut-être, parce que tous les avis ne sont pas convergents, un problème pour financer la retraite demain ? Il y a deux choses. Il y a d'abord la natalité en France, qui est une vraie question, et l'essor industriel de notre pays. Je rappelle que nous avons plus de 5 millions de chômeurs qui ne cotisent pas. On a aujourd'hui un retraité sur deux, un Français sur deux qui arrive à l'âge de la retraite, qui est soit en arrêt maladie, soit au RSA, soit, bref, sous d'autres allocations que la retraite.
Qu'est-ce qui va se passer demain si on pousse de deux ans ? Eh bien, évidemment, on va économiser deux ans sur les caisses de retraite, c'est vrai, mais on va perdre deux ans sur les caisses du RSA, du chômage ou de la sécurité sociale. Donc, notre pays, aujourd'hui, n'a aucun intérêt à prendre ces mesures, qui sont finalement un discours assez facile de dire, bon, les Français ne travaillent pas assez, le problème, c'est eux, nous, on a toujours tout bien fait quand on était au gouvernement. C'est vrai que c'est une facilité dialectique, mais ça ne correspond pas à la réalité.
La réforme Macron, elle ne réglera pas le problème de la dette et de la charge sociale, elle ne réglera pas le problème du chômage, et elle rendra les gens deux ans de plus. C'est rapidement, ce qui n'a pas d'intérêt.
Ce problème d'économie en face, c'est que vous ne pourrez pas faire passer cette abrogation de la réforme des retraites, parce que selon l'article 40 de la Constitution, il ne faut pas que ça augmente la charge publique. Vous le savez, ça.
Mais nous verrons bien, nous verrons bien. D'abord, moi, ce qui m'intéresse, c'est qu'à la fin du mois, nous allons faire effectivement une présentation de cette abrogation, de ce qu'on appelle la niche parlementaire du RN, c'est-à-dire le jour où l'on choisit les thèmes.
Oui, d'ailleurs, Éric Coquerel parle d'un leur de la part du RN, parce que vous n'avez aucune assurance qu'elle soit ensuite discutée au Sénat.
Ah ben, personne n'a une assurance de rien, non ? Oui, d'accord. Mais alors, à ce moment-là, on rentre chez nous, on fait du macramé, on regarde la télévision. Nous, on est là pour agir.
Il faut passer par la loi de financement de la sécurité sociale. Le véhicule initial des 64 ans, c'est le PLFSS, projet de loi de financement de la sécurité sociale. Pourquoi ne pas vous associer dans ce cas-là ? Si vous êtes opposant, comme les filles, à la réforme des retraites Macron, passer par le PLFSS qui arrive. Mais vous nous utilisez...
Je dois dire à tout le monde qu'on a peu de temps désormais.
On va utiliser toutes les armes, si ça peut vous rassurer, qui sont en notre possession. Moi, je suis surpris, parce que M. Coquerel voulait faire exactement la même chose que nous. Et maintenant, finalement, ce serait plus bon. Bon, comme quoi, on ne peut pas faire confiance aux insoumis. Mais il y aura un moment de vérité à la fin du mois d'octobre. Voilà. Soit la gauche est une gauche de façade, une gauche qui quémande pour avoir des postes et qui est prête à s'associer avec tout le monde et n'importe qui au détriment de ses électeurs, une gauche clientéliste, soit c'est une gauche du cœur. Et elle votera notre proposition de loi. Au moins, au moins, cet éclaircissement aura lieu.
Et puis nous, nous souhaitons qu'effectivement, ce projet passe, parce que cette réforme proposée par Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs, elle est injuste et c'est plus inutile. On revient qu'il y a deux stratégies.
C'est effectivement prendre deux vitesses et essayer de les mettre face à leurs contradictions. Il faut qu'on parle d'immigration, parce que l'Allemagne, elle a rétabli des contrôles aux frontières, à toutes ces frontières. Depuis ce matin, 3 000 kilomètres de frontières allemandes qui se sont vus faire l'objet de contrôles aléatoires. Ça intervient après un attentat au mois d'août en Allemagne, parce qu'il y a une poussée de l'AFD, partie d'extrême droite également, dans le pays. Comme on a peu de temps, je vais être direct, mais vous connaissez un peu le style de la maison. Oui. Ça fait vos affaires ?
En tout cas, c'est un exemple. On peut être de gauche et avoir du bon sens. L'Allemagne est un pays aujourd'hui gouverné à gauche. Le Danemark est un pays gouverné à gauche. D'autres pays, la Hongrie, la Pologne, la Suède, l'Autriche, ont pris des mesures contre l'immigration. Le double contrôle des frontières, c'est-à-dire le contrôle par frontex des frontières extérieures de l'ensemble de l'Europe et les contrôles nationaux, ça permettra d'endiguer l'immigration clandestine, les trafics, et puis ça permettra aussi de sauver des vies, notamment la vie de ceux qui veulent traverser les océans et les mers pour tenter leur chance au péril de leur vie.
Vous voulez l'explosion de Schengen ?
Non, nous voulons que Schengen retrouve une efficacité. C'est-à-dire que Schengen permette aux citoyens européens de circuler librement partout en Europe, mais aux citoyens qui ne sont pas de l'espace Schengen et qui rentrent dans un pays, d'être contrôlés quand ils changent de pays. Ça s'appelle contrôler ses frontières. Ça nous permettra de protéger la sécurité de nos concitoyens, sans nuire non plus à ceux qui vont travailler à l'étranger. Vous savez, moi je suis élu à la frontière du Luxembourg. Beaucoup de mes électeurs et de ceux qui habitent ma circonscription vont travailler au Luxembourg.
Ce seront donc des contrôles volants qu'il faut mettre en place, et évidemment pas de barrières, des murs, comme la caricature le laisse entendre parfois.
Ça se fait déjà d'ailleurs entre la France et l'Italie. Il y a beaucoup de contrôles volants à la recherche des migrants qui sont arrivés par la Méditerranée. Il faut l'accélérer, le systématiser. Ça se fait sans tapage, ça se fait de manière chaotique. C'est le travail policier de tous les jours.
Non, pas de tous les jours. Malheureusement, vous savez, j'ai la chance d'avoir de la famille, que je salue d'ailleurs à Menton, et je vais parfois les voir. Et je me rends à chaque fois, avec beaucoup de curiosité, à deux postes frontières pour regarder ce qui s'y passe. Souvent, il ne s'y passe rien.
Qu'est-ce que vous attendez de Michel Barnier en matière d'immigration ? Une mesure, la première mesure pour vous en matière d'immigration, que vous demandez, même visiblement, vous estimez que vous devez peser et que vous pesez sur ce gouvernement ?
Référendum. Nous avons un référendum sur l'immigration avec beaucoup de...
Vous négociez ça ? C'est en discussion ? Vous l'avez mis comme une condition sur la table en disant... Ce n'est pas une condition, ce n'est pas une négociation. Est-ce que vous dites s'il n'y a pas de référendum ?
Je réponds à votre question.
Oui. Est-ce que vous dites s'il n'y a pas de référendum, il y a censure ?
Non, je ne vous dis pas ça, puisque une fois encore, nous ne sommes pas au gouvernement. Mais il faut changer de constitution pour un référendum ? Non, ça c'est faux. C'est aussi une très mauvaise lecture de la constitution. Sinon, nous n'aurions pas de président de la République aujourd'hui, parce que c'est sur la base de ces référendums que le général de Gaulle, qui est pour moi une référence, vous me le permettrez, notamment en matière de 5e République, a fait élire le président au suffrage universel. Mais nous n'avons pas de deal, de pacte caché avec le Premier ministre Barnier. Nous avons simplement édicté des lignes rouges.
Nous ne lui demandons pas d'appliquer en intégralité notre programme, puisque nous ne sommes pas au gouvernement. Nous n'avons pas eu la majorité absolue. Nous l'aurons, je l'espère, demain. Ce que nous faisons, c'est que nous contrôlons son action pour qu'il n'aille pas contre la volonté des Français.
Oui, je presse le pas. Ce n'est pas de l'impolitesse de ma part, mais le temps file. On a vraiment beaucoup de dossiers à voir ensemble. Et surtout, on vient d'apprendre qu'Emmanuel Macron, de source Élysée, proposait Stéphane séjourner pour prendre la place de Thierry Breton pour commissaire européen.
Ce n'est même plus de l'entre-soi, là. On est au-delà de ça. C'est la République des copains. Je ne vois pas comment un mauvais ministre des Affaires étrangères...
En quoi il a été un mauvais ministre des Affaires étrangères ?
Des déclarations hésitantes, variables, dans une situation où on aurait besoin de quelqu'un de fort qui place la France au cœur des négociations pour amener la paix dans le monde. Il n'a pas joué ce rôle. Alors peut-être n'a-t-il pas eu le temps. Soyons aussi magnanimes. C'est compliqué de faire ses preuves en quelques mois. Oui, ça ne m'étonne pas. La Macronie promeut la Macronie. C'est-à-dire qu'on ne veut plus de vous. Alors on se recycle. Et d'ailleurs, on va voir un grand mouvement de recyclage des copains dans tout un tas d'administrations, avec des salaires à 5 chiffres de tout l'entourage d'Emmanuel Macron. Le navire coule, alors il donne les bouées de sauvetage à ses plus proches.
Bon, c'est critiquable, c'est malheureusement classique. Merci beaucoup à tous.
Merci Laurent Jacobéli. Merci à vous.
Laurent Jacobelli