Canicule: l'interview de Christophe Béchu en intégralité
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pour parler de cette canicule exceptionnelle à ce moment de l'année aussi tard dans l'été Christophe BECHU ministre sa transition écologique nous a rejoint sur ce plateau bonsoir pour l'interroger également Amandine Atalaya ça nous a rejoint du realise politique BFM TV Mathieu croissanto est toujours là et puis Virginie Hilson journaliste météo BFM TV et également faire un point tout d'abord avec vous Virginie on a vu hier ça a été la journée la plus chaude jamais enregistrée depuis en France américain août et là il a fait encore très très chaud aujourd'hui on va le voir on va regarder d'ailleurs plusieurs records qui ont été battus en France il a fait encore très chaud aujourd'hui et ça va continuer voilà exactement sur quasiment toutes les régions de la moitié sud avec des températures qui ont encore dépassé les 40 degrés donc dans plusieurs départements pour la troisième journée consécutive on a battu encore cet après-midi des records aussi bien mensuels que absolu c'est-à-dire des températures qu'on n'avait jamais enregistré donc dans certaines stations météo vous le voyez par exemple ici dans la Drôme on a dépassé la barre des 43 degrés la première fois donc depuis le début de cet épisode de canicule même chose dans l'Hérault il a fait près de 43 degrés à Orange aussi 42 degrés c'est d'ailleurs un record enfin c'est le record qui bat celui de 2003 donc de la canicule de référence qu'on avait connu il y a maintenant 20 ans il a fait très chaud aussi dans le Var avec plus de 40 degrés à noter que les températures étaient déjà très élevées donc ce matin raison pour laquelle on parle de canicule et on avait un taux d'humidité très élevé dans le Sud-Ouest aussi avec un indice humide c'est à dire que c'est un indice qui combine la température avec l'humidité qui était très élevé par exemple du côté de Toulouse on avait 38 degrés cet après-midi mais un humidex de 45 c'est-à-dire un ressenti de 45 même chose à Bordeaux 30 température 36 degrés sous abris mais avec un humidex de 45 également et à partir donc de 45 justement on parle de de vraiment de danger pour les organismes à Christophe Béchu donc 19 départements qui ont été placés en vigilance rouge qu'est-ce qui justifie ce cette classification est-ce que c'est la durée de cette canicule l'intensité de cette canicule c'est la durée c'est l'intensité et ce sont les risques sanitaires qui viennent d'être très bien expliqué depuis 2003 il y a plusieurs niveaux de vigilance canicule rouge étant le dernier stade et ça n'est que la sixième fois en France qu'on active ce niveau rouge et jamais on l'avait activé si tard dans l'année c'est-à-dire au-delà du 12 août qui pour le moment était le la période la plus tardive où on avait enregistré un épisode de canicule la décision elle est prise par un collège dans lequel il y a à la fois des spécialistes météo qui travaillent à Météo France mais également des épidémiologistes qui compte tenu des impacts sur la santé humaine de l'intensité de la durée précise que il faut changer de vision en gros quand on est orange on se préoccupe des personnes vulnérables quand on est en rouge on se préoccupe de tout le monde parce que même une personne en bonne santé qui n'est pas identifiée comme fragile si elle a une activité physique intense avec ces degrés de température encore plus quand on a des températures ressenties qui touche ou dépasse les 45 degrés elle se met en danger et le risque qui en a eu quelques épisodes aujourd'hui une randonneuse qu'on a retrouvé inanimée pour laquelle il a fallu un héliportage des suivis par les services d'urgence dans deux trois endroits avec je le dis et c'est aussi pour moi l'occasion de de le dire sur votre plateau vraiment un appel à nouveau à la vigilance dans ses 19 départements classés rouge c'est pas un effet de manche c'est pas une volonté d'aller faire de la communication ça correspond une réalité sanitaire et à une inquiétude réelle pour la santé des populations dans ces 19 territoires on sait que cette vigilance rouge a donne certains pouvoirs au préfet par exemple qui peuvent interdire des manifestations ou demander à des établissements de fermer est-ce que ça peut être le cas pour des entreprises alors effectivement les préfets sont amenés à regarder de près toutes les manifestations culturelles et sportives qui peuvent se tenir pour la totalité des publics pour les entreprises on est sur un registre un peu différent c'est-à-dire qu'on se préoccupe d'abord des personnes qui travaillent à l'extérieur même si à l'intérieur des entreprises il est fréquent que au niveau des comités d'hygiène et de sécurité il y a des règles à partir du moment où on atteint certains degrés de température typiquement il y a aussi parfois certains décrets ou certaines normes qui en train de contradiction vous pouvez pas faire du bruit trop tôt mais si on veut éviter de travailler à des horaires il faut décaler on a intérêt à décaler avec des débuts de chantier qui peuvent se faire beaucoup plus tôt le matin maintenant quand on atteint certains niveaux de température comme ceux qu'on atteint la logique qu'il y a à regarder si on doit pas aller vers des journées réduites elle existe on a publié au début du mois de juin pour la première fois un guide de gestion des vagues de chaleur comprenant 15 mesures il se préoccupe à la fois des personnes vulnérables parce que on a beaucoup insisté sur les personnes âgées notamment après le traumatisme de 2003 l'angle morgue globalement de nos politiques ce sont des enfants on l'a vu y compris avec les examens l'année dernière il y a pas de dispositif de pièces fraîches aujourd'hui de façon systématique dans les crèches dans des écoles et c'est tout un travail qui va commencer à partir de septembre avec les municipalités et puis il y a tout un aspect sur le droit du travail sur le suivi effectivement où on souhaite aller vers des mesures qui soient harmonisées plutôt que sur du cas par cas qu'on ait des doctrines qui soient plus facile ensuite à faire partager et employer sur les territoires des choses a mis en place un numéro vert qui a été parfois un peu pas pareil mais moquer par des par des opposants politiques est-ce qu'on sait ce que ça donne combien de personnes ont appelé est-ce que vous êtes convaincus de son utilité aujourd'hui je vous invite à imaginer s'il y avait pas eu de numéro vert qui avait été mis en place honnêtement je comprends le jeu qui consiste à polémiquer surtout mais qu'on se préoccupe de pouvoir donner une information à ceux qui en aurait besoin en mettant à disposition un numéro pardon combien ont-ils été appelé alors le numéro vert il est piloté par la Direction générale de la santé pas par le ministère de la transition écologique je n'ai pas les chiffres précis du nom de ceux qui ont contacté le 0800 06 66 66 on a plein de canaux d'informations qui permettent d'avoir ce type d'info mais qu'on en ajoute un ça me semble aller dans le bon sens mais prétendre que la seule chose qu'aurait fait le gouvernement c'est de mettre en place un numéro de ce type c'est évidemment totalement faux notamment dans l'Ain à Lyon une stratégie tout à fait différente de l'été dernier lors des incendies où vous avez été plutôt discret ça vous avez été reproché à plusieurs reprises est-ce que vous avez un changement de stratégie est-ce que vous vous reconnaissez que ça avait été une erreur et que c'est important pour un ministre dans ce genre de situation de se déplacer quand je suis devenu ministre j'avais 20 ans d'expérience des lieux locales quand vous êtes élu local ce qui compte c'est pas le nom de médias que vous faites c'est plutôt les résultats et la manière dont vous livrez à temps les équipements sur lesquels vous travaillez et j'ai sous-estimé l'impact médiatique qui a incarné la fonction c'est donc effectivement une erreur que j'ai pas commise à nouveau cet été y compris parce qu'au bout de quelques mois au bout d'un an vous avez aussi une bien meilleure connaissance des dossiers des rouages des hommes des femmes des thématiques sur lesquelles vous êtes amené à travailler et donc je reconnais que si je pouvais revenir à l'été 2022 je le gérerai sans doute de manière différente priorités ce que vous avez un sentiment qu'il faut aller plus vite c'est ce que vous avez dans la transition écologique est-ce que vous avez voilà changer votre perception de de cette transition bien sûr vous pouvez pas rester insensible quand vous passez un an avec l'ensemble des acteurs quand vous participez à des séances de diplomatie environnementales sur un certain nombre de sujets c'est sans doute moins sur les émissions de gaz à effet de serre que sur tout ce qui concerne la biodiversité qui est encore trop un angle mort de l'écologie au sens large que mon regard a le plus changé alors il y a eu le grand rendez-vous de Montréal avec ses premiers accords mondiaux sur la biodiversité le fait qu'on se soit mis d'accord y compris sur les eaux internationales sur un certain nombre de mesures de façon historique au mois de mars qui ont participé à cette prise de conscience mais plus largement bien sûr qu'on doit accélérer notre pays fait partie de la vingtaine de pays qui depuis 10 ans baisse ses émissions mais on doit doubler notre rythme c'est dire à quel point l'échelle planétaire la marche est haute pour l'ensemble des pays mais on n'a pas le choix tout ce que nous vivons en ce moment ces épisodes de vagues de chaleur qui se multiplient la sécheresse dont on n'a pas parlé mais qui a été au cœur de mon de mon déplacement hier notamment dans l'Ain sur la sobriété auprès de l'industrie avec tous ces sujet il s'intensifie pas par hasard il s'intensifie parce qu'ils sont la conséquence de ce dérèglement climatique vous avez un budget pour la transition écologique ou 7 milliards de crédits supplémentaires sont prévus il y a plusieurs rapports sont rentrés trop dans les détails mais que vous aviez commandé notamment qui disent qu'il faudrait plutôt 30 milliards par exemple par an pourquoi est-ce qu'on n'attend pas ces chiffres là d'où vient l'argent est-ce que vous comprenez qu'il y a des Français qui se disent Emmanuel Macron nous avait dit pendant la campagne présidentielle l'écologie sera ma priorité l'une des plus grandes priorités et qui ont l'impression aujourd'hui que ça ne suit pas forcément en termes de budget par exemple alors trois choses depuis le lecture d'Emmanuel Macron on a doublé le rythme de baisse des émissions le bilan de ces six dernières années il est bien meilleur que celui des cinq années où il y avait des écologistes au gouvernement quand vous regardez les chiffres la réalité objective de ce qui a été fait en termes de baisse des émissions de les besoins budgétaires c'est pas 30 c'est 60 milliards en revanche là où vous avez raison c'est qu'à l'intérieur il y a une part qui va être prise par le privé il y a une part qui doit être absorbée par la sphère publique la part qui doit être absorbé par la sphère publique elle est dans les hypothèses hautes de 30 milliards mais ça ne comprend pas que la part de l'État et c'est une moyenne sur les 10 ans qui viennent la première année les 7 milliards ce sont des compléments ce sont pas des réorientations de crédit autrement dit les 7 milliards ça n'est qu'une partie du financement d'abord il y a une partie de ces 7 milliards qui vont aider à accompagner les collectivités territoriales je vous donne un exemple 2023 c'est la première année où il y a un fond vert de 2 milliards d'euros pour accompagner les collectivités territoriales qui n'existaient pas il y a deux ans et qui génère 10 milliards d'euros d'investissement à l'échelle des collectivités territoriales sur le sujet et donc de la même manière les sommes qui vont être mises les 7 c'est une première marche typiquement dans le ferroviaire la première année quand vous accélérez des plans la première année vous faites les études et l'intensification des travaux elle arrive au bout de deux ou trois ans donc les trajectoires de progression c'est lent mais on n'est pas encore dans une transformation majeure aujourd'hui de la façon dont on fait la politique écologique rien ne va assez vite mais je vous demande juste d'entendre que à la fois quand on se compare et quand on regarde d'où on vient on est en train d'accélérer partout et penser que il y aurait une forme d'argent magique qui consisterait à dire si je mets 5 milliards on va faire 5 milliards d'euros de travaux ça marche pas supplémentaires on est d'accord et pour aller vite on a un chantier majeur devant nous monstrueux qu'elle a rénovation énergétique on parle des logements mais vous avez les bâtiments publics les écoles les administrations les universités ce sont des dizaines et des dizaines de milliards d'euros tous cet argent là il a pas seulement vos questions à s'appuyer sur des budgets il peut faire aussi l'objet de stratégie d'emprunt parce que vous allez économiser des factures qui si vous ne faites pas ces travaux de rénovation vont exploser avec le temps donc dans l'approche budgétaire on n'est pas seulement sur un raisonnement qui consiste à dire on va mettre des impôts pour aller boucher des trous écologiques ou pour aller financer on est en train de regarder comment on redéploie des crédits parce qu'il y a aujourd'hui des dépenses qui ne vont pas dans le bon sens donc tout l'enjeu c'est d'aller mettre des crédits qui vont pas dans le bon sens ça c'est la chasse aux niches fiscale qui favorise les énergies fossiles pour au contraire favoriser les énergies est-ce qu'il faut taxer les billets d'avion qui le premier a mis fin à l'avantage fiscal dont bénéficier le kérosène par rapport à l'essence et je me suis exprimé sur le fait que je considérais qu'il était légitime et normal qu'on puisse effectivement renforcer la fiscalité sur les billets d'avion le seul piège dans lequel je veux pas tomber c'est de laisser penser que l'écologie ça se résume réa créer des impôts et poser des interdictions pourquoi est-ce qu'on fait de l'écologie pour vivre mieux à la fin l'écologie c'est pas seulement que pour la fin du monde c'est aussi pour la fin du mois les conséquences de ceux qui habitent dans des passoires thermiques c'est pas seulement des émissions de gaz à effet de serre c'est une qualité de vie qui n'existe pas aujourd'hui que par exemple concrètement sur la canicule il pourrait y avoir plus de végétalisation plus de peinture des toits en blanc et eux disent on ne voit pas les changements concrets aujourd'hui rien de bien les gens dont l'actualité principale de cet été et d'inviter le rappeur made in à leur journée d'été pour en faire le sujet central fois que vous dérivez mais ça tombe bien on arrive au baminet vous pensez que dans les pays où il y a des écologistes en responsabilité il y a pas de il y a pas de canicule non absolument pas ce gouvernement il est précisément celui qui a mis en place un fond je le redis de 2 milliards d'euros qui soutient la renaturation dans les villes qui soutient la déminéralisation politique que j'ai conduite en étant pas écologiste à Angers quand j'en étais le maire et donc si les écologistes avaient les mêmes épaules de le caloger ça serait et ce serait pas une bonne nouvelle pour l'écologie merci beaucoup Christophe est devenu sur ce
Christophe Béchu