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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 4 juillet 2022 55 minAutoproduitMixte

Codes vestimentaires : peut-on toujours s'habiller comme on veut ?

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0:18
Présentateur

du débat de midi, rendez-vous quotidien où nous allons, comme tous les étés, nous interroger sur l'époque. Il sera question de mode de vie, de science, de musique, d'écologie, de politique aussi, et même d'amour, oui d'amour. Une heure de débat en direct avec curiosité et bonne humeur, et ce lundi, aucun dress code. Alors je dis ça parce qu'on parle fringue, pas de la Fashion Week haute couture qui démarre à Paris, mais de nos vêtements du quotidien, ce qu'on enfile après s'être parfois longuement demandé qu'est-ce que je vais mettre aujourd'hui.

Des habits choisis en fonction de la météo, bien sûr, mais aussi surtout de notre âge, notre genre, le milieu social, du contexte aussi dans lequel on va les porter, bref, tout un ensemble de codes construits depuis des années et auxquels on obéit sans même s'en rendre compte parfois. Qui décide qu'une tenue est correcte ou pas ? Et au nom de quoi ? Le vêtement est bien plus qu'un bout de tissu, c'est un fait social, disent les spécialistes, rassembleurs, libérateurs ou provocateurs. Pourquoi celles et ceux qui se distinguent sont-ils au mieux remarqués, au pire rejetés ? Bref, pourquoi ne peut-on pas toujours s'habiller comme on veut ?

1:23
Invité

Camille Cronier, le débat de midi sur France Inter. Oh, une serpillière, c'est formidable Thérèse, je suis ravi écoutez. Non Pierre, c'est ta gilet. Les robes, moi ça se fait à plusieurs, ça se fait pas tout seul. Après tout, il faut que je demande à la fille qui la porte, si elle est bien dedans, si elle la sent, c'est pas moi qui la mettra. Je veux tes vêtements, tes bottes et ta moto. Je me suis battu avec tous les couturiers depuis deux ans pour ces robes courtes, parce que je trouve ça indécent. Ah mais alors, bien sûr, c'est un gilet, il y a des trous plus grands pour les bras. Alors, je suis ravi Thérèse, je suis vraiment, je suis ravi. Je ne sais pas où sont mes vêtements.

À l'école en verre. Ah, ils étaient tous déchirés, on les a jetés. Ah, c'est pas sûr. Non, il n'y a pas quelques vêtements de rechange. Il y aurait bien ceux de vieux jardiniers, mais je ne suis pas sûre que ce soit votre genre. Merveilleux, c'est pas le dernier cri, mais enfin, ça prend simplement la fête. Que dis-tu d'à ce manteau de fourrure, avec d'autres chaussures ? Je me disais encore hier soir qu'il manquait quelque chose pour descendre les poubelles. Je suis ravi Thérèse.

2:28
Présentateur

Voilà nos vêtements qui font rire, qui font chanter et parler. D'ailleurs, si vous avez des questions, des remarques, des témoignages, amis auditrices et auditeurs, vous nous les envoyez via l'application France Inter, sur le mail aussi de la page du débat de midi. Je les relierai avec plaisir aux quatre invités qui m'entourent aujourd'hui. Mélodie Thomas, Bastien Salva, Hugo Jacomet et Nico Paris. Bonjour à tous les quatre. Bonjour.

2:49
Invité

Bonjour Camille.

2:50
Présentateur

Alors, habillée en chemise rayée bleue et blanche, Mélodie Thomas, vous êtes journaliste à Marie-Claire, chef de rubrique mode, auteur du livre La mode et politique, qui est assez gros, il faut le dire, paru en avril dernier aux éditions Les Insolentes. Chemise blanche avec petit foulard autour du cou et moustache bien taillée. Bastien Salva, bonjour. Bonjour. Au terrain de la mode et du costume, vous êtes spécialiste du 19e siècle, important, on le verra d'ailleurs. Vous avez participé à l'une des références, les 500 pages de l'histoire des modes et du vêtements qui remontent jusqu'au Moyen-Âge. Hugo Jacomet, tiré à quatre épingles.

Alors vous, ces costumes-cravates, petites pochettes, cheveux bien coiffés. Vous êtes fondateur du blog Parisienne Gentleman et de la chaîne YouTube Discussion Sartorial, c'est-à-dire qui fait référence à l'art du tailleur, à la mode masculine. Vous nous avez écrit pourquoi d'ailleurs vous intéressez particulièrement à l'homme plutôt qu'à la femme. Et puis tenue un peu plus revendicative, on va dire, Naco Paris, bonjour. Bonjour. Donc vous, vous avez une chemise blanche, mais alors un gros panneau dessus avec écrit Art Resistance.

3:55
Invité

J'ai une veste de travail, une veste de peintre en bâtiment.

3:59
Présentateur

Oui, je me trompe même.

4:00
Invité

Avec un slogan qui est Art is Resistance, qui est un de mes slogans fétiches. Et j'ai un badge assez gros avec un portrait de moi dans une situation qui arrive plutôt la nuit, puisque je peux être quelqu'un de différent selon les heures de la journée, selon les occasions.

4:16
Présentateur

Maquillé sur le badge, pas maquillé là dans le studio.

4:19
Invité

Maquillé dans le studio, mais...

4:21
Présentateur

Mais ça ne se voit pas trop.

4:22
Invité

Nous sommes lundi.

4:24
Présentateur

Vous êtes artiste, créateur, vous exposiez il y a peu à Toulouse l'exposition All Over qui pointe les injonctions de la société. Et alors parfois, justement, Naco Paris, on vous présente comme le seul styliste qui n'aime pas la mode. Pourquoi ?

4:36
Invité

C'était une blague quand j'ai commencé. Moi, j'ai toujours été... Moi, j'ai toujours dit que je... Moi, j'ai commencé par le vêtement. J'ai été apprenti tailleur à 14 ans. Donc, j'ai une approche textile et du vêtement et un amour pour le vêtement. Je me suis retrouvé dans la mode. C'était la fin des années 90. Les créateurs, c'était un peu l'endroit où il fallait aller. Mais j'ai toujours dit que j'étais sûr d'aimer le vêtement. Mais la mode, je n'étais pas tellement sûr. Donc, j'ai toujours eu un regard critique là-dessus. Et donc, les journalistes, dans un reportage, une fois, il y a eu cette phrase. Le seul créateur de mode qui n'aime pas la mode. Et bon, ça me va bien.

Je trouve ça assez drôle. Il y a eu Oscar Wilde avant vous, si je puis me permettre, qui a dit que la mode est quelque chose de tellement horrible qu'on est obligé de la changer tous les six mois. C'était Oscar Wilde. Il dit ça au décembre. Je sais que vous êtes sans doute plus spécialiste que moi, mais c'est une phrase qu'on aime beaucoup.

5:23
Présentateur

Mélodie, Thomas, les codes vestimentaires, ils sont vraiment partout, tout le temps, aujourd'hui ?

5:28
Invité

Alors, aujourd'hui, je pense que tous ceux qui sont autour de moi, peut-être, seront d'accord. On est dans une période un petit peu particulière, puisque toutes les tendances et tous les styles se retrouvent réunis, on va dire, au sein d'une même période. Ce qui, je pense, n'était pas arrivé depuis un petit moment. Peut-être que c'est même la première fois dans l'histoire de la mode que ça arrive, où on peut vraiment porter un peu tout ce qu'on veut. Là où on va trouver des différences, bien sûr, c'est en fonction, déjà, du métier qu'on occupe. Nous, on a de la chance, je pense, de travailler dans une industrie qui est assez ouverte sur la manière dont on s'habille.

Les industries de la mode, les industries des arts. Donc, on est peut-être un petit peu moins regardé sur est-ce que tout est bien assorti ou pas. Ce n'est pas le cas de gens, par exemple, qui ont travaillé dans la banque.

6:12
Présentateur

Oui, dans la banque, par exemple, aujourd'hui, Bastien Salva, moi, je suis habillée en salopette rose. J'aurais peut-être du mal à venir au bureau comme ça, c'est ça ?

6:19
Invité

Au standard, il pourrait y avoir un problème, encore une fois, de représentation ou autre. Et c'est vrai qu'on joue encore avec des codes dans le sens où, je pense, s'habiller et bien s'habiller dans l'imaginaire collectif, c'est respecter la personne qu'on va aller rencontrer. Et dans des métiers de service ou, en tout cas, où il y a une clientèle qui va venir, il est essentiel de bien se présenter car ça montre qu'on respecte la personne qui vient devant soi de la même manière qu'on va avoir des vêtements repassés parce que ça aussi, c'est une forme de politesse de se montrer bien mis devant les autres. Donc, non, à la banque en salopette, pas pour tout de suite.

Mais je ne dis pas que ça n'arrivera jamais.

6:50
Présentateur

Et donc, ça remonte, c'est très ancien, ces codes vestimentaires ?

6:54
Invité

C'est très ancien, les codes vestimentaires. Je pense que, comme vous le disiez, il y a maintenant plus de liberté, c'est-à-dire qu'on est moins jugé, d'une façon générale, pour ce qu'on met. Autrefois, on pouvait s'habiller de façon aussi différente. La mode n'est pas complètement uniforme. Je suis spécialiste du 19e siècle et à l'époque romantique, par exemple, à côté des costumes très classiques de redingotes ou autres, vous avez des jeunes hommes qui portent des pourpoints, style Moyen Âge. Donc, on les appelle les jeunes France. Alors, ils sont bien sûr jugés pour cela. Aujourd'hui, on est jugé, mais il y a moins d'impact, on va dire, par rapport à ce que l'on porte.

7:26
Présentateur

Le 19e marque quand même un moment important par rapport à la mode. Il y a une forme de complexification qui s'opère, je crois, avec notamment l'apparition de la presse.

7:34
Invité

Oui, il y a tout à fait une complexification, mais qui vient aussi du fait que la société change. Après la Révolution française, on n'est plus dans une société d'ancien régime avec des ordres qui sont très établis. Et les classes sociales qui, en fait, succèdent à la société d'ordre sont beaucoup plus poreuses aussi. Et il y a des rivalités dans le vêtement parce que, bien sûr, tout le monde veut aller, veut ressembler à la classe sociale à laquelle elle aspire. Donc, par exemple, la bourgeoisie qui veut limiter l'aristocratie ou ce genre de choses. Et donc, par le vêtement, il y a des sanctions qui vont tomber si vous êtes admis ou au contraire que vous êtes refusés.

8:05
Présentateur

Hugo, Jacomé, on parlait tout à l'heure du respect, d'être bien habillé. Mais qu'est-ce qu'il y a derrière ces deux termes de respect et de bien ? Finalement, on est bien habillé, ça veut dire quoi ?

8:13
Invité

Je pense qu'il y a, j'irais jusqu'à dire, il y a une philosophie de vie. J'aurais juste réagi sur ce qu'a dit Mélodie au début, quand elle parlait que les codes étaient encore très prégnants par rapport à sa profession, par rapport à son statut social. Moi, j'ai plutôt l'impression que les codes sont en train de se flouter considérablement. Quand j'ai démarré ma vie professionnelle en 1983, donc il y a quelques années déjà, aller à une réunion, je travaillais dans la communication, sans avoir une cravate, sans avoir une veste. C'était presque... Quand on voulait être rebelle, on mettait une chemise, une liquette, comme on l'appelait. Vous savez, une chemise un peu à manches courtes, etc.

Aujourd'hui, c'est l'inverse. Dans les grandes corporations, il y a même des grandes corporations, et même jusque dans la banque. Donc, rendez-vous compte, quelqu'un qui habite à San Francisco, qui est banquier, ses plus gros clients, c'est qui ? C'est les millionnaires, les milliardaires de l'industrie technologique. C'est M. Zuckerberg. La seule fois où il a porté une cravate, c'est quand il était devant le Congrès.

9:06
Présentateur

Lui, il s'habille en jean, en sweat, en basket.

9:07
Invité

Exactement. Et donc, évidemment, aujourd'hui, s'il y a un décalage, si vous êtes banquier, et que vous recevez un jeune milliardaire de la tech-industrie, et que vous portez une cravate, etc., tout de suite, vous êtes en décalage, c'est le B.A.B. du marketing, comment dire, et faire en sorte d'être adapté à la personne qu'on a en face de nous. Et je pense qu'aujourd'hui, il y a même des entreprises américaines, tout nous vient des Etats-Unis, vous savez, ils ont inventé le casual Friday. C'est-à-dire, même les avocats, les banquiers ne portent plus de cravate. Mais alors, l'effet pervers de ça, c'est qu'ils se retrouvent dans un autre uniforme.

C'est-à-dire qu'ils portent tous la même chose, une cheville ouverte, à col boutonné, et un chilo, ce qu'on appelle qu'un pantalon de coton. Donc, je pense que la notion de code, et la notion de code vestimentaire est vraiment en train de... Alors, il reste quelques bastions, évidemment, pour les gens qui sont en contact avec le public, notamment, dans la banque. Et moi, je trouve ça bien, quand on est un jeune couple, quand on va faire un prêt sur 25 ans, et quand on va s'endetter, on n'a peut-être pas envie d'être reçu par quelqu'un en short.

10:02
Présentateur

Et pourquoi pas ? Justement, pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas être en short, Nico Paris ? Pourquoi est-ce que là, il a fait très chaud, il y a quelques jours avec la canicule, pourquoi est-ce qu'on n'irait pas, que ce soit au bureau ou ailleurs, au restaurant ? Je le disais tout à l'heure à François Régis, pourquoi on n'irait pas en short ?

10:18
Invité

Ah mais moi, je suis... pour qu'on puisse y aller comme on veut. Moi, je ne pense pas ne pas être respectueux quand je me présente à vous. Pourtant, je suis habillé différemment, donc je pense qu'on ne peut pas dire que je suis débraillé, que je suis sale, etc. Mais c'est volontaire, je pousse le trait pour juste être impeccable, pour justement montrer que ça ne tient pas à ça. J'ai été reçu à la banque dernièrement, effectivement, par une personne plus jeune que moi, totalement débraillée, qui en plus m'a dit, mais je ne vous connais pas, etc. Donc, tout ça, ça repose sur quoi ?

Oui, moi, je porte un short pour aller dans un grand restaurant, il n'y a aucun problème, je porte un survêtement.

10:58
Présentateur

Et on ne vous embête pas, on ne vous dit rien ?

11:00
Invité

Oh, ça peut... les gens essaient un petit peu, mais en général, comme je fais les choses de manière très radicale et très marquée, et que j'arrive à imposer un personnage, ça passe. J'ai l'habitude de dire, plus c'est gros, plus ça passe.

11:17
Présentateur

Vous aviez l'air de dire, Hugo Jacomet, quelque part aujourd'hui, porter le costume cravate, c'est presque un acte rebelle. Mélodie Thomas, le costume cravate, c'est vraiment l'un des symboles des conventions, finalement, vestimentaires.

11:31
Invité

Oui, en fait, c'est la manière dont j'avais envie de rebondir à ce que vous étiez en train de dire tous les deux. En fait, c'est une question de regard. Si on veut résumer un petit peu tout ce qui vient d'être dit, c'est la manière dont on va percevoir l'autre, en fonction de là où on se situe, et de là où on a l'impression qu'il se trouve.

Ce qui fait que, je pense, quand on parle du costume, on a encore cette envie, peut-être, d'arriver à la banque et justement d'être reçu par quelqu'un qui est en costume et qui, en fait, devient le symbole d'une forme d'autorité, le symbole d'une forme de respectabilité, et qui fait qu'on se sent en confiance aussi de donner son argent à gérer, de faire des prêts, etc. Là où je pense que les choses sont différentes, pas que les choses sont différentes, mais en tout cas, on vit dans des sociétés aujourd'hui où on a moins, peut-être, cette envie d'appartenance à un groupe homogène. On a envie de plus représenter qui on est.

Et en fait, comme vous le disiez, la manière dont vous vous êtes habillés aujourd'hui, en fait, c'est un style qui est respectable pour vous. Ce qui veut dire que même si nous, on vous regarde et qu'on se dit « Ah, mais il ne porte pas de costume, etc. », ça ne veut pas dire que vous manquiez de respect à l'Assemblée. Ça veut justement dire que vous avez trouvé votre style et une apparence qui renferme, on va dire, toutes les symboliques de respect que vous vous portez. Après, c'est une question d'ouverture de la personne en face, d'empathie. Moi, mon travail, lors de la dernière exposition que j'ai faite, renvoie...

Moi, je me mets comme un miroir pour l'autre et en fait, ça lui renvoie sa non-liberté, sa non-ouverture. Le fait que moi, je me mette dans des costumes pas possibles, ridicules et volontairement, et avec grand plaisir, ou des carcans, etc., ça lui renvoie... D'un seul coup, les gens rigolent, sont gênés, et ça lui renvoie, lui, à ce qu'il ne s'autorise pas à faire. Mais pourquoi ?

13:25
Présentateur

Est-ce que vous êtes sûr de ça ? Est-ce que finalement, il y en a, ils peuvent assumer très... Vous pourriez vous dire, Hugo Jacomé, il a une non-liberté puisqu'il est en costume cravate, mais c'est justement votre... Je vous pose la question. C'est justement votre liberté, là, en l'occurrence, Hugo Jacomé, vous avez vu comme ça.

13:37
Invité

Oui, d'autant plus que... Moi, je pense qu'il faudrait peut-être, alors, peut-être élargir un tout petit peu la discussion. On parle de codes sociaux. Parce que là, finalement, le vêtement, tout ça, ça dit des choses, mais c'est des codes sociaux. Et l'unique question qu'il faut se poser sur les codes sociaux, c'est toujours la même. Est-ce que c'est... Les codes sont oppresseurs ou libérateurs ? C'est toujours la même chose. C'est-à-dire que...

13:58
Présentateur

Et ça dépend pour qui ? Du coup, c'est le regard dont parlait Mélodie Thomas.

14:01
Invité

Oui, mais pour nous, par exemple, aujourd'hui, je vais vous expliquer quelque chose qui nous arrive. On a une chaîne YouTube, on a beaucoup de jeunes gens. Vous seriez très surpris. On a une armée de jeunes gens qui nous suivent et qui sont affamés de connaître les codes, de comprendre le vêtement, de comprendre l'artisanat qui se cache derrière vous. Est-ce que je veux dire ? Donc, on a vraiment une armée. Et ces jeunes gens sont justement, alors, c'est presque paradoxal, à la... Ils ont une soif de codes, de cadres, de... Comment dire ? D'éducation.

14:30
Présentateur

Il me paraît qu'il y a des tutos cravates sur TikTok, énormément, beaucoup de tutos pour expliquer comment...

14:35
Invité

Bah oui, vous avez pourquoi ? Bah parce que... Moi, je suis né en 1963. Mon papa, qui nous a cités il y a deux ans, est né en 1940. Il avait 28 ans en 1968. Donc, il fait partie de cette génération qui, par définition, ont rejeté tous les codes de leur grand-père ou de leur père. Et là, on a une génération de jeunes gens. Nous, c'est une surprise, Camille, d'avoir autant de gens qui nous suivent. On parle de tailleurs sur mesure, on parle de cravate, on parle de chemise, on réunit presque 250 000 personnes autour de nos chaînes YouTube. C'est complètement fortuit et c'est une surprise. Oui, mais c'est une manière de se rassurer aussi, je pense, le besoin de chercher des codes.

Je pense que... Enfin, je vais dans le sens totalement de ce que vous êtes en train de dire. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a une telle liberté vestimentaire, sauf qu'il y a beaucoup de gens, finalement, qui ne savent pas comment s'habiller ou qui n'ont pas l'habitude d'utiliser le vêtement comme un moyen d'expression. Ça peut faire très, très peur, en fait, de se retrouver... On va dire qu'on se met à nu à chaque fois qu'on s'habille au final parce qu'on dit quelque chose de nos goûts, on dit quelque chose de la classe sociale à laquelle on appartient. Donc... Où qu'on n'appartient pas. Exactement.

Donc, il y a des gens avec qui ça fonctionne très, très bien parce que, comme on l'a dit, il y a une porosité qui s'est effectuée ces dernières années sur les classes sociales, même ces derniers siècles, on pourrait dire, sur les classes sociales. Donc, il y a des gens avec l'expansion de la fast fashion qui peuvent, à partir de leur look, en tout cas, prétendre appartenir à une classe sociale un peu plus élevée que celle à laquelle ils sont ou, au contraire, renouée avec des codes vestimentaires très, très populaires.

Mais il y a des gens que ça effraie totalement et qui, eux, voient dans le vêtement et notamment, si on parlait du costume tout à l'heure, en fait, c'est une idée de se dire je n'ai pas besoin de réfléchir le matin. Je corresponds à une certaine idée, à une certaine symbolique de pouvoir, d'appartenance à un groupe social et je n'ai pas du tout envie d'en sortir parce que je ne sais pas ce que je ferais de cette liberté.

16:20
Présentateur

Alors, on a un message de Pascal sur l'application France Inter qui nous écrit « Pourquoi, au vu de la météo d'été et la chaleur, les hommes ne peuvent aller au travail en Bermuda alors que les femmes, pas de souci pour les petites robes ? » Pascal, avec un E à la fin, je précise. Et Pascal, sans E, justement, nous écrit par mail « Je suis un homme fasciné par les vêtements, en particulier les jupes. Mon rêve absolu, c'est de porter une jupe plissée mi-longue noire avec des collants et des ballerines. Ce n'est pas un fantasme le rêve de montrer mon corps mais ça, l'époque me le proscrit. Dommage !

» Bastien Salva, justement, quand on fait un petit coup de rétroviseur comme ça dans l'histoire, il y a une époque où les hommes portaient des robes et des jupes. Ah oui,

16:55
Invité

souvent on dit que l'histoire de la mode naît au XIVe siècle parce que c'est le moment où le vêtement bifurqué est venu distinguer la silhouette masculine puisqu'on voyait les jambes des hommes. Jusque-là, tout le monde était en robe ou en toge ou en différents types de vêtements, en tout cas longs et couvrants. Et donc oui, les hommes ont l'ençon porté des jupes et ils en ont porté, même sous Louis XIV, il y avait à Versailles on portait la ring grave qui est une sorte d'énorme short d'aujourd'hui. On dirait que c'était des culottes tellement larges qu'on aurait dit des jupes et cela ne choquait personne.

Au contraire, il y avait plus des critiques sur l'ampleur de la chose que sur le fait que ça avait plutôt une forme de jupe. Mais à partir du moment où les genres commencent vraiment à se différencier, c'est là où ça commence à devenir compliqué justement parce qu'il y a cette idée avec la mode de sanctionner la place de chacun et chacun doit rester à sa place.

17:44
Présentateur

C'est ça, donc les robes pour les femmes, les pantalons pour les hommes et évidemment les choses ont évolué en tout cas dans un sens parce que dans l'autre pas encore tout à fait. Et même pour les femmes ça n'a pas été évident. On va en parler dans un instant on ira aussi à l'Assemblée Nationale parce qu'il y a eu pas mal de choses ces derniers temps autour des codes vestimentaires dont on parle aujourd'hui dans le débat de midi. Débat préparé par Colin Gruel avec Pénélope Tricard. C'est Théo Raison qui réalise. Sophia Naktib est à la technique. Et puis France Ferdinand youpi dans les oreilles avec Curious.

18:13
Invité

Et je suis toujours

20:55
Présentateur

en compagnie d'une journaliste d'un historien d'un créateur et d'un blogueur pour parler vêtements et modes et donc je le disais j'aimerais bien qu'on parle un peu de ce qui s'est passé récemment à l'Assemblée Nationale post-législatif tous les nouveaux députés et les élus qui arrivent. Il y a eu quelque part à travers le vêtement à l'Assemblée Nationale une forme de marquage idéologique et politique.

D'un côté on a le Rassemblement National qui demande à des députés à ces députés de venir en mode très classique avec cravate obligatoire pour les hommes de l'autre la nupe à la cool en jean basket chemise ouverte voire t-shirt qui s'est fait critiquer par les députés du Rassemblement National Qu'est-ce que ça vous inspire sa mélodie Thomas ? Qu'est-ce que ça m'inspire ? Que le vêtement devienne à ce point-là quelque part encore une fois le marqueur de ce clivage idéologique ?

21:46
Invité

Oui, je pense qu'au final je pense que c'est pas quelque chose de nouveau je pense qu'il y a toujours eu en tout cas notamment au sein de l'Assemblée Nationale des normes polémiques qui ont eu lieu justement sur la manière dont on peut se vêtir ou ne pas se vêtir je crois que c'était Edith Cresson qui lorsqu'elle était venue en pantalon tailleur on lui avait d'abord refusé l'entrée à l'Assemblée Nationale parce qu'une femme ne porte pas le pantalon ce qui d'ailleurs n'était inscrit dans aucun code de l'Assemblée Nationale à la base ce qui n'est toujours pas inscrit aujourd'hui et je pense que ça serait très mal venu de le faire non, moi tout ce que ça me dit c'est que c'est vraiment c'est un peu l'ère dans laquelle on est aujourd'hui c'est-à-dire que le vêtement est devenu tellement mainstream une conversation tellement globale qu'au final il est aussi récupéré à des fins idéologiques pour promouvoir une certaine manière de penser une certaine manière de voir la société je crois que c'est Christopher Wiley qui était le lanceur d'alerte de Cambridge Analytica qui dans son livre en parlait il expliquait comment après une conversation avec Steve Bannon celui-ci lui avait fait remarquer qu'en utilisant le vêtement finalement on pouvait en fait créer des polémiques et créer des clivages dans la société qui sont très importants

23:03
Présentateur

il y a d'ailleurs Naco pour Paris pour répondre tout à l'heure à notre auditeur Pascal qui rêverait d'être en robe en jupe voir pourquoi pas un élu un ministre en jupe un jour ça vous aimeriez ?

23:15
Invité

moi je suis pour aller à l'assemblée avec une plume dans les fesses donc si vous voulez non moi je suis pour la liberté si vous voulez après eux la politique quand on a un gouvernement qui dit si vous voulez du travail il vous faut un costard déjà ça pose les trucs c'est à dire que moi je paye mes impôts depuis 20 ans je travaille depuis 20 ans je suis chef d'entreprise mais je porte pas de costard donc pour moi c'est pas vrai quand j'entends ça donc c'est mettre les gens dans des cases où ils vont se tenir bien moi j'ai remis en cause tous les codes sociaux qui m'ont été donnés quand je suis né le milieu social le genre le corps qu'on m'a donné moi je suis moche gros pédé travesti le soir donc après je le fais de manière radicale et je pense avoir développé une image qui correspond très près et qui est très proche de ce que je suis à l'intérieur et tout le monde ne prend pas la liberté évidemment que ça m'a posé des problèmes je me suis fait renvoyer de l'école à 14 ans à cause de ça si demain je n'ai plus envie d'être indépendant et que j'ai envie de postuler dans un grand groupe de luxe je suis absolument la dernière personne qui sera choisie soit pour mon physique soit pour ma couleur de cheveux soit pour autre mais cette liberté ça a été c'est ma vie et ça met en avant la liberté que les gens ne prennent pas et l'Assemblée je pense que c'est vraiment un exemple c'est radical c'est mettre les gens dans ces petites cases de vie quelle tristesse

24:52
Présentateur

est-ce que ça a encore lieu d'être ça en 2022 Hugo Jacomé est-ce qu'un président de la République pourrait être crédible habillé en soi

24:58
Invité

je pense que ça se radicalise encore pardonnez-moi cette polémique à l'Assemblée Nationale entre le t-shirt enlever la cravate pas remettre la cravate c'est du niveau de cours d'école pour moi sincèrement ça n'a pas lieu d'être je pense qu'on a autre chose à faire à l'Assemblée Nationale que se corréler là-dessus et deuxièmement il y a quand même alors revenons sur la cravate puisque c'est l'objet de tous les débats cette fameuse cravate

25:19
Présentateur

non il y a la robe aussi la robe pour les femmes

25:21
Invité

oui oui qui se sont sifflées de façon ultra sexiste parlons de la cravate en focalisant un tout petit peu et tailleur pour les femmes il y a quand même une notion de codes sociaux et j'y reviens qui pour moi ne sont plus civilisateurs que oppresseurs c'est-à-dire qu'il y a quand même une sacralisation du moment est-ce qu'aujourd'hui vous regardez des mariages par exemple même si vous vous habillez totalement de manière décontractée toute l'année ça ne me viendrait pas à l'idée moi personnellement même moi j'aime bien mettre des shorts quand je fais un barbecue rassurez-vous je ne suis pas quand même tiré à quatre épingles quand je fais une côte de bœuf sur mon barbecue mais quand je vais au mariage d'un ami qui lui s'habille d'une certaine manière j'ai envie de lui rendre hommage ou à tout le moins j'irai pas comme j'irai au camping des trois flots vous voyez donc c'est juste une question de respect de l'environnement et de regard porté sur moi je pense qu'il n'y a pas que deux options en fait depuis tout à l'heure on parle de costard cravate et de short je suis d'accord moi je m'habille rarement décontracté je ne vais pas à des mariages en guenille je pense que je suis extrêmement travaillé travaillé moi il m'est arrivé d'aller à des mariages de couple hétérosexuel en robe de mariée par exemple donc je pense qu'il n'y a pas que deux options en fait et moi c'est ça que je veux c'est sortir de la dualité cette époque elle est intéressante parce que là explose toutes les options possibles maintenant ça va aussi se radicaliser en plusieurs camps c'est à dire qu'il y aura ceux et les camps ont tendance à s'affronter ce que je déplore parce que moi pour moi tout le monde devrait être heureux ensemble bon je suis un peu une fois c'est quand même un raccourci intellectuel si je puis me permettre parce que quand vous regardez l'Assemblée Nationale que ce soit des gens du Rassemblement National ou des socialistes ou des gens de gauche il y a quand même encore des gens qui portent la cravate enfin je veux dire il y a quand même une vraie liberté oui mais quand quelqu'un

27:07
Présentateur

sort du rang je pense que c'est ce que veut dire aussi NACO Paris c'est que quand quelqu'un sort vraiment du rang et même sortir du rang aujourd'hui pour une femme ça veut dire juste porter une robe à fleurs je rappelle qu'on peut se faire citer pour ça il se fait remarquer et d'ailleurs quand on voit sortir du rang aussi il y a la photo récente des chefs d'Etat en Ukraine avec le président Zelensky en t-shirt en basket entouré de costumes cravate ça a été ultra commenté Bastien Salva

27:29
Invité

moi je pense que derrière cette idée de comment est-ce qu'on se présente ou autre c'est pour ça que c'est intéressant qu'on vous disait que le look était travaillé il y a l'idée d'avoir fait un effort en fait et je pense que l'effort d'avoir noué sa cravate de l'avoir bien noué l'effort en fait enfin encore une fois vous avez un look qui est extrêmement travaillé vraiment avec une blouse de peintre enfin vous ne l'avez pas choisi au hasard le foulard les bijoux il y a quelque chose qui se passe c'est pas juste en fait cette idée de j'ai pris la première chose qui est dans le placard parce que je m'en fiche parce que dans notre société qui est quand même assez individualiste je pense de plus en plus cette idée que c'est mon confort et moi ce que je fais donc en fait ça m'est égal mais je pense que non derrière cette idée j'ai fait un effort parce que je viens vous voir que ce soit votre mariage à l'assemblée ou ailleurs et du coup j'ai décidé de m'habiller comme cela mais j'y réfléchis moi j'ai toujours dit qu'il y avait les gens qui disaient moi je porte pas n'importe quoi et ceux qui disent moi je porte n'importe quoi et étant dans la mode il y a souvent des gens en réaction qui partent choqués qui disent moi je porte n'importe quoi mais c'est justement se comparer à ceux qui portent pas n'importe quoi donc c'est un marqueur à chaque fois

28:28
Présentateur

alors justement au sujet d'ailleurs d'eux-mêmes certaines qui pourraient faire l'effort mais par qui le scandale arrive parce qu'il y en a des scandales et souvent c'est pour les femmes évidemment l'un des derniers exemples il a moins de deux ans c'était en septembre 2020 écoutez

28:41
Locuteur non identifié

devant les grilles du lycée Berlioz à Vincennes le crop top non finis pas de faire des bas

28:45
Invité

tu te trimballes pas tout nu dans la rue donc tu vas pas commencer à montrer ton corps

28:49
Locuteur non identifié

on parle d'un petit bout de ventre de deux centimètres pour moi c'est comme le cou comme le poignet c'est des endroits où on peut l'habiller mettre des bijoux c'est quelque chose qui me plaît chacun peut comprendre qu'on vient à l'école habillé d'une façon disons je dirais républicaine c'est à dire qui permette une plus grande égalité entre tous

29:07
Présentateur

la polémique autour du crop top ou croc top comme dirait notre réalisateur Théo Raison ces t-shirts que les filles portent au-dessus du nombril scandale on a même Marianne par mail qui nous envoie un message à l'instant en nous racontant qu'une de ses lycéennes donc Marianne doit être professeure évidemment est arrivée en crop top tellement court que pour moi c'était une brassière dentelle voire un soutien-gorge je lui ai rien dit parce que interloqué mais je suis féministe et j'ai quand même trouvé ça indécent alors Mélodie Thomas Jean-Michel Blanquer ministre de l'éducation à l'époque c'était en 2020 sur RTL qu'il parlait qui parle d'habits républicains ça veut dire quoi ?

29:41
Invité

ça ne veut rien dire en réalité ça ne veut absolument rien dire je pense que c'est aussi la raison pour laquelle j'ai écrit mon livre c'est qu'aujourd'hui on a des glissements on a des glissements de terrain on utilise des mots qui en fait moi il y a une phrase aujourd'hui une expression que j'aborde véritablement c'est mais tu vois ce que je veux dire et utiliser l'idée de vêtements républicains c'est véritablement un terme qui n'a aucun sens en réalité mais on voit ce que ça veut dire dans l'idée

30:11
Présentateur

Emmanuel Macron quelques mois plus tard c'était en juillet l'année dernière donc par rapport à cette polémique sur le crop top avait dit à elle magazine féminin je le cite tout ce qui renvoie à une identité une volonté de choquer ou d'exister n'a pas sa place à l'école ce qui voudrait dire Hugo Jacomet que quand on est à l'école on ne peut pas exister en tant qu'individu

30:31
Invité

si bien sûr on peut exister en tant qu'individu moi je n'ai pas suivi à vrai dire cette actualité comment ça s'appelle le crop top c'est à dire un t-shirt on voit le nombril je pense que tout simplement ce que Blanquer a voulu dire et c'est alors on met le mot républicain à toutes les sauces aujourd'hui ce que Blanquer a voulu dire c'est que parfois il y a des moments dans la vie alors je sais que mon voisin de gauche ne va pas être d'accord et Dieu sait si on a eu une conversation passionnante avant de rentrer dans ce studio tous les deux c'est que parfois il n'est pas non plus complètement débile de penser qu'il faut s'effacer par rapport à l'institution c'est à dire que l'Assemblée Nationale ça reste une institution mais on parle de l'école Hugo Jacomet l'école c'est une institution par définition c'est à dire vous savez on vient de parler depuis 10 minutes du même syndrome c'est le syndrome McDonald's comme as you are c'est eux qui ont inventé ça venez comme vous êtes et aujourd'hui je trouve que alors je ne veux pas m'ériger comme le grand défenseur des codes sociaux et moraux etc mais il y a des moments je vais vous donner un exemple alors c'est de moins en moins le cas mais il y a par exemple quand on fait des soirées formelles ça existe de moins en moins évidemment où on demande aux gens de porter un smoking ou un tuxedo

31:39
Présentateur

c'est à dire par exemple au festival de Cannes on peut prendre ça comme exemple

31:42
Invité

bon alors est-ce que vous savez l'origine de cette chose là on demande aux hommes de porter un smoking noir d'avoir tous un papillon noir une chemise blanche et l'idée c'est justement que tout le monde s'efface et se ressemble pour faire briller soit la star de la soirée soit sa compagne donc c'est quelque chose qui était très féministe à l'origine et c'est positif de s'effacer d'être personne d'être comme les autres alors vous savez aujourd'hui franchement moi j'ai pas l'impression d'être comme les autres parce que vous savez on a joué avec un jeu avec ma femme en arrivant sur ce plateau on s'est dit tiens on va compter le nombre de gens qu'on croise qui sont en costume cravate dans les rues de Paris mais nous ne sommes pas dans une soirée formelle sinon je ne serais pas rentré

32:28
Présentateur

Naco Paris pour rebondir sur justement ce que vous venez de dire sur les mots d'Emmanuel Macron tout ce qui renvoie à une volonté d'exister n'a pas sa place à l'école vous qui avez vous nous le disiez été renvoyé à 14 ans parce que quoi vous vous peignez

32:39
Invité

parce qu'à 14 ans j'avais des idées qui étaient et ça s'exprimait par l'apparence donc j'allais à l'école je pouvais aller à l'école avec le visage peint en verre porter une jupe etc etc et je me suis fait renvoyer parce que j'ai tenu je n'ai jamais lâché j'avais un entourage familial qui me laissait la liberté de le faire donc effectivement ce n'est pas quelque chose de nouveau maintenant le crop top ça met en lumière déjà le corps de la femme donc tout ça c'est des nuances qu'est-ce qui est déplacé qu'est-ce qui ne l'est pas moi si j'avais un crop top ça ferait encore autre chose aujourd'hui mais je serais capable de le faire c'est délicat parce que l'école elle devrait apprendre pas à s'effacer et à être personne face à la république elle devrait apprendre à se respecter soi-même y compris avec un crop top en fait

33:29
Présentateur

Bastien Salva

33:30
Invité

je pense que tout cela vient aussi d'un héritage qu'on a du respect des circonstances alors là c'est vraiment quelque chose en fait qui vient au moins du 19ème siècle et je pense qu'on peut remonter avec les robes de cour ou autre de façon antérieure mais c'est vraiment cette idée qu'on peut présenter même autant de peaux entre guillemets qu'on voudrait mais à certaines heures de la journée les femmes par exemple étaient très décolletées le soir au 19ème siècle mais par contre la journée c'était absolument hors de question il y avait même ce qu'on appelait des robes à transformation qui vous permettaient d'avoir une même jupe avec un corsage du jour qui était couvert et un corsage du soir qui était découvert parce que c'est le moment où on se présente où en plus on fait briller les diamants sur la peau ou ce genre de choses là je pense qu'avec l'école il y a aussi cette idée de circonstance c'est à dire que votre crop top si vous voulez vous le mettez entre guillemets en soirée je pense que si on veut l'expliquer c'est un héritage qui est très ancien c'est pas un débat qui vient d'arriver et c'est pas un débat qui se clôturera aujourd'hui avec ce seul vêtement d'ailleurs Mélodie Thomas moi ce que je trouve intéressant également c'est la question finalement du corps des jeunes filles parce que c'est ça en fait la réalité quand on a vu toutes les excuses qui ont été trouvées que ce soit par des personnes issues du gouvernement ou même par des directeurs d'établissements ou des professeurs il y a l'idée que le corps féminin est de facto un corps sexualisé par conséquent une jeune fille qui montre son ventre c'est pas juste une jeune fille qui montre son ventre puisque son ventre en fait le fait qu'elle ait la peau nue ça va être la tentation exactement ça a été le cas on a dit la queue de cheval on peut pas mettre des queues de cheval parce que ça distrait les garçons pendant les classes ça commence à faire beaucoup en fait ce qu'on demande aujourd'hui même s'il y en a beaucoup qui ont dit non c'est pas du tout ça le problème si c'est majoritairement la manière dont les jeunes filles s'habillent qui est remis en question beaucoup moins les garçons parce qu'on part du principe qu'elles sont à un âge où forcément elles attirent trop le regard masculin d'un point de vue sexuel

35:17
Présentateur

alors vous ne croyez pas si bien dire parce que la semaine dernière le site Mediapart publié une longue enquête sur le listé Stanislas à Paris c'est un lycée privé souvent présenté comme le meilleur de France et Mediapart publié dans l'article le document distribué aux élèves au sujet de la tenue vestimentaire je l'ai dans les mains et donc je vais vous en lire quelques extraits parce qu'il y a aussi des consignes pour les garçons alors beaucoup moins que les filles mais quand même pour les garçons donc je lis nos garçons doivent veiller à porter une tenue masculine correcte, sobre et classique nous leur demandons de porter une chemise avec col rentré dans le pantalon ou un polo avec col nous n'acceptons pas les vêtements déstructurés les surchemises les pantalons étroits peu slim ou taille basse les pantalons troués déchirés ou effrangés trop courts retournés au-dessus de la cheville les keffiers les t-shirts ou les sweats à capuche ça c'est pour les garçons pour les filles ça se corse encore un peu plus je cite toujours nous attendons de toutes nos élèves qu'elles portent des tenues qui suscitent le respect et manifestent la dignité de leur féminité le maquillage interdit cheveux longs attachés débardeurs sous ta capuche eau léger interdit épaules toujours couvertes eau opaque exclue qu'on voit la naissance de la poitrine ou les bretelles des sous-vêtements les hauts doivent tomber sur le bas des hanches et ne pas s'arrêter même à la ceinture du pantalon évidemment pas de pantalon slim etc non plus de pantalon déchiré etc Naco Paris c'est un document récent actuel qu'est-ce que ça vous inspire

36:39
Invité

je pense que si je rentre dans cette école il meurt tout de suite et il me brûle en place publique je

36:46
Présentateur

quelle conséquence ça peut avoir sur des élèves

36:50
Invité

moi quand je me suis fait renvoyer à 14 ans donc au début des années 90 de l'école la seule réponse qu'on m'a donnée la seule parce que je demandais les règlements et tout à l'époque il n'y avait pas un règlement c'était un collège public etc la seule réponse qu'on m'a apportée c'est si on vous laisse faire vous on doit laisser faire les autres tout ce qu'ils veulent voilà donc c'était il faut être une masse un groupe qui obéit et c'était ça et pour moi c'est passé par mes codes vestimentaires ça peut être autre chose mais c'est la seule réponse qu'on m'a donnée

37:23
Présentateur

Hugo Jacomet

37:24
Invité

alors évidemment le texte que vous venez de lire et les extraits que vous avez choisis sont effectivement extrêmes

37:29
Présentateur

lycée privé catholique

37:31
Invité

oui oui je ne connaissais pas ces règles alors là ils vont ils vont vraiment extrêmement loin ceci étant dit je pourrais aussi renverser la proposition parce que parmi les gens qui nous écoutent qui sont passionnés de costume pas de costard si je puis me permettre de costume parce que le mot costard ça vient des années 80 donc c'est quelque chose de beaucoup plus noble pour moi tous les gens qui sont passionnés d'élégance masculine classique on a beaucoup de jeunes gens qui vivent le rejet inversé c'est à dire qu'il y a comme une inversion des valeurs et ça existe aussi bien que ça puisse vous surprendre on a beaucoup de jeunes gens qui nous disent monsieur Gécomé j'aimerais bien mettre une veste à l'école mais si je fais ça je vais me faire railler par mes copains monsieur Gécomé j'aimerais bien mettre une pochette vous savez une petite pochette un bout de tissu de rien du tout qui est aussi inutile qu'indispensable pour nous c'est juste un petit détail comme ça qui n'est pas loin d'ailleurs de votre approche c'est un petit détail qui me permet de me différencier de tout le monde et bien les jeunes gens au contraire se font railler parce qu'ils sortent de l'uniforme de l'école aujourd'hui qui est des hoodies je sais pas comment on dit des suites à capuche etc etc et donc vous voyez il y a aussi cette ostracisation c'est le même sujet on a la même démarche on est différent de la masse dans laquelle on veut nous mettre et du modèle dominant et tout doit bien rouler comme ça et tout moi je suis là pour dire non

38:52
Présentateur

et par contre vous pourriez dire oui à Mathieu qui nous écrit par mail il a 26 ans Mathieu et il vous remercie vous Hugo Giacomet de lui avoir fait découvrir le monde de l'art tailleur je suis un ovni parmi les gens de mon âge mais j'apprécie énormément porter des costumes malgré les réflexions narquoises donc là il se différencie des autres en l'occurrence Naco mais Mathieu vous pourriez le féliciter justement d'assumer son mot et faire volonté

39:15
Invité

absolument c'est ce qu'on disait nous avons la même démarche c'est une démarche qui est entre guillemets radicale jusqueboutiste et moi je respecte ça et j'admire ça le seul truc c'est que moi je dis il n'y a pas que cette possibilité finalement

39:33
Présentateur

Bastien Salva et est-ce que ça se confirme aussi quand on regarde l'histoire est-ce que ne pas suivre la mode ne pas suivre les codes c'est une forme de revendication quelle que soit l'époque dans laquelle on est

39:43
Invité

c'est une forme de revendication après ça peut être une revendication politique vous avez vu d'un groupe en disant je suis différent et je l'affirme mais des fois une revendication purement personnelle de je ne suis pas d'accord avec cette société on a beaucoup parlé de Georges Sand par exemple qui s'habillait comme un homme et avec cette idée que non elle voulait montrer qu'elle était comme un homme etc et en fait elle elle disait juste mais si je suis une femme je ne peux pas aller au théâtre toute seule dans le parterre si je suis une femme j'ai des chaussures avec lesquelles je ne peux pas marcher alors elle a été se faire faire des bottines ferrées en fait c'était une revendication de liberté mais plus de liberté personnelle que de se dire toutes les femmes devraient c'est vraiment cette idée de moi je suis comme ça et en fait je l'assume mais je pense qu'il faut s'extricter le caractère pour assumer la liberté c'est très important moi quand je me suis retrouvé jeune adolescent en province petit gros quand j'ai vu les cartes qu'on m'a distribuées je me suis dit oh là là et je me suis habillé en femme pour sortir le samedi soir et ma vie a changé donc c'est la liberté de le faire et de pouvoir le faire et ça c'est très important de s'autoriser de prendre la liberté parce qu'on ne vous la donne pas

40:39
Présentateur

on va justement s'intéresser aux ruptures aux avancées qui ont eu lieu à travers l'histoire pour continuer ce débat de midi

40:45
Invité

Alexia Grédy

43:26
Présentateur

un peu plus souvent et Valentin Chedebois pour la programmation musicale

43:40
Invité

Camille Cronier je crois que la billy jupe deviendra un jour un classique non ce n'est absolument pas seulement pour les jeunes et je dis même que ma grand-mère si elle n'était pas morte aurait porté une mini-jupe mais j'ai vu l'autre en fait une dernière 80 voitures l'autre jour et on a vendu une mini-dresse alors en voilà une rupture

44:20
Présentateur

ça c'était début des années 60 la fameuse mini-jupe créée notamment par la galloise Marie Cointe avant que Courrèges ici en France ne la démocratise ne l'affiche dans ses collections des 1965 elle a porté quoi cette mini-jupe Mélodie Thomas ? beaucoup de polémiques en tout cas de débats dans un premier temps mais aujourd'hui elle ne fait plus aucun problème

44:43
Invité

ou alors aujourd'hui si il y a quand même il y a quand même des polémiques autour de la mini-jupe en fait je trouve que la mini-jupe c'est le symbole parfait des injonctions qui sont un peu imposées aux femmes c'est à dire que d'un côté quand elle est sortie dans les années 60 il y avait cette question de justement rupture avec une manière peut-être un peu plus conservatrice de s'habiller ou en tout cas je pense que c'est un peu le premier vêtement de jeune fille réelle c'est là où on a commencé à marquer l'adolescence en termes vestimentaires donc ça a été avec la mini-jupe aujourd'hui ce qui est intéressant c'est comment d'un point de vue politique elle est utilisée pour justement imposer une certaine vision de ce que doit être la féminité à la française on a eu des personnalités politiques qui ont pu dire justement on parlait tout à l'heure de vêtements républicains je ne sais plus si ce n'était pas Manuel Valls qui avait tenu ses propos et il disait que voilà Marianne elle a le sein nu elle porte la mini-jupe enfin il y a toute cette idée aussi de la sensualité de la femme française qui est liée à la mini-jupe et quand on n'en porte pas ou quand on refuse d'en porter on est perçu d'une certaine manière

45:45
Présentateur

mais pour revenir justement à la politique si on ne voit pas aujourd'hui de ministre par exemple en mini-jupe en tout cas pas pendant qu'elle est en train de travailler Bastien Salva c'est pourquoi ? c'est parce que déjà un, elle ne va pas être crédible deux, on va lui faire un reproche comme on va dire voilà c'est une catin certains hommes mal habillés on va dire c'est des voyous d'autres trop bien habillés peut-être on va leur dire c'est des gros bourgeois c'est tous ces reproches qu'il y a derrière qui sont finalement prénants

46:11
Invité

comme le disait Sophie Le Maillot dans un livre consacré à la vie de la femme politique qui est sorti cette année le problème en fait de la femme d'une façon générale politique c'est que quand elle s'habille on va toujours parler de son vêtement et ne pas mettre de mini-jupe mais ne pas mettre non plus de couleur trop flash ne pas mettre en fait de bijoux trop cher c'est déjà se dire en fait est-ce qu'on pourrait juste parler de ce que moi j'ai à dire parce que sinon forcément la polynique elle va aller là-dessus on va plus s'intéresser à ce qu'elle portait à savoir ah là là elle portait une mini-jupe et du coup tout le monde l'a huée que de se dire mais quel était le discours qu'elle a fait en mini-jupe en fait

46:41
Présentateur

et pourquoi particulièrement les femmes Hugo Jacomet et pas les hommes aujourd'hui c'est vrai que dès que on parle de sauf là en l'occurrence je parlais tout à l'heure de Zelensky au milieu des autres parce que le décalage était frappant mais pourquoi aujourd'hui ça va être les femmes qui vont effectivement attirer les critiques les remarques parce qu'il y a trop de couleurs

46:59
Invité

écoutez je ne suis pas spécialiste de la mode féminine

47:02
Présentateur

pourquoi ça ne vous intéresse pas d'ailleurs la mode féminine ? ça ne vous intéresse pas la mode féminine ?

47:05
Invité

ça m'intéresse beaucoup puisque nous avons avec mon épouse qui est américaine nous avons même ouvert une rubrique pour les femmes sur notre site donc mais on parle d'art ailleurs on parle de choses beaucoup plus classiques et on est en train justement de comment dire d'essayer de revivifier un tout petit peu cette chose là parce qu'il y a un sujet qu'on n'a pas abordé excusez-moi je saute sur celui-ci et je prends cette occasion là on vous avait parlé de fast fashion au tout début de cette émission et là moi on a un discours dans les discussions sartérielles et dans tout le mouvement qui s'est développé autour de nous et pas que de nous de quelques gens dans le monde entier c'est que ça fait presque 15 ans maintenant aujourd'hui et c'est peut-être pas directement lié à ce sujet mais pour moi c'est important de le dire que ça fait longtemps qu'on dit achetez moins achetez mieux faites en sorte aujourd'hui de plus en plus de jeunes gens redécouvrent les friperies redécouvrent les vêtements de leurs grands-parents redécouvrent la beauté d'un costume trois pièces qui vont payer moins cher qu'un sweatshort adidas vous comprenez donc il y a quelque chose derrière ça aussi d'une démarche éthique et pas simplement de vouloir ressembler absolument à une classe sociale il y a vraiment une démarche réfléchie derrière l'univers que je représente

48:09
Présentateur

mais justement la fast fashion que vous mentionnez Nako Paris est-ce que que vous mentionnez vous Hugo Jacomet est-ce que finalement cette fast fashion reproduit les codes et même permet de les développer ou au contraire le mouvement qui est en train de se mettre en place en face c'est-à-dire la slow fashion acheter moins effectivement et mieux va justement tout unifier on va avoir que des basiques et on va tous se ressembler

48:30
Invité

forcément la fast fashion ça va utiliser à mort les codes puisque c'est pour habiller le plus grand nombre possible moi je dis toujours que je suis le créateur qui habille le moins de gens possible dans le monde parce que je fais les choses que sur commande etc donc la fast fashion moi chaque jour quand il y a quand il y a une boutique de fast fashion qui ferme je célèbre parce que c'est la mort de toute individualité maintenant ça permet à des gens qui n'ont pas de moyens d'accéder à un rang social à un code social etc mais moi je salue la slow fashion etc parce que ça ça renvoie les gens à un choix à un vrai choix après ça ne change pas le problème ils vont choisir même en seconde main un vêtement qui va les rattacher à un code et pourquoi on parlait de pourquoi la femme s'en prend d'abord et toujours en première ligne parce que le corps féminin c'est un enjeu beaucoup plus piquant beaucoup plus épineux que le corps masculin ça l'a toujours été

49:29
Présentateur

bon en attendant Catherine nous écrit par mail je suis ébahie de constater combien la plupart des hommes sont mal habillés aujourd'hui par manque de goût et d'imagination donc prenez ça pour votre grade les amis

49:39
Invité

moi j'ai toujours dit à l'école on nous apprend plein de choses pas tant que ça mais pas mal de choses mais pas à s'habiller en fait et c'est un drame quand on voit les gens dans la rue moi je voulais revenir juste sur ce que vous disiez concernant la question de la fast fashion en fait la fast fashion c'est la démocratisation du style donc effectivement il y a cette idée de tout le monde peu importe les classes populaires peuvent y avoir accès mais ça a aussi permis à des personnes qui n'étaient pas prises en considération par la mode notamment en termes de sizing quand on parle des tailles la fast fashion a permis à des personnes grosses de pouvoir s'habiller avec du style et ne plus justement devoir aller dans des boutiques spécialistes mais ma question était

50:14
Présentateur

sur l'avenir Mélodie Thomas est-ce qu'aujourd'hui du coup d'appeler à acheter moins des choses de qualité finalement il va pas y avoir une dé comment dire c'était diversifié une dédiversification moi je pense que c'est l'inverse

50:25
Invité

moi je pense que ça c'est un peu une idée reçue qu'il y a eu longtemps sur les vêtements en tout cas éco-responsables ou en tout cas les marques qui essayent d'avoir une mode un peu plus responsable sur l'environnement aujourd'hui c'est un petit peu je trouve que c'est totalement faux il y a plein de créateurs qui font des choses très très belles très très esthétiques même avec des matières qui sont beaucoup plus durables donc je pense que on va pas régresser d'un point de vue style simplement parce qu'on porte des vêtements de meilleure facture

50:50
Présentateur

bon en tout cas sachez qu'on a lancé un petit sondage sur Twitter alors je précise ce qui n'est absolument pas représentatif puisque c'est ma communauté plutôt écolo je le précise vu l'émission La Terre au Carré que je fais l'année vêtements neufs ou fripes on a lancé le sondage alors c'est presque 72% pour les fripes et 28% pour les vêtements neufs c'est un mouvement

51:09
Invité

qui dans l'élégance masculine classique que je représente qui est extrêmement important vous vous rendez pas compte à quel point évidemment aller chez le tailleur local qui est en termes d'empreintes écologiques ce qui se fait de mieux je vais chez mon tailleur le tissu est coupé sur place il est assemblé à la main sur place donc en termes d'empreintes écologiques mais l'inverse de la fast fashion exactement c'est l'inverse de la fast fashion

51:29
Présentateur

mais il faut avoir le pouvoir d'achat Bastien Salvin

51:31
Invité

la fast fashion comme vous dites qui répond finalement à des besoins de size ou autre répond à des besoins qu'il a créé aussi en fait parce que finalement avant que la fast fashion commence à dire regardez acheter acheter acheter parce que c'est pas cher et qu'il faut avoir de plus en plus de vêtements avant on avait deux costumes on se faisait un tailleur d'hiver un tailleur d'été et même enfin sûrement jusqu'au Moyen-Âge les grandes duchesses etc.

avaient l'autorisation par type le bel en 1894 d'avoir 4 habillements par an maximum on parle de grandes grandes duchesses aristocrates et tout et tout le monde s'en contentait mais la fast fashion justement en produisant toujours à moins cher et donc pour vendre moins cher c'est acheter acheter parce qu'il faut avoir des vêtements différents etc.

et donc elle a créé des problèmes qu'ensuite bon alors elle a peut-être comblé mais elle a créé un mode un mode de consommation qui est devenu totalement incontrôlable aujourd'hui et heureusement les nouvelles générations sont conscients et vont contre après elle a réglé un certain nombre de problèmes notamment pour les grandes tailles puisque moi on me pose souvent la question en plus étant oversize moi-même pourquoi dans l'industrie du luxe parce que les gens qui sont gros sont discriminés donc n'ont pas d'argent donc la fast fashion a répondu parfaitement maintenant en leur faisant consommer de la merde les gens s'habillent avant chez un tailleur selon leur taille seulement mais en 2022 il faut avoir beaucoup d'argent pour ça mais aujourd'hui oui et justement c'est pour ça et moi je vais revenir sur le sondage et il y a un peu cette histoire aussi enfin c'est très bien la question du vintage mais aujourd'hui on a aussi ce problème du vintage qui est consommé comme de la fast fashion donc je pense qu'il faut faire très attention à ça le vintage a quand même permis parce que vous avez parlé de pouvoir d'achat sur le tailleur etc oui un tailleur en grande mesure mais là de plus en plus il y a de plus en plus d'opportunités pour les jeunes gens qui s'intéressent au style classique de s'habiller à peu de frais je peux vous le garantir dans des friperies spécialisées dans l'élégance classique et qui peuvent embrasser ce mode de vie sans se ruiner même des étudiants

53:21
Présentateur

une minute j'ai encore deux questions à vous poser d'abord je vous cite le message qu'on vient de recevoir de Goulven qui porte son kilt régulièrement j'ai parfois des félicitations de la jean féminine je souhaiterais que la jupe pour homme ou le kilt se démocratise moi je voulais savoir l'impact quand même du Covid du confinement très vite parce qu'il nous reste vraiment 30 secondes les mecs qui faisaient leur visioconférence finalement en jogging voire en caleçon qui mettent une chemise une veste Hugo Jacomet est-ce que ça vous est peut-être arrivé et est-ce que finalement ça ne veut pas dire qu'aujourd'hui il y a une espèce de volonté de confort par-dessus l'apparence

53:51
Invité

oui alors moi alors moi ça ne m'est pas arrivé parce qu'il se trouve que je fais des émissions YouTube et que je suis filmé de la tête au nom donc je ne pense pas que mon auditoire aurait été très très heureux mais je pense que la notion de confort elle est à mettre en opposition à la notion d'effort que l'on fait comment on veut se présenter à autrui qui pour moi est le message principal moi je pense que l'un n'empêche pas l'autre aujourd'hui je pense à ma manière élégant et tout à fait confort à l'aise dans mes tennis blanches

54:19
Présentateur

bon alors est-ce que vous pensez en un mot oui non que les codes vestimentaires ont de l'avenir

54:23
Invité

ah oui ils continuent d'en avoir malheureusement oui mais je vais faire tout pour exploser tout ça

54:30
Présentateur

merci beaucoup à tous les quatre donc Mélodie Thomas journaliste à Marie-Claire Bastien Salva historien de la mode et du costume Hugo Jacomet qu'on retrouve donc sur Parisienne Gentleman et la chaîne YouTube Discussions Sartorial et puis vous Naco Paris artiste créateur seul styliste qui n'aime pas la mode et qui le revendique bon après-midi tout le monde et à demain même lieu même heure on parlera du vote et des jeunes Sous-titrage Société Radio-Canada

Codes vestimentaires : peut-on toujours s'habiller comme on veut ? · Pourquijevote