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interviewLe Figaro (sur YouTube)· 4 janvier 2011 11 min

Le Talk - Nicolas Dupont-Aignan - Le Figaro

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonsoir, bienvenue au TO orange de Figaro. Nous recevons ce soir Nicolas Duponignan, député de l'essonne et président de Debout la République. Nicolas Duponignan, bonsoir.

Bonsoir. Vous vous avez demandé une reprise du pouvoir par les Français. Alors, est-ce que c'est un appel à l'insurrection ?

Oh, pas à l'insurrection, mais à l'insurrection dans les urnes. Oui, pour euh qu'enfin les Français euh puissent euh être gouverné en fonction de leurs intérêts et non pas euh des intérêts d'autres pour ne pas employer de vilain mot, c'est-à-dire euh de la Chine, des États-Unis, de l'Allemagne, des banquiers, des multinationales. Je crois qu'on arrive à la fin d'une période que notre peuple comme d'ailleurs les autres peuples ne supportent plus la manière dont ils sont gouverné par l'oligarchie financière et politique.

C'est un peu ce que vous avez dit au lendemain des vœux de Nicolas Sarkozy où vous avez dénoncé une nouvelle capitulation devant les puissances de l'argent. Sa gestion de la crise avait été à peu près unanimement saluée à droite comme à gauche. Comment expliquez-vous votre grande solitude dans cette critique ?

Alors, je ne crois pas être seul. Euh, des millions de Français ont compris que le président de la République en euh voulant à tout prix sauver l'euro en fait sauvait un système financier. Euh quand on donne des milliards à la Grèce, soit-disant au nom d'un plan de sauvetage, on sauve pas la Grèce, on sauve les banquiers qui ont mal placé leur argent.

Ce n'est pas un don, c'est un prêt. Oui, un prêt qui deviendra un don. Donc en fait le président de la République, excusez-moi, en tout cas pour les banques, le prêt a été prêt et a déjà rapporté.

Écoutez, on peut s'apercevoir que l'Union européenne dans l'ensemble des tous les pays, ça a été un prêt qui devient de plus en plus un don. On n'aide pas les peuples. On est en train et le président de la République a affiché très solennellement son intention lors des vœux de soutenir ce système.

Il avait l'occasion de prendre acte de la faillite de l'euro, d'essayer de construire autre chose. Non, il est solidaire de ce système qui est en train d'épuiser les économies européennes et l'économie française, de nourrir le chômage de masse, la croissance lente et à terme l'explosion sociale et politique. Moi je dis danger, une autre voie est possible.

On peut gouverner la France différemment. On peut se faire respecter des banques. On peut mieux affronter la mondialisation, protéger les Français.

Il y a une autre politique est possible. Bruno Lorou, le député socialiste, était notre invité hier. Il vous a posé une question à ce sujet.

Le raisonnement qui permettrait de dire que l'euro nous a moins bien protégé que le franc, je n'arrive pas à le trouver et donc je voudrais qu'il puisse me donner son avis là-dessus. Ben écoutez, c'est très simple. La preuve par les faits, le pouvoir d'achat, toutes les ménagères et tous les personnes qui font leurs courses, femmes et hommes, savent combien l'euro a plombé le porte-monnaie.

Et puis maintenant le chômage de masse, la déflation salariale. Est-ce qu'on voit que l'euro est en train de placer la France dans exactement la politique qu'a mené l'Aval dans l'entre de guerre qui était une politique de récession cumulative, de déficits commerciaux, de déficit budgétaires, de perte de liberté. Et moi, je veux que les Français puissent reconquérir leur liberté monétaires pour relancer l'emploi.

Monsieur Lerou n'a pas vu sans doute qu'il y avait des millions de chômeurs en Europe à cause de cette politique monétaire suicidaire. Est-ce que la France peut sortir seule de l'euro et de se couper ainsi de ses voisins européens ? Mais elle ne se coupera pas de ses voisins européens puisque le système va exploser.

La question n'est plus faut-il sortir de l'euro ? La question c'est quand et comment ? Et moi, je propose de sortir dans le calme de l'euro.

Je propose même de le garder comme monnaie commune éventuellement pour des échange interbanca, mais de redonner la liberté monétaire pour tout simplement que la monnaie ne soit pas surévaluée, que nos PME, j'ai visité encore ces dernières semaines, des PME asphyxiers puissent recréer de l'emploi en France. L'industrie automobile a délocalisé quasiment la moitié de sa production. Mais quand il y aura plus de salaire dans notre pays, est-ce que je peux vous avez vu sur internet cette histoire ?

Je sais pas Est-ce que vous l'avez vu étonnante. C'est un monsieur qui se lève le matin euh il appuie sur son réveil qui est fabriqué en Corée, il enfile un pantalon qui est fabriqué en Chine, il prend une voiture qui est fabriquée au Japon. Il va où ? il va au Pôle emploi à partir du moment où dans un pays on ne produit plus ce qu'on consomme, ça peut pas durer longtemps.

Toujours moins d'emploi en Franceel est le rapport et toujours plus entre parenthèses aussi d'immigration. Ça peut pas durer. Quel est le rapport entre l'euro et le coût du travail qui est supérieur en France à ce qu'il est dans le reste du monde évidemment dans les pays émergents mais même par rapport à l'Allemagne ?

Mais il est colossal. Quelle est la relation de cause à effet ? il est colossal aujourd'hui une entreprise est-ce que c'est à cause de l'euro que le l'heure de travail est la plus chère au monde en France ?

Je renvoie dans l'autre sens. Pourquoi à votre avis la Pologne, l'Angleterre, le Danemark, la Suède, je prends l'exemple de la Suède qui a un coût horaire du travail quasiment identique au nôtre. Pourquoi la Suède s'en sort et pas nous ?

Pourquoi la Pologne a eu la plus forte croissance ? Là, le coût horaire n'est pas le même. Mais prenons la Suède et Dam qui s'appelle la flexécurité. parce que tout simplement elle a une monnaie elle a une monnaie 30% moins chère elle a la liberté monétaire pourquoi à votre avis la Chine et les États-Unis laissent filer leur monnaie pourquoi l'Europe serait le dadon de la farce qui est en train de se produire c'est la destruction de l'Europe par l'eur et moi je ne souhaite pas la destruction de l'Europe.

La meilleure façon de ne plus dresser les pop les uns contre les autres, c'est de sortir de ce systèmes et de retrouver de la flexibilité et que la France puisse investir dans les domaines d'avenir avec une monnaie qu'elle maîtrise. À propos de l'Europe, justement, nous avons des questions d'internautes qui qui vous qui vous interrogent à ce sujet à nommé Ker vous demande monsieur Dupontignan à l'heure où le FN par opposition à Nicolas Sarkozi se recentre sur l'euroscepticisme, comment comptez-vous marquer votre différence ? Mais pourquoi j'aurais à marquer ma différence ?

Je défends une France maître de son destin et je défends le rassemblement des Français. À la différence d'ailleurs du FN qui ne vous n'avez pas l'impression pas l'impression de viser aussi les les déçus les frustrés de la mondialisation ? Mais les frustrés de la mondialisation ce sont des femmes et des hommes qui vivent un enfer et le retour de la jungle.

Il y a que la petite oligarchie parisienne qui ne se rend plus compte à quel point nos compatriotes souffrent. Il y a pas les frustrés. Il y a le peuple français qui n'en peut plus de vivre dans un pays qui a de moins en moins d'emplois, de moins en moins de pouvoirs d'achat, où c'est la régression sociale permanente et qui ne se défend pas et qui est euh totalement vaincu économiquement par des pays qui ne respectent aucune loi.

Alors, on peut revenir à l'esclavage, on peut venir à des salaires. Monsieur Segela aujourd'hui se fait les citer des Chinois qui étaient sans doute très heureux. On voit qu'il a pas été travaillé dans un camp de travail en Chine.

Ce sont des nouveaux esclaves à 50 € par mois avec des dortoirs, des femmes et des hommes. C'est ça qu'on veut pour la France. Moi, je ne veux pas. 50 € par mois, c'est la c'est la moitié du salaire moyen chinois et c'est et c'est pas dans les camps de travail.

Ah bah écoutez, pardonnez-moi, j'ai été visiter des usines, aller visiter les usines où sont fabriqués les téléphones portables. Vous verrez qu'il y a les dortoirs des femmes et des hommes et des milices privées qui gardent les usines et des suicides. Est-ce qu'on veut ça pour la France et l'Europe ?

Si l'Europe n'est pas capable de se défendre, si l'Europe n'est pas capable de mettre en place un protectionnisme, si l'Europe n'a pas la volonté de produire chez elle les produits qu'on consomme, alors oui, nous deviendrons une zone touristique, une sorte de parc de loisirs. Moi, je ne veux pas ça pour mon pays et mes enfants. Par la la virulence de vos critiques, vous vous rapprochez aussi beaucoup de Dominique de Villepain.

Jusqu'où peut aller ce rapprochement ? Est-ce qu'il est toujours question que vous constituiez par exemple un groupe avec les villepinistes de l'assemblée ? Écoutez, les vilpinistes de l'Assemblée sont restés à l'UMP.

C'est leur choix. Mais encore une fois, moi je ne vois pas les choses en fonction des étiquettes ou des personnalités. Je vois les choses en fonction des projet.

Mon projet politique. Oui. Mais ce qui compte, c'est ce qu'on veut faire de la France.

Moi, je veux qu'on sorte de l'euro. Je veux rétablir les contrôles aux frontières pour faire cesser l'immigration massive. Je veux rassembler les Français autour des valeurs de la République, l'école de la République, une justice qui fonctionne, des forces de police qui rétablissent un minimum d'ordre public.

C'est ça qui m'intéresse. Donc ce qui m'intéresse, c'est de savoir par exemple ce que monsieur de Villepin propose sur la crise de l'euro. Mais je ne raisonne pas en fonction de alliance, pas alliance.

Je raisonne en fonction d'un projet politique que je défendrai en 2012. Et ce projet, vous le connaissez, il est très précis parce que je crois qu'on n' pas le droit de laisser la France dans l'état où elle est. Et je suis le seul candidat à promouvoir ces idées-là.

Le seul. Bah Dominique de Villepa se se ce flatte de les promouvoir aussi. Mais euh par exemple, on peut pas imaginer un ticket entre lui et vous en 2012 ?

On verra. En tout cas, moi si Dominique de Villepin veut sortir de l'euro, contrôler les frontières nationales, ce sera un grand pas vers euh vers ma candidature. J'en serai heureux.

Vous n'avez pas peur que la multiplication des candidatures à droite aboutisse à un second tour entre Marine Le Pen et le ou la candidate socialiste, autrement dit à un bâril à l'envers. Vous savez ce qui peut aboutir à cette solution, c'est le désastre de la politique menée aujourd'hui et le silence de personnalité de l'UMP qui n'en pensent pas moins, qui sont très inquiètes et qui ne disent rien. Et je crois au contraire que mon devoir, c'est de dire qu'on peut rétablir davantage l'ordre public.

J'ai proposé par exemple une proposition de loi sur la suppression des remises de peine automatique. J'attends que mes collègues la votent. On peut relever l'école publique sur l'effort, le mérite.

Il y a des mesures à prendre. On peut sortir de l'euro pour relancer nos exportations. Le problème d'aujourd'hui, c'est pas de savoir s'il y aura x candidats.

La question majeure, c'est qu'est-ce qu'on offre comme destin à nos compatriotes ? Est-ce qu'on est capable de parler enf de la France et des Français et de leur donner une perspective et de reprendre en main ? Tout à l'heure, vous me posez la question de savoir pourquoi je parlais de d'une reprise du pouvoir par les Français.

Bah les Français voudrai qu'on gouverne pour eux et oui, pour eux et pas pour certains. Est-ce qu'il vous semble que François Fillon, si le cas se présentait, incarnerait un avenir meilleur pour la France que Nicolas Sarkozi, lui qui se réclame des manes de de Philippe Sega ? Mon problème c'est pas d'avoir un calife à la place du calife.

C'est de savoir ce qu'il propose que je sache, il a mené la politique de Nicolas Sarkozy. Donc je ne vois pas de différence. Ça sert à rien de se draper dans les souvenirs.

Surtout quand on fait l'inverse de ce que voulait Philippe Séin. D'accord. Et ben Nicolas Dipontor, je vous remercie.

Demain, nous recevrons un de vos collègues de la mais collègue socialiste Julien Dray. Bonsoir et à demain pour un nouveau to orange le Figaro. Voilà. [Musique]