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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 10 juin 2024 34 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSécurité

Dissolution de l’Assemblée nationale : le pari risqué de Macron avec l'extrême droite

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que la dissolution vous inspire sur le plan constitutionnel ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Peut-on rapprocher cet épisode d'autres dissolutions passées comme 1962 ou 1968 ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron avait-il d'autres options que la dissolution ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Peut-on imaginer une coalition large comme en 1997 avec Jospin ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Le Rassemblement National est-il aujourd'hui un parti classique en termes de discipline ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Jean lesmarieFait
    « Emmanuel Macron n'avait finalement guerre d'autres hypothèses »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

c'est donc le choc comme le dit le Figaro après les européennes la dissolution au soir de la victoire écrasante du rassemblement national et de la cuisante défaite de la majorité le chef de l'État a annoncé donc qu'il convoquerait des élections législative pour la fin du mois de juin pour évoquer ce moment politique nous sommes en compagnie de l'historien Nicolas Rousselier bonjour Nicolas Rousselier bonjour On vous doit un livre devenu un classique la force de gouverner le pouvoir exécutif en France aux éditions galimar et justement il est question des décisions du pouvoir exécutif la dissolution qu'est-ce que ça vous inspire sur le plan constitutionnel tout d'abord Nicolas auselier alors la dissolution justement c'est l'une des armes qui peut justifier l'expression de force de gouverner installée par la 5e République installée par De Gaulle auparavant avant la 5e République une la dissolution était au contraire l'abomination de la désolation c'était vraiment considéré comme un péché capital du point de vue de la tradition républicaine c'est la tradition centrée sur le Parlement en gros si vous faites la dissolution du Parlement vous faites un crime de l'ISE Majesté parce que la majesté est dans la nation assemblée c'est-à-dire le Parlement et c'est considéré comme un coup de force donc les termes de bonapartisme le souvenir aussi de mcmaahon qui avait procédé à la dissolution en 1877 face à ce qui s'annonçait être comme une majorité républicaine tout ça avait donné une extrême mauvaise image pourquoi de Gaulle place la dissolution comme une arme essentielle une arme qu'on appelle enendroit un pouvoir propre donc il l'utilise sans avoir besoin de passer par un feu vert d'un autre organe donc c'est vraiment un pouvoir complet c'est parce que de Gaulle conçit en 1958 de même que son bras droit Michel Debray que la France d'une certaine manière la France parlementaire dans le Parlement ce sera toujours en France ingouvernable dans le sens où on n'est pas comme en Angleterre ou dans d'autres pays il n'y a pas de parti qui peut vraiment gagner l'élection à lui tout seul de toute façon même les partis peuvent se diviser à l'intérieur d'eux même bref il faut trouver des moyens en quelque sorte externes au Parlement pour imposer une discipline qui ne peut plus venir du du du Parlement lui-même donc si vous voulez la 5e République depuis le départ est en quelque sorte le deuil ou un renoncement à faire de la politique par la nation assemblée euh donc la aspect qu'on pourrait appeler peut-être pas antiarlementaire mais un un aspect de doute fondamental sur le parlementarisme donc la dissolution c'est un moyen de résoudre une crise quand effectivement l'exécutif veut reprendre la main au détriment de du Parlement alors ce qui est l'aspect vraiment nouveau de de hier de hier soir c'est qu'en fait on dissou le Parlement alors qu'on a fait des élections européennes donc on blâ en quelque sorte l'Assemblée nationale alors que en quelque sorte elle n'a rien fait hier pour les élections européennes ce qui fait que la dissolution peut être pensée comme une prise en compte du résultat des européennes par Emmanuel Macron mais aussi évidemment de ce qui s'est passé depuis 2 ans la l'échec en réalité a faire un parlementarisme nouveau de coalition et de votes alors certains votes ont été réussis enfin en tout cas certains votes sont passés mais au forceps notamment avec le 493 donc alors ça c'est la dimension inédite oui Nicolas roussolier est-ce qu'au contraire il y aurait une manière de rapprocher cet épisode d'autres épisodes passés oui alors l'épisode qui ressemble le plus il y a deux épisodes qui ressemblent le plus c'est 62 et 68 donc on voit qu'on est au début du régime 62 parce qu' il y a une motion de censure qui a été voté donc en fait on punit le coupable le coupable c'est une assemblée qui n'a pas voulu maintenir le le gouvernement Pompidou donc de Gaulle punit en quelque sorte celui qui a rejeté le Premier ministre et ensuite il G d'ailleurs les élections et ce ce coup de force de 1962 c'est aussi le début par les élections législatives la production l'émergence d'un fait majoritaire d'une discipline ce qui à mon avis ne va pas du tout se passer fin juin début juillet 68 évidemment c'est peut-être le plus connu il y a les événements du mois de mai et là de Gaulle fait une dissolution pour en fait renforcer sa majorit en fait pour capter l'effet en quelque sorte conservateur la majori silencieuse qui avait été choqué par les événements c'est un peu ce qu'avait essayé de faire Jacques Chirac en 1997 mais si mes souvenirs sont bons ça ne s'était pas déroulé exactement comme il le souhaitait VO voilà donc 97 c'est pas au milieu d'une crise pas aussi forte que 62 ou 68 c'est plutôt par pour anticiper une éventuelle crise et ne pas attendre 1998 qui aurait dû être les le moment des élections législatives donc 97 c'est plutôt un un événement hybride qui qui effectivement qui a débouché sur un un échec cuisant de la majorité sortante qui est devenue une minorité et ça a été le début d'une nouvelle cohabitation avec le gouvernement Jospin dont il faut rappeler qu'il était une très large coalition arc-en-ciel et c'est l'un des enjeux qu'on va voir apparaître dans les 3 semaines à savoir est-ce qu'il peut y avoir une coalition aussi large que celle de Jospin 97 juste pour en finir avec les rappels constitutionnels la dissoluion la dissolution est un pouvoir propre le chef de l'État a le droit de dissoudre chaque année oui parce que là pendant 1 an il ne pourra plus donc c'est un un pouvoir qu'on peut utiliser oui à peu près une fois par an euh si si on veut multiplier il faut aussi rappeler que la dissolution si on ouvre un petit peu la fenêtre sur l'étranger la dissolution était dans d'autres traditions politiques je pense surtout à la Grande-Bretagne tout à fait normale tout à fait traditionnelle elle n'avait pas du tout la connotation Bonar artiste si vous voulez de coup de force parce que elle était utilisée par un Premier ministre qui est responsable devant sa la Chambre des communes donc la dissolution à l'anglaise n'est jamais apparu comme un véritable coup de force c'est souvent d'ailleurs ce qu'on appelle des élections anticipé là ce qu'a fait le président Macron on peut pas le classer dans si vous voulez la dissolution classique à l'anglaise normale c'est-à-dire juste pour anticiper d'un an les élections parce que là les élections elles devaient avoir lieu dans 3 ans donc c'est c'est c'est c'est vraiment tout à fait différent c'est différent c'est euh non pas un coup de force enfin je vous laisse d'ailleurs qualifier ça comme vous voudrez mais en tout cas pour la presse c'est ce qu'il est appelé un coup de poker un Paris et là on est plus dans le registre du jeu un jeu peut-être grave Nicolas Rousselier mais en tout cas une forme de prise de risque du président de la République c'est comme ça que vous voyez les choses oui bien sûr enfin je pense comme comme tout le monde tout le monde est sous le choc hier soir ou ce matin ce ce qui est très très choquant pour le coup si vous voulez ou très intrigant c'est c'est plutôt en réalité le le calendrier le raccourcissement du calendrier le fait que les élections qui sont annoncées sont dans 3 semaines cela raccourcit la campagne et on pourrait dire que ce raccourcissement de la campagne va faire que la campagne européenne se prolonge et du coup si la campagne EUR eurne se prolonge dans 3 semaines pourquoi les les résultats seraient si différents de ce de ce d'hier soir il y a quand même une une une un élément qui est législatif et qui n'est pas du tout dans les européennes il y a d'abord le mode de scrutin à deux tours qui va jouer mais c'est surtout dans la tête des électeurs l'effet va apparaître ou ne pas apparaître ça personne ne peut le dire c'est-à-dire l'effet gouverner parce que là dans les européennes effectivement on se dit on va exprimer tout ce qu'on a sur le cœur je pense au aux électeurs rassemblement national parce que ce sont les Européennes et puis bon dans l'assemblée européenne on peut peut-être puser plus sur les politiques publiques européennes mais il y a pas du tout l'idée de gouverner la France tandis que la Législative tout le monde va comprendre que le président se met en quelque sorte en retrait et laisse l'élection législative ça c'est ça qui est très nouveau l'élection législative va désigner le gouvernement sur le calendrier de toute façon il n'avait guère le choix pu que il faut que de nouvelles élections soient faites entre 20 et 40 jours donc il restait le 14 juillet 14 juillet éit une date effectivement un peu curieuse pour des élections est-ce une manœuvre politique pendable selon vous Nicolas Rousselier écoutez de depuis hier soir j'essaie de de de réfléchir un peu comme tout le monde je crois qu'il y a un peu de manières de voir les choses parce que vos vos auditeurs ont certainement aussi ça en tête probablement qu'une partie des auditeurs sont complètement révulsés parce qu'il se passe il ils peuvent se dire que le président Macron finalement est pris par une sorte d'autointoxication il veut absolument garder la main donc il il a volé la vedette hier soir à bardellaa finalement puisque on ne parle que de la dissolution et on dit qu'il veut rester le maître des horloges donc il y a peut-être effectivement un caractère idiosyncratique un aspect caractériel certains doivent P ça ce matin en se disant bon quelque sorte c'est une dissolution de folie et et un c'est même pas un Paris c'est un un un saut dans l'inconnu et un inconnu très inquiétant de l'autre côté l'aspect qui serait si vous voulez plus réaliste plus favorable à l'image qu'on peut avoir de la décision de Macron ce serait de dire bah non le la crise elle est là le mal est déjà là si on veut le voir comme un mal à savoir il y a 30 32 % pour le rassemblement national c'est deux fois plus que la liste présidentielle donc il faut prendre les choses telles qu'elles sont prendre le taureau par par les cornes donc je dissous l'Assemblée nationale au au risque bien entendu que euh les résultats de la législativ soient assez semblables aux européennes c'est-à-dire qu'on irait vers un gouvernement alors là après c'est les spéculations un gouvernement de coalition droite anciennement modérée extrême droite ou gouvernement extrême droite avec quelques ralliier bon là ce sont des spéculations mais le risque est évident c'est-à-dire la prise de risque c'est que euh l'assemblée soit penche nettement vers l'extrême droite ce qui oblige le président n'ura pas tellement de marge de manœuvre on retourne vraiment au fonctionnement parlementaire he j'insiste sur le mot parlementaire parce que c'est la 3e comme la 4e République un président à cette époque là n'avait pas de pouvoir sauf celui de choisir le président du conseil et président du Conseil bon ben il y avait pas tellement de marge de manœuvre il fallait choisir le député qui pouvait rassembler une majorité vivable bon en fait VI c'était souvent que pour un an sous la 4e république Nicolas Rousselier on se retrouve dans une vingtaine de minutes on tentera de comprendre comment cet épisode qui demeurera dans l'histoire comment cet épisode s'inscrit dans le macronisme on fera une forme de de bilan du macronisme avec vous je rappelle votre livre la force de gouverner le pouvoir exécutif en France aux éditions galimar 6h30 9h les matins de France Culture Guillaume Herner 8h21 nous continuons d'évoquer ce choc après les européennes donc la dissolution nous sommes en compagnie de nos camarades de la rédaction Stéphane Robert et Jean lesmarie Nicolas Rousselier une réaction à ce que vient de dire mon camarade Jean lesmaris Emmanuel Macron n'avait finalement guerre d'autres hypothèses il y a une forme de rationalité dans ce choix de la dissolution mais mais une question est-ce que cela peut résoudre la crise politique alors il y a une hypothèse que jean-lmarie n'a pas évoqué c'était de ne rien dire hier soir de ne pas intervenir de laisser les élections européennes filer un peu à l'anglaise en avec un mauvais résultat mais tout en disant ça concerne le Parlement européen c'est un défouloir comme très comme ça l'a été très souvent en 2014 faut se souvenir que la liste soutenue par françoisan la liste de majorité présidentielle faisait 14 % il s'est rien passé donc on peut laisser filer et c'est un un peu une manière politicienne parce que on regarde de l'autre côté la maison brûle pour faire une référence et on regarde de l'autre côté et effectivement je suis d'accord avec Jean les mararie on peut créditer qu'on aime ou qu'on aime pas on peut créditer d'un point de vue stratégique Emmanuel Macron de ne pas avoir détourné le regard et de se dire on redonne la parole au peuple en ce sens il s'inscrit dans la tradition Gauliste et comme disait Rener Raymond là et Rener Raymond a été beaucoup critiqué pour ça par les golistes c'est du golisme vraiment dans la version du bonapartisme c'estd l'appel au peuple mais l'appel au peuple mais aussi chez de Gaul il y avait une relation compliquée au peuple l'idée donc que les Français étaient des dévau qu'on pouvait les punir lorsque de GA a fait le référendum l'ultime référendum il est parti bref il y a cette relation là vous la voyez aussi dans la oui j'ai pensé aussi parce que ça peut être aussi une manière de dire parole au peuple le peuple va sortir quelque chose ça sera très compliqué l'accouchement peut d'ailleurs durer assez longtemps il peut y avoir des tractations un peu à la belge qui vont et ça ce sera une première pour la France où en fait on aura un gouvernement des affaires courantes gouvernement àal pendant l'été pendant les Jos mais ensuite un gouvernement bon X et effectivement il faut il faut bien se souvenir que la 5e République est duale il y a deux étages il y a un premier étage classique qui vient de la tradition républicaine parlementaire on fait des lois on fait des réformes par le Parlement évidemment et pour ça il faut une majorité et très difficile sera la composition de majorité mais d'autre part et c'est bien sûr de Gaulle qui avait voulu ça on externalise c'estd on exfiltre de l'arène parlementaire un certain nombre de pouvoirs pouvoir propre initiative diplomatique la guerre et la diplomatie le politico militaire ça c'est ça a été externalisé hors de ce dangereux forum parlementaire que de Gaulle détestait donc on peut avoir quelque chose comme le forum parlementaire est très compliqué il avance qu'à un cas bon d'ailleurs ça fait déjà 2 ans qu'il a qu'il qu'il fait du cabotage donc finalement on aura peut-être une autre forme de cabotage entre 2024 et 2027 pendant ce temps-là j'allais dire de GA faire un lapsus pendant ce temps-là Emmanuel Macron continue son rôle international la guerre en Ukraine dont il a il a pris une pôle position Hamas contre Israël et puis l'Europe il va y avoir un G7 je crois dans quelques jours donc la la surface du président de la République par la 5e reste si vous voulez autonome par rapport à tout ce qui peut se passer en désordre en contre-ordre venant du Parlement alors entre de Gaulle et la période actuelle l'une des choses qui a changé Nicolas Rousselier singulièrement pour cette assemblée-là peut-être pour la prochaine qui sait c'est le fait qu'il n'y a non plus deux forces mais disons trois forces trois blocs pour Thomas picketti et Julia CAG il est compliqué de conjuguer la démocratie française sous sa forme en tout cas héritée de la 5e République avec trois blocs qu'est-ce que vous en pensez alors je pense que la notion de bloc est complètement fausse surtout depuis 2016 2017 on est dans un dans une période historique complètement nouvelle euh caractérisée par la crise des partis la crise de la capacité à mettre en discipline un groupe parlementaire c'est ça qui est la plus grande caractéristique donc il à la fois individualisation ou c'est plus peut-être même on peut dire c'est des grappes c'est-à-dire que là par exemple la prochaine majorité elle va se faire avec un quand même un parti euh vertébré un parti central mais embauchant grappe par grappe si c'est par exemple rassemblement national embauchant petite grappe par petite grappe le reste des LR voir d'autres d'autres députés donc grappes individuel de députés vous voulez dire oui oui de députés donc est-ce que des grappes individuelles débauché dans un gouvernement c'est ce qu'Emmanuel Macron a fait et oui mais là toute la nouveauté c'est qu'il va refaire il va falloir refaire presque réinventer un parlementarisme adapté à la situation complètement chaotique c'est ça qui est le à la fois le plus audacieux de la part de d'Emmanuel Macron mais aussi le le plus dangereux c'est qu'en fait il laisse au Parlement la la le gage de retrouver une forme de cohérence bon mais alors justement parce que dans la constitution de la 5e République il y avait un certain nombre de manœuvres je vais vous demander d'ailleurs de de nous rafraîchir la mémoire à cet égard pour faire du parlementarisme rationalisé est-ce que là on nassiste pas à la faillite du parlementarisme rationaliser quelques mots sur cette form le parlementarisme rationalisé c'était un moyen pour la force de gouverner le gouvernement gouvernement ici ça veut dire à la fois le Premier ministre et le président qui sont sur dans le même parti le moyen en cas si vous voulez de défritement de la majorité présidentielle on utilise le 493 on utilise des instruments dans le Parlement pour forcer le Parlement à gouverner pour forcer le Parlement à voter parfois sans une majorité réelle à voter par exemple la réforme des retraites ça c'était la conception initiale ce qui se passe depuis 2 ans c'est que ça a été en partie dévoyé parce que ça n'est pas une majorité réelle que l'on recompose depuis 2 ans c'est une absence de majorité absolue donc en fait on a utilisé le 493 le parlementarisme en rationalisé pour se substituer à un fait politique qui n'existe pas or là ce qui va sortir des législatives peut-être que ce sera encore plus un gouvernable il y aura pas de bloc il y aura pas de bloc il y aura une dispersion des ententes donc une une une coalition à faire sauf que là la coalition a été introuvable la coalition depuis jusqu'ici depuis 2 ans elle n'a pas été mise sur pied dans ces conditions Nicolas Rousselier qu'est-ce que l'on peut imaginer qu'est-ce qu'une 5e République avec une impossibilité de former une majorité c'est vraiment une inconnue là je peux pas vous aider désolé je peux pas vraiment apporter un élément le parlementarisme rationalisé peut se la force du parlementarisme ration is peut effectivement se se dissoudre patiner dans la chocroute parce que il faut au parlementarisme rationaliser il faut quand même un fait majoritaire mais alors parce que dans le parlementarisme rationalisé il y a notamment la nomination du chef de gouvernement ce chef de gouvernement c'est le premier problème auquel va être confronté Emmanuel Macron ou bien il y a une majorité claire et dans ce cas-là il est obligé d'accorder à cette majorité claire un Premier ministre faute de quoi il y aura une motion de défiance immédiate et le gouvernement ne pourra pas être créé s'il n'y en a pas qu'est-ce qui se passe s'il y en a pas imaginons alors je sais que vous n'aimez pas le mot mais imaginons un effritement on peut quand même dire un bloc d'extrême droite un bloc de gauche et un bloc présidentiel quel que soit d'ailleurs les pourcentages respectif de ces trois blocs il y aura toujours même à quelques éléments près il y aura toujours un bloc s'il faut utiliser ce mot-là qui aura un nombre supérieur de députés une majorité relative une majorité relative mais la majorité relative est-elle suffisante pour nommer un Premier ministre oui bien sûr ça n'empêche pas ce qu'il faut c'est qu'il y ait pas de motion de censure qui soit voté à la suite de cetteation c'est arrivé sur la 3è République où il y a a des présidents du conseil dont le nom figure sur la liste glorieuse des Présidents du Conseil de la 3e république et qui ont gouverné entre guillemets pendant un jour le temps de se faire dégommer par un vote de la Chambre des députés donc il y a la motion de censure qui peut intervenir à tout moment à tout moment mais si vous vous placez dans l'hypothèse où c'est plutôt le bloc extrême droite avec quelques ralliments de l'ancienne droite dite modérée qui a une majorité relative elle peut gouverner tant que le bloc central c'est-à-dire ce qui va rester desmacronistes ne va pas voter une motion de censure avec la gauche donc les macronistes risquent d'être de sur le pied au pied du mur devant un dilemme y compris morale terrible tant qu'ils ne vote pas avec l'opposition de gauche ils maintiennent de fait ils sont alliés objectifs de ce futur gouvernement Bardella je mets les choses au pire hein si on se situe du point de vue macroniste et de la gauche mettez les choses au pire mais d'un côté si on puisque j'ai sous les yeux un certain nombre de de prévisions puisqu'il va y avoir de de de savants calcul évidemment euh bah oui c'est c'est déjà c'est déjà le cas et donc parmi les prévisions donc on donne entre 243 et 300 CQ sièges au rassemblement national attention c'est une projection et cette projection elle ne dépend que des élections européennes ensuite il peut y avoir toutes sortes de choses mais dans cette hypothèse là il y a à la fois une majorité qui est ou bien une majorité réelle ou bien une majorité relative en fonction de la fourchette du rassemblement national celle-ci si ça n'est qu'une majorité relative peut être renversée par une coalition des autres forces voilà c'est c'est 3 tiers s'il y a une coalition des 2/ers contre le tiers gouvernant c'est c'est plié et dans ce cas-là c'est une crise pas de solution il y a une crise ministérielle on est sous la 4e la 3e république juste un élément pour dire sur les projections que l'on peut faire c'est que la dissolution a beaucoup crédité le rassemblement national c'est la gravité de la dissolution signifie que ce qu'a fait hier le front le rassemblement national est une entre guillemets performance remarquable dont il faut tenir compte donc le président Macron tient compte du résultat il crédite l'aspect historique de ces élections européennes alors qu'encore une fois ça aurait été à mon avis une dénégation mais les élections européennes auraient pu être placé un peu comme onation on sait faire en politique oui absolument et on aurait pu mettre la le 17 17 points d'écart quand même he c'est vra 17 points d'écart oui mais on aurait pu mettre la la poussière sous le tapis en disant Europe Europe Europe mais nous c'est la France en 2027 le grand rendez-vous et et attendons jean-lmarie est-ce qu'on peut s'arrêter encore sur ce mot magique que vous avez prononcé coalition je vais poser la question encore autrement imaginons on nessaie de pas faire trop de politique fiction et on se méfie effectivement des projections mais imaginons là dans quelques semaines à nouveau une Assemblée nationale extrêmement fragmentée peut-être encore plus fragmentée qu'aujourd'hui on n'en sait rien mais en tout cas très fragmenté est-ce qu'Emmanuel Macron dans cette hypothèse pourrait tenter en 2024 ce qu'il a refusé de tenter en 2022 après les législative quand il y a eu cette majorité relative c'est-à-dire et c'est yelbron Pivet la présidente de l'Assemblée nationale qui en reparle ce matin une vraie coalition dans une culture politique très différente de ce qu'est notre culture politique en essayant de trouver peut-être un terrain commun sur quelques sujets clés et on les connaît ces sujets clés ils peuvent s'appeler la santé l'école évidemment les finances publiques est-ce que ça ce serait imaginable alors ouis alors vous venez de prononcer le le mot aussi compliqué culture politique elle que cette culture alors disons plus simplement une habitude une façon de faire qui serait de construire des coalitions à partir du Parlement ça ce n'est pas la 5èe République et ça n'est pas vraiment la la tradition française deuxième chose dans le contexte les partis sont en crise sauf peut-être le rassemblement national c'est peut-être le seul qui ne soit pas en crise et qui peut répondre qui peut être redevable de la discipline de ces troupes les troupes ce sont les députés donc plus il y a de députés rassembl national plus le groupe est lui-même j'allais dire capable de gouverner en tout cas capable de soutenir son premier ministre pour une coalition qui serait opposée au rassemblement national c'est beaucoup plus compliqué parce que tout le monde est en crise je dirais même LFI qui est un drôle de parti qui n'est pas un parti politique traditionnel plus personne n'est un parti politique traditionnel un parti traditionnel c'est un producteur de discipline parlementaire c'est la grande invention anglaise qui a quand même finalement été bizarrement est venue dans les années 1960 dans la 5e République quand vous prenez les élections je me suis amusé à ça ça ça rappelle des souvenirs un peu lointains vous prenez les élections européenne ancienne je regarde dans mon cahier 1979 première élection européenne participation est pas mauvaise hein plus de 60 % enfin pas mauvaise on a la majorité présidentielle giscardisme on a le socialisme emmené par François mitteran 24 % on a George Marchet Parti communiste Dieu sait que c'est un parti au sens technique et fort du mot discipline et on a Chirac pour le RPR voilà les quatre gros grandes forces politiques dans lesquelles certains d'entre nous ont en quelque sorte grandi ça il faut s'en défaire ça ne marche plus par des partis ça ne marche encore moins par des blocs pour faire des blocs il faut bloquer en quelque sorte rassembler des partis pour que le bloc soit discipline le mot bloc implique ou fait allusion à une discipline voilà donc c'est c'est probablement encore plus compliqué mais les projections que Guillaume Herner vienent de vient de donner ce sont des projections qui peut laisser entendre un possible gouvernement rassemblement national en tant que tel et oui parce que il faut rappeler aux auditeurs que d'une part évidemment les législatif soni un scrutin à deux tours d'autre part il peut y avoir des triangulaires et ces triangulaires elles font qu'à partir d'une certaine masse critique de voix au premier tour vous avez de grandes chances de l'emporter au second sauf s'il y a une discipline de parti puisque Stéphane Robert vous l'évoquiez si par exemple il y a la formation alors sous différentes variations d'un arc républicain avec un désistement des candidats au second voir au premier tour des candidats qui seraient opposés au rassemblement national oui dans dans dans le scénario que vous décriviez Nicolas Rous on a oublié une chose peut-être s'il y a pas véritablement majorité claire qui se dégage des législatives qui auront lieu dans dans 3 et 4 semaines et qu'on a une force politique susceptible de gouverner avec une majorité relative mais qui s'expose en permanence à à une motion de censure qui qui qui ferait tomber le gouvernement ce qu'on n pas ce qu'on n pas évoqué c'est que il y a plus de possibilité de dissoudre derrière h pendant un an pendant un an c'est ce que prévoit la Constitution alors ça déclenche quoi ça oui ça ça déclenche que pendant un an on peut faire du cabotage à vitesse grand V c'est-à-dire passer de coalition enfin passer de de gouvernement à gouvernement différent donc ce serait une 4e République en en bien pire parce que le la moyenne de durée d'un gouvernement de la 4e c'était euh 6 mois la moyenne de durée de la 3e je dis toujours ça mes étudiants euh 1 an pour la 3e république mais encore que la 3e république moi j'avais travaillé ça pour ma thèse de doctorat la 3è République avait cette vertu d'une continuité des sujets et des et de la majorité Ctait en fait c'était le président du conseil qui était dégommé mais la majorité restait quand évolué en continuité donc on pouvait préparer la loi de Séparation des Églises et de l'État on pouvait dégommer le président du conseil qui a changé deux ou trois fois de pendant les deux années de débat mais c'était en fait la commission emmenée par briillant qui a fait la qui a fait la loi bon donc ce genre de chose ne sera pas possible du tout mais pour les projections électorale encore une fois ce qui a été crédité hier c'est la victoire du rassemblement national et là dans des circonscriptions traditionnelles de droite modérées notamment rural euh on peut imaginer que il y ait euh un ralliment et d'ailleurs ça a déjà commencé hier aux européennes euh vers le vote utile du premier tour parce qu'en fait ce qui se passe depuis hier c'est que la notion de vote utile est passée sur le rassemblement national et cela ça pourrait avoir des conséquences sur la manière de de former évidemment une majorité jean-lmarie non je je réfléchissais à ce que disait à l'instant Nicolas Rousselier et qui est un fait qu'il faut répéter parce que je sais pas si nous avons tous pris réellement la mesure aujourd'hui non seulement de ce que pèse le rassemblement national dans le paysage politique français vous disiez en particulier ça m'a frappé il y a quelques minutes que c'était peut-être aujourd'hui ce qui se rapprochait le plus des partis classiques y compris en terme de discipline qu'on a connu et ça va de paire aussi et c'est très important à toutes les les études aujourd'hui de sociologie électorale le montre que le rassemblement national est certainement aussi celui qui est le plus implanté dans des catégories de la population extrêmement différente il est là il est présent sur ces deux aspectsl Rous le Grand Paris pascalien qui a été fait hier c'est de dire on je vous donne une nouvelle élection un deuxième tour en fait l'élection législative en prolongation des élections européenne et cette fois-ci je vous pose la question je parle comme si j'étais le président Macron voulez-vous donner au rassemblée nationale le gouvernement voilà allez-vous confirmer votre vote au point de risquer de donner au pilotage de la France ce parti du rassemblement national et ce qui est vertigineux c'est que on ne sait pas combien d'électeurs vont dire bah oui finalement oui finalement c'est ce que je veux c'est-à-dire on n jamais essayé ça B les choses classiques que l'on dit sur les électeurs rassemblement national et l'idée de gouverner qui était le fameux plafond de verre au moment des présidentielles se voyait très fortement parce que la candidate si je peux me permettre une critique semblait en déficit de compétence voyez je parle com on parle à Science Po en réalité ça ne va pas jouer pour les législatives parce que ça n'est pas Madame Le Pen c'est plutôt bardellaa dont on ne sait pas s'il est compétent ou pas mais je veux dire dans les circonscriptions c'est pas exactement ça qui va se jouer ça va être en fait un gral qu'on offre à la colère le Graal de gouverner de transformer l'essai oui alors c'est effectivement que ce que dit par exemple un philosophe comme Peter slutter dit qu'il explique que les partis qualifiés de de populist sont des banques de colère une fois qu'on investit dans ces banques de colère est-ce qu'on veut retirer ses économies en utilisant par exemple son vote pour donner une majorité à ces partis là Stéphane Robert vouliez réagir vous vu vouliez réagir oui ouiou oui oui exactement oui ce que disaent alors tout tout le Paris d'Emmanuel Macron c'est juste justement de de faire en sorte enfin de mobiliser toute une partie de l'électorat qui s'est abstenu hier c'est vrai qui pourrait s'opposer parce que ce qui a cristallisé le vote qui donne un score très fort c'est quand même en majorité à votre sanction contre le président avec le sentiment qu'il a pas il y aura pas de conséquences donc là ce qu'il veut il veut mobiliser déjà une partie de la gauche avec en réactivant une forme de front républicain mobiliser tous ces absentionnistes qui sont pas votés hier le Paris quiil fait en quelque sorte c'est que il y a une majorité de la population qui ne souhaitera pas que le rassemblement national prennent le pouvoir et et et et que donc euh ben la cette majorité de la la population euh finalement il espère l'ranger euh de son côté dans une forme de coalition un peu forcée oui si on pass voilà si on passe de 50 % à 70 % de la participation il y a 20 % en plus mais on sait aussi par l'analyse de l'abstentionnisme électoral que ceux qui s'abstiennent par exemple dans les européennes les régionales c'est aussi en parti un électorat rassemblement national donc les 20 % en plus peuvent se répartir à peu près également comme ils l'ont fait hier soir donc ça ne changerait pas le résultat voire accentuer peut-être cela moi j'avais une petite question pour l'historien sur le y a on a vu Fabien Roussell et Olivier fort appelé un front populaire donc ça nous ramène pas à de Gaulle mais à Léon Bloom l'historien va faire une réponse très courte oui alors le là le Front populaire il faut il faut se rappeler que il y a un accord de gouvernement préalable à l'élection sur d'ailleurs une série de réformes assez modestes par rapport à ce que pouvait être le socialisme et le Parti communiste de l'époque par esprit de défense de la République donc c'était assez bien organisé assez structuré à l'avance là c'est je pense pas que ce soit le cas merci à Stéphane Robert Jean les mararie Merci à VOUS Nicolas Rousselier la force de gouverner le pouvoir exécutif en France c'est votre livre aux éditions galimar h 44 sur franceculture