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Audition parlementaireBFM TV (sur YouTube)· 6 décembre 2025 101 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsJusticeSécuritéImmigration & asile

Partis et islamisme: l'audition de Jean-Luc Mélenchon devant la commission d'enquête en intégralité

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous de la menace islamiste sous forme de séparatisme ou d'entrisme ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Avez-vous le sentiment qu'au sein de votre parti, la différence entre islamisme et islam fait l'objet d'une information suffisante ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Comment prévenir les phénomènes d'entrisme sur les listes municipales ?

  • 7:00RelanceRéponse directe

    Comment analysez-vous la réalité du phénomène d'entrisme en France ?

  • 13:00RelanceRéponse directe

    Comment expliquez-vous votre évolution sur le voile entre 2010 et 2025 ?

  • 17:00OuverteRéponse directe

    Quelle est votre position sur l'interdiction du voile pour les mineures ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Jean-Luc MélenchonFait
    « « Aucun ne me concerne ni ne concerne le mouvement insoumis. » »
  • 8:00Jean-Luc MélenchonFait
    « « Nous avons une école de formation avec des stages régionaux, des stages nationaux. L'un est un stage national qui dure 6 mois, 1 an et dans lequel on vient tous les 15 jours à une rencontre nationale. » »
  • 12:00Jean-Luc MélenchonFait
    « « En 2010, vous considériez qu'on ne peut se dire féministe en affichant un signe de soumission patriarcale et que le voile constituait un stigmate que l'on s'inflige. » »
  • 18:00Jean-Luc MélenchonFait
    « « Je ne vais pas vous dire non, ce n'est pas vrai. Oui, c'est vrai. Il y a des gens qui mettent ça sur la tête comme un signal religieux. » »
  • 10:00MélenchonFait
    « Je hais les nazis. Et je n'ai pas l'intention de changer d'avis. »
  • 11:00MélenchonFait
    « L'islamophobie est une réalité à combattre. »
  • 18:00MélenchonFait
    « Quand les islamistes tuent, ce sont souvent les nôtres qui meurent. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

En fait, on attend le début officiel de cette audition. On a vu les images à l'instant de Jean-Luc Mélenchon parce que c'est ce qu'on appelle un tour image. Caroline Bertolino était à l'intérieur et voilà, on a donc le flux de cette audition qui est en train de commencer.

On écoute. Vous êtes également actuellement coprésident de l'Institut La Boétie, think tank proche de ce mouvement. Je vous remercie sincèrement pour votre présence aujourd'hui devant notre commission d'enquête.

Je voudrais en préalable à nos échanges clarifier quelques points qui me semblent importants. Tout d'abord s'agissant du champ de cette commission d'enquête. Je rappelle qu elle s'intéresse aux stratégies que des mouvements islamistes présents sur notre territoire peuvent mettre en œuvre pour influer sur les représentants politiques locaux ou nationaux et in fine sur nos politiques publiques.

Certains commissaires, notamment parmi les groupes de gauche, auraient souhaité que nous étendions le champ d'investigation de notre commission d'enquête à d'autres formes d'entrisme. Toutefois, cela n'a jamais été l'objet de de cette commission d'enquête qui traite spécifiquement de l'islamisme politique et s'inscrit en ce sens dans la continuité totale avec le rapport publié par le ministère de l'Intérieur en mai 2025, en mai dernier, sur cette idéologie. A cet égard, nos travaux permettent de dresser plusieurs constats.

Un, les mouvements islamistes présents sur notre territoire représentent une menace bien réelle et désormais documentée par les services de renseignement. Deux, ces mouvements souhaitent affaiblir certains de nos principes républicains, comme la laïcité ou de nos valeurs comme l'égalité entre les hommes et les femmes ou la liberté religieuse. Trois, cet objectif les amène naturellement à s'intéresser aux représentants politiques et aux partis politiques.

Sur ce point, nos travaux ont permis de constater qu'au niveau local, tous les partis politiques peuvent être concernés. Les élus ne disposant pas toujours de toute l'information nécessaire pour pour distinguer les intentions de leurs interlocuteurs. Au niveau national, le risque se concentre sur quelques élus qui affichent une certaine proximité avec des individus pourtant proches des mouvements islamistes.

Nous y reviendrons dans le cadre de nos questions. Autre précision sur le fond, qui me semble importante au regard de la difficulté à aborder sereinement ce sujet, nous traitons bien ici l'islamisme politique, soit de personnes défendant une vision exacerbée de l'islam et cherchant à l'imposer d'abord aux communautés musulmanes présentes sur notre territoire et plus généralement à notre société. Nous ne traitons donc ni de l'islam, ni des musulmans, ni de toutes les décisions qui sont prises de manière tout à fait légitime d'ailleurs par les élus de la nation pour répondre aux besoins exprimés par les membres de cette confession religieuse.

De la même façon, nous condamnons sans équivoque les amalgames entre islam et islamisme, ainsi que toutes les violences qui peuvent être exercées à l'encontre de personnes au nom de leur religion supposée. Nos travaux se concentrent donc sur un point très précis, évoqués mais sans être pleinement développé par le rapport du ministère de l'Intérieur de l'année dernière, à savoir les rapports entre les mouvements islamistes et les représentants de partis politiques. S'agissant à présent de la méthode, et malgré tout ce qui a pu être dit, cette commission ne vise pas un parti en particulier.

Nous ne sommes pas un tribunal et nos auditions se sont déroulées jusqu'à présent dans un climat serein. Simplement, nous essayons d'analyser le plus fidèlement possible des phénomènes sur lesquels l'ensemble de la communauté du renseignement nous a alerté. Nous avons ainsi auditionné des personnalités présentant des points de vue différents proposés par différents commissaires.

Par ailleurs, j'ai personnellement veillé à ce que tous les groupes soient invités à participer au bureau de de la Commission et qu'ils puissent s'y exprimer librement. Enfin, s'agissant de votre audition, il se trouve que lors de nos auditions, votre parti a été mentionné à plusieurs reprises comme pouvant constituer une cible pour les mouvements islamistes. Il nous a ainsi semblé important de vous recevoir et d'échanger avec vous sur cette thématique.

Aussi, je vous soumettrai, M. le ministre, quelques questions en guise d'introduction à nos travaux et je vous proposerai, si vous le souhaitez, de prendre la parole pour un propos liminaire qui pourrait être d'une dizaine de minutes. Puis, le rapporteur posera ces questions ainsi que les commissaires qui le souhaitent.

Les trois questions liminaires. Tout d'abord, nous avons été alertés par tous les services de renseignement sur l'importance de la menace que représente l'islamisme politique en France. Sont identifiées deux types de menaces.

Une menace séparatiste, soit un repli communautaire de plus en plus marqué dans certains territoires ou certains quartiers qui remettent en question l'adhésion de leurs habitants à nos principes et à nos valeurs républicains est une menace d'entrisme ou d'influence au sein des associations, des institutions ou des mouvements politiques pour faire changer les règles commune. Que pensez-vous de cette menace islamiste sous forme de séparatisme ou d'antisme ? Première question.

Deuxième question. Avez-vous le sentiment qu'au sein de votre parti, la différence entre islamisme et islam fait l'objet d'une information suffisante pour permettre aux élus d'identifier les demandes légitimes de nos concitoyens musulmans, de demandes relevant davantage du séparatisme ou de l'entrisme. Ces enjeux font-ils l'objet de discussions en interne ?

Votre parti sensibilise-t-il par des formations, ces élus, ces militants à ce sujet. Troisième question enfin, un risque d'entrisme sur les listes municipales en vue des prochaines élections du mois de mars prochain a été mentionné à plusieurs reprises au cours de nos auditions, notamment dans des communes situées au sein d'écosystèmes locaux déjà bien constitués. Comment prévenir ces phénomènes selon vous ?

Est-ce un sujet de vigilance pour votre parti ? En vous remerciant pour les éléments que vous allez pouvoir nous donner, je vais vous inviter conformément à l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 à prêter serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Je vais donc vous inviter à lever la main droite et à dire « je le jure ».

Je vous remercie et je vous laisse la parole pour votre propos lumineur. Alors votre micro, si vous voulez bien appuyer, je vous en remercie. C'est bon là ?

Voilà. Merci Monsieur le Président, nous sommes presque réconciliés, vous et moi. Nonobstant la présence nocturne de ce policier est venu me remettre une convocation.

Je sais que vous n'y êtes pour rien, mais au Auparavant, vous aviez commis une erreur. La convocation était arrivée au bureau du groupe président, du groupe insoumis. Or je vous rappelle que le règlement nous interdit absolument de faire travailler nos collaborateurs de groupe pour un parti politique.

Y compris pour des tâches de secrétariat. Donc je n'étais pas informé, je le fus soudainement, je vous en voulais beaucoup. Vous m'avez envoyé une lettre extrêmement aimable et je vous en donne acte.

Nous avions décidé de vous boycotter. Et vous savez pourquoi ? D'abord parce que l'intitulé d'abord de la commission était insupportable, on y mettait en cause notre parti.

C'est pas que ça nous aurait dérangés, nous sommes capables de faire face à toutes les adversités. Mais il y avait tout de même un problème. Comment en France, une commission parlementaire interroge un parti pour voir s'il est conforme aux lois de la République ?

C'est absolument inouï. Ça ne s'est pas fait grâce à la sagesse de la commission des et il faut l'en remercier. Cependant, je me suis interrogé, alors je termine pour les raisons, ensuite le bureau a été constitué dans des conditions qui ne convenaient pas au groupe parlementaire, puisqu'il ne se sentait pas Et puis parce que les auditions qu'il avait souhaitées, mais vous venez de donner votre avis sur le sujet, n'étaient pas possibles.

Donc la décision était prise. C'est celle du groupe. Ça ne me regarde pas.

Je me suis demandé pourquoi vous m'invitiez Et comme je ne trouvais pas de raison, eh bien je me suis attribué l'intérêt que vous avez pour mes capacités intellectuelles de co-président de la Boétie. J'ai écrit d'innombrables articles, éditos, livres et autres sur la question de la laïcité au cours, disons, des trois dernières décennies. Et donc je me sens capable d'éclairer les points de vue, d'éclairer le point de vue sur des sujets qui sont en effet très délicats du point de vue des principes.

Car la France est une terre de vieilles guerres de religion. Et par conséquent, elle doit plus qu'une autre nation être prudente et se souvenir des leçons du passé. La guerre de religion, c'est sous l'Ancien Régime, onze expulsions des Juifs de ce pays.

C'est l'invention par le supposé Saint Louis, en réalité Louis IX, de la rouelle, des incendies de Torah et de l'expulsion des Juifs. Ensuite ce furent les guerres de protestants et de catholique, deux siècles et un quart à peu près, dans des conditions effroyables. Dès lors, la laïcité dans notre pays n'est pas le résultat d'un colloque savant.

Elle est un accomplissement au terme d'une histoire où l'on a auparavant tout essayé pour essayer de s'en passer. Le massacre mutuel, l'expulsion, j'ai parlé des Juifs mais les protestants sont partis à plus de 200 000 lorsque l'édit de Nantes a été aboli et pour notre malheur ils ont été enrichir des pays qui ensuite nous ont mené des guerres implacables. Donc j'ai pensé que c'est à cela et j'espère que c'est à cela qu'on m'appellera dans un instant à répondre aux différentes questions mais je ne peux manquer de vous taquiner et de vous demander pourquoi.

Vous n'avez pas dans vos auditions consulté des personnes qui me semblaient d'un plus grand intérêt que moi sur le sujet que vous avez bien délimité. Vous avez dit on ne parlera pas de l'islam etc nous parlons d'un fait une menace dont je reconnais l'existence évidemment au milieu de bien d'autres mais elle existe et donc la france doit faire attention agir avec intelligence et dans un instant j'y Mais pourquoi ne pas avoir auditionné, par exemple, vous avez auditionné les rapporteurs, M. Courtade et M.

Gouillette. M. Gouillette est un grand ambassadeur de France qui a été le représentant de notre patrie dans de nombreux pays du monde musulman et qui connaît bien son affaire.

Et dès lors, moi j'attache beaucoup d'intérêt à ce qu'il a dit et au rapport. Je l'ai lu, je l'ai trouvé intéressant. Mais je suis presque obligé de vous dire, n'y voyez pas mal que vous êtes hors sujet, car dans le rapport, il n'est pas spécialement question des frères musulmans.

La question s'est concentrée sur eux et dans un instant je vous demanderai pourquoi sur eux. Car des confréries dans l'islam, il y en a de toutes sortes, c'est propre à l'islam même. L'islam n'est pas un système vertical comme l'église catholique avec un organe qui dit la vérité à laquelle il faut adhérer sous peine d'être excommuniée.

Ça n'existe pas. C'est pourquoi surtout Dans tous les sujets dans l'islam, il y a toujours discussion. Et les savants de l'islam sont ceux qui rendent compte des points de vue à propos de telle ou telle question dans la religion.

Pardon de faire cette parenthèse, mais je me suis intéressé à la vie intellectuelle des religions, pour la raison qu'elles ont contribué à la formation de la culture nationale des Français. Nous avons combien de temps et de discussions de toutes sortes entre savants catholiques pour savoir si tel ou tel encyclique du pape est éthérétique ou pas. Je vous rappelle Philippe le Bel qui fait se prononcer la Sorbonne sur la question de savoir si le pape Boniface a le droit d'ordonner, de percevoir un impôt en Et les savants étaient bien embarrassés d'avoir à obéir à la fois au roi et au pape.

Je passe cet épisode, j'y reviendrai si vous voulez, il est tellement savoureux. Mais enfin, des personnes qualifiées pour bien comprendre de quoi il s Nous avons avant tout besoin de science et de compréhension de ceux que nous affrontons. Quand nous affrontons des terroristes, notre intérêt est de les séparer du reste de la population et de leur valoir aucune une sympathie.

Et il faut comprendre que dans leur stratégie, il est prévu que nous nous emportions au point, que nous confondions tout. La religion dont ils se réclament, à tort si l'on en croit les savants musulmans, la religion dont ils se réclament, les actes qu'ils posent, etc. C'est ça qu'ils espèrent, qu'on s'entretue entre nous, qu'on commence à se disputer entre Français parce que celui-ci n'est pas de la bonne religion ou celui-là.

C'est aussi vieux que la guerre de religion. Entre catholiques et protestants, chacun imputait à l'autre une connivence avec l'étranger qui existait d'ailleurs. La ligue de comté est liée aux espagnols.

Et de même le parti protestant est lié aux nouvelle principauté protestante des innombrables Allemagne qu'il y avait à l'époque comme c'était un délice. Bien, c'est aussi cousu de fil blanc, ça a toujours été comme ça. Et les violences de l'un servent à justifier les violences de l Tout le temps.

Les terroristes ne font que ça. Espérer qu'en dénonçant leur activité, on en vienne à la confondre avec l'islam et que dès lors, entre français, musulmans, non-musulmans, etc., nous...

Nous nous affrontions. Donc il faut travailler avec vigilance à l'unité du peuple français. C'est notre tâche permanente à nous, l'unité du peuple français.

C'est pour ça qu'existe la loi laïque de 1905 et qu'il nous revient à tous ce qui n'est pas l'interdiction de ceci ou cela. C'est une loi de liberté. Et d'où vient-elle ?

De la bataille qui est immédiatement commencée entre catholiques et protestants, puisque le roi venait de Dieu et de sa décision, alors de laquelle des deux religions procédait son autorité. Très vite, les rois s'aperçoivent que de cette histoire, ils ne sortiront pas indemnes. Et ils commencent par dire « Eh ben attendez, nous, on est les rois de tous les sujets ».

Non, c'est pas...

Ça s'est passé comme ça. Et il a fallu que tout ce cheminement du siècle, des siècles, deux siècles et 19 ans. Vous avez ensuite un parti royaliste qui s'affiche complètement de savoir qui Dieu a choisi.

Et ils disent la loi française, c'est la loi salique. L'aîné de la branche aînée est roi de France. On se soucie pas de savoir d'où il sort.

Patatras, il était protestant. C'est Bourbon de Navarre. Et il a fallu surmonter ça.

Et puis il y a la Révolution. Et puis il y a la Commune. J'en passe.

Mais c'est pour vous dire...

Le problème auquel nous sommes confrontés n'est pas nouveau. Et nous devons tenir compte des enseignements du passé ayant pour objectif l'unité des Français. Donc pourquoi n'avez-vous pas, puisque là vous êtes en train de faire la chasse aux extrémistes ?

Pourquoi ne pas avoir consulté M. Lang, qui est le président de l'Institut du monde arabe, qui a une très grande science et compréhension de ce qui se passe dans le monde islamique ? Ou M.

Bernard Cazeneuve, qui lui a vécu en première ligne l'attentat épouvantable qui a meurtri notre patrie si profondément au Bataclan ? Ou bien, tenez, et j'arrêterai là, c'est la taquinerie. M.

Wauquiez, c'est lui qui a inventé Et cette commission ici est tellement mal prise qu'il a fallu en changer le nom. Et pour finir, il vous abandonne. Il vient même pas là.

Il a peut-être des idées. C'est lui qui a inventé l'idée que nous serions responsables, nous, les insoumis de je ne sais quelle connivence. Où est passé M.

Wauquiez pourquoi ne vient-il pas ici, pourquoi ne vous supplie-t-il pas Président de pouvoir venir vous tenir informé de ce qu'il a motivé à nous pourchasser comme il le fait. Je passe à propos de M. Retailleau ou de M.

Hollande qui étant président de la ayant avoué publiquement qu'il avait pris des décisions extrêmement rudes à l'égard des ennemis de notre pays, si vous voulez bien vous souvenir de ce à quoi je suis en train de faire allusion. Bref, voilà. Si vous voulez interroger des gens qui ont des liens avec les terroristes, interroger les membres du RN.

Mais je veux immédiatement préciser ceci. Je ne suis pas en train d'accuser le RN d'avoir un lien avec le terrorisme. Mais deux de ses membres ont été pris la main dans le sac, l'un à vendre des armes, l'autre a aidé le travail.

Je précise bien, je n'en accuse pas le Rassemblement National, je ne l'ai jamais fait. Je fais preuve de mesure. Mon domicile a été entièrement saccagés et sur tous les murs il y avait des slogans du rassemblement national je n'ai jamais accusé le rassemblement national d'avoir décidé cette agression car je ne le crois pas voilà pourquoi je ne crois pas que le rassemblement national soit un mouvement qui soit lié au groupe terroriste.

Cependant, les connexions existent pour des raisons qui sont idéologiques et il faut les comprendre. De telles connexions n'existent pas pour nous, puisque par définition, nous sommes un mouvement qui postulent que la similitude des êtres humains crée leur égalité en droit. Dès lors, tout ce qui s'apparente de près ou de loin à des distinctions qui reposent sur autre chose, nous les combattons toujours.

Nous les combattons au sens de nous ne voulons pas qu'elles deviennent des règles politiques. Alors, me voici tout de même devant vous. Alors vous pouvez vous en étonner après ce que je viens de vous dire.

Mais je veux vous dire pourquoi. Eh bien parce que votre commission a déjà produit les documents qui nous innocentent absolument. Qui ?

Tous les responsables de services de renseignement du pays que vous avez entendu. J'ai lu les comptes rendus. Aucun ne dit qu'il y a un lien entre nous et les islamistes.

Ils disent même le contraire. Aussi bien s'agissant des frères musulmans qui sont en cause dans ce qui nous occupe présentement, eh bien le rapport de M. Courtade et de M. l'ambassadeur Gouillette dit, il ne peut pas être plus clair.

Au niveau français, dit M. Courtade, je ne connais pas de stratégie constituée d'influence de la mouvance, frériste, auprès des partis politiques. À l'heure actuelle, certains militants islamistes politiques qui n'agissent pas nécessairement sur ordre, même au niveau local des stratégies d'influence parfois d'obtention davantage voire d'entrise.

Mais, dit M. Courtade, je répète que nous n'avons pas observé ni documenté ou étudié une stratégie d'influence au niveau national sur les partis politiques. Alors, à plus forte raison, sur nous.

Ceci vient de votre compte-rendu, pas de nos investigations à nous, car nous en menons aussi, et je vais vous en dire un mot pour vous mettre en garde contre ce qui vous arrive. Alors, pareil, les responsables de renseignements français ont dit « Nous, on n'a pas vu ça ». Mais c'est le moment pour moi maintenant, de vous mettre en alerte.

Quelque chose se passe d'un peu bizarre dans ce pays. Le député insoumis Carlos Bilingo, Martens Bilingo, est rapporteur sur la préparation de la condition de la COP 28, une activité parmi d'autres traditionnelles chez les parlementaires. Le voici qui se rend là-bas, aux Émirats Arabes Unis et dans son rapport mentionne le fait qu'il trouve surprenant, il n'accepte pas l l'idée que le responsable de la COP28 soit lui-même un responsable d'une compagnie pétrolière.

Bon, il rentre et il s'est voué une haine apparemment absolument indépassable. Et voici que se mettent en mouvement des services de renseignement qui noyautent ici, là et en particulier l'administration française qui se met à pourchasser M. Bilingo pour une histoire assez confuse.

Je vous renvoie à lui. Mais M. Bilingo a été mis en cause par un service d'intelligence ennemi.

Ennemi, puisque personne n'est autorisé dans ce pays à nous espionner ou à nous manipuler. J'ai le souvenir heureux de M. Charles Pasqua qui avait expulsé...

Je Je lui ai dit une fois « Tu as expulsé 47 diplomates, Charles ? » C'était des diplomates américains. Et il m'avait répondu « Pas du tout, moi j'ai expulsé 47 espions ».

Voilà comment depuis toujours les Français n'ont jamais admis, y compris des puissances amies, qu'elles se mêlent de nos affaires. Par conséquent, nous avons protesté. Que s'est-il passé ?

Rien. Là-dessus, nous voici partis avec un sondage qui donne lieu à toutes sortes de commentaires dans la presse en disant qu'il est manipulé. Qui l'a fait ?

Vous avez reçu deux personnes. Président, il est important, M. le rapporteur, M. le président, que vous sachiez qui vous a recommandé d'entendre ces deux personnes, car elles sont liées à un journal qui n'existe pas, mais qui est distribué gratuitement à l'Assemblée nationale.

Et ce journal est lié à un fonds qui lui-même est lié aux Émiratis. Tout ça est expliqué dans les documents que je viens de vous transmettre, non pas de nous, les Insoumis, mais du Monde, de Mediapart et d'Orient 21. Par conséquent, que se passe-t-il ?

Alors je m'empresse de dire aux Émiratis qui éventuellement m'écoutent que je n'ai rien contre eux ni à faire et n'en veux pas. Mais il n'empêche qu'ils ont Ils ont manipulé. Ils ont manipulé et ils se donnent pour objectif, c'est l'objectif de ce journal, Écran de veille, de provoquer des débats publics.

Et c'est eux qui, par compétition avec le Qatar, ont imaginé qu'il fallait mettre en cause des frères musulmans pour mettre en cause le Qatar. Sans doute y a-t-il des frères musulmans en France, bien sûr, il y a de tout en France, sur tous les sujets. Et par conséquent, pourquoi n'y aurait-il pas des frères musulmans ?

On dit d'après le rapport qu'il y en a dans 8 mosquées, il y en a 2600 de mosquées en franc. Par conséquent, rien d'autre que ce qu'on doit regarder en faisant attention et surtout en évitant de se donner en spectacle pour donner de l'importance ou de la visibilité à des choses qui parfois n'en méritent pas, si on veut vraiment qu'elles n'en aient pas. Voilà pourquoi je vous mets en garde.

Je vous dis comme en tant que compatriote, attention, il y a une puissance extérieure à la France qui manipule et s ingère dans toutes sortes de circonstances pour mener ses comptes avec le Qatar. Mais c'est normal. Dans le monde, ce qu'on appelle le monde musulman, et là personne ne m'en voudra d'appeler le monde musulman, Qatar et Émiratis qui sont deux pays parmi les 24 qui mettent l'islam, c'est-à-dire la religion dans leur constitution.

Il y a des luttes d'influence. Ce que je n'accepte pas c'est que la France soit le terrain de jeu de ces luttes d'influence et que de manière tout à fait j'en suis absolument persuadé, honnête comme vous l'êtes. Par vigilance, vous vous trouviez impliqué là-dedans à aider des manœuvres auxquelles aucun d'entre vous n'a jamais eu idée de participer si peu que ce soit, y compris à cet instant.

Voilà pourquoi je crois que nous avons le groupe insoumis à déposer son article 40. Permettez-vous maintenant, sur les mots, de vous dire encore une ou deux choses ? Ou bien pensez-vous passer tout de suite aux questions ?

Je vais vous proposer de le dire très rapidement, de qu'on puisse avoir un échange. — Entendu. Alors la première, je vais presque vous répéter, président.

Et il faut que ceux de nos compatriotes qui nous entendent sachent que vous, moi, M. le rapporteur, d'autres ici qui ne sommes d d'accord sur rien. Sommes au moins d'accord sur ce point.

Nous ne confondons pas l'islam et l'islamisme. Et nous ne confondons pas l'islamisme avec le terrorisme. Je le leur dis me faisant le porte-parole de tout le monde ici, au nom de ce pays.

Nous ne confondons pas. Et dès lors, une fois qu'on a dit ça, c'est simple. L'islam est une religion.

L'islamisme est un fondamentalisme qui, en gros, a deux branches. L'une qui est quiétise, qui dit de toute façon Nous, on ne s'occupe pas de tout ça. On ne s'occupe que d'une chose.

Veillez au respect de la loi de Dieu que nous pratiquons dans notre intimité, dans notre maison, dans nos manières de faire. Ce n'est pas si loin de l'idée que nous-mêmes, on peut accepter sans aucune difficulté. Et d autres, prétendent en faire des lois politiques.

Et d'ailleurs, il y a des pays comme la Turquie qui se réclament de l'islamisme politique. Alors là, nous sommes en désaccord complet, nous Français, parce que nous ne croyons pas à ça pour la raison que j'ai invoquée tout à l qui est que nous séparons la religion de la politique. Mais aujourd'hui, 60 % de nos compatriotes ne pratiquent pas de religion, si bien que la majorité du peuple français n 'a pas été confrontée aux voisinages de la pratique religieuse.

Dans ma génération, le christianisme et le catholicisme étaient extrêmement présents. Au village, à la ville, on croisait sans arrêt des fois des gens en uniforme religieux. Tout ça n'existe plus.

Et nous étions obligés, pour ceux d'entre nous, par exemple, qui étaient des catholiques ou des protestants, croyants, pratiquants, qui allaient à la messe, mais qui allaient aussi au Parti communiste ou au Parti socialiste, de voir comment on accordait tout ça. Ce que la population n'acceptait pas toujours. Bref, nous séparons et nous ne confondons pas, nous discernons.

Le terrorisme est une forme d'islamisme meurtrier qui est une stratégie de combat, c'est-à-dire par le terrorisme provoquer l l'effondrement de la société se déchirant entre elle-même. Mais nous devons étendre la réflexion, et moi je l'ai toujours dit pour ma famille politique. Il y a le terrorisme.

Bien sûr, le mot ne veut pas dire la même chose dans des circonstances de résistance. Les résistants français étaient traités de terroristes, et dans d'autres situations. Mais d'une manière générale, la lutte militaire violente, quel que soit le cadre dans lequel on est, à l'intérieur d'une société, est désapprouvée.

Nous, comme mouvement, nous combattons toutes les formes de violence islamiste ou même de gauche. Un point encore et j'aurai fini pour cette introduction. Je veux vous parler des conditions dans lesquelles, je vous l'ai dit en début, la laïcité est née de la nécessité de la liberté du culte.

La laïcité est donc d'abord protectrice de la liberté du culte, pas de son Et dès lors que cette confrontation permanente à l'exercice du culte est posée à un Français, c'est toujours un sujet pour lui un peu plus délicat que pour d'autres qui acceptent que l'on colle côte à côte dans des ghettos toutes les les croyances. Nous, Français, nous ne condamnons jamais une opinion. Nous condamnons une pratique.

Ce sont donc toujours des actes et des pratiques. Pour le reste, la liberté de conscience est absolue. Et d'ailleurs incontrôlable, vous le savez aussi bien que moi.

Nous ne pouvons donc combattre que des actes. Et dès lors, la laïcité ne combat que les pratiques interdites par la loi. Point final.

Et quand les Américains ont inventé cette idée que nous poursachions les religions parce que nous avions une querelle avec une secte, nous leur avons dit nous n'avons aucune querelle avec quelque secte que ce soit. Il s'agissait-elle de scientologie ? Nous ne faisons qu'une chose, punir les escroqueries.

Voilà comment les Français abordent cette Merci. Merci, M. Mélenchon, pour ce propos liminaire.

Quelques éléments rapides d'abord avant de vous poser les questions concernant la convocation. Voilà. Elle a été envoyée dans les mêmes formes que pour Mme Tondelier.

Ça a été plus rapide avec Mme Tondelier, mais nous sommes satisfaits que nous puissions nous rencontrer aujourd'hui. Alors pourquoi vous ? Parmi les invités, encore une fois, nous ne sommes pas à tribunal.

Donc nous n'accusons pas telle ou telle personne. Il faut être très clair. C'est simplement par rapport à la fois, bien sûr, aux responsabilités que vous avez eues dans le parti Les Filles étant fondateur.

Et puis c'est également votre éclairage, votre histoire dans la gauche et notamment des évolutions que vous avez pu avoir. On va pouvoir y revenir sur des sujets comme le Val, etc., où ça peut effectivement nourrir notre réflexion.

Pour le choix des auditions, les frères musulmans, c'est le titre d'ailleurs du rapport du ministère de l'Intérieur. Ça a été choisi là-dessus. Ils indiquent bien dans le rapport que les frères musulmans sont plutôt en décroissance d'influence dans notre pays mais que leur stratégie d'entrisme est celle qui inquiète le plus en ce moment les services.

Donc nous on s'inscrit dans le prolongement de cette réflexion. Vous vous étonniez que le président du groupe de la droite républicaine ne soit pas là, c'est effectivement un droit de tirage de notre groupe. Nous sommes co-signataires dans le groupe et à ce moment-là, comme ça se fait à l'intérieur d'un groupe, vous l'avez été vous-même président, il peut y avoir effectivement des représentations qui se font.

Et donc c'est moi qui m'en charge au niveau de cette commission d'enquête. Quand vous vous interrogez sur les comptes rendus en disant qu'ils ne montrent rien, je pourrais vous donner des citations de l'ADG, si de la DNRT, de la DRPP, de la DGSE qui indiquent qu'il y a effectivement un risque d'antrisme politique dans notre pays qui existe. Ils le disent très clairement.

Et donc c'est tout à fait normal. C'est une cible par vous en particulier. C'est très clair.

Mais il y a effectivement de l'entrisme politique, c'est cité. Et là où vous allez être cité, c'est dans des cas de contact. Mais on va le faire au moment des questions de membres de votre parti qui peuvent être en contact avec des représentants d'organisations islamistes enfin sur le sondage de l'ifop moi je respecte le travail qui a fait par un institut qui est un des plus anciens dans notre pays vous avez fait une saisine au de l'article 40, maintenant c'est de l'ordre judiciaire.

Nous n'avons pas à nous en occuper au niveau de notre audition, mais ça nous semblait normal par rapport à l'actualité que nous auditionnons. J'indique d'ailleurs que les cinq premières minutes de l'audition du représentant de l fautes ont été consacrés à une explication de la méthodologie de ce sondage qui a permis effectivement d'éclairer certains points nous en venons maintenant aux questions et aux réponses et je vais donc inviter Et M. le rapporteur a posé ses questions, j'aurai l'occasion de le faire et ensuite ce sera les collègues qui voudront le faire.

M. le rapporteur. Merci M.

Mélenchon pour vos propos éliminaires. Mes chers collègues, avant de vous entendre, M. Mélenchon sur les questions que j'ai à vous posées, je souhaite rappeler le cadre précis et la nature même de nos travaux.

Une commission d'enquête, ça a été dit, n'est pas un Un tribunal, elle ne juge pas, elle ne condamne pas, elle n'instruit pas à charge. Et contrairement à ce que j'ai pu entendre beaucoup dans la presse, elle n'a pas les moyens d'investigation du système judiciaire et c'est pas fait pour ça. C'est un outil parlementaire au service de la représentation nationale chargée d'établir les faits et de formuler des propositions pour prévenir ou corriger en ce qui nous concerne les phénomènes d'antrisme qui pourraient toucher des responsables publics, des organisations ou des partis politiques dans notre pays.

C'est dans cet esprit de lucidité et de responsabilité que nous devons situer nos travaux. Car si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est aussi parce que la France a été frappée dans sa chair par le terrorisme islamiste. Depuis 2012, 50 attaques ont été perpétrées sur notre sol, dont 24 mortels, faisant 274 morts et plus de 800 blessés.

De Toulouse à Montauban, de Charlie Hebdo au 13 novembre, de Nice à Saint-Etienne du rouvrait jusqu'aux horribles assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard, ces crimes ont bouleversé durablement notre pays. Ils ne relèvent ni de faits isolés, ni d'une dérive marginale. Ils s'inscrivent dans un continuum idéologique, celui de l'islamisme politique qui sous des formes légalistes ou violentes cherche à fracturer notre société à délégitimer nos institutions et à miner les fondements même de la République.

Cette réalité nous oblige, car en amont du passage à l'acte terroriste, il existe des écosystèmes d'influence, des stratégies séparatistes et parfois des démarches d'entrisme, identifiées de longue date par les services de l État et par les chercheurs. Comprendre ces dynamiques, c'est contribuer à prévenir ce qui, un jour, peut menacer l'intégrité de la nation. Depuis plusieurs décennies, notre pays est confronté à la diffusion progressive d'une idéologie d l'islamisme qui dépasse largement la seule question religieuse.

Comme l'ont rappelé de nombreux chercheurs et autorités auditionnées par notre commission, l'islamisme est avant tout un projet politique, mobilisant des normes religieuses comme levier d organisations sociales et, pour certains courants, comme moyen de transformation de l'État. Vous évoquiez les frères musulmans et il y en a d'autres. En France, cette implantation a pris la forme d'écosystèmes d'influence mêlant lieux de culte, associations, structures éducatives et relais communautaires.

Les services de renseignement, comme les chercheurs que nous avons auditionnés, ont montré que ces structures, sans être toutes clandestines ou violentes, peuvent façonner des contre-sociétés en tension avec les règles communes. Certaines mouvances développent même des stratégies d'entrisme destinées à influencer des institutions, des collectivités ou des élus, tout en masquant leurs intentions derrière un discours conforme aux valeurs républicaines. Face à cela, notre commission a une responsabilité claire.

Établir les faits, mesurer les risques et déterminer si certains responsables publics peuvent se retrouver en situation de proximité, d'influence ou d'instrumentalisation par des réseaux poursuivant des objectifs incompatibles avec les principes de laïcité, d'égalité et de liberté. M. Mélenchon, notre démarche n'est pas partisane, elle s'inscrit dans la continuité des alertes formulées par les services de l'État, par les universitaires et par les élus locaux.

Elle répond à une conviction simple, une république forte doit regarder lucidement ce qui peut fragiliser son unité. C'est dans cet esprit de rigueur, de respect et de vérité que nous entendons aujourd'hui. Votre parole compte, le président on l'a dit, parce que vous êtes une figure majeure de la vie publique française.

Elle compte aussi parce que certains discours, certaines alliances militantes ou certains relais associatifs suscitent des interrogations légitimes auxquelles cette audition doit permettre d'apporter des des réponses claires. Monsieur Mélenchon, les travaux de la commission ont mis en évidence dans plusieurs communes de notre pays des situations où des individus ici de mouvances islamistes ont pu exercer une influence ou accéder à des responsabilités locale je pense par exemple au cas de colombe où le directeur du cabinet du maire cumulé ses fonctions municipales avec celle de responsable d'une mosquée et d'une école coranique identifiés comme vecteurs d'un enseignement problématiques. Ou encore au cas de Villeneuve-Dasque, Valenciennes ou Douchy-les-Mines où des personnes proches d'un écosystème frériste ont été élus ou placés à des postes d'influence.

Ces exemples illustre un phénomène d'entrisme qui peut toucher n'importe quelle formation politique lorsque la vigilance se relâche, y compris dans la sphère locale. A cet égard, une autre forme d'entrisme, davantage idéologique a été revendiquée publiquement en 2022 par Mme Ouria Boutedja, qui est fondatrice du Parti des indigènes de la République. S'adressant à propos de votre candidature à l'élection présidentielle, elle déclarait, je la « Dans ce magma, il y a un butin de guerre qui s'appelle Mélenchon.

C'était une espèce de laïcard de dingue, disait-elle, et aujourd'hui il dit des choses qu'il n'aurait jamais dites il y a 15 ans. Cette phrase vous désigne donc explicitement comme une sorte de cheval de troie présenté comme un instrument permettant de faire avancer un agenda politique hostile à ce qu'elle appelle elle-même les laïcars et assumant une logique d'influence sur un candidat au plus haut de fonction qui était l'élection présidentielle. Mes questions sont les suivantes.

A la lumière de ces exemples concrets, qu'ils soient locaux, organisationnels ou plus idéologique, comment analysez-vous la réalité du phénomène d'antrisme en France ? Et selon vous, quelles lignes rouges et quelles garanties doivent s'imposer à l'ensemble des formations politiques, y compris celles qui vous approchent, pour éviter que des acteurs poursuivant un agenda incompatible avec les principes républicains puissent instrumentaliser un mouvement ou un candidat. Monsieur Mélenchon, votre micro s'il vous plaît.

Votre micro, voilà. Je remercie le rapporteur pour la précision de sa question, mais je commence d'abord par déblayer des incertitudes. Vous avez donné des exemples d'entrisme, vous appelez ça comme ça, pourquoi pas Aucun ne me concerne ni ne concerne le mouvement insoumis.

Et je voudrais que vous compreniez pourquoi ça paraît difficilement possible que cela ait lieu avec des insoumis. Il faut comprendre la matrice intellectuelle du mouvement insoumis. Sa matrice essentielle, c'est l'humanisme qui dit que l'être humain est l'auteur de son histoire.

Sur ce plan, il a une interconnexion facile avec la pensée de ceux qui croient. Pourquoi ? Parce que les religions qui attribuent un libre arbitre à l'être humain disent que c'est par sa décision qu'il fait le bien ou le mal.

Dans l'islam, on dit que ce n'est pas Dieu qui a fabriqué le mal, c'est les êtres humains qui font le mal. On dit quelque chose de similaire dans le christianisme, quoique on identifie la personne du diable comme un un acteur de cette aventure spirituelle. Parmi les laïcs, on dira...

Le monde n'est pas adapté. Disons ceux qui n'ont pas de foi religieuse, on dira que la conformité avec les principes de de la morale que l'on s'assigne, créer le bien et le mal. Donc sur ce plan on a un terrain commun.

Après on passe à d'autres choses, c'est l'égalité et la similitude absolue des êtres humains entre eux. Et là commencent toutes sortes de discussions politiques sur l l'étendue des droits et des devoirs de chacun. Le principal devoir étant de respecter le droit des autres.

C'est la raison pour laquelle le mouvement a soumis dans ses formations initiales, comme dans celle qu'il fait au fil de l'année, a toujours un compartiment antiraciste et laïc. Nous avons une école de formation avec des stages régionaux, des stages nationaux. L'un est un stage national qui dure 6 mois, 1 an et dans lequel on vient tous les 15 jours à une rencontre nationale, le mouvement prenant en charge les frais que cela déclenche pour ceux qui y viennent.

Et dans la formation de base, il y a pour toutes les promotions, toutes sans exception, les deux cours sur le racisme et le cours sur la laïcité de l'État. Le cours sur la La laïcité est donnée par M. le philosophe Benoît Schneckenburger, qui est par ailleurs aujourd'hui le président de la libre-pensée.

Vous imaginez qu'une telle présidence lui donne une vigilance spéciale sur la question de la foi. Et comme notre but n'est pas d'endoctriner, mais de faire réfléchir, il va de soi que chaque fois qu'il vient, eh bien, il se heurte à des amis qui trouvent ces formules excessives et qui, de se fait réfléchir, puisque existe entre nous, comme vous l'imaginez, une grande tolérance d'échange des points de vue. Ensuite, donc toutes les promotions de cadres de notre organisation sont confrontées à cette double formation.

Celle qui va sur le racisme prend donc en compte absolument toutes les formes de racisme, l'antisémitisme, la négrophobie, que sais-je encore. Tout ce qui est répandu par l'ennemi pour...

Je vous parle avec mon vocabulaire, là, diviser le peuple. Car pour nous, l'acteur de l'histoire est le peuple. Nous l'avons décrit d'une manière matérialiste et nous pensons que notre adversaire, l'oligarchie, est incapable de dominer la société si elle ne divise pas le peuple.

D'où la vigilance spéciale à ne pas accepter d'être divisée par le racisme et la vigilance sur la laïcité. Et donc nous passons notre temps à expliquer ça. Mais nous le faisons avec assez, comment dire ?

Nous sommes des militants politiques. Je ne vais pas vous apprendre ce que c'est. Vous êtes vous aussi un militant politique, vous êtes un député.

Vous savez que l'enjeu de la vie politique, c'est la conscience. La meilleure manière d'intervenir dans la formation des consciences, ça n'est pas de donner des ordres, c'est de faire comprendre l'environnement d'une idée. La question de la laïcité de l'État est fondatrice pour nous pour éviter qu'on vienne à réclamer de l'État des mesures qui protègent telle ou telle chose.

Nous passons notre temps à expliquer. La liberté républicaine est une liberté absolue. Nous n'interdisons pas, par exemple, il y a dans notre pays la liberté de l'interruption volontaire de grossesse.

Mais personne n'est obligé d'avorter. Personne. Mais celles qui veulent le faire peuvent le faire parce que la loi le permet.

De manière assez étrange, on a permis que la profession médicale puisse faire valoir une clause de conscience pour refuser d'accomplir l'acte d'avortement. Je ne vous cache pas que personnellement. Si je comprends ce que ça peut représenter pour quelqu'un qui est croyant, d'un autre côté, je vois là un biais, une exception à la loi qui pourrait être ensuite étendue.

Car ceux qui ont une fonction publique, quelle qu'elle soit, une utilité sociale peuvent se réclamer à tout instant de leur propre conviction religieuse pour empêcher que la liberté des autres s'exprime, il y a un problème. Je ne vous dis pas, je ne mets personne en cause à cet instant. Je dis que d temps à autre, nous sommes placés devant une contradiction qui nous pose problème, nous interroge.

Et quoi à la fin ? Eh bien à la fin, on applique la loi et puis voilà. Voilà.

C'est ce que je fais. Donc alors ça, c'est la réponse de fond pour le mouvement pour le mouvement insoumis. Et alors est-ce que ça nous protège de tout ?

Ben non, bien sûr que non. Nous ne sommes pas protégés nous-mêmes ni du sexisme, ni de la bêtise, ni de tout ce qu'on voudra. Ce sont des influences de la société.

Et il y a lieu de les combattre dans nos rangs lorsqu'on les aperçoit. Tous les partis sont confrontés à ça. Tout le monde.

Nous sommes des êtres humains dans une société libre. Par conséquent, ça circule. Et nous, nous pensons que nous donnons les moyens à chaque grand événement amphi d'été que nous faisons tous les étés, il y a des séances consacrées spécifiquement à la question des racismes de toutes sortes et de la laïcité de l'État.

Il est important de savoir que dans ce domaine, nous n'avons pas de difficultés particulières avec les musulmans qui sont ou dans nos rangs ou que nous rencontrons dans la société. Pourquoi ? Parce que l'islam en France est un islam qui est essentiellement influencé par son origine maghrébine.

Et l'origine maghrébine est elle-même extrêmement liée à la période arabo-andalouse de l'histoire de l'islam. Et donc nous avons affaire à un islam maliquide, c'est-à-dire un Il y a un islam qui dit dans les pays où vous êtes, vous respectez la loi du pays où vous êtes. Donc ça c'est quand même considérable parce qu'il n'y a pas de problème.

On a eu un autre problème avec l'Église catholique parce que je vous rappelle...

Ben oui, ben pardon, je suis obligé de le dire mais c'est la vie. 1906, l'encyclique vehementernos, elle dit qu'il n'y a pas de loi supérieure à celle de Dieu et que penser qu'il faut en appliquer une autre est criminelle. Donc l L'explication a été violente.

Je vous rappelle que l'église catholique, nonobstant le point de vue de nombre de catholiques qui ne partageaient pas son point de vue, le point de vue clérical était que la république c'était un malentendu provisoire. Il a fallu attendre 1920 pour que l'Église catholique reconnaisse du bout des lèvres la République française dans un pot à Alger, c'est vous dire. Bref.

Ou c'est l'évêque d'Alger. Je ne me rappelle pas, mais Alger est mélangé à ça. En tout cas, Voilà.

Maintenant, tout ça est beaucoup plus simple à gérer, si bien que celui qui viendrait faire de l'entrisme religieux se fait plus vite repéré que n'importe quel autre. Et évidemment que notre mouvement n'acceptera jamais l'entrisme religieux, ni de confier des responsabilités à quelqu'un qui dirait « Je le fais parce que je suis catholique et je vais expliquer les vertus catholiques ou les vertus juives ou les vertus protestantes, qui sont des vertus respectables et qui n'ont rien à faire. Dans notre organisation, ni dans nos candidatures.

Donc sur ce plan, je ne crois pas que...

Mais si vous avez des difficultés à nous signaler, faites-le. Après, quand même, vous êtes des élus, alors on sait comment ça se passe. Vous faites des listes dans votre coin.

Tout le monde arrive au moment où il faut perdre. — Merci, M. Mélenchon.

On va laisser la parole pour la deuxième question à M. le rapporteur. M. le rapporteur. — Très bien.

Le continuum politique, je vous retrouverai après. D — D'accord. — M.

Mélenchon, on sait que l'islamisme politique repose sur l'exacerbation de normes religieuses utilisées au service d'un projet politique et qu'il peut s appuyer dans certaines circonstances sur des marqueurs identitaires visant à distinguer ou à séparer une communauté de la société commune dans le cadre de stratégies d'influence ou d'entrisme. Plusieurs chercheurs auditionnés ont d d'ailleurs souligné que certains comportements ou symboles, lorsqu'ils sont instrumentalisés, peuvent devenir des leviers d'affirmation politique et de pression sociale. A la lumière de nos travaux, une question se pose concernant la cohérence du discours politique sur ces marqueurs identiques, parmi lesquels le voile islamique.

Vous-même avez exprimé au fil des années des positions assez différentes. En 2010, vous considériez qu'on ne peut se dire féministe en affichant un signe de soumission patriarcale et que le voile constituait un stigmate que l'on s'inflige. Je vous cite M.

Mélenchon. En 2015, vous qualifiez encore le voile de signe de soumission. Mais en 2025, 10 ans plus tard, vous avez déclaré avoir changé de regard et estimé que vouloir interdire le voile aux mineurs serait une violence, une insulte, un mépris.

Dans ce contexte, et alors que notre commission n'examine pas la foi des individus en aucune façon, mais l'utilisation possible de symboles religieux à des fins politiques par certains réseaux en ce qui nous concerne islamistes, j'aimerais vous interroger très factuellement. Comment expliquez-vous cette évolution de vos positions sur le voile ? Faites-vous aujourd'hui une distinction entre le port du voile pour une femme adulte, par une adolescente ou par une fillette, au regard des phénomènes d'influence que l'on peut observer de la part de réseaux islamistes et vous inscrivez-vous toujours pleinement dans le cadre de la loi de 2004 qui protège l'espace scolaire en interdisant les signes religieux ostensibles dans les écoles, les collèges et les lycées ?

Plus largement, comment un responsable politique peut -il selon vous concilier la défense de la liberté religieuse et la nécessaire vigilance face à l'utilisation d'un marqueur religieux comme instrument d'entrisme ? Merci M. le rapporteur, M.

Mélenchon. Merci M. le rapporteur pour cette question bien précise, et je vais vous faire la réponse aussi précise que possible.

Je commence d'abord par ce qui me concerne, puisque vous avez évoqué mon évolution, et à juste titre, mon point de vue a évolué. Mais il n'a pas évolué que sur l'islam. Il a évolué d'une manière générale.

Je viens d'une famille catholique, de formation catholique, j'ai été enfant de cœur, et ma mère était extrêmement croyante, grâce à quoi j'ai été protégé du racisme qui régnait dans les communautés françaises d'Afrique du Nord, où les propos n'étaient pas spécialement légers et délicats à propos des musulmans. J'en ai été protégé grâce à ça. Je ne peux donc que leur remercier.

Et là-dessus, ayant rompu avec la foi chrétienne à partir du moment où le divorce de mes parents leur a valu d'être excommuniés, je suis devenu une sorte d de la laïcité, ce qu'on appelle ensuite, toute ma vie on m'aura pourchassé pour cette histoire de religion. Alors on disait à l'époque Mélenchon il n'y a rien d'en tirer, c'est un laïcard donc on ne peut pas lui parler. Bon et puis ma Ma foi, je faisais avec.

J'allais chercher ma section socialiste dans le village de Montaigu à la sortie de la messe, puisqu'ils allaient tous à la messe sauf moi. Et bon, ma foi, on arrivait à se supporter assez bien. Et ça s'est plutôt passé tranquillement.

Et puis la vie avançant, oui, j'ai renoncé à une forme d'anticléricalisme grossier duquel je veux m'excuser auprès de ceux que j'ai pu blesser dans le passé. Voyez-vous, quand une seule fois dans votre vie vous Vous croisez un groupe dans lequel il y a une bonne sœur, dont vous vous êtes moquée et qu'ensuite vous la retrouvez morte après avoir été torturée par des bourreaux d'extrême droite de l'Amérique latine ? Plus jamais.

Vous ne pouvez dire quelque chose contre. Ce n'est plus possible humainement, et de même pour des prêtres. Si bien que le laïcard que je suis a fait se lever toute une salle au moment où l'on m'a remis un diplôme en Argentine en évoquant la mémoire de nos 32 compatriotes assassinés par les dictateurs fascistes de l'Argentine, et dedans j'ai fait ma pause spéciale pour le curé, les deux bonnes sœurs, en pensant que peut-être ça me vaudrait, de là où ils m'observent, un peu de leur faveur, de les reconnaître qu'on mes compatriotes, et le combat extraordinaire qu'ils ont mené, qui grandit l'idée qu'on se fait de la France, puisqu'ils en sont morts, ils en sont morts comme des gens qui défendaient la liberté.

Alors ce que j'ai jugé bon de faire concernant le christianisme, et les catholiques en particulier, je le fais pour les musulmans. Mais dans un autre contexte, car les catholiques ne font pas l'objet, fort heureusement en France, de persécutions, de discrimination comme c'est le cas pour les musulmans aujourd'hui, je ne vous en accuse pas mais l'ambiance est épouvantable ici un sondage qui raconte n'importe quoi là-bas je ne sais quoi ça n'arrête pas les musulmans par-ci les musulmans Par là, tout le monde ne fait pas preuve de vos discernements. Et ça y va.

Et la défenseuse des droits, la défendeur des droits dit qu'il y a maintenant une progression de la discrimination religieuse contre les musulmans qui est Ils ont bien au fond de votre affaire le voile. Ah là là ! Ça me rappelle le président de Rugy, qui a été président de cette Assemblée.

Au début que nous voici constitués un groupe d'insoumis, mes camarades, à la demande des femmes de notre groupe, décident que l'on ne porterait plus de cravate. Moi, pour un bon mot, j'y cède parce qu'après les sans-culottes qu'il y ait des sans-cravate, ça me réjouissait. Nous voici donc sans-cravate.

Et au bureau de l'Assemblée, un collègue, je ne sais plus lequel, ou si je me rappelle, je ne vous dirai pas lequel, je ne dois pas me moquer de lui, dit « Alors il faut avoir une tenue décente, vous allez mettre une cravate et même des chaussettes ». Des chaussettes, « Oui, certains de vos collègues n'ont pas de chaussettes ». Bon, alors je connais quand même de Rougy depuis un moment.

Je lui dis « Écoute, si vous votez qu'on doit mettre des chaussettes et des cravates, on les mettra. Mais je vais te dire une chose. Ce qui va devenir intérêt C'est quand tu vas nous expliquer ce qu'est une tenue décembre pour une femme.

Et de Rugy, qui est quand même quelqu'un d'intelligence, s'émerve et dit « Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Allez, il y a la marre ! » Et donc on n'a plus parlé ni de chaussettes, ni de cravates dans elle a le même problème.

Tiens, ça tombe sur les femmes. Alors j'ai pensé en effet, comme ça se disait autour de moi, que c'était un signe de soumission. Et je regardais un peu narquois les photos de ma Ma propre famille, ma grand-mère avec un foulard sur la tête, ma mère avec un foulard sur la tête, ma soeur avec un foulard sur la tête parce qu'autrefois tout le monde mettait un foulard sur la tête et sinon on disait d'une femme qu'elle allait comme vous mesdames en Et ça ne se faisait pas.

Il fallait avoir un foulard sur la tête. Donc tout le monde portait en foulard. Voici que maintenant, les musulmans emportent, les musulmanes, et vous dites comme un signal.

Bon, je ne vais pas contester que certaines personnes portent un foulard comme un signal religieux de leur appartenance à la religion musulmane. Il y a des Français qui portent des croix très visibles, y compris les collègues, à qui il a fallu les faire retirer, etc. Bon, on connaît tout ça.

Donc je ne vais pas vous dire non, ce n'est pas vrai. Oui, c'est vrai. Il y a des gens qui mettent ça sur la tête comme un signal religieux.

Bien. À nous de faire preuve à ce moment-là de discernement. C C'est l'État qui est laïque en France, ce n'est pas la rue.

Et les adultes s'habillent comme ils l'entendent, sauf si leur tenue venait à choquer quoi ? Par leur nudité. Ce n'est pas le cas.

Sinon, pour le reste, le seul habit qui soit interdit, c'est la burqa. Eh bien, depuis que ça a été interdit, vous n'en voyez quasiment plus. Et c'est comme ça.

Ça prouve qu'en général, les gens respectent la loi. Même ceux qui sont un peu olé-olé et veulent faire des démonstrations. Quand il s'agit de la loi, tout le monde est fait du même bois.

Voilà. Alors maintenant, allons plus loin. Les gens se mettent ce qu'ils veulent sur la tête.

Des kippas, des chapeaux en fourrure, des voiles dans la rue. La rue n'est pas laïque. Mais par contre, pour accomplir le service de l'État...

Ah ! Là, ça n'est plus pareil. L'État est laïque.

Donc personne ne met une voile, personne ne met de chapeau de toutes sortes, et ainsi de suite. Voilà. Après, il faut faire preuve de discernement suivant les circonstances pour ne pas envenimer les problèmes.

Et puis curieusement, ça tombe encore sur les femmes. Mes collègues, pardon, monsieur le rapporteur, qu'est-ce que vous voulez qu'on vous fasse quand quelqu'un se met un foulard sur la tête ? Vous comptez faire quoi ?

Courir dans la rue et lui dire « Enlevez ça ! Vous êtes une islamiste. » La personne ne vous dirait pas du tout. « Il pleut.

Je mets ça sur ma tête. » Vous n'en sortirez pas. Vous voyez bien que ce n'est pas praticable.

Alors après, on parle des enfants. Problème compliqué ! Car la loi reconnaît à chaque parent le droit de transmettre ces valeurs à ses enfants et les pratiques qui vont avec.

Après tout, on pourrait dire à quelqu'un qui emmène son gosse à la messe le dimanche, eh bien tu le prives de sommeil. On ne fera pas ça, on n'est pas fous. Les parents transmettent leurs convictions.

Et à propos du voile, je me suis posé la question moi-même c'est quoi ce truc ? D'abord, est-ce que c'est une obligation ? Non, ça n'est pas une obligation.

Pourquoi je dis ça ? Parce qu'il y a des obligations. Par exemple, un groupe de sénateurs propose d'interdire le jeûne dans le ramadan, mais c'est les 5 devoirs de l'islam de faire ramadan.

Vous avez l'intention d'empêcher les gens de jeûner ? Comment vous allez faire ? Personnellement, je pratique le jeûne intermittent.

Ça n'a rien à voir avec le ramadan. C'est ramadan toute l'année. Qu'est-ce que vous allez me demander de faire surveiller si je jeûne pour des raisons religieuses ou pas ?

Vous voyez, monsieur le rapporteur, ce que je veux vous dire, c'est que c'est inexplicable. Et puis, c'est toujours la même histoire. C'est les femmes.

Elles mettent un voile. Elles ne doivent pas faire chiffres. J'ai donc posé la question à une de mes amis croyantes musulmanes qui fait ses 5 prières, ce qui est un exploit.

Il faut se lever à 5 heures du matin pour faire la première prière. Et je lui dis mais pourquoi, toi qui es féministe, qui enseigne à ta fille toutes ces choses, pourquoi Pourquoi ? Elle dit, moi je ne mets pas de voile.

Ce n'est pas une obligation. Je fais mes cinq prières parce que c'est dans les cinq obligations avec le ramadan, le pèlerinage et l'aumône. Bon ça je le fais.

Mais moi je ne suis pas soumis à un homme à ce moment là. Elle me dit, moi je n'en ai pas d'homme. Je suis soumise à Dieu.

Alors vous êtes des militants comme moi. Si vous voulez vous disputer avec Dieu, vous avez perdu d'avance parce que personne n'est jamais arrivé à rien sur ce sujet. Tous ceux qui ont essayé d'extraire la La foi, par des moyens violents, ne sont arrivés à rien.

Par des moyens de persuasion, la foi est-elle rationnelle ? Vous savez comme moi, si vous avez la foi ou ceux qui l'ont eue, que ce n'est pas un acte de raison. C'est un autre degré de relation au grand tout.

Qu'est-ce que vous faites ? Eh bien moi, je ne sais pas, d'accord ? J'ai fait...

J'ai tapé aux portes pour vendre le programme commun et quand les gens me disaient « C'est très bien tout ce que vous nous dites, c'est bien, vous y croyez, mais vous êtes alli avec des communistes qui croient pas en Dieu, Nous, on ne vote pas pour ceux qui ne croient pas en Dieu. Qu'est-ce que vous voulez que je leur dise ? Eh bien rien.

Alors on passait à la force vivante. – Merci M. Mélenchon. – Je n'ai pas fini. – Je vais quand même… – J'ai un mot à vous dire. – Attendez, je prends juste une question de méthode.

Vous allez pouvoir le dire. Mais question de méthode, c'est que pour tout le monde, on a une audition avec le garde des Sceaux à 15h30. Donc je souhaite... – Ah non, c'est pas moi le pire alors, Président ? – Je n'ai jamais dit ça, M. le ministre.

Et donc qu'on ait le temps, à la fois le rapporteur pour se poser ses questions et vous, vous invitez effectivement à ce qu'on soit dans un format un peu plus compact. Je vous en prie pour le dernier mot... – Je termine sur mon format compact.

Je vous lance le défi, M. le rapporteur, pour que vous soyez dans le même embarras que moi pour trancher les questions de cette nature. Vous me parlez du voile, et des enfants à qui l'on met en voile.

Et que dites-vous de la circoncision ? Elle concerne des jeunes enfants qui ne demandent pas leur avis. Elle est présente dans deux religions.

Et maintenant, présentent dans les mœurs des gens qui n'ont pas de religion, mais qui considèrent que c'est une bonne chose de le faire. Personne ne pose jamais la question. Ça, c'est pas un problème.

Les voiles sur la tête des filles, oui, c'est un problème. Et la circoncision ? Il y a des gens pour qui c'est un problème, qui dit que c'est une maltraitance.

Comment allons-nous sortir de ça, M. le rapporteur, M. le président ?

Comme je suis là, je ne sais pas vous répondre. Mais si vous avez des lumières, n'hésitez pas à nous les donner. — Vous aurez posé la question, M. le rapporteur.

Merci monsieur Mélenchon. Les travaux de notre commission ont mis en lumière un phénomène préoccupant, c'est l'usage stratégique par certains réseaux islamistes du terme islamophobie pour délégitimer toute critique de leur idéologie, affaiblir la vigilance républicaine et nourrir un récit de confrontation entre les musulmans et le reste de la société. Les services de l'État nous ont alertés sur la dangerosité d'un tel usage, qui confond volontairement la critique d'un projet politique avec la stigmatisation de de croyants, créant ainsi un brouillage dont les mouvances radicales tirent profit.

De plus, en assimilant volontairement, avec l'emploi de ce terme toute critique de l'islamisme, à une hostilité envers les musulmans, ils fabriquent des adversaires. Ils désignent des cibles et cherchent à réduire au silence celles et ceux qui font l'étude de leur idéologie, comme on a pu le constater à travers les menaces d'ailleurs reçues par certaines personnes auditionnés dans notre commission. Je pense notamment à la chercheuse de Florence Bergeau-Blacler, à Nora Bussini, à Emmanuel Razavi, à Bernard Rougier et d'autres.

Ces menaces ont été déclenchées précisément en réaction à leurs travaux sur l l'islamisme, ce qui illustre la mécanique de mise en danger que les services de l'Etat nous ont décrites. Une accusation militante suivie d'une exposition publique puis d'une menace réelle. Notre commission ne peut ignorer ce climat, la République ne saurait accepter qu'un mot soit utilisé pour intimité, délégitimer ou susciter des menaces contre des chercheurs, des journalistes ou des responsables publics.

Défendre la liberté d'expression, c'est protéger ceux qui contribuent à éclairer la nation, même lorsque leurs analyses nous dérangent. Dans le même temps, la réalité statistique impose une forme de lucidité. Selon les chiffres de 2024 du ministre de l'Intérieur, notre pays a recensé récemment environ 240 actes anti-musulmans que nous devons dénoncer avec la plus grande rigueur qu'ont le plus de 1600 actes antisémites alors même que la population juive est près de dix fois moins nombreuses que la population musulmane.

Ainsi si les actes visant nos concitoyens musulmans appellent évidemment une coordination ferme et résolue, l antisémitisme demeure encore aujourd'hui malheureusement la haine la plus meurtrière, la plus persistante et la plus massivement dirigée contre une minorité religieuse en France. Plusieurs services auditionnés ont souligné que lorsque le terme « Islamophobie » est utilisé d'une manière militante et extensive, il peut contribuer, même involontairement, à alimenter certains ressorts antisémites. En diffusant l'idée fallacieuse d'une guerre menée contre les musulmans et en désignant en creux les juifs comme des bénéficiaires supposés de l'ordre républicain, ce discours active des schémas complotistes déjà mobilisés par les mouvances islamistes radicales.

Vous-même, M. Mélenchon, avez rappelé par le passé votre réticence à employer ce terme avant d'expliquer avoir changé de position, comme pour le voile d'ailleurs. Cette évolution mérite d'être comprise dans un contexte où la clarté des mots est essentielle à la cohésion nationale.

Mes questions sur nos clés suivantes. Comment, selon vous, concilier la lutte indispensable contre les actes anti-musulmans avec la nécessité de prévenir l'usage idéologique du terme islamophobie lorsqu'il peut brouiller la critique légitime de l'islamisme et nourrir paricocher des imaginaires antisémites ? Pensez-vous qu'un usage trop extensif de ce terme puisse contribuer à renforcer ses ressorts et comment maintenir dans le débat public une frontière nette entre la critique d'une religion, la dénonciation d'une idéologie politique et la protection de tous nos concitoyens contre le racisme ?

Merci M. le rapporteur. M.

Mélenchon. Qui dit qu'est-ce que tu vois à ce temps ? Bon alors d'abord je suis d'accord avec vous pour dire que les mots ont une grande importance parce que c'est eux qui fixent la réalité à laquelle nous accédons.

Pas de mots, pas de pensée. C'est un point de vue matérialiste et je suis content de vous retrouver sur ce terrain. Les mots ont leur importance.

Alors oui, en effet, moi au départ j'étais hostile à l'utilisation du mot islamophobie parce qu'on me disait mais alors tu nous interdis de critiquer, quand on utilise le mot islamophobie, tu interdis de critiquer l et donc je m'étais dit non, on va pas utiliser cette expression-là, on va en utiliser une autre qui vaut pas mieux qui s'appelle haine des musulmans. Et puis la discussion avance et je vois que l'usage commun autour de moi se fait sur le mot islamophobie. Je m'en vais donc regarder dans quelles circonstances il intervient.

Et je vais vous dire, monsieur le rapporteur, que ceux qui se font à nos cerveaux en déduisant de l'islamophobie, que c'est une forme qui conduit à l'antisémitisme. C'est vraiment des gens très préoccupés. Je respecte la complexité de leur pensée, mais je ne vois pas le lien entre les deux.

Par contre, ce que je peux vous dire, c'est que le mot « islamophobie » est un mot d'usage international qui donne lieu tous les ans à l'initiative de l'Organisation des Nations Unies, à une journée de lutte contre l « islamophobie » qui a lieu le 25 mars. Par conséquent, je me sens maintenant libre de l'utiliser et je l'ai utilisé bien avant de m'être aperçu que l'ONU l'utilisait pour une raison. C'est que dans la haine des musulmans, il y a le mot « haine d'eux » et pour ma part, je hais les nazis.

Et je n'ai pas l'intention de changer d'avis. Je pense que la plupart d'entre nous, on soit au même point. Je hais les nazis.

Voilà. C'est une haine que je trouve saine, salutaire, qui m'entretient bien et que j'essaye de transmettre à d'autres. Le mot « haine » n'est pas bon.

Islamophobie, ça parle bien. Pourquoi ? Parce qu'il y a islam et il y a phobie.

La phobie, c'est quelque chose qui échappe à la raison, qui est de l'ordre de la déraison. Par exemple, les gens qui ont la phobie des araignées. Vous en connaissez forcément quelqu'un autour de vous.

Peut-être vous-même êtes pro en cette phobie ou une autre. D'autres, c'est les mouches. D'autres, c'est je ne sais quoi.

Enfin bon, l L'esprit humain est ainsi fait que nous avons tous nos démons intérieurs qui surgissent sous des formes fantasmées. Et bien pour moi, l'islamophobie, le mot est particulièrement bien adapté. Quand vous regardez, les gens qui sont en proie à l L'islamophobie, même quand ils sont...

Je mets de côté les gens qui ont une critique sur la religion musulmane, par exemple, parce qu'ils sont d'une autre religion. Mais c'est une critique, c'est de l'ordre de la raison. C'est de l'ordre du...

L'islamophobie, c'est que les gens font n'importe quoi. Ah mon Dieu, un musulman ! Et ils vont faire ci, ils vont faire là, ils vont nous égorger, ils vont nous tirer dessus.

C'est de la folie ! Ce n'est même plus rationnel, on ne peut même plus parler. C'est pourquoi j'estime que le mot est bien utile parce qu'il décrit un comportement irrationnel.

Alors j'ai lu qu'il aurait telle ou telle origine le mot, mais que voulez-vous ? Les mots sont les mots, nous n'en avons pas tant que ça. Je vais vous prendre un autre exemple.

Par exemple, récemment, il a été décidé que ceux qui étaient contre le sionisme étaient des antisémites. Ça n'a rien à voir pour plein de gens. Le sionisme est un point de vue politique et l'antisémitisme est un point de vue raciste.

Donc ça n'a rien à voir. Donc on peut être anti-sioniste sans être raciste. On peut être sioniste sans être pour autant anti-ceci ou anti-sola.

Donc, voilà un usage qui a été fait abusif du mot, exactement Exactement comme on peut penser que le mot islamophobie contient toutes sortes de choses et parmi elles des choses que nous n' accepterions pas mais ce n'est pas parce que nous refusons l' assimilation antisémitisme et et hostilité au sionisme, que nous allons rejeter le mot antisémitisme. Parce que l'antisémitisme, c'est une réalité à combattre. De même, l'islamophobie est une réalité à combattre.

Je préfère, moi, si vous voulez, me dire que je combats une phobie que de combattre une haine dont je ne saurais plus que faire. Je peux expliquer à quelqu'un pourquoi il est absurde d'avoir sur les musulmans un regard réducteur qui les ramène à ceci ou à cela. Moi, je n'ai jamais dit que l'Église catholique était responsable du massacre en Norvège de 70 jeunes assassinés par un illuminé qui se réclamait de la religion catholique pour le faire.

La religion catholique, qui n'a rien à voir avec ça. Lui, il est en prison, mais il sert aujourd'hui d'idole à toutes sortes de gens qui continuent à utiliser son nom. Nous, les gens de raison, et surtout nous, les Français, qui sommes des praticiens de la laïcité, à chaque pas, nous devons faire attention à ne pas donner à manger aux extrêmes, à ceux qui voudraient à tout prix que tout soit un conflit.

Voilà ce que j'ai à vous dire. Je ne saurais vous dire mieux qu'en adoptant ce mot, eh bien ça me permet de mieux comprendre la tâche que j'ai à faire dans la lutte contre le racisme. Merci M.

Mélenchon. Monsieur le rapporteur pour votre dernière question. Notre commission a examiné en détail le rôle de certaines organisations qui sous couvert de défense des droits ont contribué à diffuser une vision militante de l'islamophobie visant à délégitimer l'action de l'Etat et entraver la lutte contre l'islamisme politique.

C'est précisément ce qui avait conduit en 2020 à la dissolution du CCIF par le ministre de l'Intérieur, qui était alors Gérald Darmanin, suite à la Sassida au dieu de Samuel Paty. Dissolution qui avait été confirmée, vous le savez M. Mélencher, par le Conseil d'Etat au regard des objectifs poursuivis par cette organisation.

Or, depuis cette dissolution, un groupe présenté comme son prolongement direct, le CCIE, opère désormais depuis la Belgique avec possibilité de poursuivre les mêmes activités sur notre territoire. Le 17 Le CCIE avait même été convié à participer à une réunion dans les murs du palais Bourbon. Mes questions sont les suivantes.

Que pensez-vous de la dissolution du CCIF ? Et au-delà de votre opinion sur cette dissolution, pensez-vous qu'il est conforme à l'exigence démocratique que des groupes dissous par nos institutions et dont la dissolution a été juridiquement confirmée, retrouvent une forme de reconnaissance institutionnelle en étant accueillie ici au sein du palais Bourbon. Merci Monsieur Mélenchon.

Je vous réponds comme le feraient tous ceux qui ont à répondre à des questions complexées avec toutes sortes de tiroirs. Cet organisme a été dissous, le CCIF. Nous en sommes d'accord, je l'ai observé comme vous.

Il a été après un meurtre abominable qui nous soulevait tous de dégoût et nous inspirait tous des sentiments de vengeance ou des représailles pour essayer de dissoudre en nous toute cette révolte qu'avait créé cet événement. Mais après, il y a le droit que voulez-vous. Alors le Conseil d'État dit oui, on peut dissoudre.

Mais la ligue des droits de l'homme, mais le syndicat des avocats de France, mais le syndicat de la magistrature qui ne sont pas des organisations gauchistes en tout cas par à mes yeux, peut-être on Mais pas à mes yeux. Donc des organisations de professionnels du droit qui disent c'est absolument intolérable, on a fait une erreur pas possible. Et le conseil n'a pas dit oui il faut le dissoudre.

Le conseil qui a donné son a dit oui, vous pouvez le dissoudre. Il n'a pas dit vous devez le dissoudre. En tout cas, voici ma réponse à ce moment.

Embarrasser que je suis comme tout le monde, quand on se trouve dans une situation où d'un côté vos meilleurs amis à qui vous avez le plus grand respect pour leur...

Et eux, vous dites...

Je me fie à eux de l'évaluation de ce qui est juridiquement acceptable ou pas. Et un conseil, une institution de l'État. Bon.

Alors voilà. Je dis comme la Ligue des droits de l'homme, comme le syndicat des avocats de France, comme le syndicat de la magistrature, comme ATAC et comme la Fédération nationale de la libre-pensée, que cette organisation n'aurait pas dû être dissoute. Si j'avais un doute sur le fait qu'on puisse dissoudre d'une manière aveugle, eh bien par exemple, je n'en ai plus depuis que j'ai vu qu'on a dissous la Jeune Garde, organisation antifasciste qui n'est coupable ni responsable de rien, mais qu'on a dissous à la faveur d'un jour où le gouvernement avait besoin d'en dissoudre deux d'un coup, un à droite, un à gauche.

Donc on a dissous ça pour pouvoir dissoudre les soulèvements de la terre le même jour. Tout ça procède plus de la politique politicienne que du fond. Mais moi, je suis attaché à rester liée à ma famille intellectuelle et de penser parce qu'elle m'aide à penser et à décider.

Et dans cette circonstance, elle me permet ça. D'ailleurs, vous savez, je sais qu'on m'avait fait un reproche similaire au moment de la participation à la manifestation du 10 novembre. Vous permettez que j'en parle ou quelqu'un d'autre a prévu de m'en parler peut-être ?

Peut-être vous, M. le rapporteur, ou quelqu'un d'autre. Bon.

Alors j'en parle. — Très rapidement, s'il vous plaît, M. Mélenchon. — Avec votre permission. — Oui.

Alors il y a eu une attaque à la mosquée de Bordeaux. Deux pauvres papés qui sortaient de là se prennent des coups de fusil. Et que se passe-t-il ?

Rien. C'est-à-dire pas la moindre trace de mobilisation. Des organisations décident d'appeler à une marche.

Et après avoir discuté comme vous imaginez, oui, non, oui, non, on y va, on n'y va pas. Qu'est-ce qui appelle ? Qu'est-ce qui n'appelle pas ?

On décide d'y appeler parce qu'on se sent en sympathie et en adhésion avec la masse considérable de gens ensuite qui s'est révélée être présente le jour de cette manifestation, le 10 novembre. Et comme il s'est trouvé que dans la manifestation, il y a quelqu'un qui a crié un slogan mais qu'est-ce qu'on dit « pouvait ». Une personne crie Dieu est grand.

Ma foi déjà c'est un problème d'aller lui dire on n'est pas d'accord parce qu'il y en a qui pensent qu'en effet Dieu est grand et peu importe la langue dans lequel on le dit et puis d'autres qui pensent que c'est pas le moment. Bref, on n'en finirait plus mais je veux moi en finir. La marche a eu lieu, on me l'a reproché des dizaines de fois.

Pourquoi ne l'a-t-on pas reprochée aux autres appelant attaque la CGT, la FSU, la Ligue des droits de l'homme, NPA, Europe Ecologie Les Verts. Pourquoi ? Parce que c'est absurde.

Nous étions tous là. Nous sommes tous de gauche. Nous sommes tous laïcs.

Et je termine sur un mot. À la fin, M. le Président, on chanta la marseillaise sur la place.

Eh bien moi, je regrette de ne pas être resté jusqu'à la place. – Bien, nous en venons… Merci M. le rapporteur pour vos questions.

Nous en venons aux questions des collègues ici présents, à commencer par Mme Thévenot pour le Le groupe EPR. Merci beaucoup. Alors effectivement, M.

Mélenchon, on va aller droit au but, je pourrais vous parler de la montée de l l'antisémitisme dans notre pays. Vous vous rappelez que les actes antisémites représentent 60 % des agressions à caractères religieux, alors que la population juive constitue moins de 1 % de la population. Je pourrais alors vous demander pourquoi vous semblez voir de l'islamophobie partout et de l'antisémitisme nulle part.

Je pourrais ajouter que cette minimisation de l'antisémitisme participe à créer un terrain propice à l'entrée islamiste. Mais je sais que face à ce phénomène pourtant préoccupant, vous allez faire le tribun comme vous savez souvent le faire, théâtraliser pour esquiver ou transformer cette question en long cours d'histoire pour m'expliquer que je me trompe. Alors aujourd'hui, je ne vous demanderai pas de répondre à ces questions déjà posées mille fois.

Je vous demande plutôt de nous éclairer sur les agissements de ceux que vous faites élire au sein de nos institutions nationales et européennes qui, portant notre écharpe tricolore, semble pourtant ne pas du tout vouloir défendre notre pays. Cautionnez-vous que votre députée européenne Rima Hassan ait des liens assumés avec des associations liées aux frères musulmans type Lalab ? Pouvez-vous nous dire si vous cautionnez sa présence à une manifestation en Jordanie pour la mort du terroriste sinoir ?

Comment voyez-vous la proximité de plusieurs élus insoumis avec Shaheen Azami, agent d'influence lié au régime iranien qui sera jugé dans quelques mois et pour qui plusieurs députés de votre famille politique viennent encore de signer une tribune cette semaine ? Pouvez-vous nous confirmer que vous avez apporté votre soutien à Julien Théry, enseignant qui avait fait une liste de 20 génocidaires à boycotter les personnalités de confession juive, qui avaient partagé d'ailleurs un visuel représentant des clichés antisémites ? En répondant, je l'espère, à ces questions, M.

Mélenchon. Montrez-nous aujourd'hui devant cette commission que vous n'êtes pas devenu, malgré vous ou par calcul, le cheval de Troie idéal de l'entrice islamiste dans notre politique française. Je vous remercie.

Merci chers collègues. Monsieur Mélenchon, allez vous montrer que vous n'êtes pas le cheval de troie d'un pays étranger qui cherche à faire passer ses assassinats pour une cause noble ? Je ne vous poserai pas la question, je connais la réponse.

La réponse c'est non, vous n'êtes pas l'agent d'un pays étranger. Bien de même, pourquoi voudriez-vous que moi, je sois l'agent de ceci ou de cela ? Je suis l'agent de moi-même, des insoumis, de la pensée humaniste, d'un un radicalisme que je ne nie pas, mais qui n'a rien à voir avec le racisme, quel que soit le racisme.

Mais je ne peux pas vous cacher l'agacement qu'il y a de voir sans cesse montrer pas de blanche devant des inquisiteurs de circonstances qui vous enjoigne de dire ceci de dire cela du calme moi j'ai une vie qui témoigne pour moi vous n'étiez pas né j'étais en train d'aider des juifs à quitter l'URSS alors que j'étais pro communiste J'ai passé mon existence à mener ces batailles-là. Il n'y a pas une fois où l'on peut me prendre en défaut, puisque j'ai des juges, quelle que soit la situation. Alors je vous ai répondu, quoi que ce ne soit pas le sujet de la Commission, et je pense que le mieux est qu'on en reste au sujet de la Commission.

Mais je suis prêt à venir. Invitez-moi à une réunion, celle que vous voulez, avec qui vous voulez, pour que je puisse venir expliquer en quoi consiste la bataille contre l'antisémitisme que nous menons, car nous la menons. Quant aux statistiques, elles ont une très grande importance, et c'est la raison pour laquelle j'aimerais que l'État, le ministère de l'Intérieur, établisse les statistiques, et pas les organisations associatives liées aux différentes communautés.

Nous avons besoin de savoir exactement où nous en sommes, mais s'il y avait un seul crime, on serait contre. Voyez-vous, quand Mme Mireille Knoll a été assassinée dans les conditions dont vous vous souvenez sans doute. Nous appelâmes, nous groupes, j'étais le président du groupe, à la marche qui devait se faire.

Tous les groupes ont signé. Nous nous y sommes rendus. Nous avons téléphoné la veille pour prendre nos précautions auprès du CRIF pour lui demander d'assurer notre sécurité.

Il nous a dit qu'il ne pouvait pas le faire. Nous sommes venus quand même. Nous avons été agressés par une organisation juive qui est considérée comme terroriste en Israël comme à New et qui a couvert d'insultes les femmes qui étaient parmi nous, et qui nous a agressées.

Et personne ne nous a défendu ce jour-là. Qu'ai-je dit à la sortie ? Ai-je maudit tout le monde ?

J'ai dit je ne confonds pas 40 illuminés et je Je veux que chaque Juif du plus modeste village de ce pays sache que s'il a un problème, il aura les insoumis à ses côtés pour le défendre. Nous n'avons aucune raison de faire quelques concessions que ce soit. J'ai vu qu'on me dit que c'est Par clientélisme.

Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Vous figurez que les musulmans sont clients de politiques antisémites, mais c'est une vision raciste. Des musulmans, ça n'existe pas.

Et croyez-vous qu'ils soient sensibles à autre chose quand ils m'écoutent à part à mon art de parler ? Qu'est-ce que je raconte quand même ? Ce sont des gens munis d'un cerveau.

Et ils entendent des revendications sociales avec lesquelles ils se retrouvent. Pourquoi ? Parce qu'il se trouve que les musulmans, à cette étape de notre histoire, font partie des catégories sociales qui ont commencé à la première marche.

Et maintenant, ils sont en train de monter à toute vitesse. Gloire au peuple français ainsi composé. Alors après, Mme Rima Hassan, franchement, écoutez, vous ne vous fatiguez pas de la prendre pour cible.

Mais oui, mais ce n'est pas vrai. Elle n'a pas participé à une marche pour machin, pour truc, pour bidule qui fait que je suis obligé de me tenir informé à chaque instant de ce que tout le monde fait pour pouvoir y répondre. Non, elle est à une marche qui a lieu toutes les semaines.

Et toutes les semaines, comme elle se trouvait là, elle est allée à la marche. Voilà. Elle est allée à la marche.

Elle s'est excusée. Elle s'est expliquée 10 fois sur cette affaire-là. Je ne vous dis pas qu'on ne commette pas pas d'erreur, madame.

Je ne vous dis pas ça. Nous en commettons. Et quand nous en commettons, nous nous excusons pour avoir dit des choses qu'il ne fallait pas dire ou parce que nos adversaires, jamais.

J'en ai jamais entendu un seul dire « Ah ben non, je n'aurais pas dû parler comme ça à M. Mélenchon ». Alors je dis au rapporteur, Mathieu Bloch, il y a un instant, à montrer le lien qu'il y a, à créer une ambiance avec les violences que l'on déclenche.

Nous autres, moi je viens du mouvement socialiste, nous en savons quelque chose. Parce que c'est pour ça, et comme ça qu'on nous a assassinés Jaurès. À force de le présenter comme un ami de l'Allemagne, il s'est trouvé un dingue pour aller lui tirer dessus.

Bon, figurez-vous que moi j'ai fait l'objet de deux tentatives de meurtre, n'est-ce pas ? Dans le premier cas, le premier commando, il s'est pris 9 ans de prison et dans le deuxième 18. Donc je sais de quoi vous parlez monsieur le rapporteur et j'ai pas l'intention moi, si peu que ce soit, de le créer pour les autres.

J'aime la joute, j'aime la polémique, j'aime la dispute, ça m'est agréable de participer au sens philosophique, à la dispute mais pas à ça, pas à la menace physique, pas à l'intimidation, pas aux meurtres etc. Aucun d'entre nous ne l'a fait et ne le fera jamais. Et si quelqu'un a un comportement ambigu, alors je le lui dirai, vous me le signalerez, je lui dirai.

Il ne faut pas faire comme ça parce que moi Mélenchon qui suis un méditerranéen, je parle avec les mains et avec les yeux mais le reste du temps il faut tous baisser d'un ton et j'y suis disposé. Votre question ensuite c'était à Paris Massan l'enseignant. Alors madame, mais vous serez vous-même la première à vous alerter de ce qui se passe dans ce pays ?

Voilà que des gens complètement illuminés se mettent à pourchasser les influences de ceux-ci, de ceux-là dans l J'exagère peut-être avec la date pour Robert de Sorbon, mais c'est comme ça. C'est-à-dire...

Mais oui, vous allez voir madame pourquoi je vous dis ça. Parce que monsieur Thierry, c'est un enseignant. C'est un enseignant.

Et voici qu'on a trouvé une porte d'entrée pour commencer la chasse à l'enseignant du supérieur que l'on prendrait en défaut. Qu'est-ce qu'il a fait ? Il a pris une liste de gens qui ont signé une tribune.

Et prenant cette liste de gens, il cite qui sont les signataires. Il y a dedans un curé, alors c'est dire que comme juifs, on fait mieux qu'un curé. Et il les cite, il dit ceux-là, il faudra se rappeler, ils soutiennent le génocide.

Est-ce que c'est une bonne idée de faire ça ou pas ? Il n'a pas été prudent car aujourd'hui, il suffirait de citer un seul nom pour que ça déclenche une affaire. Alors après, d'autres gens trouvaient ceci, cela parce qu'aussitôt il y a des armées qui se mettent en mouvement pour aller vous chercher sous chaque cheveux si vous n'avez pas un poux.

Bon. Lui, il a critiqué une tribune et les signataires de cette tribune. Et j'ai défendu cet homme.

Et je vous préviens que je vais défendre tous ceux qui, à l'université, auront des points de vue iconoclastes. Cet enseignant n'est pas antisémite. Ne l'a jamais été.

Il ne l'est pas et il ne le sera jamais. Si vous me prouvez le contraire, madame, je serai le premier à vous donner raison et allez lui dire « Je change d'avis ». Venez me démontrer qu'il l'est.

À mes yeux, il ne l'est pas. Mais je vous mets tous en garde. Attention au confort, à la facilité qui consiste à prendre un adversaire et à la harceler sans vous rendre compte du précédent concret.

Moi et d'autres, nous ne permettrons pas qu'à l'université, on fache la chasse aux malpensants. Voyez ce que ça donne aux États-Unis d'Amérique. Soit M.

M. Thierry a eu un comportement antisémite, il sera pourchassé et condamné pour ça. Soit il ne l'a pas et alors on lui fout la paix et on ne le menace pas et on n'essaye pas d'intimider les autres.

Voilà ce que je peux vous répondre. Je ne peux pas faire mieux que de vous dire dans quelle situation je prends. Y a-t-il une question à laquelle je n'ai pas répondu ?

Même si vous considérez que ce n'est pas vraiment une réponse que je vous fais là. Merci M. Mélenchon, Mme Thébnaud.

Votre micro, pardon. Pardon. Rapidement, Excusez-moi Madame Pannot, c'est M.

Mélenchon lui-même qui demande s'il n'y a pas une autre question à laquelle il n'a pas répondu, et oui vos questions, vos réponses ne répondent pas du tout sur le fond à ce que je vous ai posé mais c'est pas grave, il y en a une sur Chaim Hamzami et les liens avec plusieurs députés de vote, famille politique qui ont signé une tribune encore cette semaine. Merci M. Mélenchon.

Ne m'envoyez pas madame, je n'ai pas pour vous répondre, je ne sais pas de qui vous parler, alors donc j'ai la plus grande...

Il est de quelle nationalité déjà pour commencer C'est iranien ? Ah ben alors je suis le dernier, vous allez venir embêter avec l'Iran parce que même quand l'ayatollah Khomeini était en France et que tout le monde était là alors qu'on était tous anti-chat, moi je soutenais pas l Alors c'est pas maintenant que je vais le faire, ni aucun des miens. Non, avec le régime iranien, nous n'avons aucune, et d'ailleurs il nous rend bien la monnaie de notre pièce, parce que nous n'avons aucune sorte de sympathie, ni pour eux, ni de près, ni de loin, et dans aucune de leurs activités.

J'ai d'ailleurs dit notamment qu'un régime dont le premier chef dit qu'il variait de la carte, un état voisin en l'occurrence, s'il s'agissait d'Israël, ne peut pas mériter autre chose que notre mépris et notre volonté de les voir dégager le plus vite possible. Nous sommes opposés à tous les régimes théocratiques, tous, sans exception, et je n'en ferai pas la liste pour me fâcher avec le moins de monde possible dans cette salle, parce que je crois que j'en ai déjà assez fait. Tout à l'heure avec les Emiratis à qui je tiens à répéter que je n'ai aucune querelle avec eux, mais s'ils veulent bien les espionner plus loin, ça nous arrangerait.

Merci M. Mélenchon. J'indique que nous avons eu un contact avec le garde des Sceaux, que l'audition est reportée d'un quart d'heure.

Ce n'est pas une raison pour que les questions et les réponses soient plus longues. Donc M. Saint-Houle pour le groupe Lévi. – Je ne sais plus rien, il ne faut pas m'inviter. – Pardon, excusez-moi, c'était ce qu'on m'avait indiqué.

Autant pour moi, mille excuses, M. Lachaud, pardon. – Merci M. le Président, vous êtes tout excusé évidemment.

M. le Président Mélenchon, nous sommes ici, nous le savons, sur l'injonction de la droite extrême et de l'extrême droite qui prétendent vouloir mettre au jour les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste. Chacun sait de quoi il retourne en réalité.

Jeter l'opprobre sur la France insoumise et ressasser une énième fois les fantasmes islamophobes qui dominent aujourd'hui le débat public. Une farce qui ne mériterait que le rire et le dédain si elle n'avait pas pour conséquence de livrer des millions de nos concitoyens de confession De la sécurité extérieure, Nicolas Lerner a ainsi déclaré qu'il n'y avait pas d'élément prouvant des connivences structurelles au sens de plan d'action, de programme, d'échéance, d'agenda commun entre les partis politiques et la mouvance islamiste. L'absence du moindre fait incriminant étant désormais établi, nos débats de ce jour ont quant à eux la vertu de dissiper certains des présupposés intellectuels qui sous-tendent cette chasse aux sorcières.

Car tous ces fantasmes, tantôt le communautarisme, le communautarisme, tantôt le séparatisme, tantôt l'antrisme, on ne sait plus trop, reposent sur des idées fausses quant à la réalité du fait religieux autant que du principe de laïcité. C'est sur ce plan que je voudrais vous interroger M. le Président.

En vous demandant donc, quelle doit être selon vous en République la place de la religion et son rapport avec le politique ? Et que pensez-vous de la thèse développée sous diverses nuances d'une certaine gauche néoconservatrice jusqu'à l'extrême droite, selon laquelle la religion musulmane poserait une question spécifique, voire, comme le disent certains idéologues islamophobes, seraient incompatibles avec la République ? Je vous remercie.

Merci monsieur Lachaud Vous avez pu citer des extraits de compte rendu, je pourrais vous en citer d'autres qui ont été faits par des hauts fonctionnaires qui travaillent chaque jour à la sécurité de notre pays et qui montrent qu'il y a effectivement un risque d'antrisme islamiste dans notre pays et qu'il y a besoin d'une sensibilisation particulière à ce sujet. M. Mélenchon, réponse à M.

Lachaud. M. le Président, vous parlez d'or.

M. Huckbrick, directeur du renseignement de la préfecture de police de Paris a dit la chose suivante devant vous. En revanche, après avoir dit que l'ultra-gauche, je ne sais plus où on nous classe aujourd'hui, parce que nous sommes passés de gauche à gauche radicale, extrême-gauche, suivant les humeurs de ceux qui nous adressent à nous dit l'ultra-gauche est totalement absente lors de ce qu'il appelle les émeutes et les violences urbaines.

En revanche, dit-il, une certaine frange de l'ultra-droite négationniste se rapproche par antisémitisme pur de certains islamistes ou référents religieux islamistes qui tiennent des propos antisémites. Bon, alors voilà. Ça, c'est pour confirmer à la fois ce que vous dites, le président et ce que vient de dire M.

Bastien Lachaud. Nous n'avons naturellement rien à voir avec tout ça et s'il n'arrivait qu'ici ou là où on constate le contraire, je serais le premier à le condamner. Je viens sur la phrase, je sais qu'il faut se hâter.

Mais je ne peux faire moins comme intellectuel, si vous le permettez, me perchant sur ma pauvre petite licence de philosophie qui impressionna tant mes parents, que de vous dire la chose suivante à propos de l'islam. L'islam est une religion et comme toutes les religions, on peut considérer qu'elle pose un problème au pouvoir politique qui veut se tenir à distance d'elle. Nous autres français, nous avons commencé avec Philippe Je ne vous raconterai pas l'histoire, mais le pape Boniface VIII a eu cher à connaître de son opposition au roi de France qui ne voulait pas qu'il se mêle de ses affaires.

Dans l'immédiat, je sais que l'esprit des La pensée qui a cheminé de la Renaissance jusqu'à la Grande Révolution doit à l'islam et au docteur de la foi islamique. Je pense à Averroes, qui, ce n'est pas son nom, c'est le nom qu'on a latinisé pour éviter d'avoir à citer un arabe dans nos sources. Averroes est le premier qui va dire et nos intellectuels à nous au Collège de France disent qu'il fait partie des fondateurs des Lumières.

À mon avis, c'est un peu exagéré, mais j'ai compris ce qu'il voulait dire. Pourquoi ? Parce qu'Averroet, c'est le premier qui Il dit, à la consternation des chrétiens d'Occident, qui viennent, étant entrés par les croisades en contact avec les musulmans, ont ramené des sciences qu'on trouve avec sa tête.

Les mathématiques, la physique, la chimie sont consternées. Comment peut-il y avoir deux vérités ? L'une qui enseigne le livre et la religion, et l'autre qu'on trouve avec sa tête.

Eh bien Averroès règle ce problème. Et il dit « La vérité est une et indivisible ». Mais on n'y accède par des chemins différents.

Il cite la rhétorique, la philosophie et la foi. Et Averroès, avec d'autres conséquences, étend son raisonnement. Au départ, il s'agit d'un jugement religieux, ça n'a rien de philosophique, qui va pénétrer et travailler toute la pensée naissante à partir de la Renaissance.

Et ce n'était pas un compliment, à l'époque, de se faire traiter d'un verroïste, parce qu'il y a des écoles musulmanes qui ont dit que ce type-là est lui-même un hérétique. C'est dire que dans toutes les religions, il y a beaucoup de discussions. Mais Averroès fait partie prenante totalement de la culture des lumières françaises.

Je dis bien les lumières françaises parce que les lumières françaises sont particulières comparées à celles des Pays comparées à celles des autres pays. Les lumières françaises ont pu déboucher sur la loi de 1905, qui n'est pas un athéisme d'État. Eh bien il faut que nous soyons capables, quand on entend tant d'horreur, d'être capable de reconnaître les liens qui nous ont bâtis en tant qu'humanité, telle que nous sommes aujourd'hui tous, autant que nous sommes.

Voilà pourquoi je ne dirais pas « l'Islam est incompatible avec la République », parce que si vous allez par ce chemin, bien des choses sont incompatibles avec la République. Mais c'est si on a de la République une vision fermée et non pas la vision de la liberté qu'elle porte. La République, c'est d'abord la liberté et la souveraineté du peuple.

Ce seront mes mots pour vous dire, M. le Président, M. le rapporteur, je suis certain que c'est nous tous les laïcs qui aurons le dernier mot dans ce pays comme d'habitude.

Merci pour deux questions de collègues, Mme la présidente Paznaud puis M. Saint-Hout, je vous Je propose de les faire dans la foulée, qu'on puisse tenir les délais. Merci Madame la Présidente.

Merci Monsieur le Président, Monsieur le Rapporteur, Monsieur le Président Mélenchon. En 2013, deux figures du Front populaire tunisien qui étaient à la fois vos amis et nos compagnons de route, Chokri Belaï puis Mohamed Brami, ont été assassinés par des islamistes. Vous aviez déclaré alors quand les islamistes tuent, ce sont souvent les nôtres qui meurent.

A l'époque vous vous étiez rendu en Tunisie à la mémoire de Mohamed Brami et de ceux qui ont payé de leur vie leur combat contre le fanatisme en solidarité avec le peuple tunisien. En 2019, alors que vous étiez président du groupe parlementaire insoumis, je me suis rendu avec Daniel Obono, Rojava pour apporter notre soutien au peuple kurde en première ligne contre Daesh et les milices djihadistes. Leur contribution à ce combat mérite une nouvelle fois d'être saluée.

Aujourd'hui, certains nous accusent de proximité avec ce que nous avons toujours condamnés sans ambiguïté, ceux qui ont tué nos amis. Évidemment, ces mêmes odieux ne disent absolument rien quand par exemple c'est Lafarge qui en ce moment se trouve en procès pour financement de terrorisme. Or celui qui a mené les négociations entre Lafarge et Daesh est un ancien candidat du Front National, idéologiquement tous hiérarchisent les vies humaines et défendent l'inégalité comme principe.

Ma question est donc la suivante au regard de votre engragement auprès de ceux qui sont en première ligne contre les fanatiques partout dans le monde quel est selon vous le contenu politique du procès stupide mené contre vous contre nous aujourd'hui alors que l'extrême droite a la faveur des médias de masse merci madame la présidente panneau monsieur saint-toul et puis il y aura madame le temps qui est aussi qu'il veut poser une question monsieur saint-toul merci monsieur le président monsieur mélenchon je vais vous poser une question assez simple en réalité d'abord évoquer rappeler que cette commission d'enquête n'a pas bénéficié des lumières de tous les savants les plus autorisés en réalité sur la question de la représentation politique des musulmans. Je note les absences de chercheurs très reconnus dans leur domaine, Franck Frégozi, Margot Dazet, à Ouassénier, qui sont des personnalités qui pourtant font autorité. L'une d'elles que j'ai citée, Madame Dazet, dans son travail de thèse caractérise la position de l'UOIF, l'une des principales organisations des musulmans de France, selon trois traits, la loyauté nationale, la déférence politique et la discrétion religieuse.

Alors comme notre rapporteur a évoqué tout à l'heure la question de l'islamophobie, de l'usage du mot islamophobie, Est-ce que vous diriez que cette caractérisation par la loyauté nationale, la déférence politique, la discrétion religieuse est un point de vue scientifique ou une manifestation d'islamo-gauchisme ? Et quel est le sens que vous donneriez éventuellement à ce mot. Merci, M.

Saint-Houle. Mme Tanguy. Merci, M. le Président.

M. Mélenchon, j'ai une question très simple. Que faisait le député de la France insoumise, Thomas Porte le 6 octobre 2023, soit la veille des massacres menés par le Hamas contre des civils israéliens en Égypte aux côtés de Abu Ami Elewa qui dirige une association française humanitaire héritière du comité de bienfaisance et de secours aux palestiniens, jugé proche des frères musulmans par les services d'enseignement français et visé par une enquête du parquet national antiterroriste pour ses liens présumés avec le M.

Mélenchon, cautionnez-vous la proximité de votre débuté comme celle d'autres cités par ma collègue Priska Thévenot et certains de vos militants avec l'islamisme politique et à travers leur lien avec l organisation des frères musulmans, leur volonté de pénétrer le champ politique français. Merci. Merci chers collègues.

Juste pour vous dire que dans les noms que vous avez cités, chers Nous avions contacté deux des chercheurs que vous indiquiez, M. Frégory et M. Séniquet, pour vous dire, et qu'ils n'ont pas donné suite à notre contact. — Exact.

Voilà. Donc M. Mélenchon vous rend réponse aux 3 collègues qui vous ont posé des questions. — Je vais m'efforcer d'être aussi succinct que possible.

On a évoqué les luttes que nous avons menées ensemble, madame la présidente Pannot, dans des circonstances qui ont forcé mon admiration pour votre courage et celui de madame Obono. Parce que pour vous rendre au Rojava où se retrouvait un gouvernement provisoire, féministe, écologique, socialiste. Vous avez dû traverser tout l'Irak en passant par la zone où vous n'aviez pas que des amis du kurdistan, je mets des guillemets car je ne veux pas me fâcher avec la République d'Irak, irakien qui est plutôt favorable aux thèses islamistes puisque les dirigeants kurdes pratiquent la religion et la mettent au pouvoir.

Il va fallu traverser tout ça pour aller de l'autre côté manifester notre soutien. Je demande qu'on nous entende parce que nous sommes capables de ça. Et je ne sais pas si vous avez beaucoup de partis politiques qui peuvent établir la même liste que nous d'actes qui ont été accomplis de cette ampleur et de cette vigueur.

De même, je me trouvais aux côtés de la famille de de Choukri Belhaïd, en Tunisie, 48 heures après qu'il ait été assassiné. Et quand je suis venu, le sang était encore là, ainsi que les fleurs dans le village, dans cette partie de la cité, nous sommes partis en cortège manifester. Je suis retourné pour les 40 jours, à la fin des 40 jours de deuil de Mohamed Brahmi, autre dirigeant du Front populaire tunisien, et je l'ai fait cette fois-là sur la recommandation de bien des gens entourés d'un service d'ordre qui est exceptionnel et rarissime de ma part, français, de police française, parce qu'on pensait qu'un français venant défendre une position pareille n'était pas en sécurité pour cette célébration.

Je ne mets pas en avant mon courage, parce que dans cette situation c'était simple, je me sentais sous la la protection des Tunisiens eux-mêmes. Mais combien d'autres exemples de cette nature pourraient être donnés ? Je vous en fais grâce, mais je voudrais vous rappeler que sur la question de la compromission de Lafarge qui a payé Et Daesh, nous avons été la seule force politique pendant de très très très longs mois à mener la bataille dans une indifférence glacée assez générale.

Et pourtant, nous n'avons pas lâché prise et je me réjouis de savoir qu'en ce moment même a lieu le procès des responsables. Souvent, il en a coûté, voyez-vous, Président ? Quand j'étais ami par hasard...

Ces choses-là nous arrivent dans la vie. J'étais ami par hasard avec un officier supérieur de l'armée algérienne, Mohamed Boukhobsa, qui avait écrit un magnifique livre sur les événements en Algérie. Et je me suis trouvé là-bas quelques jours avant...

Quelques semaines avant les élections. Et nous avions sympathisé tous les deux. Bon, c'était un militaire et un intellectuel.

Et bon, on n'était pas exactement sur les mêmes positions politiques. Mohamed Boukhobsa a été égorgé sur le pas de de sa porte, ayant sa fille à la main. Et j'en ai connu une colère, j'en ai conçu une colère terrible qui ne m'a toujours pas lâché contre la lâcheté d'un tel attentat, qui a résonné en moi lorsque Paty a été assassiné, et ainsi de suite.

Chaque fois, je retrouve cette même rage contre cette manière de se comporter, cette barbarie absolue. Mais voyez-vous, quand a été signé un accord sous l'autorité des autorités religieuses catholiques, qui ont fait leur travail, je ne leur reproche pas, à Santé Diggio. Ça s'appelait les Accords de Rome, auxquels une une série de forces politiques plus ou moins importantes de l'Algérie avaient cru bon d'apporter leur signature.

Et je pense en particulier à quelqu'un qui a été un ami et pour qui j'ai eu beaucoup d'admiration également, aussi Naït Ahmed, qui a été le fondateur des forces socialistes, du front socialiste en Algérie. Aussi il a signé et je lui ai dit que moi jamais je signe quoi que ce soit avec des fascistes et avec des égorgeurs. Et nous nous sommes fâchés alors que nous étions amis et que je l'admirais, et que je l'admire toujours, et nous ne nous sommes plus jamais parlé, hélas pour moi, parce que jamais je n'ai approuvé si peu que ce soit la moindre compromission ni la moindre concession dans une lutte où, comme l'a dit la présidente, quand il tue, c'est souvent nous.

Mais pas que nous en tant que militants politiques. Ce sont des musulmans qui sont assassinés à À Nice, il y a des musulmans parmi les morts en nombre qui étaient là parmi tous les autres. Je ne sais pas s'il y en avait au Bataclan.

Mais je peux vous dire que chaque fois qu'une bombe explose dans tel ou tel pays, c'est souvent des musulmans qui sont les premiers à mourir. Dès Alors la haine que je porte à ces assassins, elle n'est pas sur une base religieuse et elle ne trie pas dans les victimes. Je voulais le dire.

Alors madame, après je trouve votre question, madame Tanguy, bien sûr vous me la posez, je le comprends, mais franchement on peut faire mieux quoi. Monsieur Porte se trouvait là-bas, vous dites à la frontière, ben oui il était à la frontière, il avait l'intention de la passer, donc il était là-bas pour passer la frontière, c'était deux jours avant l'abominable crime du 7 octobre, les abominables crimes du 7 octobre. J'espère que vous ne sous-entendez pas qu'il était au courant ou qu'il venait pour les présider.

Non. Il se trouvait là. Que voulez-vous ?

Ça arrive qu'on se trouve à côté d'un endroit où il se passe des choses épouvantables. J'étais dans Paris à l'heure des assassinats du Bataclan. Je n'ai rien pu faire d'autre que ce qu'a fait tout le monde, c'est-à-dire avoir peur et pleurer beaucoup.

Là, c'est pareil. Alors le type qui est à côté de lui aime Monsieur Machin qui est...

Monsieur Bidu. Bon, très bien. Si c'est un personnage qui n'est pas fréquentable, ne le fréquentons pas.

Mais à l'époque, Thomas n'en sait rien du tout. Il y a un type qui est à côté de lui qui lui dit qu'il va l'aider à passer la frontière. Voilà tout.

Alors il peut se trouver qu'à un certain moment, on se trouve à côté de gens qu'on n'a pas envie de fréquenter. Je pense que c'était le cas. De même, je me suis trouvé moi des fois dans des manifestations avec des uluberlus.

Et pas seulement...

Je ne parle pas seulement de questions religieuses. Je dis des uluberlus au sens le plus radical du terme, portant des pancartes étranges. Franchement, vous n'avez jamais été dans cette situation, vous ?

Eh bien vous êtes bien embêtés. Voilà. Mais si, il y en a qui manifestent.

Attends, regarde, le mariage pour tous, ils y étaient tous. Et là, vous étiez tous avec des islamistes, ça ne vous a pas dérangé. Bon bah on comprend.

Ils défendent des vues sur la famille qui sont plus proches des vôtres que des miennes. Et alors ? Bah on est tous du même pays, non ?

Alors on se déteste le reste du temps. Mais il y a des moments où on fait la pause. Moi, madame, jamais je vous accuserai d'être complice de qui que ce soit qui tire sur les autres.

Bah ce pauvre Thomas Porte, vous le voyez, en train d'être complice d'un meurtre aussi épouvantable, des assassinats qu'il y a eu le 7 octobre, bien sûr que non. Si nous ne faisons pas preuve de raison, entre nous alors nous sommes perdus. Parce que nous allons commencer à nous dévorer au lieu d'essayer de voir comment on peut faire.

Et si quelqu'un commet une erreur ou a une mauvaise fréquentation, on le lui dit. Et si vous n'en êtes pas content, vous dites mais celui-là il ne cède à rien. Je vais téléphoner s'il vous plaît pas à moi parce que vous me dites votre député.

Non pardon, c'est pas le mien, c'est celui du peuple français qui l'a élu. C'est pas mon député, c'est mon camarade. Voilà ce que je peux vous dire.

Je vous invite tous à la raison. – Une dernière question mais qui prolonge un peu ça parce que… Dans les auditions, on se rend compte qu'il y a effectivement un certain nombre de témoignages, de faits qui sont donnés où il y a la présence d'élus, de collègues députés ou d'élus locaux qui se retrouvent dans des manifestations. Il y en a eu une en octobre 2024 qui était organisée par Urgence Palestine et dans laquelle un animateur, un organisateur de cette manifestation indiquait qu'il fallait continuer à être, en parlant à la foule qui était là, ce déluge d'Alaxa.

Le déluge d'Alaxa, c'est effectivement ce qui s'est passé 7 octobre. Bien sûr, les collègues qui sont là, ce n'est pas eux qui ont prononcé ces mots. Mais on a quand même une responsabilité.

Soit de partir, déjà, si on n'est pas d'accord, soit ensuite de faire un débriefing pour que ça ne recommence pas. Donc vous, au niveau du parti que vous avez fondé, on a bien compris que vous n'en avez plus la responsabilité directe. Mais on ne doute pas de l'influence que vous avez encore à l'intérieur.

J'espère bien, moral au moins. Voilà, moral, abidima. Et donc, quel retour vous faites de ces expériences ?

Parce qu effectivement, quand le président Chirac a entendu la Marseillaise être siffée, il y a quitté. Parce que c'était inconcevable. Quand vous entendez des propos qui flirtent avec l'apologie du terrorisme, vous ne pouvez pas rester sur une estrade.

Est-ce que ça, c'est quelque chose que vous comprenez ou pas ? Évidemment, monsieur le président. Que croyez-vous qu'il se passe ?

Je ne vais pas vous raconter les secrets des préparations de manifs, mais c'est une déprise de tête dont vous n'avez pas idée sur ce que l'un, l'autre va dire ou ne pas dire. Est-ce qu'on n'acceptera pas ? Et ceci et cela ?

Et qui on ne veut pas ? Bon, on s'en débrouille. Quand quelqu'un mord le trait ou ne respecte pas les autres, on le prend d'abord pour un manque de respect.

Tu ne sais pas ça dont on est convenu. Donc nous ne venons pas une manif pour entendre des choses pareilles. Bon, on se le dit entre nous, on tâche de le régler.

Mais je ne connais pas un insoumis ou une insoumise qui a trouvé que tout ça était écoutable et supportable et que ça lui convenait parfaitement. Ça n'existe pas, Président. Croyez-moi si vous voulez ou pas.

Mais je vous dis, ça n'existe pas dans nos rangs. Moi, je ne vous cherche pas querelle sur la présence d'islamistes féroces qui étaient présent aux manifs du mariage pour tous, parce que je sais très bien que ce n'était pas votre sujet. Ceux qui étaient contre le mariage pour tous l'étaient pour des raisons morales, politiques, tout ce que vous voulez, philosophiques, religieuses.

Et ma foi, je ne suis pas d'accord avec, mais jamais j'irai vous embêter parce que vous pensez ça. Et je ne fais pas le reproche de ceux qui s'y trouvaient, car je suppose que si j'en faisais la liste, vous seriez aussi embarrassés que je le suis moi quand vous m'évoquez telle ou telle. Moi, les seuls qui me conviennent politiquement, c'est les miens.

Alors bon, je fais un pour tous les autres. Et pour certains, non, l'effort est trop grand. Alors on va leur dire écoutez vous abusez.

On n'est pas venus là pour que vous nous fassiez endosser vos positions parce qu'après on va se retrouver dans une commission d'enquête où on va nous demander ce qu'on pense de ceci et de cela alors qu'on y est strictement pour rien. Président, je ne peux pas faire mieux que de vous dire que nous faisons de notre mieux et je suis sûr que vous-même vous en faites autant à l'égard des excessifs qui sont aussi dans vos rangs. Monsieur Mélenchon, je vous remets – Merci pour ces éléments.

Votre édition, je crois, a été utile. Il suffit de voir d'ailleurs par la présence de nombreux collègues qui sont ici présents. Mais chaque fois que je vous remercie, on va suspendre la séance pour quelques minutes et nous allons retrouver pour auditionner M.

Jarl de Darmanin. Garde des Sceaux, je vous remercie.