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Podcast / conversationPassion Constitution : Olivier Duhamel raconte la naissance de la Ve République· 8 novembre 2018 12 minMixteInstitutions & électionsDéfense

Episode 5 : Olivier Duhamel raconte la naissance de la Ve République

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 10 %Défensif 40 %

Temps de parole

  • Présentateur76 %
  • Invité11 %
  • Invité 28 %
  • Invité 34 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Présentateur

Bonjour à tous, c'est Olivier Duhamel pour le cinquième épisode de notre série « Naissance de la Vème République ». Et aujourd'hui, De Gaulle président, De Gaulle président du Conseil avant de devenir président de la République.

0:16
Invité

Françaises, Français ! Il est de l'intérêt supérieur du pays. De tout mon cœur, au nom de la France ! Le général De Gaulle me paraît parmi les plus qualifiés. Je vous demande de répondre oui !

0:29
Locuteur non identifié

Une réforme profonde est de la Constitution et de nos institutions.

0:33
Invité

Pourquoi voulez-vous qu'à 67 ans ?

0:44
Présentateur

Alors nous en étions à De Gaulle devenu président du Conseil. Vous allez me dire alors pourquoi est-ce que vous y revenez ? J'y reviens parce qu'on va voir comment il montre qu'il est la Vème République, qu'il est le nouveau, même dans le cadre ancien. Ça c'est la première raison. Donc on va parler de De Gaulle et de son directeur de cabinet, Georges Pompidou. Et puis ensuite, il y a une autre chose très importante, c'est que De Gaulle, on l'a vu, est arrivé à cause de la guerre d'Algérie. Qu'est-ce qu'il va dire sur l'Algérie ? Qu'est-ce qu'il va dire en Algérie ? Eh bien vous allez voir. De Gaulle a formé un gouvernement, le dernier gouvernement de la Quatrième République.

On a vu dans le dernier épisode qu'il avait servi les hommes politiques, les chefs de partis, en les flanquant, si j'ose dire, en les mettant en ministre d'État, et que dans les postes clés, il avait mis des experts, des techniciens. Et puis, il s'est installé dans son bureau, à l'hôtel La Pérouse. Écoutez le reportage, c'est assez piquant.

1:52
Invité

C'est un reportage de Julien Besançon, au moment où De Gaulle a constitué son gouvernement,

2:42
Présentateur

ça dure quelques heures, ça ne dure pas une semaine, 10 jours, 15 jours. Autre époque, autre mœurs. Et De Gaulle, donc son gouvernement fait, a choisi aussi, enfin d'ailleurs un tout petit peu avant, son directeur de cabinet. Et c'est très intéressant, d'ailleurs on l'a souvent oublié, ou on ne le sait pas, et moi je l'ai redécouvert en préparant cette émission pour tout vous dire. De Gaulle a pris comme directeur de cabinet, un jeune, relativement jeune, normalien, qui s'appelait Georges Pompidou.

Et Georges Pompidou, il était prof à Paris, au lycée Henri IV, il n'avait pas fait de résistance, il s'ennuyait comme prof, et il avait un ami qui était un proche collaborateur du général De Gaulle, qui s'appelait René Brouillet. Et alors il lui a écrit une lettre, en lui disant, j'aimerais que tu me trouves quelque chose. Dans les circonstances actuelles, je me résigne mal à décliner Rosa la Rose. Vous savez, Rosa, Rosa, Rosa, Rosa, et Rosis, Rosis. Voilà, il en avait un petit peu assez de ça. Il me semble que je puis faire momentanément au moins autre chose. Non, pour moi, tu sais que je n'ai pas d'ambition, etc., mais pour ce pays.

Et c'est comme ça qu'il va être recruté comme chargé de mission près de De Gaulle. Et puis De Gaulle va l'apprécier et en faire son directeur de cabinet. Et Pompidou va avoir une admiration sans borne pour De Gaulle. Il écrira bien, bien plus tard après, mais c'est pour donner une idée de comment il voyait De Gaulle à ce moment-là. Qui n'a pas connu cette époque ne peut imaginer ce qu'était le général De Gaulle aux yeux de ceux qui l'approchaient pour la première fois. Il apparaissait comme un être de légende, un héros mythique, un personnage hors de l'ordre commun. J'étais béat d'admiration et enivré à l'idée de participer modestement à l'action d'un surhomme.

C'est étonnant de dire ça de la part de celui qui deviendra son successeur en 1969. Donc, ça c'est pour le cadre dans lequel s'exerce le pouvoir. De Gaulle est arrivé au pouvoir le 1er juin. Le 4 juin, il arrive à Alger. Vous vous rendez compte ? Trois jours après. Il y a une foule incroyable sur tout le chemin entre l'aéroport et le centre-ville, le forum d'Alger ou le bâtiment du gouvernement général où il va se rendre. Et puis, De Gaulle arrive le moment où il doit prononcer son discours. Il s'approche. Il y a une foule incroyable et il n'y a jamais eu autant de monde sur la place. C'est noir de monde. Et De Gaulle s'avance, met les bras en V comme il aime à le faire, comme la victoire.

Et là, il crie Je vous ai compris ! Et ça y est, il les a retournés. Il les a mis dans sa poche juste parce que je vous ai compris qui veut dire quoi, diable ? Ça ne veut pas dire je vous garantis que l'Algérie sera jamais française. Ça veut juste dire je sais ce que vous pensez. Mais ça a suffi à retourner la foule. Quelques jours après, il se rend à Mostaganem et là, pour la première fois et pour la dernière fois, il va dire d'ailleurs après un petit temps d'arrêt, vive l'Algérie française. Écoutez.

6:05
Invité

La France a renoncé à un système qui ne convenait ni à sa vocation, ni à son devoir, ni à sa grandeur. C'est à cause de cela, c'est d'abord à cause de vous qu'elle m'a mandaté pour renouveler ses institutions. vive l'Algérie française. Vive la République. Vive la France.

6:41
Présentateur

Comme je l'ai dit, il ne le répétera jamais comme ça. Alors, sur ce vive l'Algérie française, il y a plusieurs interprétations entre lesquelles il est impossible de trancher. il y a ceux qui disent et pensent que de Gaulle d'emblée savait qu'au bout de l'histoire l'Algérie ne pouvait devenir qu'indépendante, mais qu'il fallait mentir. Depuis le 16ème siècle, depuis Machiavel et le prince, on sait qu'à certains moments le prince doit mentir pour bien gouverner.

Et puis, il y a la thèse inverse de ceux qui pensent que de Gaulle, au début, espère encore garder l'Algérie française et peut-être la garder dans un cadre nouveau, dans une communauté, dans une fédération où elle aurait plus d'autonomie, mais qu'elle reste française et que c'est petit à petit au fil des événements et de la guerre d'Algérie qu'il réalisera que c'est impossible et qu'il sera l'homme qui accompagnera et fera accepter par les français et plus encore que les français et les françaises par l'armée l'indépendance de l'Algérie. Il y a vraiment les deux thèses.

Dans la première thèse, de Gaulle est à la fois un visionnaire et un menteur et dans la deuxième thèse, il est un homme politique dans le fond un peu plus ordinaire, un peu plus commun qui dit à chaque étape ce qu'il pense et qui évolue en fonction des événements. Et ce sera impossible de trancher. En même temps, il faut bien comprendre, nous sommes en 1958, c'est-à-dire la France était à la tête d'un empire en Afrique. L'Algérie, c'était une partie de la France comme département. Les autres, c'était des colonies. Et il va aussi préparer la décolonisation en Afrique.

Là encore, par étapes, en faisant d'abord, essayant de faire ce qu'il appellera une communauté dans la Ve République, dans la Constitution de 1958, une grande confédération où tout le monde se retrouve et semi-indépendant ou indépendant mais totalement liée à la France et puis au bout de l'histoire, chacun va prendre son indépendance. Et il va faire comprendre là aussi, tout de suite, pendant cette année 1958, avant même la mise en oeuvre de la Constitution, que ces évolutions s'annoncent. Et il va le faire particulièrement à Madagascar. Écoutez De Gaulle à Tananarive.

8:52
Invité

Quelle réunion magnifique dans un site admirable, à un moment exceptionnel, que nous sommes en un moment de gros changements à tous égards. Dans cinq semaines, le choix lui sera donné ou bien d'établir avec la métropole et les autres territoires la communauté dont je parle, ou bien de séparer son sort de celui de la France et des autres territoires. Et je suis sûr de votre réponse. Vive Tananarive ! Vive Madagascar ! Vive la République !

9:44
Présentateur

Toujours ce truc génial avec De Gaulle, de la monter, n'est-ce pas, comme ça, parce que, bon, vive Tananarive, c'est pas mal Tananarive. Vive la République ! La République, c'est bien, mais le mieux de tout, c'est vive la France ! Il y a tout de suite toujours au-dessus, comme ça. Et donc, quand naît la Ve République, c'est le point sur lequel il faut insister, l'adoption de la Constitution comportait un titre, une partie de la Constitution qui s'appelait la communauté pour garder nos colonies dans un cadre nouveau, dans un cadre rénové, moderne, où elles auraient beaucoup d'autonomie.

Et du coup, ceux qui disaient oui à la Constitution acceptaient cela, et ceux qui disaient non devenaient ipso facto indépendants. Et en effet, partout, hors la Guinée, le oui va l'emporter. Et donc, avec la naissance de la Ve République dont nous connaissons les aspects franco-français d'organisation du pouvoir, d'attribution du pouvoir, naît aussi ce qu'on espère être durablement une nouvelle forme d'association entre la France et ses colonies africaines. même si ça ne durera pas, ça permettra finalement un passage en douceur vers l'indépendance, ce qui ne sera pas du tout le cas pour l'Algérie.

Il reste une question importante à traiter, sinon on serait totalement incomplet dans notre examen de la naissance de la Ve République. Cet enfant, qu'est-ce qu'il a de nouveau ? En quoi est-ce qu'il est différent des prédécesseurs des constitutions d'avant ? Vous croyez que c'est austère ? Mais pas du tout, vous allez voir, pas du tout, du tout. Très intéressant, c'est le prochain épisode. Générique fin, c'est une série en 8 épisodes avec Olivier Duhamel, ma pomme, à la production et réalisation Thomas Caillet, préparée par Paul Lassen, Fanny Rask, Claire Hazan et le service de documentation d'Europe 1.

11:46
Locuteur non identifié

Une création Europe 1 Studio.

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