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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 18 octobre 2022 41 minComplaisantActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieSolidarités & famille

Grève, pénuries, pays bloqué : le gouvernement face au risque de contagion du mouvement social

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Quel regard portez-vous sur la manifestation d'hier contre la vie chère et l'inaction climatique ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    La gauche a-t-elle rompu avec les années Hollande selon vous ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-il possible d'articuler lutte contre la vie chère et transition écologique ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi les gouvernements n'ont-ils pas investi dans la transition écologique plus tôt ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Les syndicats peuvent-ils mobiliser sur une augmentation des salaires dépendant du gouvernement ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    La grève générale est-elle un mot d'ordre politique ou syndical aujourd'hui ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Dominique MédaFait
    « la gauche a réaffirmé à la fois son ancrage dans les questions relatives au travail et avec les classes populaires »
  • 3:30Dominique MédaFait
    « on n'a pas préparé la société à la transition écologique »
  • 10:30Dominique MédaFait
    « on a perdu un temps fou le le c'est pour ça que j'ai donné ce titre à mon livre »
  • 11:30Leila de ComarmontFait
    « tous les syndicats n'appellent pas et en particulier la CFDT »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

les matins de France Culture guillaume Erner la marche parisienne d'hier contre la vie chère contre l'inaction climatique à l'appel de la nupes avec les suites de cette marque la grève dans les raffineries qui se poursuit dans certaines d'entre elles un appel à la grève pour demain un calendrier qui se tend également pour l'exécutif alors que l'utilisation du 49.3 est une aujourd'hui possibilité dans l'hémicycle pour parler de cette équation sociale pour tenter de démêler les causes les conséquences nous sommes en compagnie Dominique Médard bonjour vous êtes professeur de sociologie à l'Université de Paris Dauphine directrice de l'Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales vous venez de publier c'était les années Macron aux éditions champs actuels Dominique Médard votre regard sur ce qui s'est passé hier alors je dirais que vous vous venez de le rappeler hier c'est juste un élément du puzzle dont va être composé la semaine puisqu'il y a demain la manifestation interprofessionnelle appelée par plusieurs syndicats à laquelle plusieurs syndicats et puis il y a ce qui se passe à l'Assemblée c'est-à-dire le 49-3 qui va être déclenché un moment comme l'a dit Elisabeth borne hier soir alors je dirais que bon que dire de ce moment il y a eu une belle photo de famille donc c'est un moment d'unité pour pour la nupes et pour la et pour la gauche je dirais que la gauche a réaffirmé à la fois son ancrage dans les questions relatives au travail et avec les classes populaires et que de ce fait elle a montré une elle a confirmé sa rupture avec je dirais les années les années Holland et en même temps faut pas voir seulement ce tout petit bout de l'histoire il me semble que ce qui s'est passé hier c'est le résultat la conséquence de plusieurs années d'impérissime de la part des gouvernements précédents notamment le fait que on n'a pas préparé la société à la transition écologique et donc c'est pour ça les deux mots d'ordre contre la vie chère et l'inaction climatique c'est très intéressant parce que c'est contradictoires ou pas et ben non c'est pas contradictoire parce que c'est une manifestation contre la vie chère qui qui vient de l'inaction climatique parce qu'on voit très bien que depuis 5 10 20 ans on aurait pu préparer la société et si on avait investi dans les trains dans la réduction de l'étalement urbain dans l'isolation des bâtiments si on avait repensé nos villes si on avait développé évidemment les énergies renouvelables alors peut-être que la vie aurait été aujourd'hui moins cher et plus facile mais alors précisément si on avait fait les deux choses conjointement est-ce que l'on aurait réussi par exemple à absorber des chocs qui étaient des chocs complètement imprévisibles Dominique Médard est-ce que par exemple la lutte contre l'étalement urbain est-ce que le fait de modifier le mix énergétique tout cela était envisageable pourquoi d'ailleurs si cela l'était pourquoi cela n'a pas été envisagé par la gauche au pouvoir mais si vous voulez alors en effet la droite ni à gauche nous fait ce qu'il fallait ça ça me paraît absolument absolument clair et on a perdu un temps fou on a perdu un temps fou le le c'est pour ça que j'ai donné ce titre à mon livre qui est en fait une reprise des chroniques que j'ai faites dans le monde d'avril 2018 à aujourd'hui à juin juin 2022 donc c'est un peu un bilan du premier quinquennat d'Emmanuel Macron où on a perdu un temps absolument fou on a perdu un temps fou c'est-à-dire que Emmanuel Macron s'est accroché à un certain nombre de totem à des réformes sociales qui ont fait je le disais perdre du temps partout à l'Assemblée aux administrations et évidemment aux personnes qui ont écrasé épuisé le corps social les gens ont passé leur temps à les manifester contre ces réformes ces réformes m'ont franchement pas donné grand chose les ordonnances travail elles n'ont pas révolutionné le marché du travail les retraites finalement ça n'a pas abouti donc ce quinquennat a passé un temps fou à essayer de mettre en place des réformes sociales au lieu au lieu d'investir massivement dans la transition écologique est-ce que vous vous souvenez Guillaume Werner que lors de la rencontre avec les intellectuels que c'est vous qui l'animiez cette rencontre vous aviez eu l'amabilité de me donner la parole et j'avais demandé à Emmanuel Macron donc on était en mars 2019 s'il avait l'intention pour traiter cette question absolument brûlante de la transition écologique s'il avait l'intention d'ajouter 20 milliards de plus en investissements publics chaque année dans la transition écologique et m'avait répondu ça m'avait totalement sidéré il m'avait répondu madame Nicolas Sarkozy l'a fait et ça n'a pas fait baisser le chômage bon donc voilà un père ici du dernier du dernier quinquennat un père ici en effet de tous les de toute la puissance publique depuis 20 ans et aujourd'hui justement lorsque la gauche manifeste donc avec ces deux mots d'ordre qui ont été considérés comme étant antitétique alors vous vous considérez Dominique Méda qu'il peut y avoir justement une convergence des luttes entre ces deux mots d'ordre et ce qui n'est pas trop tard est-ce qu'il est possible d'articuler une politique qui puisse conjuguer à la fois lutte contre la vie chère et bien une activité à l'encontre du réchauffement climatique c'est vrai que la position du gouvernement là elle est très compliquée parce que comme d'habitude quand on n'a pas prévu on est complètement acculé donc là il faut à la fois gérer la le malheur social et donc par exemple prolonger la ristourne et on sait très bien que prolonger sur l'essence qui va concerner tout le monde ça va évidemment une fois de plus ne pas être ciblé sur les plus modestes et donc c'est une sorte d'énorme gaspillage donc faut à la fois rassurer la population et en même temps travailler pour le long terme donc essayez ce gouvernement doit tenir à la fois la réparation des erreurs passées en gérant le court terme mais ce court terme la politique qui est menée à court terme elle accroît le problème pour le long terme donc c'est un n'avait absolument épouvantable c'est à dire que voilà tout ce qu'on peut dire c'est que d'une part il faut absolument que nos gouvernements soient là n'ont pas pour essayer de se faire mais alors là je dis des choses vraiment d'une banalité folle j'en suis désolé mais les gouvernements sont pas là pour essayer de garder leur petite place ils sont là quand même pour s'occuper de l'intérêt général à long terme des sociétés et là ça n'a pas été fait il faut absolument redresser redresser la main ce que le gouvernement essaye de faire avec son plan sobriété mais je rappelle que des depuis des années bon le GIEC existe quand même depuis très longtemps mais là maintenant les choses sont plus claires par exemple depuis 2015 depuis les accords de Paris des gawatts l'autre jour je concluais la réunion de négawat une association qui depuis 20 ans dit que il faut absolument faire de la sobriété faire de l'efficacité tout ça n'a pas été entendu donc là il y a quand même un vrai problème y compris de de manière pour le gouvernement d'entendre ce qui se dit dans la société à la fois de ses chercheurs qui ne consulte pas assez mais aussi de je dirais de la de la population par ailleurs l'autre élément important Dominique médaille dans votre commentaire par rapport à cette marche hier vous avez dit rompre avec les années Holland qu'est-ce que ça veut dire rompre avec les années Hollande j'imagine aussi trop extrapolé dans vos propos mais j'imagine que ce que vous voulez dire c'est qu'il y a un minima de gauche la gauche de François Hollande que représentait-elle par rapport à ces questions là alors à gauche Hollande elle a en fait poursuivi un mouvement qui qui était né dans la sociale démocratie européenne alors il y a bien longtemps mais aussi particulièrement en 1999 le moment du manifeste blerschder quand il est là dans votre ouvrage c'était les années Macron ça me paraît un moment très important pourquoi quel était ce moment rappeler le nous et puis dites-nous pourquoi pour vous il y a vraiment une rupture à cette époque alors Tony Blair et Gerard Schroeder donc le chancelier allemand et le Premier ministre anglais décide d'écrire ensemble un manifeste il propose d'ailleurs à Lionel Jospin qui à l'époque et Premier ministre français de pardon à jeudi premier livre pour Tony Blair je voulais dire chancelier enfin bref il décide donc d'écrire ensemble le un manifeste un manifeste qui est en rupture radicale avec les idées je dirais socialiste c'est à dire ce qu'ils disent dans ce manifeste c'est bah en gros il faut mettre l'accent sur la responsabilité individuelle l'État dépense trop les dépenses publiques sont trop élevées il faut donc rompre avec ce cercle il y a une dépendance aux allocations qui se mise en place bref toutes les positions je dirais traditionnelles de la gauche depuis depuis la création de l'État-providence au moment de la sortie de la Seconde Guerre mondiale sont complètement remises en cause j'ose pas résiste j'ose pas refuse de signer cette cette lettre il va y avoir quelques mois plus tard une réunion à Florence la Réunion elle est intitulée réformisme au XXIe siècle il y a aussi Clinton Massimo d'aller et donc elle est si dirigeants sociaux-démocrate et j'ose pas résiste encore un peu mais voilà c'est notamment un moment où la gauche va accepter par exemple cette idée que il faut faire des réformes naturel il y a trop de protection il y a trop de protection de l'emploi il faut supprimer les règles sur le marché du travail etc etc et c'est un moment très grave parce que en effet ça va contribuer à à désespérer je dirais les salariés et puis ça va ça va ça va jeter en quelque sorte le malheur sur une partie des salariés mais est-ce que ça s'appelle tout simplement la social-démocratie Dominique Méda ou bien une autre sociale démocratie est possible selon vous donc parfois on a appelé ça le social libéralisme on parle aussi du néolibéralisme et moi vous voyez j'ai l'impression j'ai appelé intitulé aussi mon livre c'était les années Macron parce qu'il me semble que finalement la vision politique voir philosophique d'Emmanuel Macron elle est très tournée vers le passé il me semble que on est en train à un cycle est en train de s'achever le cycle du Consensus de Washington le cycle du néolibéralisme où en effet on pensait que les États devaient étaient en compétition et devait développer leur compétitivité en écrasant les salaires en permettant à tout le monde de se faire concurrence et de se prendre des parts de marché il me semble que on a montré que les résultats de d'une telle politique ou d'une tête vision de la société était extrêmement extrêmement médiocre extrêmement mauvais et donc il fallait prendre un tournant et j'ai l'impression qu'Emmanuel Macron reste les yeux rivés sur si vous voulez ce qu'on a appelé ces réformes néolibérales proposées par l'OCDE autour des années fin 90 début 2000 et que là c'est absolument pas ce dont on a besoin on a au contraire besoin d'investir dans la cohésion sociale d'investir dans la transition écologique on a besoin de reconstruire nos sociétés sans doute de mettre beaucoup plus de solidarité qu'à l'heure actuelle et y compris par exemple au sein de l'Europe donc voilà je pense qu'on doit tout reconstruire et que finalement il faudrait rompre avec ce social libéralisme ce néolibéralisme il nous a rien apporté de bon qu'il nous a pas permis de nous préparer correctement à lutter contre le les effets du changement climatique mais alors là précisément rompre avec cette forme d'organisation de la société c'est quelque chose qui peut sembler extrêmement vague de Méda parce que au-delà donc des slogans on voit mal concrètement comment on pourrait rompre avec cela sachant que les différentes tentatives qui sont faites à gauche dont certaines d'ailleurs sont saluées par les électeurs je pense par exemple à ce qui se passe au Portugal ne sont pas des ruptures avec le capitalisme alors je vous dis pas qu'il faut rompre avec le capitalisme et d'ailleurs je sais pas très bien ce que ça veut dire exactement rompre avec le capitalisme moi ce que j'imagine c'est une société qui m'est plus la solidarité au cœur de son projet qui investit dans l'emploi de qualité parce que jusqu'à aujourd'hui quand même on a eu un choc de chômage qui a concerné principalement les gens les moins diplômés et donc tout se passe comme si on devait sacrifier une partie de la consomme de la de la population et si vous voulez c'est ça aussi qui me paraît très très critiquable dans le nouveau quinquennat qui s'annonce c'est-à-dire que les réformes prioritaires ou qui semblent-elles qu'est-ce que c'est c'est rendre encore plus punitive l'assurance chômage donc quand même punir des gens qui sont déjà en situation malheureuse ne le dis pas ainsi il parle donc d'accroître les incitations et également d'avoir une politique donc contre le chômage qui soit en lien avec l'état du marché de l'emploi Dominique Médard oui mais enfin vous vous savez très bien là on a quand même beaucoup maintenant beaucoup d'études et notamment celle de la DARES qui sont tout à fait remarquables sur ces sujets c'est que les difficultés de recrutement elles sont dues en partie à des conditions de travail qui ne sont pas bonnes et à des salaires trop bas donc on appelle ça le manque d'attractivité d'un certain poste même si en effet ça ne déconcerne pas tout ça mais voilà et de surcroît les postes vacants dont peut-être 350 000 il ne suffirait de toute façon pas à absorber la totalité des chômeurs chômeurs qui de surcroît sont de moins en moins nombreux à être à être indemnisés et on a quand même un certain nombre d'économistes qui nous disent que il y a il y a pas de rapport entre cette indemnisation et le fait qu'il ne retournerait pas à l'emploi c'est-à-dire que moi je crois que il faut qu'on arrête de se représenter les chômeurs soit comme des paresseux soit comme des fraudeurs là on a des et que finalement au lieu de s'acharner sur eux on ferait bien mieux d'augmenter par exemple les effectifs des conseillers de Pôle Emploi qui sont pas assez nombreux ils ont à gérer des portefeuilles très importants et donc voilà mettre plus d'accompagnement d'ailleurs autre sujet donc Emmanuel Macron aussi propose de faire une expérimentation en matière de sur le sur le RSA donc pour demander des contreparties aux personnes qui sont RSA comme si elles n'ont plus ne voulaient pas travailler mais là encore il avait promis à un moment de mettre en place un service public de l'insertion donc d'aider les personnes ça n'a pas été fait donc ce que je veux dire c'est que on recommence avec ce nouveau quinquennat à avoir des politiques qui qui cherchent toujours à agir sur les personnes comme si elles se comportait mal à agir sur leur conduite au lieu que l'État prenne c'est toutes ses responsabilités et accompagnent réellement la reconstruction de notre économie cette je fais une chronique mensuelle dans le monde et et c'est là-dessus que j'ai axé mon propos ce weekend sur l'idée qu'il nous faut des emplois maintenant de qualité investir dans la cohésion sociale investir dans la qualité de l'emploi et si jamais et si jamais on parvient à investir massivement dans la rénovation thermique des bâtiments la construction d'infrastructures les énergies renouvelables là ça ouvre tout un champ d'emploi et il me semble que si le gouvernement est capable de mettre je sais pas si vous avez vu le dernier rapport qui vient de paraître il y a deux jours qui nous dit que il y a 160 milliards d'euros qui sont qui sont des aides aux entreprises si on arrive à concentrer c'est 160 milliards ou même moins sur les emplois de la transition écologique ou plus largement sur des emplois qui vont être utiles à la transition écologique et qui vont être d'une certaine manière socialement et écologiquement favorables alors là on pourra faire des choses intéressantes justement lorsque l'on voit par exemple les différents articles que vous avez consacrés pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron à la question de la transition écologique vous avez été entendue sur la question de la sobriété Dominique Médard vous savez qu'il y a pas que moi bien sûr il y a beaucoup beaucoup de chercheurs oui mais en fait tellement tellement tard je dirais mais trop tard en effet dans ce qui est tout à fait sidérant c'est ce qu'on se disait ce weekend avec les on appelle ça les compagnons de negawat qui donc pousse cette idée et font des scénarios depuis très longtemps qui montrent que l'on peut à l'aide de la sobriété de l'efficacité et des énergies renouvelables atteindre la neutralité carbone en 2050 ce qui est tout à fait amusant c'est qu'Emmanuel Macron a traité ces gens-là ou du moins les gens qui portaient ses idées d'amish et puis que un peu un petit peu après il reprend quand même la plupart des mesures proposées par Negawatt donc tout se passe comme si le gouvernement avait un temps de retard sur la société civile et les chercheurs Dominique MEDA c'était les années Macron le livre que vous publiez chez chant actuel autrement dit aux éditions Flammarion on se retrouve dans une vingtaine de minutes vous serez rejoindre par Leila de comarmont qui est journaliste aux échos spécialiste des questions sociales on a évoqué donc cette marche organisée par la nupes contre la vie chère l'inaction climatique on va voir maintenant qu'elle peuvent être les conséquences de cette marche la manière dont la question sociale va se poser et puis et bien l'appel à la grève pour demain qui est lancé par des organisations syndicales on va voir comment le climat social du pays pourrait évoluer en attendant il est 8h sur France Culture et je vous souhaite un très bon réveil 7h 9 heures les matins de France Culture guillaume Erner et nous évoquons le bras de fer social après donc la manifestation d'hier l'appel de la nupaise contre la vie chère et l'inaction climatique cet appel des syndicats demain à une manifestation et à une grève nous sommes en compagnie Dominique Méda professeur de sociologie à l'Université Paris-Dauphine directrice de l'Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales on vous doit c’était les années Macron un livre publié aux éditions Flammarion et nous accueillons Leila de komarmont bonjour bonjour vous êtes journaliste aux échos spécialiste des questions sociales les lattes de komarmont et l'action des syndicats précisément comment s'articulent-elles aujourd'hui avec celle des politiques on a entendu par exemple que ça n'était pas le rôle de parties politiques d'appeler à manifester comme l'ont fait des parties de la nupes hier qu'est-ce qu'il reste dès lors pour les syndicats pour l'action pour la journée prévu demain selon vous alors je crois que malgré ce qu'on imagine il faut pas tout mélanger c'est à dire que effectivement il y a un agenda politique et un agenda social qui se mêle parce qu'il y a toujours eu du côté de la gauche le la volonté de s'approprier le mouvement social et que donc cet encadrement d'ailleurs de la marge de dimanche entre le 29 septembre ou la CGT la FSU est solidaire on mobilisé et la nouvelle mobilisation plus radicale je dirais à laquelle appelle cette fois-ci aussi est faux mardi est aussi une façon de marquer ECE et nous c'est nous et nous c'est nous effectivement on voit la manière dont les rôles peuvent se répartir est-ce que ça signifie que la journée d'action de demain va être suivie largement suivi à l'appel des syndicats en tout cas qui était là pour évoquer la dernière édition de l'enquête de du Centre d'études de la vie politique de Sciences Po qui montre une montée de la colère et cette montée par tout le monde il a contribué à la relativiser tout de même les lattes comme un monde mais bon c'est une enquête l'enquête fracture française et il expliquait que celle-ci était relative mais ensuite il peut y avoir des mobilisations de la part de certains une certaine entité donc là en l'occurrence les syndicats et les parties de gauche avec des conséquences réelles sans qu'il y ait uneanimité dans le corps social à cet égard est-ce que pour vous les syndicats aujourd'hui sont d'accord tout d'abord sur les mots d'ordre les syndicats qui appellent oui vous aurez pas échapper évidemment que tous les syndicats n'appellent pas et en particulier la CFDT qui est le premier syndicat français mais sur le mot d'ordre du pouvoir d'achat ou plutôt du salaire qui est l'élément moteur du syndicalisme tous les syndicats se rejoignent s'ils se rejoignent c'est aussi parce que parce que il y a dans dans le corps salarial une très forte montée de cette revendication liée évidemment aussi au retour de l'inflation comme on ne l'avait pas connu depuis très longtemps comme un certain nombre d’ailleurs de salariés ne l'avaient jamais connu ça n'est pas pour autant que tous vont se retrouver dans la rue mais ce qui est notable et assez majeur pour être signalé c'est que ça ne veut pas dire que l'unité syndicale sur des thématiques comme les salaires on en a parlé comme aussi les retraites est en train de se fissurer chacun prend bien soin et c'est très important pour la suite à ne pas insulter l'avenir et donc à ne pas s'échanger de noms d'oiseaux Dominique Méda est-ce que ça peut fonctionner une manifestation de ce type manifestation au sens large puisque par définition même on peut demander une augmentation des salaires mais celle-ci ne peut être obtenue suite aux décisions du gouvernement que dans le secteur public oui mais ce sera déjà très important ça ferait un effet un effet d'entraînement qui serait qui serait massif or le secteur public est quand même particulièrement sous tension aujourd'hui je pense à l'hôpital je lisais le tribune récente d'un hospitalier qui rappelait que l'ONDAM vous savez le long dame c'est l'objectif national de dépenses d'assurance la maladie on a l'impression qu'il est plus donc c'est ce qui permet de ce qui décide du financement des hôpitaux on a l'impression là qu'il a considérablement augmenté mais quand on prend en compte l'inflation s'aperçoit que pas du tout or l'hôpital est complètement à l'os et on voit bien qu'il faut absolument augmenter les les salaires dans ce dans ce secteur John un tout petit exemple qui peut paraître complètement anodin mais les internes sur qui repose aujourd'hui l'hôpital et qui travaille soit plus de 60 heures par semaine leur en première année leur salaire brut est de 1600 euros après six ans d'études extrêmement difficiles donc il y a aussi un ras le bol du service public et ça c'est très grave parce que on risque d'avoir et on le voit déjà des une sorte de désaffection du service public et donc là le gouvernement a à sa main une un moyen très dont il devrait vraiment qu'il devrait vraiment utiliser mais est-ce qu'on peut imaginer une mobilisation importante bras de fer puisque ce dont il est question c'est un grand soir Dominique Méda avec ce mot d'ordre qui ne correspond pas à une politique claire ensuite je veux dire on a vu des mobilisations contre un projet de loi pour le retirer là il s'agit donc d'une augmentation de salaire cette augmentation de salaire par exemple dans le privé elle est évidemment soumise à la décision de différents chefs d'entreprise est-ce que ce type de configuration ça peut susciter une large mobilisation dans le pays je pense que c'est un des éléments du puzz après il y a beaucoup d'autres choses alors comme le disait les lives de comarmon tout à l'heure il me semble que le terme essentiel là c'est redistribution ça y est il y a non seulement dans la population un sentiment de colère mais aussi de profondes injustice et ça me ça me rappelle au moment des des gilets jaunes il s'était la figure de Carlos Ghosn on racontait le la manière dont il s'était augmenté aujourd'hui c'est Patrick puyannet qui joue ce qui joue ce rôle non pas là il y a des figures comme ça qui qui rendent la situation insupportable parce qu'il y a un certain nombre de personnes qui se sert la ceinture et qui ne peuvent plus vivre pendant qu'ils voient que d'autres tranquillement se votent des augmentations donc en effet je pense qu'à partir de là il peut y avoir des mots d'ordre et des nouvelles politiques autour on voit bien que le thème qui revient ça fait bien longtemps qu'il n'était pas dans le débat public c'est le partage de la valeur ajoutée ça fait bien longtemps qu'on n'avait pas entendu ça partage de la valeur ajoutée votre salle travail et capital ça c'est très très important en effet ça a été remis sur la table à cause de à cause de l'inflation mais ça peut être ça peut la donner du grain à moudre en effet à tout le monde et puis sur sur la suite sur la suite des événements on va quand même avoir il y a la question des retraites qui s'annonce et là tous les syndicats aussi sont d'accord me semble-t-il sur le fait que on ne peut pas comme ça brutalement passer à 65 ans donc on voit bien que les semaines et les mois à venir vont être très très compliqués et vous me disiez est-ce que ça suffit en gros d'augmenter les salaires dans le secteur public non il y a donc cette question de la redistribution il y a toute la question est-ce qu'on va réindexer les salaires sur l'inflation ça c'est aussi une vous savez qu'on a on a on a quitté cette indexation en 83 donc voilà ça boucle j'ai l'impression qu'on est en train de boucler une sorte de cycle et puis alors après il faut entraîner tout le monde et pour entraîner tout le monde il faut moi je parle toujours de reconstruction de l'économie autour de la transition écologique avec je pense ça peut être un chantier enthousiasmant qui va être créateur d'emploi et je disais tout à l'heure on pourrait réorienter l'ensemble des aides publiques de l'État vers les entreprises 160 milliards comme le montrait un récent rapport vers justement tous ces emplois à développer autour de la transition écologique qu'en pensez-vous les lades comme Armand même question que celle posée à Dominique Méda est-il possible de mobiliser une part importante des salariés sur un mot d'ordre dont les conséquences là en l'occurrence l'augmentation de salaire dépend alors du gouvernement pour le secteur public et d'acteurs individuel pour le secteur privé alors en fait il y a deux sujets dans la question si vous me demandez si la mobilisation de demain sera massive c'est une chose si vous me demandez si les larriers sont capables de se mobiliser dans les entreprises en est une autre la mobilisation de demain sera en tout cas un capteur de l'état de de du pays sur la revendication salariale avec vous en tout cas par rapport à la marge de dimanche très clairement notamment parce que les syndicats ont une pratique qui est très forte de décentralisation et donc qui permet plus aux gens d'exprimer leur mécontentement ils savent mieux que les partis politiques c'est ce que vous voulez dire on aura un étiage qui pourra être la comparaison par avec l'ami décembre 2019 le conflit sur les retraites pour pouvoir savoir des centaines de milliers de personnes ou pas moi je me garde toujours je suis toujours prudente sur les papiers c'est que les militants en tout cas des organisations qui appellent sont eux ont parlé de colère sont très en colère et ont une culture de la manifestation maintenant la question des salaires elle se règle dans les entreprises tout le monde le sait d'ailleurs les syndicalistes y compris ce qu'on peut imaginer c'est que le conflit total puisse en tout cas dans celles qui vont bien donner des idées aux salariés pour faire remonter la pression s'ils ne l'ont pas déjà fait parce que vous savez c'est toujours extrêmement difficile quand il y a des conflits dans les entreprises de mesurer quand on est à Paris en donnant des des chiffres on le voit postériori en général dans les statistiques dont Dominique Méda a parlé d'ailleurs du travail de la DARES qui est toujours très intéressante je vous alerte sur un autre élément c'est que du côté des directions il est très souvent utilisé des des compléments au salaire par complément au salaire je pense à l'intéressement je pense à la prime Macron ancienne nouvelle formule et si l'inflation persiste et n'est pas que liée à une poussée de fièvre énergétique et ça risque d'être le cas en tout cas pour quelques mois la montée d'art revendication du salaire en monnaie sonante et trébuchante risque de se faire forte et à cet égard le conflit total est très intéressant et on peut s'interroger sur la capacité de de certains à revendiquer une victoire parce que tout de même si on ne prend que les augmentations générales parce que les augmentations individuelles évidemment ces sujets c'est pas distribué à tout le monde pareil ils ont eu 5 % qui se sont ajoutés à trois et demi pour cent c'est quand même quelque chose d'assez marquant alors certains vous diront oui mais il y avait du rattrapage de 2021 enfin le syndicalisme c'est aussi des victoires et il est bon pour donner du courage aux salariés de suivre les syndicats de les pointer ce qui n'est pas forcément le cas aujourd'hui à la CGT en tout cas et et ça fait s'interroger maintenant moi ce que je voudrais dire aussi c'est que dans ce contexte la confiance dans les syndicats est remonter l'enquête du CVP donc qui a été évoqué je dis le montre on un niveau de confiance jamais atteint depuis 2014 avec une hausse continue c'est-à-dire que le covid a plutôt joué en faveur d'une d'un renforcement de la confiance alors vous me direz on est qu'à 38% de confiance mais en septembre 2019 on était à 28%. et puis chez les employés on est à 45 pour cent les professions intermédiaires et les cadres à 42%, il y a une interrogation c'est les ouvriers 37% et ça peut être un élément de réflexion intéressant sur les enjeux de climat social et le les relations entre climat social et climat politique donc ça c'est une évolution tangible question de gens lemari notre éditorialiste politique question pour pour nos deux invités peut-être d'abord pour Dominique Méda la grève générale est-ce que c'est un mot d'ordre politique ou syndical aujourd'hui ça c'est une question intéressante je sais pas je sais pas ça fait rêver la grève générale donc c'est intéressant parce que ça a été en effet c'est maintenant partagé par les partis politiques par par la nuit pêche [Musique] ce qui est intéressant c'est la manière dont Jean-Luc Mélenchon fait bouger des je dirais des des corps d'historiques de la gauche quoi donc rêve général mais aussi vous avez dit tout à l'heure Front populaire ça c'est très important puisque le Front populaire c'était quand même la réunion des différents mouvements de gauche en réponse à la manifestation de l'extrême droite et donc au risque que l'extrême droite arrive aux portes du arrive au port du pouvoir donc je trouve tout ça très intéressant de de réencastrer les événements actuels dans dans l'histoire longue de la gauche les lacomarmont même question c'est à dire que c'est une façon de se sentir plus fort d'avoir l'espoir de réussir par son action à obtenir la l'entièreté de de ce que l'on souhaite c'est un mythe militant mais ça n'est pas une réalité d'ailleurs si vous regardez il y a eu Philippe Martinez pour la journée de mardi à monter d'un cran en appelant à la généralisation de la grève mais pas à la lettre générale c'est à dire que il s'est pertinemment que une grève générale est d'ailleurs Bernard Thibault aussi il a dit avant lui et bien d'autres responsables syndicaux une grève générale ça ne se décrète pas la suite des mouvements sociaux on a entendu sud-ail le syndicat de la SNCF les lattes comme armont qui donc appelle la grève une grève reconductible qu'est-ce que cela pourrait donner selon vous parce que ça pourrait donner c'est peut-être griller des cartouches si tentait que la greffe prenne griller des cartouches avant l'heure alors qu'un conflit sur les retraites pourrait se dessiner je vous signale tout de même parce que ça explique aussi une montée de tension à la SNCF il va y avoir des élections professionnelles et évidemment les positionnements syndicaux prennent en compte cet enjeu là qui a un enjeu majeur pour les représentants des salariés puisque ça détermine leur pouvoir de négociation et de signatures d'accord pour les quatre ans à venir est-ce que le corps le corps salarial de la SNCF va rebondir est-ce qu'il va s'économiser pour les enjeux de retraite mais alors précisément le rapport de force entre Sud Rail et les autres syndicales à la SNCF quel est-il les lattes le rapport de force de Sud dry c'est que effectivement ils ont plutôt tendance à essayer de faire monter la pression beaucoup plus que les autres et qu'après à la reconduction de la grève c'est quelque chose qui qui est dans leur langage syndical mais ça n'est pas eux qui peuvent faire bouger après le sujet justement dans un contexte d'élection professionnelle et c'est là où ça complique quand même les choses c'est est-ce que est-ce que la base est-ce que la base est en colère et a envie d'en découdre dès à présent je rejoint d'ailleurs le l'enjeu du conflit total ce qui pense que c'est de la manipulation par des hiérarches syndicaux se trompent il y a une colère à la base et c'est d'ailleurs aussi pour ça que le travail n'a pas encore repris alors bien sûr ça aurait fait des ordres si les raffineries s'étaient remis quelque sorte l'action syndicale y compris en aidant les salariés à aller au bout de leur mouvement en enregistrant les victoires et on a et en réussissant aussi à [Musique] achever le mouvement alors ça donc c'est pour le volet syndical des choses Dominique mesdames pour le volet politique qu'est-ce qui peut se passer maintenant puisque il y a eu un appel à la manifestation qui a donné lieu donc ce mouvement que nous avons vu hier dans les rues de Paris à l'appel de la nupes qu'est-ce que l'on peut imaginer pour la suite est-ce que le gouvernement peut s'inspirer puisque on a vu que des questions comme la question de la sobriété qui était j'ai discrévé un vocabulaire situé à gauche sont aujourd'hui dans le domaine public reprise par le gouvernement qu'est-ce que vous pouvez donc imaginer comme suite mais en effet ce qui est intéressant ce qui va falloir regarder très près c'est ce qui va se passer à l'Assemblée cette semaine puisque la semaine dernière il y a déjà eu un certain nombre de brèches qui ont été ouvertes dans le dans je dirais dans le mur du projet gouvernemental notamment avec ce vote de l'amendement proposé par le parlementaire avec une augmentation de la flat taxe ça veut dire que donc il passerait de 30 à 35 %, donc sur les super dividendes ça veut dire qu'on remet en cause une des toutes premières mesures du premier quinquennat Macron qui était de baisser la flat tax sur les sur les sur les dividendes ça c'est très intéressant cette fragmentation qui est en train peut-être de se faire au sein de la majorité présidentielle est-ce que la majorité présidentielle est en train d'entendre ce qui se passe et est-ce qu'elle va changer de cap moi j'ai trouvé que Elisabeth borne hier soir était relativement prudente elle a bien indiqué que la réquisition c'était quand même un énorme un instrument qu'il fallait manier avec beaucoup de précaution elle a dit aussi que la les réunir les présidents que des assemblées qu'ils allaient être réunies pour choisir dans les amendements ceux que le gouvernement allait conserver ça c'est très important donc est-ce que le gouvernement est en train d'entendre quelque chose et est en train peut-être sans le dire de changer de cap je ne sais pas mais ça serait évidemment très intéressant merci Dominique MEDA c'était les années Macron le livre que vous publiez chez Flammarion dans la collection champ actuel merci les là de comarmont pour donc décryptage des actions syndicales dans quelques instants le point sur l'actualité le 8 45 donne leur choix il est 8h44 sur France Culture c'est la suite des matins

Grève, pénuries, pays bloqué : le gouvernement face au risque de contagion du mouvement social — Hélène De Comarmond · Pourquijevote