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ChroniqueFrance Inter (sur YouTube)· 13 novembre 2025 2 minAutoproduitActualité / polémiqueSécurité

On est en France, bordel ! Le billet de Bertrand Chameroy

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35PrésentateurChiffre
    « Il y a 10 ans à Paris, 132 personnes ont trouvé la mort parce qu'elles avaient une furieuse envie d'entendre l'un de ces sons. »
  • 0:43PrésentateurFait
    « C'est la mort qui est venue les chercher avec pour seul motif la bêtise, la haine aveugle, la lâcheté. »
  • 0:50PrésentateurFait
    « Vous aviez oublié un détail, c'est la France que vous avez attaqué. »

Temps de parole

  • Présentateur82 %
  • Invité18 %

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0:00
Invité

Bertrand Chameroy, où est votre tête ce matin ?

0:03
Présentateur

Quelle question Florence, dans le cul comme tous les jours à cette heure matinale. Mais en dépit des apparences, ma tête, je ne l'ai pas à rire ce matin. Je ne dis pas ça parce que les audiences radio vont tomber dans quelques instants. Non, je dis ça parce que nous sommes le 13 novembre 2025 et nous nous souvenons tous de ce que nous faisions il y a 5 ans. Comment ça dit ? 10 ans ? C'est con que la douleur ne passe pas aussi vite que le temps.

Il y a 10 ans, comme aujourd'hui, il faisait étrangement doux dans un stade de foot et sa clameur pour encourager des mecs en short à mettre le ballon dans la cage des autres, sur des terrasses à faire teinter des pentes de bière trop chères pour oublier la semaine. Non, dans les yeux, dans une salle de concert à écouter du rock, très fort. Il y a 10 ans à Paris, 132 personnes ont trouvé la mort parce qu'elles avaient une furieuse envie d'entendre l'un de ces sons. Non, elles n'ont pas trouvé la mort. Je déteste cette expression. C'est la mort qui est venue les chercher avec pour seul motif la bêtise, la haine aveugle, la lâcheté.

Il y a 10 ans à Paris, des crétins pensaient éteindre la lumière. Rater les gars. Vous aviez oublié un détail, c'est la France que vous avez attaqué. Et en France, notre réponse à l'effroi, à l'incompréhensible, c'est de hurler tous en terrasse, la gorge nouée dès le lendemain. C'est de se serrer dans les bras d'inconnus, d'allumer des bougies et des clopes, parce qu'on est en France, bordel. C'est d'en recommander une, parce qu'on est en France, bordel. Parce que derrière chaque verre levé, il y a un souvenir qu'on refuse de laisser tomber. C'est tenter de sourire, parce que derrière chaque vanne, il y a une larme qui fait semblant de ne pas exister.

10 ans plus tard, que reste-t-il de tout ça ? On va continuer à se rendre au stade, à boire des bières trop chères en terrasse, à écouter de la musique très fort dans des salles de concert et à râler pour tout et rien, parce qu'on est en France, bordel. Il reste aussi un trauma collectif, des plaies encore à vif et des fractures, comme celle de la cohésion, de la concorde, de la fraternité. Malheureusement, il n'y a que dans une chanson de Bruel que t'as pas changé en 10 ans. Elle a encore plus divisé la France, bordel. On entend souvent ne pas oublier.

Alors naïvement, je me dis que ce serait pas mal de tenter de ne pas oublier cette cohésion, cette concorde, cette fraternité, en dehors des dates anniversaires, des tristes dates anniversaires. Et de préserver ce qu'il en reste, en mémoire de ceux qui, il y a 10 ans, sont morts, simplement parce qu'ils voulaient vivre, et pour ceux qui restent. Nous sommes le 13 novembre 2025 et 10 ans plus tard, j'aimerais toujours savoir pourquoi.

1:52
Invité

Pourquoi ? Je voudrais savoir pourquoi ? Pourquoi ? Elle vient trop de la fin du balle ! Merci. C'est les oiseaux, jamais les balles, qu'on arrête, en plein vol.

2:12
Présentateur

Ouais, j'aimerais savoir pourquoi.