Déclaration de la Première ministre Elisabeth Borne à l’issue du séminaire gouvernemental.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 12:00OuverteRéponse directe
Sur le calendrier et les lois annoncées, y a-t-il eu consultation avec les oppositions ?
- 14:00OuverteRéponse partielle
Vous sentez-vous responsable de la situation énergétique actuelle ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Réaction à la fuite de l'imam Iquioussen ?
- 18:00OuverteRéponse directe
Pourquoi pas de mention de la réforme des retraites dans votre présentation ?
- 20:00RelanceRéponse directe
Où caser la réforme des retraites dans le calendrier serré de 2023 ?
- 22:00OuverteRéponse directe
Quelle communication sur le Conseil de défense énergétique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Elisabeth BorneChiffre
« Certaines mesures sont déjà entrées en vigueur, comme l'augmentation des bourses, des prestations sociales ou encore le triplement de la prime de pouvoir d'achat. »
- 2:00Elisabeth BorneChiffre
« Le Smic a également été revalorisé au 1ᵉʳ août, pour la troisième fois depuis le début de cette année. »
- 3:00Elisabeth BorneChiffre
« La remise carburant de 0,30 € par litre dès demain ; l'indemnité exceptionnelle de rentrée pour 11 millions de foyers les plus modestes le 15 septembre. »
- 4:00Elisabeth BorneChiffre
« La revalorisation de 4 % des retraites avant la fin du mois de septembre. »
- 8:00Elisabeth BorneFait
« Le taux de chômage est au plus bas depuis 15 ans. »
- 9:00Elisabeth BornePromesse
« Nous allons préparer un plan d'action pour atténuer les effets du dérèglement climatique et nous y adapter. »
- 10:00Elisabeth BorneFait
« La facture d'électricité des Français aurait dû augmenter de plus de 100 %. Elle a augmenté de 4 %, parce que l'État a agi. »
- 11:00Elisabeth BorneFait
« La facture de gaz des Français aurait dû augmenter de plus de 100 %. Elle a augmenté de 0 %, parce que l'État a agi. »
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Mesdames et Messieurs, nous avons mené aujourd'hui, à la veille de la rentrée, sous l'autorité du président de la République et avec l'ensemble des membres du gouvernement, une séquence de travail et d'échanges riche et utile. Nous avons pu partager notre vision politique pour les mois à venir et tracer des perspectives. Depuis sa nomination, le gouvernement est à la tâche et a agi en particulier pour continuer à protéger les Français face à la hausse des prix.
Certaines mesures sont déjà entrées en vigueur, comme l'augmentation des bourses, des prestations sociales ou encore le triplement de la prime de pouvoir d'achat. Le Smic a également été revalorisé au 1ᵉʳ août, pour la troisième fois depuis le début de cette année. D'autres mesures sont très attendues et elles arrivent dans les prochains jours : la remise carburant de 0,30 € par litre dès demain ; l'indemnité exceptionnelle de rentrée pour 11 millions de foyers les plus modestes le 15 septembre, ou encore la revalorisation de 4 % des retraites avant la fin du mois de septembre.
Étudiants, retraités, salariés, agents publics et foyers les plus modestes, tous les Français bénéficient des mesures prises par le gouvernement, des mesures d'une ampleur sans commune mesure ailleurs en Europe. Comme l'a rappelé le président de la République, nous vivons une période de bascule. Sur le plan international ou environnemental, une partie des risques que nous pressentions depuis des années appartiennent désormais au quotidien des Français, qui en ressentent très concrètement les effets.
Cet été caniculaire, marqué par des épisodes de sécheresse et des incendies impressionnants, met chacun d'entre nous devant ses responsabilités. Il ne s'agit plus de dénoncer, mais d'agir. L'augmentation du prix des carburants ou le risque réel de pénurie de gaz nous montrent que la défense de nos valeurs, en soutenant le peuple ukrainien, a un prix.
Faire ce constat, ce n'est pas vouloir jouer avec les peurs, ce n'est pas manier des arguments d'autorité, c'est faire la transparence sur ce à quoi nous devons faire face ensemble. C'est dire comment nous entendons relever ces défis. C'est proposer des solutions et assumer de les mettre en débat.
C'était l'objet du séminaire de l'équipe que je dirige, de cadrer l'action du gouvernement pour les chantiers d'urgence, mais aussi dans les transformations en profondeur que nous devons engager. En cette rentrée et face aux défis immenses qui nous attendent, il était essentiel de nous réunir pour rappeler nos objectifs et nos priorités et en préciser le calendrier dans les mois qui viennent ; pour partager les préoccupations et les inquiétudes des Français et affiner le diagnostic sur la situation actuelle, et pour nous accorder sur notre méthode de travail. Aujourd'hui, j'ai souhaité rappeler que notre action ne devait rien céder à l'ambition et à la mise en œuvre des engagements du président de la République, et qu'elle devait en permanence être guidée par trois principes.
Le premier, c'est la transparence. Nous partagerons avec les Français nos objectifs, les différentes options à notre disposition et les contraintes qui pèsent sur nous. Nous leur dirons où nous en sommes, ce qui avance et où nous avons encore des progrès à réaliser.
C'est pourquoi j'ai fixé des feuilles de route aux ministres, que nous allons rendre publiques. C'est pourquoi, aussi, nous avons déterminé une liste de 60 politiques prioritaires du gouvernement, accompagnées d'objectifs précis et ciblés. Cette liste sera accessible à tous.
Le deuxième principe, c'est l'écoute et la recherche de compromis. C'est un devoir compte tenu de la situation. C'est une exigence que nous ont rappelée les Français lors des élections législatives.
Nous poursuivrons la nouvelle méthode initiée en juillet dernier au Parlement, en cherchant des majorités de projets et d'idées sur chaque texte. Nous mènerons, dès le mois de septembre, territoire par territoire, des concertations pour faire émerger des solutions adaptées, notamment en matière d'éducation, de santé ou de transition écologique. Nous associerons l'ensemble des forces politiques, économiques, sociales et associatives, dans le cadre du Conseil National de la Refondation.
Nous voulons agir dans un esprit de dialogue et de responsabilité partagée. Le troisième principe que nous suivrons, c'est l'efficacité. Les Français doivent savoir que nous parlons pour faire, pour être utiles, jamais pour polémiquer.
Nous devons veiller à ce que chacun soit innovant et déterminé à agir. Cela vaut dans l'équipe gouvernementale comme dans les administrations, et le président de la République réunira les directeurs d'administrations centrales à l'automne, dans le cadre d'une convention managériale de l'État. Autour de ces principes, nous sommes prêts à mener les transformations majeures qui nous attendent et à engager les réformes nécessaires.
Le président a fixé un cap, il est clair : bâtir une France plus forte et plus juste dans une Europe plus indépendante. Il a rappelé nos engagements : ni hausse de dette, ni hausse d'impôts. Il a également réaffirmé que le travail était au cœur de notre action car c'est la meilleure réponse à la crise et la condition pour conforter notre place en Europe et dans le monde.
Dans les prochaines semaines et les prochains mois, nous aurons quatre batailles fondamentales à mener. La première bataille, c'est la transition écologique. Nous allons préparer un plan d'action pour atténuer les effets du dérèglement climatique et nous y adapter.
Nous le ferons secteur par secteur, territoire par territoire. C'est le principe même de la planification écologique dont j'ai personnellement la charge. Nous voulons également que chacun soit parfaitement au fait de ces enjeux et des réalités du dérèglement climatique.
Nous avons entendu cet après-midi une présentation très éclairante de Valérie Masson-Delmotte. Nous avons convenu que les équipes gouvernementales et 25 000 cadres de l'État seraient formés à la transition écologique. La deuxième bataille, c'est le plein emploi.
Grâce aux réformes mises en place depuis 2017, le taux de chômage est au plus bas depuis 15 ans et le plein emploi nous est accessible. Le travail est la clé de l'émancipation et de la dignité. Nous devons lever tous les freins qui pèsent sur le marché du travail et mener les réformes qui s'imposent afin que la France se rapproche de nos voisins en matière de taux d'emploi, notamment pour les jeunes ou les seniors.
La troisième bataille, c'est la souveraineté. Nous devons construire, en Français et en Européens, les conditions de notre souveraineté énergétique, industrielle, alimentaire, numérique et culturelle. Nous devons défendre notre autonomie stratégique autour d'une armée solide.
Nous devons faire respecter nos frontières. Il nous faudra être inflexibles pour défendre nos valeurs et la démocratie. Le président de la République a d'ailleurs annoncé la tenue des États généraux pour le droit à l'information d'ici novembre.
Enfin, notre quatrième bataille, c'est l'égalité des chances. Nous ne pouvons pas accepter qu'un destin soit écrit dès la naissance. Nous allons continuer à attaquer un à un tous les ressorts des inégalités.
Cela vaut pour la sécurité du quotidien, elle est au cœur de notre pacte républicain. Cela vaut pour la défense de l'unité républicaine et la lutte contre l'islam radical. Cela vaut pour l'éducation, pour la santé, pour la justice et pour la cohésion entre les territoires.
Ces objectifs ne sont pas des simples déclarations de principes. Ils s'articuleront autour de mesures et de réformes que nous allons inscrire dans un calendrier précis. Au cours du mois de septembre, les premiers textes présentés en Conseil des ministres vont refléter ces priorités : sur l'assurance chômage, pour le développement des énergies renouvelables et le projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur.
Les semaines suivantes seront également marquées par l'examen des textes financiers, le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Cette session parlementaire sera l'occasion de trois débats importants sur l'Ukraine, sur notre politique énergétique et sur l'immigration. En parallèle, des réflexions seront engagées sur l'évolution de nos institutions, avec l'installation de la commission transpartisane demandée par le président de la République.
Nous lancerons également la consultation sur la fin de vie que beaucoup de nos compatriotes attendent. L'année 2023 permettra ensuite d'engager de nouveaux chantiers clés pour notre pays et les Français. Nous examinerons au Parlement différents textes : la loi de programmation militaire ; un projet de loi pour l'amélioration de la justice du quotidien, dans la suite des États généraux de la justice ; un projet de loi de programmation énergie/climat, qui actera notre planification écologique.
Il nous reviendra ensuite de la décliner secteur par secteur, et territoire par territoire. Nous examinerons également des textes sur l'immigration et sur le plein emploi, ainsi que les dispositions législatives issues des concertations sur l'éducation, afin d'engager des transformations concrètes dès la rentrée 2023 et, enfin, un projet de loi sur les Jeux olympiques et paralympiques. Notre gouvernement est à la tâche avec, comme seule boussole, l'efficacité et l'utilité.
Dans un calendrier parlementaire chargé, nous mettrons en œuvre nos priorités en veillant à ce que ces textes changent concrètement la vie de nos compatriotes. Ces chantiers, nous les mènerons en adoptant une méthode nouvelle. Le président de la République lancera la semaine prochaine le CNR, le Conseil National de la Refondation, à Marcoussis.
Il rassemblera une cinquantaine d'acteurs représentatifs de notre société et des experts pour éclairer le débat : Corinne Le Quéré, présidente du Haut conseil pour le climat, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes. Le but de ce CNR est de poser un diagnostic commun, de partager les contraintes, et de s'accorder sur la méthode et un calendrier. Il interviendra en amont du travail législatif et en aval, dans la mise en œuvre.
Cinq thèmes y seront abordés : le plein emploi, l'école, la santé, le bien-vieillir et la transition écologique. Chaque ministre en charge d'un de ces thèmes devra ensuite poursuivre les réflexions en CNR thématique. Pour chaque thème, les acteurs concernés seront conviés.
Les prochains CNR en format global se réuniront sous ma présidence. Vous l'avez bien compris, nous sommes prêts à agir au service des Français. Chaque jour compte pour construire une nation plus forte et plus juste.
Vous pourrez compter sur mon gouvernement. C'est une équipe diverse et expérimentée, une équipe unie, aussi, autour d'une volonté de travail et d'action. C'est une équipe à l'image du dépassement voulu par le président de la République, déterminée à sortir des sentiers battus et des solutions toutes faites pour être utile aux Français.
Je vous remercie. Je vais prendre une ou deux questions et, ensuite, je passerai la parole au porte-parole du gouvernement. Bonjour, Bastien Augey pour TF1 et LCI.
Sur tout le calendrier et les lois que vous avez annoncées, est-ce qu'il y a eu une consultation ou un accord au préalable avec les oppositions et est-ce que vous avez confiance dans le fait que les oppositions se montrent constructives pour pouvoir avoir des majorités ? Toujours un peu dans la même thématique, sur le Conseil National de la Refondation, pour l'instant beaucoup de groupes parlementaires et le président du Sénat ne souhaitent pas y participer. Ils pensent que c'est un mépris pour le Parlement.
Il y a aussi des syndicats qui ne sont pas confiants dans la méthode. Est-ce que, pour vous, c'est déjà un échec ou est-ce que ça va quand même se révéler utile ? Je vous remercie.
Sur le calendrier législatif, jusqu'à la fin de l'année, nous avons eu déjà beaucoup d'échanges avec à la fois l'Assemblée et le Sénat. Bien évidemment, tout cela sera arrêté dans le cadre des conférences des présidents de chacune des assemblées, mais ce sont des textes sur lesquels nous avons eu des échanges. Pour un certain nombre d'entre eux, des concertations ont déjà été engagées avec les différents groupes parlementaires par les ministres en charge de ces textes.
Au-delà, sur le début de l'année 2023, ce sont des discussions que nous allons engager. Pour répondre à votre question, je l'ai dit, nous continuerons à porter une méthode de recherche de compromis. Nous avons fait le choix de ne pas avoir de session extraordinaire en septembre pour se donner le temps de la discussion avec les différents groupes parlementaires, naturellement la majorité, mais aussi les oppositions de l'arc républicain.
Donc, en tout cas, la position du gouvernement sera la même que lors de la session extraordinaire en juillet. Nous allons rechercher des compromis et des accords et nous serons à l'écoute des propositions qui seront faites par les oppositions. Sur le Conseil National de la Refondation, je tiens à préciser que ce ne sont pas les groupes parlementaires qui sont invités, mais les forces politiques.
J'entends que certaines ne souhaitent pas participer, mais la porte restera ouverte et je pense que la qualité des travaux qui pourront se dérouler dans le cadre de ce CNR et les enjeux qui y seront abordés permettront peut-être de les convaincre de rejoindre le mouvement. Bonjour Madame la Première Ministre. Jacques Sauret, Europe 1.
Vous qui avez mis en œuvre la fermeture de Fessenheim et souhaité la réduction de la part du nucléaire dans notre mix énergétique, ne vous sentez-vous pas responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons ? Avez-vous le sentiment, ou pas, avec le recul, d'avoir commis une erreur ? Alors, vous savez, c'est une forme de paquebot, une centrale nucléaire.
Et quand la décision a été prise, dans le quinquennat de François Hollande, de fermer Fessenheim, cela veut dire que la poursuite de l'activité n'était pas possible dans ce quinquennat. Et comme vous l'avez souligné, nous avons voté une loi énergie-climat, qui prévoyait de ramener la part du nucléaire, non pas en 2025, comme cela avait été envisagé dans le quinquennat de François Hollande, mais en 2035. C'est quelque chose que nous allons pouvoir approfondir.
Mais l'idée qu'on a besoin d'un mix énergétique équilibré entre du nucléaire et des énergies renouvelables, je pense qu'on est sur cette même ligne. La part exacte et le calendrier exact, je pense que les travaux méritent d'être approfondis sur ce point, mais je pense que, notamment la nécessité d'engager un programme d'investissement massif, le grand carénage, c'est quelque chose qui a été acté il y a plusieurs années, qu'on a évidemment soutenu dans tout le quinquennat précédent, que nous allons continuer à soutenir, je pense que l'alerte sur les compétences à reconquérir dans la filière nucléaire, nous les avons portées également tout au long du précédent quinquennat. Donc, je pense que chacun doit aussi assumer ses responsabilités.
En tout cas, ce gouvernement - enfin, le précédent quinquennat - nous avons soutenu la nécessité d'assurer le bon fonctionnement, et y compris les opérations de maintenance lourde du grand carénage dans le parc nucléaire. Donc voilà, je le redis : je pense que chacun doit assumer ses propres responsabilités. Si vous le permettez, une question d'actualité, Madame la Première ministre.
Bonsoir, néanmoins. Le Conseil des ministres a précédé la tenue du séminaire gouvernemental. Il y a eu évidemment des points sur la situation internationale, diverses nominations.
Au titre des textes qui ont été adoptés en Conseil des ministres, il y en a un, c'est une ordonnance qui a été présentée par le ministre du Travail Olivier Dussopt, et qui vise à prolonger jusqu'au 31 décembre de cette année des mesures transitoires de prise en charge des patients atteints de Covid, et qui sont en arrêt de travail, avec une part de complément employeur. Je ne serai pas plus long et peut-être qu'il vous reste des questions, néanmoins. J'ai une question d'actualité, pardon.
Matthieu Coache, BFM TV. Quelle est votre réaction à la fuite de l'imam Iquioussen et à la décision du Maroc de suspendre son laissez-passer consulaire, l'imam que le gouvernement avait souhaité expulser. Je vous remercie.
D'abord peut-être rappeler que le Conseil d'État, dans sa grande sagesse, a validé la décision qui avait été celle du gouvernement, de prononcer un arrêté d'expulsion de Monsieur Iquioussen. Monsieur Iquioussen a fait l'objet de mesures de surveillance, mais il ne pouvait pas être incarcéré, puisque nous sommes dans un État de droit et qu'il ne s'était pas rendu coupable d'un délit nécessitant une incarcération, et donc il semblerait, mais avec du conditionnel - j'ai écouté, comme vous, le compte-rendu qu'en a fait le préfet de la région des Hauts-de-France - il semblerait qu'il ait pris la fuite à destination de la Belgique. Quant à la question du laissez-passer consulaire attribué par le Maroc, c'est en fait une reconnaissance d'identité marocaine pour Monsieur Iquioussen, puisqu'il a la nationalité marocaine.
Donc ce qui était valable il y a quelques jours, le reste aujourd'hui. Je crois que le ministre de l'Intérieur était il y a quelques minutes en entretien avec l'ambassadeur du Maroc à Paris, et il aura l'occasion lui-même de s'exprimer sur cette question dans les prochaines minutes ou les prochaines heures. Bonjour !
Anne Bourse, pour France Télévisions. Dans sa présentation, Élisabeth Borne n'a absolument pas reparlé de la réforme des retraites. On parlait du calendrier à l'été 2023.
Pourquoi il y en a pas eu un mot ? Qu'en est-il ? Poser la question de savoir si l'ambition réformatrice du président de la République, de la Première ministre et de l'ensemble de son gouvernement est intacte, je vous confirme que notre ambition réformatrice est intacte, au service de notre pays, pour pouvoir adopter les grandes transformations.
Encore une fois, il y a eu, finalement, deux volets, et on a bien vu ces deux volets dans les interventions respectives du président de la République, puis de la Première ministre. Le volet dit des urgences, avec les urgences que vous connaissez : la crise de l'énergie, la crise sanitaire, toujours, pour être dans l'anticipation, la crise de l'inflation et son impact sur le pouvoir d'achat, les tensions en matière de recrutement, pour tendre vers le plein emploi, qui est notre objectif, la crise climatique bien sûr, mais il a aussi été question - et la première ministre l'a dit il y a quelques minutes - des grandes transformations que nous voulons conduire pour notre pays. Elle a parlé de la souveraineté de notre pays, que nous devons renforcer, pour être une grande puissance écologique, créative et productive.
Et il a été question de renforcer l'égalité des chances et la solidarité entre les générations, et puis renforcer notre unité républicaine. Si la question que vous me posez, c'est : est-ce que la réforme des retraites trouve sa place ? en réalité dès lors que vous dites que vous voulez davantage de dépenses publiques pour l'école, pour la santé, davantage de dépenses publiques pour préserver ce qui fait la force et l'unité de notre pays, et que - c'est notre marque de fabrique, nous n'augmenterons pas la dette et nous n'augmenterons pas les impôts pour pouvoir financer cette dépense publique supplémentaire - c'est sur le travail que cela doit reposer.
Donc il y a la réforme des retraites. Elle n'a pas été abordée ! Loin s'en faut.
Il en a été question au cours de ce séminaire. Il y a aussi la réforme de l'assurance-chômage pour qu'au moment où le chômage est au plus bas, au moment où nous n'avons jamais eu autant d'emplois à pourvoir, le système soit plus incitatif, pour permettre à celles et ceux qui n'ont pas d'emploi d'en prendre un. Il y a également la réforme de la formation professionnelle, du lycée professionnel.
Bref, le travail est au cœur de nos réformes. Et je vais vous dire, quand il a aussi été question de l'investissement que nous devions faire, et amplifier au service de la transition écologique pour préserver notre planète, eh bien, encore une fois, le travail est au cœur de cette méthode, pour pouvoir financer dans la durée, ce qui est absolument nécessaire pour notre pays, l'Europe et la planète. Il n'y a pas d'échéance.
L'échéance n'a pas changé. L'échéance, c'est-à-dire avec un déploiement progressif de cette réforme des retraites au cours de l'année 2023. Pour tout ce qui est dates des concertations et contenus, etc, ce qui est la question que vous posez de façon sous-jacente, il n'en a pas été question explicitement.
Mais si vous me posez la question de savoir si notre ambition est toujours présente, évidemment elle l'est. Bonjour, [INAUDIBLE] France Inter. Je rebondis sur la question de ma consœur.
Effectivement, je reprends le calendrier qu'a esquissé la Première ministre pour 2023 : programmation militaire, justice du quotidien, énergie, climat, immigration, plein emploi, éducation, même Jeux olympiques et jeux paralympiques. Et dans tout ça, effectivement, on n'a pas entendu les retraites. D'abord, le calendrier est serré, la Première ministre l'a dit elle-même.
Où caser une réforme aussi importante entre tous ces textes ? Et comment, effectivement, aller vite pour que ça puisse entrer en vigueur dans le calendrier que vous indiquiez, au courant de l'année 2023. Aller vite ne signifie pas qu'on va oublier de concerter.
Et sur un sujet comme celui-ci, il est fondamental de concerter. Le ministre du Travail a commencé à consulter les partenaires sociaux sur la question de la réforme de l'assurance chômage, qui est la première échéance, puisque si nous n'adoptons pas un texte complémentaire, des mesures absolument indispensables pour le marché de l'emploi et pour l'assurance chômage tomberaient. Donc c'est l'urgence du moment.
Ensuite, la Première ministre a décliné le calendrier parlementaire des premières semaines, qui n'a pas vocation, forcément, à être exhaustif, c'est-à-dire que le fait qu'elle n'ait pas cité, en particulier une réforme plutôt qu'une autre ne signifierait pas, ne signifie pas qu'elle ne trouverait pas sa place. Mais d'abord, on consulte, on concerte. Il y a aussi le CNR, qui va permettre de parler du plein emploi, et on va aborder le sujet dans toute sa largeur.
Je vous le dis. Si j'avais vocation à vous dire que nous n'avons pas l'intention de réformer le système des retraites, je vous le dirais bien volontiers, puisque c'est ce qu'on m'aurait dit de dire. Mais ce n'est pas ce qui ressort des échanges que nous avons eus et ce n'est pas du tout ce qui ressort de notre philosophie, qui est intacte.
Je vais insister. Mais ce n'est pas une réforme parmi d'autres. Vous nous l'avez présentée pendant de nombreuses années comme la mère des réformes.
Est-ce qu'on doit en déduire que ce n'est plus le cas ? Je vous ai dit à l'instant, en répondant à votre collègue, que la nécessité de travailler un peu plus longtemps était au cœur de notre ambition de réforme, ce qui va nous permettre de pouvoir financer davantage de dépenses publiques. La France est un des pays, l'un des rares pays de la zone de l'Union européenne, qui travaille deux à cinq ans de moins que la plupart des autres pays.
Donc nous ne pouvons pas maintenir un très fort niveau de dépenses publiques, nous ne pouvons pas maintenir un niveau d'endettement tel que le nôtre, nous ne pouvons pas avoir la volonté de dépenser davantage dans la santé, dans l'autonomie, dans l'école, et en même temps considérer que ce qui nous différencierait de la totalité ou de la quasi-totalité de nos voisins, c'est qu'on travaillerait deux à cinq ans de moins que les autres. Donc, nous voulons réformer le travail dans son ensemble, incluant la question des retraites. Pour les questions de calendrier, vous aurez l'occasion de me reposer la question plus tard et un jour, j'aurai une réponse plus précise à vous donner.
Merci. Alors que le gouvernement prend, et réfléchit à prendre des mesures pour tenter de préserver le pouvoir d'achat des Français, de nombreux Franciliens, qui roulent en deux-roues motorisés thermiques, vont devoir à partir de demain, payer leur stationnement, ce qui va grever une partie de leur pouvoir d'achat. Quel regard portez-vous sur cette mesure prise par la mairie de Paris ?
Pardon, vous interrogez le porte-parole du gouvernement. Je ne suis pas porte-parole de la mairie de Paris. C'est-à-dire que c'est une décision municipale.
Ce n'est pas le lieu et je ne suis pas le bon interlocuteur pour pouvoir commenter cela. Ce n'est pas une décision du gouvernement, mais permettez-moi de le préciser à nouveau. Mais vous n'avez pas d'avis ?
Je suis porte-parole du gouvernement. Mon avis compte peu sur une décision municipale, prise par la maire de Paris. Et sur le pouvoir d'achat des Franciliens ?
Mais tout ce qui grève le pouvoir d'achat des Français, nous le combattons, puisque nous dépensons. La dépense publique, qui a été faite jusqu'à présent a permis de faire en sorte de protéger le pouvoir d'achat des Français au maximum. Puisque vous me donnez l'occasion de vous répondre sur le pouvoir d'achat, je vais me permettre - vous savez, ce sera récurrent, d'arriver à glisser parmi vos questions des éléments factuels de la politique gouvernementale qui est conduite - je vais vous donner un exemple : l'énergie, parce qu'on en parle beaucoup.
À l'heure à laquelle je vous parle, la facture d'électricité des Français aurait dû augmenter de plus de 100 %. Elle a augmenté de 4 %, parce que l'État a agi. La facture de gaz des Français aurait dû augmenter de plus de 100 %.
Elle a augmenté de 0 %, parce que l'État a agi. Vous savez ce que ça représente, comme économies, en moyenne, pour une famille française ? 120 € par mois.
C'est factuel, et je crois que ça pèse beaucoup plus dans le budget des ménages que des mesures municipales qui, encore une fois, ne relèvent pas de notre décision. Je vous remercie. Bonjour.
Thomas Despré, pour RTL. Vendredi, aura lieu un Conseil de défense énergétique. Les oppositions dénoncent de l'opacité, comme ils l'ont fait pendant la crise sanitaire.
Qu'est-ce que vous leur répondez ? Est-ce qu'il y aura une communication qui sera faite à l'issue ? Et une deuxième question internationale : les funérailles de Gorbatchev auront lieu samedi à Moscou.
Est-ce que le président de la République y sera ou est-ce qu'il y aura un représentant du gouvernement français ? Merci. Merci pour vos questions.
D'abord, le Conseil de Défense et de sécurité nationale, qui se tient sur la question énergétique, il va forcément aborder la question du conflit, la guerre que mène la Russie en Ukraine, avec les décisions économiques, les décisions diplomatiques et l'impact - que nous assumons d'ailleurs - des mesures de sanctions que nous faisons peser sur la Russie pour qu'elle arrête son agression sur nos voisins, frères et amis ukrainiens. Donc, il est normal que cela se déroule dans l'enceinte d'un CDSN. Vous auriez pu me poser la question de savoir depuis quand est-ce qu'on aborderait des questions diplomatiques et liées à des conflits extérieurs dans le cadre d'une enceinte qui ne serait pas sécurisée et au titre de la sécurité nationale ?
Ensuite, sur la question des oppositions qui demandent à pouvoir débattre, j'ai notamment entendu Madame Le Pen. J'ai envie de dire que c'est dommage. Madame Le Pen n'a peut-être pas été très attentive, mais dès le mois de juillet, le président de la République lui-même a sonné l'alerte sur la question énergétique.
Il en a fait d'ailleurs état dans son intervention le 14 juillet dernier. Il se trouve qu'à ce moment-là, le Parlement était ouvert et que les parlementaires étaient réunis dans l'enceinte de l'Assemblée - ça ne vous aura pas échappé d'ailleurs - jusqu'au début du mois d'août. Et donc, c'est maintenant, à l'issue de l'été que Madame Le Pen demande : est-ce qu'il y aurait, est-ce qu'il y a immédiatement un débat organisé ?
Donc ça ne se passe pas dans ces conditions-là. En revanche, je peux vous confirmer que, comme elle s'y était engagée, la Première ministre réunira un comité de liaison parlementaire au cours du mois de septembre, pour aborder en toute transparence - c'est notre méthode - ces questions et ces enjeux énergétiques. Sur la question des funérailles de Mikhaïl Gorbatchev, qui auront lieu samedi, d'abord, nous avons appris il y a quelques minutes que ses obsèques se tiendraient samedi.
Donc je ne peux pas vous donner la nature précise du représentant de la France. La France sera représentée à l'occasion de ces obsèques, a minima, probablement -enfin, a minima, ce n'est pas de façon péjorative - mais à tout le moins, par son ambassadeur. Bonjour, Julien Chavanne, RFI.
Une question concernant la consultation sur la fin de vie, annoncée par la première ministre. Est-ce que ça veut dire que les Français seront consultés sur le sujet ? Et puis autre question sur le plan de sobriété qui est demandé aux entreprises par la Première ministre : est-ce qu'il y aura des objectifs chiffrés dans ces plans demandés aux entreprises, par exemple de baisser de 10 % la consommation d'énergie ?
Sur la première question, il y aura une intervention dans les prochains jours, qui permettra de cadrer le débat nécessaire, utile et très attendu d'ailleurs, par les Français, sur la question de la fin de vie. Quels sont les termes de ce débat ? Je rappelle que le Conseil consultatif national d'éthique a été saisi de cette question et doit rendre, je crois la semaine prochaine, ses conclusions.
Et donc il y aura une suite donnée, qui passera par des modalités de consultation qui seront précisées à ce moment-là. Je ne peux pas vous les donner aujourd'hui, mais je peux vous dire qu'on y travaille et qu'on a une ambition forte en la matière. S'agissant de votre question, votre deuxième question sur la sobriété énergétique, il y aura, vous le savez, vers fin septembre ou début octobre, la présentation d'un plan global général de sobriété énergétique par la Première ministre, qui est en charge de cette politique, qui inclura les objectifs fixés à l'Etat.
D'ailleurs, je les rappelle, ceux-ci sont connus : nous devons réduire, nous, État, de 10 % notre consommation énergétique dans les deux ans. Il y aura des objectifs qui seront donnés aux entreprises. La Première ministre a commencé à décliner ce plan lors de son intervention aux universités d'été du Medef, lundi, en donnant déjà quelques quelques détails, comme le fait qu'il y aura un plan par entreprise, de sobriété énergétique, qu'il y aura également la désignation de médiateurs de sobriété énergétique au sein des entreprises.
Il y a aussi des mesures qui ont déjà été adoptées sans attendre, par décision gouvernementale, comme l'obligation d'éteindre les lumières à l'extérieur des commerces en nuit profonde, ou encore l'interdiction de garder une porte ouverte quand la climatisation ou le chauffage fonctionnent. Vous aurez ensuite les détails dans - je le dis en temps voulu - et de la même manière, il y aura un plan de sobriété qui sera à disposition des Français, et la Première ministre a eu l'occasion d'exprimer déjà quel était son souhait en la matière, que ce ne soit pas toujours les mêmes qui fassent des efforts, et qu'on prête une attention particulière à celles et ceux qui, parce qu'ils sont en précarité financière, sont déjà en situation énergétique fragile. Merci à tous.
Élisabeth Borne