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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 9 mai 2023 26 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sportSolidarités & famille

Mathilde Monnier : "Le corps féminin de la danseuse est encore en devenir"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est ce qui vous anime la rencontre avec autrui par le mouvement ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Vous dites que les mots ne viennent que plus tard, comment mettez-vous des mots sur cette relation entre deux corps en mouvement ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Comment ce texte sur les talons a-t-il inspiré une scène chorégraphique ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    La marche peut-elle être considérée comme un geste de danse ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous choisi les danseuses pour incarner ces textes ?

  • 18:00OuverteRéponse directe

    Comment met-on en mouvement la souffrance dans Black Lights ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30animateurFait
    « la danse c'est la connaissance d'autrui par un biais singulier le mouvement la parole ne vient que plus tard »
  • 10:30Mathilde MonnierFait
    « la danse démarre déjà dans la marge dans la façon dont on traverse un espace dont on prend un espace »
  • 13:30Mathilde MonnierFait
    « j'ai eu l'impression de d'arriver chez moi c'est une sensation »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

France Culture bienvenue au club et j'ai trouvé ce matin un article dans Le Courrier International catégorie société États-Unis santé mentale le titre épidémie de solitude de points les Américains doivent passer plus de temps ensemble la solitude est devenue et j'ouvre les guillemets une grave menace pour la santé publique aux États-Unis c'est ce qu'affirme un rapport de l'administrateur de la santé publique vivait dans le Washington Post et repris par le Courrier International le temps qu'un individu consacre à des relations sociales avec des amis en personne et passer de 60 minutes par jour en 2003 à 20 minutes par jour en 2020 20 minutes par jour et ce n'est pas simplement le fait du covid le rapport précise le covid-19 a jeté de l'huile sur un feu qui existait déjà et cette solitude a des conséquences que l'administration américaine a tenté de quantifier alors l'analogie est surprenante mais elle est assez efficace le risque de mort prématuré par la déconnexion sociale comparable à celui causé par le fait de fumer 15 cigarettes par jour on meurt donc de solitude voilà évidemment on n'a pas attendu le Courrier International ni l'administration de santé américaine pour le savoir mais maintenant qu'est-ce qu'on en fait alors la réponse est peut-être dans la démarche de mon invité Mathilde meunier figure de la danse contemporaine qui présentera en juin prochain son nouveau spectacle au festival Montpellier Danse je la cite je veux comprendre l'autre avec qui la danse me permet d'être pour moi la danse c'est la connaissance d'autrui par un biais singulier le mouvement la parole ne vient que plus tard un premier pas donc est de danse évidemment bonjour Mathilde meunier bonjour merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation pour bienvenue au club est-ce que c'est ce qui vous anime justement la rencontre avec autrui par le mouvement est-ce que c'est ce qui vous a amené et ce qui vous fait continuer à aimer charnellement profondément la danse je crois que c'est précisément pour ça que j'ai que j'ai choisi ce métier et choisi je suis pas si on choisit un métier mais en tout cas choisi de danser c'est parce que justement c'est un métier qu'on fait pas tout seul qu'on fait avec d'autres et alors après il y a effectivement on travaille parfois tout seul dans son studio mais c'est tout à fait cette ce travail alors on peut dire de communauté de groupes de compagnies on l'appelle comme on veut mais moi c'est ça qui me fascine parce que je pense qu'aussi la danse c'est un art du lien en fait et c'est un art du lien bien sûr avec le public mais c'est voilà c'est moi c'est ces grandes compagnies c'est d'être ensemble avec les danseurs c'est toute ma vie ça vous dites les mots ne viennent que plus tard vous arriver justement à mettre des mots sur cette relation qui se noue quand deux corps sont en mouvement parallèles se répondent en écho alors on essaye on essaye de mettre des mots mais mais alors les mots parfois aide mais pas toujours parfois il faut trouver d'autres manières de travailler ensemble parfois il faut juste accepter le silence en fait dans le travail et les mots ne remplacent pas tout alors parfois il y a des mots qui sont déclencheurs donc il faut pas se tromper de mots quand on en emploi peu mais il faut les employer bien et ça c'est souvent un espèce de challenge aussi de de voilà d'arriver à pointer quelque chose avec la parole mais souvent le plus simple c'est ben de travailler de se montrer les choses de pratiquer ensemble tout simplement inspirer de fait réel blacklights est un spectacle manifeste qui rencontre des violences faites aux femmes au quotidien c'est une création qui s'appuie sur une série qui avait beaucoup marquée lorsqu'elle était sortie sur Arte en 2021 qui s'intitule H24 24 courts métrages sur le quotidien chacun des courts métrages décrit une heure de du quotidien d'une journée d'une femme réalisation originale de deux cinéastes Valérie urea et Nathalie masduro je voudrais qu'on écoute d'abord un premier extrait qu'on en parle non non non non non non mais qu'est-ce que c'est que ces chaussures bah moi je réponds des derbies à ce moment-là il dit un problème jeune elle dit lui elle est nouvelle oui nouvelle il est à plat il y a le bord des c'est quoi le mot des Derbi je dis et je ne répète des derbies elle a quel âge comme si je t'ai pas là il y a un magasin au coin de la rue et prenez pas des talons de 5 il dit c'est ridicule prenez des talons de 8 ou 10 plein de mec se verrouille d'un coup je vois pas pourquoi je discute la boutique de chaussures ou la porte je vais pas vous laisser escorter mes clients avec vos baskets de jogging et là mais moi je hurle 10 cm au dessus du sol texte d'Alice dénitaire que donc vous adapterez sur la scène de Montpellier Danse en juin prochain vous avez donc déjà créé le spectacle par exemple pour qu'on essaie de comprendre la manière dont vous travaillez en quoi ce texte a fait écho en vous en quoi ces images ont fait qu'on vous qu'est-ce qu'elles ont provoquer quel gestes elles ont évoqué pour vous alors c'est bien qu'on commence par ce texte parce que c'est vraiment un texte alors il a l'air de rien on pense à des talons voilà une femme qui met des talons elle a des derbies bon mais en fait ce texte a été vraiment pour moi un des textes d'entrée en fait dans la pièce il est d'ailleurs au début du spectacle et j'ai construit d'ailleurs toute une scène chorégraphique où les femmes sont en talon mais elles sont en talons au sol allongées par terre donc avec il y a tout un travail de je vais pas tout révéler les choses mais il y a tout un travail chorégraphique sur ce rapport justement j'ai inversé le rapport c'est à dire j'ai au lieu d'avoir des femmes debout comme dans comme dans la série j'ai inversé le rapport et les femmes sont allongées au sol avec les chaussures et c'est vraiment je trouve une scène très emblématique de la série c'est une toute petite chose cette histoire de talon en fait la la la jeune fille décompense sur cette histoire de talent mais ça dit énormément de choses sur voilà ce qu'on attendrait d'une femme quand elle quand elle apparaît en public et sur ces violences quotidiennes même qui paraissent anecdotique comme vous le disiez mais qui laisse des marques malgré tout et parfois très profondes oui alors ça c'est une chose aussi qui que j'ai compris au fur et à mesure en fait où j'ai lu ces textes c'est que finalement à côté du fait ou peut-être parfois effectivement petite chose qui se passe un petit incident finalement ce qui m'a intéressé c'est de voir quel impact ça dans la dans le corps des femmes et dans leur psychologie dans la façon dont elles vont vivre avec ça souvent pendant un jour deux jours parfois pendant une année c'est à dire comment finalement on ressasse cette petite chose qui n'a l'air de rien et comment elle s'inscrit dans le corps avec une espèce de blessure surtout quand elles sont répétées et c'est ça que je mets enseigne en fait c'est vraiment les Black lights et c'est un peu les lumières noires qui restent dans le corps et dans la tête après c'est mini-chose comme ça du quotidien qui nous arrive souvent à toutes les femmes toutes les femmes ont connu ça c'est pas extraordinaire non plus dans la pièce il y a des choses beaucoup plus graves il y a des textes qui portent des choses beaucoup plus graves mais en tout cas voilà ça impacte sur le corps 10 cm au dessus du sol je voulais aussi qu'on commence par là parce que j'ai l'impression qu'avec vous la danse commence au premier pas avec la démarche y compris simplement marcher quelqu'un qui marche peut vous évoquer un geste de danse oui alors j'ai beaucoup travaillé sur la marche c'est ça a été notamment à l'occasion d'une pièce qui s'appelle des routes ou en fait les danseurs faisaient que marcher alors c'était une pièce assez qui a fait un peu de bruit parce que c'était a priori on va dire ce que c'est de la danse et de la non-dance à tomber à ce moment-là au moment de l'abondance oui pour moi la danse démarre déjà dans la marge dans la façon dont on traverse un espace dont on prend un espace donc une posture quand on déroule un corps dans sur un plateau voilà c'est déjà de la danse la marche si vous avez cette liberté peut-être avec la danse et peut-être aussi parce que vous êtes arrivés finalement très tard et presque par hasard il y a cette anecdote que vous racontez de ce studio de danse que que dans lequel vous arrivez par inadvertance je crois que c'est votre mère qui va chercher votre sœur et duquel vous tombez amoureux presque immédiatement vous savez que ça va être là chez vous pour les prochaines années oui c'est vrai que j'ai eu l'impression de d'arriver chez moi c'est une sensation alors adolescente parce que je devais avoir 14 15 16 ans et donc je traverse ce studio et d'un coup je me dis mais en fait c'est l'endroit que j'ai cherché toute ma vie sans jamais le connaître ayant une enfance au Maroc il y avait dans un une toute petite ville il y avait absolument rien j'avais jamais eu accès à ni d'ailleurs à des images de danse parce qu'on n'avait pas la télé donc sincèrement je ne sais pas d'où vient cette ce besoin cette envie de rentrer dans ce monde qui m'était totalement inconnu mais le moment où je suis rentrée j'ai su que ça y est j'étais là pour toujours vous pourriez le décrire encore aujourd'hui ce lieu ou page c'est pas les odeurs des matériaux des formes ces choses-là vous restent encore de ce moment de rencontre oui alors la musique beaucoup le piano c'est vrai que on rentre dans un monde parallèle en fait on a un monde qui qui qui où il y a moins de problèmes il y a moins de soucis c'est un monde que d'invention de fiction un monde un monde que je me suis complètement approprié oui et puis aussi à monde ou le corps peut trouver une place je crois que j'avais besoin de corps j'avais besoin que mon corps parle à ma place j'aime bien aussi de de travailler mon corps peut-être aussi le rapport comme ça un peu sportif physique j'étais très attirée par ça vous disiez que mon corps parle à ma place ça m'évoque ça me fait penser à votre spectacle je ne vois pas la femme cachée dans la forêt parce que c'est vrai que vous êtes ensuite très vite aller vers la chorégraphie mais que cette pièce donc jouer du 19 au 21 février 1988 au Théâtre de la Bastille à Paris il faut être précis cette pièce là était pour vous comme une forme de libération comme une forme d'affirmation qu'en fin vous dansiez pour vous et pas caché derrière des grandes figures oui alors ça a été vraiment ma première pièce en solitaire j'avais fait des petites choses avant mais c'est vrai que ce titre ou à la fois j'apparais et je disparais et ça y est j'apparais comme chorégraphe mais avec un titre ou suivant enfin suite au tableau de Magritte ou la femme est entourée d'hommes elle est nue en fait dans le tableau et et la pièce parle de ça de cette idée de pouvoir faire sa place finalement dans un monde dont on ne connaît rien qui qui ne vous est étrangers dont on essaye de de comprendre un peu les mécanismes et c'était une pièce à l'aveugle je crois complètement d'où ce titre c'est une libération mais comme vous le racontez on sent que c'est une libération sur le long terme là-dedans en fait on pourrait pas raconter un moment de déclic qui aurait tout bouleversé peu à peu vous êtes véritablement affirmé oui alors c'est venu assez lentement alors en même temps j'étais assez jeune j'avais que 24 ans quand j'ai fait cette pièce qui finalement est très jeune moi j'avais déjà l'impression d'être vieille et c'est vrai que c'est au fur et à mesure parce que aussi ce qui se passe c'est que j'ai pas j'avais pas fait d'école donc on se sent jamais légitime il se trouve qu'il y avait pas d'école à l'époque donc plus tard j'ai créé un master chorégraphique parce que je me suis dit il y a pas d'école pour les chorégraphes où est-ce qu'on apprend la chorégraphie qui va m'apprendre la chorégraphie donc sur le fond c'est en regardant les autres que j'ai appris voilà alors et c'est pour ça que c'est c'est j'ai l'impression d'être entré comme ça petit à petit finalement dans ce métier en regardant les spectacles en essayant de prendre des choses à droite à gauche en glanant mais sans aucune théorie et voilà sans approche vraiment universitaire ou quoi que ce soit et en cherchant à chaque fois à nous surprendre comme avec ce nouveau spectacle donc black lives qui sera joué à Montpellier Danse les 22 et 23 juin prochain [Musique] [Musique] je le vois lui prêt à se ruer furieux sur le pied de biche et on poignet pour me frapper il disparaît il revient il vit sur moi bidon d'essence l'horloge au mur derrière lui marque 18h10 [Musique] la fumée acide nous brûle les yeux on bouche les narines il faut que je respire que je respire encore [Musique] [Musique] on écoutait donc un nouvel extrait de cette série H24 je brûle Bercy Sotiropoulos alors évidemment il y a la question de comment les monts font écho mais ma question est aussi et alors elle est très naïve et je vous la postais lequel comment est-ce qu'on écrit là danse est-ce qu'on danse soi-même est-ce que tu sais pas est-ce qu'on prend des notes en fait comment ça se passe on fait tout ça on prend des notes on se filme moi je danse avec les avec les danseuses il se trouve que c'est vrai que depuis quelques années je travaille beaucoup avec des femmes parce que j'ai l'impression que mon vocabulaire ce que je peux essayer sur moi et beaucoup plus facile à transmettre il y a une espèce de de choses assez assez évidentes comme ça de transmettre et donc c'est voilà mais aussi les danseuses amènent beaucoup de choses c'est des artistes c'est des grands artistes elles amènent beaucoup de choses sur le plateau donc c'est un travail de collaboration c'est aussi un travail de groupe on essaye on se plante on cherche assez vite parce qu'on n'a pas beaucoup de temps mais moi je travaille beaucoup en pratiquant c'est à dire qu'on fait pendant longtemps pendant plusieurs heures à côté d'elle et vous en écho comme ça vous vous répondez vous cherchez comme ça directement par le corps oui alors je peux arriver avec une proposition et on l'essaye ensemble et puis sur cette extrait là par exemple est-ce que vous vous souvenez de d'où c'est parti on commence à commencer la danseuse qui est absolument extraordinaire interprète Younes on Martin qui a été l'égérie de forsytes de William for Skype pendant 20 ans est une danseuse absolument accomplie une artiste hors pair elle l'a proposé elle a fait une proposition qu'elle a travaillé toute seule je m'attendais pas du tout à cette proposition et c'est assez extraordinaire ce qu'elle fait c'est assez simple mais voilà et parfois c'est juste d'accueillir une proposition de ces artistes qui sont aussi des partenaires de travail c'est à dire c'est pas juste des interprètes merci voilà et qui ont une charge immense parce que on le disait le premier extrait paraissait plus anecdotique celui-là est bien plus profond on parle d'une femme qui subit des violences terribles et je me demandais justement comment comment est-ce qu'on met en mouvement la souffrance comment est-ce que parce que j'imagine qu'il y a une part aussi de pudeur face à cette souffrance oui c'est très difficile ça fait partie des questions qu'on se pose pendant le spectacle alors moi je dis je dis aussi que dans ce spectacle il faut faut pas qu'on soit assigné à être des victimes il y a aucune assignation pour aucune femme à être victime toute sa vie donc effectivement ces textes ont des témoignages ce sont des récits ils sont forts il faut les faire entendre mais en même temps il y a aussi une forme de résilience d'être quelqu'un d'autre on n'est pas seulement voilà on n'est pas seulement l'événement qui nous est arrivé et qui va nous marquer toute sa vie il y a aussi une manière de l'interpréter de le faire vivre de le partager avec parfois de la distance la joie de beaucoup d'émotions donc c'est ça que j'essaie de mettre dans ce spectacle et pour le faire vivre il faut évidemment un corps mais si on parlait d'un corps de danse d'un corps en mouvement j'ai l'impression qu'on avec vous on parle plutôt de décors aujourd'hui c'est à dire vous introduisez des personnes avec des physiques très différents et c'est chez vous une véritable volonté de mettre en avant des corps différents oui alors je l'ai fait de depuis plusieurs années presque depuis je dirais presque depuis 15 ans ou je sais pas presque depuis le début en fait même dans la femme cachée il y avait déjà des personnages qui n'étaient pas du tout des danseurs et ça a toujours été oui ça veut dire qu'un corps qui il y a des corps qui sont danseurs très techniques qui ont énormément de techniques mais qui n'ont pas forcément de l'émotion qui sont pas porteurs de d'émotion et il y a des parfois des des gens qui voilà ont traversé d'autres techniques et aujourd'hui moi je m'intéresse beaucoup à des danseurs qui viennent de techniques ça peut être technique du folklore du crabe du hip-hop enfin qui viennent d'autres écoles qui ont d'autres manières de s'exprimer avec d'autres langages et je j'ai besoin aussi de m'ouvrir à ces langages là ce qui est très intéressant c'est que vous avez dirigé donc le centre chorégraphique de Montpellier Languedoc-Roussillon pendant pratiquement 20 ans 19 ans je crois de 1994 à 2013 et pour autant vous n'avez jamais véritablement voulu être enfermé dans un rôle de chef de troupe vous savez pas le tempérament d'une chef alors je sais pas je dois l'être quand même un petit peu mais mais c'est vrai que je travaille d'abord je travaille beaucoup avec des gens avec qui je suis depuis des années alors on va vous dire c'est une famille et tout ça mais c'est des gens qui m'accompagnent parfois depuis 20 ans ou 30 ans donc on a plus besoin d'être chef parce que on se connaît tellement chacun sait où il est chacun est à sa place donc je travaille beaucoup dans la confiance j'ai besoin de confiance dans le travail j'ai besoin que les interprètes me fasse confront confiance que les équipes fassent confiance parce que moi je leur donne de la confiance et je pense qu'on est voilà on est gagnant et moi j'ai besoin aussi que ce soit avec de l'empathie de la bienveillance dans le travail je veux pas être dans la violence dans le travail ou dans l'autorité je ne supporte pas cette manière de travailler je pense que qu'elle n'apporte rien du tout comment les avez-vous choisi justement c'est danseuses qui vont interpréter elles sont donc 8 pour 11 textes les textes sont ceux d'Alizée Monica Sabolo lis Spitz Lola Laffont Fabienne canord Agnès de Sarthe je veux tous les sites je veux toutes les citer R6 sortir au boulot Blandine ring queue niviaque cornéliusen et Grazina playbanec comment les avez-vous choisi c'est danseuses qui vont justement incarner les mots de ces autrices alors j'ai choisi bon des danse d'âge et de de justement issus de techniques très très différentes donc la plus jeune à 24 avoir 25 ans et la plus âgée plutôt autour de la cinquantaine donc je voulais voilà avoir un panel de de femmes qui ont des parcours aussi dans le métier très différent contre la très très grande professionnelle qui Ionos and Martin où Isabelle abrut qui a été actrice et qui Agor Rodriguez et qui a voilà qui est presque dans toutes ses pièces qui a énormément une énorme carrière et une très jeune danseuse de Mozambique mais macho qui est au contraire voilà c'est la première fois qu'elle fait un spectacle elle vient de Mozambique elle est je l'ai rencontrée cet été et ça va être son premier création avec moi voilà je voulais un panel très différente femme de culture de traditions différentes de d'expérience différentes Mathilde meunier notre invité dans Bienvenue au club sur France Culture sans spectacle Blacklight sera donné en première mondiale à Montpellier Danse fait 22 et 23 juin prochain et plus tard à Avignon en juillet au Karm tu dis que je serai reine si je me renforce tes mains sur la glace me rattrape me redresse me sécuriser quand je réussis le soir quand on éteint la lumière dans la chambre que je partage avec une 15 elle soupire que j'ai trop de chance d'être la chouchoute trop de chance au téléphone aussi mes parents agissent ma chance le stage n'est pas donné mais c'est un sacrifice qui sont contents de faire du moment que j'en profite si ça ne fait pas mal c'est qu'on a pas assez travaillé me détendre penser à autre chose je leur donne à mes cuisses et à mon ventre de lâcher prise d'obéir à tes ordres chuchoter tes doigts tout l'ongle du majeur qui miracle dedans et la salive sur tes doigts à la première fois que tu rentres dans ma chambre la nuit la laine âcre d'épices de viande grasses tandiner dans ma bouche on entendait l'extrait un texte de Lola Laffont donc je saurai reine que que vous mettrez en comment on dit mettre en danse mettre en mouvement oui on peut dire tout ça mettre encore je dis pas mettre en scène parce que je me sens pas mais tous en scène je reste chorégraphe et c'est toujours à travers ma vision de chorégraphe que je vais mettre en scène mais c'est vrai que c'est un sort de Paris de mettre des textes enfin pour une chorégraphe de mettre des textes en scène il y a quelque chose qui est pas si fréquent et je suis très contente de le traverser parce que les mots ont beaucoup de valeurs pour moi c'est souvent un endroit sur lequel je m'appuie d'imaginaire très fort d'ailleurs j'ai l'impression je crois savoir que votre première émotion culturelle qui n'était pas donc le spectacle vivant était plus lié à la lecture les homo oui alors surtout sur ce prochain spectacle parce qu'en fait bon j'avais beaucoup aimé la série mais c'est vrai que j'avais pas eu le déclic à ce moment là donc c'est 10 ans en fait la publication chez Acte Sud des textes H24 que d'un coup je me suis dit mais en fait ça c'est des textes de théâtre je peux je pourrais pas tous peut-être bien certain je pourrais les mettre en scène je pourrais voilà je pourrais les utiliser c'est vraiment des textes alors c'est ça sera très différent de ce qu'a fait la série et tant mieux il faut que ce soit différent il s'agit de faire autre chose mais oui souvent les textes sont là à côté de moi en répétition il y a beaucoup de textes je peux lire des choses à des moments dans des répétitions le texte est toujours présent vous voulez que ce soit également un spectacle qui soit en lien direct avec le public je crois que c'est assez important c'est assez important pour vous parce que ce sont des textes qui sont puissants vous les clés les danseuses et le public soit soit proche oui j'aimerais bien j'espère que ce sera possible je voudrais surtout pas que ce soit un spectacle prescripteur d'une espèce de morale ou d'une espèce de posture c'est à dire il y a pas de posture dans le spectacle on fait entendre des des textes on voit des corps on voit des cordes ensemble on voit des corps de femme qui sont parfois sont ce qu'elles sont avec leurs forces leur imaginaire mais mais je veux dire c'est au public aussi de de faire aussi ce pas d'être ensemble il y a quelque chose aussi de l'empathie j'ai envie de partager en fait ces textes avec avec le public et libre à eux de voilà de prendre ce qu'ils veulent il y a pas aucune direction de leur dire voilà il faudrait plutôt entendre ça ou ça il y a aucune morale là-dedans c'est un partage vous dites vous les montrer aussi que les temps changent et vous dites et je trouve ça assez juste que les femmes en sont les sismographes les plus précis oui je pense que ça ça passe notre société elle change beaucoup par les femmes aujourd'hui alors parce que pendant tellement d'années elles n'ont pas eu de place je pense qu'elles prennent petit à petit une place qui fait bouger la société entière et alors ça prend du temps c'est pas toujours visible mais je crois qu'il y a encore beaucoup de choses à faire notamment dans la politique ou la place des femmes et encore à l'image de la place des hommes c'est-à-dire vraiment c'est trouver aussi des places je pense que les femmes ont à trouver leur propre place sans modèle et c'est ça qui prend un petit peu plus de temps vous êtes toujours là où on vous attend pas ou en tout cas vous vous renouvelez toujours est-ce que c'est une forme d'emplacement par exemple là ce sera deux journées au festival Montpellier Danse puis quelques journées Avignon puis j'ai l'impression qu'après vous passerez déjà à autre chose non pas autant parce qu'il y a bordé une grande tournée donc ça c'est ça c'est magnifique et ce mouvement permanent ou on sait pas vraiment moi je sais pas très bien comment je fonctionne mais souvent laissez souvent des gens qui viennent me chercher ou qui ont qui me font des propositions parce que ils ont vu que voilà j'avais cette capacité peut-être à entrer dans d'autres mondes et c'est vrai que je suis assez curieuse par exemple dans le monde de la mode ou dans le monde de la musique ou de la littérature de la philosophie donc c'est souvent je me laisse porter en fait beaucoup plus que d'être très volontaire dans à aller chercher c'est souvent des propositions extérieures je me suis longtemps caché derrière la danseuse ouais je sais pas c'est des choses qu'on dit à un moment donné mais oui parce que peut-être que la danseuse m'empêchait d'être une femme aussi c'est à dire la danseuse ça reste toujours c'est être un peu abstrait comme ça qui maîtrise son corps qui est dans une sorte de perfection caché derrière la technique mais c'est vrai que le côté féminin de la danseuse surtout dans la danse classique bon bah il est quand même assez effacé c'est à dire on a des corps de sportives des corps qui sont minces où il y a pas beaucoup de c'est pas très charnel voilà et donc ce corps là oui il est il est encore en devenir merci beaucoup Mathilde meunier merci de vous être emparé de ces paroles comme les réalisatrices vous y invitez et pour nos auditeurs de France Culture Blacklight ce sera donné en première mondiale à Montpellier danse les 22 et 23 juin prochain mais également au Festival d'Avignon ce sera en juillet au calme merci infiniment merci

Mathilde Monnier : "Le corps féminin de la danseuse est encore en devenir" — Denis Ribot · Pourquijevote