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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 31 août 2024 64 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesBudget & impôtsSolidarités & familleLogement

Prix, impôts, taxes : attention au "ras-le-bol" #cdanslair Archives 2023

Source d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 29 %Défensif 41 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:23OuverteRéponse directe

    L'inflation ?

  • 2:31OuverteRéponse directe

    Pourquoi on parle de ce chiffre ?

  • 2:49OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on a une visibilité sur ce qui peut se passer ?

  • 6:54OuverteRéponse directe

    Cette phrase de Bruno Le Maire qu'on a citée rapidement, il dit « L'inflation, c'est un impôt chez les plus modestes ». C'est comme ça que c'est perçu ?

  • 7:50OuverteRéponse directe

    C'est vrai qu'on n'imaginait pas, l'année dernière, refaire une émission comme celle qu'on est en train de faire ensemble, de se dire, on est quand même dans une histoire qui se répète, alors que le gouvernement n'avait peut-être pas forcément anticipé cette rentrée, j'en sais rien d'ailleurs, en tout cas, l'inflation, le pouvoir d'achat, le prix de l'énergie, plus les impôts et les taxes, on va en parler de la taxe d'habitation pour les résidences secondaires et la taxe foncière.

  • 10:25OuverteRéponse directe

    Peut-être qu'un certain nombre de retraités nous regardent. On parle des salariés. Effectivement, les salaires ont progressé. Mais pas les retraites. Mais les retraites, c'est rendez-vous. Il est au 1er janvier, au mois de novembre, pour les retraites complémentaires, mais on ne sait pas de combien. Et le gouvernement qui s'attendait probablement à ne pas devoir relever beaucoup les retraites, puisqu'il pensait que l'inflation se serait bien calmée, eh bien, il va falloir sortir des milliards d'euros. Et il peut les sortir, les milliards d'euros ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:32InvitéChiffre
    « Alors, sur un an, les prix n'ont pas augmenté de 4,8% au mois d'août. On prend le mois d'août par rapport au mois d'août de l'année dernière, mais c'est un peu plus que le mois précédent. »
  • 1:52InvitéChiffre
    « Alors, il y a une explication qui est les prix de l'énergie. On sait, chaque Français a constaté que le prix d'électricité a augmenté de 10% le 1er août. »
  • 2:24InvitéChiffre
    « Il y a 11%. 11% sur l'alimentation. »
  • 4:15InvitéChiffre
    « C'est 20% pour l'alimentaire et c'est 30% pour l'énergie. »
  • 8:28InvitéChiffre
    « En 2010, lors de la précédente crise économique, 54% des Français disaient, une fois que j'ai tout payé, j'ai la capacité de mettre un peu d'argent de côté à la fin du mois. »
  • 8:37InvitéChiffre
    « En novembre dernier, on n'était plus qu'à 37% de Français qui disaient, j'ai la possibilité de mettre un peu d'argent de côté. »
  • 9:17InvitéChiffre
    « On est à 7%, il y a eu des dizaines de cédes en l'air sur le chômage. »
  • 13:43InvitéChiffre
    « Dans les supermarchés, inflation de 12,7% sur un an au mois de juillet dans les rayons. »
  • 20:57PrésentateurChiffre
    « le taux de prélèvement obligatoire est le plus élevé de notre histoire à 45,4%. »
  • 22:27InvitéChiffre
    « il y a plus de 1000 milliards qui ont été épargnés par les ménages. »
  • 27:49InvitéChiffre
    « On est à près de 5%. »
  • 29:19InvitéChiffre
    « c'est 7% d'augmentation décidée par l'État »
  • 30:08InvitéChiffre
    « le litre de gasoil est à 1,82€ en moyenne, il était en moyenne à 1,40€ au moment du déclenchement de la crise des gilets jaunes. »
  • 31:25InvitéChiffre
    « 40% des gens qui sont au SMIC nous disent nous avons réduit le volume des portions alimentaires qu'on sert chez nous. »
  • 33:22PrésentateurChiffre
    « Les fournitures scolaires ont augmenté de 11% en moyenne cette année. »
  • 33:27PrésentateurChiffre
    « L'année dernière, j'ai dû payer 1 euro, 1 euro 10, le cahier. Là, je l'ai payé 1 euro 50 pour ma fille. »
  • 39:22InvitéChiffre
    « 2 milliards sur plusieurs millions de ménages. Enfin même, ça peut être jusqu'à 20 millions de ménages. »
  • 39:23InvitéChiffre
    « Ça fait 100 euros par an. »
  • 39:27InvitéChiffre
    « Il y a 30 millions de ménages en France. Si c'est la moitié, on est au moins 15 millions. »
  • 46:40PrésentateurFait
    « Leur inquiétude, c'est que notamment, il y est certes ce ras-le-bol fiscal, mais surtout, un ras-le-bol de ceux qui sont, entre guillemets, assistés. »
  • 49:11InvitéFait
    « Quand on parle du fait qu'on ait passé le pic d'inflation, c'est juste dire que les prix vont augmenter moins vite qu'avant. »
  • 50:17InvitéChiffre
    « Le bouclier tarifaire, dans son ensemble les mesures énergie, c'est presque 100 milliards sur trois ans. »
  • 1:00:13PrésentateurChiffre
    « C'est pour les X% des ménages les moins aisés en France. »
  • 1:01:15PrésentateurFait
    « Il y a quelques villes dans ces trois villes-là où la hausse de la taxe foncière efface totalement ou presque la suppression de taxes d'habitation. »
  • 1:00:55PrésentateurChiffre
    « 292 euros de haute de taxes foncières à Limoges. »
  • 1:01:13PrésentateurChiffre
    « plus de 26% à Limoges. »
  • 1:02:39InvitéChiffre
    « La taxe d'habitation a quand même été baissée de 18 milliards. »
  • 1:02:41PrésentateurChiffre
    « le taux de l'impôt sur les sociétés est passé de 35 à 25%. »
  • 1:02:58InvitéChiffre
    « 2 milliards qui n'ont pas été... »
  • 1:03:22PrésentateurPromesse
    « ça devrait être au début de l'année prochaine pour le régime général, les retraites de base et au mois de novembre pour les retraites complémentaires. »

Temps de parole

  • Présentateur60 %
  • Invité20 %
  • Invité 215 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Présentateur

tous le premier président de la Cour des Comptes met en garde. Attention au consentement à l'impôt, c'est fragile. Attention au ras-le-bol fiscal, dit Pierre Moscovici. Il faut dire qu'en cette rentrée, les augmentations saisissent les consommateurs et les contribuables de retour de vacances. Transport, énergie, produits alimentaires, mais aussi taxes foncières, taxes d'habitation pour les résidences secondaires, augmentation de la franchise sur les dépenses de santé avec une inflation qui continue d'essorer les ménages et des prix qui sont repartis à la hausse au mois d'août avec plus 4,8%.

Le gouvernement tente de mettre la pression sur les industriels et martèle qu'il n'y aura pas de hausse d'impôt en cette rentrée. Un message de moins en moins audible dans le quotidien des Français. Prix, impôts, taxes, attention au ras-le-bol, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Dominique Seux, vous êtes directeur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste sur France Inter. Avec nous ce soir, Mathieu Plannes, vous êtes économiste pour l'Observatoire français des conjonctures économiques. Nathalie Saint-Cricq, vous êtes éditorialiste politique pour France Télévisions.

Enfin, Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département Opinion de l'Institut de sondage IFOP, je cite votre livre, La France sous nos yeux, paru aux éditions du Seuil. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. C'est un chiffre et c'est un peu une douche froide quand même, Dominique Seux. L'inflation ? Absolument, parce qu'au mois d'août, on vient de l'apprendre, l'inflation 4,8%, vous le disiez. Alors, sur un an, les prix n'ont pas augmenté de 4,8% au mois d'août. On prend le mois d'août par rapport au mois d'août de l'année dernière, mais c'est un peu plus que le mois précédent.

Alors qu'on était ces derniers mois sur une courbe légèrement, une pente légèrement descendante, là on se pose la question. Alors, il y a une explication qui est les prix de l'énergie. On sait, chaque Français a constaté que le prix d'électricité a augmenté de 10% le 1er août. Bon, ben voilà, ça se retrouve dans le chiffre à la fin. Et chacun constate s'il y a une voiture, une voiture qui n'est soit électrique pour l'électricité, soit essence diesel ou autre, que les prix à la ponce sont quand même très élevés. Donc, ça fait un chiffre qui est effectivement élevé. Ce qui inquiète le plus, je crois, les Français, ce n'est pas le chiffre macroéconomique.

C'est à l'intérieur de ce chiffre, c'est l'alimentation et l'alimentation. Vous avez raison et on va beaucoup en parler ce soir. Il y a 11%. 11% sur l'alimentation. On va en reparler parce qu'il y a une initiative du gouvernement sur les prix de l'alimentation. Mais Gis, si on fait la petite photographie de la rentrée, pourquoi on parle de ce chiffre ? Parce que Mathieu Plain, je me tourne vers vous, on nous avait dit, le pic de l'inflation est derrière nous, on nous avait dit, il y aura une baisse qui s'est produite d'ailleurs à partir du mois de juin. Sous-entendu, le mauvais sketch de la rentrée 2022, c'est fini, on est en 2023, on passe à autre chose.

Ce n'est pas vraiment ce qui nous attend. Est-ce qu'on a une visibilité d'ailleurs

2:52
Invité

sur ce qui peut se passer ? On a une légère visibilité, mais effectivement, il y a quand même beaucoup de brouillard autour de tout ça. Dominique l'a rappelé, les prix de l'énergie sont assez volatiles, ils bougent beaucoup, notamment les prix du pétrole et ça contribue assez rapidement à cette inflation. Le pic est plutôt derrière nous, mais on reste avec une inflation élevée, c'est-à-dire une inflation proche de 5% par an. On n'a pas vu ça depuis le début des années 80. Certainement, on va se rapprocher progressivement de 2%, mais ça va prendre plusieurs trimestres, voire plusieurs années pour revenir à une forme de stabilité sur les prix.

Et puis, on voit que par ailleurs, on a des effets qui commencent de second tour malgré tout, c'est-à-dire qu'il y a des augmentations de salaires qui se produisent, qui sont normales pour récupérer ces pertes de pouvoir d'achat parce que les prix ont augmenté plus vite que les salaires jusqu'à présent. Mais pour le moment, là, on commence à avoir des salaires plus dynamiques et qui se répercutent aussi progressivement à l'Assemblée d'économie. Et puis, dernier point, les prix de l'alimentaire sont à 11%. C'est moins élevé que les 13% qu'on avait à temps ou 14%. Mais quand vous regardez mensuellement, ces prix ne baissent pas.

C'est-à-dire qu'on a une forme de plateau sur les prix, mais on n'a pas une baisse des prix de l'alimentaire. Sur 3 ou 4 mois, on a une augmentation de l'ordre de 1%. Mais ils ne baissent pas, ce qui était un engagement de baisse. Aujourd'hui, il n'y a pas de baisse. En tout cas, quand on regarde

4:06
Présentateur

mois par mois. Et si l'on en croit Alexandre Bompard, le patron de Carrefour, sur 2 ans, c'est 20% de hausse des prix de l'alimentaire.

4:15
Invité

Oui, parce que ça, c'est un point important. Les chiffres et statistiques sont un peu complexes. C'est-à-dire qu'on parle de glissement annuel, donc d'une année sur une année. Mais si on regarde depuis le choc d'inflation, c'est-à-dire maintenant presque 2 ans, les prix ont augmenté globalement de 11%. C'est 20% pour l'alimentaire et c'est 30% pour l'énergie. Donc, en fait, le choc inflationniste que ressentent les gens, c'est par rapport à la vie d'avant. J'allais dire. Et donc, le 4% ne veut pas dire grand-chose. En fait, les prix ont augmenté de 11% sur 2 ans, dont 20% pour l'alimentaire. Donc, la facture liée à l'alimentaire, c'est beaucoup plus qu'avant.

4:46
Présentateur

Et avec ce que dit... Pardon. La relativement bonne nouvelle quand même, et Mathieu Plannes le dit à l'instant, c'est que ces derniers mois, ces derniers mois, les prix alimentaires notamment se stabilisent plus tôt. On a un effet sur les chiffres globaux, un effet de traîne de ce qui s'est passé à l'automne dernier et en janvier-février. Donc, j'ai envie de dire, mais on en parlera, que le gouvernement a fait un peu martialement des mesures et les distributeurs s'engagent. On va en parler, on va le voir. Mais en fait, ils sont en train d'accompagner un mouvement qui va se protéger de toute façon. Oui. Juste avec vous, Dominique Seau, parce que sinon, on n'en reparlera pas.

On a vu que les grands argentiers du monde se sont réunis à Jackson Hole et ils ont dit... On va... Les patrons des banques centrales. Et ils ont dit, on va continuer à augmenter les taux parce qu'en fait, on n'arrive pas à enrayer l'inflation. Exactement. Ils disent, nous, aux États-Unis, l'inflation est un peu au-dessus de 3. En Europe, elle est donc entre 5 et 6 au total. Et les grands argentiers disent, nous voulons la ramener à 2%. Et tant qu'on veut la ramener à 2%, on va continuer d'augmenter les taux, c'est-à-dire les taux du crédit pour acheter une voiture, pour acheter un bien immobilier.

La grande question, mais alors il faudrait un temps énorme pour en parler, c'est ont-ils raison de vouloir redescendre l'inflation à 2% ? Est-ce possible ? Alors qu'il y a... Eh bien, on sait que la transition écologique, par exemple, ça va être cher. Donc, est-ce que c'est raisonnable de vouloir aller à 2% ? Est-ce qu'on ne doit pas se dire ? On est dans une inflation, on revient, système, une inflation qui est plutôt autour de 3-4% et il faut que les salaires suivent. Et on est dans un autre monde économique que celui qu'on croit, auquel on rêve encore. En tout cas, ils ont un raccord, la Banque Centrale Européenne et la FED.

6:19
Invité

Souci, parce que c'est la double peine pour les ménages, en fait. C'est-à-dire que l'inflation, ils la payent, qui est une dépense contrainte, l'énergie ou l'alimentaire. La hausse des taux, ça renchérit le coût du crédit. Donc, les ménages payent plus cher leur crédit. Donc, si vous voulez, l'idée, c'est de ralentir l'inflation pour stopper la demande. C'est-à-dire que vous augmentez les taux pour qu'il y ait moins de vent. Mais sauf qu'en France, la consommation diminue. Depuis un peu plus d'un an, on est à un peu plus de 1%. Et dans l'alimentaire, on est à plus de 10% de baisse de consommation.

6:43
Présentateur

Il y a un tsunami de déconsommation, on va en parler dans un instant.

6:45
Invité

Donc, ça, la hausse des taux, là-dessus, accentue l'effet difficile pour les ménages les fins de mois.

6:50
Présentateur

Pardon, je vous contrains, parce qu'on a des choses derrière, vous allez voir. Non, juste cette phrase de Bruno Le Maire qu'on a citée rapidement, il dit « L'inflation, c'est un impôt chez les plus modestes ». C'est comme ça que c'est perçu ? C'est perçu comme un prélèvement sur le salaire. C'est-à-dire que quand on pouvait, à salaire constant, s'offrir un certain nombre de produits, aller chez le coiffeur, s'offrir de la viande plusieurs fois par jour, même si ce n'est pas bien, on ne peut plus. Et ce qu'expliquent également les distributeurs, c'est qu'il y a un déclassement qui va avec, parce qu'avant, parfois, on s'achetait des marques nationales.

Je ne vais pas les citer, c'est de la marque, comme on dit. Après, certains ont parlé à la marque distributeur, avec l'impression quand même, et puis d'autres sont marques entrées de gamme. Donc, il y a une impression de paupérisation, de déclassement, qui est quelque chose qui, en France, est très vif. Et donc, effectivement, d'où les mesures qu'il a annoncées, qui feront leur effet, mais pas forcément tout de suite. Et on verra dans un instant un reportage des équipes de C'est dans l'air, avec ceux qui sont juste en-dessus, comme avait dit Emmanuel Macron, les classes moyennes, justement, qui sont dans le profil que vous venez de présenter à l'instant.

Exactement, dans la cible de ceux qui... C'est vrai qu'on n'imaginait pas, l'année dernière, refaire une émission comme celle qu'on est en train de faire ensemble, de se dire, on est quand même dans une histoire qui se répète, alors que le gouvernement n'avait peut-être pas forcément anticipé cette rentrée, j'en sais rien d'ailleurs, en tout cas, l'inflation, le pouvoir d'achat, le prix de l'énergie, plus les impôts et les taxes, on va en parler de la taxe d'habitation pour les résidences secondaires et la taxe foncière. La petite musique sur le ras-le-bol, elle commence à pointer son nez.

8:19
Invité

Oui, alors, on peut prendre quelques chiffres. Je vais remonter un peu plus loin qu'il y a deux ou trois ans. En 2010, lors de la précédente crise économique, 54% des Français disaient, une fois que j'ai tout payé, j'ai la capacité de mettre un peu d'argent de côté à la fin du mois. En novembre dernier, on n'était plus qu'à 37% de Français qui disaient, j'ai la possibilité de mettre un peu d'argent de côté. Donc, on voit bien là, c'est l'idée d'un impôt déguisé, c'est l'inflation qui passe par là, en disant, voilà, ma marge d'ajustement se rogne.

Et donc, ce n'est pas un hasard si on voit que la question du pouvoir d'achat est depuis deux ans ou trois ans maintenant la priorité numéro un des Français. Et donc, ils se tournent vers la grande distribution pour obtenir des baisses de prix. Ils demandent, ils sont très vigilants sur la politique fiscale du gouvernement. Et autre élément qui rentre dans l'équation, vous en avez un peu parlé, là aussi, c'est un changement de monde total, c'est qu'aujourd'hui, les Français ont très bien intégré la baisse du chômage. On est à 7%, il y a eu des dizaines de cédes en l'air sur le chômage. Et donc, aujourd'hui, c'est en milieu de tableau la préoccupation sur le chômage.

Et donc, les priorités économiques ont complètement pivoté. Et pourquoi c'est lié ? C'est aussi lié parce que dans les secteurs où on est en tension, typiquement la restauration, on a pu demander des augmentations de salaire qui se retrouvent ensuite dans les augmentations de prix.

Et donc, c'est un peu ingrat pour le gouvernement, c'est-à-dire qu'il y a eu des résultats sur le chômage, mais que maintenant, il faut essayer d'éteindre l'incendie qui a des répercussions économiques, mais à la fois sociales et psychologiques et politiques, puisque le fait de voir son pouvoir d'achat rogné, si mon pouvoir d'achat est rogné, c'est qu'en tant que citoyen consommateur, je ne peux pas exercer mon droit à consommer de manière pleine. Et sur des délaces de plaisir, surtout.

10:02
Présentateur

Parce que les études, en fait, c'est ce qu'on enlève en premier, évidemment, c'est ce qui n'est pas nécessaire.

10:05
Invité

Les petits extras, aller au restaurant, emmener les enfants au cinéma. Et donc, si ça, je ne peux plus, si je suis obligé de descendre dans le statut de la grande surface que je vais fréquenter, on ne citera pas de marque, eh bien, ça veut dire que je ne fais plus vraiment partie de cette grande question.

10:19
Présentateur

Il y a peut-être une catégorie dont on ne parle pas encore, mais dont on va beaucoup parler cet automne, ce sont les retraités. Peut-être qu'un certain nombre de retraités nous regardent. On parle des salariés. Effectivement, les salaires ont progressé. Les salaires ont progressé. Mais pas les retraites. Mais les retraites, c'est rendez-vous. Il est au 1er janvier, au mois de novembre, pour les retraites complémentaires, mais on ne sait pas de combien. Et le gouvernement qui s'attendait probablement à ne pas devoir relever beaucoup les retraites, puisqu'il pensait que l'inflation se serait bien calmée, eh bien, il va falloir sortir des milliards d'euros.

Et il peut les sortir, les milliards d'euros ? Alors, on rentre dans un débat sur les finances publiques. Eh bien, oui, mais c'est le débat transversal. Absolument, mais les retraités, aujourd'hui, se disent, mais et nous ? Et nous ? Parce que quand les prix de l'alimentation augmentent, eh bien, évidemment, ça concerne ceux dont les revenus n'augmentent pas. Il y en a peut-être quelques-uns qui vous regardent et qui vont vous poser des questions. C'est une avalanche de hausse, en tout cas, qui attend les consommateurs en cette rentrée. Je le disais, un taxe foncière, transport, énergie, fourniture scolaire, mais surtout, alimentation en deux ans, c'est 20% de hausse.

Le ministre de l'Économie reprend son bras de fer avec les distributeurs et les industriels et promet aujourd'hui que 5000 produits seront au minimum bloqués ou repartiront peut-être à la baisse. Magali Lacroze et Nicolas Bidard. Ça y est, le voilà, le blues de la fin des vacances. Sur l'autoroute des retours, l'été, eh bien, elle est bien terminée.

11:45
Auditeur

On va reprendre la route ? Alors, le téléphone d'un maman, j'en ai besoin pour le GPS. Je peux pas.

11:55
Présentateur

Terminée la liberté. Après des vacances, au budget plus serré que d'habitude, la rentrée s'annonce salée. Cette année, ouais, c'était un peu compliqué et je pensais pas partir. Mais bon, donc on est restés en France, on a trouvé l'alternative de pas partir trop loin, mais, ouais, moins longtemps, quoi. Mais c'est sûr que là, je vais pas aller m'attarder dans les petites, vous voyez, les petites boutiques et tout, là. Non. Alors, quand on est normal, oui. J'aurais pris des petits souvenirs, des petits machins. Et avant de reprendre la route, mauvaise nouvelle. Le plein coûte encore plus cher en cette fin août que début juillet.

1,87€ le litre de gazole, plus de 2€ pour le sans-plomb 98, 1,96€ pour le sans-plomb 95.

12:41
Auditeur

On fait attention et puis on fait beaucoup de... On se fait à manger nous-mêmes, déjà. Et puis, voilà, bon, après, on roule tranquillement également pour pas consommer trop.

12:53
Invité

À 2€ de litre, ça fait mal. Ça fait mal, mais il n'y a pas trop le choix, malheureusement. Le réseau ferroviaire est pas trop mauvais en France, mais il se délite de plus en plus. Il y a de moins en moins de petites gares qui sont desservies. Donc forcément, on est encore dépendant de la voiture.

13:07
Présentateur

Alors, pour inciter les Français à préférer le train, le gouvernement envisage une nouvelle taxe sur les transports les plus polluants. Reste que l'essence augmente, que les péages coûtent cher et que les aides carburants ne dureront pas indéfiniment.

13:22
Invité

Je vais être très honnête. L'État a fait beaucoup. Et quand l'État fait des chèques, on a parfois critiqué aussi la politique du chèque, on l'a assumé dans les moments d'urgence. Mais le chèque d'aujourd'hui, c'est l'impôt de demain. Donc il faut faire attention aussi à nos finances publiques.

13:34
Présentateur

On finit la politique du chèquier dans ce domaine.

13:36
Invité

On n'est plus dans le quoi qu'il en coûte, ça c'est clair.

13:37
Présentateur

C'est plus que prévu. L'inflation rebondit. Elle est de 4,8% sur un an au mois d'août.

13:42
Invité

Dans les supermarchés, inflation de 12,7% sur un an au mois de juillet dans les rayons.

13:46
Présentateur

Des comportements de privation chez les Français. Encore une autre mauvaise nouvelle pour la rentrée. L'inflation progresse, poussée par un nouveau rebond du prix de l'énergie. Et en août, dans les supermarchés, les prix ont augmenté de plus de 11% sur un an. De quoi faire mentir le gouvernement qui l'avait promis. Pas de hausse des prix à la rentrée. Distributeurs, industriels, tous ont été convoqués à Bercy pour trouver un terrain d'entente. A la télévision ce midi, Bruno Le Maire en profite pour étrier, nommément ceux qui ne baissent pas les prix, Unilever, Pepsi ou Nestlé.

14:21
Auditeur

Il était nécessaire de rappeler tout le monde à l'ordre. Je l'ai fait ce matin. Et il était nécessaire de conclure un accord global entre industriels et distributeurs. La confiance c'est bien, le contrôle c'est encore mieux. Donc on passera sur certains dispositifs par la voie législative pour s'assurer que les engagements sont tenus. Il y aura des contrôles sur les engagements qui sont pris par distributeurs industriels. 5 000 produits dont les prix ne doivent plus bouger ou bouger à la baisse. Une sortie politique de plus pour le ministre,

14:50
Présentateur

très critiquée par les oppositions.

14:53
Invité

Bruno Le Maire, il me fait rire, c'est un moulin à vent. Il parle beaucoup mais il agit peu. Concrètement, elles sont où les baisses de prix ? L'augmentation des marges dans l'industrie agroalimentaire, c'est à peu près 70% de plus en un an et demi. Et dans le même temps, vous avez plus de 20% d'augmentation des prix sur les produits alimentaires. Donc je dis juste qu'il me semble que c'est une mesure d'équité de justice élémentaire. de dire que quand des grands groupes s'en mettent plein les poches, il faut les mettre à contribution.

15:21
Présentateur

Et comme si cela ne suffisait pas, la taxe foncière cette année augmente très fortement, notamment à Paris, Metz, Grenoble, Bordeaux. En résumé, augmentation de la taxe foncière, de l'inflation, de l'électricité, des prix à la consommation, des prix de l'essence. Bref, après le blues de la fin des vacances, le blues de la rentrée. Alors revenons peut-être, je vous poserai cette question de Louise dans un instant, mais revenons peut-être sur l'annonce, ça s'appelle le name and shame, c'est-à-dire on cite les marques des grands industriels qui n'ont pas joué le jeu, c'est la première fois que le ministre de l'économie le fait.

Alors il les a citées, les marques, Nestlé, Unilever, PepsiCo, Nestlé, les esprits caustiques, et il y en a, diront, tiens, ce sont des marques étrangères, et il a cité des bons élèves, Le Cieur, L'Oréal, Danone, ce sont des marques françaises, quel heureux hasard. Mais en tout cas, l'idée, c'est de dire, parce que Bruno Le Maire avait menacé, en fait, les marques depuis un bout de temps, de dire, voilà les bons élèves, voilà les mauvais élèves.

Pour l'anecdote, il a aussi cité au journal de Trésor de France 2, le Kiri, là, les petits carrés de Kiri, et il a dit, voilà, ils sont très mauvais, parce qu'auparavant, ils nous vendaient des petits carrés à 15 grammes, maintenant, c'est 14 grammes au même prix, ça, c'est pas bien. Mais c'est vrai que c'est pas bien. C'est vrai que c'est pas bien. La France insoumise veut déposer une proposition de loi pour interdire, ça s'appelle la shrinkflation, c'est-à-dire on diminue les produits, on les vend au même prix.

Et on l'a tous constaté, les paquets de gâteaux, il y a un peu plus de vie, le paquet est un peu plus gros, mais en même temps, j'ai envie de vous dire, Caroline, c'est la concurrence qui doit aussi régler ça, c'est-à-dire le client, le consommateur, va dans certains commerces ou va pas dans d'autres commerces. La question est, face à cette inflation qui demeure, le gouvernement a-t-il des vrais leviers ? Lorsqu'il dit, je vais agir sur 5000 produits, alors il y a eu des paniers anti-inflation, on a compris qu'il n'y avait plus de chèques, mais est-ce qu'il a les moyens d'agir vis-à-vis des industriels et de la grande distribution pour faire baisser les prix ?

Alors, clairement, Bernard Lemerf nous explique bien qu'on n'est pas dans une économie administrée et que le blocage est pris, ou des choses comme ça, ce n'est pas possible. Du côté des distributeurs, il y a une bonne volonté qui a été manifestement peut-être forcée ou peut-être un petit peu accélérée, qui est de leur dire, vous allez à 4000 produits ou à 2000 dans votre panier moins cher. Il ne faut pas oublier quand même que ce n'est pas évident que les gens s'en rendent compte parce que c'est à 30 000 à peu près référencement, donc sur 30 000 produits, peut-être que ceux-là, ce n'est pas extrêmement nombreux.

En revanche, là où il a réussi quelque chose à mon avis, c'est sur les industriels puisque quand on dit que les industriels n'ont pas baissé leurs coûts, c'est simplement que quand il y a eu la baisse de l'énergie, comme il y a eu une négociation des prix qui est annuelle, la baisse de l'énergie ne s'est absolument pas répercutée sur les prix. Et là, effectivement, le name and shame a pu servir. Et quand on dit, vous parlez de la concurrence, il y a des certains produits où il n'y a pas une concurrence qui est monstrueuse, donc on n'a pas forcément le choix.

Notamment, un domaine par exemple qui m'a été cité cet après-midi sur la nourriture pour animaux, en disant que ce n'est pas quelque chose d'anecdotique parce que d'abord, les personnes âgées aussi sont très attachées, tout le monde est très attaché. Et là, c'est un secteur dans lequel on en a profité largement pour augmenter, je ne citerai peut-être pas le groupe, mais notamment Mars, on a un peu profité.

Quand on entend l'ancien président François Hollande chez nos confrères de France Info dire attention, attention, le reste à charge sur les dépenses de santé, attention, on est dans un moment où les taxes foncières arrivent, où on verra à la fin de cette émission que les taxes d'habitation sur les résidences secondaires augmentent aussi. Est-ce qu'il y a un climat qui est un peu différent de celui de l'an dernier où on expliquait ça monte, mais c'est la faute des Russes, de la guerre en Ukraine, c'est la faute des Russes ?

18:52
Invité

Oui, et on pourrait ajouter aussi dans des décisions gouvernementales le projet de passer le paquet de cigarettes à 12 euros en moyenne. Ça va se faire ? Il y a une réflexion là-dessus. Alors on peut dire que ce n'est pas tout le monde, mais c'est un tiers des Français qui fument. Donc là aussi, c'est de la dépense contrainte quand vous êtes fumeur. Alors, quand on interroge les Français, 66% d'entre eux nous disent aujourd'hui que le montant des taxes et des impôts est excessif ou élevé.

Mais là où les choses se compliquent encore, c'est que c'est quelque chose d'assez classique en fait, c'est que parallèlement, quand on leur demande si par rapport à il y a 5 ou 10 ans, ils évaluent la qualité et l'efficacité des certains services publics, 81% nous disent que ça s'est dégradé à l'hôpital, 74% dans l'éducation et 68% en matière de sécurité.

19:37
Présentateur

Regardez cette question de Louise. Elle vous a écouté. Louise dans le Morbihan. Pourquoi accepter de payer plus d'impôts alors que les services publics se dégradent ?

19:44
Invité

Alors, vous savez, le Morbihan, c'est le département où réside Jacqueline Moureau qui était une des figures du mouvement des Gilets jaunes et qui avait lancé un peu le mouvement avec un post Facebook en disant « Qu'est-ce que vous foutez du pognon ? » Et donc, ce qui est en train de monter, c'est ça. C'est-à-dire, il y a eu un consentement historique à l'impôt en France alors même qu'on était le pays quasiment recordman des prélèvements obligatoires. Mais il y avait dans l'autre côté de la balance un niveau de prestation en termes de services publics qui était important.

Et là, ce qui guette le gouvernement, c'est l'effet ciseau en disant « Vous nous dites que vous baissez mais ce que vous prenez nous donnez d'une main, vous reprenez de l'autre. » On va reparler de la taxe d'habitation, relativement, les Français constatent une dégradation des services publics de base. Et donc, c'est ça qui rend le consentement à l'impôt moins important aujourd'hui. 59 pourtant, donc 6 Français sur 10, ne sont pas satisfaits de la qualité des services publics eu égard à ce qu'ils ont le sentiment de payer.

20:39
Présentateur

D'ailleurs, justement, on citait tout à l'heure, je citais tout à l'heure Pierre Moscovici qui est désormais qui a été ministre de l'économie, qui avait parlé du ras-le-bol fiscal et qui est aujourd'hui premier président de la Cour des comptes. Et il dit que le consentement à l'impôt est fragile. elle est importante cette phrase pour quelqu'un qui a été aberci. Et il dit aussi que le taux de prélèvement obligatoire est le plus élevé de notre histoire à 45,4%.

21:00
Invité

Oui, alors...

21:01
Présentateur

Alors les gens, ils ont aussi entendu qu'on avait baissé les impôts.

21:03
Invité

Oui, alors c'est assez compliqué cette affaire. Mais oui, on a un taux de prélèvement obligatoire qui reste élevé malgré des mesures fiscales. Et c'est là, pour le gouvernement, c'est extrêmement difficile. C'est qu'il y a eu, sous le premier, notamment mandat d'Emmanuel Macron, des baisses de fiscalité importantes. Que ce soit la suppression de la taxe d'habitation, il y a 18 milliards quasiment. Les baisses d'impôts sur les revenus de la première tranche, la défiscalisation des heures sup, le renforcement de la prime d'activité suite à la crise des gilets jaunes. Il y a eu plein de mesures fiscales qui ont été prises pour soutenir le pouvoir d'achat des classes moyennes.

Mais ce pouvoir d'achat, il a été en partie mangé par le retour de l'inflation. En fait, les mesures fiscales qui ont coûté cher ont été reniées quelque part par le choc d'inflation. On le voit, les salaires, même si ils augmentent, devant de la table malgré ces baisses de mesures fiscales. Et quand vous interrogez, et ça c'est une enquête de l'INSEE, sur la confiance des ménages, sur le niveau de vie, la perception du niveau de vie à venir en France, j'allais dire quasiment jamais on a eu une perception aussi négative sur le niveau de vie à venir en France.

Et ça se traduit en plus concrètement, et d'ailleurs économiquement c'est assez intéressant, par quelque chose, c'est que les ménages n'ont jamais autant épargné. C'est-à-dire que pour ne consommer parce qu'il y a de l'inflation en disant je vais absorber en puisant un peu dans mes économies, ils font exactement l'inverse. C'est-à-dire que le taux d'épargne est extrêmement élevé, c'est-à-dire que même d'ailleurs, je vais donner un chiffre qui tourne un peu la tête, mais depuis le début de la crise, c'est-à-dire depuis 2020, sur trois ans et demi, il y a plus de 1000 milliards qui ont été épargnés par les ménages.

C'est colossal, jamais on n'a vu ça, donc c'est un peu paradoxal, c'est qu'on a un pouvoir d'achat en berne et des ménages qui épargnent beaucoup. Donc au fond, il y a de l'argent sur les comptes, pas pour tout le monde, parce que cette épargne est très inégalitaire, mais d'un point de vue économique, il y a beaucoup d'épargne malgré un pouvoir d'achat en berne et cette épargne n'a pas été utilisée pour absorber le choc inflation.

22:52
Présentateur

Avec un mot qui a été utilisé cette semaine, le tsunami de déconsommation. Le tsunami de déconsommation, ça se voit dans les grandes surfaces, les hypermarchés, parce que les consommateurs basculent vers des marques comme Action, on pourrait citer bon, Lidl, autrefois, etc., vers des marques moins connues. Pour redire un mot sur les prélèvements obligatoires et les impôts, le gouvernement est littéralement tétanisé à l'idée que s'impose dans cette rentrée l'idée d'un ras-bol fiscal.

Pierre Soscovici, août 2013, août 2023, je ne sais pas s'il s'amuse un petit peu, c'est lui qui avait le ministre de l'économie de François Hollande, le ministre économique qui dit attention au ras-bol fiscal, c'est un truc de fou. C'était au MEDEF en plus. Et c'était effectivement au MEDEF. Et aujourd'hui, le gouvernement essaye de répéter... Pourquoi ça les tétanise ?

Ça les tétanise parce que la colonne vertébrale de la politique économique d'Emmanuel Macron depuis 2017, et il n'en a pas changé, il a changé peut-être sur beaucoup de choses, mais sur la politique économique, c'est la politique dite de l'offre, c'est-à-dire j'aide les entreprises en baissant leurs impôts et je baisse les impôts de ménage pour que la consommation et le moral de tout le monde soient bons. Si s'impose l'idée qu'en fait il y a des hausses d'impôts cachées partout, etc., c'est un peu tout un édifice. Parce que c'est vrai que c'est... Pardonnez-moi, Dominique, ce que je vous coupe, mais ça pourrait bien sûr de comprendre.

On aligne, de manière peut-être un peu caricaturale, des taxes, des augmentations sur les autoroutes, parfois sur les billets de train, sur la carte à vente-cage, sur la taxe foncière. C'est cette impression d'augmentation généralisée. tout n'est pas imputable au gouvernement, mais c'est lui qui encaisse le proie politique. Absolument. Le prix politique, c'est un pulse. Et si le pulse se forme, si les pièces commencent à faire un paysage, ça peut être absolument dévastateur. Au point que le gouvernement qui a envisagé d'augmenter la taxation sur les alcools y a renoncé. Le gouvernement qui a évoqué l'idée d'une hausse sur les prix du tabac, je crois, ne va pas la faire.

Et dans le budget qui sera présent dans quelques jours, il y aura un certain nombre de hausses d'impôts, par exemple la hausse de la TVA de 10 à 20% sur l'installation des chaudières à gaz. Le gouvernement dit attention, si je fais des hausses d'impôts, c'est uniquement pour l'écologie, rien d'autre. Et il va essayer de limiter. Mais est-ce que ça passe dans l'opinion ? Vous posez la question ? La question est posée, est-ce que ça passe dans l'opinion ? La question est posée et on va demander à Nathalie de nous dire si ça passe. Mais voilà, c'est très bien joué, ça s'appelle repasser le ballon.

Ça passe, Elisabeth Borne l'a dit pour calmer tout le monde en disant qu'il n'y aura pas de hausse de taxes, si ce n'est pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais tout le monde sait très bien que les Français ne font pas une distinction entre ce pourquoi en se disant qu'il y a des bonnes... Les bonnes et les mauvaises taxes. Il y a des bons impôts, on peut comprendre, y compris les cigarettes parce qu'on risque d'être malade et que je ne sais pas quoi. Mais bon, il y a un moment donné où de toute façon il y a une saturation. Et puis pour revenir sur votre tsunami, ce qui est assez intéressant, c'est que c'est assez ciblé.

C'est-à-dire que notamment la grande distribution, que ce soit Carrefour ou les autres, on voit que c'est sur les produits hygiène, santé. C'est-à-dire que ça peut aller des couches qui sont des choses incontournables, le dentifrice, les brosses à dents, et que ça, ça chute. Et c'est pour revenir à votre question précédente qui était est-ce que le gouvernement peut faire quelque chose ? Ils vont quand même détricoter en en parlant au Parlement quelque chose de pas compliqué qui s'appelle la loi de Creosaille qui partait d'un bon sentiment qui était d'interdire au supermarché de baisser plus que 34%. De faire des promos. En gros, les promos, elles étaient limitées.

C'est-à-dire que même si vous aviez envie de faire une promo à moins 50, moins 60 sur les couches, la loi de Creosaille interdisait pourquoi ? Pour protéger les plus petits. Voté par tout le monde, Front National et les filles. Tout le monde a voté. Et là, les distributeurs demandent un moratoire. Ça ne rentre pas en vigueur en mars, mais dans un an, de manière à ce qu'il soit libre pour le consommateur de faire sur certains produits des spots avec moins 40, moins 50. Donc, il y a quand même des petites marges. Pour agir. Oui, mais Bruno Le Maire dit je vais demander aux parlementaires on va refaire une nouvelle loi. Voilà, donc on va repousser.

Ça partait d'un bon sentiment pour défendre les petits contre les gros. Parce qu'il y a un discours qui est difficile aussi à entendre, c'est la taxe foncière. Parlons de la taxe foncière. On entend le gouvernement dire ah bah non, ça c'est pas nous. Et c'est pas entièrement faux. Ça c'est pas nous. Alors, c'est peut-être pas entièrement faux. C'est un peu une conséquence de la suppression de la taxe d'habitation. Ils disent bah non, on a compensé la taxe d'habitation, c'est pas de notre faute. Et on entend la colère de certains contribuables qui disent non mais c'est pas possible des augmentations de 52% à Paris, plus de 30% je crois à Grenoble.

Cette colère-là, elle se retourne pas uniquement contre le maire. C'est aussi contre le gouvernement.

27:23
Invité

Oui, bien sûr. Alors, c'est vrai que c'est plus ou moins quand même une conséquence, même si ça a été compensé pareil à l'euro près. Le levier fiscal des collectivités locales a été diminué. Et donc, il leur reste, ils veulent faire, ils sont des projets d'investissement, etc. Effectivement, il leur reste que la taxe foncière. Ce qui est très embêtant dans cette affaire, c'est surtout que le gouvernement, c'est aussi, et notamment le président de la République, s'est engagé à ramener le déficit public en dessous de 3%.

27:46
Présentateur

Ah, vous n'avez oublié ça.

27:48
Invité

Et on est à près de 5%. Or, effectivement, les perspectives de croissance pour 2024 vont être certainement revues à la baisse. On voit qu'il y a des engagements sur la dépense, santé, éducation, militaire, transition écologique. Il reste le levier fiscal pour réduire le déficit si vous n'avez pas de croissance. Donc, augmenter des taxes. Pas augmenter les impôts,

28:05
Présentateur

mais augmenter des taxes.

28:06
Invité

Mais le problème, c'est que là, on fait les fonds de tiroir, c'est des petites taxes. Mais au bout d'un moment, je ne vois pas comment on réconcilie tout ça avec le rééquilibrage à 3% de déficit s'il n'y a pas des mesures fiscales plus fortes. Mais le risque, bien sûr, c'est d'avoir un choc très négatif, d'avoir un ras-le-bol fiscal, d'avoir un effet négatif sur le pouvoir d'achat.

28:21
Présentateur

On pense à quoi quand vous imaginez quelque chose qui rapporte plus ?

28:24
Invité

Non, mais après, il y a des impôts, ils sont à assiette large. Mais je pense que le moment est très très mal venu. Mais je ne vois pas comment aujourd'hui, l'équation budgétaire peut être réconciliée sans passer par une augmentation de prélèvement. Mais on touche à quelque chose d'extrêmement sensible et bien sûr, très délicat.

28:41
Présentateur

Jérôme Fourquet, on va vers un moment assez fin politiquement et économiquement.

28:45
Invité

Oui, c'est compliqué. Alors, on ajoute à ça le fait que si on parle de la taxe foncière ou les résidences secondaires, donc on rappelle, les résidences secondaires, c'est 10% des Français qui ont une résidence secondaire. Les propriétaires de leur résidence principale, c'est 57-58%. On est plutôt dans les déciles plutôt favorisés. C'est plutôt l'électorat d'Emmanuel Macron en plus. Et qui payent déjà pas mal d'impôts sur le revenu, etc.

29:11
Présentateur

Donc, il taxe les riches Emmanuel Macron en ce moment ?

29:14
Invité

Alors, ce n'est pas que lui parce que l'histoire de la taxe foncière, c'est 7% d'augmentation décidée par l'État et charge ensuite aux communes d'en remettre ou pas. Certaines communes ont baissé leur code part ce qui fait qu'on est à moins de 7% dans certaines communes mais dans beaucoup d'autres on a augmenté sa part. C'est pour compenser, disent-ils, la taxe d'habitation mais c'est aussi, par exemple, dans certaines communes, des contrats qui avaient été négociés avec des fournisseurs d'énergie pour chauffer les écoles, les piscines, etc. qui ont explosé littéralement et donc, il faut que ces communes se refassent. Donc là, c'est très compliqué en termes de marge de manœuvre.

On peut ajouter aussi que même sans augmenter volontairement les taxes, vous prenez la taxe sur les carburants, dès que le prix du pétrole augmente, même sans que le gouvernement augmente le taux, mécaniquement, il y a davantage d'argent dans les caisses et aujourd'hui, le litre de gasoil est à 1,82€ en moyenne, il était en moyenne à 1,40€ au moment du déclenchement de la crise des gilets jaunes. Donc le gouvernement a tout ça en tête et l'idée, c'est de se dire, voilà, si ça cristallise avec l'idée qu'on a dû pêler les Français parce qu'on nous dit qu'on baisse les impôts mais en fait, on voit qu'il y a des augmentations dans tous les sens, etc.

Et donc, on sait que c'est hautement inflammable.

30:30
Présentateur

Et on peut rappeler juste, pardonnez-moi, que Gabriel Attal avait fait une campagne lorsqu'il était ministre du Budget sur le consentement à l'impôt. Voilà,

30:37
Invité

on a beaucoup parlé de l'épargne, des résidences secondaires mais quand on parle de choc de déconsommation, il faut faire attention quand on dit les Français.

30:45
Présentateur

Oui, bien sûr.

30:45
Invité

Il y a toute une partie de la population qui est partie en vacances, on voit que les départs à l'étranger se sont très bien portés, que le trafic aérien a quasiment retrouvé le niveau qui était le sien d'avant Covid et en parallèle, on a plus de 40% de bénéficiaires supplémentaires au Resto du Coeur. Donc, qu'est-ce qui se passe ? Eh bien, c'est que les ménages les plus défavorisés, pour eux, le budget alimentaire, c'est 20-25% des revenus alors que c'est 10 à 12 sur les ménages les plus favorisés. Donc, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne et le public le plus modeste qui se serrait déjà la ceinture avant, aujourd'hui, déconsomme.

Nous, dans une enquête à l'IFOP sur la population qui est autour du SMIC, 40% des gens qui sont au SMIC nous disent nous avons réduit le volume des portions alimentaires qu'on sert chez nous. Donc, là, c'est uniquement changer de marque ou autre, c'est que ceux qui étaient déjà rick-rack, aujourd'hui, pour la première fois. Donc, ça aussi, ça inquiète le gouvernement parce que ce n'est pas uniquement des mauvais chiffres dans les sondages ou éventuellement dans les élections, c'est qu'il y a des risques de tensions sociales très fortes dans les quartiers ou auprès des publics les plus modestes qui n'arrivent plus à faire la soudure.

31:54
Présentateur

Avec les syndicats qui ont appelé un mouvement social le 13 septembre pour réclamer l'augmentation des salaires, notamment. On va poursuivre cette conversation, Dominique. On parlait de ceux qui sont rick-rack. L'ancien ministre du budget, Gabriel Attal, on s'en souvient, avait promis un plan Marshall pour les classes moyennes, mais l'heure n'est plus à la dépense. Alors, il faudra attendre pour les 2 milliards d'allégements fiscaux, pourtant promis, en attendant, ceux qui sont juste au-dessus, comme l'avait dit le président de la République, ont déjà changé leurs habitudes, vous le disiez à l'instant, et évoquent une impression de déclassement.

Écoutez ce reportage d'Aubry Perrault et Arnaud Fora. Quand vient la fin de l'été, la famille Leroy tente de se réconforter. Le jour de la rentrée, maman, elle est à la maison, elle fait des crêpes. T'as fini tes cahiers de vacances, toi ? Oui, on reste encore une pause. Dernier petit instant de vacances avec les enfants, avant le rush de la rentrée

32:52
Locuteur non identifié

et le retour à la routine. Et elle, j'essaye de penser le plus optimal possible dans mon cerveau.

33:01
Présentateur

Retour à la dure réalité. La dure réalité d'une année qui recommence et avec ses dépenses.

33:09
Locuteur non identifié

Tu calmes ! Alors, ta trousse,

33:16
Présentateur

là, l'équerre, il n'en a pas besoin, juste la règle. Les cartables sont prêts, mais à quel prix ? Les fournitures scolaires ont augmenté de 11% en moyenne cette année. L'année dernière, j'ai dû payer 1 euro, 1 euro 10, le cahier. Là, je l'ai payé 1 euro 50 pour ma fille. Et il y en a 10. 4 euros sur 10 cahiers, peut-être 1 euro sur les feuilles de dessin. L'année dernière, à la même époque, j'aurais peut-être payé 50 euros moins cher sur les fournitures de scolaires de rentrée. Quand on n'a pas le droit à la location rentrée,

33:51
Locuteur non identifié

on fait comme moi,

33:52
Présentateur

on fait les fournitures scolaires en juillet. Ça permet d'économiser un petit peu. Économiser un peu, autant que possible et au quotidien. Une obsession depuis des mois pour Angélique. C'est parti ! Nous l'avions rencontré en janvier dernier, ici, à la pompe à essence.

34:13
Locuteur non identifié

Ils n'ont pas changé le prix !

34:17
Présentateur

pour cette mère de famille qui habite dans le Loiret, impossible de se passer de la voiture. Je croise les doigts que j'ai la voiture qui part le matin, qui va bien démarrer le matin, qui ne va pas me retrouver en rad en plein milieu de la route. Le luxe de coups durs, c'est hors de question. C'est hors de question, ce n'est pas prévu dans le budget. Angélique est fonctionnaire, son mari est moniteur d'auto-école. Avec 3 000 euros à deux, l'inflation leur saute aux yeux. 3,32 euros au kilo. Putain,

34:45
Locuteur

fils,

34:45
Présentateur

tu es ! Eh ouais, ils ont pris 10 centimes, les avocats, fait chier ! La famille a renoncé à quelques plaisirs. Pour certaines choses qu'ils voudraient, je suis obligée de leur dire non parce que soit ce n'est pas le moment, soit c'est trop cher. N ou N. Le discount, elle a dû y retourner. 118,11 euros. Donc centimes, ça coûte quand même relativement moins cher qu'ailleurs. Quand j'étais jeune couple avec un salaire beaucoup plus bas, mon concubin avec un salaire beaucoup plus bas, là oui, je le fréquentais systématiquement, je ne fréquentais que le discount. Et là, vous y revenez ? Là, j'y reviens. Des habitudes de consommation qui ont également changé cet été. C'était bien.

Sur de celui-là. Et là aussi, Angélique a cherché des astuces. Là, le feu d'artifice avec concert, ça c'était gratuit. Les rencontres autour de l'art avec des ateliers pour les enfants, ça c'était gratuit aussi. J'ai fait moins de glace, j'ai fait moins de crêpes. J'ai fait un peu plus de sorties culturelles gratos. En plus, avec les augmentations qu'il y a eu en début d'année, non, c'est pas possible. C'est pas possible. Moi, personnellement, je n'aurais pas eu le mobilum de mes parents, de mes beaux-parents, pardon, je serais restée ici. Se priver, oui, mais pour qui ? Et pourquoi ? Angélique ne comprend plus ces hausses et appelle l'État à taper du poing sur la table.

Pour moi, c'est les industriels. Les industriels exagèrent. On va être obligés de se restreindre pour quoi ? Pour un jour quoi ? Non, c'est dommage. Et en plus, c'est toujours ceux qui bossent qui fringuent, donc c'est pas normal. Cette année, son mari, Eddy, a même entamé une formation pour changer de poste et de salaire. Juste de quoi compenser l'inflation, anticipe-t-il ? Je crois que vous réagissiez à ce reportage avec Angélique. Très intéressant. Très intéressant. Parce qu'on voit bien qu'Angélique a pu partir en vacances mais a modifié sa façon d'être en vacances. C'est-à-dire, je vais scanner les activités gratuites mais évidemment, je veux emmener les enfants.

Et on dit à Angélique, on. Collectivement. Collectivement d'Angélique mais non seulement la situation n'est pas très simple mais demain, il faudra acheter une voiture électrique. Demain, il faudra peut-être aussi passer à la pompe à chaleur. Sur le plan environnement, évidemment, c'est absolument nécessaire mais sur le plan financier, c'est complètement, c'est hors de portée pour des classes dites moyennes sans aide et sans programme de l'État.

Donc, on est un peu dans un corner et nous sommes dans une situation qui est, pour la première fois dans l'histoire, en tout cas depuis très longtemps, nous allons collectivement devoir changer à sa lampe de nos vies, acheter des nouveaux biens, des voitures, des chauffages qui ne nous apportent rien à titre individuel. Comment ça ? Vous passez d'une voiture thermique à une voiture électrique. Honnêtement, ça ne change rien mais ça vous coûte 20 ou 30 000 euros. Et donc, vous n'avez pas une amélioration. Ça ne change rien, ça pollue moins. Ça pollue moins, c'est collectif. Mais individuellement, vous n'avez pas un bien-être supplémentaire.

Et donc, c'est très compliqué, en réalité, d'imposer ça ou de proposer ça à l'ensemble de la population. Elle disait quand j'étais jeune mariée, on allait dans des trucs de discount et maintenant, on n'y allait plus. On y retourne. Donc, il y a effectivement ce déclassement. Il y a, comme tu le disais tout à l'heure, l'impression, traditionnellement, que le progrès ou l'avancée dans l'avenir, c'est toujours mieux. C'est-à-dire, on est passé de la lampe à pétrole à l'électricité. On est passé de... Et là, avec l'idée que finalement, les enfants ne seront pas forcément mieux et gagneront peut-être pas autant et que soi-même, quand on avance dans la vie, ce n'est pas forcément mieux.

Et on est obligé de demander aux beaux-parents. Exactement. Et on va dans le mobilisme. S'ils ne sont pas là, ça peut aller. Si vous voulez, c'est quand même le contraire du sens de l'histoire inné qu'on a, c'est qu'en progressant, on va pouvoir vivre mieux et effectivement, avec un principe de plaisir qui n'est plus le sujet. Parce que quand on nous fait la leçon totalement ajustée, sans doute, sur la voiture électrique, c'est l'idée que c'est mal de faire ça, qu'on déglingue le climat et cette idée, c'est qu'à la fois, on n'a pas de plaisir et en plus, on nous culpabilise. Avec l'idée qu'elle ne pourra pas compter sur les baisses d'impôts.

Peut-être, je ne sais pas si elle était concernée par les baisses d'impôts avec 3 000 euros. Avant la fin du quinquennat.

39:14
Invité

Avant la fin du quinquennat. On parle de 2 milliards. 2 milliards sur plusieurs millions de ménages. Enfin même, ça peut être jusqu'à 20 millions de ménages.

39:21
Présentateur

Elle n'aurait pas senti la baisse d'impôts.

39:22
Invité

Ça fait 100 euros par an. Oui, d'accord. Enfin, je ne sais pas. Si on parle de la classe moyenne, la classe moyenne, il y a 30 millions de ménages en France. Si c'est la moitié, on est au moins 15 millions. Mais elle ne paye peut-être plus de taxe d'invitation. Mais elle ne paye plus de... Ah non, mais elle a bénéficié de certaines... Peut-être qu'elle a de la prime d'activité. Peut-être qu'elle a de la défiscalisation des heures supplémentaires.

39:36
Présentateur

On parle d'une augmentation de la taxe foncière peut-être. Il y a les propriétaires de sa maison.

39:40
Invité

Et puis, il y a un autre point qui est important. C'est qu'elle parlait de 3 000 euros. Je ne sais pas c'est votre employeur qui décide. Et si la boîte n'a pas les moyens de vous augmenter, peut-être qu'elle n'a pas vu son salaire augmenter depuis 2 ans. Et elle a vu l'inflation augmenter de 10. Donc, si vous voulez, là, elle est pile dans la cible des personnes qui sont en difficulté. C'est potentiellement un salaire qui augmente moins vite que les prix. Une dépense énergétique importante avec une maison et une voiture. Des enfants et une dépense budget nourriture important.

Elle est en pleine cible de cette population qui va devoir supporter ce choc inflationniste et qui a des réels problèmes de pouvoir d'achat et qui va trouver des moyens de s'en sortir.

40:22
Présentateur

Est-ce que ce sont ces classes populaires dont parlait Gérald Darmanin à la rentrée, enfin, il y a quelques jours, demandant au gouvernement avant de se raviser de faire davantage pour les classes moyennes parlant de marmite sociale ? Est-ce qu'elle est là la marmite sociale à votre avis ?

40:37
Invité

Oui, ce qu'on disait tout à l'heure, il y a ceux qui sont dans la classe moyenne et qui sont aujourd'hui confrontés massivement à ce qu'on appelle des logiques d'arbitrage. C'est-à-dire j'affine mon budget, je change mes habitudes, je vais passer d'un magasin de grande enseigne à un magasin de Hardisk Hunt et donc eux, comment ils le ressentent ? C'est un déclassement puisque la consommation a pris une place très importante dans nos vies et donc aujourd'hui, la place que j'occupe dans la société est conditionnée par les activités que je fais, les enseignes que je fréquente et ce que je peux me payer.

Donc pour cette tranche-là qui est juste à la classe moyenne, il y a le sentiment de déclassement par la consommation et puis il y a les personnes dont je parlais tout à l'heure qui, elle, étaient déjà davantage sur le fil du rasoir et qui, là, aujourd'hui, le sont complètement et qui, là, on est sur des baisses de consommation alimentaire, sur le renoncement depuis belle lurette à partir en vacances, etc.

41:33
Présentateur

Et là, il y a une attente de chèques, de quoi qu'il en coûte, en tout cas, d'aide de la part de l'État.

41:39
Invité

Oui, oui. Alors, de l'État et de la part de gros acteurs économiques. Et là, ce qui est intéressant aussi dans votre reportage, c'est qu'elle pointe du doigt la responsabilité des industriels.

41:50
Présentateur

Oui, elle dit qu'on les connaît les responsables, en gros.

41:52
Invité

Les industriels. Et là, dans cette bataille d'opinion, les porte-voix, mais ils sont très rodés à ça, de la grande distribution, ont réussi à tirer leur épingle du jeu. C'est-à-dire, c'est nous, les chevaliers blancs, et on met notre puissance au service des Français les plus modestes pour tordre le bras aux méchants industriels qui se sont gavés lors des crises successives.

42:11
Présentateur

Vous avez l'air d'en douter.

42:12
Invité

On peut regarder les résultats de ces grands groupes-là. Et encore une fois, c'est une ritournelle très ancienne, tous unis contre la vie chère, les mousquetaires de la distribution, etc. Et donc là, c'est comment on repasse le mystigri de la hausse des prix entre les différents acteurs. Est-ce que c'est l'État qui taxe trop ? Est-ce que c'est les industriels qui ont forcé le trait ? Ou est-ce que c'est les marges de la grande distribution ? Et dans cette bataille de l'opinion, pour l'instant, la grande distribution marque plutôt des points.

42:42
Présentateur

Ce qui est très compliqué pour le gouvernement, c'est ce que disait rapidement tout à l'heure Mathieu Plante. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, face à ces publics-là, on ne peut pas dire qu'on va faire un chèque alimentaire, on ne peut pas dire qu'on va faire un chèque énergie.

42:54
Invité

Il y a déjà eu une possibilité, c'était la prime Macron, en disant qu'on demande aux chefs d'entreprise de faire eux le chèque et l'État lui dit ma contribution, ça va être de ne pas taxer ça.

43:06
Présentateur

C'est-à-dire que l'État...

43:07
Invité

Et donc on dit faites le chèque à vos salariés si vous ne pouvez pas augmenter. Alors c'était conditionné sur tel niveau de revenu dans tel type d'entreprise et donc c'est incité les autres à faire le chèque sur le cas et ça a marché. Mais moins l'année prochaine. Et puis c'est une fois par an.

43:21
Présentateur

Et c'est une prime, ce n'est pas un salaire augmenté. C'est une fois par an. L'État n'a pas abandonné les Français quand même parce qu'il a dépensé des dizaines de milliards d'euros sur l'énergie. Le bouclier énergétique, ça a été... Mais c'est fini. Alors, ce n'est pas fini. Non, non, non. Et justement, on va en sortir. L'État continue de prendre... C'était la question.

43:40
Invité

C'est-à-dire... L'échec, ils ont eu encore lieu ou disons que la protection avait lieu, mais progressivement, on va la retirer. L'État aujourd'hui prend encore environ,

43:49
Présentateur

à sa charge, 35% de la facture électrique de chaque Français. C'est bientôt fini. Parce que, il y aura probablement au mois de février une nouvelle hausse du prix de l'électricité. Mais ce que tout le monde espère évidemment, c'est que les prix de marché de l'électricité redescendent parce que les centrales nucléaires redémarrent. Bonne nouvelle, ces jours-ci, il y en a 4 qui redémarrent. Que les éoliennes tournent un peu mieux, qu'il ne fasse pas trop froid cet hiver. Et donc, il y a un contexte où on revient. Mais il faut aussi reconnaître que l'Europe a su collectivement, en 2 ans, enfin, en 2 ans, se passer du gaz russe quasiment et du pétrole russe.

C'est un swift, un virage assez impressionnant quand même. Donc, il faut reconnaître ça aux pouvoirs publics, aux gouvernements européens qui ont su faire ça. Il y a une inquiétude au sommet de l'État, Nathalie Saint-Cric, sur ce climat. Encore une fois, je pense que, tel qu'il l'avait scénarisé avant les vacances, c'était une initiative d'une grande ampleur, reprendre la main sur le terrain politique, ce qu'il a tenté de faire aussi en recevant les responsables des formations politiques présentes au Parlement. Est-ce qu'il y avait cette... Est-ce que là, ils sont un peu en alerte rouge sur il faut débrancher cette idée qu'il y aura un ras-le-bol fiscal qui va s'installer ?

C'est-à-dire qu'ils ne savent pas exactement, mais qu'ils sont conscients que ça peut être réruptif à tout moment. C'est-à-dire que par le passé, on n'a pas une antériorité, c'est-à-dire qu'on n'est pas vacable de dire six mois à l'avance, il risque de se passer ça. Ils ont la conscience, je ne les ai pas tous eus au téléphone, ils ont la conscience qu'il y a une symbolique à expliquer les choses. Vous parliez tout à l'heure de Gabriel Etal au budget, qui disait « Mais ce pont, c'est avec votre argent, cette école, c'est avec votre argent. » Faire comprendre aux gens que l'impôt, ce n'est pas simplement des gens qui mangent dans des ministères, dans de la vaisselle d'oreille ou des lambris.

Bon, ça, c'est le premier élément. Deuxièmement, c'est de faire comprendre, notamment dans le cadre de l'assurance maladie, qu'on est un des pays. Alors, ça a l'air, de dire ça, ça a l'air quelque chose de très réel, si j'ose dire, mais dire qu'on est dans un pays dans lequel on est extrêmement... Alors, il y a des problèmes aux urgences. Je ne nie pas le problème du personnel, mais il suffit d'aller en Angleterre ou il suffit d'aller voir d'autres pays comment les gens sont traités. Donc, déjà, un, expliquer et on voit que quand on redit, actuellement, le gouvernement dit, le reste, le zéro à charge pour les prothèses auditives, pour les nets, pour les dents, mais c'est passé inaperçu.

Donc, cette symbolique, rajoutée à la symbolique des gros qui sentirent toujours la suppression de l'impôt sur la fortune dont régulièrement on entend parler, c'est l'expérience et le chemin de crête pour expliquer aux gens que ça va mieux, c'est le ressenti et le réel, c'est-à-dire que le gouvernement a l'impression que le réel est pas mal et que le ressenti, les gens, les différents. Nathalie Saint-Gric, ils ont l'impression que c'est passé comme une lettre à la poste le fait de dire aux classes moyennes, notamment, ou à une partie des entreprises, aux entreprises, bon, les baisses d'impôts sera pour plus tard ? Parce qu'il y avait eu des engagements sur ce sujet-là ?

Oui, oui, leur inquiétude, enfin, je ne suis pas non plus en train d'être là, l'appétit qui est examinable. Non, bien sûr. Mais leur inquiétude, c'est que notamment, il y est certes ce ras-le-bol fiscal, mais surtout, un ras-le-bol de ceux qui sont, entre guillemets, assistés. C'est-à-dire qu'en gros, il y a des gens qui disent moi je travaille beaucoup, on ne m'aide pas, alors que ce n'est pas vrai puisque chacun oublie... On l'a entendu dans le reportage, c'est toujours ceux qui travaillent.

Chacun oublie les aides et probablement qu'on oublie ce qui est bien et qu'on se souvient toujours de ce qui est désagréable, c'est cette espèce de voie vers le Rassemblement National qui est de dire certains gagnent presque autant en ne faisant rien. Regardez, il y a des secteurs, on ne trouve pas d'emploi dans la restauration, les gens ne veulent pas travailler et qu'en gros, il y ait une aigreur et une fureur ou un désespoir, ce qui est peut-être presque aussi grave, qu'ils se nourrissent de ce genre de choses. Et qu'ils se nourrissent aussi de... Il y en a qui s'en sortent bien, il faut taxer les riches. On entend aussi ce discours-là.

47:37
Invité

Oui, et alors, c'est que le gouvernement était tétanisé parce qu'effectivement, il y a eu énormément d'argent engagé sur le quoi qu'il en coûte ces dernières années. Avec les autres en plus. Donc, on a parlé du bouclier énergétique, on pourrait parler au moment du Covid, de la gratuité du vaccin, des masques, des tests, ce qui n'était pas le cas dans d'autres pays. Et donc, il y a là aussi un effet de ciseau, c'est-à-dire qu'on a dépensé et on a consumé des réserves financières importantes, alors même que, dans l'opinion, on a le sentiment que le compte n'y ait pas.

Et donc, c'est ça qui inquiète le gouvernement, c'est-à-dire qu'est-ce qu'on peut faire de plus alors que nous, on est déjà au maximum de ce qu'on peut faire si on ne veut pas dépasser parce que revenir à 3% quand on est à 5% de déficit sur le ramener au PIB, c'est compliqué. Et on voit les indicateurs d'opinion qui sont mauvais. Et donc, c'est comment on arrive à passer.

48:24
Présentateur

Vous parliez d'effet ciseau, il y a aussi ce que vous disiez rapidement tout à l'heure, quand on se projette, il y a cette question qui nous est posée par Élise dans le Nord. Si l'inflation baisse, peut-on espérer retrouver les prix d'avant Covid ? Non. On se dit, mais quand on regarde devant, c'est... Non ? La réponse est absolument non. Pour une raison très simple, c'est qu'entre-temps, les salaires ont augmenté. Et les loyers. Et donc, les coûts ont augmenté. Et les prix de l'énergie, il est très peu probable qu'ils reviennent au niveau d'avant parce qu'il y a des investissements phénoménaux à faire dans le secteur économique et énergétique.

D'ailleurs, en France, il faut ouvrir de l'éolien offshore, il faut faire et donc, tout ça, ça va coûter très cher. La promesse du monde d'après, de la vie d'après, n'est pas facile à écrire ? Non. La promesse de la vie d'après

49:07
Invité

n'est pas facile. Très dur. Juste sur l'inflation, quand on parle du fait qu'on ait passé le pic d'inflation, c'est juste dire que les prix vont augmenter moins vite qu'avant. Ils continuent à augmenter. Ils vont continuer à augmenter. Donc, en fait, l'idée, c'est de revenir à des prix qui augmentent de façon tendancielle autour de 2% par an. Mais à aucun moment, on reviendra au prix d'avant. La question, c'est est-ce que les salaires suivent ce mouvement ? Est-ce que les revenus suivent ce mouvement pour limiter les pertes de pouvoir d'achat ? Mais c'est vrai que pour le gouvernement, les difficultés sont énormes parce qu'on voit que jamais un État avait mis...

Enfin, les États ont mis autant d'argent sur la table pour protéger les pays. C'est partout vrai. Avec l'aide des banques centrales. Mais ça, c'est fini. C'est l'heure des comptes. C'est-à-dire que les banques centrales remontent les taux. Donc, ça limite les marges de manœuvre budgétaire, les charges d'intérêt augmentent. Et puis, on voit qu'il y a finalement le besoin de réduire les dettes, les déficits. Or, on voit que la situation économique et sociale est encore extrêmement difficile. Et donc, dans ce contexte-là, ça rend les choses très difficiles. C'est ce qui est plus difficile

50:01
Présentateur

par rapport à l'année dernière ?

50:03
Invité

Oui, parce qu'on était encore dans le choc énergétique, la guerre en Ukraine. Là, on sort de tout ça. Et donc, progressivement, on va retirer toutes ces mesures de soutien. Et donc, l'histoire du bouclier tarifaire, elle va être très délicate. Parce qu'effectivement, le bouclier tarifaire dans son ensemble les mesures énergie, c'est presque 100 milliards sur trois ans. C'est colossal. Si on avait dû payer ces 100 milliards, effectivement, on aurait un effet énorme. Par contre, ces 100 milliards, ils sont pris en charge par l'État. Et donc, on le retrouve dans les comptes budgétaires.

50:29
Présentateur

Il y a un scénario rose,

50:31
Invité

quand même.

50:31
Présentateur

Ah, ben alors, allez-y. Il ne faut pas passer à côté du scénario rose. Très vite, alors. Les salaires continuent d'augmenter, de suivre à peu près les prix. Les prix, ça s'agisse doucement. Les prix de l'énergie, eux-mêmes, quand même, se tassent. Et une situation économique qui n'est ni la récession pour l'instant. Il n'y a pas de récession en France. Il y a des pénuries de main-d'oeuvre. Quand on parle de chefs d'entreprise, ce qu'on fait souvent, ils nous disent, nous manquons de main-d'oeuvre. Tant que les chefs d'entreprise nous manquons de main-d'oeuvre, ils augmenteront les salaires. Et donc, le rapport de force... Et voilà, le scénario rose... Et si l'emploi montre...

Le scénario rose, c'est le retour de la croissance qui absorbe aussi les déficits. Absolument.

51:08
Invité

Ce serait le scénario idéal.

51:10
Présentateur

Et vous n'y croyez pas ?

51:11
Invité

La seule possibilité, c'est une espèce de retour de confiance. Cette épargne qui est très élevée, si jamais on retournait au niveau d'épargne d'avant-crise, effectivement, il y aurait un scénario de croissance beaucoup plus dynamique. C'est le cas américain, par exemple. Aux Etats-Unis, les ménages vont désépargner, ce qui n'est pas le cas en France.

51:25
Présentateur

Allez, restons sur ce scénario rose. En tout cas, un décret, ça s'est passé là, il y a quelques jours, un décret autorise 200 nouvelles communes à augmenter la taxe d'habitation pour les résidences secondaires. auparavant, seules les communes de plus de 50 000 habitants pouvaient le faire. Officiellement, l'objectif est de lutter contre les logements vides dans les centres-villes, mais c'est aussi un moyen de trouver des recettes et peut-être aussi de taxer les plus aisés Anne Macquignon et Juliette Perrault. Cassis, son port de pêche, ses maisons colorées, ses terrasses ensoleillées. En plein été, la population est multipliée par 5 pour atteindre 40 000 habitants.

Ici, 35 % des habitations sont des résidences secondaires, beaucoup trop pour Mme la mère. Il y a encore là des appartements fermés parce qu'ils viennent de se vider et puis ça va recommencer. Dans le centre ancien, oui, il y a beaucoup de locations. On s'en rend compte avec les gens qui traînent leurs valises à roulettes. Danielle Milon a été élue en 2008 et depuis, elle mène un combat acharné contre les meublés de tourisme. Pour les limiter, elle veut mettre en place une méthode radicale, augmenter de 60 % la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. Ce qui est possible depuis samedi, comme l'autorise un décret gouvernemental.

Je veux créer, comment vous dire, une course à obstacles pour ceux qui transforment notre ville en Airbnb géant. En 89, 386 meublés de tourisme à Cassie et 8 000 habitants. Aujourd'hui, depuis 2019, on est 7 000 habitants, 1 200 meublés de tourisme dans 800 résidences secondaires. Ils sont là, mais 1 000 habitants perdus. Donc, il faut en récupérer absolument, sinon un jour, mais les gens descendront dans la rue parce qu'ils ne pourront plus se loger. Avec cette nouvelle rentrée d'argent, la mère compte bien améliorer le quotidien de ses habitants.

Et elle a déjà commencé avec la construction de nouveaux logements sociaux sur lequel compte Valère Boursé, lui qui peine à se loger en centre-ville avec ses deux enfants.

53:36
Auditeur

Avant de trouver l'opportunité pour se loger parce qu'il y a très peu de biens à la location à Cassie maintenant, tous les biens sont plus ou moins loués par Airbnb. Les propriétaires passent par Airbnb pour louer leurs biens et nous, on n'a plus de logements à l'année, ça y est, c'est fini.

53:56
Présentateur

Le restaurateur approuve l'idée de la mère de taxer les résidences secondaires plutôt que d'augmenter les impôts locaux, surtout en pleine période d'inflation.

54:06
Auditeur

On est obligé de faire des choix, c'est où on se loge, où on part en vacances, où on va manger au resto, ne serait-ce que d'aller faire les courses sans regarder le prix de chaque produit, là on est dans une restriction, tout augmente et il n'y a que nos salaires qui restent bas et la vie est dure.

54:26
Présentateur

Mais dans la ville, tout le monde n'est pas emballé. Pendant la saison touristique, François Darnay vient sur cette petite place tous les soirs vendre les savons qu'il fabrique.

54:36
Invité

Je vous donne un petit savon, un flyer, on est artisan sur Cassie, on fabrique tout sur place.

54:41
Présentateur

Très dépendant des vacanciers, il redoute que taxer les résidences secondaires fassent baisser la fréquentation.

54:48
Invité

Comment on peut aller dans le sens du tourisme et après les pénaliser, ces gens-là, parce qu'il ne faut pas se leurrer, des touristes, à un moment, s'ils voient qu'ils sont trop taxés, ils iront ailleurs. Cassie ne sera plus le Cassie qu'on connaît. Si les gens vont ailleurs, parce que c'est ce qui va se passer, de toute façon, ils prendront toujours des vacances, et bien justement, à ce moment-là, il y aura moins de gens à Cassie et qui dit moins de gens à Cassie, dit moins de touristes et donc moins de clients et donc une baisse de notre chiffre d'affaires.

55:19
Présentateur

Comme Cassie, 2 200 communes supplémentaires sont désormais autorisées à majorer la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. Plus de 1 000 en avaient déjà la possibilité depuis 2022. Nous étions déjà en plein débat. Non, je vais poser la question en voyant ce reportage. Quand on est maire et qu'on décide de taxer les plus aisés, en tout cas ceux qui ont une résidence secondaire, politiquement, puisque ce soir, nous évoquons aussi le ras-le-bol fiscal, ça passe ? Politiquement, ça passe. Mais on voit clairement qu'il y a deux dimensions dans ces décisions de ces maires-là. La première dimension, elle est financière. Pas besoin d'expliquer que tout le monde comprend.

la deuxième dimension, c'est comment favoriser les habitants à l'année par rapport à ceux qui viennent de manière épisodique. On sait bien que dans les stations huppées de bord de mer comme dans les stations huppées de montagne, on sait que les habitants à l'année ont dû descendre dans les vallées pour les montagnes parce qu'ils n'arrivaient plus à habiter dans les stations. Et donc, parce que les prix avaient monté, monté. Soit parce qu'il y avait beaucoup d'Anglais, par exemple, aux montagnes, soit parce que... Et donc, les maires se disent comment essayer de rééquilibrer ça en essayant peut-être de décourager un certain nombre d'estivants.

56:28
Invité

Avec deux points complémentaires, ça ramène de l'argent dans les caisses de la mairie, mais en général, la résidence secondaire ne vote pas aux élections municipales parce que le propriétaire n'habite pas là.

56:38
Présentateur

Bien sûr, il n'habite pas là.

56:39
Invité

Donc là, on peut taxer des gens qui, en plus, ne sont pas résidents de la commune, donc ce n'est pas trop dangereux électoralement. Et l'autre élément, c'était mentionné dans le reportage, c'est l'arrivée d'un nouvel acteur Airbnb pour ne pas le citer. qui a encore emballé une dynamique qui était déjà très forte en France, qui était la dynamique touristique avec un poids de cette économie touristique dans des zones entières du pays, notamment les littoraux, qui devient tout à fait démentiel.

Et donc, la Airbnb, il y a ce qu'on appelle des effets d'éviction, c'est-à-dire que des logements qui, historiquement, étaient loués à l'année, par exemple, à quelqu'un qui va servir dans un restaurant ou qui va être le chauffeur de bus de la commune, eh bien, ces logements ont été retirés pour faire de la location saisonnière. Et donc, Airbnb a favorisé ça. Et donc, sur tout le littoral atlantique, vous avez toute une série de communes. On a plus de 50 à 60 % du parc immobilier qui est en location saisonnière ou en résidence secondaire.

Là où les choses se rééquilibrent un petit peu aussi, c'est que parmi les propriétaires de ces résidences secondaires, avec le développement du télétravail et l'expérience du confinement que certains ont passé au bord de la mer, eh bien, aujourd'hui, on a le phénomène de bi-résidentialité qui se développe, c'est-à-dire des gens qui vont continuer de travailler dans la ville, la grande métropole et puis qui vont venir passer la fin de la semaine mais qui commence le jeudi midi et qui se termine l'année soir avec le télétravail.

Donc, tout ça se rééquilibre un petit peu mais dans des pans entiers du territoire, la situation de l'immobilier est extrêmement tendue et vous avez un concept qui commence à faire florès qui vient de Corse qui s'appelle le statut de résident où les nationalistes corse avaient dit maintenant pour acheter un bien sur l'île, il faudra pouvoir justifier d'une ancienneté de résidence.

Alors, ça fait un tabac sur l'île, ça a été cassé juridiquement parce que ça ne tenait pas la route sauf qu'au Pays Basque, on a repris cette notion-là et en Bretagne, on commence aussi à parler du statut de résident parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets c'est-à-dire que la population qui travaille et qui n'est pas propriétaire est petit à petit évincée du marché de l'immobilier locale.

58:43
Présentateur

Allez, nous revenons maintenant à vos questions. Bruno Le Maire avait parlé d'un reflux des prix à la fin de l'été, n'est-ce pas le contraire qui se produit ? Alors, il avait parlé fin de l'été, fin de l'année, il a hésité selon les formules, c'est vrai que ça reflue mais plus lentement que prévu et c'est la raison pour laquelle vous le mentionnez au début, les banques centrales, la réserve fédérale américaine et la banque centrale européenne ont décidé de continuer à serrer la vis mais c'est vrai que si à la fin de l'année l'inflation n'est pas revenue à 3%, là ce sera un échec politique

59:16
Invité

lourd pour le gouvernement. Et en plus c'est trompeur parce que le terme n'est pas exact, quand on dit aux Français ça reflue, les Français pensent que ça baisse. Mais non. Non, c'est que ça augmente moins vite.

59:24
Présentateur

Ça augmente moins vite.

59:25
Invité

Ça augmente moins vite. Je pense qu'ils le savent, ils le voient, ils le constatent. On nous dit que ça va baisser or ça continue d'augmenter. Et la subtilité là-dessus c'est que je pense que Bruno Le Maire a parlé de reflux de l'inflation et pas de reflux des prix. C'est ça. Et donc effectivement il y a un reflux de l'inflation mais il n'y a pas de reflux des prix. Donc c'est toujours la subtilité d'un langage un peu technique.

59:44
Présentateur

C'est comme quand on dit nous n'augmentons pas les impôts et que chaque jour lorsqu'ils allument leur télé ou leur radio on leur dit il y a des taxes.

59:50
Invité

On dit que ce n'est pas des impôts parce que c'est des taxes.

59:52
Présentateur

Amandine, en Haute-Savoie les tarifs de l'électricité vont-ils continuer à grimper ? L'État a-t-il prévu de nouvelles aides ? Oui, les tarifs de l'électricité vont continuer à monter. Est-ce qu'il y a des nouvelles aides ? Je n'en sais strictement rien. On sait qu'il y a quand même un certain nombre de choses qui sont faites. Il y a un chèque énergie qui est versé au printemps me semble-t-il de chaque année qui est revalorisé. C'est pour les X% des ménages les moins aisés en France. Ça existe. En tout cas dans la première partie de la question les tarifs de l'électricité vont-ils continuer à grimper ? Dites oui, c'est le sens de l'histoire. C'est le sens du repliement si je puis dire.

Du reflux, du repli, du repli du bouclier tarifaire énergétique et des miens places.

1:00:31
Invité

Parce que le bouclier justement tarifaire sur le gaz a été supprimé parce que les prix du gaz sont revenus à peu près à leur niveau d'avant crise. Par contre, le prix de l'électricité, le prix spot reste encore élevé. On a encore un bouclier. Il faut savoir que le prix qu'on paye aujourd'hui qu'on a un tarif réglementé n'est pas le prix qu'on aurait dû payer s'il n'y avait pas ce bouclier. Donc la grande question, c'est à quel moment le gouvernement va pouvoir sortir de ce bouclier sans que ça ait trop d'impact sur la facture électrique.

1:00:53
Présentateur

Jérôme, en haut de Vienne, pour ma part, 292 euros de haute de taxes foncières à Limoges. Je vais donc moins consommer. Il ne dit pas je ne vais pas la payer. Il est encore dans le consentement à l'impôt, mais il dit je vais encore devoir faire des choix et moins consommer. Il fait partie du top 10 des gens qui ont le plus augmenté. C'est Paris, vous avez Limoges et vous avez Grenoble, vous l'avez cité tout à l'heure, plus de 26% à Limoges. Il y a quelques villes dans ces trois villes-là où la hausse de la taxe foncière efface totalement ou presque la suppression de taxes d'habitation. Vous vouliez dire à moi ?

1:01:25
Invité

Donc on est bien dans cette logique d'arbitrage, c'est-à-dire dépenses contraintes et donc on va être obligé de revenir sur...

1:01:31
Présentateur

C'est avec une inquiétude pour ceux qui voudraient acheter malgré l'état d'intérêt, malgré les zones artificialisation neutres où on ne peut pas faire construire malgré tout ça et qui, de certaines manances, se disent que être propriétaire qui est quand même un rêve français, je ne sais pas si c'est vrai, à l'étranger, qui en vieillissant, alors même que sur les retraites on dit que seuls s'en sortiront bien ceux qui seront propriétaires de leur appartement, c'est quand même des indicateurs qui... Ça devient de plus en plus compliqué d'ailleurs avec un marché de l'immobilier qui encaisse le choc de tout ce que vous venez de dire. Question d'Alain.

Le gouvernement se moque-t-il des Français lorsqu'il dit que les impôts n'augmentent pas ? Le message politique, il faut faire attention.

1:02:07
Invité

Je pense qu'il y a effectivement... Le message est un peu flou parce qu'effectivement les impôts, on parle d'impôts sur les sociétés, la CSG, est-ce qu'on le met dans les impôts ? Il y a des cotisations. Mais là, on parle de taxes ou alors de sortir de certaines niches fiscales. Et effectivement, quand vous avez des crédits d'impôts, vous les réduisez, finalement l'impôt peut augmenter. Mais on ne dit pas qu'on a une augmentation du taux d'imposition. Donc c'est vrai que je pense que c'est un peu dangereux dans le langage parce que c'est pareil, on joue un peu sur les mots. Pour les Français, ce n'est pas si évident que ça, je pense, de distinguer tout ça.

La taxe d'habitation a quand même été baissée de 18 milliards. Ah oui, oui, oui.

1:02:40
Présentateur

Et l'impôt sur les sociétés, le taux de l'impôt sur les sociétés est passé de 35 à 25%. Les impôts de production, ça va venir, mais c'est un peu trop...

1:02:49
Invité

Disons que ces baisses d'impôts, elles ont été déjà accordées de façon assez massive sous le premier quinquennat et qu'aujourd'hui, il n'y a plus beaucoup de grimauds et on parle effectivement du reste sur les impôts sur production qui sont reportés ou les 2 milliards qui n'ont pas été...

1:03:00
Présentateur

Et où est-ce qu'ils s'en sont rendus compte des paisses d'impôts, les Français ?

1:03:02
Invité

Un petit peu quand même. Je pense que la taxe d'habitation, c'était un montant assez important.

1:03:06
Présentateur

La vérité, dans un pays où le taux de prélèvement obligatoire est le plus élevé de tous les pays développés, il y a une sensibilité absolument considérable à n'importe quel petit mouvement. Et vous en parliez tout à l'heure, regardez Daniel dans le Morbillon. Et les retraites, elles augmentent quand ? Eh bien écoutez, ça devrait être au début de l'année prochaine pour le régime général, les retraites de base et au mois de novembre pour les retraites complémentaires. Allez Alain, pour la dernière question, un soulèvement social est-il possible ? Les gilets jaunes sont sortis pour moins que ça, non ?

1:03:34
Invité

C'est ce que redoute le gouvernement. On voit le caractère très inflammable de la société française. On a parlé des gilets jaunes et sur un registre tout à fait différent. Regardez ce qui s'est passé en début d'été avec les émeutes. C'est-à-dire que le pays est quand même très très éruptif.

1:03:48
Présentateur

Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h50. Demain, vous retrouvez dès 17h30 Axel de Tarlet pour un nouveau C'est dans l'air l'invité et ensuite c'est dans l'air. Et n'oubliez pas que vous pouvez nous réécouter quand vous le souhaitez en replay et en podcast. Belle soirée.