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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 6 mars 2025 8 minAutoproduitFond programmatiqueÉconomie & entreprises

"On a maintenant 32 milliards d'euros de carnets de commandes", se félicite le directeur général du groupe Bouygues

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41InvitéFait
    « Les multiples annonces de Donald Trump sur les hausses potentielles de droits de douane, est-ce que c'est quelque chose qui vous préoccupe ? »
  • 1:02PrésentateurFait
    « Je pense que le sujet des Coins, dont on a fait l'acquisition en fin 2022, c'est un de nos sujets, puisque c'est devenu maintenant une activité qui regroupe la moitié de nos collaborateurs. »
  • 1:56PrésentateurFait
    « C'est-à-dire qu'on a maintenant 32 milliards d'euros de carnet de commandes, avec un carnet qui croit au niveau international, de pratiquement 16%, qui croit en France, de 9%. »
  • 2:20PrésentateurFait
    « L'international, sur nos activités internationales, représente maintenant 68% de ce que nous faisons. »
  • 3:55PrésentateurFait
    « Cette année, en 2025, ils vont acheter moins qu'en 2024. Le reste, c'est fait avec des particuliers qui achetaient soit pour eux, soit pour de l'investissement. »
  • 5:12InvitéFait
    « C'est-à-dire concrètement ? »

Temps de parole

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0:01
Présentateur

France Info

0:02
Invité

Bonsoir à toutes et à tous, construction, immobilier, télécom, médias aussi, c'est le directeur général du groupe Bouygues qui est notre invité ce soir. Bonsoir Olivier Roussa. Bonsoir. Bouygues vient de présenter ses résultats pour 2024, chiffre d'affaires de près de 56,8 milliards, en hausse d'un pour cent sur un an, objectif atteint globalement ?

0:21
Présentateur

Oui, globalement, on est assez content, tant sur le chiffre d'affaires que sur le résultat opérationnel courant, qui est même meilleur que ce qu'on attendait.

0:27
Invité

Bon, on va détailler tout ça dans un petit instant. Avant ça, je voudrais savoir quel regard vous portez sur ce qui se passe aux Etats-Unis en ce moment ? Les multiples annonces de Donald Trump sur les hausses potentielles de droits de douane, est-ce que c'est quelque chose qui vous préoccupe ?

0:41
Présentateur

C'est quelque chose de préoccupant dans la mesure où c'est plutôt le signe de la fin du libre-échange. Maintenant, pour nous, qu'est-ce que ça change ? On produit localement lorsque nous sommes aux Etats-Unis, donc les droits de douane, ce sera les objets que l'on utilise dans la fabrication. On va les prévoir dans nos contrats et les renvoyer vers le client. Donc, c'est finalement quelque chose qui n'est pas très embêtant pour nous. On ne produit pas des produits manufacturés. Donc, c'est plutôt une inquiétude sur l'avenir de la mondialisation qu'un impact clair ?

C'est véritablement plutôt la fin, puisque si elle monte aux Etats-Unis, c'est pas la douane, je pense qu'elle va monter dans le reste du monde. Et donc, ça va nous compliquer la vie, au sens large. Vous êtes présent dans de multiples secteurs. On le disait, qu'est-ce qui porte Bouygues aujourd'hui ? Je pense que le sujet des Coins, dont on a fait l'acquisition en fin 2022, c'est un de nos sujets, puisque c'est devenu maintenant une activité qui regroupe la moitié de nos collaborateurs, qui regroupe presque à peu près un peu plus d'un tiers de notre chiffre d'affaires.

Et globalement, c'est une activité qui se développe beaucoup, parce qu'elle est sur des secteurs qui sont en très booming, que ce soit la transition énergétique, la transition industrielle, la transition numérique. Et donc, très clairement, c'est un vrai tracteur. Mais en même temps, nos secteurs traditionnels et la construction, typiquement, on a un carnet de commandes qui a atteint des valeurs qu'on n'a jamais atteintes jusqu'à maintenant. C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'on a maintenant 32 milliards d'euros de carnet de commandes, avec un carnet qui croit au niveau international, de pratiquement 16%, qui croit en France, de 9%.

Donc, globalement, on a une très bonne visibilité, ce qui n'est pas du tout intuitif, quand on regarde notamment l'image qu'on a de la construction, par exemple, en France.

2:12
Invité

Et vous parliez de la France, de l'international. Quelle part représente, justement, l'international dans votre carnet de commandes ?

2:20
Présentateur

L'international, sur nos activités internationales, représente maintenant 68% de ce que nous faisons. C'était à peu près la moitié il y a 10 ans. Et donc, ça monte progressivement. Chaque année, ça monte un peu, puisque notre développement est majoritairement maintenant l'international, quand on rachète des sociétés.

2:35
Invité

On parlait de la construction. Il y a aussi l'immobilier. On a un chiffre d'affaires, je crois, pour Bouygues Immobilier en repli, 17%.

2:42
Présentateur

Pas une surprise ? Non, ce n'est pas une surprise. C'est la conséquence du faible niveau de réservation. J'avais l'occasion de dire sur les antennes de votre maison que nous étions... J'espérais qu'en 2024, nous avions touché le fond de la piscine. Peut-être qu'on a touché le fond de la piscine, je le pense. La question qu'on va avoir, c'est à quel moment on remonte. Et bon, on va attendre. C'est des choses qu'on pourra percevoir vers le mois de mars-avril à peu près. Plutôt avril, qui est une période où il y a à nouveau des résards.

3:07
Invité

Est-ce que vous avez espoir, tout de même, pour continuer à filer la métaphore, de refaire surface bientôt, ou que ça stagne au fond un petit moment ?

3:14
Présentateur

Alors nous, l'approche qu'on a eue, ça a été de redimensionner complètement l'entreprise avec le niveau de marché tel qu'il était en 2024. On est prêt maintenant à ces autres opportunités. On a pris des parts de marché l'année passée. Et donc, on accompagnera le mouvement. Et je pense que c'est des choses qui sont à portée de main. Le vrai sujet, quand vous êtes un primo-accédant qui veut acheter un appartement, qui s'endette sur 15 ou 20 ans, c'est la confiance qu'il a dans l'avenir. Et là ? Le monde est tout de même un peu incertain. Ça n'est pas abusé que de le dire.

3:43
Invité

Donc toujours des petites inquiétudes. Qu'est-ce qui manque ? Ce sont les acheteurs particuliers ?

3:47
Présentateur

Alors, en fait, vous avez dans nos ventes à nous, typiquement, ce que nous avons fait en 2024, la moitié de nos ventes ont été faites avec des institutionnels. Cette année, en 2025, ils vont acheter moins qu'en 2024. Le reste, c'est fait avec des particuliers qui achetaient soit pour eux, soit pour de l'investissement. Il y a un dispositif d'investissement qui a disparu, remplacé par un dispositif qui est un petit peu moins avantageux. Et donc, ce qu'il faut, c'est que le besoin est là. Les gens ont envie d'acheter. Il faut simplement que les taux d'intérêt soient suffisamment continus de baisser et qu'ensuite, ils aient confiance dans l'avenir.

4:19
Invité

Vous parliez de confiance dans l'avenir. Vous parliez il y a quelques instants de votre carnet de commandes. Ça, c'est quelque chose qui vous offre de la visibilité. Complètement, oui. Comment vous abordez 2025 ?

4:27
Présentateur

Avec confiance. Vraiment avec confiance. Avec un fonctionnement des coins. On a une feuille de route de coins que nous avions communiqué au marché début 2023. Cette feuille de route, on la déroule plus vite et plus fort que prévu. On a donc des carnets de commandes, je l'ai dit, qui sont pleins. Donc, on a vraiment une année 2025 qui se présente bien. Alors, même si on a un océan de mauvaises nouvelles de géopolitique autour de nous, pour autant, quand on regarde notre activité spécifique, elle est plutôt de bonne facture. Enfin, les voyants sont plutôt ouverts.

4:55
Invité

Je le disais, vous avez présenté vos résultats ce matin pour Bouygues en 2024. Il y a une phrase dans votre communiqué de presse sur laquelle je voudrais qu'on revienne. Les effets de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 sur le résultat net par du groupe sont estimés à date à environ 100 millions d'euros. C'est-à-dire concrètement ?

5:12
Présentateur

C'est-à-dire ? J'aurais même pu rajouter, j'ai quelque chose que j'ai rajouté ce matin lors de la présentation des résultats. J'ai dit que globalement, la valeur que j'ai annoncée est un plancher. Que dans le contexte actuel, ça résulte d'une comptation de l'impôt sur les sociétés et d'un moindre allègement de charges sur les bas salaires. Globalement, ça nous baisse le résultat net de 100 millions. Je crois que c'est un plancher. Parlons emploi. Est-ce que Bouygues va recruter cette année ? Oui, on continue. On a des carnets de commandes à honorer. Cette année, en France, on va chercher à recruter 10 000 personnes. On est un gros recruteur.

On va recruter dans des jobs de conducteurs de travaux, de techniciens d'installation, de techniciens électriciens. On a des besoins. Et encore une fois, nos recrutements servent à réaliser le carnet de commandes que nous avons pris. Les nouvelles du carnet de commandes sont bonnes. Donc, on n'a pas de raison d'arrêter les recrutements. Et est-ce que vous arrivez à la trouver, cette main d'oeuvre ? C'est compliqué. C'est compliqué. On forme nous-mêmes des personnes avec des écoles internes que nous avons créées pour être capables justement de donner la qualification dont on a besoin pour réaliser nos travaux.

6:12
Invité

Allez, on va continuer. L'éventail du groupe Bouygues, Bouygues Télécom, année stabilité 2024.

6:18
Présentateur

Une année qui a été... Heureusement. Non, une année sur laquelle on a une très bonne performance sur le fixe. On a eu un marché du mobile qui était un peu plus difficile au quatrième trimestre. Mais globalement, ça reste une bonne année où tous nos objectifs ont été atteints.

6:31
Invité

Vous êtes aussi en groupe de médias avec TF1. Il y a une numérotation qui va changer au mois de juin. Celle des chaînes de la TNT. LCI va passer du canal 26 au canal 15. Bonne nouvelle pour vous, ça ?

6:43
Présentateur

Très bonne nouvelle. Très bonne nouvelle, puisqu'on va rejoindre le bloc info. Et c'est plus facile de faire P+, P- pour pouvoir naviguer à l'intérieur de ce bloc info. Donc, c'est une meilleure position au 26, je pense.

6:56
Invité

Vos objectifs peut-être, notamment sur la question du streaming ?

7:00
Présentateur

Nos objectifs, c'est de continuer à renforcer le streaming. Le streaming, c'est ce que l'on doit offrir aux clients pour accompagner ces nouvelles aptitudes de consommation où les générations, et notamment les jeunes générations, veulent pouvoir consommer la télé quand ils le veulent. On a beaucoup progressé l'année dernière. Le lancement a été très prometteur. Il faut continuer d'améliorer. Il faut continuer de monter. Il faut continuer d'être vu par les annonceurs de digital comme quelqu'un de crédible et qui est une bonne alternative à YouTube pour faire tout ce qu'ils ont en termes d'annonces.

7:28
Invité

Merci beaucoup, Olivier Roussa. Vous êtes le directeur général de Bouygues. Vous avez présenté vos résultats ce matin. On le rappelle, chiffre d'affaires qui frôle les 57 milliards, légère hausse sur un an. Et vous nous le dites, vous êtes confiant pour 2025. Vous êtes ce soir l'invité Éco de France Info. Merci. Merci.