Comment Sébastien Lecornu compte-t-il taxer les plus riches ? - reportage #cdanslair 04.10.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Cela montre que les deux choses essentielles que voulait le PS pour la non-censure, revenir sur la réforme des retraites et la taxe Zucman, il n'en est pas question. - A.Casse: Comment S.Lecornu compte-t-il taxer les plus riches? - Il avait fait la discrétion sa méthode.
Le voilà qui crée la surprise ce vendredi. - S.Lecornu: J'ai décidé de renoncer à l'article 49-3 de la Constitution. - Y renoncer à l'aube de sa journée de consultation avec les oppositions.
Sous pression, le Premier ministre a tenté un coup. Plutôt embarrassant pour ses interlocuteurs, à commencer par les socialistes, obligés de reconnaître la prise en compte d'une de leurs revendications. - Il nous a présenté une copie insuffisante et alarmante sur le fond.
Il a précisé ne plus vouloir utiliser le 49-3. La copie pourrait être corrigée par le Parlement. - Même satisfaction du RN sur ce renoncement.
M.Le Pen reste fidèle à sa ligne. - M.Le Pen: Personne ne ressent le moindre suspense sur la nomination potentielle des ministres.
Ce discours permettra de voir s'il existe une rupture ou non, étant entendu que, pour le RN, c'est la rupture ou la censure. - On en oublierait presque qu'un nouveau gouvernement devrait être nommé. Sans surprise, il ressemblera beaucoup au précédent.
Malgré un sortant déclaré, F.Rebsamen, de nombreux ministres à des postes clés devraient être reconduits. G.Darmanin à la Justice, E.Borne à l'Education, J.-N.Barrot aux Affaires étrangères, ou encore M.Valls aux Outremers.
Sans oublier place Beauvau B.Retailleau. Enfin presque.
Le ministre démissionnaire n'a pas hésité à mettre la pression sur le Premier ministre dans la presse. "Le compte n'y est pas", assure-t-il. Bluff ou non?
Réponse dans quelques heures. - B.Retailleau et L.Wauquiez décideront, détermineront, notre participation ou non au gouvernement. - Vous le saurez ce soir? - Une situation qui symbolise l'équation insoluble face à laquelle se trouve le Premier ministre et son objectif de 4,7 % de déficit, coincé entre une droite qui veut réduire les dépenses publiques sans augmenter les impôts et une gauche qui, comme les syndicats, réclame de véritables ruptures jusque dans la rue.
Dernière journée de mobilisation en date ce jeudi. - Le problème de fond, c'est qu'il ne veut pas couper le cordon avec E.Macron et avec le grand patronat.
Il faut qu'il ait du courage, qu'il affronte les puissants. - Dans les cortèges, le message est clair... - On va chercher le dividende En haut, en bas. - La taxation sur les ultrariches ne passe pas. - Ils ont tendance à aider le patronat, à les enrichir.
Nous, on paye plus par rapport à ce qu'ils gagnent. Il faut encore enlever quelque chose? C'est dégueulasse. - Hostile à la taxe Zucman, S.Lecornu préfère une solution alternative: une taxe sur les holdings qui ne toucherait pas les biens professionnels. 3 semaines après sa nomination, le Premier ministre est attendu mardi à 15h dans l'Hémicycle pour sa déclaration de politique générale.
Un baptême du feu face à des députés bien décidés à ne pas faire de cadeaux. - A.Casse: On a vu dans le reportage les poids lourds du gouvernement.
Il est important pour S.Lecornu de tous les garder? - N.Saint-Cricq: Pas forcément, à partir du moment où ce sont des gens qui connaissent leurs dossiers.
Le fait de changer sans interruption de ministres, que les gens n'aient pas le temps de découvrir un chantier qu'ils voyaient déjà partir...
Ca peut être un gage de stabilité et de compétence. Il sait travailler avec B.Retailleau.
Je précise par rapport à ce qu'a demandé B.Retailleau en disant que le compte n'y était pas, c'est parce qu'il est poussé derrière par L.Wauquiez.
Par rapport à ses adhérents, il ne peut pas se vendre aussi facilement. Ces luttes internes expliquent leur prise de position. Il y a une 1re couche, le programme sur lequel on se bat, et une 2e, leurs intérêts.
Le PS a manifestement changé un peu. Il y a un sondage dont G.Sliman parlera, qui laisse entendre que les Français sont favorables à la dissolution.
Quand ils sont en circo, ils se font harponner ou crier dessus car les gens ne sont pas contents. Ils se disent qu'ils vont être traités de tous les noms par LFI. Ils vont être mangés par la gauche.
Il faut décrypter toute déclaration à l'aune de l'intérêt de chaque parti. Le RN a laissé entendre que la dissolution ne l'intéresse pas. Est-ce qu'il vaut mieux rester pour faire mine de bonne volonté et ne pas être accusé d'être en partie responsable?
Les LR considèrent que ce n'est pas le moment d'être dissout car ça finirait mal. Il y a 2 degrés de lecture un peu complexes à lire. - A.Casse: Question. - G.Sliman: C'est une tactique vis-à-vis des parties et de l'opinion.
Il n'y a rien de plus agaçant pour les Français que le 49-3. Ils détestent ça. Dans une configuration comme celle d'aujourd'hui, où le gouvernement en place ne dispose pas d'une majorité à l'Assemblée ni dans l'opinion publique...
En terme de com, c'est bien. Mais ce n'est pas suffisant pour acheter une tranquillité et une non-censure. On voyait M.Le Pen le dire dans votre sujet.
C'est une bonne chose qu'elle ait dit ça, mais ce n'est pas pour ça qu'elle ne le censurera pas. Il y a également l'égoïsme personnel de la personnalité politique en place. - A.Casse: Son agenda personnel, présidentiel ou pas... - G.Sliman: Oui.
En l'occurrence, on comprend tous que B.Retailleau joue un bras de fer pour montrer qu'il ne va pas "à la soupe", comme vous disiez. Il a été au top de ce qu'on pouvait engranger en termes de popularité en étant ministre.
Est-ce qu'il gagnerait plus à rester? Ce n'est pas sûr. En revanche, s'il avait une bonne raison de sortir, des mesures économiques proposées pour avoir la gauche de son côté, et sur lesquelles B.Retailleau rebondirait pour s'en aller, il pourrait marquer des points personnellement.
On n'est pas à l'abri que ce petit noyau se restreigne encore.
Sébastien Lecornu