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InterviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 4 octobre 2023 36 minContradictoireActualité / polémiqueSantéInstitutions & élections

"Antoine Dupont ne doit pas jouer à tout prix." Florian Grill, pour qui la règle du plaquage doit évoluer

Source d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 17 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteÉludée

    Si j'avais été victime d'une fracture de la pommette comme Antoine Dupont, est-ce que j'aurais joué au rugby ?

  • 1:33OuverteRéponse directe

    Comment continuer le rugby en préservant les corps des joueurs ?

  • 3:10OuverteRéponse directe

    Florian Grille, vous dites que le rugby est un sport de combat collectif, mais aussi d'évitement. Vous confirmez ?

  • 3:57OuverteRéponse directe

    Est-ce que le débat sur le retour d'Antoine Dupont aurait été soulevé si c'était un autre joueur ?

  • 5:23RelanceRéponse directe

    Est-ce que ce débat sur la dangerosité du rugby aurait été soulevé si c'était la pommette d'un autre joueur ?

  • 7:09OuverteRéponse directe

    Le rugby est-il devenu plus violent qu'avant ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:22InvitéFait
    « On plaqué bas, il y avait moins de commotions »
  • 8:34InvitéFait
    « On a été chercher des physiques plus forts pour être capables d'encaisser les chocs »
  • 8:45InvitéFait
    « Toute la Fédérale 2 est en dessous, donc c'est la cinquième division du rugby est en dessous. On plaque sous la ceinture. »
  • 9:51InvitéFait
    « En Nouvelle-Zélande, ils ont commencé à tester l'abaissement de la ligne de plaquage. »
  • 10:09InvitéPromesse
    « La santé des pratiquants, ça peut passer par l'abaissement de la ligne de plaquage et le changement des règles »
  • 13:29InvitéChiffre
    « World Rugby met 1,5 million d'euros pour développer le rugby en Afrique sur le continent africain. »
  • 17:00InvitéFait
    « On a réformé les règles sur l'entrée en mêlée parce qu'il y avait des accidents qui pouvaient générer des tétraplégies »
  • 27:44InvitéFait
    « Le chirurgien qui l'a opéré et seul lui c'est lui qui aura la décision »
  • 28:05InvitéPromesse
    « Antoine Dupont ne doit pas jouer à tout prix »
  • 30:02Locuteur non identifiéFait
    « demain et après-demain, le projet Partage Tapation Rugby où 250 élèves de la 6ème à la Terminale vont vivre du rugby »
  • 32:03InvitéFait
    « le rugby on est né à l'école, on a été inventé pour nos valeurs pédagogiques »
  • 33:42InvitéChiffre
    « il y a 1950 clubs en France »
  • 33:57InvitéChiffre
    « il y a pratiquement 600 qui pratiquent le rugby à 5 aujourd'hui »
  • 35:18PrésentateurFait
    « l'équipe de France peut-elle gagner sans Antoine Dupont ? Absolument »

Temps de parole

  • Invité33 %
  • Présentateur27 %
  • Présentateur 217 %
  • Locuteur non identifié9 %
  • Présentateur 35 %
  • Locuteur non identifié 25 %
  • Auditeur3 %

0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter France Inter Le 18-20 Fabienne Synthès Si j'avais été moi, victime d'une fracture de la pommette comme Antoine Dupont, d'abord je crois que j'aurais pleuré de douleur, et que même opéré, j'aurais désormais peur des heures de pointe dans le métro. Alors jouer au rugby, mais on est d'accord, je ne suis pas Antoine Dupont, je ne suis pas entraînée comme une sportive de haut niveau, et je n'ai pas en face de moi la compétition d'une vie. Mais enfin quand même, est-ce qu'on imagine la force et la violence du choc quand on en vient à briser les os d'un visage ? On a tous eu mal en voyant ces images, et c'est pour ça que la question du retour d'Antoine Dupont a été tant commentée.

Il est solide, il est dur à la douleur, il est suivi de très près, mais son cerveau est le même que le nôtre, et quand il tape sur la boîte crânienne sous la violence du choc, c'est le même traumatisme. Le retour ou pas d'Antoine Dupont a été également très commenté, parce que la question qu'il soulève ne parle pas de lui, elle va bien au-delà, elle parle du rugby tout entier, elle parle des conséquences d'une blessure, des conséquences parfois neurologiques, elle parle du jeu qui entraîne la blessure, il y a des règles, la 9ème, alinée à 11, inscrite partout, les joueurs ne doivent rien faire, qu'il soit dangereux ou imprudent pour autrui.

Si les pros jouent à un jeu dangereux, mais qu'est-ce qui empêche les petits clubs et les plus jeunes de faire la même chose ? Alors ce soir, on va parler plaquage, on va parler niveau de plaquage, on va parler évitement, on va parler passage en force, on va parler du beau rugby aussi, c'est le téléphone sonne, soyez les bienvenus. Fabien, bonsoir et bienvenue, c'est vous le premier, on vous écoute.

1:33
Auditeur

Bonsoir et merci d'ailleurs pour toutes vos émissions. Voilà, je disais à vos collègues que j'avais joué au rugby pendant très longtemps, pendant 25 ans, j'ai actuellement 49 ans, j'ai fait une poste pendant 18 ans et j'ai repris. Donc évidemment un tout petit niveau, et le constat, il est quand même que à la fois mes anciens copains qui ont à peu près mon âge, on ne fait pas toujours des très jolis vieux, et que les impacts physiques, le développement du corps des joueurs actuellement, il est quand même poussé, poussé vraiment à la limite pour pouvoir assumer les chocs, parce que c'est quand même un sport de défi physique.

Et ma remarque, ma question, c'est comment on va pouvoir continuer un jour au rugby en assumant ce défi physique, tout en ne fabriquant pas des corps un peu robots, parce qu'on va pouvoir développer la musculature et la puissance, mais il y a des choses qu'on ne développe pas, les tendons, les articulations, les os, la boîte crânienne, comme vous avez dit dans votre présentation, c'est des choses qu'on ne pourra pas consolider, solidifier, qu'on ne pourra pas développer. Alors on peut mettre des protections, des casques, des épaulières, mais ce n'est pas suffisant. Donc voilà comment on peut assumer le défi physique, ça reste un sport de combat, tout en préservant les corps.

2:54
Présentateur

Voilà, vous avez... Merci Fabien, pardonnez-moi de vous interrompre, mais votre question est bonne et ça nous fait un bon démarrage, mais c'est marrant, dans les termes, j'entends un sport de défi physique, et puis derrière j'entends un sport de combat. Donc on est vraiment dans deux choses qui sont peut-être différentes ou pas, je ne sais pas. Bonsoir Florian Grille. Bonsoir. Merci vraiment d'être avec nous, vous êtes le président de la Fédération Française de Rugby, merci à Frédéric Kérou d'ailleurs, qui est à côté de vous, et qui est là pour la prise de son, puisque vous êtes à Lyon. Nathalie Yannetta, je vous salue bien bas également, bonsoir.

Salut Fabienne, bonsoir Florian, bonsoir à tous. De Radio France. Et puis on rejoindra Mathieu Blain tout à l'heure, qui est un ancien joueur de rugby, qui a aussi des choses à dire sur ces sujets. Moi, ce que je trouve intéressant, Florian Grille, dans la question de Fabien, c'est vraiment ce que je pointais à l'instant. Il dit sport de défi physique, il dit sport de combat. Vous, vous dites quoi ? Sport de quoi ?

3:41
Invité

Non, je dis c'est un sport de combat collectif, mais c'est aussi un sport d'évitement, c'est aussi un sport de course, voilà, c'est un sport de création. Après, il y a des règles qui ont évolué, qui doivent encore continuer à évoluer.

3:54
Présentateur

Ce qui s'est passé récemment autour d'Antoine Dupont, et c'est vrai qu'il y a quelque chose de particulier, parce que tout le monde l'aime, ce garçon, d'abord parce que c'est le meilleur joueur du monde, c'est un gars qui a l'air vraiment très sympa, enfin, il y a un vrai capital sympathie chez ce bonhomme-là, et donc tout le monde s'est mêlé de ce débat-là. Est-ce que vous, ça vous a surpris, Florian Grill ? Est-ce que le questionnement que ça a soulevé au fond aurait vraiment été soulevé si on avait parlé de quelqu'un d'autre que d'Antoine Dupont ? Pardon pour lui, mais est-ce que le côté bénéfique de cette blessure à la pommette, ce n'est pas peut-être ça ?

4:28
Invité

Écoutez, en fait, c'est le signe aussi que cette Coupe du Monde intéresse tout le monde, elle a intéressé, elle intéresse tout le pays. On sent que le pays a envie de vibrer avec les bleus, et le fait qu'il s'intéresse à Antoine et à la blessure d'Antoine, c'est aussi le signe de l'intérêt pour la totalité de l'équipe, pour cette Coupe du Monde qui renverse les cœurs un peu, enfin, il y a un enthousiasme, une envie de faire la fête aussi qui est majeure dans tout le pays et qu'on se sent partout, et puis jusque dans les plus petits clubs, jusque dans les plus petits villages.

Les audiences télé du premier match sont complètement folles, des pointes à 17 millions, et je pense que ça ne compte pas toutes les fans de zone dans le plus petit village de France.

5:01
Présentateur

128 millions de téléspectateurs fumulés sur les 32 premiers matchs, il a raison, Florian Grille, c'est un succès d'audience incroyable avec un engouement, notamment parce qu'il y a un 15 extrêmement performant avec un leader, une star, Antoine Dupont. Et un 15 qui potentiellement peut gagner cette compétition, c'est ce qui a fait monter cette dramaturgie, mais je vais quand même vous poser la question à vous, Nathalie Yannetta également, est-ce que vous ne croyez pas que ce débat-là, ce débat sur la dangerosité ou pas, sur les règles du rugby ou pas, franchement, est-ce qu'on l'aurait eu si c'est dans la pommette de quelqu'un d'autre qui était rentré ce joueur Namibia ?

Oui, je pense que oui. Je pense que oui, parce que, mine de rien, le rugby, il est certes diffusé, et notamment le top 14 tous les week-ends, c'est un des feuilletons les plus suivis, mais somme toute, à part la tournée d'automne et le tournoi des 6 nations, on ne parle pas beaucoup du rugby, et on a vu ce sport effectivement évoluer. Fabien, votre premier auditeur, parlait d'un sport de combat, mais au début c'était un sport d'évitement, c'était même la définition du rugby. On voit à quel point les physiques des rugbymen ont changé en 20 ans. Donc oui, ça n'est plus le même sport qu'il y a 20 ans. Malgré tout, ce débat-là, il a déjà eu lieu sur la violence, entre guillemets, du rugby.

Il y a eu une dégringolade, notamment des licenciés chez les très jeunes, les moins de 14 ans, c'était en gros autour de 2016-2017. Donc au moment où on parle de commotions, etc., ça a été très mal reçu. Exactement, parce que les parents ont eu peur. On se dit, on ne va pas aller inscrire notre fils ou notre fille dans le club de rugby. En plus, à ce moment-là, le foot se refaisait un petit peu la cerise après des années difficiles en termes de réputation. Et donc oui, il y a eu une chute des licenciés.

Et aujourd'hui, le défi qui attend la Fédération Française de Football avec cette Coupe du Monde, c'est de montrer ce qu'est le rugby aujourd'hui pratiqué tout en disant quand même qu'on n'est pas tous des Antoine Dupont et qu'on ne joue pas tous des matchs de Coupe du Monde de très haut niveau et que ce qui se passe le dimanche après-midi, il ne faut pas que ça ressemble évidemment à cette puissance-là parce que c'est des professionnels. Alors, ça m'emmène à deux questions pour vous, Florent Grille.

La première, et pour rebondir sur ce que dit Nathalie, on a Olivier sur WhatsApp qui dit « Moi, je trouve que le problème du rugby actuel, ce n'est pas par exemple de savoir si les joueurs doivent ou non porter un masque. Le problème, à mon sens, c'est que le sport est devenu trop violent pour être spectaculaire. Il suffirait donc, dit-il, de revenir au sport d'évitement qu'il était il y a encore quelques années pour résoudre pas mal de problèmes. Est-ce que vous avez le sentiment, vous, que le rugby est devenu plus un sport de contact qu'il ne l'était, que même dans sa pratique, finalement, on ne cherche plus à éviter ? Boum, on rentre dans le tas ?

7:40
Invité

Alors, d'abord, Nathalie a raison de le dire, il y a plusieurs rugby. Il ne faut pas imaginer qu'un gamin qui va commencer le rugby va pratiquer le même rugby que celui d'Antoine Dupont, de Grégory Aldrit ou des autres joueurs de l'équipe de France. Nous, on a du rugby à cinq.

7:52
Présentateur

Mais pardonnez-moi de vous interrompre, Jean-Henri, ce n'est pas une raison ? Parce que ce n'est pas ça. Non, non, non,

7:56
Invité

je vais venir à l'idée. Mais d'abord, effectivement, il y a toute forme de rugby. On a du rugby santé, on a du rugby adapté, on peut jouer au rugby jusqu'à 70 ans, on apprend très progressivement le contact et on a fait évoluer les règles. Une des règles qui a évolué et que je veux faire évoluer au niveau international, c'est notamment la règle de l'abaissement de la ligne de plaquage qui est un vrai sujet parce qu'en fait, comment est venu... Enfin, des gens de ma génération quand ils ont commencé le rugby ont plaqué bas. On plaqué bas, il y avait moins de commotions, etc. Et comment est venu le plaquage haut ?

Il est venu un petit peu avec les joueurs iliens pratiquant beaucoup le rugby à sept où il faut bloquer le haut du corps pour bloquer la balle. On commençait à plaquer plus haut et la conséquence de ça, c'est qu'on a été chercher des physiques plus forts pour être capables d'encaisser les chocs. Et donc, moi, je pose une vraie question et on a fait des expérimentations avec la Fédération Française de Rugby depuis quelques années maintenant. Toute la Fédérale 2 est en dessous, donc c'est la cinquième division du rugby est en dessous. On plaque sous la ceinture.

Et c'est important parce que ça permet de libérer les bras, ça favorise un rugby de mouvement, ça permet aussi de peut-être avoir moins besoin de physique imposant. Et donc, ça va dans le sens d'un rugby de mouvement et d'un rugby d'évitement. Et je pense que par l'évolution des règles, on est capable de faire progresser le rugby. Et ce sujet-là, je le mets sur la table. dans mes conversations avec World Rugby.

9:10
Présentateur

Alors, parce que justement, pour les gens qui nous écoutent et qui ne sont pas forcément des pros du rugby, on a déjà descendu, si je puis dire, le niveau de plaquage. Et vous vous dites, il faut le descendre encore plus bas où il est d'ailleurs pour ce qui est des petits clubs. On est d'accord chez les amateurs notamment ?

9:25
Invité

Oui, c'est ça. Sur les niveaux amateurs Fédéral 2 et en dessous, on plaque plus bas. Donc nous, on a toute une série d'études qui sont en cours. On veut comparer notamment la Fédérale 1 où on plaque encore haut et la Fédérale 2 où on plaque bas. Donc la Fédérale, il y a Top 14, Pro D2, National, National 2 et ensuite, il y a la Fédérale 1. Fédérale 1 et au-dessus, on plaque haut. En dessous, on plaque bas. On veut comparer l'accidentologie sur ces différentes divisions, proposer ses études à World Rugby. En Nouvelle-Zélande, ils ont commencé à tester l'abaissement de la ligne de plaquage. Il y a d'autres pays qui veulent s'y mettre aussi.

Et moi, en fait, dans les discussions qu'on a sur une extension des calendriers, sur ce qu'on appelle une Nations Cup qui pourrait compléter le tournoi des 6 nations dans le calendrier international, moi je dis, ok, je veux bien parler de tout ça, mais je ne veux pas parler que de business. Je veux parler de la santé des pratiquants. La santé des pratiquants, ça peut passer par l'abaissement de la ligne de plaquage et le changement des règles en plus de l'application très stricte des règles.

10:15
Présentateur

Avant de retourner au standard, Florian Grille, là-dessus, sur le niveau de plaquage, moi je me demandais, lorsqu'on l'a descendu déjà d'un cran, si je puis dire, d'abord, est-ce que ça a été facile ou est-ce que vous avez l'impression qu'il a vraiment fallu aller tirer les joueurs, je parle au niveau international, donc chez les pros, pour que chaque fédération se mette d'accord ? Et là, en ce moment, quand vous y allez, est-ce qu'on vous regarde en disant, ça y est, il y a Grille qui arrive, il va encore nous parler de ces histoires de niveau de plaquage ? Ou est-ce que vraiment, vous avez l'impression qu'il ne faudra pas insister longtemps pour que toutes les équipes s'y mettent ?

10:45
Invité

Non, je pense qu'il y a une prise de conscience. Quand on a changé, quand on a supprimé le plaquage haut sur la fédérale 2 et en dessous, donc sur les plus basses divisions du rugby, même s'il y en a 6 ou 7 des divisions, on s'adapte, les divisions s'adaptent aux différents niveaux de pratique et aux différents potentiels physiques. Quand on l'a fait, il y a eu un temps d'adaptation parce qu'il faut que les joueurs prennent l'habitude, il faut que les arbitres prennent l'habitude, il faut que les entraîneurs prennent l'habitude, donc il y a un temps d'adaptation. Mais il y a une compréhension de l'intérêt.

Maintenant, moi je veux prouver les choses, je pense qu'on est à l'ère de la data, il faut prouver avec de la data que ça permet de mieux protéger les pratiquants et je voudrais étendre ça à des divisions supérieures, en tout cas mettre le sujet sur la table dans les discussions avec World Rugby parce que c'est une décision internationale qui ne concerne pas simplement la France, mais je pense que si on se cache derrière son petit doigt et qu'on dit non, non, mais il n'y a pas de problème dans le rugby, on se trompe.

Moi je pense qu'il n'y a pas de problème sur les écoles de rugby, on a fait ce qu'il fallait avec un apprentissage très progressif du contact et vous pouvez envoyer vos gamins dans les écoles de rugby, ils ne feront pas le même rugby qu'Antoine Dupont, il n'y a pas de difficulté mais il faut qu'on aille plus loin parce que quand même l'image qu'on donne à l'international elle doit être améliorée et on peut mieux protéger les pratiquants, je pense que ce qu'on fait aujourd'hui.

11:50
Présentateur

Et alors on ne fait pas le même rugby, Nathalie Yannetta, il a raison évidemment sur l'Orient Grille et notre auditeur aussi, est-ce que c'est ça aussi qui parle de la blessure d'Antoine Dupont quand on est la Namibie ? Alors j'entends bien que tous les joueurs de Namibie jouent certains en France, etc. Donc ils jouent toujours mais l'équipe en soi, l'équipe nationale effectivement joue très peu en soi. Donc est-ce que c'est cette différence de niveau aussi qui provoque ce genre d'accident ? C'est possible, en tout cas dans d'autres sports on le voit ça.

Quand vous avez une vraie différence entre deux équipes qui s'affrontent, souvent il y a plus de blessures chez l'équipe dite plus fort perpétrées par l'équipe d'en face. Là ça c'est une vraie question que je voudrais poser moi à Florian Grille, est-ce qu'il ne faudrait pas davantage de dates dans le calendrier parce qu'on l'a vu en football, on dit qu'il n'y a plus de petites équipes, en rugby il y en a encore des petites équipes, la Nabilie en fait partie, la Roumanie aussi.

Est-ce que ça aussi ce n'est pas une des clés, c'est-à-dire une harmonisation aussi peut-être du jeu entre des nations qui peu ou prou auraient un niveau si ce n'est semblable parce que ça n'est jamais le cas, du moins équivalent ? Florian Grille ?

12:55
Invité

Oui, alors effectivement en fait le rugby n'est pas vraiment un sport mondial, c'est paradoxal de dire ça en plein milieu d'une coupe du monde mais il y a 10 ou 12 nations qui sont un petit peu au-dessus et puis ensuite il y a ce qu'on appelle les nations du tier 2. C'est pour ça que je parle

13:08
Présentateur

d'un calendrier plus fort parce qu'il n'y a pas assez de matchs.

13:11
Invité

Alors c'est l'esprit de la Nations Cup où on pourrait faire jouer le tier 1 et des matchs beaucoup plus réguliers pour le tier 2 et puis éventuellement pour le tier 3, c'est une vraie, il faut les faire jouer plus régulièrement parce qu'on progresse en jouant, ça c'est un premier élément. Après il faut aussi qu'on mette plus de moyens sur le développement du rugby international. Je vais donner un exemple concret. World Rugby met 1,5 million d'euros pour développer le rugby en Afrique sur le continent africain. C'est 40% de la population mondiale à l'horizon 2050. C'est 54 pays. Je mets à part l'Afrique du Sud. C'est rien.

C'est rien mais en même temps c'est à la hauteur des moyens de World Rugby. Nous, je pense qu'un pays comme la France a une responsabilité vis-à-vis du continent africain et on est en train de travailler nous la Fédération Française de Rugby en lien avec l'Agence Française de Développement et pourquoi pas avec quelques entreprises mécènes à accompagner le développement du rugby sur le continent africain parce que là il y a un potentiel de développement qu'on a une responsabilité de même qu'on a une responsabilité sur le continent européen. On doit pouvoir accompagner le développement du rugby dans ces pays et c'est important de le faire pour qu'il y ait moins d'écarts de niveau.

14:11
Présentateur

Il faut rappeler que par exemple c'est le rugby A7 qui est un rugby olympique par exemple c'est pas le rugby A15 son développement n'a rien à voir. Bonsoir Yves. Oui bonsoir. On vous écoute. Oui. Si je peux me permettre juste avant de dénoncer ma suggestion de parler du cas de Dupont parce qu'il risque quand même de perdre son oeil et est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux qu'il rentre chez lui et qu'il soit prêt pour le tournoi des 6 nations parce que s'il perd son oeil qui endossera la responsabilité ? On posera la question à Florian Gryl dans un instant mais allez-y pour votre suggestion Yves parce que je pense qu'elle va lui plaire aussi.

Alors donc mes deux suggestions justement dans la lignée de ce que vous venez de dire c'est que la mêlée c'est vraiment un moment qui est extrêmement brutal il y a des mauvais coups qui sont échangés par-dessous alors avec les caméras on les voit mais dans le rugby amateur il n'y a pas de caméras et ça continue et puis on peut très bien imaginer une remise en jeu à la main avec des règles bien précises après tout au rugby à 13 il n'y a pas de il n'y a pas de mêlée.

Et ma deuxième suggestion c'était cette histoire de la règle de l'en avant à chaque fois qu'il y a une phase de jeu qui démarre ça y est il y a l'arbitre qui siffle parce qu'il y a un joueur qui a lâché le ballon bon il a fait de mal à personne quand même en lâchant le ballon et donc le jeu est arrêté alors des fois il y a encore une mêlée il y a encore un truc il y a encore un machin et il y a des et justement tout le mouvement du rugby tout le mouvement vers l'ambute il est arrêté parce qu'on a vu un an avant et puis maintenant on voit que des fois dans une rencontre il y a 2-3 essais qui sont annulés parce que ah bah oui on a vu ah bah oui il a touché le ballon du bout des doigts alors ça y est en avant on annule on a bien compris merci beaucoup Yves Florian Grille qui veut nous changer les règles du rugby mais dans ce qu'il dit je retiens quand même l'histoire de la mêlée parce qu'on a aussi un mail de Sylvie qui nous dit ceci pourquoi ne pas limiter le poids de la mêlée ou de l'équipe entière par exemple on démarre avec un maximum supérieur à la moyenne actuelle et on diminue progressivement enfin trouver peut-être quelque chose là aussi avec moins de poids est-ce que aller jusque là dans la révision des règles vous dites ouais faut voir ou est-ce que ça vous paraît trop

16:39
Invité

non mais tous les sujets peuvent être ouverts dès lors qu'ils vont dans le sens de la protection des pratiquants moi je pense qu'on rentre c'est un jeu on rentre sur un terrain de rugby d'abord pour se faire plaisir je pense que cette notion là elle doit jamais être oubliée je pense que les joueurs ils se font ils se font quand même plaisir la mêlée c'est un très bon exemple il y a quelques années là une dizaine d'années de ça on a réformé les règles sur l'entrée en mêlée parce qu'il y avait des accidents qui pouvaient générer des tétraplégies et ça arrivait malheureusement dans le rugby et à l'époque quand on a réformé les règles de la mêlée ça date d'une ou deux gouvernances les gens aient crié en disant on va émasculer le rugby parce qu'on a réformé on va dénaturer le rugby ça sera plus le même rugby on n'a rien dénaturé du tout mais on a considérablement diminué le nombre d'accidents on ne va pas supprimer toute accidentologie moi j'ai des enfants qui font du ski ou de l'équitation je considère qu'ils prennent plus de risques au ski et à l'équitation que mon fils qui fait du rugby on ne va pas supprimer le risque on ne peut pas vivre dans une société sans aucun risque mais on peut par l'évolution des règles mieux protéger les pratiquants on l'a fait pour la mêlée on peut le faire pour l'abaissement de la ligne de plaquage et c'est ça qu'on doit travailler en permanence mais la Fédération Française de Rugby l'a fait et nous on a initié une cinquantaine d'études de mesures etc on a changé les règles sur les écoles de rugby on a pratiqué un rugby beaucoup plus aéré il y a des règles qui ont permis d'aérer un petit peu le rugby et il faut simplement le continuer mais du coup ça doit être le coeur des conversations au sein de World Rugby et moi je me bats pour ça et je suis prêt à faire un blocus dans les discussions sur la Nations Cup sur des évolutions qui sont un peu liées quand même aussi au business du rugby si il est sujet de la santé des pratiquants si le sujet de l'évolution des règles si le sujet de l'application très stricte des règles par les arbitres et l'application très stricte des règles par les commissions qui ensuite évaluent les décisions des arbitres ne sont pas sur la table

18:25
Présentateur

Nathalie Yannetta vous savez dans ce que vient de nous expliquer Florian Grill il y a cette phrase au moment où on avait changé les règles on va émasculer le rugby c'est ce que disaient les gens et moi je trouve ça intéressant d'avoir entendu ça en fait de la part de ceux qui ne voulaient pas qu'on y touche parce qu'il y a aussi un côté culture du rugby un côté sport viril du rugby enfin c'est bon on ne joue pas la belote vous voyez ce que je veux dire peut-être que ça aussi il faut dans cette culture-là essayer de bouger quelques lignes ça l'est d'autant plus qu'aujourd'hui lorsque les licenciés augmentent à la Fédération Française de Rugby c'est grâce aux femmes et à la pratique de plus en plus répandues de jeunes filles qui vont faire du rugby mais il y a aussi mais pardonnez-moi Nathalie qu'ils ne le font plus les filles d'ailleurs est-ce qu'elles jouent de manière moins rugueuse ou c'est tout aussi rugueux si ce n'est que c'est plus rugueux que des footballeuses c'est-à-dire ça reste du rugby mais clairement évidemment il y a des impacts qui ne sont pas les mêmes mais si on en parle aussi beaucoup plus aujourd'hui certes ça reste du rugby et il faut que ça reste du rugby mais c'est aussi parce qu'il y a des combats qui ont été médiatisés je pense à celui de Philippe Chauvin dont le fils est mort sur un terrain de rugby il avait 18 ans il a écrit un livre mourir fait partie du jeu Philippe Chauvin ça fait plusieurs années qu'il se bat un peu tout seul il n'a pas eu de réponse Florian Grille a accepté avec la nouvelle gouvernance de la FED de travailler avec Philippe Chauvin le fameux article 9 à l'INENA 11 dont vous parlez désormais doit être signé par tous les pratiquants lorsqu'ils vont faire signer leur licence pour ne pas intenter à l'adversaire et le plaquage à deux c'était un plaquage à deux il n'y a plus de plaquage à deux on est d'accord c'est des petites choses qui changent et qui vont aussi faire avancer les règles et on l'a vu dans d'autres sports qui étaient des sports qui avaient une forme de violence je pense évidemment au hockey sur glace je pense au foot américain parce qu'il y a les conséquences immédiates évidemment le drame de Philippe Chauvin mais votre premier auditeur l'a dit ça ne fait pas des beaux vieux on a tous des potes de rugby aujourd'hui qui ont 50 ans et qui effectivement sont un tout petit peu plus cassés il y en a même qui racontent des trucs assez terribles enfin je veux dire les joueurs de rugby à 13 pour le coup britanniques qui se sont tournés vers leur fédération en disant vous auriez du mieux nous protéger parce que maintenant cognitivement on n'est plus en place il y a le côté cognitif il y a le côté mécanique aussi qui est très abîmé donc oui ce sont des enjeux majeurs pour des populations entières bonsoir Mathieu Blain bonsoir tout le monde vous arrivez pile dans cette conversation vous êtes ancien joueur pro évidemment notamment au stade français vous avez été dirigeant de club vous avez été président du syndicat des joueurs vous êtes consultant pour Canal et vous soutenez l'association Alerte Commotion qui ne touche pas d'ailleurs que les rugbyman mais vous vous en avez eu deux des commotions dans votre carrière il y en a une quand vous étiez junior une autre quand vous étiez au stade français on disait en coupe d'Europe si je ne m'abuse on disait à l'instant avec Furlan Green et Nathalie Iannetta que quand même beaucoup de progrès ont été faits vous à votre époque on a une commotion c'est quoi on se relève et on se remet à courir est-ce que vous diriez heureusement aujourd'hui ça ne se passe plus comme ça ou pas ?

21:22
Locuteur non identifié

alors heureusement ça fait maintenant une petite dizaine d'années le rugby est un sport une discipline précurseur par rapport à ça mais il reste encore des milliers de choses à faire Florian vient d'en annoncer plusieurs et que je souscris évidemment totalement celle que j'ai subie en junior c'était en 1997 ou en 1996 qui avait été suivie par énormément de pleurs un grand désarroi affectif et émotionnel j'ai eu de la chance puisque je n'avais pas de maux de tête ou de vertige ou de vomissement c'est quelque chose qui a été accompagné par mes dirigeants et entraîneurs avec beaucoup de bienveillance mais il n'y avait aucun protocole la deuxième c'était en Coupe d'Europe et j'avais la chance d'être entouré par le docteur Alexis Savigny qui travaille sur ce sujet-là avec le neurologue Jean-François Charman depuis extrêmement longtemps donc unis aux urgences IRM de contrôle et puis protocole qui n'était pas encore mis en place mais qui avait déjà été proposé mais évidemment évidemment que les choses ont beaucoup changé mais je pense qu'il y a il y a vraiment un besoin gigantesque encore pour tous les sports Nathalie l'a dit Florian l'a dit pour tous les sports le rugby n'est évidemment pas du tout le seul toucher et quand je dis ça c'est pas pour le protéger je suis en plein dedans donc je vais pas protéger de mots MAUX qui sont dramatiques mais pour que justement toutes les fédérations toutes les ligues s'unissent parce que je pense qu'il y a cette sensibilisation collective il faut que toutes les parties prenantes se mettent autour de la table il faut qu'il y ait évidemment des campagnes de prévention et de formation pour tout le monde et quand je dis tout le monde c'est les joueurs et les joueuses de n'importe quel sport bien sûr les encadrants le médical la préparation les institutions parce qu'il y a beaucoup de fédés ou de ligues qui sont à des années-lumière de la prise en charge

23:12
Présentateur

celle du football celle du football par exemple on a eu le jeune gardien de Reims Florent Duparchi qui a subi deux commotions il est retourné à l'entraînement personne n'a compris de quoi il souffrait aujourd'hui il ne peut plus exercer son métier donc le foot pour le coup est très en retard sur le rugby mais après Mathieu Blain et on posera la question à Florian Grille dans un instant mais vous vous en parlez et même vous militez notamment autour des commotions vous êtes un ancien joueur Olivier Magne parle beaucoup c'est un ancien joueur et au fond comme à chaque fois qu'il peut y avoir de temps en temps des questions à l'intérieur d'un sport c'est ceux qui en sont sortis qui en parlent mais à l'intérieur on dit trop rien et probablement Mathieu Blain pour les mêmes raisons attends si je dis que j'ai trop mal peut-être que je ne jouerai pas au prochain match etc etc est-ce qu'à l'intérieur des équipes vous avez l'impression que les joueurs ont plus cette conscience-là ou est-ce que c'est elle est bien là la difficulté aussi ?

24:05
Locuteur non identifié

Elle est là vous l'avez très bien décrite lorsque l'on est acteur avec tout un poids absolument insupportable on peut être dans des conduites de prise de décision ou d'être recubouté sur planqué les choses mais ça vaut pour tous les sports mais ça vaut pour pas mal de choses dans la vie malheureusement les plus anciens sont là pour transmettre et c'est là quand je veux parler de sensibilisation de prévention de formation le rugby pour parler de ma famille sportive doit bien sûr faire appel à tous ces sportifs et à tous ces anciens joueurs et joueuses pour pouvoir aller partout prêcher la bonne parole pour déculpabiliser pour pouvoir avoir des clics d'informations extrêmement précises je rappelle quand même qu'il faut aussi savoir rester à sa place même si moi je connais beaucoup beaucoup je ne suis pas médecin et donc ce n'est pas parce que je l'ai vécu que je dois me permettre de prendre la parole au-dessus de celle du médecin et de déconstruire la croyance collective de ça a toujours existé ça va il va s'en remettre ou elle va s'en remettre c'est normal ça ça doit absolument disparaître et on doit travailler collectivement je suis vraiment très moins partie prenante de l'ensemble des parties prenantes

25:15
Présentateur

et bien on a entendu Mathieu Blain on vous remercie beaucoup Florian Grill président de la Fédération française de rugby sur cette espèce d'omerta à l'intérieur des équipes encore une fois et pour un tas de mauvaises raisons mais on peut les comprendre enfin ce sont des matchs qui sont des matchs importants on a envie de jouer on a envie d'être un pro de vraiment quand on est un jeune joueur de rugby est-ce que vous avez le sentiment que on gagne des points là-dessus ou c'est ça qui est toujours très difficile arriver à faire avouer un gars qui l'a mal et qui doit sortir du terrain

25:46
Invité

non moi je les comprends pas il faut libérer la parole moi je vais prendre l'exemple de Philippe Chauvin parce que c'est un exemple moi je voilà Nicolas était j'étais président de la Ligue de France à l'époque et Nicolas était un jeune joueur francilien du stade français moi ça m'a ça m'a renversé ça m'a ça m'a complètement tourneboulé c'est là que j'avais plaidé pour l'abaissement de la ligne de plaquage qui a fini par être mise en place il faut prendre le taureau par les cornes il faut pas se cacher derrière son petit doigt il faut libérer la parole moi dès que j'ai été élu à la présidence de la Fédération Française de Rugby j'ai voulu immédiatement associer Philippe Chauvin à nos réflexions et pas le tenir à l'écart je pense que ces sujets là le moyen de traiter les problèmes c'est pas de les cacher sous la moquette c'est d'en parler c'est d'en parler et puis c'est de faire évoluer les règles et puis c'est de les faire appliquer et puis c'est de changer voilà et donc on se doit de protéger on a charge d'hommes et d'âmes avant d'avoir une charge sportive on a une responsabilité et moi j'entends l'exercer pleinement et je suis pas là uniquement pour la dimension sportive on est là aussi pour le rugby à une dimension éducative qui est absolument exceptionnelle parce qu'elle forge des caractères regardez d'ailleurs le caractère et ce que racontent les histoires d'Antoine Dupont et même de Romain Ntama qui est plus là c'est des histoires incroyables de résilience de volonté d'esprit d'équipe de respect d'humilité aussi moi je suis fabuleusement bouleversé par leur comportement et par ce qu'ils passent comme message à tout le monde voilà donc le rugby c'est ça aussi et du coup on doit d'autant plus préserver les pratiquants parce qu'on préservera aussi ce rugby qui est un sport formidable

27:23
Présentateur

on a j'en profite avant de retourner au standard Florian Grill on a un peu zappé une partie de la question de l'auditeur précédent au sujet d'Antoine Dupont qui disait quand même s'il risque de perdre un oeil il faut pas qu'il joue moi je voudrais que les choses soient bien bien claires vous avez eu l'occasion de le dire mais je pense qu'il faut le redire qu'est-ce qu'il remet voilà il a raison donc qu'est-ce qu'il remet Antoine Dupont sur le terrain le chirurgien

27:44
Invité

qui l'a opéré le chirurgien qui l'a opéré et seul lui c'est lui qui aura la décision et qui en conscience et en responsabilité c'est pas je l'ai dit à une autre occasion il y a 60 millions de chirurgiens en France mais là en l'occurrence il y en a un seul qui compte c'est le chirurgien qui l'a opéré et c'est lui qui décidera et s'il y a un risque pour Antoine Dupont il ne le prendra pas voilà point et Antoine Dupont ne doit pas jouer à tout prix Antoine Dupont jouera si le chirurgien qui l'a opéré parce que c'est le seul qui a la vision réelle le décide voilà

28:13
Présentateur

et si Antoine Dupont le supplie en lui disant je t'en supplie laisse moi jouer c'est non c'est non

28:18
Invité

mais aussi triste que ça puisse être mais en même temps on est un sport d'équipe moi je trouve déjà formidable qu'Antoine il soit dans le groupe parce que c'est un groupe on l'a dit régulièrement Fabien l'a dit le premier c'est un groupe qui s'aime c'est leur histoire c'est une aventure collective et j'inclus dedans ceux qui sont plus là parce que type Romain qui est plus là mais qui fait partie de fait du groupe ils se font une histoire à la limite que ça soit leur histoire et tant mieux d'ailleurs si ça leur enlève un petit peu de la pression parce que tout le pays est derrière mais en fait eux ils y sont depuis des années et il faut leur les laisser vivre cette histoire collective et il y a ceux qui sont au rugby il y a ceux qui sont sur le terrain il y a ceux qui y sont pas mais ceux qui y sont pas ils comptent autant que ceux qui y sont

28:59
Présentateur

et Nathalie Yannetta on est d'accord qu'il est plus efficace sur le terrain Antoine Dupont mais c'est bien qu'il soit là de toute façon quand même le psychologique ça marche aussi dans les grandes équipes il est surtout très efficace dans le groupe parce que c'est un être avec une aura et une importance pour ses coéquipiers hors normes donc le simple fait qu'il ait pu réintégrer le staff de l'équipe de France et être sur ce vélo on l'a vu avec cette balafre sous l'œil c'est déjà mieux que de le savoir à l'hôpital ou bien rentrer chez lui c'est déjà pas mal il ne jouera pas le match face à l'Italie c'est officiel on verra pour le quart de finale mais je suis certaine qu'effectivement personne ne prendra de risque et je vais vous dire un truc je pense que même pas Antoine lui-même Daniel bonsoir oui bonsoir on vous écoute Daniel pardon de vous avoir fait patienter

29:45
Locuteur non identifié

il n'y a pas de soucis donc moi je voulais rebondir sur les propos qui ont été tenus et parler vous parler aussi d'une aventure collective donc nous en Alsace en partenariat avec la Ligue Grand Est de rugby et l'Union Nationale du Sport Scolaire nous proposons demain et après-demain le projet Partage Tapation Rugby où 250 élèves de la 6ème à la Terminale vont vivre du rugby une aventure collective et donc cette aventure collective en fait c'est à la fois des ateliers rugby c'est pas du tout une compétition c'est une aventure de cohésion de partage mais aussi un projet éducatif puisqu'en fait je suis professeur d'EPS avant tout et où je voulais justement dire que le rugby cette activité nous permet vraiment déjà évidemment dans le cadre scolaire nous proposons des pratiques aménagées bien sûr pour assurer les parents Vous ne jouez pas

30:43
Présentateur

contre les All Black alors ?

30:45
Locuteur non identifié

Non bien sûr peut-être qu'ils aimeraient mes élèves peut-être mais donc en fait simplement aussi pour dire que le haut niveau le haut niveau le haut niveau en fait c'est vraiment une partie infime de la population que les accidents et que nous tous éducateurs professeurs d'EPS qui prenons en charge les enfants en fonction des catégories d'âge on est formé on a des formations et qu'on aménage le contenu et que moi par l'intermédiaire de la section sportive rugby que je dirige je pense avoir vraiment pu sauver certains élèves ou du moins accompagner de manière optimale les élèves à travers cette passion justement

31:27
Présentateur

Merci beaucoup Daniel elle a raison Florian Gris le président de la Fédération Française de Rugby notre auditrice sur tout ce que représente le rugby derrière évidemment et que les pros ça reste une toute petite partie au fond mais justement c'est quand même un exemple enfin ils le voient Antoine Dupont c'est Gamalin donc quand on voit un beau comportement de jeu sur le terrain forcément c'est ce qu'on a envie de reproduire aussi y compris à son tout petit niveau

31:51
Invité

Alors d'abord elle a raison et je la remercie pour le travail qu'elle fait parce qu'on sent la passion au travers des propos moi je je plussois 2000% le rugby on est né à l'école on a été inventé pour nos valeurs pédagogiques on a une capacité on construit les gens on a une capacité voilà à développer des comportements collectifs à développer le respect la solidarité la loyauté c'est absolument majeur donc bravo pour ça ça se joue en mixité dans le cadre de l'école on peut jouer en mixité on a ce rugby à 5 sans choc sans placage basé sur la passe et l'évitement vous faites j'adore le foot mais vous faites jouer au foot les garçons vont avoir tendance à prendre le dessus physiquement et à jouer entre eux pour une professeure des écoles je dis une parce que 90% sont souvent des femmes on fait la passe à la personne à côté de soi et donc en fait c'est un sport mixte par excellence qu'on peut jouer dans un gymnase ou dans une cour d'école et puis il y a les dimensions il y a les dimensions de lien qui est consubstantiel du rugby on est un sport de contact on est un sport de lien on est un sport qui sait faire la fête aussi

32:54
Présentateur

dans contact il y a aussi lien c'est ce que j'ai entendu Florent il n'y a pas seulement une tête l'une contre l'autre Nathalie juste une seconde je voudrais qu'on écoute la note vocale de Lola qu'on découvre ensemble

33:02
Locuteur non identifié

oui je me demande pourquoi on ne parle pas plus en France du touch rugby qui est un rugby qui nous vient d'Australie qui peut être à la fois mixte féminin et masculin et qui est surtout sans plaquage est-ce que ce ne serait pas du coup un peu le futur du rugby

33:15
Présentateur

est-ce que c'est le futur du rugby le touch rugby Florian Grille c'est marrant comme on veut vraiment changer les règles de bout en bout quand même ça fait beaucoup

33:22
Invité

non mais en fait c'est en France la version du touch rugby c'est le rugby à 5 c'est celui dont je vous parlais basé sur c'est des règles un tout petit peu différentes mais c'est très proche dans l'esprit du touch rugby et c'est le rugby à 5 pardon mais dans le rugby à 5 c'est le même terrain non on joue sur des demi-terrains largeurs mais on peut jouer dans un gymnase ça fait beaucoup cavalier

33:40
Présentateur

j'ai eu très très peur

33:42
Invité

vous savez il y a 1950 clubs en France d'ailleurs j'engage tous les auditeurs à y envoyer et leurs enfants ou à y venir eux-mêmes comme bénévoles parce que les séances les scènes de fraternité qu'ils voient dans les stades en fait ils peuvent les voir dans les clubs et il y a pratiquement 600 qui pratiquent le rugby à 5 aujourd'hui donc il y a plein de variétés de rugby qu'on peut pratiquer à tout âge en mixité sans plaquage et puis on peut si on a envie aller vers le plaquage et on y va très progressivement et effectivement on voit aujourd'hui beaucoup à la télé la partie supérieure de l'iceberg mais croyez-moi la réalité c'est pas celle-là

34:16
Présentateur

mais cette partie supérieure de l'iceberg elle a une vertu d'exemple et c'est elle qui entraînera des changements y compris dans les assurances y compris dans le retour à l'emploi parce qu'il ne faut pas se mentir Mathieu Blien l'a dit tout à l'heure lorsque vous avez dit c'est grave lorsque vous vous êtes du coup mis de côté mais qu'est-ce qui s'est passé on vous a pris pour un sportif qui n'était pas complètement entier capable de supporter mon dieu ce choc et donc pas à la hauteur alors que c'est pas vrai il faut que des grands sportifs des grands champions disent stop disent non là j'ai mal là je reprends pas pour que des plus jeunes justement eux aussi acceptent de dire stop avant qu'il soit trop tard et il y a tout un écosystème autour des joueurs qu'il va falloir réformer oui les assureurs doivent prendre leur part oui quand on est blessé bien il faut accepter que le retour à l'emploi soit plus long et difficile mais qu'il soit accompagné beaucoup se sont retrouvés seuls et isolés et c'est peut-être ça aussi l'enseignement Dupont de ces 15 derniers jours Nathalie je vais vous confier la dernière note vocale c'est pas une note vocale le dernier message sur Whatsapp celui de Marc qui dit bonjour la santé en vend tout l'équipe de France peut-elle gagner sans Antoine Dupont absolument on a gagné en 98 sans Laurent Blanc c'est vrai et bien voilà la finale il ne l'a pas joué Laurent Blanc et bien ce sera ça la phrase de conclusion mais il y avait Zidane quand même c'est vrai il y en avait un peu d'autres mais bon quand même merci beaucoup merci vraiment à Florian Grill et merci à Mathieu bien merci à tous pour vos très nombreuses questions

"Antoine Dupont ne doit pas jouer à tout prix." Florian Grill, pour qui la règle du plaquage doit évoluer · Pourquijevote