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InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 28 mai 2026 24 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleÉducation & rechercheSécuritéInstitutions & élections

Agnès Evren : « La ville de Paris avait été alertée dès 2015 sur le périscolaire »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Est-ce que pour vous, la mairie de Paris est responsable de ce scandale ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est Anne Hidalgo qui est responsable, selon vous ?

  • 1:15OuverteRéponse directe

    Comment vous l'expliquez, parce que vous dites il y a eu des alertes, elles n'ont pas été entendues. Pourquoi elles n'ont pas été entendues ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez alerté la mairie de Paris à l'époque ?

  • 2:15OuverteRéponse directe

    Mais est-ce qu'en Conseil de Paris, ces sujets ont été évoqués ?

  • 2:45OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous attendez de cette commission d'enquête ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Agnès ÉvrenFait
    « la ville de Paris avait été alertée dès 2015 via un rapport de l'inspection générale avec des préconisations et qu'en fait il ne s'est rien passé. »
  • 1:00Agnès ÉvrenFait
    « on parle là de crimes et délits commis sur des enfants de 3 ans, de 4 ans, de 5 ans que la ville de Paris était informée qu'à aucun moment, la ville de Paris n'a saisi la justice »
  • 2:00Agnès ÉvrenFait
    « la loi Payon de 2013 qui fait qu'il fallait appliquer la nouvelle réforme des rythmes scolaires »
  • 2:30Agnès ÉvrenFait
    « on a pris le tout venant sans aucune formation. Donc il a fallu recruter beaucoup de monde en un temps limité. Et sans aucune exigence, finalement. »
  • 3:00Agnès ÉvrenPromesse
    « il faut complètement refonder, évidemment, le fonctionnement du périscolaire et éventuellement sortir même, je dirais, les écoles maternelles du dispositif périscolaire »
  • 3:30Agnès ÉvrenChiffre
    « 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violence sexuelle »
  • 4:00Agnès ÉvrenFait
    « il y a eu en fait dans le 7e arrondissement à l'école Saint-Dominique, des parents donc qui se sont plaints d'un animateur. L'animateur a été déplacé et venu dans le 15e »
  • 4:30Agnès ÉvrenChiffre
    « on a une école sur six qui est concernée à Paris »
  • 5:00Agnès ÉvrenFait
    « il faut une transparence totale et absolue. Même s'il n'y a pas de condamnation ? Oui, il faut alerter. »
  • 5:30Agnès ÉvrenFait
    « Cette PPL d'Hervé Moret, moi je la salue parce qu'en fait elle répond exactement à toute la problématique de ce qui s'est passé à Paris »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Agnès Évrenne, vous êtes sénatrice, LR de Paris, rebonjour conseillère de Paris. Paris au cœur du scandale du périscolaire. Le parquet a ouvert plusieurs enquêtes pour de possibles violences. 84 écoles maternelles, une vingtaine d'écoles élémentaires, une dizaine de crèches visait le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qui parle de quelque chose de systémique et en fait la priorité de son mandat avec un plan d'action à 20 millions d'euros qui vise à garantir la transparence totale envers les familles.

Agnès Évren, vous demandez une commission d'enquête pour faire la lumière sur les violences sexuelles systémiques dans le périscolaire. Est-ce que pour vous, la mairie de Paris est responsable de ce scandale Oui, je pense que la mairie de Paris est responsable. La municipalité sortante est responsable.

Pourquoi ? Parce que vous l'avez dit, les chiffres sont glaçants, 110 écoles parisiennes concernées et il y a clairement un caractère systémique puisqu'en fait, il y a une école sur six. Et la difficulté en fait, c'est que les alertes existaient.

Les alertes existaient et plutôt que de saisir la justice, la ville de Paris a tout simplement déplacé des animateurs d'école en école qui, pour certains, sont passés des délits à des crimes. Et ce sont les parents qui se sont substitués en fait à l'institution et ont porté plainte, ont saisi la justice. Et c'est ça qui est inadmissible.

Donc il y a une responsabilité politique, et moi je le dis, je pense qu'il y a une responsabilité pénale également parce que la ville de Paris avait été alertée dès 2015 via un rapport de l'inspection générale avec des préconisations et qu'en fait il ne s'est rien passé. Les maires d'arrondissements, notamment Jean-Pierre Lecoq en 2015 avait alerté également. Onze ans après, il ne s'est toujours rien passé. ou de la mer de Paris ?

Est-ce que c'est Anne Hidalgo qui est responsable, selon vous ? Écoutez, vous avez dû tout suivre les vidéos qu'on a vues ces dernières semaines qui sont sorties. Il y a eu, comment dire, une forme de mépris vis-à-vis de la parole des enfants, vis-à vis-à-vis de la parole des élus, vis-à-vis de la parole des familles également.

Moi, je dis juste, encore une fois, qu'on parle là de crimes et délits commis sur des enfants de 3 ans, de 4 ans, de 5 ans que la ville de Paris était informée qu'à aucun moment, la ville de Paris n'a saisi la justice et qu'encore une fois, ce sont les parents qui ont permis que ces affaires puissent arriver devant la justice parce qu'elles n'ont porter plainte. Et c'est ce qu'on reproche nous aujourd'hui à la ville de Paris. Mais comment vous l'expliquez, parce que vous dites il y a eu des alertes, elles n'ont pas été entendues.

Pourquoi elles n'ont pas été entendues ? Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Quel est le problème Mais c'est un problème global de dysfonctionnement absolu.

Je pense qu'il y a des responsabilités à la fois dans les signalements, dans le recrutement, dans l'organisation en fait du temps périscolaire à Paris parce qu'à l'origine de cette affaire, il faut y revenir. C'est la loi Payon de 2013 qui fait qu'il fallait appliquer la nouvelle réforme des rythmes scolaires. Sauf qu'à Paris, il a fallu une massification du recrutement des agents de la ville de Paris qui allaient être animateur.

Et donc, on a pris le tout venant sans aucune formation. Donc il a fallu recruter beaucoup de monde en un temps limité. Et sans aucune exigence, finalement.

Une façon un peu négligente. Et on n'a pas regardé ni les casiers judiciaire, ni la formation de ces animateurs. Sauf que quand on met un animateur face à un enfant de 3 ou 4 ans, il y a un minimum de formation.

En fait, certains disent « Ah, mais moi j'aurais aimé mieux faire, mais je ne savais pas. Ils ont juste, en fait, eu des des slides d'une journée, voilà. Donc ça n'est pas possible et moi, ce que je dis aujourd'hui, c'est qu'il faut complètement refonder, évidemment, le fonctionnement du périscolaire et éventuellement sortir même, je dirais, les écoles maternelles du dispositif périscolaire.

Mais vous dites qu'il y a eu des alertes, vous êtes conseillère de Paris, vous étiez conseillère de Paris, vous avez su des choses, vous avez vu des choses, vous avez alerté la mairie de Paris à l'époque ? Oui, alors ce qui s'est passé, c'est que je suis moi-même concernée en tant qu'élu du 15e arrondissement. Il y a eu en fait dans le 7e arrondissement à l'école Saint-Dominique, des parents donc qui se sont plaints d'un animateur.

L'animateur a été déplacé et venu dans le 15e, à l'école volontaire. Il a été déplacé et ensuite il a commis justement au départ dans le 7e, on lui reprochait en fait, comment dire, une attitude un peu agressive vis-à-vis d'enfant. Dans le 15e, c'est pire, il a violé.

Et donc en fait, on s'est dit mais pourquoi est-ce que cet animateur a été déplacé sans même être suspendu ? Ah ben il fallait lui donner une seconde chance. Et donc le principe de précaution n'a pas été appliqué.

Mais est-ce qu'en Conseil de Paris, ces sujets ont été évoqués ? Et est-ce que c'est Anne Hidalgo qui faisait ce type de réponse Non, ce n'est pas Anne Hidalgo. Vous avez tout à fait raison de demander des précisions.

C'est en fait ce qu'on appelle la CASPE. Il y a une organisation à l'échelon local des directions des affaires scolaires. Il se trouve que, par exemple, à l l'origine de ce scandale, c'était dans une école du 11e arrondissement où une maman expliquait que son enfant avait changé de comportement, qu'il faisait pipi au lit, que l'enfant n'était pas bien, qu'elle le sentait.

Il parlait, il décrivait des jeux avec son zizi, il expliquait ce qui s'est passé. La maman est allée voir la directrice de l'école maternelle qui a immédiatement informé la caspeu, donc la chef des affaires scolaires locales et pour ne pas affoler les parents, elle a dit on étouffe l'affaire, on n'en parle pas, sinon ça va inquiéter. Et d'ailleurs cette directrice visiblement a été mutée je ne sais pas où, on n'a jamais eu de réponse, c'est ce type de réponse qu'on a demandé à madame Hidalgo où est passée la chef de la caspe qui malheureusement a tu tout ce qui s'est passé au lieu justement d'être lanceur d'alerte et de saisir la justice.

Et là vous n'avez pas eu de réponse ? Il y a une omerta systémique et moi c'est ça que je je dénonce depuis 11 ans une omerta absolue. Quand il s'agit d'autres affaires, d'autres scandales, notamment dans l'enseignement catholique, on en entend parler matin, midi et soir.

Là, on parle de l'école publique, d'une collectivité qui malheureusement est restée dans l'inertie pendant 11 ans alors qu'elle savait mais par exemple animateur dont vous parlez qu'est ce qu'il est devenu il est sorti aujourd'hui celui du 15e ils ont été il y en a 78 qui ont été suspendus, évidemment, pour crimes et délits. Parfois ce sont des délits et parfois ce sont des crimes, c'est-à-dire des viols. – Qu'est-ce que vous attendez de cette commission d'enquête Puisque vous demandez une commission d'enquête, qu'est-ce que vous en attendez et quelle va être votre marge de manœuvre ?

Parce qu'on le disait, il y a beaucoup d'enquêtes en cours et une commission d'enquête parlementaire ne peut pas empiéter sur des affaires judiciaires en cours. – Absolument. – Quelle va être votre marge de Alors, d'abord, on a demandé également au Conseil de Paris une AMIE, une mission d'information et d'évaluation.

Pourquoi ? Parce qu'en fait, entre 2014, 2015 et 2025, il y a une espèce de trou noir. On ne sait pas véritablement.

L'affaire, elle a éclaté il y a un an seulement. En 2025, dans une école dans le 11e, Alphonse Baudin, où tout est parti de là. Donc on veut savoir, en fait, comment ça s'est passé ?

Est-ce qu'il y a eu d d'autres viols qui ont été commis. Et moi, la commission d'enquête que je demande, elle est beaucoup plus large. Elle est plus large sur l'encadrement des enfants dans le périscolaire au plan national.

Il y a d'autres affaires actuellement. Donc pas uniquement à Paris ? Pas uniquement à Paris.

Non, non, il faut sortir du cadre parisien. On a cette MIE. Il y a eu aussi des affaires à Marseille, à Lyon, à Bordeaux.

Mais la différence encore une fois à Paris, c'est que ce sont les parents qui se se sont substitués, je le redis à l'institution, pour faire des articles 40 et aider la justice. Donc moi je dis juste qu'il faut réorganiser et faire en sorte qu'on ait des animateurs qui soient absolument formés, qu'on ait des contrôles d'honorabilité, comment se fait-il qu'on n'a pas regardé le casier judiciaire ou voir s'il y avait eu des antécédents historiques dangereux pour ces animateurs, encore une fois, qu'on mettait face à des enfants. C'est tout l'intérêt de cette commission d'enquête.

Est-ce que les choses ont changé depuis l'arrivée d'Emmanuel Grégoire à la mairie de Paris, qui a révélé avoir lui-même été victime quand il était enfant. Il fait de cette lutte contre les scandales dans le périscolaire sa priorité absolue. Vous l'avez dit, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violence sexuelle.

Est-ce qu'il prend les bonnes mesures ? On a voté son plan de 20 millions. La seule chose, encore une fois, c'est que cette mission d'information doit être mise en place très très rapidement parce que pour l'instant, on n'a pas de réponse à nos questions.

Il y a des enfants, des familles qui sont absolument traumatisés. Il y en a pour certaines qui ne savent pas, ils sentent que l'enfant a changé mais ils ne savent pas s'il y a eu des délits ou des crimes qui ont été commis. Donc franchement...

Mais c'est encore des questions en Conseil de Paris, c'est un sujet qui j'imagine est très présent. Quelle question vous posez à Emmanuel Grégoire et sur quel sujet vous n'avez pas encore de réponse On n'a pas de réponse en fait sur des mutations de directeur des affaires scolaires qui ont disparu, on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas véritablement pourquoi est-ce que les maires d'arrondissement ne sont pas immédiatement alertés quand il y a ce type de crime qui est commis et que la ville de Paris est au courant. Il y a une forme d'opacité, il y a une forme d'inertie pendant 11 ans et donc on ne peut pas comme ça en l'espace de 6 mois, même si je le reconnais, il a fait un conseil de Paris exceptionnel sur ce sujet-là.

Moi je suis extrêmement vigilante. On a des familles qui sont en détresse et qui se sont substituées à la ville de Paris pour prendre le sujet à bras-le-corps et c'est les familles-là, on doit être à leur côté. Et dans le même temps, il y a les animateurs du Périscolaire qui ont manifesté mardi.

J'imagine que vous les avez vus, entendus. Je les ai reçus la semaine dernière. Est-ce que vous comprenez leur colère ?

Ils disent qu'on est tous stigmatisés, on est tous cloués au pylori. Bien sûr. Et donc je tiens à leur dire, moi, qu'il y a des animateurs absolument formidables.

Et d'ailleurs, beaucoup nous ont expliqué que le métier devenait impossible parce que dès qu'ils ne peuvent même plus hausser le ton, l'enfant risque ensuite d'aller dire j'ai été agressé. Donc bien évidemment, il ne faut pas tout mélanger, il ne faut pas faire d'amalgame. Là, encore une fois, il y a 78 animateurs qui ont été suspendus.

Ils sont tous dans des situations précaires parce qu'encore une fois, vous savez le temps périscolaire, ce sont quelques heures éclatées, le lundi, le mardi, le jeudi et que c'est très mal payé. Et que donc nous on redemande d'ailleurs une amélioration des conditions salariales et un respect de leur statut. Ce qui n'est pas le cas.

Les choses sont très claires aujourd'hui. D'ailleurs, c'est pour ça que ce n'est pas un métier qui est très valorisé, il faut le dire. Et vous le dites, Agnès Évren, ça ne concerne pas que Paris, ces scandales dans le périscolaire.

C'est un problème national et dans ce contexte, le Sénat a donc adopté hier une proposition de loi du centriste Hervé Moret pour renforcer les contrôles des adultes travaillant auprès des enfants, André. Oui, car les affaires de violence et d'agression sexuelle ne se limitent évidemment pas à la capitale. Elles touchent l'ensemble des secteurs de l'encadrement des mineurs, du périscolaire au sport, en passant par les centres de loisirs ou encore l'aide sociale à l'enfance.

On écoute hier le garde des Sceaux. Confierait-on nos enfants à des inconnus croisés dans la rue ? Evidemment que non.

Mais c'est pourtant ce que nous nous faisons ce que la loi parcellaire nous conduit à faire, faute d'assurance sur le passé, sur le laisser aller finalement d'inconnus qui s'en occupent. Face à l'urgence et pour pallier à se laisser aller, comme l'a dit le garde des Sceaux, le texte d Hervé Moret vise à renforcer les vérifications avant recrutement. L'objectif, éviter que des personnes qui présentent un risque puissent continuer à travailler avec des enfants comme cela a pu être le cas, faute de contrôle suffisant ou de circulation d'informations entre les administrations.

Alors aujourd'hui, il existe déjà des dispositifs mais ils varient selon les structures. Parfois c'est à la personne employée de justifier de son honorabilité. D'autres fois, l'enquête doit scolaire pour le niveau de l'école primaire, donc hors HATSEM, n'est pas couvert par le contrôle d'honorabilité.

Les personnels d'établissements scolaires privés hors contrat ne sont pas non plus contrôlés. On lit même sur le site du ministère du Travail qu'un particulier qui ferait la demande d'une attestation d'honorabilité en vue de la transmettre à un employeur pour un poste d'encadrant dans un service périscolaire s'exposerait, je cite, à des poursuites car la loi ne prévoit pas que ce métier soit soumis au contrôle d d'honorabilité. Le texte qui a été voté hier, pardon, qui est soutenu par le gouvernement généralise le contrôle d'honorabilité à toutes les personnes qui travaillent auprès d'enfants, ça peut être dans le sport, dans le périscolaire, dans le public, dans le privé, même pour les gardes d'enfants à domicile.

La procédure est très rapide, elle se fait en trois jours et permet de vérifier qu'une personne n'a pas de condamnation au casier judiciaire ni d'inscription au fichier des auteurs d infractions sexuelles ou violentes. Une étape saluée par les sénateurs mais pour beaucoup il faut aller plus loin. Il faudra donc aller plus loin, créer un véritable registre national des interdictions à exercer, harmoniser les listes d'infractions entre les différents codes, mettre en place une évaluation psychologique des encadrants dans tous les secteurs.

Nous avons besoin d'un véritable ministère dédié à l enfance avec des moyens clairs, identifiés et pérennes. Nous avons besoin de renforcer la formation des personnels du périscolaire, de mieux encadrer leurs conditions de recrutement et de suivi. Nous avons besoin de créer des espaces sécurisés pour la parole de nos enfants, où ils peuvent être entendus, crues et protégés.

Madame Evren, est-ce que vous êtes de l'avis de vos collègues ? Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce que ce n'est qu'un point d'étape C'est déjà très bien, parce que la protection de l'enfance a été sous-traitée depuis des années dans ce pays et on a vraiment besoin d'un sursaut collectif.

Cette PPL d'Hervé Moret, moi je la salue parce qu'en fait elle répond exactement à toute la problématique de ce qui s'est passé à Paris, où en fait il y avait une absence totale de contrôle d'honorabilité. On a mis des animateurs sans vérifier s'ils avaient eu des antécédents sur des sujets d'abus sexuels par exemple. Et donc oui, il faut aller plus loin, il y Il y a le fichier également, justement, sur tous les antécédents historiques sur les affaires sexuelles.

Et qu'il faut que cet accès à ce fichier soit absolument automatique. Et que les signalements des désormais soient immédiatement pris en compte. À Paris, il y a eu des signalements qui, encore une fois, ont été totalement ignorés.

Moi, j'ai le souvenir, pour répondre encore à la question que vous posiez tout à l'heure de Mme Hidalgo, qui disait qu'on est dans les statistiques nationale sur ce sujet. Ça a été dit en Conseil de Paris quand on a expliqué qu'il y avait quand même de plus en plus de parents d'élèves qui se plaignaient d'une école dans le 11e arrondissement. On est dans les statistiques nationales et on a balayé ça d'un revers de Donc, non, on n'est pas dans les statistiques nationales, encore une fois, puisqu'on a une école sur six qui est concernée à Paris.

C'est un scandale systémique. Alors, justement, le sénateur Moret, il souhaitait permettre aux employeurs d'être informés de certaines mises en cause dans des affaires de violences sexuelles, y compris quand elles ont été classées sans suite. Parce qu'il y a eu un cas, justement, à Paris, d'un animateur qui avait été mis en cause et qui a ensuite agit dans une autre école.

Pour la commission des lois, ça allait trop loin parce qu'il y a la présomption d'innocence et puis il pouvait y avoir aussi des accusations, des calomnies. Vous en pensez quoi, vous, de cette idée finalement qui a été retoquée par la commission de permettre à l'employeur de savoir quand il y a eu une mise en cause et juste une mise en cause. C'est une obligation, c'est une évidence.

Il faut savoir qu'actuellement, les maires d'arrondissement ne sont absolument pas au courant quand dans leurs propres écoles, il y a des animateurs qui sont visés par ce type de signalement. Et donc évidemment il faut une transparence totale et absolue. Même s'il n'y a pas de condamnation ?

Oui, il faut alerter. Il faut informer pour qu'on puisse éventuellement anticiper. Mais vous dites comme Emmanuel Grégoire, il faut assumer d'être injuste, c'est-à-dire à la moindre suspicion et il faut écarter.

Principe de précaution. Principe de précaution. Je veux dire, ne pas Ne pas suspendre, ne pas écarter des animateurs, même par précaution, parce qu'ils ont une attitude agressive vis-à-vis d'un enfant, ça n'est pas acceptable.

Donc au moindre signalement, au moindre doute, à la moindre interrogation, on applique le principe de précautions et le gouvernement qui en parallèle de l'examen du texte au sénat présente aussi des mesures un texte sur la protection de l'enfant c'était présenté hier on conseille des ministres parmi les mesures des contrôles judiciaires renforcés dans le périscolaire et puis cette annonce hier du ministre de l'éducation nationale qui annonce une liste noire. On l'écoute. Le principe de la liste noire, c'est très simple, c'est un fichier d'interdit d'école.

Ce sont des adultes auxquels nous interdirons l'accès à l'école comme professeur, comme annuateur périscolaire, comme intervenant associatif ou autre, parce qu'ils auront été au préalable identifiés comme ayant commis des actes qui ne sont pas acceptables sur les mineurs. Ça peut être des sanctions évidemment pénales, mais ça peut être aussi des personnes qu'on aurait nous-mêmes licenciées parce qu'elles auront eu un comportement avec des mineurs qu'on considère inapproprié. Cette liste Loire, c'est une bonne mesure ?

C'est une très très bonne mesure. C'est dommage qu'à chaque fois en France, dès qu'il y a un problème, quand la crise arrive à son paroxysme, on a enfin des réponses. Mais ce type d'animateurs qui sont des prédateurs, leur place, elle n'est absolument pas à l'école, elle n'est pas dans des centres de loisirs, elle n'est pas dans des clubs de sport.

Elle est parfois à l'hôpital ou en prison, mais certainement pas devant des élèves. Quand un enfant arrive dans son école, il doit être enfermé dans une bulle de sécurité, dans une bulle de protection, dans une bulle de bienveillance. Il n'est pas normal encore une fois que tout ça va laisser des séquelles et des enfants qui étaient là pour apprendre, pour jouer, à être dans l'interaction se retrouvent aujourd'hui avec un très lourd fardeau qu'ils vont devoir gérer.

Il faut le dire, toute leur vie sont des séquelles à vie, les psychologues le disent. On a beaucoup parlé évidemment de séquelles. On a beaucoup parlé évidemment de ces scandales dans le périscolaire.

On va terminer sur une note positive parce que fort heureusement, il y a beaucoup d'endroits où ça se passe bien. On va en Meurthe-et-Moselle. Bonjour Claude Thomas.

Vous êtes maire sans étiquette de Le Monde. Vous avez mis en place ce que vous appelez un périscolaire premium. En quoi ça consiste ?

Alors c'est pas moi qui l'ai appelé premium, c'est d'autres collègues à vous. En quoi ça consiste ? C'est vrai que j'ai écouté le début de votre émission, on n'a pas beaucoup parlé de projets éducatifs par exemple, ça me paraît essentiel.

La sénatrice Evrenne a parlé d'emplois précaires aussi et je confirme qu'on est sur des emplois précaires donc je crois qu'on a travaillé sur ces deux questions-là. La première question, donc sur le projet éducatif, c'est se dire que cet espace-là en aucun cas n'est un espace simplement de garderie mais vraiment un espace d'émancipation, de citoyenneté, un espace où on est attentif à l'environnement. Et puis la deuxième question de l'emploi précaire, oui c'est sont des emplois précaires, souvent mal payés, fractionnés.

Donc nous on a essayé de travailler sur ici d'avoir des contrats les plus longs possibles avec des temps de formation, des temps de préparation dédiés, des Il y a tant de rencontres entre l'équipe et puis on a la chance, puisqu'on est dans un village, d'être très en proximité de l'équipe éducative, de l'équipe du Périscalar. C'est vrai. Vous parlez d'or, monsieur, en effet, mais c'est vrai que ce n'est pas comparable.

Paris, c'est 14 000 animateurs, dont 10 000 sont vacataires. Et là où vous avez entièrement raison, c'est qu'il faut parler de projet éducatif. On a l'affaire à des enfants, encore une de fois qu'il faut stimuler et donc le problème à Paris, vous l'avez très bien dit, c'est qu'en fait c'était une garderie, ce n'était pas du tout des activités périscolaires qualitatifs, on devait tout simplement gérer et donc nous on a un vrai sujet à Paris c'est le turnover c'est qu'en effet c'est très difficile de trouver des animateurs quand on a des horaires éclatés comme ça où on fait deux heures par ci une heure par là en fonction en fonction des jours donc oui moi j'aimerais bien qu'on puisse travailler plus sur le plan qualitatif des activités du temps périscolaire mais pour ça ça demande encore une fois une véritable formation ils ne sont absolument pas formés Juste vous entendez effectivement il y a une différence entre les petites villes, les villages et les grandes villes ça a un coût pour votre commune monsieur le maire et est-ce que selon vous c'est un modèle qui est duplicable à une grande ville ?

Je ne sais pas s'il est duplicable à une grande ville, pourquoi pas. Encore une fois, la question du projet éducatif c'est à mon avis applicable partout. La question de la La formation, la sénatrice Évrenne en parle.

Oui, aujourd'hui, on a des animateurs qui, pour la plupart, ont le BAFA, par exemple. Je pense qu'on a besoin aussi d'être accompagnés. Je ne sais pas quels sont les moyens, par exemple du ministère de Jeunesse et Sports pour accompagner ces espaces-là.

Dans le ministère de Jeunesse et Sports, il me semble-t-il qu'il y a des conseillers éducatifs. Je Je pense qu'il faudrait interroger cet espace-là aussi pour qu'ils accompagnent mieux les espaces périscolaires. Et du coup, j'ai oublié votre question.

J'ai oublié votre Le coût ? Combien ça coûte ? Nous, on est sur un reste à charge pour la commune qui représente 7-8 % du budget.

Merci, monsieur le maire. Merci beaucoup pour ces précisions et de nous avoir parler de ce périscolaire premium. Et on va évidemment y revenir dans quelques instants avec la ministre Aurore Berger.

On termine. Agnès Évren par les trois unes de la presse régionale, on les regarde ensemble. D'abord c'est la canicule à la une de la presse et l'école justement au défi de la canicule, c'est la une de l'Alsace avec notamment un enjeu dans les années à venir, c'est la rénovation thermique des bâtiments scolaires.

La deuxième une c'est celle de la Marseillaise le monde du travail étranglée à la pompe malgré les annonces du gouvernement, l'explosion des prix des carburants presse durement sur les salariés et les artisans. Et puis la dernière une celle de la dépêche mineure violent, quelle réalité les drames de Rennes et de Seine-et-Marne ont ravivé le débat sur la violence des mineurs, l'état des des lieux publiés par le ministère de l'Intérieur sur 10 ans montrent une réalité plus complexe. Il n'y a pas d'explosion générale, même si des violences sexuelles et des tentatives de missiles progressent fortement.

De quelle une avez-vous envie de nous parler ? La deuxième évidemment, le monde du travail étranglé à la pompe, parce qu'on a en France un vrai sujet d'une peur du déclassement. On a une population française qui se paupérise et qu'aujourd'hui quand on voit que dans le prix à la pompe, 60 60 % du prix, ce sont des taxes en Espagne, en Italie.

Ils ont baissé les taxes qui pesaient justement sur le prix à la pompe. Et donc je trouve que la France est malade de ces taxes et que si on veut aujourd'hui améliorer le pouvoir d achats des Français, il faut évidemment commencer par baisser ses taxes et puis aussi revaloriser le travail. Aujourd'hui, le travail n'est pas suffisamment rémunérateur en France.

Et donc nous on a un projet avec Bruno Retailleau d'essayer de rapprocher le salaire brut du salaire net au détriment de l'assistanat parce qu'il n'y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui fassent des efforts quand d'autres sont sur leur canapé, d'autres vont travailler et ils méritent de gagner bien plus que ceux qui sont dans l'assistana. Merci Anna Sévren, merci beaucoup d'avoir été notre invitée pendant cette demi-heure.

Agnès Evren : « La ville de Paris avait été alertée dès 2015 sur le périscolaire » — Agnès Evren · Pourquijevote