"On va transformer profondément le budget libéral qu'on nous prépare", affirme Eric Coquerel
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:36OuverteRéponse directe
François Ruffin étaye avec des exemples... Est-ce qu'il faut choisir son camp selon l'origine des victimes et des agresseurs ?
- 2:56RelanceRéponse directe
Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Pause comme question François Ruffin.
- 3:58FerméeRéponse directe
Les gens du Nord, vus par Jean-Luc Mélenchon en campagne à Hénin-Beaumont face à Marine Le Pen. Ça vous paraît crédible ? Oui ou non ?
- 4:56OuverteRéponse directe
Vous avez auditionné... les ministres démissionnaires... Pourquoi exiger une loi qui rectifie le budget 2024 avant 2025 ?
- 6:09FerméeRéponse directe
Un débat qui aurait lieu quand ?
- 6:25OuverteRéponse directe
Pourquoi réclamer les lettres de plafond ? Parce que vous n'êtes pas censé les avoir.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:58PrésentateurFait
« Expliquer que, parce que nous luttons contre le racisme, je vais y venir, « Nous essentialiarisons les victimes du racisme », c'est exactement reprendre les arguments du printemps républicain. »
- 2:12PrésentateurFait
« Le racisme, ce n'est pas un fait sociétal. Ce n'est pas juste quelque chose qui s'ajouterait à la situation, c'est un fait social. »
- 3:32PrésentateurChiffre
« C'est faux factuellement. J'ai même vérifié, si vous voulez, même y compris dans mes tweets, nous avons réagi. »
- 5:34PrésentateurChiffre
« Le budget des sports, c'est presque 20% d'annulation. »
- 5:42PrésentateurChiffre
« L'aide de développement, c'est 1 milliard de moins, 17,3. »
- 5:51PrésentateurChiffre
« L'éducation nationale, c'est 1,1 milliard de moins et 1,3 milliard pour la recherche. »
- 6:50PrésentateurFait
« On est dans une situation où on a déjà six semaines de retard par rapport à ce que prévoit la loi sur la transmission des informations budgétaires au Parlement. »
Temps de parole
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Et Sonia De Villers, votre invitée ce matin est députée NFP LFI de Seine-Saint-Denis et président de la commission des finances de l'Assemblée Nationale.
Bonjour Eric Coquerel. Bonjour. La France aura-t-elle un budget à Noël ? On en parle mais d'abord la polémique fait rage. François Ruffin qui fut des vôtres raconte le virage de la France Insoumise à partir de 2022 qui aurait abandonné les classes populaires blanches pour ne s'adresser qu'à la jeunesse, qu'aux quartiers, qu'aux enfants d'immigrés, au point de tracter au faciès pendant les législatives des tracts Jean-Luc Mélenchon pour les Noirs et les Arabes. Il dit avoir eu honte. Vous qui êtes élu de banlieue, vous confirmez ?
Non, bien évidemment. Écoutez, moi j'ai du respect, en tout cas j'avais du respect pour François. Ma petite histoire, c'est moi qui en 2017 avait proposé à Jean-Luc Mélenchon qu'on investisse François Ruffin alors même qu'il ne réclamait pas l'étiquette et les filles. C'est un des seuls pour qui on a fait ça. Et je pense qu'il a apporté énormément de choses. Mais là, il se livre à quelque chose qui, moi, ne me va pas du tout. Je vais essayer de rester mesuré dans mes propos.
D'abord, une première chose, c'est qu'il commence comme d'autres malheureusement, parce que ça leur donne pas mal d'audience télé, peut-être en fonction d'une ambition présidentielle pour la suite, à un peu trop marquer des buts contre son camp. Je reprends une métaphore footballistique, parce qu'on partage l'amour du foot avec François. En juillet dernier, je ne sais pas si vous vous rappelez, mais au moment où, dans le camp macroniste, on expliquait que décidément la gauche ne pouvait pas gouverner parce qu'elle ne s'entendait pas sur un nom de Premier ministre, etc.
Lui-même a cotisé à ça en expliquant que, en nous parlant de nullité de la gauche, etc., manque de chance, quelques heures après, on proposait le nom de Lucie Castel. Et là, c'est nous qui l'attaquons sur le fond de quelque chose qu'il défend depuis quelques années, sauf qu'il le défendait avec, j'allais dire, des arguments intellectuels qui me semblaient un peu plus probants, même si je n'étais pas d'accord avec lui. Alors, expliquer que, parce que nous luttons contre le racisme, je vais y venir, « Nous essentialiarisons les victimes du racisme », c'est exactement reprendre les arguments du printemps républicain. Le racisme, ce n'est pas un fait sociétal.
Ce n'est pas juste quelque chose qui s'ajouterait à la situation, c'est un fait social. C'est un fait social parce que le racisme a toujours servi en réalité le système pour imposer une hiérarchie, diviser les classes sociales et imposer sa domination. Et c'est ce qui se passe aujourd'hui.
François Ruffin étaye avec des exemples, il explique que lorsque a été commis le meurtre de Thomas à Crépole par des jeunes venus de quartiers populaires, le RN s'étale sur Twitter alors que les dirigeants de LFI n'en disent pas un mot. Quand Mourad, un jardinier, est écorgé et traité de bouignoule, le RN n'en dit rien, LFI vient en soutien. Est-ce qu'il faut choisir son camp selon l'origine des victimes et des agresseurs ?
Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Pause comme question François Ruffin. Est-ce qu'il estime que Thomas Crépel a été victime de racisme anti-blanc ? J'aimerais qu'il le dise, il ne le dit pas le terme, mais c'est un peu ça quelque part qu'il met en termes de comparaison. Et que donc nous ne réagirions pas finalement au racisme anti-blanc, qui est une invention de l'extrême droite. Puisque je sais que le racisme, il n'y a pas de racisme anti-blanc, ne serait-ce que parce que vous pouvez chercher n'importe où dans l'histoire du 14e siècle, un endroit où on a dominé, j'allais dire, des gens en fonction de leur couleur blanche. Non, je ne m'éloigne pas. D'abord, c'est faux factuellement.
J'ai même vérifié, si vous voulez, même y compris dans mes tweets, nous avons réagi. Par contre, oui, la question de ce qui s'est passé avec ce jardinier ou autre est d'une autre nature que l'agression qui s'est passée. Il y a eu des enquêtes après montrant que c'était une agression de RIC, etc. Évidemment, on a dénoncé, que nous avons dénoncé dans nos tweets. Mais c'est d'une autre nature. C'est de la nature qui est liée à la question d'un racisme qui se développe à l'organisme politique.
Les gens du Nord, vus par Jean-Luc Mélenchon en campagne à Hénin-Beaumont face à Marine Le Pen. Et il aurait relaté à François Ruffin des gens qui transpireraient l'alcool dès le matin, qui sentent mauvais, qui sont presque tous obèses. Ça vous paraît crédible ? Oui ou non ?
Non. Et donc, je trouve que c'est comme les extraits de Jean-Luc qui sont mis en pâture, sortis de leur contexte. Je vais vous dire une chose. Ce que je vous regarde dans ce qu'a dit aussi François, c'est qu'à un moment donné, il met en opposition quelque part les bastions de la classe ouvrière dans lesquelles nous ne serions plus. Ce qui est infirmé par tous les faits. Je vous incite à aller voir un tweet de Ludivine Bantini, historienne, qui récapitule toutes les luttes, y compris Goudieur, où nous avons été présents, où nous sommes présents.
Donc, laissez penser qu'en réalité, parce que nous combattons le racisme, qui est absolument indispensable, LFI abandonnerait la question sociale, c'est uniquement cotiser en réalité à ce que disent nos adversaires. Et je pense que ce n'est pas digne de François.
Parlons du budget, le vote de la loi de finances, c'est le premier bras de fer parlementaire qui attend manifestement Michel Barnier. Vous avez auditionné, en tant que président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, les ministres démissionnaires en charge de l'économie et du budget, sur l'année en cours. Et suite à cela, vous exigez, c'est nouveau, Éric Coquerel, une loi qui rectifie le budget 2024, avant même une loi de finances pour 2025. Pourquoi ?
Tout simplement parce que Bruno Le Maire conseille qu'aux 10 milliards qui ont été annulés au début de l'année, on ajoute l'annulation de 16,5 milliards qui ont été gelés. Quand je dis gelés, ça veut dire que c'est une précaution. Ça ferait 26,5 milliards d'économies sur le budget 2024. C'est énorme. Pour vous donner une idée, par exemple, le budget des sports, c'est presque 20% d'annulation. Après les JO, on nous dit qu'il faut que le sport continue de masse, continue en France, qu'on profite de l'élangeo. L'aide de développement, c'est 1 milliard de moins, 17,3. L'écologie, donc chacun constatera que théoriquement, ça devrait être prioritaire, c'est 14% en moins, 3 milliards.
Et l'éducation nationale, c'est 1,1 milliard de moins et 1,3 milliard pour la recherche. Donc, c'est des sommes conséquentes. C'est une cure d'austérité. Ce n'est pas possible que ça passe comme ça, par soit des décrets, soit, je ne sais pas, telle ou telle loi rétroactive. Donc, il faut un débat au Parlement.
Un débat qui aurait lieu quand ?
On a demandé, par exemple, qu'il y ait une séance extraordinaire. On pourrait la faire dès septembre. Et sinon, on aura le temps de les faire en octobre.
Hier encore, en plus de demander une loi de rectification, un débat autour de la loi de finances rectificatives pour le budget 2024, vous avez aussi exigé ce qu'on appelle les lettres de plafond que vous réclamez depuis plusieurs jours et que vous n'avez pas obtenues. Les lettres de plafond, c'est le détail, ministère par ministère, des budgets qui vont être alloués dans le budget 2025. Pourquoi est-ce que vous les réclamez ? Parce que vous n'êtes pas censé les avoir.
On est dans une situation où on a déjà six semaines de retard par rapport à ce que prévoit la loi sur la transmission des informations budgétaires au Parlement. Alors, tout ça procède d'un délit démocratique au départ, qui est qu'Emmanuel Macron n'a pas permis à la force d'arriver en tête le NFP de gouverner. Et donc, on accumule un retard. Mais maintenant, il faudrait peut-être arrêter. Le Parlement a le droit de se saisir d'une de ses prérogatives essentielles, qui est de discuter du budget. Nous n'avons pas eu tiré à part. Le tiré à part, en gros, c'est le détail, justement, ce qui dessine les lettres de plafond.
Donc, nous exigeons au moins que ces lettres de plafond qui ont été transmises au ministère. Et si on ne vous les donne pas ? Que, à certains moments, vous-même, Média, avez, les représentants de la nation, puissent en disposer pour commencer à débattre. Eh bien, nous irons les chercher avec Charles de Courson, lundi à Matignon, puisque c'est apparemment de là que ça part, pour les obtenir et ainsi informer la représentation nationale et les Français, ce qui me semble être le minimum.
Pourquoi réclamer à tout prix un débat quand, face à cet hémicycle qui est manifestement divisé en trois, il y aura de toute évidence blocage, dépôt de motion de censure, vote de motion de censure ?
Eh bien, pourquoi demander que le Parlement joue son rôle ? Ça me semble assez normal, quand même. On est quand même, théoriquement, on est quand même encore dans une démocratie. Et j'ai l'impression que, d'ailleurs, on se porterait un peu mieux que le pouvoir, ce, j'allais dire, se déplace de l'exécutif où il est aujourd'hui dans les mains d'un seul homme. Justement, à l'Assemblée nationale, à mon avis, les choses s'en porteraient mieux. Donc, ce que nous réclamons, c'est ça. On réclame de pouvoir en débattre. Et moi, je vais vous dire une chose. Dans ma commission, on va transformer profondément le budget libéral qu'on est en train de nous préparer.
Et on verra bien, à ce moment-là, ce que fait le gouvernement. Et vous verrez que nous allons le transformer profondément en faveur des mesures de justice fiscale, de valoriser les revenus du travail, puisqu'on parlait tout à l'heure de capital travail. Et ça sera quelque chose, à mon avis, qui sera bénéfique. On verra ce que fait le gouvernement, à ce moment-là.
Merci, Éric Coquerel.
Éric Coquerel