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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 13 février 2022 54 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheInstitutions & électionsSolidarités & familleSanté

Le masque "vraisemblablement" plus obligatoire en classe d'ici le "printemps", selon Jean-Michel Blanquer

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 48 %Attaque 34 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:04OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous décrire le nouveau protocole sanitaire à l'école ?

  • 3:44RelanceRéponse partielle

    La fin du masque à l'intérieur dans les classes, c'est envisageable dès le 22 février ?

  • 3:57FerméeÉludée

    Est-ce que c'est envisageable à partir de quand ?

  • 4:29OuverteRéponse directe

    Quels sont les critères de la Haute Autorité pour alléger à nouveau ?

  • 4:44RelanceRéponse directe

    Sur quoi vous fondez-vous pour pouvoir alléger de nouveau ?

  • 5:30ComplaisanteRéponse directe

    Les quatre tests pour revenir à l'école, c'était baroque pour les parents.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:31Invité politiqueChiffre
    « On a pratiquement divisé par 10 le nombre de cas entre le 25 janvier et la fin de la semaine dernière. »
  • 3:15Invité politiqueFait
    « On passe de ce qu'on appelle le niveau 3 au niveau 2 à l'école primaire. »
  • 5:53Invité politiqueFait
    « On passe à un seul test qui est fait à J2. »
  • 10:31Invité politiqueFait
    « Il y avait un très grand défi du mois de janvier qui était d'assurer le remplacement. »
  • 18:47Invité politiqueFait
    « De 2017 à 2021, à septembre 2021, nous avons constaté un progrès sur chacun de ces ensembles. »
  • 20:35Invité politiqueChiffre
    « Pour les écoles d'ingénieurs, on est passé de 25,6% de filles à 26,8%. »
  • 26:27Invité politiqueChiffre
    « On a créé 80 campus professionnels d'excellence dans toute la France. »
  • 31:48Invité politiqueFait
    « Le mot annulation, le mot cancel, n'est pas un mot qui me plaît beaucoup. »
  • 33:27Invité politiqueFait
    « Je prends la lutte contre l'homophobie par exemple, qui est un sujet extrêmement important que j'ai pris à bras-le-corps depuis que je suis ministre. »
  • 49:55Invité politiqueFait
    « Nous avons réduit les inégalités de résultats entre les élèves des 20% des territoires les plus défavorisés par rapport au reste des 80% de la population. »
  • 49:46Invité politiqueFait
    « Une partie importante des réformes sociales de ce gouvernement sont venues de mon ministère. »
  • 50:06Invité politiqueChiffre
    « on est passé de 13 à 12 »
  • 50:07Invité politiqueChiffre
    « de 13 à 7 »
  • 50:08Invité politiqueChiffre
    « de 13 à 7 points d'écart »
  • 50:11Invité politiqueFait
    « c'est une performance très importante »
  • 50:15Invité politiqueFait
    « les inégalités trouvent leur racine pendant l'enfance »
  • 50:21Invité politiqueFait
    « je me définis comme un républicain social »
  • 50:41Invité politiqueFait
    « la partie populaire du peuple la plus populaire du peuple en particulier voit qu'elle est abandonnée par la gauche pour de faux combats »
  • 51:08Invité politiqueFait
    « il y a d'abord un phénomène international et donc il y a une sorte de vague qui existe »
  • 51:16Invité politiqueFait
    « cette défaillance de la gauche dont nous venons de parler »
  • 51:20Invité politiqueFait
    « bonne partie des anciens électeurs du parti communiste sont aujourd'hui à l'extrême droite »
  • 51:30Invité politiqueFait
    « certains à l'extrême droite ont parfois nommé des choses que d'autres refusaient de nommer »
  • 51:37Invité politiqueFait
    « c'est après 5 ans on en revient à l'extrême droite pose des bonnes questions mais apporte des mauvaises réponses »
  • 51:42Invité politiqueFait
    « cette formule de Laurent Fabius elle a ses limites mais elle a aussi une part de réalité »
  • 51:57Invité politiqueFait
    « j'avais été très critiqué pour ça »
  • 52:05Invité politiqueFait
    « on a été regarder des écoles clandestines etc »

Temps de parole

  • Invité politique76 %
  • Présentateur9 %
  • Intervenant5 %
  • Intervenant 23 %
  • Intervenant 32 %
  • Auditeur2 %

2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique du dimanche de France Inter à la radio, de France Info à la télévision en partenariat avec le journal Le Monde. Celui qui a accepté notre invitation et qui sera donc avec nous et en direct jusqu'à 13h est ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports depuis le début du quinquennat en 5 ans. Un record pour un ministre en charge de l'école. Il a imposé sa marque sur le système scolaire avec dans le primaire par exemple le dédoublement des classes de CP et du CE1 mais plus encore au lycée peut-être.

Avec l'introduction de Parcoursup et la réforme du bac, ce qui ne s'est pas fait sans tension avec le corps enseignant. Un corps enseignant qui a mal vécu une crise sanitaire, qui a d'abord imposé l'enseignement à distance avant de multiplier les protocoles sanitaires plus ou moins baroques et plus ou moins annoncés à l'avance. Pour notre invité, c'était le prix à payer pour maintenir l'école ouverte, sa priorité. Mais il a dû aussi payer le prix d'une impopularité croissante dans les salles des profs. A l'heure où le gouvernement semble vouloir refermer la longue parenthèse de la crise du Covid, quel bilan fait-il de ces plus de deux années chaotiques à l'école ?

Pourquoi a-t-il fait de la lutte contre le wokisme une de ses priorités ? Comment le ministre de la Jeunesse compte-il convaincre les jeunes d'aller voter dans deux mois ? On parlerait aussi de la possible réforme, de la réforme du bac, des salaires des profs et de sa position qu'on dit fragilisée au sein du gouvernement. Jean-Michel Blanquer, c'est lui. Et jusqu'à 13h en direct, l'invité de Questions Politiques.

1:36
Locuteur non identifié

Questions Politiques. Thomas Négaroff sur France Inter.

1:41
Présentateur

Bonjour Jean-Michel Blanquer. Bonjour Thomas Négaroff. Merci d'avoir accepté notre invitation pour vous poser des questions. Je ne serai pas tout seul, je serai en compagnie de la bande de Questions Politiques avec cette semaine Nathalie Saint-Clic de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour à tous. Bonjour Françoise Fresseuse du Monde. Bonjour à tous. Et salut Karine Becker de France Inter. Salut tout le monde. Le hashtag QuestionPol pour vos questions et vos commentaires. Jean-Michel Blanquer, vous avez annoncé vendredi le nouveau protocole sanitaire pour la rentrée des vacances du février. C'est très tôt. On verra pourquoi c'est si tôt cette fois-ci.

Est-ce que ça veut dire que c'est un retour progressif à la normale qui s'engage ?

2:15
Invité politique

C'est en tout cas ce que l'on peut espérer, même si bien sûr personne ne peut prédire l'avenir à long terme sur ces questions. On le sait bien. Mais enfin néanmoins, on a évidemment le sentiment que la cinquième vague a son pic derrière nous et que même la descente actuelle des chiffres sanitaires est impressionnante. Et donc elle nous permet d'avoir un relatif optimisme. Je rappelais qu'on a pratiquement divisé par 10 le nombre de cas entre le 25 janvier et la fin de la semaine dernière. Donc c'est évidemment une situation favorable. C'est toujours plus facile d'annoncer des mesures d'allègement que des mesures de durcissement. Chacun le sait bien.

Et donc en tout cas je suis très heureux évidemment de pouvoir avoir ce nouvel allègement. Et puis j'espère qu'on va franchir des paliers progressivement.

2:58
Présentateur

Alors cet allègement, on peut en dire un mot peut-être parce que tout le monde n'a pas forcément entendu vos propos de vendredi dernier. Est-ce que vous pouvez nous décrire un peu ce nouveau protocole sanitaire à l'école ?

3:07
Invité politique

L'allègement il concerne d'abord le protocole de la vie quotidienne et puis il concerne les tests. Donc s'agissant du protocole, on passe de ce qu'on appelle le niveau 3 au niveau 2 à l'école primaire. Et concrètement ça veut dire notamment le fait que les enfants n'ont plus apporté le masque à l'extérieur. Ce qui est quand même un très grand changement. Que les brassages sont moins contraignants puisqu'auparavant on est obligé de rester en classe, entre élèves de la même classe par exemple pour aller à la cantine. Désormais c'est par niveau. Et puis on peut refaire du sport en intérieur sans masque sauf les sports de contact.

Donc tout ça, ça fait des changements quand même qui pour le quotidien sont très importants. Mais j'espère bien évidemment que...

3:44
Intervenant

La fin du masque à l'intérieur, dans les écoles, dans les classes, vous commencez déjà à en parler, à y songer ?

3:49
Invité politique

Bien sûr. Pour tout vous dire, j'en parle tout le temps parce que c'est mon souhait le plus cher que le plus vite possible ça puisse partir.

3:56
Intervenant

Est-ce que c'est envisageable à partir de quand ? Le 22 février, il puisse y avoir une nouvelle mesure d'allègement et que vous puissiez dire au fond si ça évolue bien, on enlève le masque à l'intérieur ?

4:04
Invité politique

Non, je ne pense pas parce qu'il faudrait pour cela avoir franchi encore plusieurs paliers de la situation sanitaire. Comme vous le savez, nous faisons cela en lien notamment avec la Haute Autorité de Santé publique. Et on n'a pas de perspective à aussi court terme. En revanche, que ce soit quelque chose de possible au bout de plusieurs semaines, oui, je le crois. Et donc c'est très vraisemblablement, j'emploie volontairement cet adverbe, ce qui va arriver avant la fin de l'année scolaire. Oui, bien sûr.

4:29
Intervenant

Alors, avant la fin de l'année scolaire, quels sont les critères de la Haute Autorité ? Est-ce que ce sont les mêmes critères pour nous tous, pour les enfants ? Sur quoi vous vous fondez pour pouvoir alléger de nouveau ? Et est-ce que la fin de l'année scolaire, ce n'est pas un peu loin ?

4:42
Invité politique

Alors, les critères de la Haute Autorité sont chacun...

4:44
Intervenant

Alors, même qu'on nous dit que le pass vaccinal pourrait être abandonné plus tôt.

4:48
Invité politique

Oui, c'est ça. Donc, vous le savez, depuis le début de la crise, nous cherchons toujours une cohérence entre les protocoles en milieu scolaire et les protocoles en population générale. C'est évident. Par exemple, le sujet du masque à l'extérieur en est un exemple. Et tout à l'heure, Thomas Snegaroff reprenait un peu la vulgate qu'on entend sur les protocoles baroques. Je conteste cet adjectif, puisque ces protocoles, ils sont articulés au protocole en population générale. Que tout ne soit pas toujours facile à comprendre, je veux bien tout à fait l'admettre, mais ils ont une raison d'être.

Et là, en l'occurrence, le protocole scolaire est tout à fait cohérent avec ce qui est dit en population générale. Y compris sur le deuxième point que je n'ai pas encore abordé, c'est-à-dire les tests.

5:30
Présentateur

Parce que là, c'était un peu baroque. Les quatre tests pour revenir à l'école, autotest, etc. Ça, pour beaucoup de parents, c'était un peu difficile à comprendre.

5:36
Invité politique

Alors, ce n'est pas quatre, mais trois. Et sachez d'ailleurs que dans les discussions que nous avons eues, les fameuses discussions de fin décembre, il était question de quatre à un moment donné. J'ai beaucoup incité pour que ce soit trois, pour tout vous dire. Et donc, s'agissant des tests, on passe à un seul test qui est fait à J2. Puisque c'est en fait le moment le plus efficace, que souvent à J0, on constate que le test est négatif alors qu'il sera positif deux jours plus tard.

6:01
Présentateur

Ça, c'est pour un enfant qui a contact.

6:02
Invité politique

Ça, c'est pour un enfant qui a contact. Un enfant de l'école primaire, dont se trouve dans la classe, un enfant qui a été compagnon.

6:09
Intervenant

Attendez, Gabriel Attal, laisse entendre que ça peut s'arranger plus vite pour nous. Un certain nombre de personnes de l'opposition disent « Ah, comme par hasard, ça va s'arranger juste avant les élections ». Et les enfants, ça pourrait durer encore plus longtemps ?

6:19
Invité politique

Non, non, non. À partir du moment où ça s'arrange en population générale, il y a évidemment une articulation avec ce qui se passe pour les enfants. Je dirais même plus. On a toujours voulu que les enfants soient à l'avant-garde, mais évidemment dans le respect de leurs conditions de santé. Donc, on est à la fois désireux d'alléger le plus possible pour les enfants et en même temps désireux de les protéger au maximum. Donc, c'est ce double repère que nous avons. Encore une fois, il est éminemment souhaitable que le masque puisse être ôté aux enfants le plus tôt possible. Et donc, j'espère ce qui arrivera. Au printemps, oui, voilà. Je pense que c'est la bonne formule.

6:56
Intervenant

Pourquoi est-ce que vous avez réussi cette fois à anticiper les annonces, à anticiper ce protocole sanitaire ? Est-ce que vous avez jusqu'à maintenant eu toujours extrêmement, enfin, beaucoup de difficultés à faire ?

7:05
Invité politique

Non, si vous voulez, prenez par exemple la rentrée de septembre. Nous avions dit fin juillet l'ensemble des éléments du protocole. Et ce que j'avais dit à l'époque, c'est premièrement définition du cadre fin juillet, qui d'ailleurs avait été très critiquée à l'époque pour différentes raisons, dont on se rend compte à posteriori qu'elle n'était pas tout à fait juste. Et puis, j'avais dit fin août, à quelques jours de la rentrée, nous dirons où est le curseur dans ce protocole. J'aimerais bien pouvoir faire autrement, mais il y a des moments où c'est impossible.

Et évidemment, quand vous êtes en situation de croissance de l'épidémie, ce qui était le cas cet été ou ce qui était le cas lors des vacances de Noël, ce n'est pas du tout la même chose que quand vous êtes en état de décroissance. Là, on voit une décroissance venir, vous pouvez donc facilement anticiper des allègements, qui en plus sont plus agréables à entendre pour tout le monde. Mais quand il s'agit d'un durcissement, par définition, vous essayez de faire le durcissement le moins fort possible, et pour le faire le moins fort possible, vous le faites le plus près possible du réel.

7:54
Intervenant

Mais est-ce que votre erreur, c'est de ne pas avoir dit au fond à Olivier Véran, mais c'est inapplicable le protocole tel qu'il était, c'est-à-dire les trois tests laissés aux parents, le souci de les faire alors qu'il y avait des queues devant les pharmacies, est-ce que vous n'aviez pas intérêt à dire non ?

8:07
Invité politique

Non, vous savez, ce protocole, un des épidémiologistes internationaux les plus reconnus, Suisse, qui a d'ailleurs été consulté pour l'évaluation générale de la politique française sur la gestion de la crise Covid, l'a qualifié d'intelligent. Il avait une rationalité très forte. Ce qui nous a manqué dans la première semaine de janvier, et puis après les choses se sont normalisées, c'est les tests en pharmacie en réalité. Exactement. Ce qui était odieux pour tout le monde, c'était d'avoir à faire la queue en pharmacie. Vous reconnaîtrez que, malheureusement, je ne suis pas pour grand-chose, ce qui a manqué lors de la première semaine de janvier, ce n'est pas tant l'anticipation.

Je rappelle qu'à votre antenne, sur France Inter, j'avais dit le mardi qui précédait que l'évolution aurait lieu sur les tests, et que je serais obligé de dire au dernier moment les détails, puisque ça dépendait d'un avis du Haut Conseil de la Santé publique. Ça dépendait aussi d'Emmanuel Macron, qui prend souvent ses décisions. Non, pas du tout. Emmanuel Macron avait, le lundi précédent, dans un Conseil de défense, on avait fixé les grands principes. Et je rappelle que nous avions à ce moment-là donné au Conseil de la Santé publique la demande de nous préciser la façon dont on pourrait accomplir cela. Et le Conseil a donné sa décision le vendredi soir.

Et tout ceci était anticipé quand même. C'est-à-dire que nous savions que ça reposait sur des tests supplémentaires pour les enfants. Et ce qui a manqué la première semaine de janvier, du fait de l'arrivée exponentielle de Omicron, c'est le nombre de tests suffisants en pharmacie. C'est cela qui a pêché la première semaine. Dès la deuxième semaine, les choses se sont à peu près normalisées, avec beaucoup de contraintes pour tout le monde, notamment c'est quelque chose d'épuisant pour les directeurs et directrices d'école, pour les professeurs, j'en suis complètement conscient.

9:45
Intervenant

Pour les parents aussi.

9:46
Invité politique

Assurer trois tests par semaine. Bien sûr, mais vous savez, ce qu'on a bien dit dès le 15 décembre, c'est que janvier serait terrible. Nous le savions et nous l'avions dit. Et donc, j'aurais pu prendre la décision comme d'autres dans le monde, de dire ou de faire ce que Valérie Pécresse demandait, c'est-à-dire on ferme. Vous savez, pour moi, depuis le début de cette crise, ça aurait été la solution de facilité très souvent. Toutes les polémiques que j'ai eues ces derniers temps, elles ont été concomitantes d'un travail de l'UNESCO qui a dit que la France est le pays, l'un des grands pays qui a su ne pas fermer les écoles.

On est un pays qui se situe dans les 10% de pays qui ont le moins fermé l'école.

10:22
Intervenant

Non, mais ça, c'est très bien. Mais il faut pouvoir assurer la protection des enfants et des enseignants quand on laisse les écoles.

10:28
Invité politique

Bien sûr, c'est ce qu'on a fait. On a traversé le mois de janvier. Par exemple, il y avait un très grand défi du mois de janvier qui était d'assurer le remplacement. Est-ce que nous l'avons assuré parfaitement ? Non, bien sûr. Nous avons eu plein d'imperfections.

10:39
Intervenant

Mais la qualité de l'enseignement était quand même...

10:40
Invité politique

Vous ne pouvez pas, en période de crise extraordinaire, avoir des exigences de fonctionnement du service public exactement comme si on était en temps normal. On doit avoir une sorte d'union autour de ça. C'est-à-dire qu'on fait le maximum en ayant comme but d'abord l'intérêt de l'enfant. Et puis, après, on explique pourquoi il y a des contraintes et pourquoi les choses ne se passent pas parfaitement sur le terrain. Et bien sûr, on peut toujours améliorer. Il y a certainement des défauts dans nos manières d'agir. Mais on ne peut pas être d'une exigence en quelque sorte accrue dans un moment où ce qu'il fallait, c'était de traverser un cap-orne extrêmement complexe.

Fort heureusement, il est derrière nous. Et c'est à peu près ce que nous avions dit dès décembre, que janvier serait très dur et qu'on espérait que février serait bien meilleur. C'est à peu près ce qui s'est passé.

11:25
Intervenant

Mais vous avez eu l'impression de protéger suffisamment les enseignants, par exemple les masques FFP2, qu'ils réclamaient dès la rentrée de septembre. Là, il n'y a rien de plus quand même.

11:32
Invité politique

Là, c'est pareil. Vous savez, c'est une doctrine en population générale. Depuis le début, les autorités de santé disent que les masques FFP2, c'est pour les personnels soignants et qu'ils sont prioritaires, ce que chacun peut comprendre. Par ailleurs, ce qui était dit aussi, c'était que les masques FFP2 n'étaient pas très pratiques pour enseigner toute la journée. Et c'est vrai que porter toute la journée un masque FFP2 et parler avec, enseigner avec, c'est loin d'être facile. C'est d'ailleurs les remontées d'expériences...

11:57
Intervenant

On pouvait l'assurer pour ce qu'il demandait.

11:58
Invité politique

Et c'est ce qu'on fait maintenant, en effet. Et maintenant, les masques FFP2 sont distribués, notamment à l'école primaire. Mais ce que les professeurs attendaient davantage, je crois que c'était les FFP1, c'est-à-dire les masques chirurgicaux, plutôt que les masques en tissu.

12:10
Présentateur

Jean-Michel Blanquer avec nous jusqu'à 13h en direct sur France Inter. L'une de vos grandes réformes, Jean-Michel Blanquer, c'est la réforme du BAC. Mais celle-ci montre déjà quelques fragilités, quelques failles, notamment autour de la question des mathématiques. On va s'arrêter sur ce sujet qui concerne beaucoup de gens. On va prendre un peu de temps pour comprendre ce qui se joue. Et pour ça, je vous propose d'écouter ce qu'en disent deux mathématiciens, un député, Cédric Villani, et Jean-Pierre Bourguignon. Ils étaient tous les deux invités de la matinale de France Inter de Nicolas Demorand et de Léa Salamé. C'était il y a trois semaines. Et vous allez les entendre.

Ils se montraient à l'époque très inquiets des effets de votre réforme.

12:50
Intervenant

Ce que je peux dire, c'est que ça ne faisait pas partie des recommandations que nous avions faites avec Charles Torosian sur l'évolution du cursus mathématique. Mais quand l'idée m'a été présentée, j'avais trouvé que c'est une bonne idée d'avoir un enseignement de science intégré en première dans lequel on parle de mathématiques, non pas comme une discipline séparée du reste, mais intégrée à la physique, à la chimie, à la biologie, aux sources naturelles, etc. Comme j'ai pu le faire devant des dizaines de milliers d'audiences. Mais vous entendez l'inquiétude aujourd'hui. Mais ce que j'entends, et ce qu'il faut bien constater, c'est que la mise en place a été ratée.

Et qu'aujourd'hui, ça ne marche pas dans la grande majorité des établissements.

13:26
Auditeur

Je suis très inquiet par un effet secondaire, évidemment absolument pas voulu, mais on était arrivé après des efforts continus à ce que le pourcentage de jeunes filles dans les classes de Terminal S soit pratiquement égal à celui des garçons. On était à 48%. Et là, il semble que, avec la réforme, le pourcentage de jeunes filles qui ont choisi de faire des mathématiques plus intensives est dégringolé à 10%. Donc en deux années, on a perdu 20 ans d'effort. Et finalement, ce n'était pas du tout l'intention. Mais on sait bien que les jeunes filles sont beaucoup plus exigeantes sur elles-mêmes.

Et même si elles font des mathématiques avec plaisir, même si elles ont des bons résultats, elles se disent, oui, mais c'est trop dur pour moi. Et ça, c'est dramatique. Et ça, je pense que... Dramatique pour l'avenir de la discipline. Pour l'avenir même de la France, je veux dire.

14:16
Présentateur

Dramatique même pour la France. On a écouté ici Jean-Pierre Bourguignon. Il faut quand même expliquer. Votre réforme, c'est la fin des Premières S, Terminal S, et le choix de spécialité, d'enseignement de spécialité. Parmi ceux-ci, les mathématiques. Et l'un des effets qu'on considère comme étant peut-être de fragilité de votre réforme, c'est que de moins en moins d'élèves choisissent les mathématiques. Et en particulier, moins en moins de filles. On a entendu, en 20 ans, on a perdu... En deux ans, on a perdu 20 ans de progrès... Non, mais ce qui est complètement faux. ...des filles en mathématiques. Non, mais si vous voulez, je suis très heureux... Deux choses. D'abord, la réponse à ça.

Et puis après, on verra sur... Faut-il ou pas réformer tout de même votre réforme ?

14:51
Invité politique

Alors, beaucoup de choses dans tout ce qui vient d'être... Moi, je suis très heureux que vous passiez cet extrait, aussi bien de Cédric Villani que de Jean-Paul Bourguignon, parce que ça dit beaucoup de la façon dont le débat public s'organise aujourd'hui. Il y a une phrase qui est extraordinaire, voire extravagante dans ce qu'on entend. C'est quand Jean-Paul Bourguignon dit « Il semble que on soit passé de la moitié des filles en terminale S à 10% dans l'enseignement spécialité ». Cette phrase, elle a été retweetée des milliers de fois. Elle est rediffusée comme vous venez de le faire. Elle est fausse. Donc, ce n'est pas vos chiffres ?

Quand du milieu des mathématiciens vient une phrase comme « Il semble que... » Moi, j'ai été élevé au « si et seulement si » quand je faisais des mathématiques. Pas au « il semble que... » Et on dit 10% alors que le chiffre, c'est 48,1%. Vous vous dites qu'il y a quand même un problème. Je ne sais pas. C'est à M. Bourguignon qu'il faut le demander. Mais si vous voulez, on est dans le monde des fake news et on s'attend à ce que le milieu scientifique et mathématique vienne de l'information complètement vérifiée. On ne peut pas organiser le débat public avec de telles choses fausses. Donc, je demande à M. Bourguignon d'abord de rectifier ce qu'il a dit.

Je mets tous les chiffres devant tout le monde. Mais créer une sorte de panique dans la population en donnant des chiffres inexacts, ce n'est pas bien. Par ailleurs, souligner qu'il y a eu un déclin des mathématiques dans notre pays, c'est tout à fait juste. Le premier à le faire, c'est moi.

16:07
Intervenant

Et qu'on est mal placé dans la compétition internationale.

16:09
Invité politique

On est mal placé dans la compétition, en tout cas en population générale, si je puis dire. Il y a le sujet, disons, du niveau général de la population et le sujet du niveau d'excellence de ceux qui vont faire des études scientifiques. C'est sur ces deux critères qu'il faut regarder tout ce que nous faisons. Alors, j'y reviens parce que je rappelle que tout ce que nous faisons en mathématiques, nous le faisons, et que, évidemment, nous avons mis en oeuvre. Alors, je suis toujours un peu, disons, vigilant quand on dit, oui, l'idée était très bonne, mais elle a été mal appliquée. Non, on a, depuis quatre ans, mis en oeuvre, stricto sensu, le rapport Villani-Torossian. M.

Vianney a changé de partie, mais ce n'est pas pour autant que le rapport a changé. Et nous avons, aujourd'hui... Il dit que ce n'était pas dans le rapport. Oui, mais il a dit aussi que sur la réforme du baccalauréat, nous en avions parlé. D'ailleurs, il a un jugement très, je dirais, équanime sur ces questions. Il ne dit pas des choses radicales. Parce que le sujet mérite de la subtilité. D'ailleurs, moi-même, je suis très ouvert.

17:06
Intervenant

Mais au final, il dit quand même que c'est un échec.

17:08
Invité politique

C'est ces derniers mots. Non, mais c'est un échec si on dit des chiffres faux. Si on dit qu'il y a 10% de filles, on a raison de dire que c'est un échec. Mais ce n'est pas vrai. Alors, je vais vous donner un échec. Alors, si vous voulez, j'ai besoin, justement, d'un petit peu de temps pour faire l'exposé général que je n'ai pas pu faire encore depuis que cette polémique a été... Premièrement, et en commençant tout de suite par la fin, c'est-à-dire en disant je suis très ouvert aux évolutions futures puisque mon but n'est pas de dire que tout va très bien.

Mais mon but est de dire que nous avons commencé un rebond et qu'il faut accentuer ce qu'il y a de positif à faire et éventuellement infléchir certaines choses. J'y suis tout à fait prêt. S'agissant du premier objectif, c'est-à-dire le niveau général de la population en mathématiques. Ça commence évidemment à l'école primaire. Et c'est là qu'on a accompli très fortement le rapport Villani-Torossian. C'est-à-dire que nous avons fait un plan mathématique qui est notamment un plan de formation des professeurs et qui est extrêmement volontariste. On me l'a d'ailleurs parfois reproché en disant que ça prenait trop de temps pour la formation continue des professeurs des écoles.

C'est d'ailleurs sans doute la caractéristique de mon métier que d'avoir des critiques totalement contradictoires les unes par rapport aux autres. Mais donc on a eu ce plan volontariste. On a eu aussi des méthodes nouvelles. On a sorti toute une série de références en mathématiques pour remettre un peu les choses d'équerre. C'est le cas de le dire. Et nous avons ensuite commencé commencé avec nos évaluations de début de CP, de mi-CP, de début de CE1 et de début de 6e à pouvoir mesurer ce qui se passait sur chacune des sous-compétences qu'il y a dans les compétences mathématiques. Par exemple, les petits français sont trop faibles à en résoudre un problème complexe. Bon.

Toutes ces choses-là sont mesurées pour tous les enfants de France à chaque début d'année. Et d'ailleurs, on a vu en septembre 2020 une baisse du niveau liée au premier confinement, une interférence de la crise Covid sur cela. Mais ce que je peux vous dire, c'est que de 2017 à 2021, à septembre 2021, nous avons constaté un progrès sur chacun de ces ensembles. Donc nous reprenons une route de progrès, y compris sur un plan structurel, par la formation des enseignants. Alors ça, c'est pour les tout petits.

Ça, c'est pour les petits, mais Dieu sait que c'est essentiel, puisque c'est cela qui fait qu'ensuite, ne serait-ce que connaître ces quatre opérations, résoudre un problème complexe, faire des fractions. Les tout petits deviendront grands. Mais alors maintenant, les grands. Mais maintenant, les grands, voilà. Alors, ce que je reconnais, c'est qu'au collège, nous n'avons pas spécialement fait évoluer les choses et qu'il y a certainement encore à faire. Je pourrais évidemment en parler aussi. Mais ensuite, sur le lycée...

19:22
Intervenant

Vous avez rajouté une spécialité en mathématiques ?

19:23
Invité politique

Je vous rappelle sur l'esprit de la réforme du baccalauréat. C'est donner plus de liberté aux élèves pour hausser l'exigence. C'est-à-dire, puisqu'ils choisissent leur passion, ils peuvent aller plus loin. C'est exactement ce que nous avons fait dans les matières mathématiques et scientifiques. C'est-à-dire que chacun regarde le programme de maths d'avant et celui de maintenant, que chacun regarde le programme de physique-chimie ou le programme de SVT ou même les nouvelles disciplines comme numérique et sciences informatiques qui n'existaient pas auparavant. À chaque fois, c'est plus exigeant qu'auparavant. Et ça, chacun le reconnaît.

Par ailleurs, prenez ceux qui vont le plus loin si on est sur le deuxième objectif, c'est-à-dire l'excellence. Eh bien, autrefois, en terminale S, si vous poussiez au maximum, vous faisiez 8 heures. Aujourd'hui, vous faites 9 heures. Et il n'y a pas moins d'élèves qui le font. Donc, ce que vous avez, c'est un programme plus exigeant avec plus d'heures. Et d'ailleurs, vous commencez à voir, même si on est au tout début, bien entendu, les premiers témoignages de professeurs de l'enseignement supérieur qui constatent, malgré la crise Covid, un petit renouveau du niveau mathématique des élèves qui leur arrivent en CPGE.

Et entre parenthèses, en classe préparatoire, en classe préparatoire, il y avait 25... D'abord, le nombre d'élèves est resté stable. Ça baisse un peu. Pour les écoles d'ingénieurs, on est passé de 25,6% de filles à 26,8%. Comme baisse, on fait pire quand même. Et si je prends évidemment les prépas pour veto, agro, ce qu'on appelle BC, PSD, on est passé de...

20:47
Présentateur

Donc, Jean-Michel Blancart,

20:47
Invité politique

le nombre de filles est resté le même, c'est-à-dire majoritaire. Si vous prenez maths complémentaires en première et en terminale, les filles sont 62,6%. Mais alors, pourquoi est-ce que vous avez ouvert... Pourquoi vous ouvrez la porte du coup à cette réforme qui est formidable ? Mais parce que rien n'est jamais parfait. Et puis d'abord, parce que j'ai très envie de mettre tous ces chiffres sur la table de façon à ce qu'on arrête... Donc ça ne changera pas, alors il n'y aura pas plus de maths dans le tronc commun.

Non, je vais vous dire, je pense que là où il y a une amélioration à faire, et on le voit dans le propos de Cédric Villani, c'est dans le fait de savoir si en première et en terminale, il faut quand même continuer à donner un enseignement de maths de base pour ceux qui ensuite ne feront pas des études scientifiques. Et ça, vous êtes ouvert ? Bien sûr. Alors, Cédric Villani le dit un peu, il dit que c'était très bien de faire ce qu'on a fait, c'est-à-dire un enseignement scientifique de deux heures dans le tronc commun. Où il n'y a pas vraiment de maths. Alors, l'objectif, si vous voulez, c'est aussi de quelle maths on parle.

Par exemple, si je vous parle de maths complémentaires il y a un instant, c'est des probabilités, des statistiques qui vont être utiles dans les études de médecine ou même dans les études d'économie. Si dans ce qu'on met dans le bloc scientifique commun, c'est-à-dire pour tout élève, même ceux qui ont une aversion pour les maths, et pardon, ça existe, et il faut les entendre aussi. Ceux-là, on a besoin de leur mettre des maths concrètes, des maths qui correspondent à la vie. Et donc, il y a probablement des choses, et on a essayé de faire ça, mais peut-être l'a-t-on mal fait, il faut déjà avoir une évaluation.

Je vous rappelle que contrairement aux accusations d'être autoritaire, vertical, etc., depuis le début, nous avons fait un comité de suivi du baccalauréat qui fonctionne depuis le début de la réforme et qu'on a fait déjà beaucoup d'ajustements de ce genre, non pas parce que les choses étaient nulles et qu'il fallait remettre les choses comme avant, mais parce qu'on est pragmatique, on écoute le terrain, et puis à partir de là, on avance. Mais ce qui est terrible dans notre pays, c'est que tout le monde depuis 20 ans disait que le baccalauréat était à bout de souffle tel qu'il était.

Vous aviez des milliers d'élèves qui prenaient la série S, pas pour de très bonnes raisons, mais parce qu'il y avait une sorte de prestige qui était attaché, et qui ensuite faisaient des études qui n'avaient rien à voir avec les études scientifiques. Il y a une étude de la semaine dernière qui montre qu'ils étaient 50% environ à suivre des études scientifiques après. Aujourd'hui, ils sont plus de 80%.

Autrement dit, l'objectif important de la réforme, qui était justement d'avoir un plus grand pourcentage d'élèves qui, ayant fait des sciences pour des raisons valables au lycée, continuaient ensuite les sciences pour eux-mêmes et pour notre pays, eh bien ça, ce pourcentage-là a considérablement augmenté. Donc au moment où on commence à apporter les premiers débuts de réponse à des problèmes pointés depuis 30 ans, et où tout le monde disait de toute façon on n'y apportera jamais parce qu'il y aura trop de protestations pour celui qui le fera, eh bien effectivement, ce genre de contestations arrive, et tout le monde a envie que je recule devant ça. Je pense que...

Non, mais c'est quand même un problème que les filles

23:20
Intervenant

désertent les filières scientifiques.

23:22
Invité politique

Mais elles ne les désertent pas. Si c'était vrai, vous auriez raison. Ce qui est vrai, c'est qu'on part d'une situation qui pourrait être... Enfin, qui n'est pas bonne. C'est-à-dire que quand je vous dis 25% de filles ou 26,8% aujourd'hui en classe prépa, ce n'est pas satisfaisant. Bien sûr qu'il faut aller vers 50%. Et bien sûr qu'on a du travail à faire. Mais c'est... Mais la pente est dans la bonne direction selon vous. Et dans la bonne direction qu'il faut maintenant accentuer certainement.

23:43
Intervenant

Deux choses, Jean-Michel Blanquer. Vous avez parlé de passion en parlant des lycéens. Est-ce que ça doit être le critère premier ou est-ce qu'il faut, même si ça ne leur plaît pas, orienter un certain nombre d'élèves vers des métiers dans lesquels ils sont sûrs de trouver du travail ? On a l'impression qu'il y a à la fois le plaisir des études et puis à d'autre côté, il y a des offres d'emploi non pourvues. Est-ce qu'il ne faut pas les forcer ou les orienter vers quelque chose qui leur donnera la chance d'avoir forcément un travail ?

24:06
Invité politique

C'est évidemment une grande question.

24:08
Intervenant

Est-ce qu'on peut oser le dire parce qu'on a toujours considéré que l'université ou lycée ce n'était pas la formation pour le MEDEF comme on disait dans le temps ?

24:16
Invité politique

Je pense qu'il n'y a pas de contradiction entre les deux objectifs. C'est possible de les articuler en ayant d'ailleurs la vision baccalauréat général, baccalauréat technologique, baccalauréat professionnel et apprentissage. Parce que dans le débat public on parle toujours du baccalauréat général et on oublie le reste. La réforme de la voie professionnelle que nous avons faite est d'ailleurs de même inspiration que celle du baccalauréat général et technologique.

C'est-à-dire permettre à l'élève de se poser des questions plus tôt pas pour se prédéterminer trop tôt parce que c'est de toute façon ni souhaitable ni possible mais en tout cas pour commencer à tâtonner, commencer à faire des choix et ensuite pouvoir les préciser. C'est ce que nous demandons de faire à un élève de 16 ans aujourd'hui en seconde. On ne lui dit pas quel métier veux-tu faire ? Certains le savent mais c'est une minorité et ce serait stupide que de vouloir demander ça à un élève. En revanche, lui dire qu'est-ce que tu aimes et qu'est-ce que tu n'aimes pas ?

est déjà une première question très importante pour commencer à se repérer et c'est aussi pour ça qu'en fin de première on peut abandonner un enseignement de spécialité parce que c'est justement on a en quelque sorte testé quelque chose. Est-ce qu'ensuite il y a une adéquation entre les flux qui sont ainsi provoqués et les besoins de la société française et la possibilité d'embauche pour tout le monde ? Eh bien oui, je le pense parce que nous devons faire des incitations. J'ai cité tout à l'heure numérique et sciences informatiques. C'est une matière nouvelle que nous avons créée.

Voilà le genre de choses qu'on a créées grâce à la réforme du baccalauréat parce qu'il y aura besoin de beaucoup d'informaticiens dans le futur. Et il y a besoin qu'il y ait beaucoup plus de filles que jusqu'à présent qui en fassent. Auparavant, vous n'aviez aucun moyen d'inciter les filles à aller spécialement en informatique et souvent comme on se détermine plus tard les inhibitions sont plus fortes. Tandis que maintenant on est en situation de dire à une jeune fille de seconde mais va en numérique et sciences informatiques. C'est pour toi, tu en as tous les talents et il y a beaucoup de travail pour ça. Donc on a la possibilité d'avoir cet encouragement.

S'agissant du baccalauréat professionnel, nous allons complètement dans le sens que vous dites. Nous avons fermé beaucoup de formations qui ne mènent nulle part et nous en créons...

26:05
Intervenant

Quoi par exemple ? C'est juste pour que je comprenne ce qui mène nulle part

26:07
Invité politique

et ce qui mène quelque part ? Vous avez parfois des formations de nature gestion et administration qui peuvent mener quelque part pour certains mais pas pour tous les élèves qui y allaient jusqu'à présent. Eh bien on a fermé beaucoup de formations de ce type. En revanche, dans le domaine industriel, dans des domaines où il y a des métiers en tension, nous avons créé des formations et surtout nous leur donnons beaucoup plus de prestige et d'avenir. Exemple, on a créé 80 campus professionnels d'excellence dans toute la France.

J'étais vendredi dans les écuries de Versailles, dans le lieu très prestigieux en face du château de Versailles où il y a maintenant des ateliers professionnels correspondant aux métiers d'art. Il y avait des forgerons, des sculpteurs, des couturiers, autant de métiers où il y a des besoins. Et on a créé dans les écuries de Versailles quelque chose qui met en réseau les lycées professionnels de l'Ouest parisien pour qu'ils viennent ici s'entraîner et aussi que ce soit un lieu pour faire de l'information et de l'orientation des élèves de collège.

Voilà qui fait progresser les choses et bien sûr qu'il faut aller dans la direction que vous dites puisque tout simplement c'est l'avenir de nos enfants que de leur permettre d'avoir des formations qui correspondent à des besoins.

27:09
Locuteur non identifié

France Inter Hashtag Question Paul

27:15
Présentateur

Jean-Michel Blanquer ministre de l'éducation nationale de la jeunesse et des sports pour ne pas oublier ces deux dimensions là avec nous jusqu'à 13h on va parler justement de vivre ensemble de cancel culture de wokisme et la première question elle est posée par Laure Murat historienne professeure au département d'études françaises et francophones à l'université de Los Angeles et auteur de Qui annule quoi au seuil elle vous pose une question à vous Jean-Michel Blanquer

27:36
Auditeur

Bonjour monsieur le ministre depuis la mort de George Floyd des centaines de statues sont tombées dans le monde pour protester contre une incohérence des gouvernements qui condamnent officiellement les violences racistes mais les célèbres dans l'espace public à travers des figures du colonialisme de l'esclavage ou du suprématisme blanc Emmanuel Macron refuse tout dialogue sur cette question au motif que supprimer une statue ce serait supprimer un nom de l'histoire Mais le nom du maréchal Pétain par exemple appartient bien qu'on le vieille ou non à l'histoire de France Pour autant verrait-on des statues à son effigie et des rues à son nom ?

Bien sûr que non car les gouvernements d'après-guerre se sont empressés à juste titre d'effacer l'image et le symbole du déshonneur de la France dans l'espace public Ma question sera donc doit-on laisser à l'État le monopole d'annuler et d'exercer donc une forme de cancel culture ou n'est-il pas temps de lancer une réflexion et un vrai débat serein et argumenté sur les contradictions idéologiques républicaines ?

28:47
Invité politique

Jean-Michel Blanquer Écoutez des choses énormes viennent d'être dites très calmement et donc je vais y répondre calmement D'abord l'écouter me réveille un souvenir parce que je crois que j'ai connu Laure Murat quand j'avais 20 ans et je crois avoir fait des photos de Paris avec elle de monuments de Paris c'est une sorte de coïncidence mais sauf si c'était une homonyme je me souviens d'avoir admiré la beauté de Paris et de ses statuts avec elle elle porte par ailleurs un nom très très

29:14
Intervenant

Est-ce que c'est une Colbert aussi ?

29:16
Invité politique

Probablement elle porte un nom prestigieux d'un maréchal d'Empire et si on se met à faire le screening pour faire le seul américanisme que je ferai de cette émission de tous les personnages historiques en regardant leur qualité et leur défaut alors la cancel culture peut nous amener deuxième américanisme à faire toutes les destructions de statues possibles comme dans les pires périodes iconoclastes que l'humanité a connues puisque cette querelle là n'est pas complètement nouvelle vous qui êtes historien du point de vue de l'histoire de l'humanité puisqu'il y a très régulièrement des querelles entre les iconoclastes et ceux qui pensent qu'il ne faut pas détruire ce qui est beau alors que l'on fasse

29:57
Présentateur

il ne s'agit pas que d'esthétique

29:59
Invité politique

justement que l'on fasse enfin on ne doit pas confondre les registres d'ailleurs il y en a trois là en l'occurrence il y a le registre de l'histoire il y a le registre de ce que des statues et donc de leur caractère esthétique et puis il y a le registre je dirais de la vie courante sur le registre de l'histoire bien entendu qu'il est loisible à chacun et à leur murat comme à quiconque et notamment aux historiens professionnels que de revisiter toutes les périodes de l'histoire et de voir ce qu'il en est sans y plaquer d'ailleurs forcément nos a priori idéologiques exiger des hommes préhistoriques qu'ils soient féministes exiger à chaque siècle qu'il ait exactement les mêmes critères que les nôtres c'est d'une certaine façon de faire comme si nous nous étions des saints et nos ancêtres des nuls je ne crois pas que ce soit le cas et d'ailleurs je ne trouve pas qu'architecturalement nous fassions des choses beaucoup plus belles que ce que faisaient nos ancêtres des siècles précédents donc il faut un peu d'humilité je trouve de nous-mêmes dans l'histoire de l'humanité que penseront nos descendants de nous-mêmes et ce qu'ils feront de la cancel culture avec nous parce que nous n'aurions pas exactement les mêmes critères que ceux du 22ème ou du 23ème siècle que chacun se pose ce genre de questions aussi donc les anachronismes sont les ennemis de l'historien sérieux et on doit faire très attention à ça dans le cadre de la science historique et en n'étant pas dupe du fait qu'il y a des sujets idéologiques qui viennent se greffer y compris dans la vie académique des historiens ça c'est un sujet ensuite que les statuts qui existent dans nos villes ne soient pas que des statuts de saints je crois qu'il faut l'accepter alors après qu'il y ait des personnages épouvantables et que la question se pose c'est possible je ne dis pas qu'il ne faille pas le faire mais je pense qu'on ne doit pas avoir le marteau trop facile et je pense qu'il faut avoir je préfère le burin au marteau si vous voulez et je pense que je préfère construire que détruire vous savez le mot annulation le mot cancel n'est pas un mot qui me plaît beaucoup je crois qu'il faut accepter que nous sommes héritiers d'une histoire humaine faite de bien des imperfections et qu'on n'a pas à vouloir tout casser pour des raisons qui d'ailleurs qu'il faudrait d'ailleurs savoir expliciter que ce qui se joue derrière ça quelle haine de soi du monde occidental se joue derrière ce que l'on vient d'entendre c'est évidemment à mon avis la principale question on va justement élargir à ça

32:08
Intervenant

la gauche vous reproche un peu de mener le combat contre la cancel culture contre le walkies alors qu'une étude de sociologues montre qu'auprès des jeunes finalement le phénomène est assez marginal est-ce que vous n'êtes pas en train de grossir un phénomène en France pourquoi vous êtes si inquiet

32:24
Présentateur

et juste pardonnez-moi parce que c'est pas forcément clair pour tout le monde est-ce que vous pouvez définir en quelques mots ce qu'est selon vous le walkisme

32:31
Invité politique

alors c'est pas selon moi d'ailleurs je pense qu'il y a des définitions qui existent mais je crois que malheureusement c'est un mot qui est de plus en plus connu même si évidemment on m'oppose parfois son étymologie c'est-à-dire le fait que ça veut dire éveiller que c'est évidemment un joli mot de ce point de vue là et qu'il s'agit de lutte contre les discriminations et on est tous et je le suis évidemment pour la lutte contre les discriminations sauf qu'il y a différentes façons de lutter contre les discriminations et d'ailleurs il y en a notamment deux grandes catégories il y a une catégorie républicaine qui est basée sur le fait que tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit et donc on a des droits de l'homme et des droits du citoyen voilà c'est un peu classique sans doute de dire ça mais voilà je reste fidèle à ça et puis deuxièmement on peut lutter contre les discriminations parce qu'on va chercher chez chacun ses appartenances multiples qui feraient une sorte de concurrence dans le degré d'être une victime ou une potentielle victime du fait de son identité ce combat là il est sans fin on va tous pouvoir trouver des raisons d'être victime dans la vie et d'aller faire des revendications à côté de ça si je prends la lutte contre l'homophobie par exemple qui est un sujet extrêmement important que j'ai pris à bras-le-corps depuis que je suis ministre mais je le fais au nom de principes républicains tout simplement parce qu'on est tous égaux que chacun a droit d'avoir l'orientation sexuelle de son choix et c'est très simple de dire ça quand même c'est par exemple en réclamant des choses c'est par exemple le défilé qu'on a eu à Lyon vous mettez vous avez devant alors j'ai oublié les catégories d'ailleurs mais enfin vous mettez dans un défilé les gens qui ont telle couleur de peau telle orientation sexuelle puis au deuxième rang ceux qui ont telle autre orientation bref vous fractionnez la société vous distinguez les gens selon des appartenances multiples au lieu de les définir d'abord par leur qualité d'être humain et de citoyen c'est on est sur des choses

34:09
Intervenant

mais non

34:11
Invité politique

si vous regardez moi vous savez j'ai passé j'ai étudié aux Etats-Unis j'ai vécu en Amérique latine j'ai vu des phénomènes de ce genre dès les années 90 j'ai vu monter des choses de ce genre des choses qui tuent la fraternité même sur les campus parce que vous êtes dans le soupçon parce que vous êtes à toujours vouloir chercher presque dans une vision paranoïaque ce qui ne va pas

34:32
Intervenant

mais là on parle de la France est-ce que vous pouvez mesurer le wokisme en France chez les jeunes en particulier parce que l'Institut Montaigne dit dans une récente d'études que c'est marginal

34:41
Invité politique

oui mais alors vous avez tout à fait raison de citer cette étude qui est extrêmement intéressante parce que par ailleurs je ne suis pas un pessimiste pas du tout moi je vais à la rencontre des jeunes en permanence je passe ma vie à ça et je dis toujours j'ai envie d'avoir une caméra sur le front pour que les français voient ce que je vois c'est à dire des jeunes qui ont envie d'être entrepreneurs de leur vie de maîtriser leur destinée qui ont des bons principes qui sont généreux qui ont envie de s'engager et justement pour le genre de lutte dont je viens de parler et l'écologie évidemment en particulier tout ça tout ça est très positif et donc la question est celle des grilles de lecture qui leur sont proposées pour mener les combats de leur génération et moi mon rôle c'est quand même à la fois comme responsable politique généraliste si je puis dire et comme ministre de l'éducation nationale c'est d'être attentif à ce que ce soit pas de mauvais logiciel qui s'insinue dans la société française

35:32
Intervenant

pour que pas de mauvais logiciel ne s'insinue à quel endroit il faut sévir est-ce qu'il faut faire des tribunes dans le monde est-ce qu'il faut interdire symboliquement aux hijabeuses qui le réclament la possibilité de porter le voile alors vous me direz que tout ça on progresse c'est pas exactement le même sujet lors des compétitions c'est-à-dire quelque chose qui est donné à voir à tout le monde est-ce qu'il faut changer les profs où est-ce que vous vous situez exactement quels sont vos outils et est-ce que du côté du gouvernement tout le monde est d'accord avec vous je pense dans le sport à Roxana Maracena à nous je pense à Elisabeth Moreno sur un certain nombre de sujets est-ce que vous vous battez seul comment pouvez-vous vous battre et est-ce que vous trouvez que ça monte un peu de partout je sais que la question est grande

36:11
Présentateur

Elisabeth Moreno est en pris position en faveur du fait que certaines athlètes puissent porter le hijab lors d'événements sportifs ça a été critiqué au sein du gouvernement peut-être par vous

36:19
Invité politique

alors il y a bien des questions dans vos questions je vais m'efforcer d'y répondre d'abord sur le premier point sur les outils de ce qu'il y a à faire dans ce débat comme souvent quand il s'agit de se battre pour la liberté face à des gens qui ne sont pas toujours des amis de la liberté les outils ne sont pas les mêmes donc il ne s'agit certainement pas d'être soi-même dans une culture de l'interdiction il faut défendre la liberté par la liberté donc ce qui se joue beaucoup c'est la présence dans le débat public c'est aussi d'organiser ceux qui pensent de cette façon c'est pour ça que j'ai créé le laboratoire de la République c'est-à-dire pour que on ne soit pas seulement des individus à réagir face à des choses qui nous paraissent folles mais qu'on soit au contraire en situation d'abord d'avoir la maîtrise intellectuelle du sujet parce que ce sujet est un sujet profondément académique et intellectuel qui ensuite a des conséquences concrètes sur la société donc c'est pour ça que j'ai créé cela et c'est pour ça que je parle avec des intellectuels des académiques de façon à ce qu'il n'y ait pas d'un côté une espèce de grande lame de fond qui nous vient des Etats-Unis et de l'autre des individus éparpillés qui se disent juste oulala il nous arrive quelque chose d'absurde c'est pas bien mais que fait-on non il faut maintenant agir et agir ça signifie justement renforcer ce que je pourrais appeler le logiciel républicain et montrer à tous les jeunes et je sais qu'ils sont très ouverts pour ça qu'on a un trésor merveilleux en France qui s'appelle la République et que cette idée républicaine loin d'être désuète d'être obsolète comme certains voudraient nous le faire croire et on sait bien que du côté des Etats-Unis ce modèle français républicain il interroge depuis fort longtemps même s'il y a aux Etats-Unis aussi une tradition qui correspond exactement à la nôtre et je veux aussi travailler avec des intellectuels de l'autre côté de l'Atlantique sur ces questions donc même si nous savons bien tout ça et bien nous devons aujourd'hui être beaucoup mieux organisés pour montrer aux jeunes que oui on peut construire un monde fraternel un monde qui crée un futur et pas un monde nihiliste en pensant l'écologie l'égalité entre tous et les hommes les femmes

38:13
Intervenant

ils n'ont pas votre définition de la République parce que les jeunes par exemple sur les jeunes footballeuses qui portent un hijab ils ne sont pas opposés il y a bien longtemps qu'ils ont des camarades musulmanes à côté d'eux dans les salles de classe et ils trouvent tout à fait légitime si elles ont envie de porter un hijab pour les compétitions de football

38:28
Invité politique

on respecte la loi de 2004 je n'ai pas dit

38:32
Intervenant

qu'elles portaient les hijabs à ce moment là je dis simplement qu'ils ont l'habitude d'avoir des camarades de confession musulmane à côté d'eux

38:38
Invité politique

beaucoup de jeunes femmes musulmanes qui sont très très très contentes qu'il existe en France la loi de 2004

38:42
Intervenant

la question était longue mais c'est les hijabuses pardon François est-ce qu'il faut réformer l'enseignement supérieur ou agir au niveau de l'enseignement supérieur quand vous vous dites aussi inquiets sur le phénomène du wokisme est-ce que vous pensez que certains profs dans l'enseignement supérieur propagent cette doctrine ou pas ?

39:00
Invité politique

même si je le pense ce qui est votre dernière question je n'en tire pas les conséquences de votre première question c'est-à-dire que précisément parce que la liberté académique c'est très précieux c'est tout le problème avec ce genre de sujet c'est que ça peut vous amener vous savez il se passe avec le terrorisme intellectuel ce qui se passe avec le terrorisme tout court c'est-à-dire que vous ne devez pas donc vous vous êtes

39:19
Intervenant

dans la conviction plutôt c'est plutôt

39:21
Invité politique

bien entendu il faut être dans la liberté il faut respecter il n'y a rien de plus précieux que la liberté académique c'est d'ailleurs un principe constitutionnel hors de question de faire une sorte de maccartisme sur ces sujets aujourd'hui ce que vous avez c'est un maccartisme inversé c'est-à-dire qu'en effet il y a des atteintes à la liberté des étudiants ou des professeurs si vous ne pensez pas juste vous avez des étudiants qui me racontent qu'ils se trouvent en quelque sorte isolés dans les fêtes dans des trucs parce qu'ils ne pensent pas comme des secteurs très militants de leur université est-ce que vous vous êtes isolés au gouvernement

39:50
Intervenant

parce que vous ne pensez pas comme la majorité

39:51
Invité politique

moi ma référence prenez le discours des mureaux du président de la république c'est le moment où il explicite le plus sur cette question ce discours me va j'étais au premier rang devant lui j'ai encore tous les mots dans la tête ils ne sont pas différents de ce que je viens de vous dire

40:06
Intervenant

donc les diabeuses qui demandent la possibilité d'en compétition jouer avec leur tenue est-ce que vous êtes du côté Maracine et Anu Moreno ou de votre côté quel est-il ? il est au côté

40:17
Invité politique

depuis de très nombreuses années notamment depuis 1989 et l'affaire de Creil on a une pression dans l'espace public pour essayer d'expliquer que la question du voile n'est que une question individuelle comme s'il n'y avait pas eu des groupes islamistes qui ont cherché progressivement à conquérir l'espace public sur cette question et soit on est dans le déni de ce sujet soit on le regarde en face et c'est comme ça qu'on a des quartiers entiers qui ont pu être caractérisés pas seulement par ça par l'interdiction d'aller dans des bars pour des femmes etc.

donc par des choses qui violent un point essentiel de notre république c'est-à-dire l'égalité homme-femme et quelque chose à laquelle la France s'est particulièrement attachée la cause féminine je suis d'ailleurs estomaqué d'avoir en 2022 à défendre des choses aussi simples que ce que j'ai dit tout à l'heure sur l'article 1 de la déclaration des droits de l'homme tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit et sur l'égalité homme-femme toute simple soyons simples sur ces sujets n'allons pas chercher midi à 14h et donc il est évident qu'on voit là de nouveau un collectif qui s'est organisé pour faire de la pression leur affaire va aller devant le Conseil d'Etat ce que je voudrais dire c'est que nous sommes nous nous sommes mis ce gouvernement en situation beaucoup plus que les gouvernements antérieurs parce que sur ce sujet aussi il y a eu beaucoup d'inactions avec de belles exceptions comme la loi de 2004 mais c'est nous avons fait énormément sur cette question et notamment le contrat d'engagement républicain qui fait partie de la loi confortant les principes de la république à laquelle j'ai contribué et bien ce contrat d'engagement républicain nous a permis de faire 25 000 contrôles enfin au titre de cela et d'autres titres on a fait 25 000 contrôles depuis le début du quinquennat sur des établissements des institutions nous sommes capables aujourd'hui de demander à une fédération par exemple de signer un contrat d'engagement républicain qui signifie qu'il n'y a pas de fondamentalisme ou de prosélytisme religieux dans l'exercice courant du sport nous nous sommes donc donné des outils juridiques dans le cadre de l'état de droit pour éviter ce type de phénomène

42:13
Intervenant

donc pour les jabeuses est-ce que vous faites comme la FFF

42:16
Invité politique

c'est la fédération française de football considère qu'on ne peut pas la FFF a tout mon soutien sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres d'ailleurs c'est une fédération qui a un rôle essentiel dans notre société elle a évidemment tout mon soutien et maintenant il y a un contentieux je pense qu'ils ont les outils juridiques pour pour pour pour pour pour trancher pour trancher et et ne disons pas que nous n'avons rien fait sur ce sujet avec cette loi confortant les principes de la république nous donnons un cadre juridique plus solide à tous à tous les acteurs

42:45
Présentateur

Jean-Michel Blanquer cette semaine vous avez nommé à la tête du conseil supérieur des programmes Marc Scheringham qui est un philosophe ça fait grincer pas mal de dents je crois il avait déclaré notamment en 2009 l'école laïque française est l'héritière de l'école chrétienne et quelques années plus tôt en 2004 alors directeur de l'UFM d'Alsace il avait déclaré la religion n'est pas seulement un problème culturel mais bien une voie d'accès à la question des finalités ultimes de l'humanité est-ce que ça n'entre pas en contradiction avec la laïcité que vous défendez

43:12
Invité politique

vous savez j'ai eu le même type de critique quand j'ai nommé sa prédécesseur qui est Sua Dayada qui vient de partir comme présidente de la nouvelle structure sur l'islamologie en France et d'ailleurs je salue tout le travail qu'elle a fait et ce qu'elle va faire maintenant ce type de questions soulèvent au fond une fausse contradiction qu'on ferait entre laïcité et questions religieuses non seulement ça ne se contredit pas mais au contraire ça va ensemble la laïcité elle n'existe pas c'est pas un athéisme d'état la laïcité la laïcité c'est permettre justement la liberté religieuse et la neutralité de l'état par rapport aux questions mais il parle en particulier du christianisme oui oui mais je veux dire la première phrase que vous citez elle est une phrase d'historien plus qu'autre chose si vous prenez l'école publique elle est héritière de ce que les jésuites qui eux-mêmes sont allés en Chine au 17ème siècle et en ont ramené un certain nombre de principes ont fait sur le plan scolaire et ensuite l'école publique a été héritière de ça c'est un fait historique de même à partir de la 3ème république on voit très bien l'école publique imiter des choses qui se passaient précédemment quelque chose que Victor Duruit avait pu faire quand l'église catholique était reliée au 2ème empire et qui sont en quelque sorte laïcisées par la 3ème république reconnaître cet héritage n'a rien d'antilaïque et sur sa deuxième phrase c'est tout simplement le fait de ne pas nier le besoin métaphysique de l'homme c'est heureusement qu'il ne faut pas le nier nous ne sommes pas l'union soviétique nous sommes la France et la France ça veut dire la laïcité liberté religieuse complète neutralité complète de l'état par rapport aux religions mais en aucunement aucunement le combat contre le besoin métaphysique de l'homme et aucunement le combat contre les religions bien entendu et d'ailleurs tout ce que nous nous disons y compris le sujet précédent ceux qui sont le plus d'accord avec moi mais c'est les musulmans républicains de France évidemment et qui sont l'immense majorité et qui ont besoin de ce cadre juridique constitutionnel et législatif protecteur de la république française telle qu'elle est cette république qui fait encore tellement envie dans le monde entier parce que c'est une république de liberté et qu'on veut sans arrêt attaquer à coup de marteau parce qu'elle ne serait jamais aussi belle qu'il ne le faudrait alors qu'on est dans un monde ou malheureusement de moins en moins démocratique et de plus en plus menaçant moi je veux fortifier la république française et je veux dire que la liberté est un principe encore très fort et que c'est pas en critiquant sans arrêt la France et en faisant comme si c'était un lieu liberticide que l'on peut avancer

45:26
Intervenant

Jean-Michel Blanquer vous avez tenu 5 ans à l'éducation nationale ce qui est quand même un record on vous sent à la fois très engagé mais parfois en colère de ne pas avoir été bien compris parfois et comment qu'est-ce qui s'est passé en fait

45:39
Invité politique

je ne suis pas en colère c'est un sentiment que je m'interdis la plupart du temps même presque toujours je crois en revanche je pense que il y a parfois un peu de de contradictions dans les bas publics mais c'est bien normal on est en démocratie mais vous savez avant 2017 j'entendais très souvent les ministres d'éducation ça va et ça vient de toute façon aucun n'a le courage de mener des réformes parce qu'il y a trop de pression de tous les côtés celui ou celle qui le fera il faudra qu'il accepte bien des combats et puis un jour cette chose là pardonnez-moi c'est un peu immodeste mais ça arrive c'est-à-dire qu'il y a en effet un ministre qui reste 5 ans qui accepte de regarder en face des problèmes comme le baccalauréat comme le respect de la laïcité comme les savoirs fondamentaux à l'école primaire et qui le fait contre vents et marées et alors même qu'il y a une épidémie comme il n'y en a pas eu dans notre histoire depuis fort longtemps et qui réussit à faire qu'on soit dans les pays qui maintiennent le plus l'école ouverte alors je ne me mets pas en colère mais si vous voulez quand je vois que certains essayent de faire passer les vessies pour des lanternes et de dépeindre le bilan comme étant négatif ou quoi que ce soit mais ça ne permet pas

46:50
Intervenant

de retrouver un peu du souffle parfois de ne pas rester pendant 5 ans 5 ans est-ce que ce n'est pas un peu long aujourd'hui dans la société de zapping dans laquelle on est non non

46:56
Invité politique

vous savez dès que je suis arrivé j'ai dit je souhaite rester tout au long du quinquennat dans la mesure évidemment de la confiance du président de la république

47:03
Intervenant

il n'y a pas de regret sur ça je ne dis pas que ce n'est pas la bonne stratégie

47:05
Invité politique

je le remercie de cela parce que c'est aussi lui qui a tenu par exemple pour l'école ouverte c'est ensemble avec le premier ministre que nous avons tenu ce cap et je le remercie c'est justement cette confiance dont peut-être certains de mes prédécesseurs n'ont pas suffisamment bénéficié ça dépend lesquels et bien pendant 5 ans ensemble on a tenu un cap clair tout à fait explicitable après on peut ne pas être d'accord avec certains tenants ou certains aboutissants est-ce que vous avez un regret un seul regret depuis 5 ans j'en ai plusieurs bien sûr parce qu'il y a beaucoup de sujets je parle politiquement beaucoup de sujets ah d'accord j'allais aller sur la pédagogie je pense qu'il nous reste beaucoup de choses à faire au collège qu'on a un peu touché même si on a fait l'opération devoir fait qui est importante non les seuls regrets que vous pouvez avoir c'est d'avoir pris des parfois des vous savez ça aurait été beaucoup plus confortable pour moi de ne pas dire certaines choses et donc je pourrais en avoir des regrets mais

47:57
Intervenant

et pas de regret de ne pas avoir été nommé au ministère de l'intérieur non

48:00
Invité politique

là par exemple ça fait partie non mais cette chose là je le vois article après article je n'ai jamais demandé à être ministre de l'intérieur je n'ai jamais quand cette idée a existé

48:08
Intervenant

non mais espéré

48:08
Invité politique

non non plus j'ai toujours dit au président de la République que je souhaitais rester 5 ans et quand l'idée est éventuelle que je sois ministre de l'intérieur est arrivée c'est ce que je lui ai dit bien entendu s'il avait souhaité m'y nommer je suis très loyal vous savez donc je l'aurais accepté mais je n'ai jamais demandé à ce qu'il en soit juste on fait un petit peu

48:27
Intervenant

un petit peu de politique avant d'aller déjeuner la recomposition qui se passe actuellement et la faiblesse absolue de la gauche des écologistes même de Jean-Luc Mélenchon qui est le plus haut mais qui n'est pas très très haut comment vous expliquez ce fait ça de même est-ce que vous faites une liaison avec le problème de la laïcité est-ce que vous considérez qu'ils ne se sont pas occupés suffisamment du régalien juste comment vous vous auriez imaginé ça oui bien sûr alors c'est que Macron a parfaitement réussi

48:50
Invité politique

non non je pense que c'est une mauvaise chose pour la France d'avoir un tel affaiblissement de ce qu'on peut appeler la gauche de gouvernement et la gauche républicaine vous savez tout à l'heure dans l'une de vos questions vous me disiez quand vous parliez du wokisme la gauche vous avez dit la gauche vous reproche d'eux mais la gauche pas toute la gauche pas toute la gauche comme on dit ailleurs il y a évidemment toute une partie de la gauche républicaine qui est très à l'aise avec ce que lui hier j'étais avec Bernard Cazeneuve ou Manuel Valls dans un débat c'est à eux bien sûr mais oui mais Bernard Cazeneuve que je sache quand j'écoute Fabien Roussel j'ai bien des différences avec lui mais enfin je vois bien il est dans une bonne tradition donc ça existe des Fabien Roussel des Bernard Cazeneuve après on peut différer sur des préconisations de politique qu'ils ont et c'est bien normal mais si vous voulez quand on arrive au fondamental on retrouve des choses qui sont essentielles pour la gauche moi je me définis comme un républicain social j'affirme que depuis le début du quinquennat une partie importante des réformes sociales de ce gouvernement sont venues de mon ministère comme le dédoublement des classes qui a été évoqué tout à l'heure le fait que par exemple nous avons réduit les inégalités de résultats entre les élèves des 20% des territoires les plus défavorisés par rapport au reste des 80% de la population on est passé de 13 à 12 de 13 à 7 pardon pour certaines compétences de 13 à 7 points d'écart c'est une performance très importante donc il n'y a pas plus social que cela parce que les inégalités trouvent leur racine pendant l'enfance et on doit à ce moment là être le plus efficace possible je me définis comme un républicain social et il y a une partie de la gauche qui se reconnaît dans l'action qui est la mienne et dans mon ministère bien entendu cela se voit et donc aujourd'hui le salut pour la gauche viendra de sa capacité à être fidèle à ses origines à ses sources et à ce moment là toute une partie du peuple français qui se reconnaîtra de nouveau en elle mais quand la partie populaire du peuple la plus populaire du peuple en particulier voit qu'elle est abandonnée par la gauche pour de faux combats alors évidemment elle se détourne de la gauche et elle va un peu partout et parfois même à l'extrême droite il n'y en reste peu de temps questions courtes réponses courtes

50:53
Intervenant

quand on regarde le spectre politique on voit aussi la poussée de l'extrême droite c'est à dire des candidats Zemmour, Le Pen qui sont extrêmement forts après un quinquennat où vous dites on a essayé de valoriser la république sociale comment vous interprétez ça ?

51:08
Invité politique

il y a d'abord un phénomène international et donc il y a une sorte de vague qui existe et dont la France évidemment la France n'est pas épargnée et puis ensuite cette défaillance de la gauche dont nous venons de parler qui en effet a fait que bonne partie des anciens électeurs du parti communiste sont aujourd'hui à l'extrême droite par exemple et puis ensuite le fait que certains à l'extrême droite ont parfois nommé des choses que d'autres refusaient de nommer et en apportant de mauvais remèdes c'est après 5 ans on en revient à l'extrême droite pose des bonnes questions mais apporte des mauvaises réponses oui cette formule de Laurent Fabius elle a ses limites mais elle a aussi une part de réalité c'est à dire qu'il y a des fois il faut savoir dire les choses quand vous voyez le reportage sur Roubaix l'autre jour il y a deux ans sur ce siège même à Radio France sur France Info pour tout dire je disais je mentionnais Roubaix j'avais été très critiqué pour ça deux ans plus tard on a ce reportage et d'ailleurs ce reportage a lieu parce que précisément on a agi dans l'intervalle et qu'on a été regarder des écoles clandestines etc si c'est pas le camp républicain social qu'à mes yeux nous incarnons qui sait nommer ce genre de problème et sait apporter des débuts de réponse à la fois concrète humaniste subtile aussi parce qu'il faut pas avoir des jugements à l'emporte-pièce sur ces questions si c'est pas nous qui le faisons alors on laisse un terrain à l'extrême droite et donc nous n'avons aucune raison de faire ça le patriotisme le social le républicanisme sait ce que nous incarnons et nous ne voulons pas laisser à d'autres le soin de singer ça

52:37
Intervenant

alors vous on vous sent dans le combat politique qu'est-ce que vous faites après ce quinquennat ?

52:43
Présentateur

il est où Jean-Michel Blanquer en septembre 2022 ? comment vous poursuivez ?

52:48
Invité politique

je crois quelque chose qui est vrai pour chacun d'entre nous il faut être fidèle à ses principes dans la vie il faut avoir quelques grands caps et s'y tenir et après donc vous faites encore de la politique vous faites plus de politique donc les choses qui doivent arriver arrivent en fonction du fait que vous gardez votre cap voilà et exactement vous savez j'avais pas donc vous serez candidat aux élections législatives c'est comme ça que je suis devenu ministre de l'éducation nationale parce que j'avais une obsession sur l'éducation j'ai toujours que par ailleurs j'ai des convictions politiques c'est la campagne donc

53:15
Intervenant

et législatives

53:16
Invité politique

j'aime mon pays plus que tout je déteste tout ce qui fragilise notre pays et quand on aime son pays on se présente aux élections il y a bien des manières d'aider son pays il y en a une heureusement je pense que vous aimez votre pays en participant en me posant des questions en me posant des questions en travaillant pour un service public bref chacun a sa façon d'aimer son pays mais aimer son pays c'est fondamental et après la vie vous permet de le servir d'une manière ou d'une autre je remercie la vie d'avoir fait l'honneur de servir mon pays

53:46
Présentateur

pendant 5 ans bien sûr merci Jean-Michel Blanquer merci Alexandre Gillardi et Jean-Philippe Ballas pour la préparation de l'émission à la réalisation Renan Maé Thomas Langlin Nicolas André André Yannos merci aussi à toutes les trois on se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau numéro de Questions Politiques