Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 3 avril 2026 7 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & élections

Pascal Confavreux, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, appelle à "renforcer le pilier européen de l'Otan"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 20 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:31InvitéFait
    « Il y a deux choses dans votre question. »
  • 3:07InvitéPromesse
    « Il faut renforcer le pilier européen de l'OTAN. »

Temps de parole

  • Invité69 %
  • Présentateur28 %
  • Présentateur 23 %

7,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, 6-9. Et votre invitée Marion Lourdes ce matin est porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Bonjour Pascal Confavreux. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Les échanges à distance hier entre le président français et celui des Etats-Unis ont été particulièrement tendus sur fond de mécontentement de Donald Trump qui accuse ses alliés de ne pas venir à son aide au Moyen-Orient. Alors Donald Trump s'est moqué publiquement du couple Macron. Emmanuel Macron a dénoncé des propos ni élégants ni à la hauteur. Là je cite le président de la République. Est-ce que la France peut encore parler à Donald Trump ?

0:38
Invité

Nous discutons avec cet allié évidemment de l'OTAN. Nous avons beaucoup d'intérêts en commun avec lui. Ça veut aussi dire que nous disons ce que nous pensons. C'est aussi la force je crois de notre diplomatie, la force de notre gouvernement, de notre président. Et ça veut dire aussi qu'on défend derrière nos intérêts et ceux des Français. Et nous n'hésitons pas à dire, et je crois que c'est parfois ce qui provoque ces réactions, quelle est notre position sur l'Iran ?

1:06
Présentateur

Vous parlez d'un allié de l'OTAN, sauf que les Etats-Unis ont encore une fois par la voix de leur président menacé cette semaine de le quitter l'OTAN parce que les pays membres de l'Alliance Atlantique ne viennent pas les aider à débloquer le détroit d'Hormuz. Un OTAN qui coûte, d'après Donald Trump, beaucoup trop aux contribuables américains. Est-ce que vous craignez que les Etats-Unis quittent cette alliance Atlantique ?

1:31
Invité

Sur ça, il y a deux choses. Dans votre question, il y a l'OTAN en tant qu'alliance. C'est une alliance majeure de post-seconde guerre mondiale qui est en charge de la sécurité euro-atlantique. Et plus on pose cette question de confiance entre les alliés, plus on risque, comme le président l'a dit hier, de la vider de sa substance. Donc moins on en parle, mieux on se porte d'une certaine manière sur la capacité de dissuasion. Mais là on n'en parle, on est bien obligé. Et la deuxième chose, c'est ensuite l'OTAN sur Hormuz, puisque c'était aussi un peu le sous-entendu du président Trump. Et l'OTAN, comme son nom l'indique, passait sur la sécurité de l'aure-atlantique.

Et donc ni son mandat, ni elle ne serait pas l'outil opérant pour aller sur le détroit d'Hormuz. Et puis enfin, nous, sur le détroit d'Hormuz, on n'a pas cessé de dire que ce n'est pas notre guerre. Notre but, c'est de rétablir la liberté de navigation et d'aller libérer le détroit d'Hormuz par une opération, comme on dit, de vive force serait irréaliste.

2:19
Présentateur

Alors si on reprend dans l'ordre, est-ce que oui ou non, on craint vraiment que Donald Trump demain claque la porte de l'OTAN ?

2:26
Invité

Ça, ce sera encore une fois aux Américains de le dire. On écoute tout ce qu'ils disent, après on voit qu'il y a des positions qui diffèrent de jour à l'autre. Et comme lui disait le président, il faut peut-être aussi parler moins.

2:37
Présentateur

Et c'est vrai que la question, elle se pose quand même, parce que même si ce n'est pas un territoire qui relève de l'Alliance Atlantique, il y a une forme de solidarité envers les pays de l'Alliance Atlantique. Pourquoi est-ce qu'effectivement, la France ou les autres n'interviendraient pas pour libérer le détroit d'Hormuz, pour permettre au pétrole de circuler plus facilement et faire baisser peut-être les prix qui commencent à flamber ?

2:58
Invité

Alors, je voudrais déjà revenir sur votre première question, qui était aussi, du coup, face à cette incertitude américaine, face à l'agressivité aussi russe qui monte, eh bien, il faut renforcer le pilier européen de l'OTAN. Et c'est ce que nous faisons depuis maintenant plusieurs années. Et aussi, au niveau national, à renforcer nos dépenses en termes de défense. Elles auront doublé en 10 ans entre 2017 et 2027. Ensuite, sur Hormuz...

3:16
Présentateur

Il faut ré-europaniser, j'arrive pas à le prononcer, ré-europaniser l'OTAN.

3:21
Invité

Il faut renforcer le pilier européen de l'OTAN. Il faut aussi que nous-mêmes...

3:25
Présentateur

Quitte à se passer des Etats-Unis.

3:25
Invité

Ça veut pas dire ça. Ça veut dire que nous-mêmes, il faut... C'est ce qu'on dit, l'autonomie stratégique. C'est-à-dire qu'il faut être capable de pouvoir aussi décider pour nous-mêmes, pas contre, mais aussi de rétablir une forme de plus d'autonomie. Et ça, c'est ce que le président défend depuis 2017, le discours de la Sorbonne, etc. Sur ensuite, Hormuz. Le gouvernement a pris plein de mesures au niveau national pour essayer de limiter l'impact pour notre économie. La partie des affaires étrangères et la diplomatie, c'est d'aller aussi à la racine du problème. C'est d'aller rétablir cette liberté de navigation. Il y a à peu près 20% du gaz ou du pétrole mondial qui passe par là.

Cette contrainte sur l'exportation, évidemment, ça touche, ça a un effet sur les prix du baril. Et donc, un de nos priorités, c'est de pouvoir rétablir cette liberté de navigation. Cette liberté de navigation, nous, on pense qu'elle ne peut pas être établie par une opération de vive force. Déjà parce qu'en fait, ça va augmenter...

4:21
Présentateur

Ça veut dire une opération militaire ?

4:22
Invité

Oui, une opération, vous envoyez les bateaux, etc. Pourquoi ? Parce que ça va augmenter la conflictualité alors que nous, on veut plutôt la baisser. Ça va nous faire devenir co-belligérants alors qu'on dit, ce n'est pas notre guerre et nous ne voulons pas être entraînés dans une guerre qui a été décidée seule, sans nous. Et puis, enfin, on pense que c'est irréaliste. Vous avez 1000 kilomètres de côte. Il faut des armées, en fait, considérables pour le faire. Donc, ce que nous appelons, c'est revenir à une forme de désescalade. Une fois que les bombardements auront cessé, qu'on puisse avoir une escorte militaire de bateaux civils dans une forme de cadre de négociation incluant l'Iran.

Et donc, ça, on y est tout à fait prêt et on s'y prépare dès maintenant. Il y a eu une réunion hier téléphonique avec une 35, ils ont mis les affaires étrangères. Le ministre Jean-Noël Barraud organise la semaine prochaine un G7 avec les pays du Golfe pour avancer là-dessus. L'idée, c'est d'être le plus près possible. Ça a plein de conséquences concrètes, notamment avec les opérateurs, avec les assureurs, avec la planification aussi. Voilà, donc tout ça, il faut s'y préparer une fois que ces bombardements auront cessé.

5:16
Présentateur

Alors, il y a un autre aspect de cette guerre au Moyen-Orient, c'est la relation franco-israélienne qui se dégrade. La France n'est pas une puissance amicale, a dit hier l'ambassadeur d'Israël, après que Paris a interdit le survol de son espace aérien aux avions transportant de l'aide militaire vers l'État hébreu. Est-ce qu'Israël est une puissance amicale ?

5:33
Invité

C'est un partenaire et nous distinguons deux choses. Nous distinguons le peuple israélien avec lequel nous avons une proximité en termes culturels, universitaires, scientifiques, et qu'il n'a jamais été question d'arrêter. Je vous rappelle qu'il y a à peu près 200 000 Français qui vivent en Israël, beaucoup franco-israéliens. Et puis le gouvernement israélien, avec lequel on peut avoir des désaccords, on partage nos analyses. Et par exemple, nous avons été extrêmement durs dans notre condamnation du vote par la Knesset du rétablissement de la peine de mort.

6:06
Présentateur

Mais le dialogue est rompu avec le gouvernement israélien ?

6:08
Invité

Et le dialogue a toujours été maintenu. Et toujours là ? Oui, et il est d'autant plus nécessaire, je dirais, encore actuellement, dans par exemple la phase d'escalade, que certains, si on en croit leurs déclarations, s'apprêtent à faire. Parce qu'il faut, comment dire, qu'on puisse leur dire nos positions. Et au moment, par exemple, de la reconnaissance de l'État de Palestine, qui à un moment a été perçue par l'État d'Israël, par le gouvernement israélien, comme étant contre eux, nous avons aussi toujours maintenu ce dialogue.

6:38
Présentateur

Pascal Confavreux, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, merci beaucoup d'être venu sur France Inter ce matin. Bonne journée. Merci à vous.

Pascal Confavreux, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, appelle à "renforcer le pilier européen de l'Otan" · Pourquijevote