Budget de la Sécu, mise en examen Sophie Binet, polémique autour de Brigitte Macron ... Le "8h30 franceinfo" de Marylise Léon
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:36OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez un message à faire passer aux députés ce matin ?
- 1:31RelanceRéponse partielle
Mais qu'est-ce que vous dites aux députés qui ne veulent pas le voter ?
- 2:13RelanceÉludée
Et ceux qui ne veulent pas voter sont irresponsables pour vous ?
- 2:47RelanceRéponse directe
Mais il n'y a plus de députés qui veulent ce budget. Pardon Marie-Lise Léon, mais même les partis LR et Horizon, qui appartiennent à la coalition gouvernementale, devraient s'abstenir.
- 3:06OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites à cette gauche ?
- 3:28RelanceRéponse directe
Vous ne dites pas que c'est du vent comme la France Insoumise ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46Invité politiqueFait
« Le message, il est clair. Je pense qu'on a aujourd'hui besoin d'un budget de la sécurité sociale. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Et il faut pouvoir répondre à cette attente sociale qui est extrêmement forte. Il y a une augmentation de la CSG Capitale, il y a le non-gène de la révision sociale. »
- 1:21Invité politiqueFait
« Et il faut pouvoir répondre à cette attente sociale qui est extrêmement forte. »
- 2:19Invité politiqueFait
« Moi, je pense que... Alors, il y a mille et une raisons de ne pas voter ce budget. »
- 2:28Invité politiqueFait
« Moi, je vous dis, il y a un élément qui nous gêne énormément dans ce budget, c'est qu'il y a encore un report de la mise en place de la prosecution sociale complémentaire dans la fonction publique hospitalière. »
- 3:12Invité politiqueFait
« C'est quand même un peu la foire à la saucisse. Je ne sais pas qui arrive à se repérer dans les positions. »
- 3:28PrésentateurFait
« Vous ne dites pas que c'est du vent comme la France Insoumise ? »
- 3:38Invité politiqueFait
« Alors, si la France Insoumise n'a pas compris qu'il y avait une élection présidentielle dans quelques mois à horizon 2027, je pense qu'il faut qu'ils se réveillent. »
- 3:59Invité politiqueFait
« que moi, je rencontre toutes les semaines et qui me disent, ces trois mois de gagné, on les prend. »
- 6:16Invité politiqueFait
« Moi, ce qui me choque, c'est qu'il y ait une responsable syndicale qui soit mise en examen pour effectivement avoir utilisé un dicton populaire. »
- 6:48Invité politiqueFait
« Non, mais c'est une expression, c'est un dicton. »
- 6:56Invité politiqueFait
« Non, je ne pense pas. Et je pense que ça peut l'être pour certains, mais ça ne l'est pas pour tous. »
- 8:37Invité politiqueFait
« Au Louvre, on a un afflux de visiteurs extrêmement important. »
- 8:40Invité politiqueChiffre
« La pyramide, par exemple, elle a été construite pour 4 millions de visiteurs. »
- 8:40Invité politiqueChiffre
« C'est 9 millions de visiteurs qui y passent. »
- 10:30Invité politiqueFait
« Il y a un sujet sur lequel on a besoin d'avancer, c'est la question des aides publiques aux entreprises. »
- 10:41Invité politiqueFait
« Non, il y a besoin d'aide aux entreprises, mais elles sont insuffisamment contrôlées, évaluées. »
- 11:03Invité politiqueFait
« Oui, c'est un risque qui pèse toujours sur le gouvernement. »
- 11:30Invité politiqueFait
« les travailleurs et les travailleuses nous disent qu'on a besoin qu'on traite nos problèmes. »
- 11:33Invité politiqueFait
« C'est la question du pouvoir d'achat, préoccupation numéro un. »
- 12:30Invité politiqueFait
« Elles ont été mises en place pour encourager l'emploi, »
- 12:41Invité politiqueFait
« sauf qu'on se rend compte qu'aujourd'hui, ça a un impact sur les augmentations salariales »
- 12:52Invité politiqueFait
« C'est un effet pervers, c'est ça ? »
- 12:55Invité politiqueFait
« Il y a donc des salariés, ce qu'on appelle le plancher collant. »
- 12:58Invité politiqueFait
« On reste scotchés au SMIC »
- 17:25Invité politiqueChiffre
« que le renoncement et l'annulation actée de la lettre de cadrage de l'assurance chômage qui nous demandait de faire jusqu'à 4 milliards d'euros d'économies, qu'elles soient annulées et retirées, »
- 17:41Invité politiqueFait
« pour les demandeurs d'emploi à qui on a demandé depuis des années déjà de faire beaucoup, beaucoup d'efforts »
- 17:49Invité politiqueChiffre
« et que l'État prélève allègrement 12 milliards et demi sur le régime d'assurance chômage. »
- 18:03Invité politiqueFait
« La CFDT, elle y est prête, »
- 18:05Invité politiqueFait
« mais je rappelle quand même que c'est un dispositif qui a été demandé par le patronat en 2008 »
- 18:32Invité politiqueFait
« Non, parce que pour la CFDT, nous sommes abolitionnistes. »
- 19:39Invité politiqueFait
« Non, moi je fais partie de ceux que ces mots dérangent pour une femme qui a un rôle vis-à-vis de la nation »
- 19:58Invité politiqueFait
« Je trouve que c'est assez grossier de sa part. »
- 20:21Invité politiqueFait
« Après, il y a une décision de justice. »
- 21:30Invité politiqueFait
« il y a incompatibilité de vision de la société par la CFDT et des responsables du Rassemblement national. »
- 21:55Invité politiqueFait
« je préfère m'adresser directement aux électeurs que de m'adresser à des responsables politiques »
Temps de parole
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Bonjour Marie-Lise Léon. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour. On va parler, Marie-Lise Léon, retraite, également des patrons comparés à des rats qui quittent le navire par la CGT ou du RN qui souhaitent rouvrir les maisons closes. Mais d'abord aujourd'hui c'est le vote solennel du budget de la sécurité sociale à l'Assemblée. Le patron du PS Olivier Faure votera pour.
La gauche, son devoir, parce que c'est la sécu, parce que c'est notre patrimoine commun, parce qu'il faut sauver notre système de protection sociale, je crois qu'effectivement demain il faut voter pour.
C'était Olivier Faure sur France 2, mais le PS est assez seul, le vote pourrait se jouer à quelques voix près. Est-ce que, Marie-Lise Léon, vous avez un message à faire passer aux députés ce matin ?
Le message, il est clair. Je pense qu'on a aujourd'hui besoin d'un budget de la sécurité sociale. On a besoin de sécuriser les avancées qu'il y a pu y avoir dans ce projet. C'est un compromis. Le projet qui est aujourd'hui sur la table, ça n'est pas le budget du gouvernement, ça n'est pas non plus le budget idéal que certaines formations politiques auraient voulu avoir. Et je pense qu'aujourd'hui, il faut absolument qu'il puisse y avoir l'adoption de ce budget parce qu'il y a la suspension de la réforme des retraites qui est dedans et que ça concerne des centaines de milliers de personnes qui pourraient partir plus tôt.
Et il faut pouvoir répondre à cette attente sociale qui est extrêmement forte. Il y a une augmentation de la CSG Capitale, il y a le non-gène de la révision sociale. Mais qu'est-ce que vous dites aux députés qui ne veulent pas le voter ? Moi, je pense qu'il y a aujourd'hui un risque à ce qu'il n'y ait pas de budget de la sécurité sociale, notamment pour les associations de solidarité qui vont être empêchées qu'il y ait un report d'adoption de ce budget de la sécurité sociale. Ce qui veut dire des reports de moyens pour les associations de solidarité et qui sont déjà en grande difficulté. Donc, c'est un compromis.
Ça n'est ni le budget du gouvernement, ni celui du Parti Socialiste ou d'autres forces qui ont joué le jeu de la négo. Et je pense qu'il faut qu'il soit adopté. Je pense qu'il faut qu'il soit adopté. Enfin, je pense qu'on a un moment où il faut se parler clairement.
Et ceux qui ne veulent pas voter sont irresponsables pour vous ?
Moi, je pense que... Alors, il y a mille et une raisons de ne pas voter ce budget. Moi, je vous dis, il y a un élément qui nous gêne énormément dans ce budget, c'est qu'il y a encore un report de la mise en place de la prosecution sociale complémentaire dans la fonction publique hospitalière. C'est-à-dire que c'est un engagement qui avait été pris il y a plusieurs années maintenant par le gouvernement qui est encore reporté. Donc, on est contre cette disposition. Mais globalement, on a besoin de ce budget. Et pour la CFDT, sur cette question pour la fonction publique hospitalière, on continuera de se battre et on utilisera d'autres moyens.
Mais il n'y a plus de députés qui veulent ce budget. Pardon Marie-Lise Léon, mais même les partis LR et Horizon, qui appartiennent à la coalition gouvernementale, devraient s'abstenir. Et même ceux qui étaient pour l'abrogation de la réforme des retraites pourraient voter contre alors que ce budget introduit la suspension de cette réforme. Qu'est-ce que vous dites à cette gauche ?
C'est un bon résumé. C'est quand même un peu la foire à la saucisse. Je ne sais pas qui arrive à se repérer dans les positions. Moi, je pense qu'aujourd'hui, le vrai sujet, c'est le contenu. Et moi, ma boussole, c'est qu'est-ce que ça a comme impact concret sur les travailleurs ? La suspension de la réforme des retraites, ça a un impact très concret dès sa mise en application.
Vous ne dites pas que c'est du vent comme la France Insoumise ? C'est ? Vous ne dites pas que c'est du vent comme la France Insoumise ? Non, ce n'est pas du vent parce que moi... C'est simplement qu'on reporte de quelques mois. On reporte de quelques mois. Mais on en terrine le départ à 64 ans.
Alors, si la France Insoumise n'a pas compris qu'il y avait une élection présidentielle dans quelques mois à horizon 2027, je pense qu'il faut qu'ils se réveillent. Et puis, s'ils considèrent qu'ils ne vont pas gagner, c'est plutôt un problème politique de leur côté. Et tous ceux qui considèrent que c'est de l'enfumage, moi, je les invite à aller à la rencontre des salariés qui sont directement concernés, que moi, je rencontre toutes les semaines et qui me disent, ces trois mois de gagné, on les prend. Voilà. Donc, c'est extrêmement important de pouvoir avoir cette concrétisation. Et je pense qu'il faut parler clair.
Et quand je vous dis la foire à la saucisse, c'est que moi, je n'arrive pas à comprendre des formations politiques qui me semblent plus préoccupées par les prochaines échéances politiques. C'est ce à quoi on assiste en ce moment.
Non, parce que les députés n'ont jamais eu autant de pouvoir, vous dites, ils ne sont pas responsables et ils sont obsédés par 2027.
Moi, je pense qu'il y a beaucoup de formations politiques qui sont déjà obsédées par d'autres échéances. Et moi, ce que j'entends tous les jours quand je vais à la rencontre de salariés, d'agents des fonctions publiques, c'est quand est-ce qu'ils vont enfin se mettre d'accord ? Ça, c'est la phrase que j'entends. C'est ça qu'on vous dit sur le terrain ? Bien sûr. Quand est-ce qu'ils vont enfin pouvoir se mettre d'accord ? Parce que les concitoyens, les travailleurs et les travailleuses que je vois, ils me disent, mais quand est-ce qu'on parle de nos problèmes ?
Et ce matin, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farrandi, dit sur France Inter, il me tarde que ça se termine. Vous aussi, vous en avez ras-le-bol.
Moi, je ne suis pas en première ligne dans l'hémicycle et dans les discussions, mais je pense qu'aujourd'hui, c'est une étape importante. Je pense que l'un des enjeux d'avoir un PLFSS, c'est aussi de pouvoir après avoir un projet de loi de finances de l'État, le budget de l'État. Et je pense qu'aujourd'hui, oui, il y a beaucoup, beaucoup de travailleurs et de travailleuses qui nous disent quand est-ce qu'on parle enfin de nos problèmes.
La question de comment je boucle mes fins de mois, comment on peut améliorer mes conditions de travail, comment on fait en sorte que je n'arrive pas à casser à la retraite, comment je peux travailler jusqu'à ma retraite même, la question de l'emploi des seniors, la question de l'emploi des jeunes. Il y a beaucoup, beaucoup de sujets sur lesquels on est interpellé et tout est un peu congelé, malheureusement, avec ces débats sur le budget.
Marie-Vise Léon, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a été mise en examen pour injure publique après avoir qualifié les patrons de rats qui quittent le navire. Elle a réagi sur France Inter, elle assume ses propos, écoutez.
Ça s'appelle une image populaire, c'est dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas et je pense que c'est important dans le débat public qu'on puisse parler sans langue de bois. Le souci, en fait, pourquoi est-ce que j'ai dit ça ? Parce que la France, elle est handicapée par ces multinationales. Qu'est-ce qui vous choque dans cette affaire, Marie-Vise Léon ?
Moi, ce qui me choque, c'est qu'il y ait une responsable syndicale qui soit mise en examen pour effectivement avoir utilisé un dicton populaire. Et d'ailleurs, on est de nombreux responsables syndicaux à avoir vendredi fait un soutien public à Sophie Binet, qui est une de nos camarades. On échange très régulièrement et je pense que c'est inquiétant aujourd'hui qu'une responsable syndicale soit mise en examen pour avoir tenu des propos qui ne les semblent pas. Vous trouvez que les patrons méritent qu'on les qualifie comme ça ? Non, mais c'est une expression, c'est un dicton.
Vous pensez que le seul objectif des patrons, c'est l'appât du gain ? Comment ? Vous pensez que le seul objectif des patrons, c'est l'appât du gain ?
Non, je ne pense pas. Et je pense que ça peut l'être pour certains, mais ça ne l'est pas pour tous. Et en fait, globalement, c'est extrêmement compliqué de dire tous les employeurs sont comme ci, tous les employeurs sont comme cela. Elle parle des multinationales qui ont un poids, c'est vrai, sur les questions économiques extrêmement fort. Mais ce qui est important dans cette histoire et dans le fait de... Moi, je pense que c'est de ma responsabilité de soutenir Sophie Binet dans cette période, c'est que je pense qu'avoir ce type d'action juridique vis-à-vis d'une responsable syndicale, c'est une tentative d'intimidation.
Et dans une démocratie, les organisations syndicales sont des contre-pouvoirs qui ont une liberté d'expression à laquelle je suis extrêmement attachée.
Marie-Lise Léon, il y a un préavis de grève qui a été déposé, préavis de grève reconductible au Louvre à partir de lundi prochain. On écoute la colère d'Elise Muller, c'est une surveillante de salles au Louvre. Elle représente le syndicat Sud Culture Solidaire.
On a besoin de savoir qu'on sera renforcés, parce que là, en fait, on ne tient plus. Le plus grand musée du monde ne peut pas tenir avec des bouts de ficelle. Ce n'est pas possible. Pour ce qui concerne Sud Culture, on ne demande pas sa démission, mais nous l'attendons.
Donc, elle parle à la fin de la présidente directrice du Louvre, Laurence Descartes. Est-ce que vous aussi, vous demandez ou vous attendez la démission de la patronne du Louvre ?
Là, la CFDT est très bien implantée et dans le mouvement de mobilisation sur la question des conditions de travail, en fait. Au Louvre, on a un afflux de visiteurs extrêmement important. La pyramide, par exemple, elle a été construite pour 4 millions de visiteurs. C'est 9 millions de visiteurs qui y passent. C'est très bien pour le rayonnement de la France, mais ça veut dire que ça a un vrai impact sur les salariés du Louvre et les 80 métiers qui travaillent dans ce musée. Et je pense qu'aujourd'hui, ce qu'il faut surtout travailler, c'est cette question du manque de moyens, des locaux vétustes, de l'exposition au bruit qui est infernal pour ceux qui y travaillent tous les jours.
Et d'une baisse de 8% de la dotation de l'État, cette baisse de 8%.
Et la baisse de moyens, absolument.
Est-ce que pour vous, le Louvre est aujourd'hui en danger structurel ?
Je ne sais pas si c'est structurel. Je pense qu'aujourd'hui, il y a besoin de reprendre les choses dans le bon ordre en termes de moyens financiers et de moyens alloués aux équipes pour qu'elles puissent bien faire leur travail. Là, on est véritablement sur un des enjeux que la CFDT porte et qu'on veut pouvoir mettre sur la table. Et ce qui était un des enjeux avant même les discussions retraite en 2023, c'est la question du travail et des conditions de travail. Lorsqu'il y a des personnes qui travaillent au Louvre qui me disent « Marie-Lise, travailler dans cette ambiance sonore, ça n'est pas tenable. On manque d'effectifs.
On doit faire face à des incivilités de plus en plus violentes, de plus en plus fréquentes. » Ça veut dire qu'il faut avoir une discussion avec la direction pour vous dire comment on traite ces sujets et comment on améliore ces conditions de travail.
Et on va en parler dans un instant parce que vous participez à la conférence Travail-Emploi-Retraite. Mais d'abord, on parlait du budget de la sécurité sociale. Est-ce qu'il y a aussi pour vous urgence à voter le budget de l'État ensuite ?
Il y aura effectivement d'autres discussions et il y aura besoin de trouver un équilibre pour l'adoption du budget de l'État. Et pour la CFDT, c'est aussi un gros point de vigilance. Il y a un sujet sur lequel on a besoin d'avancer, c'est la question des aides publiques aux entreprises. Alors, je ne vais pas tomber dans les caricatures. À chaque fois que j'évoque la question des aides publiques, on me dit « Vous êtes contre les aides aux entreprises ? » Non, il y a besoin d'aide aux entreprises, mais elles sont insuffisamment contrôlées, évaluées. Et lorsque les entreprises ne jouent pas le jeu, je pense qu'il faut mettre en place des mécanismes de sanctions.
Sinon, disiez-vous chez nos confrères d'RTL, ce sera un nouveau chaos politique avec la perspective d'une dissolution ? Ce serait terrible ? C'est ça qu'on risque aujourd'hui ?
Oui, c'est un risque qui pèse toujours sur le gouvernement. Et quand je vous dis que les travailleurs me disent qu'on a besoin qu'ils se mettent d'accord pour pouvoir passer à autre chose, c'est aussi la crainte d'avoir une nouvelle congélation, en fait. Parce qu'une dissolution, ça n'est ni plus ni moins qu'une nouvelle congélation de l'économie, un coût extrêmement important. Et qu'aujourd'hui, je le répète, les travailleurs et les travailleuses nous disent qu'on a besoin qu'on traite nos problèmes. C'est la question du pouvoir d'achat, préoccupation numéro un. C'est la question des conditions de travail et c'est la question de l'emploi.
Avec Marie-Lise Léon, secrétaire générale de la CFDT, à l'instant, vous mettiez en question les aides aux entreprises et justement, les patrons s'inquiètent, Paul.
Exactement, Agathe. Je retiens de la première partie de notre entretien, deux expressions. D'abord, vous avez utilisé l'expression « foire à la saucisse » pour le budget. Et ensuite, vous avez parlé d'un risque de congélation. Les patrons s'inquiètent aussi de ce risque de congélation, mais ils le disent avec d'autres mots. Dans une déclaration commune publiée hier, le patronat appelle à ne pas, je cite, « jouer avec l'emploi et les salaires » et met en garde contre une nouvelle baisse des allègements de cotisations qui augmenteraient, du coup mécaniquement, selon eux, le coût du travail.
J'imagine que vous n'êtes pas totalement d'accord avec eux, mais est-ce que vous les comprenez et qu'est-ce que vous leur répondez ?
Moi, je les comprends et... Enfin, je comprends ce qu'ils disent et je comprends qu'ils puissent être inquiets. Après, il faut revenir à l'origine de pourquoi on a eu ces exonérations de cotisations et pourquoi ça pourrait être légitime de les réintroduire, ces cotisations. Elles ont été mises en place pour encourager l'emploi, sauf qu'on se rend compte qu'aujourd'hui, ça a un impact sur les augmentations salariales puisque des employeurs n'augmentent plus leurs salariés pour pouvoir continuer de bénéficier de ces exonérations. Donc, en fait, on est à côté de l'objectif. C'est un effet pervers, c'est ça ? C'est un effet pervers, ce qu'on appelle les trappes à bas salaire.
Il y a donc des salariés, ce qu'on appelle le plancher collant. On reste scotchés au SMIC et on n'arrive pas à avoir des évolutions de carrière. Le plancher collant. Donc, le plancher collant, oui, c'est ça. C'est ce qu'on a comme image pour expliquer qu'il n'y a pas de perspective. Or, on sait que pour beaucoup de salariés, c'est aussi une des façons de pouvoir se projeter et de pouvoir avoir... Quelles sont les possibilités d'évolution ? C'est un vrai moteur dans l'engagement au travail.
Mais les patrons disent, ces aides, ces allégements, ce n'est pas un privilège. C'est aussi qu'en France, le travail est plus cher qu'ailleurs. Et par ailleurs, dans ce budget, il y a aussi beaucoup de mises à contribution des entreprises.
Il est plus cher qu'ailleurs. Il y a un ensemble d'éléments comme les cotisations qui permettent de financer notre modèle social. Et je pense qu'aujourd'hui, les employeurs doivent prendre aussi leurs responsabilités et ne pas toujours compter sur l'État pour soit les aider directement, soit leur permettre d'avoir des exonérations de cotisations. On sait qu'il y a des secteurs d'activité où il y a des salaires très faibles, où il n'y a pas d'augmentation salariale et où les employeurs ne jouent pas le jeu du partage de la richesse. Et donc ça, c'est extrêmement important.
Donc nous, on n'est pas contre ces exonérations de cotisations, mais on est pour leur annulation, donc que les employeurs payent des cotisations lorsqu'ils ne jouent pas le jeu de la négociation salariale. Il y a un moment, il faut arrêter de penser que tout doit tomber, tout cuit sans contrepartie et que les entreprises, elles doivent se rendre compte qu'aujourd'hui, dans le débat actuel, il n'y a pas d'argent magique. Je pense qu'on l'a suffisamment entendu de la part des gouvernements successifs et que les employeurs doivent être responsabilisés. Et donc rendre des comptes sur ce qu'ils font, soit c'est du fait qu'ils ne payent pas de cotisations, soit qu'ils touchent des aides directes.
C'est du tout les employeurs qu'on entend dire « il n'y a pas d'argent magique ».
Oui, du coup, qu'ils s'appliquent eux-mêmes cette image.
Vendredi, c'est tenu la première journée de la conférence Travail-Emploi-Retraite. Est-ce que c'est encore un anième conclave qui ne sert à rien entre partenaires sociaux parce que vous n'êtes jamais d'accord ? Ou est-ce qu'au contraire, vous y voyez ? Ou alors, est-ce que vous voyez la perspective de changement réel pour les salariés ?
Moi, je pense qu'il y a... Qu'est-ce que ça va donner concrètement ? Ce n'est pas encore complètement clair. Et puis, on n'est pas forcément tous alignés. Moi, je pense que l'enjeu majeur, c'est d'ouvrir un espace de discussion sur c'est quoi aujourd'hui les conditions de travail. Nous, la priorité numéro un, c'est de pouvoir mettre en lumière ce travail, notamment des travailleurs et des travailleuses essentiels, tous ceux qui ont fait tenir le pays pendant le Covid, qui attendent toujours une juste reconnaissance de leur travail. On le connaît, le constat, Marie-Lise Léon.
On a besoin de le mettre sur la teinte parce que je pense qu'aujourd'hui, et notamment du côté des employeurs, et c'est là l'intérêt d'avoir aussi cet espace de discussion, c'est qu'il y a beaucoup... Le MEDEF n'est pas là, encore une fois. Le MEDEF n'est pas là, mais le MEDEF n'est pas la seule organisation patronale en France. Il y en a d'autres. Il y a les employeurs de l'économie sociale et solidaire qui sont présents, il y a d'autres organisations patronales. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est de parler du travail. On évoque souvent des métiers, on parle de la pénibilité, on parle de la question de la juste reconnaissance.
Parler du travail, je vous donne un exemple, parler du travail d'une aide-soignante, ça veut dire quoi ? Ça veut dire parler de sa réalité concrète au quotidien. C'est comment on lui répond et comment on trouve des solutions au fait qu'elles sont nombreuses à nous dire Marie-Lise, je n'ai pas les moyens de bien faire mon travail, je n'ai pas les deux minutes nécessaires utiles pour aller tenir la main d'un patient qui en a besoin. C'est ça, le quotidien. Et cette conférence, elle va répondre à ces sujets très concrets et précis ?
Quand on dit parler du quotidien de ces aides-soignantes et du mal-être qu'elles ont et avoir le sentiment de ne pas bien faire leur travail, c'est réinterroger l'organisation du travail, la relation avec les encadrants, c'est la question des plannings. Ça peut paraître un peu trivial et du détail, mais c'est ce qui fait le quotidien de ces personnes qui font qu'elles sont mal dans leur travail. C'est aussi un enjeu d'attractivité de ces métiers et donc c'est ça qu'il faut pouvoir poser sur la table. C'est ça la réalité du travail que la CFDT veut poser dans cette conférence.
Marie-Lise Léon, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, vous propose un deal. Il renonce à la réforme de l'assurance chômage si les partenaires sociaux font des économies sur les ruptures conventionnelles, le dispositif de séparation à l'amiable entre un employeur et un salarié. Est-ce que c'est un soulagement pour vous ? Alors c'est certain
que le renoncement et l'annulation actée de la lettre de cadrage de l'assurance chômage qui nous demandait de faire jusqu'à 4 milliards d'euros d'économies, qu'elles soient annulées et retirées, c'est surtout une bonne nouvelle pour les demandeurs d'emploi à qui on a demandé depuis des années déjà de faire beaucoup, beaucoup d'efforts qui a permis de dégager un certain nombre d'économies et que l'État prélève allègrement 12 milliards et demi sur le régime d'assurance chômage. Donc du côté des chômeurs, les efforts ont été faits. On nous dit qu'il y a un sujet à rupture conventionnelle, il va falloir le regarder de près.
La CFDT, elle y est prête, mais je rappelle quand même que c'est un dispositif qui a été demandé par le patronat en 2008 sur lequel on a conclu un accord et ils expliquent aujourd'hui que ça ne leur convient plus.
Il va falloir qu'ils nous... Vous dites, vous y êtes prête. Un autre sujet, Marie-Lise Léon, le Rassemblement National veut rouvrir les maisons closes fermées en 1946. Alors plus précisément, le député Jean-Philippe Tanguy veut créer des lieux coopératifs qui seraient tenus par les prostituées elles-mêmes. L'idée, c'est d'améliorer, dit-il, la situation des prostituées. Est-ce que la CFDT pourrait soutenir cette idée ?
Non. Non, parce que pour la CFDT, nous sommes abolitionnistes. Donc la prostitution, ça n'est ni du travail, ni du sexe. Mais vous êtes abolitionniste, mais est-ce qu'on peut interdire la prostitution ?
On ne peut pas l'interdire, alors il vaut mieux l'encadrer
pour les protéger. En termes de respect du droit des femmes et du corps des femmes, ça n'est pas un projet de travail. Et que l'ERN ne parle du travail et du travail des femmes qu'en ces termes, je trouve que c'est assez révélateur de leur image de la femme dans la société.
C'est une vidéo qui fait énormément réagir depuis hier. La scène se passe dimanche. Brigitte Macron est avec l'humoriste Harry Habitant dont le spectacle a été interrompu samedi par des militantes féministes du collectif Nous Toutes. Je rappelle qu'Harry Habitant avait été accusée de viol en 2021 avant que l'instruction aboutisse à un non-lieu. On écoute Brigitte Macron, le son est mauvais, je vous répéterai après ce qu'elle dit si vous n'entendez pas bien. C'est vrai que c'est comment ? J'ai peur. J'ai peur de quoi ? De tout ? S'il y a des sales connes, on va les foutre dehors. S'il y a des sales connes, on va les foutre dehors, dit Brigitte Macron.
Faites-vous partie de ceux que ces mots dérangent ou est-ce que vous comprenez la réaction de Brigitte Macron ?
Non, moi je fais partie de ceux que ces mots dérangent pour une femme qui a un rôle vis-à-vis de la nation et qui a, je crois, un an expliqué que son mari Emmanuel Macron devait être respecté. Je trouve que c'est assez grossier de sa part. Vous trouvez ça grossier ?
L'entourage de l'épouse du président évoque une critique de la méthode radicale employée par le collectif Nous Toutes parce qu'Harry Habitin avait été accusé de viol en 2021 mais l'instruction avait abouti à un non-lieu. Est-ce que vous comprenez aussi ce débat-là ? Je le comprends.
Après, il y a une décision de justice. Après, qu'il y ait des manifestantes qui souhaitent exprimer leur désaccord dont acte mais que la femme du président de la République se permette ce type de propos, je trouve que c'est absolument déplacé et grossier.
Il est 8h56 sur France Info. Vous le savez, Mme Léon, c'est l'heure de la question qui a retrouvé tous les matins sur les réseaux sociaux de France Info. Aujourd'hui, la question qui boycotte. Pourquoi, Mme Léon, refusez-vous toujours de rencontrer Ejordan Bardella et Marine Le Pen alors même que la CFDT, c'est dans ses statuts, d'y vouloir parler à tout le monde, maintenir le dialogue social avec toutes les forces politiques ?
Alors, la CFDT s'adresse à l'ensemble des électeurs et va à leur rencontre et d'ailleurs, on organise des débats très régulièrement sur la question du travail, sur la question de la démocratie et on a des personnes qui nous interpellent en disant « Moi, je suis travailleur, je vote RN. » Pourquoi la CFDT tient ce type de... Pourquoi vous ne voulez pas nous parler ? Nous parlons à tout l'électorat. Mais vous ne voulez pas les rencontrer. Les responsables politiques, c'est de nature très différente et pour la CFDT, il y a incompatibilité et d'ailleurs, il y a un tribunal administratif qui a tranché.
Il y a incompatibilité de vision de la société par la CFDT et des responsables du Rassemblement national.
Mais vous le disiez vous-même, Marie-Lise Léon, pardon, mais le RN Premier Parti chez les salariés et les ouvriers aux dernières européennes en refusant de parler à ces parties. Est-ce que vous ne vous coupez pas d'une grande partie du monde du travail ?
Non, parce que moi, je préfère m'adresser directement aux électeurs que de m'adresser à des responsables politiques qui n'ont qu'une envie. C'est d'instrumentaliser le type d'échange ou le type de rencontre qu'on pourrait avoir avec eux. Et on a eu un exemple encore criant il y a quelques mois où le porte-parole a soi-disant adressé un courrier aux différentes centrales syndicales pour nous, pour débattre sur les retraites. Ce courrier, je l'ai reçu dix jours après la parution dans un article de presse. Donc, il avait d'abord utilisé la presse pour se victimiser. victimiser. Donc, ça ne m'intéresse pas de débattre avec ces responsables politiques.
Le MEDEF a invité... Mais chaque organisation
et d'autres organisations syndicales le font probablement pour la CFDT. C'est extrêmement clair. Le parti Rassemblement National n'est pas un parti comme les autres. Il n'a pas un projet qui est compatible avec ce que l'on porte à la CFDT. Et donc, on le défend auprès de ses électeurs en leur disant si vous pensez que le RN peut être une solution pour les questions du travail. Nous, on va vous expliquer que pour la CFDT, ça n'est pas le cas. Ils tiennent un double discours. Merci. Et nous refusons cette banalisation.
Merci beaucoup d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul-Anchot. Merci à Gade. A demain. Vous restez avec nous. Les informez tout de suite avec Renaud Delis.