Les salariés du nucléaire "apprécient les annonces" mais restent "méfiants en cette période électorale", selon le secrétaire général de la CGT Mines-Energie
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:33OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est un moment historique pour vous tout d'abord ?
- 1:11OuverteRéponse directe
Qu'on se rende bien compte, ça fait combien de temps qu'un président, en exercice, n'a pas annoncé la construction de nouveaux réacteurs nucléaires ?
- 1:45OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça pourrait signifier concrètement en termes d'emploi ? Est-ce que ça signifierait des embauches dans le secteur du nucléaire ?
- 2:15OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on a les compétences aujourd'hui, Sébastien Ménespillier, pour lancer la filière ?
- 3:00RelanceÉludée
Le président préconise aussi, dit-il, le prolongement des centrales au-delà de 50 ans, alors que la loi prévoit la fermeture de 12 nouveaux réacteurs au-delà de 2028. Il n'en parle pas aujourd'hui dans son discours. Est-ce que vous avez compris qu'il voulait revenir dessus ?
- 3:17OuverteRéponse directe
Est-ce que ce serait une bonne chose ? De prolonger la durée de vie des centrales ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42InvitéFait
« beaucoup de questions se posent, mais pour les 220 000 salariés de la filière, je pense qu'aujourd'hui, ils apprécient les annonces qui sont faites. »
- 1:03InvitéFait
« les annonces, elles n'engagent que ceux qui les prennent. Et dans ce moment où il y a des élections présidentielles très proches, on est quand même très méfiants. »
- 1:27InvitéFait
« Emmanuel Macron a eu ces mêmes annonces il y a quelques mois de cela, quand il était en visite au Creusot notamment. Depuis, il ne s'est rien passé. »
- 1:51InvitéPromesse
« J'aurais tendance à dire que oui, ça doit signifier des embauches. »
- 2:18InvitéFait
« On en a, mais pas assez. General Electric Steam, par exemple, 7 ans, Emmanuel Macron a fait en sorte de vendre Alstom à General Electric. Pendant 7 ans, il ne s'est pas passé une année où il n'y a pas eu de suppression d'emploi, et donc de compétences. »
- 2:45InvitéFait
« EDF a su mettre en place des écoles de métier pour former des agents compétents pour exploiter, construire et exploiter le parc. »
- 3:49InvitéFait
« Si l'autorité de sûreté nucléaire et EDF considèrent que c'est techniquement possible et qu'il n'y a pas de problème de sûreté des installations et de problème de sécurité de l'environnement, bien entendu, il faut y aller. »
- 4:32InvitéFait
« Le président de la République a parlé d'argent public pour financer le développement de la filière. »
- 5:28InvitéChiffre
« EDF aujourd'hui investit 50 milliards d'euros pour prolonger la durée de vie des centrales nucléaires. »
- 6:34InvitéFait
« demain, pour construire des EPR, relancer finalement la filière, assurer une souveraineté énergétique pour le pays, c'est quand même l'avenir du service public énergétique en France. »
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Bonsoir à tous. Le président, pas encore candidat, Emmanuel Macron, lance un grand programme de nouveaux réacteurs nucléaires. Beaucoup d'annonces cet après-midi depuis le site de Belfort. Avec nous ce soir pour en parler, le représentant du premier syndicat du secteur, Sébastien Ménespillé. Bonsoir.
Bonsoir.
Vous êtes le secrétaire général de la CGT Mine Énergie. Emmanuel Macron annonce le lancement de six nouveaux réacteurs nucléaires pour une mise en service en 2035, qui seront commandés à EDF type EPR2, donc Flamanville. Le chantier du siècle, dit-il. Est-ce que c'est un moment historique pour vous tout d'abord ?
Écoutez, beaucoup de questions se posent, mais pour les 220 000 salariés de la filière, je pense qu'aujourd'hui, ils apprécient les annonces qui sont faites. Maintenant, il y a beaucoup de questions qui restent en suspens.
Enfin, c'est quand même une bonne nouvelle.
Pour notre syndicat, écoutez, tant qu'on n'a pas répondu aux questions qui se posent, je ne m'aventurerai pas dans les bonnes nouvelles. Vous savez, les annonces, elles n'engagent que ceux qui les prennent. Et dans ce moment où il y a des élections présidentielles très proches, on est quand même très méfiants.
Enfin, qu'on se rende bien compte, ça fait combien de temps qu'un président, en exercice, n'a pas annoncé la construction de nouveaux réacteurs nucléaires ?
C'est vrai qu'Emmanuel Macron a eu ces mêmes annonces il y a quelques mois de cela, quand il était en visite au Creusot notamment. Depuis, il ne s'est rien passé. Donc, ce sont des annonces en effet positives. Mais par contre, comment le reste va suivre ? C'est la grande incertitude que nous avons. Et encore une fois, on se pose beaucoup de questions, tant pour les salariés, pour les usagers, mais aussi forcément pour l'entreprise EDF.
Qu'est-ce que ça pourrait signifier concrètement en termes d'emploi ? Est-ce que ça signifierait des embauches dans le secteur du nucléaire ?
J'aurais tendance à dire que oui, ça doit signifier des embauches. Mais au moment où on se parle, pour construire des EPR, il faut des compétences. Et la question que nous posons, c'est comment nous allons construire ces EPR ? Comment nous allons faire en sorte que les bâtisseurs vont très vite acquérir les compétences nécessaires pour les construire ? Et donc, ces questions sont essentielles pour nous demain.
Est-ce qu'on a les compétences aujourd'hui, Sébastien Ménespillier, pour lancer la filière ?
On en a, mais pas assez. General Electric Steam, par exemple, 7 ans, Emmanuel Macron a fait en sorte de vendre Alstom à General Electric. Pendant 7 ans, il ne s'est pas passé une année où il n'y a pas eu de suppression d'emploi, et donc de compétences.
On a dit qu'on manquait de soudeurs, par exemple.
Bien sûr, chez EDF, il manque aussi des compétences. Alors, on a des agents qui ont des compétences et qui vont permettre de pouvoir développer demain à d'autres ces compétences. Mais ça ne suffit pas. Quand on a construit le parc nucléaire en exploitation aujourd'hui, EDF a su mettre en place des écoles de métier pour former des agents compétents pour exploiter, construire et exploiter le parc. Il faut aujourd'hui réfléchir à ces solutions très rapidement.
Alors, le président préconise aussi, dit-il, le prolongement des centrales au-delà de 50 ans, alors que la loi prévoit la fermeture de 12 nouveaux réacteurs au-delà de 2028. Il n'en parle pas aujourd'hui dans son discours. Est-ce que vous avez compris qu'il voulait revenir dessus ?
Écoutez, il n'a pas dit. Donc, je ne lis pas entre les lignes et surtout pas dans les annonces. Donc, en effet, il y a là aussi une incertitude. Est-ce qu'il y aura les 12 fermetures prévues en plus de la centrale de Fessenheim que le président Macron a fermées ?
Est-ce que ce serait une bonne chose ? De prolonger la durée de vie des centrales ?
Écoutez, dans d'autres pays, ça se fait. Si l'autorité de sûreté nucléaire et EDF considèrent que c'est techniquement possible et qu'il n'y a pas de problème de sûreté des installations et de problème de sécurité de l'environnement, bien entendu, il faut y aller. Mais ça pose une question fondamentale. Comment ? Et qui finance ? Parce qu'on peut aussi construire beaucoup d'EPR. Donc, 6 pour l'instant, peut-être 8 plus tard, et prolonger encore la durée de vie de certaines centrales. Mais qui finance ? Nous, on dit aujourd'hui qu'il y a besoin dans ces annonces d'assurer que l'État va demain assurer cette souveraineté et aider donc au financement.
Parce que si c'est Demain Total, par exemple, qui affiche un record aujourd'hui dans les annonces de robustesse financière, bien écoutez, pour nous, ça pose un problème. Parce que là, on n'est plus dans la maîtrise publique telle qu'EDF aujourd'hui exploite son parc nucléaire. Le président de la République a parlé d'argent public pour financer le développement de la filière. L'argent public, il faut en effet qu'elle serve à investir pour relancer cette filière énergétique qu'est la filière du nucléaire, créer des emplois dans cette industrie. Mais on a besoin d'assurer demain que l'État donne les garanties à EDF de pouvoir, comme il a dit, conduire et exploiter. Mais il faut construire.
Et donc, la question de la construction, elle est posée. Qui va construire les EPR ?
Et la question de la sûreté nucléaire, parce que vous l'avez abordée, mais j'aimerais qu'on développe un petit peu sur la sûreté nucléaire. Le vieillissement des centrales actuelles ne pose pas, selon vous, de problème de sûreté. Fukushima est derrière nous aujourd'hui.
Écoutez, on a le gendarme du nucléaire en France, l'autorité de sûreté nucléaire qui...
On peut garantir aux Français qu'on peut faire vivre les centrales.
On peut garantir aux Français que les installations puissent être prolongées. C'est d'ailleurs le grand carénage qu'EDF aujourd'hui investit 50 milliards d'euros pour prolonger la durée de vie des centrales nucléaires. Donc, si demain, l'autorité de sûreté nucléaire avec EDF garantit les mêmes conditions pour prolonger de 50 à 60 ans, écoutez, on va faire confiance à l'autorité de sûreté nucléaire.
Vous, en tout cas, vous faites confiance.
La confiance n'exclut pas le contrôle. Et le contrôle, ça reste aussi les compétences des agents qu'il faut en permanence développer et assurer, y compris du côté de la sous-traitance. Et nous, les syndicats, en tout cas pour la Fédération Minénergie CGT, on doit en permanence s'assurer que toutes les conditions sont réunies. Sinon, ça veut dire que ça ne matchera pas. Et si ça ne matche pas, derrière, forcément, on va créer les conditions, en tout cas pour les antinucléaires, de leur donner du pain à manger pour demain venir dire que finalement, il ne faut surtout pas faire la prolongation et arrêter la filière du nucléaire. Donc, il faut être prudent.
Le contrôle est permanent dans ces industries. Et en tout cas, il faut s'assurer derrière que les compétences soient développées. C'est la maîtrise publique qu'il faut aussi assurer. Et puis, je ne l'ai pas dit, mais ce qui est important quand même, demain, pour construire des EPR, relancer finalement la filière, assurer une souveraineté énergétique pour le pays, c'est quand même l'avenir du service public énergétique en France.
Et il faudra pour, effectivement, aussi que toutes ces annonces deviennent réalité, qu'Emmanuel Macron soit réélu dans ces prochains mois. Merci beaucoup, Sébastien.
Je ne vante pas la réélection du président Emmanuel Macron. Je dis juste que ce sont des annonces et qu'il y a une élection à venir. D'ailleurs, ce n'est pas encore proclamé, qui porte la relance de la filière. Et d'ailleurs, ça nous rassure et surtout des candidats à gauche.
Merci beaucoup, Sébastien Ménespillé. Vous êtes le secrétaire général de la Fédération Mine-Énergie au sein de la CGT. Merci d'avoir accepté l'invitation de France Info ce soir.
Merci beaucoup. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci. Merci.