đŽ DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview de François Bayrou sur RMC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 25 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:25OuverteRéponse directe
Est-ce à Marielle de Sarnez que vous avez pensé hier ?
- 8:22RelanceRéponse directe
Le tribunal juge probable un accord implicite de votre part : n'y a-t-il pas de doute ?
- 12:00OuverteRéponse directe
AprÚs ces sept années, considérez-vous qu'il y a un problÚme dans le fonctionnement de la justice ?
- 14:38FerméeRéponse partielle
Accepteriez-vous de redevenir ministre ?
- 17:53RelanceRéponse partielle
Ressentez-vous, malgré la relaxe, un sentiment d'injustice ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:42Invité politiqueChiffre
« Nos députés européens ont eu 131 assistants parlementaires. »
- 6:03Invité politiqueFait
« car nous avions fait des temps partiels, des mi-temps, précisément pour nous protéger de cette accusation. »
Temps de parole
- François Bayrou72 %
- Présentateur28 %
â 7,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections dĂ©tectĂ©s).
ModÚle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On va y revenir parce que vous n'Ă©tiez pas le seul dans la tourmente. Et donc, quand une dĂ©cision de justice attendue dit de maniĂšre claire que, bien sĂ»r, les Ă©lĂ©ments qu'on vous reprochait n'existent pas, alors il y a Ă la fois un sentiment de soulagement et peut-ĂȘtre plus profondĂ©ment le sentiment d'un immense gĂąchis.
â Immense gĂąchis, dites-vous, on l'a bien compris, politiquement, financiĂšrement, humainement. Et lĂ , je me souviens des mots que vous aviez eus ici mĂȘme, il y a deux ans, pour Marielle de Sarnaise. Est-ce que c'est Ă elle que vous avez pensĂ© hier ?
â ForcĂ©ment. Vous savez, dans ces affaires si lourdes, implacables, il y a des gens qui rĂ©sistent parce qu'ils ont le cuir Ă©pais, parce que simplement ils ont l'habitude de la lutte. Et puis il y a des gens mĂȘme qui paraissent trĂšs forts et qui en rĂ©alitĂ© sont fragiles.
â Je rappelle que Marielle de Sarnaise, elle avait donc dĂ» dĂ©missionner comme vous. Vous Ă©tiez trois au gouvernement Ă avoir dĂ©missionnĂ©. Sylvie Goulard, ministre des ArmĂ©es, au moment oĂč l'enquĂȘte a Ă©tĂ© lancĂ©e. Marielle de Sarnaise, qui Ă©tait ministre des Affaires europĂ©ennes, et vous-mĂȘme, qui Ă©tiez depuis seulement 35 jours ministre de la Justice. Quand vous dites qu'il y en a qui ne rĂ©sistent pas, est-ce que vous allez jusqu'Ă vous dire que Marielle de Sarnaise en est morte ?
â Bon, essayons de dire des mots justes. J'ai vĂ©cu l'affaire Dominique Baudis. Dominique Baudis est mort de son affaire. Il a eu un cancer. Bien sĂ»r, le mĂ©canisme du cancer, on ne le connaĂźt pas. Le mĂ©canisme de l'aggravation des leucĂ©mies, on ne le connaĂźt pas.
â Oui, le Sarnaise est mort de l'une leucĂ©mies.
â Quand on est comme nous, bĂ©otien. Mais moi, je sais quel calvaire ça reprĂ©sente. Je sais, et tous ses amis savent. Vous n'en trouverez pas un seul qui ne vous dise pas Ă quel point elle a vĂ©cu comme un chemin de croix cette mise en cause, parce qu'il y a des gens scrupuleux d'honnĂȘtetĂ© et qui ne supportent pas d'ĂȘtre mis en cause. Ăa a jouĂ©. C'est Ă©vident qu'elle est une des victimes de cette affaire. Et c'est plus lourd que tout le reste. â Mais pas seulement elle, tous nos militants, tous les responsables du mouvement dĂ©mocrate, tous ont vĂ©cu comme une atteinte d'un mĂ©canisme dont la cible Ă©tait parfaitement identifiĂ©e.
C'est-Ă -dire la cible, c'Ă©tait le prĂ©sident du mouvement et son rĂŽle dans la vie politique française. â Donc la cible, c'Ă©tait vous. â Oui.
â Ăa veut dire que pour vousâŠ
â C'est d'ailleurs drĂŽle parce que le magistrat l'a dit.
â Et quand vous dites que le mĂ©canisme, ça veut dire d'abord la mise en cause, ça veut dire les six ans d'instruction, ça veut dire le procĂšs, tout ça Ă©tait politique ?
â C'est trop vite dit. â Enfin vous le dites sans le dire⊠â Non, non, je vais vous dire prĂ©cisĂ©ment. C'est comme une chaĂźne de dominos. Quelqu'un renverse le premier domino. Et ce premier domino entraĂźne la chute des autres consĂ©cutivement. â Et le mĂ©canisme de la justice, j'ai souvent envie, je vais peut-ĂȘtre Ă©crire un livre sur ce sujet, pour dire comment quand vous ĂȘtes de l'autre cĂŽtĂ©, vous le vivez. Comment vous⊠Il est impossible d'avoir accĂšs. On ne vous dit mĂȘme pas ce qu'on vous reproche. Pendant six ans, on ne nous a pas dit ce qu'on nous reprochait. Et d'ailleurs, ça a changĂ© tout le temps. Et quand vous rĂ©flĂ©chissez, on n'est pas le seul parti politique mis en cause.
â Il y en a deux autres. Le RN sera fixĂ© sur son sort Ă l'automne. LFI est Ă©galement dans la mĂȘme tourmente pour le mĂȘme reproche, c'est-Ă -dire l'inquiĂ©tude d'une utilisation ou d'un dĂ©tournement de fonds europĂ©ens pour payer non pas des assistants parlementaires europĂ©ens, mais des gens qui travailleraient au service du parti.
â Alors, vous avez dit dĂ©tournement, c'est de fonds publics. Il n'y a pas de fonds publics. Les fonds publics, c'est la force de travail qui est mise Ă disposition des parlementaires pour faire leur travail. Et il n'y a pas de parlementaires sans parti politique. Cette idĂ©eâŠ
â Ăa veut dire quoi ça, François Bayou ?
â C'est-Ă -dire que vous considĂ©rez mĂȘme que le principe mĂȘme que l'on vous demande,
c'est-à -dire cette séparation du travail qui serait pour les parlementaires européens ou pour le parti, cette distinction serait artificielle ou serait accessible ?
â C'est-Ă -dire que le parlementaire dĂ©cide en toute dĂ©mocratie de la maniĂšre dont il organise son travail. Et qu'est-ce qui est vital pour le parlementaire ? Vital pour ĂȘtre Ă©lu, vital pour dĂ©fendre ses idĂ©es, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, il y en a de bonnes et il y en a de mauvaises, mais ça c'est chacun qui a son jugement. Qu'est-ce qui est vital pour lui, crucial pour lui ? C'est le parti politique auquel il appartient.
â Ce que vous voulez dire, c'est qu'on ne peut pas distinguer les deux ?
â On ne peut pas et on ne doit pas distinguer les deux.
â Mais on vous demande de le distinguer, c'est-Ă -dire le parlement europĂ©en vous demande de le distinguer.
â Oui, enfin le parlement europĂ©en, ici on n'est pas au parlement europĂ©en, c'est la justice française, la justice pĂ©nale française qui dit « Ah mais est-ce que vous avez fait travailler assez ? » dit-il aux parlementaires. C'est une question que je veux bien entendre. Il est tout Ă fait possible, c'est des faits qui remontaient il y a 20 ans, 18 ans, il est tout Ă fait possible qu'ici ou lĂ , un assistant parlementaire n'ait pas fait son boulot. En quoi cela concerne-t-il le parti politique ? Il faudrait qu'il travaille au parti politique.
Et excusez-moi de le dire, chaque fois dans ces sept années que nous avons demandé, venaient expertiser s'ils travaillaient ou pas, au-delà de leur contrat pour le parti politique, car nous avions fait des temps partiels, des mi-temps, précisément pour nous protéger de cette accusation. Et c'est évidemment Marielle qui l'avait voulu, c'était elle qui était députée européenne et présidente de notre groupe. Chaque fois qu'on a demandé, on nous a dit « ça ne nous regarde pas ». Et hier, il y a eu un moment pour moi, au moment de l'annonce de la décision, il y a eu un moment pour moi hallucinant. Vous avez observé que je n'ai jamais fait de reproche à la justice. Et donc je me tiens...
Vous en faites ce matin ? Non, je me tiens à cette ligne. Mais le président a dit cette phrase « mais s'il ne travaillait pas assez, il ne nous importe pas de savoir s'il travaillait pour le parti politique ou s'il jouait au golf ».
Cette expression, effectivement, a été dite par le président du tribunal.
Et vous dites « attendez, il y a sept ans qu'on nous poursuit, qu'on nous accuse de toutes les maniÚres, en disant « vous avez utilisé les uns pour travailler ». Et on vous dit « mais ce n'est pas ce travail, ça ne nous intéresse pas ».
Mais François Bayrou, ce que vous dites, ça veut dire qu'Ă l'issue de ces sept ans, il y a bien sĂ»r ce que vous reprochez aussi Ă la presse. Vous parlez presque d'une forme de prĂ©somption mĂ©diatique de culpabilitĂ©. Mais il y a aussi quand mĂȘme ce que vous reprochez Ă la justice, c'est-Ă -dire d'ĂȘtre sur une distinction dont vous estimez que politiquement, elle n'a pas de sens.
Oui, je pense que sur le fond, si... Je vais prendre un exemple stupide. Si un dĂ©putĂ© europĂ©en Ă©tait charcutier et qu'il utilise ses assistants parlementaires pour dĂ©couper des cĂŽtelettes, lĂ , il y aurait abus. LĂ , il y aurait dĂ©tournement d'argent public vers des intĂ©rĂȘts privĂ©s. Mais lorsque vous ĂȘtes un parlementaire, votre mĂ©tier, votre vocation, votre mission et la raison pour laquelle vous ĂȘtes envoyĂ©, c'est pour dĂ©fendre des idĂ©es. Alors de quoi parle-t-on ? Et je vous le dis avec certitude, il n'y a pas de parlementaire sans parti politique. Et mĂȘme, c'est le parti politique qui vous choisit pour ĂȘtre Ă©lu.
Mais François Bayrou, voici ce qui a été prononcé exactement hier. Il est trÚs probable que M. Mercier et Gégou, qui travaillaient pour le parti, aient pu agir avec l'accord implicite de François Bayrou. Mais on ne peut pas déduire la culpabilité du NibothÚse. François Bayrou est donc relaxé au bénéfice du doute.
Eh bien, moi, je vous dis qu'il n'y a pas de doute. Parce que franchement, si depuis cette annĂ©e, des dizaines d'enquĂȘteurs et des nombreux juges, procureurs et juges, ont Ă©tĂ© incapables de trouver une preuve pendant 15 annĂ©es sur cette accusation...
Mais ils n'ont pas dit que vous étiez innocent, François Bayrou.
Lorsque vous avez un jugement qui dit que vous ĂȘtes relaxĂ©, ça veut dire que vous ĂȘtes innocent. Et cette maniĂšre de dĂ©tourner des commentaires, cette maniĂšre-lĂ , c'est une remise en cause de la dĂ©cision de justice.
Mais cette phrase elle-mĂȘme qu'ils ont prononcĂ©e, elle vous en tĂąche quand mĂȘme encore un peu ?
Non. Ni de prÚs, ni de loin. Et on nous en tùche de quoi ? Je veux rappeler les chiffres. Pendant ces 15 années-là , 15 ans, nous avons eu nos députés européens... Je n'étais pas député européen, je vous le rappelle. Nos députés européens ont eu 131 assistants parlementaires. Combien sont mis en cause ? 6 ? 131 assistants parlementaires à temps partiel ? Oui, mais c'est toujours 6, soyons trÚs clairs.
Il y a eu, vous étiez 9 prévenus, parmi lesquels 5 ex-eurodéputés qui ont donc eux été condamnés à des peines de prison à l'an de 10 à 18 mois de prison avec sursis, des amendes de 10 000 à 50 000 euros, 2 ans d'inéligibilité avec sursis pour l'un. L'UDF, le modem aujourd'hui, a été condamné à 150 000 euros, dont 100 000 euros ferme. Le modem à 350 000 euros. Le tribunal a donc conclu qu'il y avait eu détournement.
Eh bien, le tribunal a refusé d'examiner cette question que je développe devant vous. Travaillez-t-il pour le parti politique abusivement ou pas ? Il ne l'a pas examiné. Je considÚre que de ce point de vue-là , ça n'est pas légitime. Et je reprends la phrase que vous avez dite du jugement. Vous dites qu'ils ont été condamnés à ceci et cela avec sursis. Mais une faute aussi grave qu'un prétendu détournement d'argent public, est-ce que ça doit valoir du sursis ?
Ăa veut dire quoi, ça, François Delon ?
Ăa veut dire que s'il y a du sursis, le dossier n'Ă©tait pas constituĂ©, n'Ă©tait pas solide.
En fait, s'il n'était pas constitué, il n'y aurait pas du tout duré, ni sursis, ni rien.
Oui, mais vous voyez bien, parce qu'on se laisse entraĂźner par des mĂ©canismes judiciaires dont je considĂšre, moi, que, en l'occurrence, et sur cette accusation, ils ne sont pas fondĂ©s. Vous remettez donc en cause ce jugement ? Je dĂ©fends ce que je sais ĂȘtre la vĂ©ritĂ©, pas ce que je crois ĂȘtre la vĂ©ritĂ©, ce que je sais ĂȘtre la vĂ©ritĂ©.
Mais vous n'avez pas réussi à les convaincre à 100%.
Je les ai convaincus assez pour que celui qui Ă©tait rĂ©putĂ© ĂȘtre le chef de tout ça, l'organisateur de tout ça, l'instigateur de tout ça, et vous voyez bien quelle Ă©tait la cible et la dimension de cette cible, eh bien, il a Ă©tĂ© relaxĂ©. Et je rĂ©cuse absolument qu'il y ait le moindre indice qui dise qu'il y a doute, parce que... Le mot est prononcĂ©. Ou alors, c'est qu'ils ne sont pas bons comme enquĂȘteurs, comme...
Vous avez été ministre de la Justice. Est-ce que vous considérez, justement, aprÚs avoir traversé ces sept années, qu'il y a un problÚme aujourd'hui dans le fonctionnement de la justice ?
Il y a un problÚme parce qu'il n'y a pas un citoyen qui peut comprendre ce que nous racontons. Je vais vous dire ce que je crois profondément. Pendant ces sept années, j'ai trÚs souvent pensé que nous n'avions pas la moindre chance.
Est-ce que vous étiez coupable ou parce que...
Non, parce que le mĂ©canisme de la justice est tel, il est si lourd. Vous n'avez pas les moyens de vous dĂ©fendre, parce que se dĂ©fendre, par exemple, je vais dire quelque chose de trivial, ça coĂ»te extrĂȘmement cher.
Mais ce que vous dites est terrible, parce que ça veut dire que tous ceux qui nous Ă©coutent aujourd'hui, pour quelque affaire que ce soit, pour quelque cause que ce soit, si vous n'avez pas confiance vĂ©ritablement quand mĂȘme dans le fonctionnement de la justice, qui peut l'avoir ?
J'ai confiance la preuve, mais je dis que trÚs souvent, j'ai pensé que nous n'avions aucune chance. Et j'ai pensé chaque fois à tous ceux qui nous entendent, qui se trouvent pris dans ces mécanismes de justice, qui ne comprennent pas ce qu'on dit. Mais est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui, le pouvoir judiciaire est trop puissant ? Non, je ne veux pas dire les choses comme ça. Mais je pense qu'il y a des changements trÚs importants à apporter. Les mots utilisés, vous savez, quand les procureurs ont requis contre nous un réquisitoire, ils demandent des peines, ils ont requis contre nous des peines et contre moi, des peines incroyables, 30 mois de prison avec sursis et je ne sais.
Bon, j'ai reçu plein de messages. Et dans ces messages, il y avait vraiment « le verdict est trop dur ». Parce que, Ă©videmment, vous Ă©coutez, vous ĂȘtes un citoyen.
Et vous en pense, en effet, que ce que c'est le verdict et pas juste le rĂ©quisitoire. Il pourrait y avoir appel. Ce n'est peut-ĂȘtre pas fini, François Bayrou.
C'est peu important. Ăa a Ă©tĂ© jugĂ© sur le fond et sur le principal...
Enfin, c'est peu important. Si c'est le cas, ça repart à zéro.
C'est le principal responsable. Non, ça ne repart pas à zéro. Non, je ne redoute rien. Ma certitude est que désormais plus personne ne peut dire que c'est un systÚme...
Le président du tribunal a dit qu'il n'y avait pas eu de systÚme, qu'il n'y avait pas eu d'emploi fictif et qu'il n'y avait pas eu d'enrichissement personnel.
Voilà . Alors, si je reprends votre phrase pour ceux qui nous écoutent et qui doivent ouvrir des yeux ou des oreilles éberlués. Il n'y a pas d'emploi fictif, a dit le président du tribunal. Il n'y a pas de systÚme. Donc, il n'y a pas d'organisation et pas d'organisateur. Et il n'y a pas d'enrichissement personnel.
François Bayrou, accepteriez-vous de redevenir ministre ?
Je ne sais pas. Je vais vous dire vraiment les choses comme je les pense. La France est dans un Ă©tat extrĂȘmement inquiĂ©tant. Pas seulement la France. L'Europe, l'Occident sont dans un Ă©tat extrĂȘmement inquiĂ©tant. Un Ă©tat de dĂ©sespoir et de dĂ©sespĂ©rance pour beaucoup de citoyens qui se disent « bon, on n'y arrivera jamais ».
Mais vous l'avez dit, vous avez estimĂ© que c'Ă©tait une forme de gĂąchis. Ăa veut dire aussi que votre place Ă©tait au gouvernement. Vous deviez y ĂȘtre, vous y Ă©tiez, vous Ă©tiez ministre de la justice. Il y a beaucoup de... Ministre de l'Ă©ducation, on le sait, l'Ă©ducation, et ce n'est pas la premiĂšre fois que je vous interview, c'est pour vous la mĂšre des batailles. Ministre de l'Ă©ducation dans le nouveau gouvernement de Gabriel Attal. Est-ce une place que vous pourriez occuper ?
Il y a beaucoup de maniÚres de servir et je n'en ai jamais éliminé aucune ni choisi aucune. La place dans un gouvernement, ça dépend du choix que font le Premier ministre et le Président de la République. Et ce choix, ils sont libres de proposer à qui ils veulent. Je ne me suis jamais dérobé à aucune demande de service pour notre pays. Jamais.
Vous ne vous ĂȘtes pas dĂ©robĂ©. S'ils vous demandent, vous direz donc oui. François Bayrou, trois relax. Ăric Dupond-Moretti, Olivier Dussopt et vous, est-ce que vous estimez aujourd'hui qu'il faut revoir la prĂ©somption... Et Richard Ferrand, d'une certaine maniĂšre. Et Richard Ferrand, mais qui n'Ă©tait pas au gouvernement Ă proprement parler. Est-ce que, François Bayrou, vous considĂ©rez aujourd'hui qu'il faut revoir le rapport Ă la prĂ©somption d'innocence ? Est-ce que vous considĂ©rez aujourd'hui qu'une mise en cause, voire mĂȘme une mise en examen, ne doit pas entraĂźner une dĂ©mission, comme le dit d'ailleurs Emmanuel Macron ? Au fond, est-ce que vous regrettez d'avoir quittĂ© le gouvernement ?
Non. Parce que le président de la République a eu tout à fait raison de le rappeler. Je n'ai pas quitté le gouvernement parce qu'il me l'a demandé. J'ai quitté le gouvernement parce qu'en conscience, j'ai conclu que je ne pouvais pas exercer la mission de ministre de la Justice avec, comment dirais-je, cette... une...
Mais Ăric Dupond-Moretti Ă©tait restĂ© ministre de la Justice au mĂȘme poste, avant d'ĂȘtre lui aussi relaxĂ©.
Chacun fait ses choix. Mais il se trouve que le parcours d'Ăric Dupond-Moretti et le mien n'Ă©taient pas les mĂȘmes. Lui, il vient du monde de la justice, c'est un grand avocat. Moi, je venais de la sociĂ©tĂ© civique, pas civile, civique, c'est-Ă -dire la sociĂ©tĂ© des citoyens. Et donc j'ai jugĂ© que moi qui m'Ă©tais battu tous les jours... D'ailleurs, ça a Ă©tĂ© reprochĂ© par les accusateurs dans le procĂšs. Moi qui m'Ă©tais battu tous les jours pour la moralisation de la vie publique et qui a fait adopter une loi... Vous vouliez en quelque sorte montrer l'exemple. Et je ne... j'ai pensĂ© qu'il ne me serait pas possible d'exercer ma mission.
Mais je suis trĂšs frappĂ©, François Bayrou, quand mĂȘme, ce matin, par ce que vous dites quand mĂȘme du fonctionnement de la justice.
Le fonctionnement de la justice pour les citoyens est incompréhensible. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ça ne peut pas se faire sans le truchement d'avocats.
Mais vous ressentez une forme quand mĂȘme ce matin, mĂȘme si Ă la fin, vous ĂȘtes personnellement relaxĂ©.
Mais c'est trĂšs important.
Une forme quand mĂȘme de sentiment d'injustice.
Je ressens une forme d'incompréhension devant cette année sur une accusation dont je sais, moi, qu'elle n'avait pas de fondement.
Merci, François Bayrou, d'ĂȘtre venu ce matin. Je rappelle donc que vous ĂȘtes maire de Pau, au commissaire au plan, prĂ©sident du Monem, relaxĂ© et peut-ĂȘtre ministre, puisque vous dites que vous ne vous dĂ©roberez pas. Il est 8h53 sur RMC.
François Bayrou