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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 13 mai 2026 7 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéCulture, médias & sportInstitutions & élections

La sécurité du Louvre "n'a pas été une priorité", pointe Alexis Corbière

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Comment renforcer leur sécurité ?

  • 0:25FerméeRéponse directe

    Avant tout, il y a une question d'argent ?

  • 1:47RelanceRéponse directe

    Mais tout n'est pas une question d'argent. Il y a aussi un problème de gouvernance.

  • 3:55ComplaisanteRéponse directe

    Là vous faites la distinction entre les très grands musées et les petits musées.

  • 4:11RelanceRéponse directe

    Sur les choix des directeurs de musées, sur leur priorité, sur le fait de mettre le paquet ou pas sur la sécurité, il fait ce qu'il veut, il a tout pouvoir, il a le temps à rendre à personne ?

  • 4:36RelanceRéponse directe

    Parfois arrivent trois ans après, ça vous l'avez constaté aussi.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27Invité politiqueFait
    « Il y a une question d'argent, indiscutablement. »
  • 0:39Invité politiqueChiffre
    « Vous aviez même lors du débat sur le budget, le rapporteur sur la question de la culture, M. Patriel Etus, dont vous avez entendu parler. Lui, il disait qu'il faudrait mettre 2 milliards, 2,5 milliards pour la rénovation des bâtiments. »
  • 0:49Invité politiqueChiffre
    « Il y a un fonds d'urgence qui a été proposé par Mme Dati, qui était alors ministre de la Culture, qui rappelle qu'un biais de l'âge a dit 30 millions sur 3 ans. »
  • 1:11Invité politiqueChiffre
    « Les agents, vous savez, on confie parfois ce qu'on a de plus précieux à des gens qui sont extrêmement précarisés. 1400, 1600 euros, c'est épuisant aussi. »
  • 1:31Invité politiqueChiffre
    « Il y a ce qu'on appelle la MISA, la Mission d'information sur la sûreté, la sécurité et l'audit, qui sert normalement à donner un audit sur la sécurité des 1218 musées de France ? Eh bien, vous savez, c'est 3 personnes, plus 2 récemment, 5 personnes pour 1200 établissements. »
  • 2:46Invité politiqueFait
    « Ça n'a pas été une priorité, j'affirme à ce micro, de la part de Mme Descartes. »
  • 2:55Invité politiqueChiffre
    « sans doute qu'elle était beaucoup plus intéressée de participer au grand geste présidentiel de la présidence Macron, notamment du projet Louvre Renaissance, si nos auditeurs connaissent ça, c'est un projet à 1,2 milliard qui va modifier les choses, qui veut faire passer la fréquentation du musée du Louvre de 9 millions à 12, peut-être 15 millions de visiteurs. »
  • 4:50Invité politiqueFait
    « J'ai vu Mme Bachelot récemment sur une émission du service public qui disait, qui affirmait que dans la lettre de mission, c'était la ministre à l'époque de Mme Descartes, il y avait la question de la sécurité. »

Temps de parole

  • Alexis Corbière84 %
  • Présentateur15 %

6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

6h21, le cambriolage spectaculaire du Louvre en octobre dernier. Il y a d'abord eu la stupeur, puis les moqueries qui ont fait le tour du monde. Reste aujourd'hui à trouver des solutions pour que ça n'arrive plus jamais, ni au Louvre, ni dans les autres musées. Comment renforcer leur sécurité ? Une commission d'enquête parlementaire rend ses conclusions aujourd'hui et je reçois son rapporteur. Bonjour Alexis Corbière. Bonjour. Député du groupe écologiste et social de Seine-Saint-Denis, vous formulez 40 recommandations. Avant tout, il y a une question d'argent ?

0:27
Alexis Corbière

Il y a une question d'argent, indiscutablement. Vous savez, vous aviez même lors du débat sur le budget, le rapporteur sur la question de la culture, M. Patriel Etus, dont vous avez entendu parler. Lui, il disait qu'il faudrait mettre 2 milliards, 2,5 milliards pour la rénovation des bâtiments. Donc il faut des moyens, indiscutablement. Il y a un fonds d'urgence qui a été proposé par Mme Dati, qui était alors ministre de la Culture, qui rappelle qu'un biais de l'âge a dit 30 millions sur 3 ans. Ce n'est pas très clair aujourd'hui comment ça fonctionnerait. Il y a des moyens.

Alors ça, c'est une question pour aider les établissements, par exemple, à vérifier que leur système de vidéosurveillance soit performant, que toute une série de mesures, vous savez, changer les vitrines, tout simplement, parfois, former les agents. Alors moi, j'insiste beaucoup là-dessus. Les agents, vous savez, on confie parfois ce qu'on a de plus précieux à des gens qui sont extrêmement précarisés. 1400, 1600 euros, c'est épuisant aussi. Il y a un problème de formation sur ses priorités. Donc, tout ça, ce sont des éléments importants.

Par exemple, savez-vous aussi qu'il y a ce qu'on appelle la MISA, la Mission d'information sur la sûreté, la sécurité et l'audit, qui sert normalement à donner un audit sur la sécurité des 1218 musées de France ? Eh bien, vous savez, c'est 3 personnes, plus 2 récemment, 5 personnes pour 1200 établissements. Vous voyez bien que là, il y a un problème pour tout simplement que les musées aient un avis, une audit sur leurs problèmes. Donc ça, c'est une question importante.

1:47
Présentateur

Mais tout n'est pas une question d'argent. Il y a aussi un problème de gouvernance.

1:51
Alexis Corbière

Alors, en particulier sur le Louvre, parce que là, nous, on était grand ancle sur beaucoup de musées. Parce que je veux rappeler que quand le carmiolage du Louvre a lieu, il y a eu un carmiolage à Cognac-Gé, le musée Cognac-Gé, au musée Jacques Chirac à Saran. Enfin, il y a plusieurs établissements qui sont braqués. Et il y a une modification, quand je dis braquage, de la manière dont on vole dans les musées. On ne vole pas plus aujourd'hui dans les musées, mais c'est moins des coups Arsène Lupin, des tours de magie, comme on a l'habitude au cinéma, que des braqueurs qui arrivent, qui volent non pas des objets d'art, mais de la matière.

Et par exemple, qui amènent à ce que c'est le cas de ce qui se passe au Louvre. C'est-à-dire que c'est moins l'objet incroyable d'une valeur inestimable d'un point de vue historique qui les intéresse, que éventuellement l'or et les diamants. Alors, qu'est-ce que je suis en train de dire ? C'est qu'au Louvre, ce que nous, on a constaté, c'est qu'il y a un problème d'ordre systémique qui vient... Alors, déjà, une des traces, c'est quoi ? C'est qu'il y avait un schéma directeur de sécurité qui avait été proposé par l'ancien directeur, avant que Mme Descartes soit là, qui s'appelait M. Martinez, qui était proposé dès 2021. Et du temps a été perdu.

Ça n'a pas été une priorité, j'affirme à ce micro, de la part de Mme Descartes. Pourquoi ? Parce que sans doute qu'elle était beaucoup plus intéressée de participer au grand geste présidentiel de la présidence Macron, notamment du projet Louvre Renaissance, si nos auditeurs connaissent ça, c'est un projet à 1,2 milliard qui va modifier les choses, qui veut faire passer la fréquentation du musée du Louvre de 9 millions à 12, peut-être 15 millions de visiteurs. Et moi, ce que je propose, c'est qu'on en finisse avec le système de nomination. Ça n'est plus, selon moi, au président de la République de nommer les directeurs de théâtre, de nommer les directeurs du musée, c'est absurde.

Et le problème, c'est que ça crée un lien de dépendance, si je puis dire, entre la personne qui est nommée au musée du Louvre et le président de la République qui est plus intéressé, si je puis dire, à plaire aux gestes présidentiels, à l'agenda politico-présidentiel, que vraiment s'occuper du musée. Alors, moi, on est allé visiter le British Museum, ils font aussi comme ça en Espagne. Le conseil d'administration pourrait élire sur la base d'actes de candidature, de projets présentés dans le conseil d'administration. Je rappelle au passage qu'au sein du conseil d'administration, il y a des représentants des personnels qui sont là.

Et ça fera du bien aussi que celui qui est le directeur ou la directrice ou le président soit élu aussi par des personnels. Je propose aussi qu'il y ait deux parlementaires qui siègent dans ces grands établissements. Il y a 1218 musées de France.

3:55
Présentateur

Oui, là vous faites la distinction entre les très grands musées et les petits musées.

3:57
Alexis Corbière

Là, je parle des 61 musées nationaux. On les connaît, Versailles, Orsay, le Louvre. Et ça fera du bien qu'il y ait ça pour démocratiser, républicaniser, si je puis dire, la nomination de ces grands établissements plutôt que le système assez monarchique qu'il y a à l'heure actuelle.

4:11
Présentateur

Mais sur les choix des directeurs de musées, sur leur priorité, sur le fait de mettre le paquet ou pas sur la sécurité, il fait ce qu'il veut, il a tout pouvoir, il a le temps à rendre à personne ?

4:19
Alexis Corbière

Eh bien oui, article 13 de la Constitution, il consulte, on ne sait pas. Là, bon, Madame Descartes a démissionné, M. Léribot, elle a pris la place. Alors M. Léribot, homme compétent, on connaît, mais pourquoi ? Sur quel projet le parlementaire que je suis ? Je n'en sais rien. Alors il y a des lettres de mission qui parfois accompagnent la nomination d'un président.

4:36
Présentateur

Parfois arrivent trois ans après, ça vous l'avez constaté aussi.

4:38
Alexis Corbière

On constate dans le rapport que, par exemple, au musée, au muséum d'histoire naturelle, où il y a encore eu une pépite d'or de grande valeur qui a été cambriolée, etc. Il y a des gens compétents, mais lui, il n'a jamais reçu de lettres de mission. Et puis après, il y a des jeux. J'ai vu Mme Bachelot récemment sur une émission du service public qui disait, qui affirmait que dans la lettre de mission, c'était la ministre à l'époque de Mme Descartes, il y avait la question de la sécurité. J'affirme que dans la lettre qu'elle lui donne, ça n'est pas vraiment une priorité qui est donnée.

Et ça aussi, il faut systématiser le fait que, moi je parle sécurité et sûreté, garantir non pas que les conservateurs conservent, ça c'est une banalité, mais qu'ils aient les moyens aussi de pouvoir assurer la sécurité de ces objets. Et ça, ça nécessite bien sûr des moyens. Je raconte une anecdote à ce micro, mais trois jours après le camp de révélage du Louvre, nous sommes allés au Louvre avec d'autres parlementaires. On a visité la salle de visio-surveillance. Il y avait une caméra qui était fixée sur le quai François Mitterrand, où le désormais célèbre élévateur s'est égaré. Et l'écran était neigeux, on ne voyait pas bien.

Et là, il y avait du matériel qui n'était pas à la hauteur de ce qu'on peut attendre du champion du monde, des musées. On peut être fier de ça. Une fois que j'ai fait tout ça, je tiens à dire que, grande compétence de nos personnels, on peut être fier. Il y a l'école du Louvre qui forme nos conservateurs. On est quand même très reconnus dans le monde. Mais justement, c'est un événement mondial, le cambriolage du Louvre. Il ne faudrait pas que ça se reproduise. Et je répète qu'il y a une évolution aussi du type de cambriolage qui a lieu.

Il faut s'en inquiéter, parce qu'en raison de l'évolution du prix de l'or, notamment aussi des porcelaines chinoises, il y a une nouvelle menace sur nos musées qui doit nous amener à nous reformater et à donner les moyens à nos établissants de faire leur mission.

6:15
Présentateur

Voilà, via vos 40 recommandations à les recommandations de la commission d'enquête parlementaire, un rapport qui a été voté à l'unanimité ?

6:21
Alexis Corbière

En effet.

6:22
Présentateur

De la commission, pas d'abstention ?

6:23
Alexis Corbière

Ça arrive, des commissions d'enquête parlementaire où on travaille et tout le monde dit que c'est du bon boulot.

6:28
Présentateur

Merci Alexis Corbière, député et rapporteur de cette commission d'enquête parlementaire sur le patrimoine national et les musées. Vous étiez l'invité du 5-7. Merci.

6:37
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.