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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 17 décembre 2021 8 minComplaisantActualité / polémiqueJusticeSécurité

Jean-Marie Rouart : "Omar Raddad sera innocenté"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteRéponse directe

    Qu'avez-vous ressenti quand vous avez appris la nouvelle hier ?

  • 1:29OuverteRéponse directe

    Mais là, qu'est-ce qui a débloqué la situation ? Comment se fait-il que la justice décide de rouvrir ce dossier ?

  • 2:45RelanceRéponse partielle

    Mais on ne les avait pas avant, ces traces ADN, c'est parce qu'on ne les a pas cherchées, ou parce que la science a fait des progrès ?

  • 3:55OuverteRéponse directe

    Jean-Marie Rouart, maintenant que la justice a décidé de se pencher à nouveau sur cette affaire, concrètement, que va-t-il se passer ? Quelles sont les prochaines étapes ?

  • 4:29OuverteRéponse directe

    Pourquoi cette affaire vous tient-elle tant à cœur ? Pourquoi celle-ci plus qu'une autre ?

  • 5:25OuverteRéponse directe

    Mais depuis le début, depuis le jour où vous avez découvert cette affaire dans la presse, vous vous êtes dit « Ce n'est pas possible, il est innocent ».

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:38InvitéFait
    « moi je mène ce combat depuis 26 ans, à l'époque où j'ai écrit mon livre « Omar, la construction d'un coupable » »
  • 1:15InvitéFait
    « Bien que moi je n'ai jamais douté de son innocence, vous savez, ça fait 30 ans, comme vous le disiez, que je n'ai jamais douté »
  • 1:23InvitéFait
    « dans tout le dossier, tout le dossier crie son innocence, il n'y a aucun mobile, il n'y a aucune raison »
  • 1:54InvitéFait
    « Le fait nouveau, c'est l'ADN. On a trouvé dans les portes de la cave, dans les inscriptions accusatrices, Véomar m'a tué, on a trouvé 4 ADN, et dont un ADN qui est mêlé au sang de la victime »
  • 2:21InvitéFait
    « cet ADN, qu'on voit apparaître à 35 reprises, est fiché au FNEG, c'est-à-dire le fichier de la grande criminalité »
  • 2:37InvitéFait
    « il n'y a pas, bien entendu, il n'y a pas l'ADN d'Omar Haddad lui-même »
  • 3:10InvitéFait
    « Mme Marshall ne pouvait pas écrire, parce qu'il faut voir l'état du cadavre »
  • 3:40InvitéFait
    « le seul mobile qu'on retenait, c'était Comard, se serait énervé, parce qu'il voulait réclamer de l'argent Mme Marshall »
  • 4:21InvitéPromesse
    « la justice, à ce moment-là, décidera soit d'innocenter Omar Raddad, enfin, soit de refaire un procès »
  • 5:12InvitéChiffre
    « j'étais condamné par la justice à 100 000 euros de dommages intérêts, j'étais viré du Figaro »
  • 5:33InvitéFait
    « Dès le premier jour, vous savez, c'était en juin 1991, quand j'ai vu apparaître dans la presse cette affaire, je me suis dit « Mais c'est absurde » »
  • 6:01InvitéFait
    « c'était impossible qu'elle se traîne dans l'état où elle était pour faire cette inscription de l'obscurité »
  • 6:40InvitéFait
    « je trouvais que la partie civile s'orientait uniquement sur Omar Haddad, il fallait que ce soit uniquement coupable »

Temps de parole

  • Invité78 %
  • Présentateur22 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h19, c'est l'une des affaires criminelles les plus marquantes de France, le meurtre de Guylaine Marshall il y a 30 ans à Mougins. Cette riche veuve a été poignardée dans sa propriété, son jardinier Omar Haddad a été condamné, puis gracié mais jamais innocenté. La justice décide de rouvrir le dossier. Bonjour Jean-Marie Rouart. Bonjour. Vous êtes écrivain, membre de l'Académie française et l'un des plus anciens et fidèles soutiens d'Omar Haddad. Qu'avez-vous ressenti quand vous avez appris la nouvelle hier ?

0:29
Invité

Une immense joie, c'est évident, et c'était normal d'ailleurs, parce que moi je mène ce combat depuis 26 ans, à l'époque où j'ai écrit mon livre « Omar, la construction d'un coupable », et c'est bien évidemment une très très grande joie partagée par Omar Haddad lui-même. Vous l'avez appelé ? Vous vous êtes appelé hier ? Bien sûr, bien sûr.

D'abord son avocate, maître Norakowicz, qui a mené un combat, on le s'est battu comme une lionne, a été formidable, et puis ensuite, moi dans l'après-midi, j'ai appelé Omar lui-même, nous avons enfin respiré, si vous voulez respirer, parce que ça fait tellement longtemps que nous attendons ce moment pour qu'il y ait de nouvelles investigations et que son innocence soit prouvée. Bien que moi je n'ai jamais douté de son innocence, vous savez, ça fait 30 ans, comme vous le disiez, que je n'ai jamais douté, et à mon avis, dans tout le dossier, tout le dossier crie son innocence, il n'y a aucun mobile, il n'y a aucune raison.

1:29
Présentateur

Mais là, qu'est-ce qui a débloqué la situation ? Comment se fait-il que la justice décide de rouvrir ce dossier ?

1:34
Invité

Pour une raison technique, c'est ce qui est évidemment, c'est ce qui paraît pour le justiciable moyen, comme vous ou moi, un peu bizarre, c'est que vraiment tout le dossier légitimerait une remise en question, une remise en cause et l'innocentement d'Omar Haddad. Mais là, il fallait un fait nouveau, et le fait nouveau, c'est l'ADN.

On a trouvé dans les portes de la cave, dans les inscriptions accusatrices, Véomar m'a tué, on a trouvé 4 ADN, et dont un ADN qui est mêlé au sang de la victime, donc ça ne peut pas être un ADN de pollution, ça ne peut pas être un ADN de quelqu'un qui ait touché la porte, non, c'est un ADN qui est mêlé au sang de la victime, et cet ADN, qu'on voit apparaître à 35 reprises, est fiché au FNEG, c'est-à-dire le fichier de la grande criminalité. Donc vous voyez ça, et il n'y a pas, bien entendu, il n'y a pas l'ADN d'Omar Haddad lui-même.

2:41
Présentateur

Mais on ne les avait pas avant, ces traces ADN, c'est parce qu'on ne les a pas cherchées, ou parce que la science a fait des progrès ?

2:48
Invité

Écoutez, dans cette affaire, on n'a pas beaucoup de cherchés en dehors d'Omar Haddad lui-même. Dès le départ, on s'est concentré uniquement sur l'inscription. Alors qu'en fait, je crois que peu à peu, on arrive à une autre version. Au lieu de s'intéresser à cette inscription que Mme Marshall ne pouvait pas écrire, parce qu'il faut voir l'état du cadavre. Moi, j'ai vu les photos du cadavre, et à ce moment-là, on comprend les choses très différemment. Quand on voit, au lieu de regarder l'inscription, on regarde le cadavre, on voit qu'elle a la mâchoire arrachée, on voit qu'elle a le choix perforé à deux endroits, qu'elle a deux traumatismes crâniens, qu'elle a été torturée.

Et donc, à ce moment-là, on se rend compte qu'elle ne pouvait pas faire cette inscription. Donc, qu'elle a été longuement torturée, et donc, le seul mobile qu'on retenait, c'était Comard, se serait énervé, parce qu'il voulait réclamer de l'argent Mme Marshall. Mais ça ne tient pas debout, parce que vous imaginez bien que si on tue quelqu'un par colère, on ne va pas se mettre à torturer cette personne pendant deux heures.

3:55
Présentateur

Jean-Marie Rouard, maintenant que la justice a décidé de se pencher à nouveau sur cette affaire, concrètement, que va-t-il se passer ? Quelles sont les prochaines étapes ?

4:04
Invité

Et bien, maintenant, il faut attendre, comme on attend depuis 26 ans, 30 ans, attendre que, justement, on vérifie ces ADN, et qu'à ce moment-là, dès qu'on aura trouvé, si vous voulez, à qui appartiennent ces ADN, la justice, à ce moment-là, décidera soit d'innocenter Omar Raddad, enfin, soit de refaire un procès.

4:29
Présentateur

Pourquoi cette affaire vous tient-elle tant à cœur ? Pourquoi celle-ci plus qu'une autre ? Il y en a plein, des affaires criminelles emblématiques en France.

4:37
Invité

Oui, mais moi, ce n'était pas la première affaire. Après Omar Raddad, je me suis intéressé à Bruno Joussaume. Avant, je m'étais intéressé à Gabriel Rossier, vous savez, à mourir d'aimer. Donc, non, j'ai toujours considéré que, pour moi, je suis écrivain, mais que le journalisme, c'était défendre des gens qui n'avaient pas des moyens de défense. Et, je vais vous dire, Omar Raddad a dit quelque chose sur moi qui est très beau. Il a dit « Roi ne m'a pas défendu, il a défendu la justice, il a défendu la France ».

Alors, vous savez, j'étais condamné par la justice à 100 000 euros de dommages intérêts, j'étais viré du Figaro, mais malgré tout ça, je me récitais cette phrase et, disons, ça compensait toutes les avanies que j'avais pu recevoir.

5:25
Présentateur

Mais depuis le début, depuis le jour où vous avez découvert cette affaire dans la presse, vous vous êtes dit « Ce n'est pas possible, il est innocent ».

5:33
Invité

Bien sûr. Dès le premier jour, vous savez, c'était en juin 1991, quand j'ai vu apparaître dans la presse cette affaire, je me suis dit « Mais c'est absurde, rien que le fait d'inscrire pour une femme, de dire qu'elle est morte, on ne dit pas qu'on est mort, on ne dit pas, on ne va pas se mettre à faire des phrases de la littérature, de la mauvaise littérature, quand on est vivant. Quand on est vivant, on cherche à s'échapper. Et à ce moment-là, je ne savais pas quel était l'état du cadavre, et je ne voyais plus, c'était impossible de savoir, que non seulement elle était dans une cave, dans l'obscurité, mais que la porte de la cave était fermée de l'extérieur par le criminel.

Donc c'était impossible qu'elle se traîne dans l'état où elle était pour faire cette inscription de l'obscurité.

6:23
Présentateur

Mais si Omar Haddad est innocent, qui est coupable ? Est-ce qu'il y a eu d'autres suspects, d'autres pistes dans cette affaire ?

6:29
Invité

Non, on n'a pas cherché d'autres pistes, on s'est orienté uniquement sur Omar Haddad. En 30 ans ? Jamais ? C'est ce que j'avais reproché à la partie civile, et ce qui a amené ma condamnation, ma lourde condamnation, c'est que je trouvais que la partie civile s'orientait uniquement sur Omar Haddad, il fallait que ce soit uniquement coupable. Eh bien non, je crois qu'on aurait dû chercher bien d'autres pistes, mais maintenant, cette partie civile, devant les résultats de cette autopsie, de l'ADN, je crois qu'elle accepte maintenant, elle accepte l'adversion, elle accepte ce supplément d'information.

7:09
Présentateur

Donc pour vous, la justice a totalement failli dans cette affaire ? C'est vraiment l'exemple type d'une erreur judiciaire ?

7:14
Invité

Non, écoutez, non, je ne peux pas vous dire aujourd'hui que je suis heureux, je ne peux pas dire que la justice a failli et puis ce n'est pas fini. Non, vous savez, les erreurs, la justice, quelle est l'institution qui n'en commet pas ? C'est plus grave pour la justice. Mais il faut reconnaître que maintenant, les juges de la commission de révision ont parfaitement agi. Donc il faut espérer que dans trois mois, nous pourrons fêter Omar innocenté. Et à ce moment-là, vous savez, c'est important, surtout pour la France. La France, c'est le pays de Montesquieu, dans le monde entier, on considère que la France est le pays de la justice.

Donc la France ne peut pas se permettre justement une injustice aussi grave, surtout au vu et au su de tout le monde. Il y a beaucoup d'injustice, vous le savez, dans les prétoires, mais là, c'est au vu et au su de tout le monde.

8:00
Présentateur

Merci beaucoup Jean-Marie Roy, académicien et donc fidèle soutien d'Omar Haddad. Vous étiez l'invité du 5-7. Sous-titrage Société Radio-Canada

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