Ukraine, Gaza : l'Europe au défi de son impuissance ? - Ici l'Europe - 6/09/2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse partielle
L'accord commercial UE-USA est-il un bon deal pour l'Europe ?
- 2:05OuverteRéponse directe
L'accord UE-Mercosur est-il indispensable pour l'Europe ?
- 4:05OuverteRéponse directe
Comment renforcer la défense ukrainienne face à la Russie ?
- 6:05OuverteRéponse partielle
La reconnaissance de la Palestine par l'UE peut-elle faire pression sur Israël ?
- 8:05OuverteRéponse directe
Quels sont les leviers de croissance économique en Espagne ?
- 10:05OuverteRéponse directe
La crise politique française affaiblit-elle l'UE ?
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France 24 LCP public Sénap présente. Bonjour à tous et bienvenue pour la rentrée d'ici l'Europe. une rentrée particulièrement morose avec une France fragilisée dans une Europe qui fait face à l'imprévisibilité de Donald Trump et l'agressivité de Vladimir Poutine.
Nous sommes pour en parler aujourd'hui en compagnie d'Aroncha Gonzalez Laya. Bonjour. Vous êtes juriste et économiste espagnole, doyenne de la Paris School of International Affairs à Sciencepo Paris depuis 2022.
Vous avez été ministre des affaires étrangères et de l'Union européenne dans le gouvernement Sanchez 2, gouvernement socialiste. Euh vous avez occupé des postes à responsabilité aux Nations- Unies et à l'Organisation mondiale du commerce. C'est d'ailleurs, c'est vrai que ces questions commercielles sont très présentes en cette rentrée parce que rappelons-le quand même, le 27 juillet à Turnberry en Écosse, les États-Unis et l'Union européenne sont parvenus à cet accord de cadre commercial après des tractations très difficiles entre Urzula Van Derleyen et Donald Trump, un taux plafond de 15 % a été décidé pour la majorité des exportations européennes vers les États-Unis et 0 % dans l'autre sens, hein.
C'est un bon deal. Non, je crois que ce n'est pas un bon deal. Ce n'est pas un bon deal du côté économique puisque les termes de cet accord sont déséquilibré.
On ouvre notre marché aux Américains, les Américains n'ouvrent pas les leur marchés aux Européens. Mais c'est surtout un mauvais deal d'un point de vue géopolitique parce que on instaure, on crédibilise des relations internationales basé sur la loi du plus fort et plus sur la loi euh des règles, des systèmes, des traités, des accords et c'est là où euh on contribue à l'affaiblissement aussi d'un ordre international certes difficile, certes affaibli, mais auquel nous on contribue à à l'affaiblir davantage. Oui.
Alors, justement, beaucoup de commentateurs disent comme vous d'abord que l'accord a d'abord été taillé pour garder Washington à bord concernant l'Ukraine et ça ce sont des raisons géopolitiques. au cœur de cette décision européenne et il faut être lucide et il faut pas essayer de de déguiser ce qui est une faiblesse européenne, c'est la volonté européenne de mettre d'abord la défense de l'Ukraine et de la mettre devant la défense des intérêts commerciaux de l'Union européenne étant lucide. On n'est aujourd'hui pas capable en Européen toute seule de contribuer à la défense de l'Ukraine contre la Russie.
Donc il nous faut les États-Unis et ils le savent très bien. Donc l'accord commercial entre guillemets, c'est les prix que les Européens ont payé pour garder les États-Unis euh de notre côté. Et maintenant la question c'est de savoir si on peut garder les États-Unis de notre côté parce que ce n'est pas non plus garanti.
Il y aura un coût économique qui sera fort pour l'Europe. Ce coût économique sera moins important pour l'Europe que pour les États-Unis et même. Pourquoi ?
Parce que beaucoup de ce que nous exportons vers les États-Unis, c'est des composantes qui rentrent dans des chaînes de production aux États-Unis et que ils n'ont pas d'alternative et que ils ne vont pas produire au moins dans les courts moyen terme euh eux-mêmes cette composante. Alors, qu'est-ce qu'ils vont faire avec ces tarifs euh qu'ils imposent aux Européens ? C'est augmenter l'inflation aux États-Unis.
Donc, je ne crois pas que ça soit un bon deal pour les États-Unis. D'ailleurs, on commence à voir déjà euh la petite montée petit à petit des prix aux États-Unis, il ne sera pas non plus bon pour les Européens parce que c'est vrai que il y aura euh un coût supplémentaire pour accéder au marché américain. Mais quand même, notons que que la semaine dernière, Donald Trump a menacé de de représaillent des politiques défavorables à la tech, donc les big tech qui sont la plupart américaines.
D'ailleurs, la Commission européenne espère pendant ce temps que les États-Unis vont confirmer leur volonté de baisser les droits de douanes sur les voitures de 27 à 15 %. Et est-ce que ça explique le retard dans la décision de cette commission sur l'accusation d'abus de position dominante contre Google par exemple ? Est-ce qu'on est en train de rétropédaler aussi sur les questions de d'encadrement des géants du numérique ?
Non, je crois que en Europe, on est assez conscient, à la fois Étatmembr et institutions communautaires que nous ne pouvons pas transacter sur une décision démocratique de nos parlements et de nos citoyens qui est de nous protéger euh dans l'espace digital. C'est c'est de ça qu'il s'agit. Alors, les Américains nous disent, l'administration américaine plutôt nous dit c'est euh contraire aux intérêts des nos entreprises du digital.
Notre réponse c'est de dire ce n'est pas contre les entreprises américaines ni contre les entreprises chinoises. C'est pour la protection des consommateurs et des citoyens européens. Rappelons-nous qu'il s'agit de protéger les Européens contre la pornographie en ligne, la désinformation en ligne, les avu des bandes en ligne.
Ça a pas l'air de faire peur à l'administration Trump tout ça. Ouais, mais là c'est c'est ici que on va avoir un problème à gérer et ça va être un choix difficile à faire parce que c'est la démocratie européenne ou faire plaisir à l'administration américaine. Il s'agit pas, on n'est pas Mais est-ce qu'on va pas choisir comme d'habitude faire plaisir à l'administration américaine ?
Bah, je crois que ça serait dangereux et je ne crois pas. Franchement, on a eu récemment la vice-présidente de la Commission européenne, Thesa Rivera à Sciencep pour ouvrir l'année académique et elle a été très clair sur ça. Il n'y aura pas euh une négociation sur les standards de protection des citoyens européens dans l'espace digital.
Donc donc le bazooka anticoercition, on va le sortir, c'est ça ? Je sais pas si on va sortir le le la bazookée, mais je crois que les institutions communautaires et les États-membres devront faire très attention parce que là, c'est les citoyens européens qui aujourd'hui d'ailleurs se montrre extrêmement favorable à l'intégration européenne. Nous avons des opinions publiques en Europe qui sont de plus en plus horopil parce qu'il trouve que l'intégration européenne va permettre va nous permettre de nous protéger mieux.
Mais si le signal qu'on leur donne, c'est qu'on est prêt à transacter sur aussi sur notre démocratie, ben peut-être qu'on va construire de l'euroscepticisme. Alors c'est le fruit de 25 ans de négociation. L'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosour a été signé, je le rappelle, en décembre 2024.
Il a été adopté le 3 septembre par cette même européenne à Rancha Gonzales Laya. Comme toutes les espagnoles, vous vous sentez très proche de l'Amérique latine qui est évidemment hispanophone. Euh selon Bruxelles, l'accord permettrait aux exportateurs européens d'économiser plus de 4 milliards d'euros de droit de douane par an en Amérique latine.
Cet accord avec le Mercosour qui est très débattu, vous le savez bien, en France est vraiment indispensable selon vous. Je crois que c'est indispensable et cela pour deux raisons. Il y a une raison économique.
C'est vrai que cela nous permet d'ouvrir d'autres opportunités pour nos exportateurs aussi pour nos exportations agricoles, industrielles, les exportateurs des services. Je crois qu'il y a là des vraies opportunités aussi pour remplacer un tout petit peu, pas tout mais une partie des difficultés qu'on aura pour accéder aux États-Unis. Mais je crois qu'il y a derrière aussi un intérêt géopolitique qui est de construire des partenariats avec d'autres pays dans d'autres régions au monde euh qui ne veulent pas euh un monde des sphères d'influence où le monde serait divisé entre euh les Chinois, les Russes et les Américains.
Ils veulent avoir leur mot à dire comme nous voulons avoir notre mot à dire. Donc il y a derrière cet accord commercial aussi un objectif géopolitique que nous nous ne devons pas sous-estimer vu la situation dans laquelle nous nous trouvons aussi d'un point de vue géopolitique. Bruxell a promis de compléter par un acte juridique renforçant les mesures de sauvegarde sur les produits européens sensibles et notamment intervenir en cas d'impact négatif sur certaines filières.
Le bœuf, la volaille, le sucre, l'éthanol. Vous avez l'impression que Emmanuel Macron Paris va répondre oui à l'accord finalement. Bon, d'abord euh je voudrais quand même rappeler que les accords commerciaux dans l'Union européenne se prennent la majorité qualifiée, pas à l'unanimité.
Euh mais point numéro 2, je crois que c'est plus important, les négociateurs communautaires a fait attention à protéger des intérêts où il y a euh du défensif européen. Et c'est clair que dans l'agriculture, il y a de l'offensive, les produits agrotransformés, euh les boissons euh euh et les spiritueux dont la France aussi bénéficie largement. Mais il y a aussi d'autres filières agricoles surtout comme la viande, comme la volaille, comme les sucres qui sont sensibles.
Je crois que la Commission européenne a négocié aussi pour protéger ces filières sensibles. Alors il il l'a fait pour s'assurer que si jamais il y avait un déséquilibre fondamental dans les marchés européens suite à des importations massives, l'Union européenne puisse répondre. Donc je crois que à la fois dans l'offensive mais aussi dans les défensives, les intérêts de la France s'y trouve.
C'est un bon accord pour l'Union européenne. Alors, Paris a réuni à nouveau, cette fois-ci euh qu'on parle de multilatéralisme, la coalition des volontaires pour l'Ukraine pour avancer des solutions au sol si un accord de paix était dans le viseur. En vrai, cet accord de paix, on en est loin encore et et l'Europe s'inquiète beaucoup, est fatigué, il y a une fatigue de la guerre en Ukraine bien sûr, mais surtout en Ukraine qui sont ceux qui qui subissent en première ligne l'impact de cette guerre et qui sont ceux qui défendent l'Ukraine mais aussi l'Union européenne.
Donc c'est vrai qu'il y a une fatigue, mais ce qu'on a constaté aussi malgré malgré les promesses du président américain Donald Trump, c'est que Poutine n'est pas prêt à faire la paix. Il a menti. Poutine a menti à Trump quand il lui a dit "OK, OK, je vais m'asseoir à négocier la paix avec Selenski." Il ne l'a pas fait et je ne crois pas qu'il ait l'intention de le faire.
Alors que ce qu'on peut faire dans ces situations, c'est renforcer la position de l'Ukraine dans cette guerre contre la Russie. Comment on peut le faire ? Je crois que en montrant d'abord en nous montrant un en renforçant la défense ukrainienne, mais aussi en montrant aux États-Unis queon n'est pas des profiteurs, qu'on est des acteurs, que nous sommes prêts à mettre ce qu'il faut aussi sur la table.
C'est quelque chose dont on avait un peu entendu parler. Vous êtes des profiteurs mais à la fin Oui. Là on a bien monté sur les dépenses militaires.
On est tous au-dessus des 2 % réglementaires. Acteur, c'est l'Europe un acteur sauf l'Espagne qui ne l'est pas au-dessus des PIB dans la défense. L'Espagne vient de augmenter sa dépense militaire de 0.9 % à 2.1 % dans l'espace d'un an.
Donc ne faisons pas comme si euh il y avait pas des efforts européens. Il y a des gros efforts européens et je trouve très très important les signals donnés par la France et le Royaume-Uni avec une réunion de la coalition euh des volontaires pour montrer que nous sommes prêts euh aussi à mettre ce qu'il faut en terme de garanties de sécurité pour l'Ukraine qui leur permettra de décourager à à la Russie. C'est de cela qu'il s'agit.
Alors, parlons un peu de Gaza, une zone où l'Espagne a été un peu leader puisque elle a été l'une des premières à reconnaître euh après l'intervention d'Israël sur Gaza euh la Palestine et on pourrait passer d'ailleurs de 11 à 15 pays de l'Union européenne qui vont reconnaître la Palestine à la prochaine assemblée de l'ONU sous l'impulsion de la France. Est-ce que les Européens s'emparent de ce dossier ? Je crois que les Européens se rendent compte euh de la la situation insupportable dans laquelle nous nous trouvons où les droits humains et l'humanité tout courte à la fois euh sur des civils euh palestiniens et des civils israéliens, n'oublions pas, euh qui sont pris en otage des extrémistes euh et des extrémistes en Israël et des extrémistes en Palestine.
Et ça c'est quelque chose que si nous sommes sérieux en Europe et que si nous sommes euh responsables vis-à-vis les engagements que nous avons pris avec nos citoyens des protections des droits et des valeurs, nous ne pouvons euh simplement pas agir. Donc je crois que c'est difficile de le faire en européen, mais je crois que de plus en plus, il y a des pays qui le font et entraînent d'autres. L'Espagne avec l'Irlande, avec les Slovénie et la Norvège l'ont fait en reconnaissant la Palestine il y a un an et demi.
Maintenant c'est la France qui se joint à cet effort et un train d'autres. Je crois que c'est important de montrer que l'Europe ne peut pas tolérer des violations de droits humains là où il se passe. Terminons sur la situation économique un peu globale avec une économie de la zone euro qui est très en croissance lente.
On est à 0, et des poussières. Euh les derniers résultats euh en Espagne sont plutôt euh meilleurs, bien meilleurs. Croissance de 2,4 % euh euh pour euh le dernier trimestre, euh faute de majorité au Parlement espagnol, Madrid reconduit sa loi de finance depuis 2023.
En en gros, on devrait pas d'allement se préoccuper de l'absence de majorité en France parce que vous n'avez pas de majorité non plus et ça vous empêche pas d'avoir des bons résultats. Oui, sauf que nous avons fait quelques efforts pour pour avoir la croissance que nous affichons aujourd'hui. Et les efforts que nous avons fait c'est dans trois une triple direction. d'abord des réformes sérieux dans nos systèmes de pensions, dans nos euh systèmes éducatifs, dans nos marchés de travail, des réformes dures mais qui montrent maintenant les résultats.
Des réformes qui ont été faites bien sûr avec un dialogue social qui est la manière dont on fait les réformes sérieuses. Deux, c'est la migration. Dans des pays où la démographie n'est pas bonne, c'est indispensable. et tr c'est les prix de l'énergie euh qui en Espagne est de 20 % inférieur à la moyenne européenne.
Il y a pas de miracles. Ce qu'il y a des réformes, des transformations négocié, pacté, accordé avec les acteurs sociaux. parfois difficile à faire en interne.
Nous aussi, nous on a notre propre division politique mais qui montre que quand on le fait, on peut voir le fruit de ces changements. Alors, est-ce que la France avec sa crise politique qui date des élections européennes de mai 2024, l'absence de réforme et le maillon faible de l'Europe ? Je me préoccupe de l'affaiblissement de la France et c'est un moteur important, mais je me préoccupe aussi euh des de l'impact que l'affaiblissement de la France peut avoir dans l'affaiblissement de l'Europe.
Quand on est un pays systémique à l'Europe comme c'est la France, euh n'est pas faire de réformes en France affaiblit l'économie française, affaiblit la capacité de la France à redistribuer, faire en sorte que tous les citoyens s'y retrouvent. Mais elle affaiblit aussi l'Europe dans un moment où l'Europe avait soin d'être forte parce qu'elle est entourée des pays euh qui essaie de faire de l'Europe leurs zones d'influence. Euh donc je crois que la le laisson en France comme ailleur en Europe, c'est si nous ne voulons pas devenir subsidiaire d'autres puissances, la Russie, les États-Unis ou la Chine, la voie c'est de renforcer, de réformer et d'intégrer davantage cette Union européenne.
Merci madame Gonzalez Laya d'avoir été notre invité aujourd'hui. On poursuit sur ce thème de la fragilité française qui entraîne peut-être d'ailleurs, vous l'avez dit, une Europe plus affaiblie. C'est le débat géopolitique que nous allons mener avec mon confrère de la chaîne Public Sénat Alexandre Poussard.
Tout de suite avec nos invités, c'est le débat. Merci de nous rejoindre en cette rentrée pour l'Union européenne avec plusieurs crises à gérer. On en débat cette semaine et pour faire face à ces crises, l'Europe paraît plutôt affaiblie.
Affaiblie d'abord pour des raisons politiques. Alors que la France, 2e puissance du club des 27 navigue à vue sur son gouvernement et son budget. Et puis sur le plan géopolitique, l'Union européenne est aussi à la peine pour soutenir l'Ukraine efficacement et obtenir une paix durable.
Les Européens restent à la mercie du président américain Donald Trump et enfin ils sont divisés et inaudibles face au drame de Gaza. Alors l'Union européenne quel numéro de téléphone en cas de crise ? Quelle image renvoie-t-elle à sa jeunesse ?
Europe puissance ou en puissance ? Nous en parlons tout de suite avec trois invités. Et oui, on accueille Sylvain Cann.
Bonjour. Bonjour. Vous êtes chercheur au centre d'histoire de Science Po et vous publiez cette année un livre intitulé "L'atlantisme est mort.
Vive l'Europe aux éditions de l'aube et puis on accueille également Christophe Préot. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes directeur du site d'information de référence toute l'Europe. Aurore Lalou, merci d'être avec nous. Vous venez juste d'être élu présidente des jeunes européens pour la France, une association rassemblant des citoyens de 16 à 35 ans pour défendre le projet européen et la démocratie.
Alors première question Sylvain Cann effectivement selon vous comment vous qualifériez l'état de cette Union européenne en cette rentrée notamment avec une situation politique chaotique en France ? Bah c'est sûr que la situation que vous décrivez en France, comment dire je pense que elle a fait enfin comment dire, elle affaibli davantage la position de la France au sein de l'Union européenne, c'est-à-dire sa capacité à prendre des initiatives que l'Union européenne est le-même. Il y a des interrogations sur la majorité parlementaire.
Euh néanmoins, il y a toujours un État français, il y a toujours un président de la République qui siège au Conseil de l'Union européenne. Donc euh je suis pas sûr que ça ait des conséquences très importantes sur la manière dont l'Union européenne est perçue et dans le monde et en Europe elle-même. Christophe Reo, qu'est-ce que vous en pensez ?
Est-ce que cette crise politique en France, ça peut avoir un impact sur l'affaiblissement de l'Union européenne ? D'autant qu'Emmanuel Macron est un des défenseurs historiques du projet européen. Position de la France affaiblit pas la puissance et la force de de de l'Union européenne et puis la France, elle est pas non plus affaiblie pour moi au sein de l'Union européenne.
D'abord, le contexte aujourd'hui international lui donne plutôt une une voie majeure puisque la France, rappelons-le, est le seul pays de l'Union européenne à posséder l'arme nucléaire. C'est le seul pays à siéger au Conseil de sécurité de l'ONU. Ce qui fait qu'aujourd'hui dans le contexte de guerre en Ukraine, ça lui donne une position justement de force.
On voit bien la coalition des volontaires ou toutes les réunions autour l'industrie de défense et comment l'Union européenne peut bâtir aussi une défense, elle se fait en leader avec avec Emmanuel Macron et aussi avec K Starmer, le Royaume-Uni, l'Allemagne et et la Pologne. Donc plutôt que de parler pour moi de la France au sein de l'Union européenne, est-ce que ça affaibl l'Union européenne ? Je parlais plutôt des tensions, je veux dire aujourd'hui, je pense que dans l'histoire moderne de l'Union européenne, disons depuis le traité de Lisbon, on n pas eu autant de foyer euh de tension autour de l'Union européenne.
Alors justement, comment ça comment la jeunesse européenne ressent cette rentrée ? Est-ce que vous êtes toujours fier d'être européen ? Je vois que vous avez mis votre t-shirt des jeunes européens ou vous en êtes inquiet ?
Écoutez, moi je effectivement je suis là pour représenter la voix des jeunes. Je dirais qu'on est à la fois fier et inquiet. fier parce que le projet européen, il faut le rappeler, est né après la Seconde Guerre mondiale.
Il est né sur un champ de ruine et donc c'est un projet européen qui a été construit pour la paix pour faire en sorte qu'elle ne se euh que la guerre qui est entouré de guerre aujourd'hui. Finalement, voilà. Donc ce que j'allais dire effectivement, c'est que aujourd'hui ce projet européen, il est pas acquis.
Il faut qu'on continue à se battre pour préserver la paix qui est aujourd'hui aux portes de l'Union européenne qui est en Europe avec la guerre en en Ukraine. Ce qu'on dit aussi nous les jeunes, c'est qu'on est préoccupé parce que l'Union européenne, elle est menacée aussi de l'intérieur avec la montée d'idée de pouvoir extrême extrémiste, pardon, de de pouvoir extrémistes qui arrivent et et qui profitent de ce sentiment antie-Européen et qui vont effectivement promouvoir des idées comme les replis sur soi. on le constate depuis ces dernières années avec notamment par exemple, je le cite le retour des contrôles aux frontières de certains pays.
On est très inquiet et donc nous notre idée aux jeunes européens c'est ça, c'est en fait de rappeler aux citoyens qu'il faut se battre et que le projet n'est pas alors beaucoup d'inquiétudes notamment avec la guerre en Ukraine qui reste l'une des priorités de l'Union européenne en cette rentrée. Jeudi, le président français Emmanuel Macron a réuni ce qu'on appelle la coalition des volontaires. dizaines de pays, il une trentaine au total, notamment des pays européens qui soutiennent militairement l'Ukraine et qui sont prêts à porter à l'avenir des garanti de sécurité à l'Ukraine en cas de paix.
On va écouter sur ce point le président français. Mon seul message ce soir, c'est le travail extrêmement intense des dernières semaine et de vous dire en effet que nous sommes prêts pour ces garanties de sécurité, que l'Europe est au rendez-vous pour la première fois avec ce niveau d'engagement et d'intensité parce que la sécurité de l'Ukraine et des Ukrainiens pour aujourd'hui et pour demain est aussi la nôtre et celle de l'Europe. Alors Sylvin Can c'est garantie de sécurité pour l'avenir en cas de paix, c'est très bien.
L'Europe est prête mais pour l'instant l'Europe est toujours hors jeu des négociations de paix entre Vladimir Poutine et Donald Trump. Oui mais enfin en réalité Donald Trump aussi est horors jeu des négociation. Je veux dire, on a eu la confirmation tout au long de l'été que à chaque fois que le président américain pense pouvoir d quelque chose avec Poutine, il ne se passe rien.
Diplomatiquement, celui qui est le plus isolé en réalité, c'est le président américain parce que il n'obtient rien, enfin quand je dis qu'il n'obtient rien, aucune des idées qu'il essaie de promouvoir auprès de Poutine ne passe. Et pendant ce temps-là, on le voit très bien depuis le mois de février, non seulement les Européens mais l'ensemble des alliés de l'Ukraine, puisque il y a pas que les Européens, il y a aussi les Japonais, les Coréens, Canadiens, les Canadiens, les Néo-Zélandais, bien sûr et le Royaume-Uni sûr, aucun des alliés de l'Ukraine euh n'a cessé d'être un allié de l'Ukraine. Donc pour l'instant en fait ce qui se passe, c'est que la politique de Trump, bon certes, il lâche les Européens.
On n plus il y a plus d'alliés américains pour les Européens. Mais ça pour pour autant l'ensemble des l'Ukraine continue à soutenir l'Ukraine et à sanctionner la Russie. Donc alors ils sont à leur maximum, ils peuvent pas faire mieux sur les Européens.
Mais bien sûr qu'ils peuvent faire beaucoup mieux. Ils peuvent faire même beaucoup plus. Mais pour ça, il faut le vouloir.
Et pour ça, il faudrait sans doute qu'il y ait un débat. Euh et il y a objectivement, il y a pas beaucoup de débat sur ce sujet, ni à la ni dans les parlements nationaux, ni dans la société parce que pour l'instant, il y a un consensus. Ce qui est remarquable, c'est que toutes les enquêtes d'opinion depuis le mois de février 2022 montrent qu'il y a une constance dans les opinions publiques.
Alors, avec des variations selon les pays et puis selon parfois selon les trimestres pour continuer à soutenir la politique de soutien à l'Ukraine et la politique de sanction à la Russie. Alors après, on pourrait faire beaucoup plus puisque pour l'instant le résultat c'est quoi ? C'est que ce soutien à l'Ukraine permet aux Ukrainiens de contenir l'agression et l'invasion russe au prix de dizaines et maintenant de centaines de milliers de morts mais ne permet pas de gagner aux Ukrainiens de gagner.
Mais voilà. Alors Christophe Préot la présidente de la Commission européenne Urgela Van Derleon elle accuse la Russie d'avoir brouillé le GPS au moment de son atterrissage sur la Bulgarie. La semaine précédente, c'était le le bâtiment de la délégation de l'Union européenne à Kiev qui était endommagé par l'attaque des drones russes.
Euh la guerre hybride de la Russie va très directement viser maintenant les les Européens et et promet d'ailleurs de s'intensifier. Vous le rappelez cet été, il y a eu plusieurs réunions. Donc notamment Donald Trump qui a reçu Poutine à Encorage en Alaska, puis ensuite une réunion Washington autour de Zelenski et l'ensemble des des dirigeants européens.
Bon, ça n'a rien donné au contraire. Vladimir Poutine et la Russie ont intensifié leurs frappes sur l'Ukraine. On touchait des bâtiments représentant l'Union européenne aussi à Kiev.
Donc on le voit bien euh l'action dite des des des des États-Unis auprès de la Russie pour essayer de d'obtenir un seul feu n'avance pas. Et au contraire, la stratégie de Poutine c'est profitons-en, avançons. Et je donne des leçons aussi à ceux qui voudraient un petit peu me dire ce que ce que je dois faire.
Donc aujourd'hui euh il faut se préparer à demain comment on agit s'il y a un cesser le feu. Mais il y a vraiment une réelle une réelle impasse. Ça c'est c'est évident.
Alors il y a un autre conflit où les Européens manifestent même peut-être davantage leur impuissance voir sont quasiment inaudibles. La guerre à Gaza et le drame humanitaire qui se déroule sous nos yeux. À la fin du mois d'août à Copenhague, les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne n'ont pas réussi à définir une position commune de l'Europe sur ce conflit.
Et pourtant à Copenhague, à ce moment-là, la colère des manifestants proalestiniens s'était faite entendre à quelques dizaines de mètres d'eux. On l'écoute. Nous exigeons des pays de l'Union européenne qu'ils prennent de véritables sanctions contre Israël qui commet actuellement un génocide.
Il n'est pas acceptable qu'ils accordent à Israël des avantages commerciaux et qu'il leur envoient des armes. Ce n'est pas acceptable. Voilà.
Alors, regardons d'ailleurs la carte plus précisément des pays qui reconnaissent cette Palestine. 11 pays reconnaissent qui sont colorés en vert, vous le voyez en voie de reconnaissance en jaune, France, Belgique, Portugal, Finlande, Malte, Luxembourg qui ne reconnaissent pas donc Danemark, Croatie, Estonie, Léonie, Lituanie, Pays-Bas, Allemagne, Italie, Grèce, Autriche. Une carte réalisée d'ailleurs par le site Toute l'Europe, on le préc voilà.
Est-ce que cette reconnaissance symbolique Sylvain Cann va permettre de mettre la pression sur Nathaniaou ? Euh je pense pas. Je pense pas puisque comme vous le dites, c'est une reconnaissance symbolique.
Donc peut-être que ça va être un appui pour les 30 à 40 % d'Israéliens qui manifestent et qui sont opposés à la politique du gouvernement, de leur propre gouvernement. à Gaza. Ça c'est ça c'est possible.
C'est-à-dire queen fait, d'une certaine façon, ce que vont faire les Européens, c'est qu'ils vont effectivement à la fois soutenir euh les Palestiniens qui sont pour la paix, ce qui n'est pas le cas du Hamas, faut quand même le rappeler. Et euh ils vont également euh être un point d'appui pour euh cette très importante minorité euh des Israéliens qui sont aussi pour l'arrêt de la guerre à Gaza. Je pense que c'est ça le Mais donc l'Union européenne est impuissante sur Gaza.
Mais si vous voulez, moi je pense qu'il faut faire attention avec l'équivalence qu'on fait du point de vue des Européens. entre l'invasion de l'Ukraine par la Russie et la guerre israélo-palestinienne. Parce que dans le cas du conflit enfin de l'agression russe en Ukraine, il y a près de 2300 km de frontière entre l'UE et la Russie et près de 1300 km de frontière entre l'UE et l'Ukraine.
Donc si vous voulez, c'est un conflit sur lequel les Européens sont quasiment impliqués et où ils ont des intérêts vitaux. Le Proch Orient, ça fait 50 ans que les Européens ne sont plus des acteurs du proche- Orient et n'ont quasiment plus aucun intérêt, même en terme d'intérêts commerciaux si vous voulez. Donc c'est logique de ce point de vue-là que les Européens arrivent pas à s'entendre entre eux parce que il y a pas une politique proche-orientale de l'Europe qui est liée à des intérêts vitaux ou à des intérêts majeurs.
Voilà. Donc et d'ailleurs, on se pose pas la question de savoir quelle est la politique de l'Union européenne pour le Soudan, quelle est la politique de l'Union européenne pour les igours. Vous voyez ce que je veux dire ?
C'estd que là, l'Union européenne est très très loin de sa base et de ses intérêts. Donc c'est surtout effectivement un problème politique pour plusieurs secteurs des sociétés européennes. Mais Christophe Préot, on sent quand même que ça créé des tensions, des divisions entre les pays européens sur et bien la politique à mener, l'éventuelle pression à mettre sur Israël pour régler le drame humanitaire à Gasa.
Oui, bien sûr. C'est d'ailleurs ça révèle aussi le fait que d'un point de vue géopolitique, enfin l'Union européenne ne parle pas d'une seule voix. Donc il y a une autre représentante euh pour les affaires étrangères et pour les affaires étrangères et les conseils et la police de sécurité Canass.
Mais sinon après chaque État membre aussi il va aussi de de son positionnement et de et de et de ses son porte-parole. Donc aujourd'hui, ça crée forcément des dissentions. Il y a quand même une sorte de de de consensus parce que vous savez qu'il y a un accord d'association entre l'Union européenne et Israël, hein, qui a un accord de de libre échange sur des produits euh agricoles et et et industriel et aussi de de coopération sur de nombreux secteurs qui aujourd'hui est en train d'être d'être revu notamment parce que dans tous les accords que sign l'Union européenne, il y a des clauses de respect des droits de l'homme et des et des droits humains.
Et aujourd'hui bien sûr depuis 7 octobre 2023, ils sont sérieusement bafoui. Donc cet accord sera revu. Est-ce que ça mettra la pression sur Nethaniaou ?
Peut-être pas. Alors justement Aurore la est-ce qu'il a une inquiétude des jeunes européens sur leur sécurité future ? On voit sur une attente pour pour que l'Europe pèse davantage sur cette scène internationale ?
Euh oui, les jeunes européens euh attendent de l'Union européenne euh qu'elle effectivement prenne euh davantage de place sur la scène internationale dans le cadre du conflit à Gaza. Euh qu'elle continue euh ce qu'elle fait de de d'apporter une aide humanitaire pour les populations locales tout en œuvrant pour résoudre effectivement ce conflit en prenant justement la reconnaissance des deux états qui nous semblent effectivement impératifs à la fois donc Israël et la Palestine. Et nous ce qu'on ce qu'on dit et c'est au cœur de notre association, on milite pour une Europe en fait fédérale qui soit plus intégrée.
On part du principe que l'Union européenne sera en capacité de parler d'une seule voix sur la scène internationale à partir du moment où elle aura un gouvernement européen de la défense qui soit responsable devant le Parlement européen. On milite pour qu'on puisse avoir un budget européen de la défense avec des ressources propres et une armée européenne permanente et pérenne. Sylvin Can, on a beaucoup parlé de l'Europe puissance ces dernières années dans tous les sommets notamment.
C'est l'intention d'Emmanuel Macron, le l'objectif d'Emmanuel Macron. 7 € puissance pour l'instant on n'y est pas, on le voit parfois pour vous. On y sera jamais.
Mais non, parce que même s'il y a plus de fédéralisme comme le dit Lalou. Oui, mais parce que enfin évidemment, il faut s'entendre sur ce qu'on appelle la puissance. La puissance en sciences sociale, c'est la capacité d'un en général d'un état ou d'un acteur en général, mais d'un état en particulier à se doter de moyens de coercition pour obliger ou contraindre les autres acteurs à concourir à ses propres buts.
Il se trouve que enfin dans mon analyse évidemment et donc les 450 millions de de consommateurs et de citoyens, ça suffit pas finalement à peser dans le monde. Et c'est surtout que je crois qu'en Europe, les Européens sont plus intéressés par la puissance. L'idée qu'on va obliger contraindre un certain nombre d'acteurs, qu'on va régler des problèmes par la contrainte et par la force, c'est justement le le fait que les Européens de manière très très comment dire massive ont tourné le dos à cette idée qui était une idée très importante pendant 5 siècles qui a permis de faire l'Union européenne.
L'Union européenne c'est quoi ? Ça veut dire que tout d'un coup, on se rend compte qu'on a plus envie d'avoir le moindre conflit avec ses voisins et de proche en proche avec une trentaine de pays. Donc ça veut dire que objectivement avec la fin des guerres coloniales, tous les pays européens en fait ont et les sociétés européennes ont tourné le dos à l'idée de puissance.
Ça veut par contre les gens sont je crois très attachés à leur autonomie individuelle, à celle de leur pays, à celle de l'UE, à leur indépendance, à leur liberté. Donc à partir de là, être en capacité de faire respecter cette liberté, cette indépendance, oui, mais il y a pas besoin d'être une puissance pour ça. Un mot chacun pour conclure sur l'idée que peut-être la jeunesse européenne attend qu'on se préoccupe plus de problèmes plus concrets, mais aussi que l'Union européenne s'affirme comme le leader numéro 1 en matière de lutte contre le réchauffement climatique.
C'est extrêmement important. Et les jeunes générations ont besoin de cet avenir de savoir qu'on peut évoluer dans une Europe libre. euh en paix euh et euh et un.
Il faut que les 27 restent unis et qu'il y ait un consensus sur tous les sujets qui sont aujourd'hui cruciaux. La relation aux États-Unis, les les les droits douanes, le nouveau budget de l'U simplification, la compétitivité. Donc tout cela, c'est l'unité, l'unité, l'unité.
Et c'est la fin de cette première émission d'ici l'Europe euh de la saison. Merci à tous les trois d'y avoir participé. Merci à vous bien sûr de l'avoir suivi. [Musique]
Emmanuel Macron