Data : "Certaines entreprises présentes aux États-Unis décident de relocaliser ou de dupliquer leurs données sur le sol européen", se réjouit le directeur d'Iliad
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« Nous sommes présents dans 29 000 communes sur la fibre optique. »
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« Plus de 90% des Français ont accès à la fibre free. »
- 1:09InvitéFait
« Premier sujet de préoccupation des Français aujourd'hui, c'est le pouvoir d'achat. »
- 1:13InvitéPromesse
« Free c'est l'arme anti-inflation. »
- 4:25InvitéChiffre
« Elles représentent moins de 5% de notre chiffre d'affaires. »
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Bonsoir à toutes et à tous, c'est un opérateur qui affiche une croissance insolente, 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier, 50 millions d'abonnés. Ces résultats, ce sont ceux d'Iliade, maison mère de Free, dont vous êtes le directeur général. Thomas Reynaud, bonsoir.
Bonsoir Isabelle Raymond.
Invité Éco de France Info, vous venez donc de publier vos résultats financiers. Qu'est-ce qui explique cette forte croissance dans un marché européen, il faut le dire, mature ? Tout le monde aujourd'hui a déjà un abonnement de téléphone portable.
C'est vrai et quelque part c'est un bon signe, ce qui veut dire que nous avons bien fait notre métier d'opérateur télécom. Aujourd'hui en France, grâce aux investissements des 12 dernières années, nous sommes présents dans 29 000 communes sur la fibre optique, ce qui veut dire que plus de 90% des Français ont accès à la fibre free et on couvre plus de 92% de la population française avec notre réseau 5G.
Alors vous êtes présent effectivement en France, sur trois marchés en Europe principalement, l'Italie, la Pologne et la France. On va s'intéresser aux marchés français. Vous avez gagné l'an dernier 668 000 nouveaux abonnés. Comment est-ce que vous faites ?
Premier sujet de préoccupation des Français aujourd'hui, c'est le pouvoir d'achat. Et quelque part, free c'est l'arme anti-inflation. On a fait une promesse très forte. Depuis 2012, on n'a pas touché au prix de nos deux forfaits mobiles. Et on est même allé plus loin puisque jusqu'en 2027, nos deux forfaits mobiles ne bougeront pas d'un centime.
Donc c'est-à-dire que la guerre des prix qui existe entre tous les opérateurs de téléphonie mobile, vous pensez que vous, vous êtes devant les autres ?
En tout cas, on a fait le choix de la transparence, de la constance, de la générosité aussi. Nos offres sont de plus en plus généreuses en termes de données, en termes de destination à l'étranger. Et les Français ne s'y trompent pas.
Mais comment faites-vous alors du coup pour gagner de l'argent sur, par exemple, moi j'ai un abonnement free. Comment est-ce que vous faites pour gagner de l'argent avec moi ?
Déjà, d'une part, en vous fidélisant grâce à la qualité de nos offres. Et on a fait des choix qui sont...
Faire en sorte que je ne parte pas ailleurs.
Oui, et nous avons fait des choix exigeants. Nous avons décidé d'internaliser toutes les fonctions clés. Et nous avons la conviction que faire mieux ne coûte pas nécessairement plus cher. Il n'y a jamais le moindre compromis chez Free sur la qualité. Nous avons investi plus de 10 milliards d'euros ces dernières années sur la fibre optique, sur nos réseaux 5G. Mais c'est ce modèle où on fait extrêmement attention à la maîtrise des coûts. Et ça passe par une internalisation et aussi par la simplicité de nos offres.
Et ça, ça vous différencie de vos concurrents, d'avoir tout en interne ?
Ça nous différencie. Autre différenciation, nous n'avons qu'une seule marque. La marque Free. Nous n'avons pas des marques secondaires avec des offres très différenciées. C'est la simplicité de notre gamme d'offres. C'est la performance, l'innovation aussi. Et les Français le savent. On a notre produit Star qui est la Freebox, qui est internalisée, qui est conçue dans nos laboratoires de recherche et développement à Paris et à Montpellier.
Mais les autres aussi font pareil. Orange aussi produit ses propres boxes.
Non, c'est une exception. Nous sommes le seul opérateur télécom en Europe. Ça, ça a été la vision de Xavier Niel dès 2002, lorsqu'il a lancé la première Freebox et le premier forfait triple play. On a fait le choix de l'internalisation d'un certain nombre et sur la façon de créer et de fabriquer un certain nombre d'équipements télécom.
Alors, vous proposez aussi la version pro du chat, l'assistant développé par le français Mistral, gratuitement pendant 12 mois à tous vos abonnés. C'est un produit d'appel, ça ?
C'est une décision qu'on a prise au moment du sommet de l'intelligence artificielle qui s'est tenue à Paris fin février. Et ça nous a semblé naturel de s'associer avec un leader mondial de l'intelligence artificielle, Mistral, qui se trouve être français. Et c'est un peu le sens de l'histoire de Freebox. C'est démocratiser le numérique, démocratiser la technologie. Et on a décidé d'offrir la version premium du chat, qui est un assistant d'intelligence artificielle, à nos 15 millions d'abonnés. Donc, pendant 12 mois, ils auront accès gratuitement à ce produit qui coûte sinon 14,99 euros lorsque vous n'êtes pas abonné Free.
Et Xavier Niel a d'ailleurs investi dans Mistral. Le groupe Iliade, c'est évidemment du téléphone fixe, mobile, mais aussi d'autres activités, du cloud, des data centers. Un laboratoire de recherche sur l'IA fondé par Xavier Niel, Qtai, existe aussi. Et puis, vous avez commencé à le dire, vous avez énormément investi dans l'intelligence artificielle. 3 milliards d'euros d'investissement annoncés lors du sommet de l'IA le mois dernier. Aujourd'hui, concrètement, ces activités, elles représentent quoi dans votre chiffre d'affaires ? C'est Pinot ?
Aujourd'hui, elles représentent moins de 5% de notre chiffre d'affaires. Mais nous avons la conviction, chez Free, que nous sommes à un moment de bascule, que l'histoire est en train de se jouer devant nos yeux. On ne peut pas laisser l'intelligence artificielle être le monopole de quelques grandes puissances, l'Amérique, la Chine. L'Europe doit jouer sa propre carte. Et c'est exactement le sens de toutes les initiatives que nous avons prises sur différents métiers. Les data centers, on y reviendra peut-être. La puissance de calcul, le cloud, on va investir 3 milliards d'euros dans ces nouveaux métiers. Nous sommes présents déjà depuis 5 ans sur ces métiers-là.
Mais nous devons accélérer, notre continent doit accélérer. Parce que ce qui se joue avec l'intelligence artificielle, c'est non seulement la compétitivité de nos économies, mais c'est aussi nos valeurs, c'est aussi notre imaginaire collectif. Parce qu'à travers l'IA, à travers l'IA générative, c'est la façon dont on apprend, dont on s'instruit, dont on se divertit. Et l'Europe ne peut pas rester à côté de cette révolution qui a lieu sous nos yeux.
Et donc aujourd'hui, ce sont de très lourds investissements, une part très faible de votre chiffre d'affaires. Mais vous pensez qu'à terme, dans quelques années, ça, ça va évoluer, ça fera partie de vos ressources ?
Alors, notre positionnement chez Iliad n'est pas de développer un langage d'intelligence artificielle, mais d'investir dans les infrastructures dédiées à l'intelligence artificielle. C'est-à-dire que pour qu'il y ait des entreprises en Europe qui développent des langages, qui les entretiennent, qui les mettent à disposition, comme Mistral avec le chat, on a besoin de puissance de calcul. Et nous avons aujourd'hui la première puissance de calcul dédiée à l'intelligence artificielle chez Iliad. On a besoin aussi de centres de données. Nous opérons aujourd'hui 15 centres de données un peu partout en Europe. Et nous allons investir 2,5 milliards d'euros dans cette activité.
Nous sommes dans une économie de la connaissance, dans une économie de la donnée. Et pour héberger, pour faire fonctionner ces données, on a besoin de ce que l'on appelle des data centers.
Mais ce cloud aussi, ce cloud que vous avez, où vous êtes en train d'essayer de faire partie des clouds souverains, d'avoir ce label, ça va faire venir des professionnels, d'autres clients que vous n'avez pas aujourd'hui.
On a d'ores et déjà plus de 150 grandes entreprises qui utilisent les solutions de cloud du groupe Iliad. On a aussi la plateforme des appels d'urgence, le 112, qui est hébergé chez nous. Et ce que l'on constate, et ce qui est assez intéressant, avec ce choc géopolitique auquel on assiste depuis maintenant deux mois, on commence à voir certaines entreprises qui étaient présentes aux Etats-Unis, qui décident de relocaliser ou de dupliquer leurs données sur le sol européen.
Et chez vous, notamment.
Et notamment chez Scaleway, notre filiale de cloud.
Merci beaucoup Thomas Reynaud, directeur général d'Iliad, maison mère de Free, invité éco de France Info ce soir. Merci beaucoup.
Merci beaucoup.