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InterviewC à vous (sur YouTube)· 20 novembre 2023 9 minComplaisantActualité / polémiqueJusticeSanté

Affaire Joël Guerriau : la députée Sandrine Josso invitée de C à vous - C à Vous - 20/11/2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:11OuverteRéponse directe

    Vous étiez terrorisée, vous avez eu peur de mourir, le sénateur Guerriau a été mis en examen pour administration d'une substance de nature à altérer le discernement afin de commettre un viol ou une agression sexuelle. C'est une qualification grave, est-ce qu'elle correspond selon vous à ses intentions ?

  • 5:41OuverteRéponse directe

    Des victimes qui sont victimes de ce genre de soumission chimique qui viennent de n'importe quel milieu, dans n'importe quel milieu social, à tous âges, c'est ce qu'on vous a confirmé ?

  • 6:12OuverteRéponse directe

    Mais le sénateur était quelqu'un que vous connaissiez ?

  • 6:52OuverteRéponse directe

    Et aujourd'hui encore, vous subissez ce qu'on appelle un stress post-traumatique ?

  • 7:30OuverteRéponse directe

    Mais c'est juste qu'aujourd'hui, il va falloir à tout prix faire quelque chose pour le post-trauma. Vraiment, la réparation, tout simplement.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:34Invité politiqueFait
    « le sachet de drogue est dans le tiroir sous le plan de travail, allez vérifier, il est là. »
  • 4:56Invité politiqueFait
    « ils ont vérifié que le sachet était bien là lors de la perquisition. »
  • 5:11Invité politiqueFait
    « des gens comme vous, c'est tous les jours, c'est trois fois par jour. »
  • 7:44Invité politiqueFait
    « C'est enjoindre le gouvernement à faire quelque chose par rapport à ce fléau. C'est un fléau qui est partout, partout dans notre société. »

Temps de parole

  • Sandrine Josso90 %
  • Présentateur10 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Sandrine Josso

Je vais juste vous rappeler ce que j'ai vécu. Je suis allée en toute amitié fêter la réélection de ce sénateur que je connais depuis dix ans. En confiance. En confiance. Et donc j'étais dans le salon, il était dans la cuisine, il m'a servi une coupe de champagne dans la cuisine. Je n'ai pas vu les verres avant qu'il les apporte sur la table. Et là en fait j'ai bu une première gorgée, ça c'est important. Et j'ai trouvé que le champagne n'avait pas le même goût que d'habitude, c'était sucré. Et j'ai pensé que c'était peut-être parce que j'étais fatiguée ou que peut-être que le champagne c'était du champagne de mauvaise qualité ou autre chose.

Et là donc on a trinqué une deuxième fois, encore une troisième fois. En fait je trouvais ça bizarre qu'il veuille contraindre comme ça pour que je boive. Vu son comportement étrange qui vous a l'air fait également. Ça me préoccupait, je trouvais ça très bizarre. Et bon, après je commençais à avoir au bout de quinze minutes des symptômes comme des palpitations, des sueurs. Et j'ai pensé que c'était peut-être parce que j'étais à jeun. Et donc là je lui ai dit, est-ce que tu peux me servir quelque chose à manger parce que je veux repartir à l'Assemblée nationale ? Moi je venais juste très rapidement en fait à ma pause. Et de là, j'ai mangé cette faritas et ça continuait.

Je me sentais toujours pas bien, voire c'était pire. Et là je comprenais pas ce qui m'arrivait. Et donc il insistait, il reprend mon verre, il retourne dans la cuisine me servir encore un verre de champagne. Et là je comprenais pas son insistance. Et la façon dont il allumait et éteint la lumière ? Oui, il y avait des choses très bizarres. En fait il était en train d'activer la luminosité avec son variateur. Et donc il mettait la lumière très forte. Ensuite il baissait la lumière. Je comprenais pas ce qui se passait. C'était très bizarre. Et c'est là que les médecins m'ont expliqué que c'était pour en fait augmenter l'efficacité de la drogue au niveau des pupilles.

Et donc, mais moi ne connaissant pas du tout la drogue, je trouvais juste que c'était bizarre. Et de là, je regarde, il était dans la cuisine et il remet un sachet blanc dans un tiroir sous le plan de travail. Et là je comprends en fait, je comprends, je me dis mais en fait c'est quoi ce sachet ? Et là en fait j'étais déjà complètement sous l'effet de la drogue et mes jambes tremblaient. J'ai attrapé mon téléphone et j'ai pris mon application, j'ai appelé un taxi. Et là en fait tout simplement je me disais mais surtout ne dis rien, ne montre pas que tu te sens mal. Il faut vraiment que tu sortes vite. Et là il me... Il ne vous empêche pas de sortir ? Il me suit, il me suit.

Et là j'étais en panique et il me suit, il me suit dans l'ascenseur, il me suit dans la cour, il me suit jusqu'au taxi. J'étais paniquée, je me disais mais en plus mon cœur battait, j'avais l'impression de faire une crise cardiaque en même temps. Et là je rentre dans le taxi, je m'assois, je tremblais, j'appelle un collègue député, je lui dis, donc un député de Loire-Atlantique, je lui dis Luc Gessmar, je lui dis écoute Luc, quelqu'un, Joël a mis quelque chose dans mon verre, viens vite. Et il était à l'autre bout de Paris, il me dit je ne peux pas mais qu'est-ce que tu fais ? Tu as un AVC ? Non, je te dis, il a mis quelque chose dans mon verre.

Et là, donc il me dit écoute, j'arrive et là j'envoie un autre message à mon collègue parce que je dis au chauffeur de taxi, je ne vais pas pouvoir, là je ne vais pas pouvoir sortir de votre véhicule. Quelqu'un a mis quelque chose dans mon verre et il me dit c'est la personne qui vous a accompagné jusqu'au véhicule. Et oui, et je dis oui et là un collègue vient me chercher parce que je lui envoie un SMS, je suis toute tremblante, je ne peux pas sortir du véhicule.

4:11
Présentateur

Vous étiez terrorisée, vous avez eu peur de mourir, le sénateur Guerriot a été mis en examen pour administration d'une substance de nature à altérer le discernement afin de commettre un viol ou une agression sexuelle. C'est une qualification grave, est-ce qu'elle correspond selon vous à ses intentions ?

4:27
Sandrine Josso

Oui, alors le lendemain matin, j'ai passé toute la nuit à l'hôpital de la Riboisière. Et donc le lendemain matin, j'ai ensuite été portée plainte et j'ai dit aux policiers le sachet de drogue, le sachet de drogue est dans le tiroir sous le plan de travail, allez vérifier, il est là. Il est là. Et en fait, ils ont vérifié que le sachet était bien là lors de la perquisition. Et je peux juste vous dire qu'aujourd'hui, ce que j'ai compris à l'hôpital de la Riboisière, c'est que les médecins, les infirmières m'ont dit, madame, des gens comme vous, c'est tous les jours, c'est trois fois par jour. Je dis, ce n'est pas possible. Absolument, absolument.

5:41
Présentateur

Des victimes qui sont victimes de ce genre de soumission chimique qui viennent de n'importe quel milieu, dans n'importe quel milieu social, à tous âges, c'est ce qu'on vous a confirmé ?

5:55
Sandrine Josso

J'ai demandé aux infirmières, mais qui vient ? J'ai demandé aux médecins qui vient, n'importe quel âge, tout milieu. Et effectivement, depuis que j'ai connaissance de tout ça, j'ai des témoignages, des hommes, des femmes, qui m'expliquent tout ce qu'ils ont vécu.

6:12
Présentateur

Mais le sénateur était quelqu'un que vous connaissiez ? Oui, depuis dix ans. C'était même un ami ? Un ami depuis dix ans, oui. Donc la trahison, elle peut venir aussi de personnes de son propre entourage ?

6:22
Sandrine Josso

Oui. Je pense que là, on le comprend. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé. Il n'était pas dans un état normal. Moi, j'ai juste eu l'instinct de survie nécessaire et la force nécessaire. Et je peux vous dire, j'ai cru mourir. D'abord, j'ai cru mourir d'une crise cardiaque. J'ai cru mourir parce que je pensais qu'il allait abuser de moi parce que dans l'ascenseur, je ne tenais plus debout. C'est juste horrible.

6:52
Présentateur

Et aujourd'hui encore, vous subissez ce qu'on appelle un stress post-traumatique ? Oui. Vous en ressentez encore des séquelles ? Il y a encore des réactions que vous ne pouvez pas contrôler ?

7:01
Sandrine Josso

Je ne connaissais pas du tout ça. Et effectivement, il y a ce fléau qui est la drogue. Et évidemment, la conséquence de tout ça. La conséquence de tout ça, c'est le stress post-traumatique. Et ça, c'est insupportable. Moi, je m'en suis sortie. Donc, je pense que mon stress est moindre par rapport à quelqu'un qui se fait violer derrière. Mais en fait, moi, je sursaute tout le temps. Là, je suis dans un état où, effectivement, je suis en fait en post-trauma. Mais c'est juste qu'aujourd'hui, il va falloir à tout prix faire quelque chose pour le post-trauma. Vraiment, la réparation, tout simplement. Ce sont des combats dont vous allez vous emparer. Oui, tout à fait. C'est le but.

C'est une des raisons pour lesquelles vous prenez parole. C'est enjoindre le gouvernement à faire quelque chose par rapport à ce fléau. C'est un fléau qui est partout, partout dans notre société. Et puis, surtout, sensibiliser.

7:53
Présentateur

Alerter sur les signes.

7:54
Sandrine Josso

Tout à fait. Sensibiliser. Je peux vraiment dire ce que ça fait. Attention. Si on a le moindre doute, arrêtez de boire tout de suite. Et allez voir quelqu'un tout de suite. Ce que j'ai fait, je suis allée voir mes collègues. J'aurais pu très bien revenir chez moi. Donc, sensibiliser. Allez voir une personne qui vous donne de l'aide. Allez vous faire une prise de sang, tout simplement. relever vos urines. Peut-être quand vous sortez, amenez quelque chose, un petit récipient pour récolter vos urines au cas où. Mais c'est vraiment primordial de comprendre que là, on peut tous subir ce que j'ai subi aujourd'hui. Merci.