"Les 5 Piliers de la Sagesse" : Frédéric Lenoir est l'invité de Culture médias
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que c'est une vie bonne et heureuse ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut y arriver ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Pourquoi seulement cinq piliers et pas six ou douze ?
- 12:00OuverteRéponse directe
L'acceptation, c'est quoi exactement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Frédéric LenoirFait
« La sagesse est la quête d'une vie bonne et heureuse. »
- 9:00Frédéric LenoirFait
« La mort est une nécessité. Faut mieux l'intégrer, c'est l'accepter parce que ça fait partie de la vie. »
- 11:00Frédéric LenoirFait
« La sagesse en fait c'est savoir savourer la vie. »
- 14:00Frédéric LenoirFait
« L'acceptation c'est pas le fatalisme. »
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Écouter Culture Média sur Europe 10h 11h30 avec Thom et avec Olivier Puls qui nous a rejoint pour parler gastronomie. Ça va Olivier ? Bonjour.
Bonjour. Ça va déguster tout à l'heure. Ça va déguster.
Ouais, ça va déguster. Bonnes petites choses. Bah j'espère du sucré j'ai l'impression aujourd'hui.
Euh oui mais pas trop. Ah pas trop. Très bien.
Un peu. Et alors c'est un bonheur de recevoir à nouveau ce matin le philosophe et sociologue Frédéric Lenoir. Bonjour Frédéric.
Bonjour Thomas et merci d'être avec nous. J'ai vu que la dernière fois qu'on vous a reçu ici, c'était il y a 1 an jour pour jour. Donc je crois que voilà, on a adopté, on a adopté ce réflexe de faire appel à vous au moment de l'année où on a besoin de votre sagesse justement pour vaincre vaincre le cafar ambiant voilà du 28 novembre et cetera.
On c'est Attendez, on a l'impression d'être en pleine nuit là. Ah c'est horrible. On a l'impression que la nuit dure toute la journée.
Et donc là, vous publiez les cinq piliers de la sagesse Frédéric. Alors, avant de dire quels sont ces cinq pieds, il faut d'abord nous expliquer ce qu'est la sagesse, histoire qu'on parte tous quand même du bon pied. Vous avez une définition très simple dans votre livre.
La sagesse est la quête d'une vie bonne et heureuse. Alors, qu'est-ce que c'est une vie bonne et heureuse ? En fait, c'est c'est pas moi qui l'ai inventé cette définition.
Elle vient de Pythagore, de Socrate, c'est des inventeurs de la philosophie. Et quand on disait à Pythagore qu'il était un sage, il disait "Non, je suis pas un sage, je suis un amoureux de la sagesse, un philosophos." et ça a donné naissance au mot philosophie.
Et la sagesse, c'est quoi ? Bah pour eux, c'est une vie bonne et heureux. C'est une vie bonne c'est essayer de bien agir, de vivre selon le bien, de respecter les autres, d'être plutôt bienveillant, plutôt altruiste, que égoïste et cetera.
Donc choisir de d'aller dans un sens de respect et puis une vie heureuse, c'est-à-dire trouver un bonheur profond et durable au-delà des aléas de la vie. Parce que c'est facile d'être heureux quand tout va bien et puis c'est ce qu'on vit tous. C'est que tout va bien, on est heureux et puis on a une difficulté, une épreuve, un obstacle, un désir contrarié, on est malheureux.
Et la philosophie recherche comment trouver un bonheur profond et durable au-delà des hauts et des bas, des choses agréables et désagréables. Et donc, c'est ça la recherche profonde de la sagesse philosophique. Au-delà des petits plaisirs parce que et au-udelà des petits plaisirs parce que Picur qui par exemple est le champ du plaisir nous dit "Attention, c'est très important de fonder sa vie sur le plaisir mais ça ne suffit pas." Hm à travers l'amitié, à travers peut-être la contemplation, à travers des choses qui nous nourrissent en profondeur une satisfaction de l'existence encore une fois qui ne dépend pas uniquement des choses agréables et désagréables.
Est-ce qu'on peut y arriver ? Parce que c'est ça la question, c'est un bel objectif, c'est noble, mais est-ce que c'est une quête veine ou est-ce qu'on peut vraiment y arriver Non, c'est pas une quête veine. Moi personnellement, j'avoue que je suis sur cette quête depuis l'âge de 12 13 ans parce que j'ai lu le le banquet de Platon quand j'avais 13 ans.
Ça m'a passionné pour la philosophie et on se rend compte que en fait ce qui ce qui peut complètement changer, c'est le regard qu'on porte sur les choses. Vous savez, Pic Tet nous dit le bonheur ne et le malheur ne tiennent pas dans les causes extérieures mais dans le regard qu'on porte sur elle. C'est la représentation qu'on a des choses qui nous rendent heureux malheureux.
Ben quand vous avez euh quelque chose qui vous arrive, deux personnes peuvent avoir le même événement. L'un peut s'écrouler, l'autre pas du tout. Pourquoi ?
Parce qu'on peut voir une opportunité dans ce qui nous arrive d'un changement. Regardez quand il y a eu le Covid, crise collective, euh et bien il y a des gens pour qui c'était la fin du monde. Il y a des gens pour qui ils sont sont dit "On va peut-être changer de vie, je vais peut-être vivre, ça a pas duré très longtemps, mais on va peut-être aller vivre à la campagne et cetera." Lorsqu'on on perd un boulot, il y a des gens c'est la fin du monde, il y a des gens, ils se disent "Bah tiens, c'est peut-être l'occasion d'aller faire un job qui m'intéresse plus, de changer complètement mon regard sur les choses." Mais il y a des trucs qui sont la la mort, par exemple d'un d'un proche.
Là, pour le coup, euh je vois pas comment on peut y voir quelque chose de positif. Et ben si, euh parce que en fait pour Socrate par exemple, la mort n'était pas du tout dramatique. À partir du moment où il a vécu, où il a été toujours fidèle à ce qu'il voulait faire et cetera, il dit "La mort fait partie de la vie." Il vaut mieux l'accepter, l'intégrer que d'être en colère contre la vie parce que la mort est là.
Et si la mort n'était pas là, d'abord on pourrait pas vivre sur terre. Euh c'est impossible. On serait beaucoup trop nombreux.
Donc la mort est nécessaire à la vie. Ensuite on remettrait toujours à plus tard les choses essentielles. Ensuite les dictateurs seraient toujours là.
Donc la mort est une nécessité. Faut mieux l'intégrer c'est l'accepter parce que ça fait partie de la vie que de la nier parce que on sera toujours en colère. parce qu'on va perdre un proche, on peut être triste, infiniment triste, mais accepter la mort philosophiquement, je crois que surtout très important.
Monteigne d'ailleurs le dit très bien. Il dit "Je compense la brièveté de cette existence par l'intensité que je mets dans tout ce que je fais." C'est-à-dire quand je danse, je danse, quand je dors, je dors.
Quand je mange, je mange. Vous avez parlé de de manger. Et ben profitons pleinement de la vie.
Être présent, soyons présents à ce qu'on fait. C'est un des pilier de la sagesse, la qualité de présence à ce qu'on fait. Et si on était immortel, mais essayer de réfléchir à ça, si on était immortel, mais insupportable, on la vie sur terre c'est impossible et et même pour nous.
Et donc il vaut mieux avoir une limite. Alors évidemment, c'est dramatique qu'on a un enfant qui meurt, qu'on a un proche qui décède évidemment. Et alors sagesse, j'ai vu que ça venait du latin sapéré qui veut dire savourer, goûter.
J'étais étonné de cette étymologie là. Donc la la sagesse en fait c'est savoir savourer la vie. Exactement.
C'est c'est jouir pleinement de la vie. Ouais. mais jouir plein de la vie avec la raison c'est pas pas simplement avec ses sens mais aussi avec son intelligence avec son discernement avec la capacité qu'on a de sélectionner dans la vie ce qui est bon et puis de peut-être de mettre de côté ce qui est moins bon dans votre discours.
Ça pourrait être aussi la porte ouverte à tous les excès possibles en disant je suis sage, je fais tout et n'importe quoi. Voilà. Donc la sagesse c'est jouir de la vie avec raison.
Et donc il y a cinq piliers à cette sagesse Frédéric le noir. Pourquoi d'ailleurs seulement cinq et pas 6 ou 12 ? C'est codement arbitraire. complètement.
C'està-dire que je me suis juste posé la question qu'est-ce qui rassemble, quel est le socle commun de tous les grands courants philosophiques du monde d'Orient et d'Occident ? Donc j'ai pris les grands courants de la philosophie grecque, j'ai rajouté le bouddhisme, le taoïsme, le confusianisme, Spinoza, montagne, tous les grands courants qui prennent la philosophie comme art de vivre en fait. Et puis je je cherche quels sont les points communs et je suis arrivé à cinq : l'amour, l'éthique, la présence et l'acceptation.
Euh et donc et la connaissance et la connaissance, j'ai pas cité la con Ah si, voilà la connaissance. Euh et donc pour être un peu plus sage et ben il faut nourrir chacun de ses piliers un peu comme on nourrit le bon loup en nous plutôt que le mauvais. C'est ce que vous nous expliquez dans ce livre-là.
Alors moi la connaissance, l'amour, l'éthique, tout ça c'est assez clair. Mais l'acceptation ça me semblait un peu plus flou au départ et en fait c'est l'acceptation de la vie comme elle est, même quand elle peut être un peu plus justement difficile ou ou cruelle. Euh alors attention, l'acceptation c'est pas le fatalisme parce que c'est ça.
On n' pas on n' pas forcément besoin de souffrir non plus pour être heureux. Bien sûr que non. Le fatalisme ça consiste à dire tout ce qui arrive est bien.
Le fatalisme il est religieux. C'estàd des gens religieux peuvent vous dire tout tout ce qui vient de Dieu, tout ce qui arrive est bien. Euh l'acceptation d'un point de vue philosophique, c'est pas ça.
Et puis peut-être nous dit il faut distinguer ce qui dépend de nous de ce qui dépend pas de nous. Ce qui dépend de nous, on peut tout faire pour changer les choses. Euh, je suis face à une injustice, je vais me battre pour résoudre l'injustice.
Je tombe malade, je vais tout faire pour me soigner. Et puis si mon mal est incurable, alors là, j'aurais tout fait pour faire quelque chose. Je ne peux plus rien faire.
Je suis face à quelque chose d'inéluctable. Mieux vaut accepter l'inéluctable que d'être en colère contre la vie. Parce que si vous êtes en colère contre la vie, vous allez souffrir deux fois.
Vous allez souffrir de l'épreuve qui vous arrive et vous allez souffrir en fait du réel qui est là que vous ne voulez pas accepter. Et on le voit très bien dans le les gens qui font pas leur deuil par exemple, ils souffrent deux fois. Euh et puis euh l'autre chose qu'il faut éviter, c'est la résignation.
La résignation c'est une fausse acceptation. C'est que j'accepte parce que j'ai pas le choix mais au fond je suis triste. Et donc ce que nous invite à faire les philosophes, c'estàd de dire "Mais regardez à travers l'inéluctable peut-être l'opportunité de quelque chose auquel vous n'avez pas pensé." C'est l'étymologie du mot crise en chinois.
Ce sont deux idéogrammes, l'un qui veut dire danger, l'autre opportunité. Et bien peut-être qu'on peut changer notre regard et se dire bah il arrive telle difficulté, je perds mon job, je mais il y a peut-être une opportunité derrière que la vie m'envoie pour regarder les choses autrement. Les cinq piliers de la sagesse de Frédéric Lenoir, c'est disponible aux éditions Albin Michel.
On va continuer à en parler et puis on on va se nourrir aussi sage. Ah ah oui, pardon, pardon, j'allais le dire, pardon, je le refais et recevoir un vrai sage dans un instant. Olivier Puls bien sûr.
Bartolomé Lenoir