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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 9 mai 2023 7 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesLogement

Rénovation énergétique : le directeur général de Saint-Gobain "demande un plan Marshall" pour lutter contre les passoires thermiques

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse directe

    Quel rôle doivent jouer les acteurs privés dans la rénovation énergétique des bâtiments et notamment des bâtiments publics ?

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Comment vous, Saint-Gobain, vous pouvez concrètement participer à leur rénovation énergétique ?

  • 1:32OuverteRéponse directe

    Et c'est quoi une bonne rénovation énergétique d'un bâtiment public ?

  • 2:31OuverteRéponse directe

    Et qui, selon vous, Benoît Bazin, doit financer ces rénovations énergétiques ?

  • 3:26OuverteRéponse directe

    Et est-ce que vous pensez que les collectivités locales et l'État ont sauté le pas, qu'ils sont passés à cette logique de long terme ?

  • 4:30RelanceRéponse directe

    Avec ce dispositif phare que vous avez nommé, MaPrimeRénov', 2,5 milliards d'euros dans le budget 2023, est-ce que ça suffit ? Et est-ce que cette politique, MaPrimeRénov', elle est efficace ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29PrésentateurChiffre
    « moins de 20% du parc immobilier des écoles en France a été rénové. »
  • 3:55Invité politiqueChiffre
    « l'ensemble de la politique de logement pour l'État, ça rapporte 100 milliards à l'État, le logement. »
  • 4:04Invité politiqueChiffre
    « Quand vous prenez l'addition des taxes foncières, des droits de mutation, de la TVA, payée par toutes les entreprises de construction sur la rénovation, et si vous enlevez de ça les 15 milliards dépensés entre la prime rénov' et puis l'aide au logement, on a quand même 85 milliards. »
  • 4:11Invité politiqueChiffre
    « on a quand même 85 milliards. »
  • 4:48Invité politiqueChiffre
    « En France, on a 2,3 millions de personnes qui sont sur des listes d'attente pour des logements sociaux. »
  • 4:53Invité politiqueChiffre
    « On a 5 milliards de passoires énergétiques. »
  • 5:10Invité politiqueFait
    « cibler sur les bâtiments qu'on dit F ou G, c'est-à-dire les bâtiments les plus dégradés en termes de performance énergétique »
  • 6:19Invité politiqueChiffre
    « C'est là où on a d'ailleurs 70% des émissions de CO2. »
  • 5:41Invité politiqueChiffre
    « Si vous traitez en 10 ans 5 millions de passoires, c'est 500 000 rénovations globales de ces logements finalement insalubres en France »

Temps de parole

  • Invité politique75 %
  • Présentateur25 %

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0:01
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Quel rôle doivent jouer les acteurs privés dans la rénovation énergétique des bâtiments et notamment des bâtiments publics ? Pour en parler ce soir, je reçois le directeur général de Saint-Gobain, Benoît Bazin. Bonsoir.

0:16
Invité politique

Bonsoir.

0:17
Présentateur

Votre entreprise est leader mondial des matériaux de construction. Saint-Gobain était représenté tout à l'heure lors de la présentation du vaste plan de rénovation des écoles par le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchut. Alors tous les établissements scolaires ne sont pas des passoires thermiques, mais tout de même, moins de 20% du parc immobilier des écoles en France a été rénové. Comment vous, Saint-Gobain, vous pouvez concrètement participer à leur rénovation énergétique ?

0:43
Invité politique

Alors c'est très très important effectivement que l'État, les collectivités soient exemplaires sur les bâtiments publics. Une bonne rénovation, c'est à la fois l'efficacité énergétique, économiser l'énergie qu'on ne dépense pas parce que le bâtiment est bien isolé. Le directeur d'école peut redépenser cet argent pour des ordinateurs, pour ses enseignants, pour les enfants. C'est aussi la bonne acoustique d'une salle de classe, c'est finalement comprendre l'utilité sociale et le bien-être dans un bâtiment. Un bâtiment, ce n'est pas uniquement quatre murs, c'est un lieu où on travaille, c'est un lieu où on crée.

Et donc un enseignant va mieux enseigner dans un bâtiment dont l'acoustique est bonne, dont il ne fait pas trop froid l'hiver, il n'y a pas trop chaud l'été. On l'a vu avec la canicule de l'été dernier et l'enfant va mieux apprendre. Donc c'est finalement sur tous les bâtiments publics, la qualité du bâtiment apporte du bien-être, de la productivité et finalement fait croître notre pays.

1:32
Présentateur

Et c'est quoi une bonne rénovation énergétique d'un bâtiment public ? J'ai vu que les objectifs du gouvernement, c'était un cinquième en gros des 49 000 écoles rénovées d'ici la fin du quinquennat. Ça consiste en quoi ? Changer les fenêtres ?

1:43
Invité politique

Alors il faut penser une rénovation globale, c'est d'abord effectivement l'efficacité énergétique, la façade, les fenêtres pour s'isoler du froid ou du chaud. C'est aussi la qualité de l'air intérieur. On sait bien qu'un enfant va mieux se concentrer s'il n'y a pas trop de CO2 dans la pièce. Et donc la qualité de l'apprentissage sera meilleure. Donc c'est aussi la qualité de l'intérieur. C'est la qualité acoustique, parce que si vous êtes enseignant, c'est un métier exigeant de ne pas devoir crier trop fort et donc avoir des problèmes de santé après plusieurs années d'enseignement. La qualité acoustique, c'est aussi très important.

Donc c'est un ensemble, comme dans le bâtiment privé, il faut penser à rénovation globale, efficacité énergétique, acoustique, qualité de l'air. Il faut penser au toit, au façade, au sol, au cloison intérieur, l'ensemble finalement d'une rénovation.

2:31
Présentateur

Et qui, selon vous, Benoît Bazin, doit financer ces rénovations énergétiques ? On voit très bien que le gouvernement fait un appel du pied aux investisseurs privés. En gros, les collectivités ne vont pas pouvoir supporter le coût très important de ces rénovations à venir.

2:46
Invité politique

Il faut d'abord rentrer dans une logique d'investissement. Donc il faut dépasser, pour une collectivité, pour l'État, le raisonnement juste annuel. Qu'est-ce que je fais sur cette année ? Il faut rentrer dans une logique d'investissement. Parce que si vous faites de l'efficacité énergétique, en trois ou quatre ans, vous aurez économisé sur votre facture de chauffage. Donc il faut rentrer dans cette logique plus longue. Les collectivités publiques, quelquefois, c'est compliqué, avec les règles de la comptabilité publique.

Et c'est là qu'un tiers financeur, ça peut être la Caisse des dépôts, ça peut être des financeurs privés, des banques, peuvent apporter une vision de plus long terme sur le financement. Mais avant tout, il faut rentrer dans cette logique d'investissement sur dix ans. Il faut que l'État, les collectivités, aient une vraie politique stratégique sur longue durée, sur dix ans.

3:26
Présentateur

Et est-ce que vous pensez, Benoît Bazin, justement, que les collectivités locales et l'État ont sauté le pas, qu'ils sont passés à cette logique, justement, de long terme ?

3:35
Invité politique

Alors, il y a une prise de conscience qui commence à se faire sur l'urgence, dans le bâtiment public, comme dans le bâtiment privé, de passer à de la rénovation, rénovation globale, pas uniquement énergétique. Donc cette prise de conscience, je m'en réjouis, elle commence à se faire jour. Maintenant, il faut vraiment... Avec des sous, oui, parce que si je prends l'ensemble, par exemple, dans le logement, l'ensemble de la politique de logement pour l'État, ça rapporte 100 milliards à l'État, le logement.

Quand vous prenez l'addition des taxes foncières, des droits de mutation, de la TVA, payée par toutes les entreprises de construction sur la rénovation, et si vous enlevez de ça les 15 milliards dépensés entre la prime rénov' et puis l'aide au logement, on a quand même 85 milliards. Donc je pense que l'État, au total, doit voir le logement, le bâtiment public comme une source d'investissement. Pour l'instant, c'est une manne financière. Il faut en redistribuer, en redonner un peu plus et avoir véritablement un plan marchal de la rénovation des bâtiments publics comme des bâtiments privés.

4:30
Présentateur

Avec ce dispositif phare que vous avez nommé, MaPrimeRénov', 2,5 milliards d'euros dans le budget 2023, comme l'année dernière d'ailleurs, est-ce que ça suffit ? Et est-ce que cette politique, MaPrimeRénov', elle est efficace ?

4:44
Invité politique

Parce qu'on parle de petits gestes. Il faut changer l'ordre de grandeur. Il faut changer l'ordre de grandeur. En France, on a 2,3 millions de personnes qui sont sur des listes d'attente pour des logements sociaux. On a 5 milliards de passoires énergétiques. Ce sont des bâtiments dans lesquels on ne peut pas se chauffer, dans lesquels on a trop chaud l'été et froid l'hiver. Donc il faut changer d'ordre de grandeur. Il faut faire x4 ou x5 sur la prime rénov'. Il faut par ailleurs la cibler sur les bâtiments qu'on dit F ou G, c'est-à-dire les bâtiments les plus dégradés en termes de performance énergétique, les isoler. La meilleure énergie, c'est celle qu'on ne dépense pas.

Donc moi, ce que j'appelle de mes voeux, c'est une vraie politique stratégique avec beaucoup plus de moyens, avec une vision de 10 ans, stable dans le temps, de l'État, des collectivités, et beaucoup plus de moyens, notamment sur la prime rénov'. Il faut faire x4 ou x5 pour que le reste à charge des ménages très modestes qui sont en précarité énergétique, soit de l'ordre de 10 ou 20% et non pas de 90% de leur poche en termes de financement. Et si vous traitez en 10 ans 5 millions de passoires, c'est 500 000 rénovations globales de ces logements finalement insalubres en France et en 10 ans, on les a traités.

C'est du pouvoir d'achat pour les personnes qui en ont besoin, parce qu'encore une fois, ce sont des ménages modestes qui sont la plupart du temps en location ou en propriété dans ces bâtiments F ou G. Donc moi j'appelle une accélération et une stabilité dans le temps avec beaucoup plus de moyens de la part de l'État et des collectivités. J'évoquais les chiffres tout à l'heure.

6:08
Présentateur

Donc changer d'échelle, mais mieux cibler les aides, pour plus d'efficacité.

6:12
Invité politique

Oui, il faut cibler les aides d'abord sur les bâtiments F ou G. C'est là où il y a ce diagnostic de performance énergétique le plus dégradé. C'est là où on a d'ailleurs 70% des émissions de CO2. Donc non seulement ce sera bien en termes de transition juste pour les ménages les plus modestes, donc en termes de crise sociale, ce sera bien en termes de crise énergétique, on économisera de l'énergie et ce sera bien pour le climat parce que ces bâtiments F ou G sont les plus émetteurs de CO2. Donc j'appelle à non seulement une accélération des moyens, beaucoup plus, x4 ou x5, un ciblage plus important et surtout une stabilité dans le temps.

Si vous dites pendant 10 ans on s'engage sur 10 milliards de primes rénoves, les artisans, les fédérations du bâtiment vont embaucher entre 200 et 300 000 emplois locaux en France pour précisément rénover notre lieu de vivre et notre lieu de travail.

6:58
Présentateur

Merci beaucoup Benoît Bazin, directeur général de Saint-Gobain qui appelle donc à un plan Marshall de la rénovation. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir. Merci à tous.

7:08
Locuteur

Merci à tous. Merci à tous. Merci à tous.