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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 18 novembre 2025 10 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalÉconomie & entreprises

Accord d'armement France-Ukraine : "à la fois court terme et long terme", explique Catherine Vautrin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 40 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 44 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteÉludée

    Est-ce que c'est concret ou est-ce que c'est seulement un effet d'annonce ?

  • 1:31OuverteRéponse partielle

    Quand est-ce que l'Ukraine verra le début de la couleur d'un Rafale ?

  • 2:25RelanceÉludée

    Pourquoi ne pas aller piocher dans les stocks de l'armée française et aller donner des Rafales tout de suite ?

  • 3:47OuverteRéponse directe

    Qui va payer véritablement ces Rafales ?

  • 4:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous savez combien l'Allemagne prévoit de dépenser en 2026 pour l'aide à l'Ukraine ?

  • 6:13OuverteRéponse partielle

    Est-ce que cet accord conclu sur les Rafales, c'est aussi une façon de dire à Vladimir Poutine qu'on est prêt à cette confrontation ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Invité politiqueFait
    « ce n'est pas un contrat signé mais seulement une lettre d'intention »
  • 3:50Invité politiqueChiffre
    « 100 Rafales ça coûte au minimum 10 milliards d'euros »
  • 4:55PrésentateurChiffre
    « 11 milliards et demi »
  • 5:21Invité politiqueChiffre
    « dans le budget français en 2026, on est aux alentours de 120 millions d'euros »

Temps de parole

  • Présentateur66 %
  • Catherine Vautrin34 %

10,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 7h49 sur France Inter et Benjamin Duhamel, votre invité, est ministre des armées et des anciens combattants.

0:07
Catherine Vautrin

Bonjour Catherine Vautrin.

0:08
Présentateur

Bonjour Benjamin Duhamel.

0:09
Catherine Vautrin

Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter au lendemain du déplacement du président ukrainien Volodymyr Zelensky en France et de l'annonce d'un accord présenté comme historique, ces 100 avions Rafale vendus à l'Ukraine. Sauf que dans le détail, ce n'est pas un contrat signé mais seulement une lettre d'intention. Est-ce que c'est concret ou est-ce que c'est seulement un effet d'annonce Catherine Vautrin ?

0:29
Présentateur

Alors déjà je crois qu'il faut qu'on se rappelle que nous sommes le 18 novembre, c'est le 1364ème jour de guerre pour l'Ukraine. C'est dire déjà l'importance à la fois pour les populations civiles mais aussi pour l'équipement de ce pays. Maintenant ce qui s'est passé hier avec la venue du président Zelensky à Paris, c'est incontestablement la volonté du président de la République, du président Zelensky, non seulement de répondre aux besoins d'aujourd'hui mais de prévoir le demain. Parce que l'objectif c'est très concrètement d'arriver à un cessez-le-feu, à un accord de paix évidemment et derrière d'équiper l'Ukraine et de régénérer son armée.

A partir de là, la question c'est comment on équipe en matériel et cet accord qui est signé comporte différents éléments. Vous parlez des Rafales et effectivement les Rafales...

1:15
Catherine Vautrin

Il y a aussi des systèmes de défense aérienne, un certain nombre de munitions mais simplement Catherine Votrin pour rester sur l'aspect concret. En réalité quand on regarde les cadences des usines d'assaut où on est sur 3 ou 4 Rafales produits par mois, il y en a encore 200 à livrer. Quand est-ce que l'Ukraine verra le début de la couleur d'un Rafale ?

1:35
Présentateur

La première question Benjamin Duhamel c'est déjà qu'il y ait négociation entre l'Ukraine et le constructeur qui est d'assaut. Puisque là nous sommes sur une déclaration d'attention et il est bien écrit que nous sommes dans un espace-temps qui est un espace-temps de 10 ans. Donc vous le voyez bien, le sujet c'est l'Ukraine dit je suis intéressée pour acquérir des Rafales. A partir de là je vais travailler sur des discussions. Ces discussions génèrent des signatures de contrat.

2:01
Catherine Vautrin

Donc on est encore loin Catherine Votrin de l'arrivée d'un Rafale en Ukraine ?

2:05
Présentateur

On est sur un temps qui a été clairement annoncé qui est un temps de 10 années. Mais en revanche dans ce contrat il n'y a pas que ça. Il y a par exemple des choses extrêmement immédiates comme les drones, comme des bombes qui sont là des équipements que l'Ukraine va acheter à très court terme. Parce qu'elle en a besoin dans le contexte actuel.

2:25
Catherine Vautrin

Vous avez raison de citer ces équipements mais simplement une question. Vous citez il y a quelques instants le nombre de jours de guerre en Ukraine, la difficulté des soldats ukrainiens sur le front. S'il y a une telle urgence, pourquoi ne pas aller piocher dans les stocks de l'armée française et aller donner des Rafales tout de suite à une armée ukrainienne qui en a besoin ?

2:42
Présentateur

Aujourd'hui vous le savez, la France a donné à l'Ukraine des matériels depuis maintenant plusieurs années. Nous continuons et là nous sommes. Et je crois que c'est important de rappeler la philosophie de cet accord. Cet accord c'est un accord qui est à la fois court terme et long terme.

2:57
Catherine Vautrin

Pardon mais vous ne répondez pas tout à fait à ma question. Il y a urgence, il y a effectivement des mirages qui avaient été donnés, des avions mirages. Les Ukrainiens disent avoir besoin d'avions Rafale. Pourquoi est-ce que la France ne pioche pas dans ses propres stocks que l'on donne aux Ukrainiens ?

3:08
Présentateur

Aujourd'hui le stock français il est utilisé par la France, vous le savez. Nous avons 107 avions pour être extrêmement précises aujourd'hui en France dont la France a besoin.

3:17
Catherine Vautrin

Et donc on n'a pas les moyens de donner à l'armée ukrainienne.

3:20
Présentateur

Mais ce n'est pas la question. La question n'a pas été de donner des Rafales à l'armée ukrainienne. La question elle a été d'accompagner l'armée ukrainienne au fur et à mesure de ses besoins avec un élément que vous n'évoquez pas qui est extrêmement important. Qui est aussi, et c'est ça pour la première fois un des éléments, c'est le financement par l'Ukraine de sa commande. Donc c'est l'Ukraine qui elle-même finance notamment avec les intérêts des avoirs jugés.

3:45
Catherine Vautrin

C'est vraiment l'Ukraine qui va financer cette commande ? Parce que là encore pour ceux qui nous écoutent ce matin, 100 Rafales ça coûte au minimum 10 milliards d'euros. Et encore si on ajoute les équipements c'est sans doute plus. L'Ukraine n'a pas les moyens de payer cette... Mais je vous rappelle que nous sommes... Qui va payer véritablement ces Rafales ?

4:01
Présentateur

Nous sommes sur deux sujets. Le premier c'était la discussion du contrat. Le deuxième c'est évidemment le financement. Le financement, l'Europe a ouvert vous le savez le programme SEF qui est un programme qui permet aux pays de bénéficier d'accompagnement financier. L'Ukraine bénéficie du programme SEF. Donc il y a là une réponse très concrète pour l'Ukraine. Donc il y a des réponses en matière de financement. Deuxièmement sur le Rafale on est sur le long terme. Et c'est ça l'objectif. Et en même temps, parce qu'il y a une notion d'en même temps, il y a un besoin immédiat sur des munitions des drones. Et ça, ça se fait tout de suite.

4:34
Catherine Vautrin

Sur la question plus générale de l'aide des pays européens à l'Ukraine dans un moment délicat où la Russie frappe les sites énergétiques où on voit les difficultés sur le front. Il y a un certain nombre de distorsions qui interrogent. Est-ce que vous savez Catherine Vautrin combien l'Allemagne prévoit de dépenser en 2026 pour l'aide à l'Ukraine dans son budget ?

4:51
Présentateur

Alors je n'ai pas le chiffre exact ce matin. Mais ce que je sais c'est que...

4:55
Catherine Vautrin

Je peux vous le donner c'est 11 milliards et demi.

4:57
Présentateur

Non, alors ça bouge toutes les semaines et je vais vous expliquer. Et ça c'est le chiffre le plus récent, 11 milliards et demi. Et je vais vous dire pourquoi je ne vous ai pas donné le chiffre. Parce que pas plus tard que vendredi, j'étais à Berlin avec mon homologue et la réunion des cinq ministres de ce qu'on appelle l'IFI, c'est-à-dire l'Italie, la Pologne, la France, l'Allemagne et les Anglais. Et que là encore, les Allemands s'engageaient sur un accompagnement.

5:21
Catherine Vautrin

11 milliards et demi, là où dans le budget français en 2026, on est aux alentours de 120 millions d'euros.

5:27
Présentateur

Mais la différence, Benjamin Bidouhamet...

5:29
Catherine Vautrin

La France est à la traîne dans l'aide à l'Ukraine ?

5:32
Présentateur

Non, parce que la France a fait une autre démarche. La démarche française, ça a été d'accompagner avec des dons de matériel, ça a été de la formation. Je vous rappelle l'année dernière, à cette époque de l'année, nous étions avec la brigade Anne de Kiev et nous avons formé les soldats ukrainiens. Ce qui veut dire que ce qu'il faut regarder à l'échelle européenne, c'est la complémentarité de chacun des pays.

5:51
Catherine Vautrin

Et donc que l'Allemagne dépense près de 100 fois plus pour l'Ukraine ?

5:55
Présentateur

Mais l'Allemagne aujourd'hui fait le choix d'accompagner sur des acquisitions de matériel. D'autres font le choix, qui sont des choix de donner du matériel. Il y a une complémentarité et je crois que ce qui est important, et c'est ça qu'il faut qu'on retienne ce matin, c'est comment l'ensemble des pays européens sont engagés pour accompagner l'Ukraine.

6:13
Catherine Vautrin

Catherine Vautrin, les propos du chef d'état-major des armées ont été très commentés sur la possibilité d'un choc avec la Russie à horizon 3 ou 4 ans. Est-ce que cet accord conclu sur les rafales, c'est aussi une façon de dire à Vladimir Poutine qu'on est prêt à cette confrontation ?

6:26
Présentateur

Mais vous savez, les propos du SEMA ne sont pas les seuls. Prenez une note de l'Institut Montaigne, sortie il y a deux jours, qui est une note sur l'OTAN et la Russie. Quelle est la question ? La question, elle est effectivement que la Russie se réarme de manière extrêmement importante. Vous me parliez d'armement. La Russie, au moment où nous nous parlons, consacre 7% de son produit intérieur brut à son réarmement.

6:47
Catherine Vautrin

Donc ça veut dire que vous aussi, Catherine Vautrin, vous travaillez sur une hypothèse d'un conflit direct entre la France et les pays de l'OTAN et la Russie ?

6:53
Présentateur

Je vais déjà finir ma phrase, si vous le voulez bien, en vous disant que dans le même temps, on a un deuxième élément européen qui est important, qui est que l'OTAN a évidemment des Européens, nous sommes la branche européenne de l'OTAN, et les Américains ont clairement dit aux Européens « Vous devez assumer en grande partie la défense du continent européen ». Et donc, oui, nous devons nous organiser et nous structurer, parce que pour être respecté, il faut être crainte.

7:17
Catherine Vautrin

Et donc la France serait prête à un tel conflit ?

7:19
Présentateur

La France s'équipe, la France s'entraîne, et c'est un élément absolument majeur.

7:24
Catherine Vautrin

Catherine Vautrin, je voudrais qu'on dise un mot d'un sujet qui ne relève pas à proprement parler de votre portefeuille. Et pourtant, ce matin, Emmanuel Macron réunira à l'Élysée une réunion sur le narcotrafic, alors sans aller jusqu'à l'exemple américain qui mobilise un porte-avions pour lutter contre le narcotrafic en Amérique du Sud, puisque les pouvoirs publics parlent de guerre contre la drogue. Est-ce que les armées ont un rôle à jouer ?

7:45
Présentateur

Vous connaissez la mission régalienne qui est celle des armées. Aujourd'hui, sur les sujets de drogue, je voudrais saluer mon collègue Laurent Nunes qui est en première ligne, et on sait combien, notamment dans nos quartiers, c'est un combat du quotidien, un combat du quotidien, notamment pour la tranquillité des habitants des quartiers. Et moi, je suis extrêmement attentive à ces sujets.

8:04
Catherine Vautrin

Est-ce que vous vous souvenez notamment de cet élu marseillais, Samia Ghali, qui avait suscité le débat en disant qu'il faut envoyer l'armée dans un certain nombre de quartiers pour lutter contre le narcotrafic ?

8:11
Présentateur

Le sujet pour lutter contre le narcotrafic, c'est un sujet évidemment de sécurité. J'étais à Grenoble pas plus tard que vendredi. J'ai échangé avec la préfète et on voyait les moyens que met la préfète de l'Isère à Grenoble, par exemple, avec un sujet...

8:23
Catherine Vautrin

Donc les armées n'ont aucun rôle à jouer ?

8:25
Présentateur

Aujourd'hui, c'est un sujet essentiellement de sécurité intérieure.

8:27
Catherine Vautrin

Un tout dernier mot rapidement, Catherine Vautrin, sur vos débuts à la tête du ministère des Armées, après avoir été à la tête d'un super ministère social, est-ce que vous êtes là parce que les sujets de défense sont des sujets de prédilection ou parce que vous êtes, sans mauvais jeu de mots, un bon soldat du président et du Premier ministre ?

8:42
Présentateur

Alors vous savez, moi je fais partie de ces gens qui sont sur un territoire particulièrement militaire, puisque j'étais députée d'un secteur qui est à côté des camps de Champagne. Des camps de Champagne, j'avais la base aérienne chez moi, ça fait partie des sujets que j'ai travaillé depuis des années. Je faisais partie de celles et ceux, par exemple, qui s'étaient mobilisés à l'époque du Livre blanc sur le camp de Mourmelon et les régiments à Mourmelon, pour prendre cet exemple-là. Donc ça fait partie des sujets qui sont des sujets régaliens, qui sont extrêmement importants, particulièrement dans le contexte que nous connaissons.

Et c'est la raison pour laquelle je suis très intéressée sur plusieurs points.

9:15
Catherine Vautrin

Merci, oui, et il va falloir qu'on s'arrête là.

9:17
Présentateur

C'est quand même dommage, parce qu'équiper notre armée d'une part, par les renseignements d'autre part, par les diplomaties, et enfin parler de la base industrielle de défense française, c'est majeur.

9:26
Catherine Vautrin

Et vous reviendrez Catherine Coutrin. Et avec plaisir. Merci beaucoup d'être venu ce matin sur France Inter.

9:30
Présentateur

Et merci Benjamin Duhamel. Merci.

9:33
Locuteur

Merci. Merci. Merci.