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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 13 novembre 2025 6 minAutoproduitActualité / polémiqueJustice

Adlène Meddi : "Boualem Sansal s'est retrouvé otage de la crise politique" entre la France et l'Algérie

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Pourquoi l'Algérie a-t-elle finalement accepté de gracier cet homme de 81 ans ?

  • 0:18OuverteRéponse directe

    Quel est le rôle de l'Allemagne dans cette libération ?

  • 0:29OuverteRéponse directe

    Comment la nouvelle est-elle prise en Algérie ?

  • 1:02OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui est dit alors sur les réseaux sociaux ? C'est quoi ? On se félicite de cette libération ?

  • 1:54OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce revirement ? Comment cette grâce du président Tebboune a été obtenue, alors que la France, visiblement, n'arrivait pas à l'obtenir ?

  • 3:14OuverteRéponse directe

    Et donc l'Allemagne est intervenue spontanément, ou c'est la France qui a demandé à Berlin de jouer les intermédiaires ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Locuteur non identifiéFait
    « La libération de Sansaq est très commentée ici, sur les réseaux sociaux, bien sûr. »
  • 1:15Locuteur non identifiéPromesse
    « Il y a trois niveaux de réaction. La première réaction, elle vient un peu des, on va dire, des milieux conservateurs, islamistes, qui condamnent la libération entre guillemets. »
  • 1:26Locuteur non identifiéPromesse
    « On a une autre réaction qui est la réaction d'un certain nombre d'intellectuels ou d'écrivains qui sont soulagés que Boalem soit enfin libre. »
  • 1:37Locuteur non identifiéPromesse
    « Et une troisième réaction, notamment d'hommes politiques, du militant des droits de l'homme, qui disent, c'est très bien que Boalem Sansaq soit gracié. »
  • 2:05Locuteur non identifiéFait
    « Les canaux étaient complètement coupés entre la France et l'Algérie sur beaucoup de sujets, et donc il a été très difficile pour Paris de parler aux Algériens sur le cas Boalem Sansaq. »
  • 2:30Locuteur non identifiéPromesse
    « Ajoutons à cela que les Algériens étaient très échaudés, très énervés par la campagne de mobilisation entre guillemets qui était menée en France par certains milieux, notamment de droite et d'extrême droite. »
  • 2:45Locuteur non identifiéPromesse
    « et surtout par l'activisme de l'ancien ministre de l'Intérieur, M. Rotaillot, qui a été très identifié par Alger comme étant celui qui cristallisait. »
  • 2:58Locuteur non identifiéPromesse
    « le cas Boalem Sansaq s'est retrouvé malheureusement otage de la crise politique, mais aussi d'une certaine image de l'Algérie qui était très très embrageuse par rapport au discours de la droite et de l'extrême droite. »
  • 3:24Locuteur non identifiéPromesse
    « Paris a entamé des contacts avec des diplomates allemands. Les Allemands ont commencé à parler aux Algériens, et ça tombait très bien parce que les Algériens et les Allemands se parlaient beaucoup dans le cadre de la préparation. »
  • 3:51Locuteur non identifiéPromesse
    « Il y avait une demande qui est très importante pour les Algériens, c'est de ne pas donner l'image d'un pays qui cède à la pression des milieux de droite et d'extrême droite en France. »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié74 %
  • Présentateur26 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h21, l'écrivain franco-algérien Boilem Sansal est donc sorti de prison après un an de détention. Pourquoi l'Algérie a-t-elle finalement accepté de gracier cet homme de 81 ans ? Quel est le rôle de l'Allemagne dans cette libération ? Vous allez nous raconter ces négociations secrètes, Adelaine Mehdi, bonjour. Vous êtes journaliste et écrivain, vous êtes le correspondant du Point en Algérie. Avant de nous dévoiler les coulisses, comment la nouvelle est-elle prise en Algérie ? Déjà, est-ce que c'est le sujet de conversation numéro 1 depuis hier ?

0:35
Locuteur non identifié

Alors oui, effectivement, sur les réseaux sociaux, on voit que la libération est très commentée par l'opinion sur les réseaux sociaux. Par contre, dans les médias, on le devine, ils se contentent de reprendre le communiqué officiel de la présidence algérienne hier, sans aucun commentaire de plus. Mais la libération de Sansaq est très commentée ici, sur les réseaux sociaux, bien sûr.

1:02
Présentateur

Et qu'est-ce qui est dit alors sur les réseaux sociaux ? C'est quoi ? On se félicite de cette libération ?

1:07
Locuteur non identifié

Alors, il y a trois niveaux de réaction. La première réaction, elle vient un peu des, on va dire, des milieux conservateurs, islamistes, qui condamnent la libération entre guillemets, qui sont très en colère, parce qu'on a libéré Boalem Sansaq, que ces milieux-là détestent absolument. On a une autre réaction qui est la réaction d'un certain nombre d'intellectuels ou d'écrivains qui sont soulagés que Boalem soit enfin libre.

Et une troisième réaction, notamment d'hommes politiques, du militant des droits de l'homme, qui disent, c'est très bien que Boalem Sansaq soit gracié, mais on attend aussi la même chose pour des dizaines d'autres détenus d'opinion qui sont encore dans les prisons algériennes jusqu'à aujourd'hui.

1:54
Présentateur

Alors Adelaide Mehdi, expliquez-moi, pourquoi ce revirement ? Comment cette grâce du président Tebboune a été obtenue, alors que la France, visiblement, n'arrivait pas à l'obtenir ? Et le rôle de l'Allemagne dans cette histoire ?

2:05
Locuteur non identifié

Alors, vous comprenez bien qu'on ne peut pas négocier avec un pays avec lequel on est en crise depuis des mois et des mois sur des questions autres que la question de Boalem Sansaq ou la question de notre confrère Christophe Gleys. Les canaux étaient complètement coupés entre la France et l'Algérie sur beaucoup de sujets, et donc il a été très difficile pour Paris de parler aux Algériens sur le cas Boalem Sansaq. Ajoutons à cela que les Algériens étaient très échaudés, très énervés par la campagne de mobilisation entre guillemets qui était menée en France par certains milieux, notamment de droite et d'extrême droite, et surtout par l'activisme de l'ancien ministre de l'Intérieur, M.

Rotaillot, qui a été très identifié par Alger comme étant celui qui cristallisait, qui focalisait toute l'hostilité anti-algérienne d'une certaine classe politique. Donc le cas Boalem Sansaq s'est retrouvé malheureusement otage de la crise politique, mais aussi d'une certaine image de l'Algérie qui était très très embrageuse par rapport au discours de la droite et de l'extrême droite.

3:14
Présentateur

Et donc l'Allemagne est intervenue spontanément, ou c'est la France qui a demandé à Berlin de jouer les intermédiaires ?

3:19
Locuteur non identifié

Il y a eu un double mouvement, en fait, c'est Paris qui se retournait vers ses amis européens, d'abord Rome, parce qu'il y a d'excellentes relations entre l'Italie et l'Algérie. Cette piste n'a pas fonctionné, et à partir du mois de mars, février-mars, Paris a entamé des contacts avec des diplomates allemands. Les Allemands ont commencé à parler aux Algériens, et ça tombait très bien, parce que les Algériens et les Allemands se parlaient beaucoup dans le cadre de la préparation de la future visite du prison algérien à Berlin.

Donc il y a eu un alignement des planètes qui a fait que les discussions ont commencé à imaginer une triangulation dans laquelle Paris serait très discrète, et d'ailleurs c'était la condition pour que cela marche, et que l'Allemagne imagine une formule où Alger pourrait sortir par l'euro dans ce dossier-là.

4:09
Présentateur

Et parce que rien n'a été négocié en échange, l'Algérie n'a rien exigé ?

4:13
Locuteur non identifié

Non, il n'y a pas eu d'exigence ou de conditionnement de la visite. La visite en Allemagne du prison algérien est déjà actée et programmée depuis un moment. Non, il n'y a pas eu d'échange de conditions précises. Il y avait une demande qui est très importante pour les Algériens, c'est de ne pas donner l'image d'un pays qui cède à la pression des milieux de droite et d'extrême droite en France, d'un pays qui cède à l'État français, ou d'un pays qui essaye de céder à une puissance étrangère.

4:51
Présentateur

Boalem Sansal a donc été libéré pour motif humanitaire. Il souffre d'un cancer de la prostate, il est en ce moment hospitalisé en Allemagne. Est-ce qu'il a le droit de retourner en Algérie ?

5:00
Locuteur non identifié

Alors, pour l'instant, techniquement parlant, oui, parce qu'il n'est ni déchu de sa nationalité, ni frappé d'une interdiction de territoire ici, mais je doute fort que notre ami Boalem revienne ici après ce qu'il a vécu, bien sûr.

5:16
Présentateur

Il reste une dernière question, Adelaine Mehdi. Il y a un Français encore détenu en Algérie, c'est le journaliste Christophe Gleize. Est-ce qu'il y a un espoir pour lui, avec cette libération de Boalem Sansal ? Est-ce qu'on peut se remettre à espérer ?

5:28
Locuteur non identifié

Notre confrère doit passer son procès d'appel le 3 décembre prochain. Je ne peux être ni optimiste ni pessimiste, mais j'espère que le dénouement de l'affaire Sansal, j'espère que les prochains échanges qui vont reprendre entre Algériens et Français, nous avons le ministre de l'Intérieur français qui est attendu ici à Alger, il y a d'autres échanges discrets qui se font de plus en plus. J'espère que cette ambiance qui est posée petit à petit permette une issue heureuse pour notre collègue.

6:02
Présentateur

Lui, ce qui lui est reproché, c'est un mauvais visa et un contact avec une organisation terroriste. Merci beaucoup, Adelaine Mehdi, correspondant du Point en Algérie. Et à 7h50, deux autres invités sur France Inter pour revenir sur cette libération de Boalem Sansal. Antoine Gallimard, l'éditeur de Boalem Sansal et l'écrivain Kamel Daoud.