Gabriel Attal répond à la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu - 14/10/2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09PrésentateurChiffre
« des motions de censure ont par ailleurs été examinées à neuf reprises dans cet hémicycle. »
- 1:30PrésentateurPromesse
« nous voulons qu'un budget soit voté d'ici à la fin de l'année. »
- 2:49PrésentateurPromesse
« un système de retraite universel, par points, débarrassé du totem de l'âge légal de départ, mais avec une seule durée de cotisation et avec de la capitalisation ouverte à tous »
- 3:40PrésentateurFait
« des deux ans de l'assassinat de Dominique Bernard. »
- 4:36PrésentateurFait
« Michel Devoret, en physique, pour la découverte de l'effet tunnel quantique. »
- 5:40PrésentateurFait
« la condamnation dans une parodie de justice de nos compatriotes Cécile Collère et Jacques Paris. »
- 8:17PrésentateurFait
« l'A320 est devenu depuis quelques jours l'avion le plus commandé au monde. »
Temps de parole
- Présentateur100 %
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C'est aujourd'hui la quatrième fois que nous nous retrouvons en un an pour prendre position sur une déclaration de politique générale. En un an, des motions de censure ont par ailleurs été examinées à neuf reprises dans cet hémicycle. C'est donc la treizième fois en un an que nous avons l'occasion de nous retrouver, de débattre, de faire connaître encore et encore les positions de chacun de nos groupes. Je crois donc que dans cet hémicycle, les positions de la plupart d'entre nous, la plupart de nos groupes sont connues et nous aurions tous pu imaginer à l'avance ce que seraient les interventions des uns et des autres.
Il y a ceux qui affirment clairement qu'ils censureront tout jusqu'à une dissolution, une destitution ou une démission, quoi qu'il advienne, quoi qu'il en soit. Il y a ceux comme nous qui cherchent la stabilité. La stabilité sans menacer d'une censure, sans imposer des lignes rouges. La stabilité non pas comme un immobilisme, mais comme un mouvement par le compromis, par la volonté de discuter des idées, d'abord, avant de parler des personnes. Alors, notre position, celle de mon groupe, celle de mon parti, elle est connue. Elle est bien connue et n'a pas varié d'un iota depuis plus d'un an. Alors, je ne vais pas consacrer mon intervention à vous rappeler ce que vous savez déjà.
Cela tient en trois phrases. Un, nous voulons que le gouvernement réussisse. Deux, nous voulons qu'un budget soit voté d'ici à la fin de l'année. Trois, nous sommes prêts à faire des compromis pour y arriver. Vous avez annoncé, Monsieur le Premier ministre, que vous proposerez la suspension de la réforme des retraites. Sur ce point, il faut être clair. Je crois que la messe est dite, puisque les voix des groupes favorables à revenir sur cette réforme, à gauche et au Rassemblement National, ont une majorité absolue dans cette émission. Et donc, quel que soit le sens de notre vote à nous qui avons porté cette réforme, elle sera donc suspendue.
Je le dis ici, en ce qui concerne les députés Renaissance, notre idéal en 2017 n'a jamais été de rentrer dans la valse des réformes paramétriques, comme des pansements qu'on met et maintenant qu'on enlève tous les deux ans. Notre idéal, c'est un changement de système, car notre système est en train de mourir face aux bascules démographiques et technologiques. Ces derniers mois, nous avons travaillé. J'avais confié à Stéphanie Rist, que je félicite pour sa nomination au gouvernement, le soin de préparer une réforme systémique au nom de notre parti Renaissance.
Cette réforme, pour un système de retraite universel, par points, débarrassé du totem de l'âge légal de départ, mais avec une seule durée de cotisation et avec de la capitalisation ouverte à tous, elle est prête, elle est disponible et nous la défendrons. Mes chers collègues, notre position est connue. Alors, à cette tribune, je veux consacrer un peu du temps dont je dispose à parler de ce qui s'est passé en France ces derniers jours, mais qui a hélas été invisibilisé par le spectacle politique qui a occupé tant d'heures sur les plateaux télé, les ondes radio, tant de lignes dans les pages des journaux.
Parler de ces jours où, loin du vacarme parisien, la France a bougé, changé, vécu, au rythme de tous les défis qui l'animent. Car si la politique ne parle plus des Français, alors elle ne parle plus de rien. Ces derniers jours, nous avons commémoré des dates, et notamment une, hier, douloureuse, effroyable, celle des deux ans de l'assassinat de Dominique Bernard. Dominique Bernard, victime du terrorisme islamiste, pour avoir défendu son lycée, pour avoir défendu ses élèves, pour avoir défendu le savoir. J'étais à Arras hier, auprès de sa veuve, auprès de ses élèves, auprès de ses collègues. Les larmes ne sont pas encore sèches à Arras. La douleur est encore vive.
Et je n'ai vu là-bas que des femmes et des hommes qui attendaient des actes. Alors oui, nous défendrons des actes pour notre école, pour qu'elle reste le sanctuaire du savoir. Des actes contre le terrorisme, contre l'islamisme, qui menacent toutes nos valeurs. Ces derniers jours, et vous l'avez rappelé Madame la Présidente, la France a remporté deux prix Nobel. Michel Devoret, en physique, pour la découverte de l'effet tunnel quantique. Et Philippe Aguillon, en économie, pour ses travaux sur l'innovation. Deux distinctions qui nous rendent fiers et nous rappellent que la France a des talents, qu'elle a tous les atouts pour réussir.
Qui nous rappellent aussi que ces talents peuvent parfois malheureusement préférer s'exiler pour rechercher, pour enseigner. Alors oui, nous défendrons des actes pour les garder et nous défendrons des actes pour continuer à soutenir l'innovation et la recherche. Ces derniers jours ont aussi été ceux de la liberté. La liberté pour la libération des otages israéliens, bien sûr. Des otages retenus depuis deux ans maintenant dans des conditions inhumaines. Une libération comme une délivrance après le massacre du 7 octobre. Une libération aussi comme un espoir pour la paix au Proche-Orient. La liberté, c'est celle qu'incarne le prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado.
Héroïne face à l'oppression du pouvoir au Venezuela. La liberté entravée aussi, bafouée, avec, il y a quelques heures, la condamnation dans une parodie de justice de nos compatriotes Cécile Collère et Jacques Paris. Et avec vous, je veux appeler une nouvelle fois à leur libération immédiate et à celle de Boalem Sansal, retenue toujours par le pouvoir algérien. La liberté, c'est bien sûr le regard de Robert Badinter entrant au Panthéon pour veiller à jamais sur la République. Lui qui n'avait que la justice pour combat et le droit comme arme. Ces derniers jours ont été ceux de drames aussi. De drames qui ont marqué les Français, qui les inquiètent, qui les touchent vraiment et fortement.
C'est hier à Grasse, le terrible féminicide d'une femme tuée de 16 coups de couteau. C'est dimanche, un octogénaire roué de coups en pleine rue, victime de la violence gratuite. Ce sont quatre policiers blessés dans des violences insupportables en plein centre de Paris après l'annulation d'un concert. Autant de drames qui nous rappellent que la sécurité n'attend pas, que l'ordre public ne connaît pas d'affaires courantes et qu'il faut agir encore et encore pour protéger les Français. Et si je parle de drames, je veux en évoquer un qui m'a serré le cœur. Je parle du suicide de cette petite fille de 9 ans à Sarguemines en Moselle, victime du harcèlement scolaire. 9 ans.
Je le dis ici, j'ai honte en pensant au martyr de cette petite fille et à la souffrance de sa famille. Honte de me dire que plutôt que de discuter de comment agir pour que chaque élève se sente bien à l'école, nous pourrions perdre encore du temps en nous empêchant nous-mêmes d'agir pour l'école. Ces derniers jours, un espoir a été donné aux salariés d'Arcelor Mittal. Après l'annonce d'une baisse des importations d'acier et de la hausse des droits de douane de l'Union Européenne par le vice-président exécutif de la Commission Européenne, ouvrant la voie à de nouveaux investissements industriels à Dunkerque.
Continuant le combat pour la souveraineté économique et industrielle de notre continent. Un combat dans lequel nous devons jeter toutes nos forces si nous voulons continuer à peser. Un combat sur lequel l'instabilité pèse comme une épée de Damoclès. Ces derniers jours, le plus grand cargo à voile du monde a accosté à Saint-Nazaire. Un bateau français montrant que l'innovation rime avec décarbonation, que des solutions existent pour réussir la transition écologique et que ces solutions peuvent être françaises. Et puisque nous parlons transport, l'A320 est devenu depuis quelques jours l'avion le plus commandé au monde.
Et Airbus a annoncé agrandir son site de Toulouse et accélérer les recrutements. La preuve que nous pouvons encore être pionniers et que nous ne devons rien lâcher. La preuve que la transition écologique est possible, qu'elle avance, mais qu'elle ne pourra jamais se faire si nous misons encore sur les blocages. Ces derniers jours, un homme, Charlie Dalin, a confié son histoire, celle du courage, en ayant gagné le Vendée Globe malgré un cancer. Dimanche dernier, dans des milliers de communes de France, dans toutes nos circonscriptions, des concerts et des marches ont eu lieu pour Octobre Rose pour s'engager contre le cancer du sein.
Hier, à Évreux, dans une ville en liesse, on a célébré le ballon d'or d'Ousmane Dembélé. Certains trouveront peut-être tout cela dérisoire. Allez, s'il vous plaît, un peu de silence. C'est pour son la France. Un peu de silence, s'il vous plaît. C'est la France qui, malgré les soubresauts politiques, travaille, crée, recherche. La France qui s'engage, la France qui partage, la France qui a peur parfois, qui s'insurge et se désole, c'est vrai, mais qui ne baisse jamais la tête. La France n'attend pas ses politiques pour vivre, mais les Français attendent de nous des réponses, des solutions, des actions. Ils attendent de nous d'agir, d'agir vraiment.
Monsieur le Premier Ministre, vous tracez un chemin, il est étroit, nous le savons tous. Vous appelez à partager le pouvoir, à écouter, à agir avec les Français, avec les collectivités, avec les partenaires sociaux, avec les parlementaires. Partager le pouvoir, c'est ce pour quoi nous plaidons. Vous vous êtes donné une mission, donner un budget à la France, c'est aussi la nôtre. Assurer l'ordre, la stabilité dont le pays a besoin, c'est aussi notre volonté. Alors nous serons à vos côtés et aux côtés du gouvernement pour réussir.
Avec mon groupe parlementaire, avec mon parti, nous n'avons jamais rien réclamé, nous n'avons jamais brandi aucune ligne rouge, jamais exigé aucun poste, jamais jeté l'anathème sur aucun nom. Pourquoi ? Parce que la seule chose que nous voulons, c'est que ça marche. C'est que ça marche, même si parfois cela doit nous coûter. Parce que ce qui compte à la fin, ce sont les Français. Ce qui compte, ce sont les femmes et les hommes de notre pays qui vivent aujourd'hui sans la politique et n'attendent plus qu'une chose, qu'elles s'intéressent à nouveau à eux. Nous serons au rendez-vous, alors je n'ai qu'un message à passer, qu'une chose à dire.
Mettons-nous au travail, au travail pour un budget, au travail pour réformer, au travail pour les Français. Je vous remercie. Merci beaucoup Monsieur le Président. Merci beaucoup.
Merci beaucoup. Merci beaucoup.