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Discours / meetingyoutube.com· 4 octobre 2023 35 minFond programmatiqueInstitutions & électionsBudget & impôtsTransportsEnvironnement & énergie

19e Congrès des Régions - Discours de Carole Delga

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 25 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 11:56Carole DelgaChiffre
    « une baisse de 6,3%, »
  • 11:58Carole DelgaChiffre
    « 30 millions d'euros en moins, »
  • 12:17Carole DelgaChiffre
    « de 107 millions d'euros »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:09
Présentateur

Madame la Première Ministre, chère Élisabeth, Monsieur le Président du Sénat, cher Gérard Larcher, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, Monsieur le Président des Césaires de France, cher Dominique, Monsieur le Maire de Saint-Malo, cher Gilles, merci pour ton remarquable accueil, merci d'être ici à Saint-Malo. Monsieur le Président de la Région Bretagne, cher Loïc, merci beaucoup pour l'ensemble de l'organisation de cet événement, merci à tes équipes, puis merci également pour ces perspectives que tu viens de tracer.

Nous vous saluons toutes et tous, et bien sûr, j'associe le président délégué Renaud Muselier, nous saluons nos chers collègues, donc présidentes et présidents de Région de France, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs chers partenaires, Mesdames et Messieurs les agents des collectivités territoriales, vous qui êtes chaque jour le visage de nos régions et la force des services publics. Ici, à Saint-Malo, cher Gilles Durton, nous sommes saisis à la fois par la force de vos remparts, mais aussi par la fragilité de nos constructions devant la puissance de la mer, de par, bien sûr, les risques de submersion.

Conjuguer des exigences qui semblent contraires pour certains, conjuguer les exigences sociales, économiques, environnementales, c'est notre quotidien d'élus local. Alors, Madame la Première Ministre, je vous lance un défi, un défi poussé par le souffle breton. Si vous ne faisiez confiance et si nous formions un vrai tandem Etat-Région pour atteindre nos objectifs communs, la planification écologique, bien sûr, la souveraineté de notre pays, industrielle, énergétique, alimentaire, sanitaire, la réduction des inégalités par un savoir accessible à tous et à un travail de valeur.

En termes clairs, et si nous acceptions de travailler, de réellement travailler, de bâtir des projets, des conjugaisons, des conciliations, bref, apporter réellement des solutions pour que le cœur des Français soit plus heureux. Parce que c'est le thème de notre Congrès, les régions au cœur des solutions. Alors oui, travaillons, travaillons ardemment, donnons l'exemple et le cap. Car c'est là que réside la noblesse de nos mandats, d'élus locaux, d'élus nationaux, de présidents de régions. Et c'est dans l'action concrète que nous réalisons les engagements que nous avons pris devant les électeurs. Entre possible et impossible, deux lettres et un état d'esprit.

C'est cette belle citation que j'affectionne particulièrement du général de Gaulle dans ses mémoires de guerre. En fait, il décrivait, le général de Gaulle, un état d'esprit et le souffle, le souffle de l'action qui nous anime tous. Et donc, aujourd'hui, soyons sur le souffle, le souffle breton et sur cet appel et ce défi de Saint-Malo. Parce que rien ne nous est plus difficile que de constater que notre action est entravée, souvent, que notre pouvoir d'agir est restreint. Au fond, que les libertés locales, qui sont la réponse à bien des problèmes de nos concitoyens, sont si souvent corsetées, parfois paralysées.

Alors, Madame la Première Ministre, chère Elisabeth, je souhaite vous remercier de votre présence. Cette année, encore parmi nous, avec plusieurs autres membres du gouvernement, elle est le symbole, bien entendu, de l'attention sincère que vous portez aux régions. Et donc, Madame la Première Ministre, au nom des présidentes et des présidents des régions de France, je vous lance cet appel de Saint-Malo pour ce nouveau souffle. Nous avons besoin de vous entendre sur les sujets que nous partageons. car la situation de la France, de notre beau pays, dans toutes ses diversités, est contrastée et préoccupante.

Au plan économique, la situation donne des signes d'amélioration, avec un taux de chômage à 7%, qui est une moyenne nationale, mais qui masque des disparités territoriales très, très fortes. Le nombre de demandeurs d'emploi n'a jamais été aussi faible depuis 2008. La France est désormais le pays le plus attractif d'Europe pour les investissements étrangers, nous en félicitons. Mais dans le même temps, le climat des affaires est morose. La crise de l'immobilier et du logement, et j'insiste sur cette crise du logement, nous en avons parlé au début de l'été avec le président Larcher, cette crise du logement monte inexorablement. Nous avons aussi une alerte sur la charge de la dette.

Et puis pour nos concitoyens, parce qu'il est nécessaire d'être attentif aux Françaises et aux Français et de ne pas rester dans des comités restreints. L'INSEE dresse cette semaine le constat du recul du moral des ménages en France avec de fortes préoccupations qui s'expriment sur l'inflation, sur la baisse du niveau de vie, les craintes concernant l'évolution du chômage devant la hausse des thés d'intérêts et les refus d'octroi des prêts. Et puis nous voyons les travailleurs devenir de plus en plus pauvres et la précarité, la misère grandir.

Ici, ajoute le sentiment pour nos concitoyens d'impuissance ou de peur devant un mode, un monde qui se dérègle, devant la sécheresse ou les incendies de l'été, devant les coupures d'eau et j'ai une pensée particulière pour Mayotte, ce territoire français qui souffre. Je pense aussi au plan de rationnement de l'énergie. Ces angoisses trouvent un écho dans les catastrophes naturelles qui ont affecté les peuples de la Méditerranée, dans le retour de la guerre aux frontières de l'Union européenne, bien sûr plein soutien au peuple ukrainien et bien sûr nous pensons aussi au peuple arménien.

Il y a aussi et plus profondément le creusement des inégalités, le sentiment de classe enfermée, enfermée dans leurs conditions sociales, dans leurs conditions territoriales, encagée dans leur territoire. Ces expressions individuelles et collectives de déviance vis-à-vis des autorités occupent l'actualité de l'information en continu. Les relations entre les individus se tendent, l'autre devient un étranger, parfois même une menace ou un adversaire. Alors nous devons réagir, nous devons créer du lien. Et puis bien entendu, on ne peut pas passer sous silence les terribles phénomènes de harcèlement à l'école, les tragédies, bien sûr, de suicides d'adolescents.

Et je tiens à saluer, Madame la Première Ministre, votre mobilisation sur ce sujet et le plan que vous avez annoncé hier. Bref, les Français sont dans une situation de tension permanente devant un environnement international, planétaire, anxiogène, et une manière de faire de la politique qu'ils ne comprennent pas. Une politique de la parole, mais de la parole vide de sens, avec des annonces creuses et ou non suivies des faits, ou des paroles violentes, agressives, de l'invactive. Et à cette violence verbale s'ajoute une réalité de vie dure.

Parce que nous n'oublions pas les fermetures de services dans les hôpitaux au cours de l'été, l'embouteillage sur la réalisation de démarches administratives, le tout numérique, qui fait que certains se sentent éloignés, éloignés de tout. Je parle aussi de l'éloignement physique et la nécessité d'avoir des infrastructures de transport. Nous avons donc la nécessité de donner une réponse, de donner une réponse. Alors, ce nouveau souffle, concrètement, peut-il se déployer ? Avec de la conviction, tout d'abord. Avec des convictions solidement ancrées, loin des girouettes qui cèdent au vent. Avec notre conviction, celle de notre responsabilité collective pour répondre à ce contexte d'inquiétude.

Travailler ensemble pour les Français. Et nous, les présidents de la région, nous l'avons fait. Nous le faisons. Nous l'avons fait lors de la crise du Covid, où nous étions à côté de l'État pour soutenir nos soignants avec la fourniture de matériel de protection, en organisant des campagnes de dépistage, ou en aidant aussi fortement, en partenariat avec l'État, les acteurs économiques qui étaient fragilisés ou menacés. Je tiens à le rappeler, les régions ont augmenté de 2 milliards d'euros entre 2020 et 2022. Le montant de leurs investissements passant ainsi de 2020 à 2022 de 11 à 13 milliards.

11 à 13 milliards pour soutenir l'effort de l'État, le plan de relance qui était absolument indispensable. Nous avons été les partenaires les plus engagés, parce que nous avons les missions sur le développement économique face à cet événement exceptionnel. Il était nécessaire d'avoir l'union sacrée et comment comprendre la décrue de nos recettes. Les régions sont le seul échelon de collectivité aujourd'hui qui n'a pas retrouvé, en 2022 ni en 2023, son niveau d'épargne avant crise, ni sa capacité de désendettement. parce que cet investissement, il était indispensable aux côtés de l'État. Nous l'avons fait et nous voulons, bien sûr, continuer.

Dans les faits, ce n'est pas le constat auquel nous sommes confrontés. Je ne vais citer que quelques exemples ces dernières semaines. Hier, le projet de loi de finances pour 2024. Dotation de compensation de réforme de la taxe professionnelle. Pour les régions, une baisse de 6,3%, 30 millions d'euros en moins, alors qu'elle ne baissera que de 1,2% pour les communes, 1,3% pour les EPCI et 0,8% pour les départements. Quelle est la cohérence ? Quelle est la justice ? Je pourrais également citer la compensation de la perte de recettes de 107 millions d'euros dédiée au financement de la formation professionnelle et issue des frais de gestion de la CVAE qui était une compensation pérenne.

Je vous l'ai prouvé l'année dernière, Madame la Première Ministre, et de nouveau, cette année, je vais devoir le prouver à Bercy. Que de temps perdu. Ne soyons pas dans la mesquinerie face à la faiblesse de l'enjeu comparé à l'envergure du budget de l'État. Alors, ligoter et asphyxier les régions, quel intérêt ? Alors que vous avez besoin de nous pour que nous fassions réussir la France ensemble, parce que nos succès seront vos succès, parce que vos succès seront nos succès, nous sommes présidentes et présidentes de régions pleinement mobilisées. Nous sommes membres de l'équipe France. Je vous l'ai déjà indiqué, je le martèle.

Oui, aux côtés du gouvernement, le couple État-région est fondamental, est un moteur indispensable pour la réussite. Alors, dans cette période, faisons Pâques. Faisons Pâques comme au rugby, parce que c'est ainsi que la France peut gagner. D'autres exemples. En matière de transport, quelle est la traduction concrète de 100 milliards d'euros d'investissement ? J'y reviendrai. Quel est le sens des annonces non concertées avec les régions sur le pass national ? Nous y sommes favorables, bien entendu, à avoir une politique tarifaire. Mais travaillons, en premier, travaillons, avant de faire des annonces qui n'ont pas eu le début d'une réalité.

je voudrais aussi juste rappeler si on parle des mobilités, ce qui est une réalité fiscale. Quand un Français fait un plein dans sa voiture, aujourd'hui, c'est quasiment 100 euros. Sur 100 euros, il y a un euro qui revient aux régions. On est bien loin du quart des taxes sur le carburant qui reviendrait aux régions, comme l'a indiqué le président de la République. Alors, si le président de la République veut nous donner un quart des taxes pour le budget des régions, banco ! Un autre exemple, parce que nous y sommes toutes et tous particulièrement engagés, la planification écologique. La planification écologique, elle est fondamentale pour donner un espoir à nos jeunes.

Louis Chénet-Gérard l'a bien rappelé. Ces préoccupations, elles sont vibrantes dans la jeunesse et nous devons y répondre. Et nous partageons la nécessité du mix énergétique avec, bien sûr, la sûreté qui nous est vraiment assurée dans l'approvisionnement par le nucléaire, mais aussi, et nous devons engager fortement le développement des énergies renouvelables. C'est toute la question de la rénovation énergétique, c'est toute la question de la biodiversité. Là aussi, avec les parcs naturels régionaux, les régions s'engagent fortement.

Nous devons être dans des COP régionales, nous voulons les mettre en oeuvre et nous commençons à apprendre, selon les territoires, qu'il pourrait y avoir des COP départementales. Et je le dis très clairement, je suis et régionaliste et départementaliste. je ne participe pas à cette volonté de supprimer les départements, mais sur la question de l'énergie, sur la question de l'écologie. Soyons sérieux sur la question des énergies renouvelables. Nous avons besoin de territoires larges, de territoires larges pour pouvoir développer. La question de l'hydroélectricité, la question de l'éolien flottant ne peut pas se traiter à l'échelle d'un département ou même en dessous.

Quand on veut développer la question de la méthanisation, nous avons besoin de souffle, nous avons besoin d'une mutualisation. Et ça, c'est indispensable parce qu'à travers la question de la méthanisation, c'est bien entendu la question des énergies renouvelables, mais aussi, c'est un revenu pour nos agriculteurs. Et cela, il ne faut pas l'oublier parce que c'est cela la nécessité de l'action publique, de savoir concilier, de savoir conjuguer et de ne pas stigmatiser, de ne pas exclure ou de ne pas juger. Alors, nous devons continuer à travailler.

Alors, Madame la Première Ministre, ce que nous souhaitons, en effet, c'est pouvoir exercer des missions ensemble qui répondent aux objectifs gouvernementaux et pour le bonheur des Français. Tout simplement, ce que nous voulons vous dire, c'est que nous vous tendons la main, bien entendu. Saisissez-la. aujourd'hui, la France, elle est menacée dans ses fondements républicains. Alors, il ne faut pas se tromper d'adversaire. Il ne faut pas se tromper d'adversaire et l'énergie, elle doit être là pour consolider la République et lutter contre les extrémismes et contre les populismes parce que nous devons faire réussir la France.

parce que si ce sentiment de désespoir se propage, s'amplifie, à ce moment-là, c'est l'extrême droite qui gagnera. Et cela, républicain que nous sommes, nous ne l'accepterons jamais. Et nous, présidentes et présidentes de région de France, nous sommes attachés à cette France, à cette France qui est généreuse, à sa devise républicaine, liberté, égalité, fraternité, bien entendu, laïcité. Et face à ces ennemis de la République, nous ne baisserons pas les yeux, ni la conviction, ni la force de combat parce que c'est nous qui gagnerons. Notre main tendue, c'est une main bienveillante parce que la main républicaine, elle construit, elle caresse.

La main républicaine, elle ne menace pas comme l'extrême droite. Alors, c'est une main tendue, c'est un appel, un souffle de Saint-Malo. Cela fait suite à celui de Marseille en 2018 pour plus de décentralisation. Cela fait suite à celui de Fort-de-France qui a été porté par l'ensemble des territoires d'outre-mer. C'est bien sûr l'appel qui émane de la collectivité territoriale de Corse et bien sûr, j'excuse Gilles Simeoni et Nanette Montpertuis puisque, et c'est logique, accompagnant M. le Président de la République.

Cet appel fait suite aussi aux propositions émises par la région Île-de-France et qu'on vient de le faire Loïc Chenet-Gérard par la région Bretagne pour plus d'autonomie des régions pour agir à vos côtés. Et puis, le Sénat nous livrait récemment un important travail de réflexion sur la poursuite de la décentralisation dans le cadre d'un groupe de réflexion présidé par Gérard Larcher, infatigable défenseur de la décentralisation et que je remercie également, sincèrement, pour sa présence fidèle ce matin mais pour son appui à mes côtés continuellement pour la République bien sûr pour faire en sorte que tous les Français soient considérés des territoires ruraux comme des territoires urbains.

Alors, nos propositions parce que nous tendons la main mais nous faisons des propositions. On ne va pas rester sur des verbes on passe à l'action. Alors, quatre ordres et la pyrénéenne que je suis va devenir presque matelot. Alors, le vent dominant en Bretagne c'est le vent de surroi. Ce sera donc celui d'une plus grande autonomie d'action. Plus que de moyens nouveaux ou de compétences nouvelles, nous demandons de pouvoir pleinement exercer nos compétences pour agir avec davantage d'efficacité. C'est ce que nous appelons l'autonomie d'action. Lutter contre les enchevêtrements de compétences, supprimer les redondances.

Le livre blanc des régions que nous avons élaboré en 2022 est un document que nous avons concerté tous ensemble, travaillé et sur lequel nous devons nous reposer. L'autonomie d'action en matière de compétences éducatives, l'éducation, le bien le plus précieux de notre République, cela veut dire renforcer l'autonomie pédagogique des établissements et conférer aux régions une plus large autonomie de gestion. L'éducation et les lycées sont le creuset de la promesse républicaine et les enseignants ont une tâche immense à accomplir. Nous devons avoir une pleine autorité.

L'autonomie d'action en matière des politiques d'orientation, cela veut dire conférer aux régions une pleine légitimité, une pleine réalité, pour agir dès le collège puis au lycée et dans l'enseignement supérieur, pour démocratiser la réalité de la connaissance des métiers, mais également la réalité des parcours de formation. Pour lutter contre le déterminisme social, c'est ce que nous devons faire au moment de l'orientation. Nous devons renforcer l'égalité des chances de chaque élève pour que chacun puisse choisir son destin, puisse être maître de son destin. L'autonomie en matière de politique de l'emploi, cela veut dire donner aux régions une compétence globale.

Nous avons échangé, chère Elisabeth, sur le projet de loi qui est sorti du Sénat sur France Travail. Nous avons quand même des améliorations à mener parce que nous voulons avoir un système qui est simplifié, qui permet aussi de s'adapter aux réalités économiques, aux réalités d'emploi des bassins de vie. Il n'est pas question d'avoir une politique nationale ou des politiques régionales. Ce que nous nous demandons, les présidentes et les présidents de région, c'est qu'au niveau de chaque région, nous puissions, avec le préfet de région, avoir des déclinaisons par bassin d'emploi, par bassin de vie.

Parce que la réalité de vie, elle est forte, différente, et la réalité d'emploi, selon qu'on soit sur le bassin d'emploi sur le sud de l'Ardèche, autour de Colmar ou autour de Saint-Malo. C'est ce que nous devons faire pour ramener les publics les plus éloignés de l'emploi vers le travail. Et puis, bien sûr, l'autonomie en matière de politique de mobilité. Alors, hier, nous avons eu une réunion de travail très fructueuse où nous avons mis les mains dans le Cambouis avec le ministre des Transports. Et donc, Madame la Première Ministre, je vous fais une proposition.

Mettons en oeuvre des assises de la mobilité ferroviaire et de l'intermobilité et sur le financement des infrastructures et sur la question de la tarification. Parce que je ne reviendrai pas sur les conditions d'annonce pour le moins impréparées sur la question du pass. Si nous partageons l'absolue nécessité d'avoir des tarifs attractifs, des trains pas chers, il est absolument nécessaire que les trains soient à l'heure. Et sur la question des retards, je peux être très rude dans les négociations avec la SNCF, mais sur la question des retards, là aussi, il faut parler de la réalité. Pourquoi il y a des trains en retard en France ?

Parce que c'est le système ferroviaire le plus vieux d'Europe. C'est celui où il a été le moins investi depuis des dizaines d'années. Nous avons cette réalité et nous devons prendre à bras le corps cette vraie problématique. L'Allemagne investit trois fois plus dans son réseau ferré que la France. L'Italie investit deux fois plus. Et donc, nous devons avoir un choc, un investissement fort de la part de la France. Et nous soutenons aussi les présidents de région, nous avions fait une tribune il y a de ça un an, qui est une mobilisation des crédits européens sur ces sujets. Nous savons que le rail, c'est le mode de transport le plus écologique.

Mais nous devons investir massivement pour avoir des trains à l'heure et pour avoir aussi des conditions tarifaires attractives. Parce que si nous voulons un vrai report modal, c'est cela la transition écologique qui est absolument au cœur des politiques menées par le ministre Béchou. Eh bien, si nous voulons avoir un vrai report modal, il faut avoir une confiance dans le rail. Et la confiance, c'est par la ponctualité et c'est par l'attractivité des tarifs.

Et c'est pourquoi ces assises de la mobilité ferroviaire et de l'intermodalité, parce qu'il faut arriver jusqu'à la gare, eh bien, on doit prendre à bras le corps la question des fameux 100 milliards que nous avions demandé il y a de ça un an et où nous avions ce chiffre n'avait pas été donné juste dans un esprit communiquant. Ce que nous y avions travaillé, c'est le besoin sur les dix prochaines années et pour les infrastructures et pour les ERTMS, la spécialiste des transports que vous êtes, comprenez parfaitement mon jargon, c'est la signalisation, pour ceux qui ne sont pas trop férus sur ces sujets, mais également le matériel roulant.

Et le matériel roulant aussi, il doit être dans la transition écologique et énergétique. Le train à hydrogène va circuler dans un an sur la ligne Mont-Réjeau-Luchon qui m'est cher, mon territoire natal, parce qu'à côté des usines Alstom, ce train à hydrogène, il est financé haut de tiers par les régions, un tiers par l'État. En Allemagne, la proportion est inversée. Nous devons développer les trains à batterie, nous devons développer les trains hybrides. Tout cela, je vous le cite pour vous démontrer que l'innovation dans ce pays, elle existe. Elle existe et nous avons une industrie des transports qui est majeure.

Et derrière, à travers cet investissement, c'est bien sûr bon pour la planète, mais c'est bon pour la souveraineté industrielle. Et c'est pourquoi nous défendons qu'il y ait un Airbus ferroviaire au niveau européen. Nous avons connu les préventions, il y a de ça quelques années, de la Commission européenne par rapport à des conditions de respect de la mise en concurrence. La concurrence, mais sur le ferroviaire, sur les transports, mais elle est internationale. Et depuis maintenant cinq ans, la Chine a bâti un grand groupe industriel qui s'appelle CRRC. et CRRC est en train d'avoir les marchés sur le continent américain et sur le continent africain.

Cette avance technologique que nous avons en France, que nous avons en Europe, il est absolument nécessaire de la préserver et de la développer. C'est ainsi que nous aurons aussi la fierté d'avoir une reconnaissance à l'international pour relier les gens. la patrie des droits de l'homme, et bien elle doit aussi continuer à relier les populations. Alors l'autonomie, l'autonomie dans la République, c'est bien sûr aussi pour les régions d'outre-mer, pour les collectivités territoriales d'outre-mer, pour la Corse.

C'est à la fois la reconnaissance d'histoires et de cultures spécifiques qui enrichissent notre patrimoine commun et le renforcement d'une capacité à apporter dans la proximité des réponses très différentes de celles qui ont habituellement en cours sur le territoire métropolitain. Cela vaut d'abord en matière réglementaire car l'adaptation des lois au contexte des Outre-mer et de la Corse est une nécessité d'action. Mais cela vaut aussi sur le modèle de la Nouvelle-Calédonie en matière d'exercice des compétences lorsque la région ou la collectivité territoriale s'estiment en mesure de se substituer à l'État dans une démarche de subsidiarité reposant sur une confiance réciproque.

Confiance là aussi c'est essentiel. En Corse à la Réunion en Guyane en Martinique en Guadeloupe à Mayotte mais aussi à Saint-Pierre-et-Miquelon à Saint-Martin l'attachement aux couleurs du drapeau français est fort. Et j'ai pu le constater ces derniers mois en étant à la Réunion. Oui, l'attachement aux couleurs du drapeau français est fort. Et cela n'enlève rien à la volonté légitime d'une plus grande autonomie d'action par rapport à un cadre rigide venu de la métropole. Car au fond c'est d'une autonomie à la carte. Nous en avons la maturité politique pour renforcer la capacité à agir dans la proximité et en fonction de l'analyse partagée de la situation entre l'État et les régions.

Et cette autonomie d'action elle n'est possible qu'à trois conditions. Ce sont les ventes de nos rois. Davantage d'autonomie fiscale bien entendu. Nous demandons d'avoir une fiscalité plus forte que ce qu'elle est aujourd'hui. Je tiens à le rappeler quand parfois j'entends certains représentants de l'exécutif s'agacer quand les collectivités locales qu'elles soient communales, départementales ou régionales ont un problème elles appellent l'État par force ennemi dans une situation de dépendance. On est complètement lié aux dotations. Le budget des régions c'est 95% des dotations.

Quand vous n'avez que 5% de marge de manœuvre quand il y a un gros problème bien entendu que nous faisons appel à l'État parce que l'État l'a voulu depuis des années. L'affaiblissement de l'autonomie fiscale des régions remonte à la suppression de la taxe professionnelle c'était il y a de ça 13 ans. Et donc nous devons avoir plus d'autonomie fiscale et surtout avoir une fiscalité en lien avec les missions parce que nous investissons fortement dans l'économie. Nous investissons fortement dans le commerce l'artisanat l'industrie.

Nous investissons fortement dans les start-up dans la question aussi de nouvelles technologies qui sont liées aux métiers verts qui sont liées aussi à la nécessaire capacité à avoir des métiers du fer des métiers de l'industrie mais le bénéfice est plutôt sur le bloc local ou intercommunal et c'est pourquoi nous demandons d'avoir la substitution des impôts dits voitures de façon communément à une fiscalité qui est liée à l'action économique et par exemple l'impôt sur les sociétés.

Fiscalité je tiens bien sûr à vous en parler ici en Bretagne la Méditerranéenne que je suis aussi ayez une attention particulière Madame la Première Ministre pour la question du changement de fiscalité sur le carburant pour nos pêcheurs parce que cela va avoir un impact très complexe sur la viabilité de nos métiers liés à la pêche et nous devons être dans une prise en compte de cette filière qui est ô combien essentielle mais qui est ô combien fragilisée depuis des années.

Et puis autonomie fiscale et puis autonomie bien sûr de gestion et c'est une composante indissociable de la libre administration alors pas de contrat de CAOR ou pas de contrat de CAOR maquillé nous avons quand même détecté cela de loin et puis davantage d'autonomie réglementaire l'autonomie réglementaire c'est l'inverse de l'inflation normative qui paralysent l'action des collectivités leur coûte plus cher chaque année Françoise Gattel sénatrice d'Île-et-Vilaine et donc la délégation aux collectivités territoriales à décentralisation au Sénat a conduit un travail important sur l'impact des normes nouvelles pour les collectivités ce rapport il donne le tournis presque le mistral qui nous bouscule cher Renaud c'est donc un stock de 400 000 normes la DGSL estime à 2 milliards d'euros le coût des normes nouvelles pour les collectivités entre 2017 et 2021 4 ans 2 milliards d'euros alors nous demandons une autonomie réglementaire des régions qui soit reconnue et renforcée Madame la première ministre chère Elisabeth le nouveau souffle de Saint-Malo c'est un appel à accroître ensemble notre efficacité collective par la confiance la confiance c'est le vent de Nordais qui accompagne les journées chaudes et ensoleillées de l'été en Bretagne j'évoquais devant vous voici un an la confiance comme un pilier fondamental pour pouvoir rebâtir notre république à laquelle nous sommes passionnément attachés confiance pour nos concitoyens confiance utile pour être dans l'action dans le progrès partagé et au service de la population la confiance à laquelle nous aspirons elle requit désormais que nous disposions de l'autonomie que nous permettra de rendre enfin toute notre part dans nos objectifs partagés nos objectifs réussis c'est cela que je tiens à rappeler vos succès sont nos succès nos succès sont vos succès parce que c'est le succès de la France alors le poète René Char que j'affectionne particulièrement a écrit une belle expression c'est que l'esprit du château fort c'est le pont-levis alors devant la citadelle de Saint-Malo en fait le pont-levis madame la première ministre c'est la main tendue et c'est la confiance entre les régions et l'état je vous remercie c'est le pont-levis

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Locuteur

c'est le pont-levis de Saint-Malo