Comment Tinder a conquis les utilisateurs LGBTQIA+ ? - La chronique de Manon Mariani
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« 30% de ces matchs ont été faits entre personnes LGBTQIA+. »
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« Un tiers de ces matchs proviennent donc de la communauté queer, ce qui est le chiffre le plus haut jamais enregistré depuis la création de Tinder en 2012. »
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« Une augmentation de 66% en quelques années. »
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« Elle est présente dans 190 pays et 20 millions de personnes sont actives quotidiennement dessus. »
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« 50 identités en tout, ce qui est assez énorme quand même pour une application de rencontre. »
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« 30% des utilisateurs de l'application qui ont entre 18 et 25 ans ne s'identifient pas comme hétérosexuels. »
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« Je rappelle qu'à l'heure actuelle, il y a encore 69 pays où les relations entre deux personnes du même sexe sont illégales. »
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« 53% des personnes LGBTQIA+, qu'ils ont interrogé, disent avoir fait leur coming out sur une application de dating avant de le faire à leur famille ou à leurs amis. »
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L'heure de la veille sanitaire, Manon, aujourd'hui vous nous parlez d'une étude qui a retenu votre attention.
Elle est signée Tinder, l'application de rencontre numéro 1 dans le monde. Une étude publiée par le média Impact sur Instagram qui révèle que cette année, 30% de ces matchs ont été faits entre personnes LGBTQIA+. Alors pour rappel, matcher c'est quand deux personnes se likent, ça fait un petit cœur, elles peuvent parler, pourquoi pas se déiter, se marier, faire des enfants, tout ça, tout ça. Vous avez compris l'idée. Un tiers de ces matchs proviennent donc de la communauté queer, ce qui est le chiffre le plus haut jamais enregistré depuis la création de Tinder en 2012.
Une augmentation de 66% en quelques années, ce qui est assez énorme, sachant qu'il existe maintenant beaucoup d'autres apps de dating, spécialement pensées pour la communauté LGBTQIA+, comme Grindr. On aurait pu croire donc que les personnes LGBT préfèreraient ce genre d'application, plus militante, plus communautaire, mais force est de constater que Tinder a énormément la cote auprès d'elle et ce n'est pas si étonnant.
Pourquoi selon vous, Manon ?
Déjà parce que c'est l'application de dating qui compte le plus utilisateur au monde. Elle est présente dans 190 pays et 20 millions de personnes sont actives quotidiennement dessus. Donc forcément, ça maximise les chances de trouver l'amour. Et puis parce qu'elle a aussi opéré un vrai changement concernant la communauté LGBTQIA+. Au départ, elle était ouverte aux relations hétéros, ce qui était très critiqué. Puis en 2019, elle a ajouté plusieurs entités de genre et d'orientation sexuelle, 50 identités en tout, ce qui est assez énorme quand même pour une application de rencontre.
Une option très importante, sachant que 30% des utilisateurs de l'application qui ont entre 18 et 25 ans ne s'identifient pas comme hétérosexuels. Et puis au niveau de la sécurité de ces utilisateurs, Tinder a mis en place un système appelé le Traveller Alert, où l'appli masque automatiquement l'orientation sexuelle de ses utilisateurs LGBTQIA+, quand ils vont dans des pays où être LGBT est criminalisé. Je rappelle qu'à l'heure actuelle, il y a encore 69 pays où les relations entre deux personnes du même sexe sont illégales. Et puis dernièrement, elle a aussi organisé des campagnes pour célébrer le mois des fiertés.
L'année dernière, il était par exemple possible d'ajouter des autocollants sur son profil, des arc-en-ciel, des slogans engagés. Tinder a rattrapé son retard et s'impose maintenant comme un acteur majeur du dating pour les personnes LGBTQIA+.
Mais est-ce qu'elles ont délaissé les applis communautaires du coup ?
Alors certaines, oui, notamment la plus populaire, Grindr, pour deux raisons. Selon certains utilisateurs, elle est devenue inutilisable en version gratuite à cause de ses nombreuses publicités. Et puis surtout, elle repose essentiellement sur des rencontres uniquement pour du sexe. Les utilisateurs y vont principalement pour trouver des coups d'un soir, mettre des photos très hot, s'envoyer des nudes. Et ça crée une forme de lassitude pour ceux et celles qui veulent faire des rencontres plus approfondies, qui ne reposent pas que sur une partie de jambes en l'air. Surtout que les utilisateurs LGBTQIA+, n'utilisent pas les applis que pour dater.
Beaucoup viennent aussi chercher des amis, des communautés qui leur ressemblent. C'est un moyen pour eux de pouvoir être qui ils sont sans avoir peur du jugement d'autrui. D'ailleurs, selon Tinder, 53% des personnes LGBTQIA+, qu'ils ont interrogé, disent avoir fait leur coming out sur une application de dating avant de le faire à leur famille ou à leurs amis. En fait, c'est un moyen d'extérioriser, de demander des conseils et de se sentir moins seul avant d'en parler à des proches. Aujourd'hui, les applications de rencontres ne servent plus uniquement à trouver quelqu'un, mais pour certains, à se trouver soi-même.
Merci Manon. Le sexe, un sujet de préoccupation important pour Prince, dont on parle aujourd'hui, dont on salue la mémoire, lui aussi.