Le RN jugera François Bayrou sur ses actes ! - Franck Allisio (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:10OuverteRéponse directe
Revenons sur les propos du RN ces derniers jours : une alliance des contraires ?
- 0:52OuverteRéponse directe
Pourquoi y aller ?
- 2:16RelanceRéponse directe
Le RN a dit pas de censure a priori. Ça peut être censure a posteriori ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Quelle est la ligne rouge absolue à retenir ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Le projet de loi de finances sera-t-il l'élément de jugement de votre attitude ?
- 4:28RelanceRéponse directe
Est-ce que vous avez mentionné cette ligne rouge sur les retraites ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:14PrésentateurFait
« Tous les partis tartuffes se sont mués ces dix derniers jours en un parti unique, une méprisable alliance des contraires. »
- 0:24InvitéFait
« Je ne crois pas que M. Bayrou aura la force d'une quelconque rupture attendue par le pays. »
- 0:31InvitéFait
« Il est depuis 2017 l'un des premiers soutiens du macronisme, après avoir été celui du sarkozisme, du hollandisme. »
- 1:48Invité politiqueFait
« Nos priorités sont pour le pouvoir d'achat, l'insécurité, le problème d'immigration. »
- 8:19Invité politiqueFait
« Marine Le Pen était en tête dans les sondages. Elle était la principale candidate dans cette élection. »
- 9:53Invité politiqueFait
« Ce gouvernement sera minoritaire. Et il sera adossé à une minorité parlementaire. Et cela pose un problème démocratique. »
- 10:51Invité politiqueFait
« La présence ou l'absence de Bruno Retailleau ne sera pas une ligne rouge. »
Temps de parole
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Franck Alizio, bonjour et merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes député Rassemblement National des Bouches-du-Rhône. Vous êtes vice-président du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Merci d'être là. D'abord, je voudrais qu'on revienne quand même sur les propos du Rassemblement National ces dernières heures. Tous les partis tartuffes se sont mués ces dix derniers jours en un parti unique, une méprisable alliance des contraires. Voilà ce qu'a dit Jordan Bardella. Mais c'est pas tout, on va l'écouter.
Je ne crois pas que M. Bayrou aura la force d'une quelconque rupture attendue par le pays. Il est depuis 2017 l'un des premiers soutiens du macronisme, après avoir été celui du sarkozisme, du hollandisme. Et cette nomination ne semble répondre en rien, en rien, à la soif de changements et de ruptures exprimées par les électeurs français à l'été dernier.
Alors pourquoi y aller ?
Parce qu'à cette fois qu'on nous invite de manière générale à une consultation institutionnelle, c'est le cas le matin, ce matin, nous venons déjà. Nous n'avons jamais refusé une consultation. Nous jouons évidemment le jeu des institutions et nous jouons surtout notre devoir d'opposition et de premier groupe. Et si ce matin nous sommes les premiers, si Marine Le Pen et Jordan Bardella sont les premiers au nom du groupe Rassemblement National à être reçus, c'est parce que tout simplement le groupe Rassemblement National est le premier dans l'hémicycle, et le premier groupe. Donc c'est tout simplement un respect de la règle démocratique et du résultat des dernières élections législatives.
Pourquoi y aller ? Mais pour défendre les 11 millions d'électeurs, pour faire porter la voix de nos électeurs, pour faire respecter notre programme, celui sur lequel nous avons été élus. À partir de là, nous donnerons nos lignes rouges, qui n'ont pas changé. D'ailleurs, nos priorités sont pour le pouvoir d'achat, l'insécurité, le problème d'immigration, et à partir de là, nous échangerons avec le Premier ministre.
Alors, mais vous avez entendu, Franck Alizio, pardonnez-moi de vous interrompre un tout petit peu, comme on a le temps, on va prendre le temps d'échanger. Excusez-moi, prenons les choses les unes après les autres, comme on a le temps, essayons de le faire, c'est toujours plus agréable aussi pour nos téléspectateurs. Mathieu Desmoulins nous disait, il y a quelques instants, un proche de François Bayrou lui disait, ce n'est pas parce qu'on soit en premier qu'on négocie. Le RN a dit pas de censure a priori. Ça peut être censure a posteriori, à l'issue de ce rendez-vous ?
Tout dépend de la teneur du rendez-vous, évidemment, mais je n'imagine pas François Bayrou jouer la provocation dès le premier rendez-vous. Ça, ce n'est pas envisageable. Alors, tout est envisageable, mais honnêtement, nous partons sur pas de censure a priori, c'est-à-dire que bien dans les semaines à venir, jusqu'à ce qu'il y ait un projet de loi, ce projet de loi, il peut être de nature budgétaire, il peut être d'autre nature, eh bien, il n'y aura pas de censure par principe, de censure, j'allais dire, bête et méchante, c'est-à-dire sans juger aux actes. Nous allons, comme la dernière fois, juger aux actes, tout simplement.
Alors, les lignes rouges, vous avez commencé à les évoquer. S'il y en avait une à retenir, puisque à la fin, avec Michel Barnier, il y en a eu une qui a fini par tout définir. Donc, quelle est la ligne rouge absolue qu'il faut regarder, de votre côté ?
Eh bien, typiquement, lors du prochain projet de loi budgétaire, que ce soit la loi spéciale cet après-midi, il n'en sera pas question, une loi rectificative ou une nouvelle loi de finances initiale, s'il y a de nouveau la non-indexation des retraites, donc si de nouveau le gouvernement s'attaque, comme le gouvernement précédent, aux retraites, eh bien, il y aura censure. Si ce gouvernement renonce à s'attaquer aux retraites, typiquement, nos lignes rouges ne changeront pas, donc il n'y aura pas de censure.
On reste ensemble. Il y a Jean-Marie Le Gouen sur le plateau qui souhaite vous poser une question.
Oui, donc, si je comprends bien, c'est le projet de loi de finances qui sera l'élément de jugement de votre attitude et, singulièrement, la question des retraites. C'est bien ce qu'il faut comprendre de votre intervention. Ça exclut donc d'autres attitudes, ce qui semble être d'ailleurs le cas aujourd'hui, puisque vous avez déclaré qu'il n'y aurait pas de motion de censure a priori.
Oui, il n'y aura pas de motion de censure a priori. Après, nous serons vigilants sur les deux autres thématiques, mais qui viendront au fil du travail législatif, c'est-à-dire la thématique de la sécurité et la thématique de l'immigration.
Dominique Sou également souhaiterait vous poser une question.
Oui, donc, dans la continuité de ce que vient de dire Jean-Marie Le Gouen, est-ce que vous avez mentionné cette ligne rouge sur les retraites ? Honnêtement, on n'imagine pas, ou difficilement, Michel Barnier, revenir à la revalorisation des retraites prévues par son prédécesseur. On restera très probablement sur la revalorisation de 2,2%. Est-ce que les lignes rouges sur les médicaments, le remboursement des médicaments, et la ligne rouge sur les taxes sur l'électricité, elles sont maintenues pour vous ? Est-ce que vous en fixez d'autres ?
C'est-à-dire qu'on a eu l'impression, quand même, dans la période précédente, que chaque jour apportait une nouvelle ligne rouge, puisque vous aviez quand même décidé de voter la censure. Quelles sont vos nouvelles lignes rouges budgétaires ?
Alors, nous n'avons jamais ajouté de lignes rouges. Les lignes rouges, tant sur le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la sécurité sociale, comme il y avait deux projets de loi, évidemment, on avait pu avoir l'impression que toutes les lignes rouges n'étaient pas alors qu'elles étaient fixées depuis le début, sauf que chacune concernait un projet de loi différent. Aucune n'a été ajoutée. Donc, je le répète, et évidemment, tout ça est sous réserve de ce que diront Marine et Jordan. Mais, les lignes rouges qui ont été acquises, qui n'ont pas été franchises par le gouvernement Barnier, il n'y a pas de raison qu'elles soient franchises par M. Bayrou.
Donc, elles ne bougeront pas. Et, par définition, elles ne seront pas franchises. Donc, à partir de là, j'ai envie de dire que tout va bien. Donc, il n'y en a pas de nouvelles ? C'est ça le sens de ma question. Vous le dites vous-même. Ce serait bizarre que M. Bayrou refasse exactement la même erreur que M. Barnier. Donc, à partir du moment où tout ce que l'on vient d'évoquer, tous ces sujets, c'est-à-dire santé, retraite, on avait le coût du travail et le coût de l'énergie, vu que tout cela a été soit acquis, d'ores et déjà, dans les négociations avec M.
Barnier, ou sur les retraites, eh bien, maintenant, je ne pense pas que le Premier ministre refra l'erreur, à partir de là, il n'y aura pas, évidemment, de conditions supplémentaires.
Par exemple, les trois jours de carence pour les fonctionnaires, ça, vous soutenez ? Si François Bayrou les reprend ?
A priori, puisque ça ne faisait pas l'objet d'une censure, ce n'est pas une condition, et ça ne devait pas faire l'objet d'une censure il y a quelques semaines, ça ne fera pas plus l'objet d'une censure, cette fois-ci.
C'est l'heure de la boîte à archive. Vous restez avec nous, regardez-la attentivement. Elle vous concerne, bien évidemment. La boîte à archive. Revenons sur un épisode marquant de la campagne présidentielle de 2022. On est à cinq jours de la date limite pour recueillir les 500 signatures indispensables pour se présenter. Votre candidate, Marine Le Pen, est en difficulté. Il lui en manque encore 86 des signatures. Et c'est là, c'est là que François Bayrou décide de lui venir en aide. On est le 27 février 2022.
Je ne me défilerai pas. Alors qui allez-vous sauver, entre guillemets ? On va sauver ceux qui, pour l'instant, ne les ont pas. Et après, il y aura peut-être des signatures pour les autres. Et moi, j'ai en effet décidé de prendre ma part de cette charge. Et ça ne correspond pas exactement aux rêves que j'ai de l'engagement politique. Je donnerai ma signature à Mme Le Pen. Donc aujourd'hui, vous nous annoncez François Bayrou que vous. Vous allez parrainer, en tant que maire de peau, Marine Le Pen. J'avais dit, je ferai ce que je demande aux autres de faire. Pourquoi Marine Le Pen ? Je ne vais pas, parce que c'est elle qui manque une voix de plus. Et puis parce qu'elle est en tête au sondage.
Vous lui êtes redevable à François Bayrou ?
Non, en aucun cas. François Bayrou a fait un choix républicain. Il n'a pas été le seul à l'époque. En effet, il vient de le dire, c'est factuel. Marine Le Pen était en tête dans les sondages. Elle était la principale candidate dans cette élection. Elle n'allait pas se planter. C'était une démocratie qui aurait mis en danger notre pays. Donc, il a fait ce qu'il fallait faire. Il n'a pas été le seul. Des dizaines d'élus qui ne partageaient pas nos idées, ni de près, ni de loin, l'ont fait.
Je me souviens notamment dans ma région, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, il y a eu plus d'une trentaine de parrains qui ne partageaient pas nos opinions, dont Renaud Muselier, le président macroniste de la région, et dont je suis le principal opposant. Et pourtant, il avait apporté son parrainage à Marine Le Pen. C'était un parrainage républicain. Donc, nous saluons cette attitude républicaine. Mais évidemment, il n'y a pas de prêter pour rendu.
Franck Alizio, il y a une petite chose qu'on est plusieurs à avoir remarqué, c'est que vous critiquez son prédécesseur à François Bayrou pour avoir été issu du cinquième groupe politique possédant le plus de députés à l'Assemblée. C'était pour la droite républicaine 47 élus. Le Modem, il ne compte que 36 députés. Il est au septième rang. Et pourtant, il n'a pas droit aux mêmes critiques. En quoi il n'est plus, pardonnez-moi, mais RN acceptable, RN compatible, pourquoi n'a-t-il pas droit aux mêmes critiques ?
Il ne vous a pas échappé, dans le premier extrait que vous avez diffusé, que Jordan Bardella n'était pas particulièrement tendre avec François Bayrou. Donc, sur les critiques, nous serons également critiques. Jordan l'a été dans l'extrait que vous avez cité. Cette critique reste entière, évidemment. Ce gouvernement sera minoritaire. Et il sera adossé à une minorité parlementaire. Et cela pose un problème démocratique. Maintenant, ce problème démocratique n'a pas été créé par nous, mais par la dissolution, donc par le problème public. Il ne pourra pas être solutionné directement par nous, mais par soit une dissolution, mais avec au préalable changement de mode de scrutin.
Sinon, ça n'aboutira à rien. Et de toute manière, la prochaine dissolution ne pourra avoir lieu, vous le savez, qu'à partir de l'été prochain. Sinon, il y a une éventuelle démission du président public, mais qui ne me semble pas à l'ordre du jour. Donc, ce problème existe, nous continuons à le souligner, mais malheureusement, le pays doit vivre avec jusqu'à nouvel ordre.
Tristan Bannon, une dernière question pour vous. Oui, M. Alizio, en restant sur ces questions de compatibilité avec le Rassemblement national, est-ce que la présence ou l'absence de certains ministres pourrait être de nature à vous satisfaire ? Par exemple, Bruno Retailleau. Pardon, j'y vais jusqu'au hasard.
Alors, comment dirais-je ? La présence ou l'absence de Bruno Retailleau ne sera pas une ligne rouge. Après, nous préférons la présence de Bruno Retailleau dans l'intérêt de la France, dans un gouvernement, plutôt que celle de M. Dupont-Moretti, par exemple. Je prends un exemple que tout le monde peut me comprendre aisément. En revanche, il y a des personnes qui, de par la politique, qui mèneront de par ce qu'ils incarnent et ce qu'ils défendent.
Eh bien, nous ne souhaiterions pas, je cite l'exemple du Pond-Moretti, ça fait partie des personnes dont on avait dit s'il y a du Pond-Moretti dans un gouvernement, alors ça veut dire beaucoup de la politique de ce gouvernement, notamment en matière de justice, de police et donc de sécurité. Et donc, nous censurions ce gouvernement. Voilà, c'est de telles limites qui existent. Mais non, on ne va pas demander la présence absolument de quelqu'un au sein du gouvernement. Nous ne faisons pas le gouvernement avec le Premier ministre. En revanche, nous avons des personnes qui incarnent une politique qui serait incompatible avec même une non-censure.
Par exemple ? Allez-y, Tristan Manon, par exemple ? En dehors de M. Dupont-Moretti ?
J'ai cité M. Dupont-Moretti, il y en aurait d'autres, mais là, je ne suis pas... Ces questions-là, il faut les poser directement à Marine Le Pen, puisque je n'ai pas la liste exhaustive.
On tentera de lui poser...
C'est un exemple qui permet de comprendre, en termes de principes même, pourquoi nous ne pouvons pas censurer un gouvernement avec un ministre de la Justice de cet acabit.
On tentera de lui poser la question à la sortie de son rendez-vous à Marine Le Pen. Merci beaucoup, Franck Alizio, d'avoir été avec nous pour répondre à nos questions ce matin. Merci beaucoup.
Merci à vous. Merci à vous.
Franck Allisio