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InterviewLe Média (sur YouTube)· 23 décembre 2021 47 minComplaisantMixteSécuritéSolidarités & familleTravail & emploiÉconomie & entreprises

2021 : BILAN D'UNE ANNÉE DE CRISES ET DE COMBATS | Contre-Matinale #62 (Replay)

Source d'origine 2 locuteurs

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Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 34 %Attaque 43 %Défensif 24 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 12:33OuverteRéponse directe

    Alors, je voulais savoir si à ton avis sa transformation en candidat sérieux pouvait-elle être anticipée et comment l'expliquer ?

  • 16:22OuverteRéponse directe

    Est-ce que la libération de la parole et des violences de l'extrême droite est-elle à mettre directement en relation avec l'ascension politique d'Éric Zemmour ?

  • 19:08OuverteRéponse directe

    Alors je voulais savoir à ton avis pourquoi Éric Zemmour désavoue-t-il désormais les ultras ?

  • 22:18OuverteRéponse directe

    Alors tu évoquais aussi dans ton bilan de l'année 2021 la réforme de l'assurance chômage par Emmanuel Macron également la réforme des APL et tu disais ce sont des réformes du président des riches donc cette qualification qu'il a rejetée lors de son interview récente sur TF1

  • 25:22OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce ne sont pas aussi des signaux envoyés au patronat dans la période du quad qui l'en coûte ou par exemple la réforme des retraites n'a pas pu arriver à son terme parce que ce n'est pas une réforme à but idéologique à but de communication vis-à-vis du patronat parce qu'a priori le regard du Covid qui arrive là rend tout ça absurde en réalité de s'attaquer par exemple même la réforme de l'assurance chômage en l'ordre d'une période encore où il y aura des restrictions etc.

  • 27:22OuverteRéponse directe

    Alors crise sanitaire c'est pour toi le troisième gros point de l'année c'est la crise sanitaire le vaccin et la dérive autoritaire alors le directeur général de l'OMS est venu un peu à ton secours en jetant une sorte de pavé dans la mare et disant que les doses de rappel ne nous sauveront pas quelque part est-ce que la crise sanitaire n'est pas une sorte de pendant de la crise écologique c'est-à-dire en fait une crise où les combats ne peuvent être que mondiaux et font face justement à la rapacité déjà au nationalisme à leur force et aussi à la rapacité du capitalisme

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44PrésentateurChiffre
    « Nous sommes aujourd'hui à un peu moins de 40 000 euros et nous espérons atteindre notre deuxième objectif, c'est-à-dire 50 000 euros, en guise de cadeau de Noël. »
  • 23:42InvitéChiffre
    « 23% des bénéficiaires de l'APL ont eu une baisse de 73% de 73 euros pardon de leur aide »
  • 23:48InvitéChiffre
    « 400 000 allocataires ont tout simplement perdu leurs droits »
  • 24:43InvitéChiffre
    « 45% des chômeurs ne sont déjà pas indemnisés »
  • 25:03InvitéChiffre
    « quasiment 400 000 vont voir leurs aides baisser de 40% »
  • 25:08InvitéChiffre
    « 3000 chômeurs dont la baisse serait de 80% »
  • 28:43InvitéChiffre
    « où seulement 25% de la population est vaccinée »
  • 28:52InvitéChiffre
    « si on prend les pays riches c'est 143 doses pour habitants et les pays forts c'est 7 doses pour 100 habitants »
  • 29:33InvitéChiffre
    « Pfizer, BioNTech, Moderna c'est 1000 dollars par seconde »
  • 31:13InvitéChiffre
    « quasiment un million de doses »
  • 30:52InvitéFait
    « les citoyens à juste titre se disaient mais comment ça se fait que l'Union Européenne qui finance la recherche achète des doses participe à la création du vaccin comment ça se fait que les représentants des citoyens européens n'aient pas accès au contrat »
  • 31:06InvitéFait
    « le fait de ne pas donner de doses aux pays les plus forts ou de les donner au dernier moment »
  • 31:11InvitéFait
    « le Nigeria a dû brûler quasiment un million de doses »
  • 39:58InvitéChiffre
    « c'est 1% »
  • 43:46InvitéChiffre
    « on a eu 1000 euros donc on connait le prix de notre vie »

Temps de parole

  • Présentateur44 %
  • Invité34 %
  • Invité 222 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Présentateur

Salut à toutes et à tous et bienvenue sur le plateau du Média TV. Nous sommes le jeudi 23 décembre 2021 et c'est la dernière contre-matinale de l'année. Oui, nous prenons des congés, mais pendant ces congés, le Média ne s'arrête pas tous les jours. Ou presque, vous aurez droit à de nouveaux contenus sur notre site Internet et notre antenne YouTube. L'équipe de la contre-matinale reprendra des forces pour revenir dès le lundi 3 janvier. Et notre collecte de fonds de fin d'année, importante, cruciale même, pour maintenir l'équipe en l'état et la renforcer en cas de frange réussite, et bien notre collecte de fonds de fin d'année continue.

Nous sommes aujourd'hui à un peu moins de 40 000 euros et nous espérons atteindre notre deuxième objectif, c'est-à-dire 50 000 euros, en guise de cadeau de Noël. La contre-matinale du Média, épisode 62, c'est parti. Aujourd'hui, nous aurons deux invités, les deux par visio. D'abord, notre camarade Thomas Porte, président de l'Observatoire national de l'extrême droite, qui fera son bilan de l'année politique 2021. Un bilan qui tient pour lui en quelques expressions clés. Montée d'Éric Zemmour et des violences d'extrême droite, réforme de l'assurance chômage et des APL, crise sanitaire, vaccin et dérive autoritaire.

Nous continuerons avec Stéphane Desgranges, délégué syndical CGT Carrefour Ivry, qui nous parlera de la grève de fin d'année qui secoue depuis vendredi un certain nombre de grandes surfaces Carrefour-Auchan, n'étant pas en reste par ailleurs. Une occasion de plus de nous rappeler qu'en ce temps d'inflation et de hausse de prix, le combat pour les hausses des salaires, au moins au niveau de l'inflation, ce combat sera central en 2022. Mais avant de les écouter, place à la titrologie. Une fois n'est pas coutume, des reportages à l'étranger occupent la une de deux de nos quotidiens nationaux. Afghanistan, la faim. F-A-I-M. C'est le titre de libération.

Le quotidien de centre-gauche nous conduit dans un pays qui a, explique-t-il, plongé dans l'abîme. Pénurie de nourriture, infections, dévaluation de la monnaie, sanctions internationales, la coupe est pleine dans un pays mis en coupe réglée par les talibans. L'envoyé spécial du journal raconte son quotidien auprès des afghanes, condamnés à mener des vies clandestines et à étudier dans des écoles informelles, puisque les talibans leur refusent le droit à l'éducation.

La croix de son côté nous prend par le bras et nous amène à la rencontre des chrétiens de Syrie, des chrétiens qui songent de plus en plus à partir après dix ans de guerre et un quotidien fait de privations aggravées par les sanctions internationales. Le pays compte aujourd'hui 140 000 familles chrétiennes contre 560 000 en 2010. Alors que les décorations de Noël s'intillent dans nos rues, le Figaro se fait alarmiste et titre « La France sous la menace de coupure d'électricité ». Mais qu'est-ce qui se passe ? Un quart des réacteurs nucléaires exploités par EDF, c'est-à-dire 15 en tout, sont mis à l'arrêt forcé pour des raisons techniques et de sécurité.

Et en plus, vu que l'hiver est plutôt froid, les besoins en électricité sont plus importants. La France paye aussi le prix de son retard dans le développement des énergies renouvelables, écrit le Figaro. Le variant Omicron est la vedette à la une du monde de l'humanité et des échos. Pour le monde, Omicron contraint l'exécutif à durcir sa stratégie. Le monde évoque l'option d'un couvre-feu pour le nouvel an et évoque aussi de nouvelles mesures restrictives sur lesquelles planche le Conseil scientifique.

Le monde explique également qu'après les syndicats de patrons et de salariés du privé, la fonction publique se montre elle aussi réticente à l'instauration du pass sanitaire dans les lieux de travail. Pourquoi Omicron complique tout ? C'est le titre de l'humanité. Omicron serait plus transmissible et moins sensible aux vaccins, même s'il continue à être assez efficace contre les formes graves. Je parle des vaccins. L'humanité, le quotidien d'inspiration communiste, donne la parole au virologue Étienne de Croly qui explique que le risque de réinfection est 3 à 4 fois plus élevé avec Omicron ou Omicron ou Omicron ou en tout cas pas Oh My God.

De son côté, le quotidien économique les écho titrent le retour en force du télétravail alors que le gouvernement encourage une pratique du télétravail 3 à 4 fois par semaine pour les salariés et les entreprises qui le peuvent. A noter aussi cette dépêche de l'AFP reprenant les propos de Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS, et ce dernier est catégorique. Je le cite. « Aucun pays ne pourra se sortir de la pandémie à coup de doses de rappel et les rappels ne sont pas un feu vert pour célébrer comme on l'avait prévu » a-t-il dit.

Et il a ajouté, et je le cite, « Les programmes de rappel sans discernement ont toutes les chances de prolonger la pandémie plutôt que d'y mettre fin en détournant les doses disponibles vers les pays qui ont déjà des taux de vaccination élevés, offrant ainsi au virus plus de possibilités de se répandre et de muter. Effet douche froide garantie. » Du côté de la presse indépendante en ligne, je voudrais effectuer un focus sur trois articles. D'abord, cette enquête de nos camarades de Street Press, dont le titre est « De Bruno Maigret au Parti de la France, l'arme secrète, l'armée secrète » d'Éric Zemmour.

Une armée constituée de membres de groupuscules d'ultra-droite dissous en raison de leur radicalisation dangereuse pour la paix civile. Des groupuscules comme « Génération identitaire » dans les ex sont comme « À la maison, chez Zemmour » nous apprend Street Press. Éric Zemmour échange aussi des textos avec Thomas Jolie, leader du micro-parti ultra-nationaliste Parti de France. Des infréquentables qui gênent les notables de la manif pour tous et de la droite conservatrice qui ont choisi Zemmour. Les hommes de Bruno Maigret, l'ancien numéro 2 de Jean-Marie Le Pen, sont également au cœur de la machine Zemmour.

Zemmour qui a d'ailleurs publié la nuit dernière un communiqué pour se dissocier de ce qu'il appelle les ultras, qu'il compare à des hooligans et qu'il associe aux antifas comme pour les mettre dos à dos. Les deux articles qui suivent sont de Mediapart, régional et départemental, révélation sur de faux électeurs à Toulon. C'est le titre d'une enquête du quotidien en ligne cofondée par Edwin Plenel. Ça se passe dans un bureau de vote où les candidats LR, Renaud Muselier et Michel Bonus, ont réuni plus de 85% des voix.

Les habitants ont expliqué, élément de preuve à l'appui, précise Mediapart, qu'ils ne se sont jamais rendus aux urnes alors que selon les registres électoraux, eh bien, ils ont voté. Mediapart écrit, et je cite, « Gribouillis, grossiers, signatures différentes entre les élections régionales et départementales ou entre le premier et le second tour. Parfois, pour une seule personne, nous avons identifié quatre signatures distinctes. » Cette étude nous a permis d'isoler un groupe de 72 électeurs présentant des signatures illogiques, qui a dit que la technologie électorale était réservée uniquement aux républiques bananières.

Afrique, Emmanuel Macron aura-t-il la peau, a-t-il eu la peau de Vincent Bolloré ? On pourrait le penser en lisant le long et très riche papier de la journaliste économique Martine Orange en service à Mediapart. Son titre, « Le groupe Bolloré tire un trait sur l'Afrique. » Mediapart écrit, et je lis, « Le groupe de Vincent Bolloré a annoncé le 20 décembre être entré en négociation exclusive avec MSC, son ennemi irréductible jusqu'alors, en vue de lui céder toutes ses activités de transport et de logistique en Afrique. » Avec cette session, une page tourne pour le groupe, mais aussi pour toute la France-Afrique. En effet, cette session est un véritable séisme.

L'emprise de Vincent Bolloré sur les économies des pays d'Afrique subsaharienne francophone est longtemps passée, dans un premier temps, par son contrôle quasi absolu des ports, des réseaux de chemin de fer et plus généralement de la chaîne logistique. Pourquoi Vincent Bolloré abandonne-t-il sa poule aux odeurs, l'Afrique, qui, selon une étude BNP Paribas datant de 2013, lui rapporterait 80% de ses bénéfices ? C'est à cette question que répond l'article de Martine Orange.

Et en premier lieu, elle identifie la concurrence, avec l'arrivée des Chinois, des Émiratis et des Qataris, pour lesquels l'unité de compte des investissements est le milliard, selon un connaisseur du dossier interrogé par Mediapart. Mais en second lieu, Bolloré se sent lâché par la France, par l'État français. C'est parce qu'il assurait le rôle d'intermédiaire entre les pouvoirs français et africains, encore plus après la disparition de Jacques Faucard et de Charles Pasquois, que l'industriel breton avait la côte dans les palais du continent et pouvait gagner des marchés de gré à gré, sans appel d'offres.

Or, Vincent Bolloré se rend compte qu'avec Emmanuel Macron, ça ne marche pas, comme avec ses prédécesseurs. Emmanuel Macron pousse manifestement les intérêts du groupe Italo-Suisse MSC, le grand rival du groupe Bolloré. MSC, auquel est connecté par des liens familiaux et professionnels, le secrétaire général de l'Élysée, le fameux Alexis Kohler, souvent décrit comme le vice-président. Mediapart rappelle que Bolloré a accusé l'Élysée de jouer contre lui et pour MSC sur les ports de Lomé au Togo et le Douala au Cameroun. Il pointe les diplomates français ainsi que les cadres de l'Agence française de développement.

Il se trouve que l'Agence française de développement est dirigée par Rémi Rioux, un ami proche de Alexis Kohler, pour Bolloré, ces péripéties ont une odeur de grand remplacement, si on peut se permettre. Alors, quand au final, Bolloré est mis en examen pour corruption dans l'attribution de concessions portuaires au Togo et en Guinée et que la justice française refuse dans une sorte de coup de tonnerre d'accepter son plaidé coupable, son offre de plaidé coupable permettant d'éviter un procès et de sauver la face, il estime que la coupe est pleine.

On rappelle que dans une grande enquête, le Monde présentait la candidature d'Éric Zemmour comme le signe de la grande colère de Bolloré contre Macron. En tout cas, au final, c'est avec MSC, l'ennemi juré, le préféré de la Macronie, que Vincent Bolloré a choisi d'entrer en négociation exclusive pour la reprise de son joyau africain.

Vincent Bolloré cèdera donc à ses fils un empire recentré sur les médias et le divertissement en France où il a repris les actifs de la Gardère, notamment Europe 1, Paris Match et le Journal du Dimanche, mais aussi en Afrique, où Canal Plus est un des leaders de la télévision payante et contrôle les filiales Universal Music ainsi que les salles de spectacle Canal Olympia, après avoir contrôlé la circulation des marchandises. Le groupe Bolloré va y contrôler de plus en plus la circulation des idées et des produits culturels. L'enjeu sera d'observer s'il essaiera de fabriquer des petits Éric Zemmour en Afrique pour pérenniser son influence.

On passe désormais à notre conversation à distance, une fois n'est pas coutume, avec notre ami du matin, Thomas Porte, président de l'Observatoire national de l'extrême droite et tout nouveau membre du Parlement de l'Union Populaire. Thomas Porte va esquisser pour nous ce qu'il considère comme le bilan de l'année politique 2021. Bonjour Thomas. Salut. Comment tu vas ? Ça va, merci et toi ? Ça va, ça fait bizarre de t'avoir à distance, mais on va faire avec.

Alors, dans l'équipe de la contre-matinale, nous avons eu envie de faire le point à l'occasion de cette dernière contre-matinale de l'année, sur 2021 justement, et nous nous sommes tournés vers toi et tu as évoqué assez spontanément quelques expressions clés. Montée d'Éric Zemmour et des violences d'extrême droite, réforme de l'assurance chômage et des APL, crise sanitaire, vaccins et dérives autoritaires. On va commencer par parler d'Éric Zemmour qui est pour toi un des phénomènes de l'année 2021. Alors, je voulais savoir si à ton avis sa transformation en candidat sérieux pouvait-elle être anticipée et comment l'expliquer ?

12:45
Invité

Je pense qu'elle pouvait être anticipée puisque ça fait des années en vérité que Vincent Bouloré, tu l'as cité dans ta revue de presse, prépare un projet politique d'extrême droite avec la même mise sur ITV à l'époque qu'il a transformé en CNews où il a mis en scène Éric Zemmour sans contradicteur tous les soirs à la télé. Il a repris Europe 1 il y a quelques mois pour en faire là aussi une chaîne de propagande au sein de son service politique. Et le phénomène Éric Zemmour, il n'est pas à l'œuvre simplement depuis qu'il est candidat à l'élection présidentielle depuis quelques semaines.

Il est à l'œuvre depuis plusieurs années, depuis qu'on lui donne un plateau ouvert à la télé, à la radio et dans les colonnes du Figaro pour déverser son idéologie de haine et son idéologie d'extrême droite. Donc c'est un phénomène qui ne fait que être en mouvement depuis des années et qui aujourd'hui trouve une traduction politique avec une candidature à l'élection présidentielle qui pose problème au regard de ce qu'elle entraîne comme conséquence. On va en parler des violences qu'il y a dans la société. Mais la réalité, c'est qu'en France, aujourd'hui, en 2021, on a deux candidats d'extrême droite qui pèsent 30% dans les sondages.

Donc c'est un véritable danger pour notre pays, pour la démocratie, pour la République et pour toutes celles et ceux qui sont attachés aux valeurs de notre pays.

13:51
Présentateur

Et si on en est là, en fait, c'est parce que, quelque part, la grande bourgeoisie, la bienvenue ainsi, a mis en lumière Éric Zemmour et a laissé prospérer avant Marine Le Pen. Alors, comment expliquer tout ça ? Comment expliquer cette passion, cette tendance naturelle à faire prospérer des thèses qui, finalement, jurent avec l'histoire de la France dans ses aspects les plus lumineux ?

14:19
Invité

Je crois qu'il y a une rupture qui s'est opérée avec le quinquennat de Nicolas Sarkozy parce qu'il faut remonter jusque-là, où, avant, la droite, ce qu'on appelait la droite républicaine, avait quand même mis des digues avec l'extrême droite et avec toutes celles et ceux qui se revendiquaient presque de l'héritage de Vichy, de thèses négationnistes, réactionnistes. On n'avait jamais vu, par exemple, des représentants de la droite républicaine parler avec Renaud Camus, échanger avec des groupuscules identitaires.

Et Nicolas Sarkozy, lui, d'ailleurs, il s'est empressé de s'entourer de gens qui revendiquaient ces idées-là, et notamment Patrick Buisson qui est un Maurassien et qui était la plume de Nicolas Sarkozy. Et Sarkozy s'est revendiqué de cette identité réactionnaire et antirépublicaine et il a dressé les ponts entre une partie de la droite et une partie de l'extrême droite en utilisant à l'époque, il faisait déjà les mêmes comparaisons qu'Éric Zemmour, c'est-à-dire la chasse au Rhum, la remise en cause de l'immigration, des attaques sur l'islam, sur l'insécurité, un imaginaire autour d'étrangers délinquants.

Tout ça a créé un tissu qui permet aujourd'hui à Éric Zemmour de pousser les feux encore plus loin. Et on voit ce qui se passe avec le débat des Républicains. Je l'ai déjà dit sur votre chaîne, mais le cœur des débats entre Éric Ciotti, Valérie Pécresse et les autres candidats à la primaire ont été gangrénés par les thèmes d'Éric Zemmour, par les thèmes de l'extrême droite. Donc il y a un glissement idéologique qui est aujourd'hui très fort. Et on est ouvertement dans une période qui est extrêmement dangereuse parce que souvent on utilise le mot de fascisme ou de pré-fascisme, mais on est dans une période avec un candidat, Éric Zemmour, qui porte un projet ouvertement fasciste.

Et il y a un historien très connu qui s'appelle Robert Paxton qui dit que les fascistes sont proches du pouvoir lorsque les conservateurs commencent à emprunter leur méthode, font appel à leur passion mobilisatrice et essaient de capter leur clientèle fasciste. Et c'est aujourd'hui ce qui se passe, c'est-à-dire que la droite, elle chasse sur les terres de l'extrême droite. Une partie du gouvernement a repris une rhétorique de l'extrême droite. Donc tout ça pousse le curseur de plus en plus loin et favorise la montée de l'extrême droite dans ce pays avec les conséquences qu'on connaît, qu'elles soient idéologiques et aussi violentes dans le passage à l'acte quotidien.

Je ne sais pas si on va en parler, mais... Justement,

16:22
Présentateur

est-ce que la libération de la parole et des violences de l'extrême droite est-elle à mettre directement en relation avec l'ascension politique d'Éric Zemmour ? L'actualité, d'ailleurs, nous donne encore un exemple avec, disons, des violences et des dégradations qui ont été faites devant le domicile de Sandrine Rousseau. Est-ce que, Sandrine Rousseau, dont tu étais le porte-parole et que tu as eu au téléphone, est-ce qu'il y a un lien entre, disons, la montée en puissance d'Éric Zemmour et cette, disons, ce sang-gène et cette, comment dire, cette hardiesse de l'extrême droite, de l'extrême droite violente dans la rue ?

17:02
Invité

Le lien, il est évident puisqu'on a une...

On a un candidat qui est le candidat de la haine qui tient des discours de plus en plus violents qui, lors de son meeting à Villepinte où des militants d'SOS Racisme sont passés à tabac et on voit le service d'Ordre d'Éric Zemmour à les féliciter celles et ceux qui les ont passés à tabac et quand vous avez à longueur de journée un candidat, son entourage qui propage des discours de haine qui souffle sur des braises qui sont déjà ardentes, ça encourage au passage à l'acte et c'est vrai, tu l'as dit, on vient de vivre aux 72 heures, on a eu quand même Alexis Corbière, Raquel Garrido, y compris des militants antifascistes, des Tunisiens, des Algériens, la terminologie bou-nul qui a été reprise qui ont été menacés de mort par des soutiens d'Éric Zemmour, on a le domicile de Sandrine Rousseau qui a été attaqué en pleine nuit par des soutiens d'Éric Zemmour, on a la permanence du député insoumis Andréen Katnens qui a été aussi dégradé avec des autocollants d'Éric Zemmour, donc on voit que derrière les attaques qui sont faites, il y a des soutiens de ce candidat-là.

Il a beau dire sur les réseaux que ce n'est pas son problème, qu'il ne les reconnaît pas, c'est en son nom qu'il commette des actions et ce n'est pas la première fois, on a déjà eu, il y a quelques semaines, des gens qui s'entraînaient à tirer sur des cibles racistes qui revendiquaient être des soutiens d'Éric Zemmour. On a une boucle Télégram qui a créé des menaces de mort sur Jean-Luc Mélenchon, Daniel Ebono, Tahabouas, qui a dit qu'ils étaient présents au sujet de campagne d'Éric Zemmour lors du lancement de sa campagne.

Donc on voit que le discours que porte ce candidat-là, qui est un discours de haine, qui est un discours fasciste, encourage cette montée de la tension et un passage à l'acte de plus en plus violent, dans un silence, il faut le dire aussi, assourdissant du gouvernement et des représentants politiques de ce pays. On n'a pas vu depuis hier un membre du gouvernement adresser publiquement un mot à Sandrine Rousseau, par exemple. Très peu se sont exprimés pour condamner les violences qui ont été faites contre Alexis Corbière et Raquel Garrido et les menaces de mort sur Internet. Donc tout ça interroge sur le climat, tout ça interroge sur ce qui se passe.

Et moi, je lance un peu une alerte aujourd'hui. Si on ne prend pas garde, jusqu'où ça va aller ? Quelle est la prochaine étape après l'attaque du domicile d'une personnalité politique ?

19:02
Présentateur

D'autant plus qu'on entre dans une année électorale et dans une année électorale où tous les coups semblent permis. Alors je voulais savoir à ton avis pourquoi Éric Zemmour désavoue-t-il désormais les ultras ? Ce qu'il appelle les ultras, un communiqué qu'il a publié hier nuit, et des ultras qu'il se presse de comparer aux antifas.

19:21
Invité

Il les désavoue du bout des doigts et du bout de la langue en voyant de dos les militants antifascistes et les militants qu'on qualifie d'ultra-droite, d'extrême-droite. Donc on voit que c'est une opération de communication qui vise à essayer un peu de se détacher de ces mouvements ultra-violents qui sont de plus en plus nombreux, qui passent de plus en plus à l'acte et dont on voit quand même les liens qu'il y a avec ce candidat-là, avec le programme d'Éric Zemmour, avec sa propagande, avec ses discours.

Et il y a quand même, je considère aujourd'hui qu'il y a une majorité dans l'opinion publique, une majorité de citoyens et de citoyens quand ils regardent ce qui se passe aujourd'hui sur le territoire, quand ils voient que des gens sont arrêtés parce qu'ils sont en train de s'armer avec des échanges en disant qu'il faut s'attaquer à des musulmans, que la France est en train d'être victime du grand remplacement. Il y a quand même une majorité de gens aujourd'hui qui ne se reconnaît pas dans ces propos-là et qui ne veulent pas d'un pays où la violence est la règle, qui ne veulent pas d'un pays où la stigmatisation est la règle.

Donc Éric Zemmour, il essaie de faire un peu de côté, mais on voit bien que cette opération de communication, elle n'est pas à la hauteur parce que, j'ai envie de dire ce communiqué de presse, il aurait dû le sortir par exemple dès le soir de son meeting à Villepinte où il y a eu des actions violentes et là il aurait dû dire je condamne les violences qu'il y a eu dans le cadre de mon meeting par des personnes présentes dans mon meeting et il ne l'a pas fait et il renvoie de à dos deux camps politiques qui ne sont absolument pas les mêmes dans la mouvance antifasciste ce sont des gens qui se battent pour des valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité, de solidarité et qui ne se reconnaissent pas dans l'idéologie du régime nazi alors qu'on sait qu'il y a des groupuscules qui naviguent autour d'Éric Zemmour qui sont des ardents supporters du régime d'Hitler de la nostalgie de Vichy qui sont des négationnistes, des révisionnistes on a quand même eu Renaud Camus qui est un des pères aussi de l'antisémitisme donc on voit que cette opération de communication elle a simplement pour objet de tenter de dédiaboliser un peu Éric Zemmour sur le modèle de ce qu'il y a

21:08
Présentateur

peut-être de se relancer un peu parce qu'il est plutôt à la peine dans les sondages ces derniers jours

21:14
Invité

il est à la peine mais il est quand même encore très haut dans les sondages au regard de ce que représente son projet politique et les dangers qu'il y a derrière et puis moi les sondages je m'en méfie aussi puisqu'on a vu depuis quelques temps qu'ils étaient désavoués dans les urnes mais voilà c'est une opération de communication qui est arrivée hier assez tard personne n'est dupe sur la réalité du candidat Éric Zemmour sur le programme Éric Zemmour et sur les gens qui l'entourent et qui le soutiennent d'ailleurs tout ce qu'il y a de pire dans les milieux d'extrême droite qui depuis des années n'osait plus s'exprimer publiquement étaient relégués aux arrière-bancs de ce pays sont en train de ressortir du bois prennent la parole pour appeler à voter Éric Zemmour tu as parlé tout à l'heure dans ton édito dans ta revue de presse par exemple de Thomas Jolie qui échange en direct avec Éric Zemmour il faut aller voir ce que sont ces gens-là il faut aller voir ce qu'elles disent ce qu'elles pensent sur les réseaux et il y a un véritable danger sur le régime démocratique de ce pays avec le programme d'Éric Zemmour s'il arrive ne serait-ce qu'au second tour et pire au pouvoir en 2022

22:16
Présentateur

Alors tu évoquais aussi dans ton bilan de l'année 2021 la réforme de l'assurance chômage par Emmanuel Macron également la réforme des APL et tu disais ce sont des réformes du président des riches donc cette qualification qu'il a rejetée lors de son interview récente sur TF1

22:35
Invité

Evidemment que ce sont deux réformes emblématiques du quinquennat d'Emmanuel Macron on fait le bilan de l'année donc on ne remonte pas jusqu'à 2017 mais je vais commencer par la réforme des APL puisque les APL c'est les aides personnalisées au logement c'est-à-dire c'est en fonction de vos revenus c'est une aide qui vous est fournie qui vous permet de payer une partie de votre loyer parce que vous n'avez pas les moyens de payer la totalité du loyer et Emmanuel Macron il s'est attaqué dès 2017 ce qui était un geste très fort c'est-à-dire une de ses premières décisions ça a été de baisser les APL de 5 euros 5 euros on peut se dire que ce n'est pas beaucoup mais pour les gens qui est aujourd'hui donc quasiment rien c'est énorme et c'était un signe politique très clair de dire je vais m'attaquer au plus précaire je vais m'attaquer au plus fragile au même moment où il allait mettre en place la suppression de l'ISF on en a souvent parlé qui faisait des cadeaux de milliers d'euros aux plus riches et la réforme de l'APL la dernière mouture elle a été mise en place au 1er janvier et on nous l'avait mis on nous l'avait vendu en tout cas comme une réforme d'égalité une réforme de justice sociale on a eu une étude qui est sortie il y a quelques semaines qui dit exactement le contraire c'est une réforme économique puisqu'on sait que par exemple 23% des bénéficiaires de l'APL ont eu une baisse de 73% de 73 euros pardon de leur aide et 400 000 allocataires ont tout simplement perdu leurs droits donc on voit que c'est un véritable sujet qui est très important parce que notamment des jeunes ont été impactés dans une crise sanitaire où ils ont été les premières victimes des suppressions d'emplois par exemple qu'ils avaient à côté de leurs études on a vu des gamins qui faisaient des queues devant les banques alimentaires pour se nourrir et on voit que cette réforme des appels elle a impacté les jeunes et le deuxième corollaire de ces réformes c'est évidemment la réforme de l'assurance chômage tu l'as dit qui est là une véritable réforme de classe et une réforme qui s'attaque à celles et ceux qui sont les plus fragiles qui sont en difficulté parce qu'on a une petite musique qui revient depuis quelques jours on a eu des éditorialistes on a eu Frédéric Hermel qui est un ancien journaliste sportif qui a ciblé les jeunes hier en disant que s'ils n'avaient pas de boulot ils ne se levaient pas assez on a eu Daniel Riolo qui est aussi un journaliste sportif qui s'est attaqué aux chômeurs alors que toutes les études le disent et la Dares le dit il y a quasiment 13 fois plus de chômeurs que d'offres d'emploi disponibles et on sait aujourd'hui que 45% des chômeurs ne sont déjà pas indemnisés et cette réforme de l'assurance chômage elle est absolument scandaleuse parce qu'elle vise à faire la chasse aux chômeurs et pas au chômage alors qu'on pourrait créer des emplois mais on s'attaque aux plus fragiles et les conséquences elles sont concrètes il faut quand même mesurer de quoi on parle il y a 1,15 million d'allocataires qui vont avoir une baisse en moyenne de 17% quasiment 400 000 vont voir leurs aides baisser de 40% et si on va refondre des choses on a 3000 chômeurs dont la baisse serait de 80% au moment où on est dans une crise économique majeure je crois que s'attaquer aux plus fragiles c'est véritablement un démarqueur de ce quinquennat-là c'est-à-dire une politique à destination des riches et faire les poches des plus fragiles en vérité

25:21
Présentateur

Est-ce que ce ne sont pas aussi des signaux envoyés au patronat dans la période du quad qui l'en coûte ou par exemple la réforme des retraites n'a pas pu arriver à son terme parce que ce n'est pas une réforme à but idéologique à but de communication vis-à-vis du patronat parce qu'a priori le regard du Covid qui arrive là rend tout ça absurde en réalité de s'attaquer par exemple même la réforme de l'assurance chômage en l'ordre d'une période encore où il y aura des restrictions etc. tout ça semble absurde et donc a priori on a l'impression qu'il y a un message qui est envoyé

25:54
Invité

bien sûr Emmanuel Macron c'est à la fois le candidat des riches c'est le candidat du patronat il n'est pas arrivé au pouvoir par hasard on se rappelle le nombre de une de journaux des revues de presse qu'il y avait eu sur lui pour le monter à ce stade-là on sait comment les levées de fonds de personnes qui ont beaucoup d'argent notamment de millionnaires et de milliardaires ont participé à son arrivée au pouvoir et cette réforme-là elle a évidemment un but de rassurer son électorat une partie de la droite et une partie du patronat en disant ne vous inquiétez pas tant que je serai aux affaires tant que je serai à l'Elysée vos intérêts de classe ils seront protégés et ma cible sera toujours les plus fragiles les plus précaires et vous pourrez continuer à exploiter les gens vous pourrez continuer à mettre des emplois qui sont mal rémunérés avec des conditions de travail dégradées parce que la réforme de l'assurance chômage c'est ça aujourd'hui on montre du doigt certaines personnes qui ne veulent pas prendre un emploi mais il y a des gens qui aujourd'hui refusent de prendre des emplois qui sont mal payés avec des horaires absolument incroyables avec des coupures en plein milieu de la journée qui vous obligent à traverser Paris en long, en large et en travers avec des conditions de travail qui sont indécentes donc plutôt que de créer des emplois de qualité on impose aux chômeurs aujourd'hui avec une réforme qui va les contrôler de plus en plus de prendre des emplois précaires et pourris pour continuer à alimenter des employeurs qui se servent de ces gens-là comme des gens qui sont corvéables donc c'est véritablement tu as raison une réforme de classe et une réforme à destination du patronat et du MEDEF pour dire ne vous inquiétez pas je suis votre meilleure représentante donc en 2022 il faut me faire réélire

27:20
Présentateur

Alors crise sanitaire c'est pour toi le troisième gros point de l'année c'est la crise sanitaire le vaccin et la dérive autoritaire alors le directeur général de l'OMS est venu un peu à ton secours en jetant une sorte de pavé dans la mare et disant que les doses de rappel ne nous sauveront pas quelque part est-ce que la crise sanitaire n'est pas une sorte de pendant de la crise écologique c'est-à-dire en fait une crise où les combats ne peuvent être que mondiaux et font face justement à la rapacité déjà au nationalisme à leur force et aussi à la rapacité du capitalisme

27:59
Invité

Oui, je crois que le directeur de l'OMS a eu des paroles encore une fois très fortes et très justes mais ce n'est pas la première fois depuis le début de la crise sanitaire et de la pandémie qui s'exprime avec des mots justes et en tirant la sonnette d'alarme parce qu'on voit bien aujourd'hui comment c'est en train d'être géré on a la troisième dose moi je ne suis pas opposé au vaccin je suis vacciné j'ai fait ma troisième dose il y a quelques jours donc je n'ai pas de soucis avec ça mais on voit bien que cette crise-là elle est mondiale tu l'as rappelé donc on ne peut pas la régler de manière nationale en simplement réadministrer des doses c'est ce qu'il dit il dit on ne va pas régler la crise sanitaire en mettant des doses tous les six mois commençons peut-être à fournir des doses aux pays aujourd'hui qui ne sont pas vaccinés on a un variant qui arrive qui a été détecté en Afrique du Sud où seulement 25% de la population est vaccinée si on prend le continent africain le taux de vaccination est extrêmement faible je l'ai souvent dit sur votre chaîne si on prend les pays riches c'est 143 doses pour habitants et les pays forts c'est 7 doses pour 100 habitants donc on voit bien qu'il y aura des variants qui vont continuer à arriver si on ne vaccine pas à l'échelle mondiale et pour l'instant on est face à un blocage c'est à dire qu'on est face au blocage de la levée des brevets qui est aujourd'hui mis en marche par les lobbies du Big Pharma qui ne veulent pas accéder à cette demande de différents gouvernements notamment des pays forts parce qu'il y a des questions financières derrière au moment où on parle Pfizer, BioNTech, Moderna c'est 1000 dollars par seconde alors qu'on sait que ces laboratoires ont été gavés d'argent public notamment pour participer à la recherche d'un brevet et d'un vaccin et c'est normal que l'argent public soit mis sur la table pour aider des entreprises à participer à la recherche mais il faut qu'il y ait un retour sur investissement j'ai envie de dire et ce qu'on demande depuis des mois c'est que le vaccin ce soit un bien commun pour l'humanité qui soit accessible à toutes les populations il ne se passe pas déjà trop tard

29:47
Présentateur

c'est à dire est-ce que finalement le caractère extrêmement visible des intérêts financiers dans cette affaire ne va pas accentuer la défiance des citoyens des pays pauvres vis-à-vis du vaccin même au cas hypothétique où on réussirait à diffuser ce vaccin à l'échelle mondiale et bien peut-être que il y aura déjà une telle défiance que ça ne fonctionnera pas c'est vraiment aujourd'hui toutes les peurs et toutes les angoisses sont alimentées par le caractère assez fou de cette rétention du vaccin parce qu'a priori si vous voulez vraiment sauver l'humanité vous comportez autrement

30:25
Invité

non mais tu as raison et puis cette défiance elle a commencé à être alimentée il y a déjà quelques mois je ne sais pas si tu te rappelles mais à l'époque ne serait-ce que les députés européens avaient dû mener une bataille de chiens pour avoir accès au contrat qui liait l'Union Européenne au laboratoire du Big Pharma pour savoir ce qu'il y avait dans les contrats pour savoir quelles étaient les clauses déjà ça c'était le premier élément de défiance parce que les citoyens à juste titre se disaient mais comment ça se fait que l'Union Européenne qui finance la recherche achète des doses participe à la création du vaccin comment ça se fait que les représentants des citoyens européens n'aient pas accès au contrat donc ça c'était le premier élément et le deuxième c'est véritablement le fait de ne pas donner de doses aux pays les plus forts ou de les donner au dernier moment on a découvert hier par exemple que le Nigeria a dû brûler quasiment un million de doses parce que les pays riches lui avaient transmis des doses parce qu'il voyait qu'elles étaient périmées dans quelques temps donc il s'est dit je vais les donner au Nigeria mais effectivement ce pays là n'avait pas le réseau de distribution pour les utiliser toutes dans le temps et même partie on a dû les brûler donc on s'est débarrassé de ces doses et on va faire porter la responsabilité sur le Nigeria qui a dû les brûler donc on voit que mis bout à bout la stratégie qui consiste à garder pour les pays riches des doses se protéger se servir en premier elle alimente une véritable défiance et ça il faut le casser parce qu'on a besoin de vacciner les gens et on ne va pas les vacciner de force on va les vacciner en leur expliquant pourquoi ils se font vacciner pourquoi c'est important et pourquoi il faut participer à l'effort collectif pour se protéger tous mais j'ai envie de dire ce régime autoritaire le fait de brutaliser les gens de les infantiliser et surtout de réserver une partie des doses et en vérité une partie de la protection mondiale aux plus riches alimente ce sentiment de défiance et c'est ça qui est terrible dans la période où on est où on a besoin de transparence d'explication parce qu'on n'est pas sorti de la crise et on a besoin d'avancer collectivement avec les citoyens et non pas avec des décisions qui sont prises à trois ou quatre sur le coin d'une table sans explication

32:20
Présentateur

ce sera le débat un des premiers débats de l'année 2022 avec donc la transformation du pass sanitaire en pass vaccinal qui va passer devant le parlement et les débats qui auront lieu à cette occasion merci beaucoup Thomas et à l'année prochaine ça marche bon courage salut alors on continue avec un entretien avec Stéphane Desgranges délégué CGT de Carrefour Ivry-sur-Seine Ivry-sur-Seine c'est un des sites de Carrefour entré en grève depuis vendredi dernier dans une période de fête où justement on dépense chez Carrefour sans forcément avoir à l'esprit le sort des travailleurs des supermarchés hypermarchés et centres commerciaux où l'on va mais regardons d'abord un petit magnéto qui nous rappelle que nous sommes dans une campagne de collecte de fonds de fin d'année qui conditionne très clairement notre sort en 2022 il n'y a plus que 8 jours pour financer notre QG de campagne notre premier palier de 30 000 euros a été atteint merci à vous nous sommes maintenant à près de 40 000 euros sur un objectif de 50 000 nous avons besoin de vous pour garantir une information indépendante différente sans pub ni grand mécène milliardaire voici notre clip

33:29
Invité

bonsoir Eric Zemmour bonsoir Marine Le Pen bonjour merci d'être avec nous ce matin vous êtes candidate à l'élection présidentielle il ne faut certainement pas accueillir ces migrants donc beaucoup sont potentiellement dangereux on les laisse mourir de froid derrière les barbelés mais bien sûr que oui mais bien sûr que oui

33:44
Présentateur

il faut que la police tire à balles réelles

33:46
Invité

ça rigole plus là reculez reculez salut à vous les matinaux

33:56
Présentateur

qui nous regardez en direct

33:57
Invité

bonjour à toutes et tous quel plaisir de vous retrouver

34:00
Présentateur

nous sommes sur le Média TV et c'est l'heure de la contre matinale retour sur le plateau on va continuer donc avec un entretien avec Stéphane Desgranges délégué CGT de Carrefour Ivry-sur-Seine un des sites où la grève des travailleurs de Carrefour contre leur employeur sont plein alors normalement Stéphane est au téléphone bonjour Stéphane

34:44
Invité

bonjour oui oui je suis là

34:46
Présentateur

alors je voudrais commencer par vous demander comment vous allez et où en est votre mouvement social

34:51
Invité

alors nous personnellement on va très bien on est un peu fatigué mais tout se passe bien donc nous le mouvement social s'est déroulé mardi dans notre magasin alors il y a un appel à la CGT dans tous les magasins Carrefour pour des mouvements de grève sur la semaine de Noël donc on est en plein dedans donc on est en action mardi et par la mobilisation des salariés et des soutiens de la CGT extérieure le magasin n'a pas ouvert mardi

35:22
Présentateur

ok et donc pourquoi les salariés de Carrefour sont-ils en colère j'ai entendu parler alors il y a

35:30
Invité

oui il y a beaucoup il y a beaucoup de raisons alors forcément il y a les raisons salariales c'est un peu le champ de bataille de tout le monde mais se rajoute par dessus ça un projet que Carrefour met en place depuis plusieurs années c'est la location-gérance donc nous on a été on a été cité depuis 2-3 mois on sait qu'on va passer officiellement en location-gérance courant 2022 donc nous le combat dans le magasin et pourquoi la mobilisation était aussi suivie auprès des salariés c'est nous déjà le refus de cette location-gérance malheureusement elle est actée parce que des mouvements aux tribunaux ont été déjà exercés de la part de la CGT et on a été déboutés parce que ce cas-là la location-gérance est légale mais maintenant nous on avait décidé de faire un mouvement pour préparer la suite ça veut dire pour normalement en syndicat on a toujours un petit peu un coup de retard quand on réagit c'est après les annonces là on a essayé de réagir avec un coup d'avance et c'est pour essayer de rétablir le rapport de force qu'on va avoir avec notre gérant en sachant qu'il y a une grosse mobilisation des salariés le 21 décembre et quand il va arriver pour tout renégocier derrière et qu'on va devoir se battre pour nos accords il va savoir ce qui s'est passé mardi et normalement il devrait nous écouter un peu plus

36:48
Présentateur

alors est-ce que vous pouvez nous parler de ce système pervers de location-gérance c'est quoi quelles sont les implications à quoi ça ressemble

36:56
Invité

je vais vous parler d'un cas pour que ça soit clair pour tout le monde je vais vous parler d'un cas que je connais bien on va prendre le mien vous voyez j'ai 30 ans de Carrefour-Ivry-sur-Seine ça fait 30 ans que je travaille dans le magasin ça fait 30 ans que je travaille pour le groupe Carrefour quand je suis rentré dans cette entreprise on était le premier employeur privé de France je pense qu'on y est toujours mais avec un peu moins de monde donc aujourd'hui qu'est-ce qui va nous arriver avec la location-gérance c'est que j'ai une convention collective qui est supprimée qui va être mise au feu j'ai des accords de groupe qui vont être mis au feu j'ai un règlement intérieur qui va être mis au feu et mon contrat de travail pareil ça veut dire que tous les accords que j'avais avec un groupe comme Carrefour forcément avec des choses avantageuses tout est annulé tout va être déchiré tout va être négocié directement entre le repreneur et les employés du magasin ça veut dire qu'aujourd'hui je quitte un groupe alors je ne sais plus si on est 90 000 ou 100 000 personnes en France je quitte un groupe comme ça pour me retrouver dans un magasin actuel où on est de 350 personnes forcément les avantages et les accords qu'on va négocier vont forcément être moins avantageux que ce qu'on a aujourd'hui

38:06
Présentateur

et surtout vous serez face à un patron plus petit qui pourra justement vous présenter sa situation finalement de patron intermédiaire pour vous expliquer qu'il ne peut pas faire mieux que ce qu'il fait

38:20
Invité

oui alors il y a forcément ça mais ça peut être aussi vous savez il n'y a pas que des petits patrons qui vont reprendre les magasins il y a des sociétés aussi qui reprennent les magasins vous savez après tout est bien cloisonné ça veut dire qu'aujourd'hui le repreneur Stéphane Stéphane

38:35
Présentateur

Stéphane est-ce que vous pouvez enlever le kit Malibre et mettre le téléphone plus proche de vous

38:40
Invité

je ne suis pas du tout au kit Malibre

38:42
Présentateur

ok parce que le son n'est pas terrible bon disons on va continuer vous disiez ?

38:48
Invité

oui je vous disais aujourd'hui le carrefour on met en place pas forcément des petits patrons le repreneur peut être aussi faire partie d'un autre groupe peut faire partie d'une société indépendante on ne sait pas vous savez aujourd'hui le côté vicieux du truc c'est que Carrefour va garder par exemple pour mon magasin il garde tous ses actifs ça veut dire il garde les murs il garde le matériel il garde tout la seule chose qui vend vous voyez on est vendu la seule chose qui vend c'est le personnel et les stocks on est à peu près au même niveau qu'un paquet de pâtes pour eux vous voyez et ça c'est sans qu'on ait le choix de rien du tout ça veut dire on ne nous a pas proposé éventuellement de rester dans le groupe ou rien du tout c'est aujourd'hui vous êtes vendu c'est comme ça c'est pas autrement on n'a pas eu après vous voyez pour mon cas personnel on n'a pas eu après 30 ans de boîte un au revoir un merci une poignée de main rien du tout si vous êtes vendu vous quittez le groupe et c'est comme ça

39:44
Présentateur

alors pour ceux qui restent dans le groupe ils se plaignent du niveau des augmentations de salaire on parle de 1% de revalorisation salariale c'est pas qu'on parle

39:53
Locuteur

c'est pas qu'on parle

39:54
Invité

c'est ce qui va être donné l'année prochaine c'est 1% oui effectivement

39:58
Présentateur

1% c'est en dessous de l'inflation

40:01
Invité

ah bah il paraît oui et bien en dessous

40:04
Présentateur

c'est une baisse de salaire en réalité

40:05
Invité

c'est une baisse de salaire dans l'allocation gérance ils vont faire croire qu'ils font espérer aux gens qu'il n'y a pas de baisse de salaire alors oui effectivement sur la fiche de paye sur le salaire il n'y a pas de baisse de salaire mais il y a toutes les choses qu'on perd à côté on perd la participation on perd une semaine de congés supplémentaires notre mutuelle on a une mutuelle forcément avec un groupe de 110 personnes on a une mutuelle qui est plutôt très très bonne demain le repreneur va certainement et il ne va pas se priver prendre la mutuelle la moins avantageuse possible ça veut dire que pour garder notre niveau de mutuelle qu'on a aujourd'hui il va falloir qu'on rajoute 15 ou 20 euros par mois pour avoir notre niveau de mutuelle je ne vais pas vous rappeler les salaires de la grande distribution parce que je pense que tout le monde est à peu près objectif sur les salaires excessivement bas de la grande distribution la renégociation des tickets restaurant il y a tout ça qui va être en jeu et en plus il y a la modification de nos conditions de travail qui peuvent aussi éventuellement changer donc tout ça va être négocié directement avec les élus du magasin et la direction ils divisent tous les magasins pour que chaque section syndicale se retrouve seule et qu'on n'ait plus de syndicat de groupe

41:18
Présentateur

et donc c'est vraiment ça le système de location gérant si vous deviez résumer le système de location gérant auquel le groupe Carrefour veut vous contraindre en quelques mots vous diriez quoi ?

41:29
Invité

c'est mettre en place un système pour faire des économies pour le groupe et pour engraisser les actionnaires qui sont déjà très très très très gras vous savez pour faire des économies on n'a pas 40 choses si on ne paye plus les salariés et qu'on les fait payer par d'autres et qu'on récupère on garde quand même les loyers et on récupère un pourcentage des ventes on s'en sort bien vous savez c'est pas mal l'histoire l'histoire elle est belle donc notre PDG monsieur Bompard a fait des promesses d'économie du groupe Carrefour pour les actionnaires mais il arrive facilement vous savez quand on ne paye plus les salaires c'est facile de faire des économies

42:02
Présentateur

est-ce que ce système de location gestion location gérance peut être considéré comme de la franchise

42:09
Invité

c'est une franchise déguisée oui

42:11
Présentateur

alors vous étiez présenté hier comme des héros des travailleurs essentiels donc pendant le confinement est-ce que vous avez l'impression d'être mal récompensé aujourd'hui ?

42:21
Invité

je ne sais pas mais ça le manque de respect et le mépris de notre employeur on ne l'a pas découvert aujourd'hui vous savez le magasin il a été ouvert absolument parce qu'on oublie vite les choses il faut se rappeler du premier confinement nous on a eu des scènes démeutes dans le magasin la veille du confinement et le lendemain de l'annonce quand je vous dis des scènes démeutes c'est des scènes démeutes on a eu dans notre magasin notre chef sécurité qui est décédé du Covid et certainement et quasiment sans aucun doute suite aux émeutes il s'est interposé physiquement devant les grilles 15 jours après il est tombé malade 15 jours après il est décédé vous savez on a été en première ligne effectivement on a travaillé sans masque pendant plus d'un mois dans le premier confinement on n'avait pas de masque on a travaillé on est resté ouvert pour les gens vous savez si la grande distribution n'était pas restée ouverte je pense que le pays aurait eu du mal à se relever et ça aurait pu être beaucoup plus compliqué que ça s'est passé effectivement on n'est pas les seuls il y a bien sûr qu'il y a nos camarades infirmiers, les hôpitaux bien sûr qu'il y avait des services essentiels mais si on ne donne plus à manger aux gens vous savez je ne sais pas ce qui aurait pu se passer mais ça aurait été dramatique et les gens de tous les magasins sont restés solidaires les gens qui auraient pu s'arrêter ont travaillé c'est ça qui s'est passé et qu'est-ce qu'on a eu comme récompense alors on ne va pas se plaindre c'est très bien vous savez des fois on se demande le prix d'un homme combien ça coûte chez nous on sait c'est 1000 euros on a eu 1000 euros donc on connait le prix de notre vie

43:49
Présentateur

alors est-ce que les clients comprennent votre lutte ce que vous rencontrez devant les magasins

43:56
Invité

alors mardi on a eu une grosse mobilisation donc c'est ce que je vous expliquais effectivement vous avez toujours des clients qui sont un peu contrariés mais on a énormément de clients qui nous ont soutenus qui nous ont dit qu'on avait raison parce qu'on se bat aussi pour que le magasin reste dans sa forme pour les clients de Vivri-sur-Seine et vous savez et puis suite à ce mouvement-là la récompense de Carrefour c'est que ce matin je suis déçu pourquoi c'est pas que je suis déçu je suis désolé parce que j'aurais dû être avec vous sur le plateau mais malheureusement je ne peux pas parce qu'on est assigné au tribunal à 9h30 ce matin donc Carrefour estime que nous avons bloqué le magasin nous on conteste cette appellation on a eu un gros mouvement c'est surtout que Carrefour en vue de la mobilisation n'a pas pu et a eu peur d'ouvrir le magasin mais aujourd'hui il veut rejeter ça sur la faute il a assigné 8 élus du magasin 8 personnes avec des mandats syndicaux et bien écoutez on va y aller on va aller au tribunal ce matin à 9h30 à Créteil on va y aller sereinement et voilà après vous voyez tout ça ça va avec le reste tout ça montre à quel point on n'est pas respecté à quel point ils nous méprisent voilà bon bah écoutez ils rajoutent une couche en envoyant des syndicalistes de leur magasin au tribunal et bah écoutez on va y aller

45:14
Présentateur

beaucoup de courage à vous est-ce que vous avez un message pour les politiques notamment parce qu'en fait on entre dans une année

45:20
Invité

vous avez les messages pour les politiques c'est compliqué moi je suis un petit élu de terrain j'ai pas de de mandat plus que mon magasin j'ai juste des convictions alors aujourd'hui c'est un gros mot les avoir des convictions ça veut dire que nos politiques nos gouvernements ils comprennent pas pourquoi il faut avoir des convictions ils comprennent pas ils pensent que bah il faut juste les écouter ils sont là pour nous vous savez mais ils comprennent même pas donc après bon bah on va quand même se battre tant que les convictions sont pas interdites par la loi et bah on va essayer de les garder et l'important c'est de rester soi-même et de se battre pour ses idées

46:00
Présentateur

merci Stéphane beaucoup de courage à vous à tous les travailleurs de votre magasin merci à vous merci à vous pour votre écoute

46:05
Invité

merci

46:06
Présentateur

on rappelle que des grèves similaires ont touché aux touffes des enseignes du groupe Muliez qui possède Auchan où une grève nationale a été lancée vendredi aussi mais qui possède également Decathlon Quiabille Noroto et bien d'autres enseignes voilà la dernière contre-matinale de l'année 2021 c'est terminé pour aujourd'hui mais vous continuerez de regarder chaque jour les programmes du média et on en a de beaux programmes en cette fin d'année nos rendez-vous du matin recommencent le 3 janvier et ce sera désormais à partir de 7h30 une fois de plus au risque d'être un peu lourd je vous invite à nouveau si vous le pouvez à participer à notre levée de fonds de fin d'année dont la réussite conditionne absolument notre retour et notre pérennité en 2022 donnez-nous de la force donnez-vous de la force pour vous abonner à la force